Revenons à nos sources
Découverte de la synagogue, le Beit ha knesset
Pourquoi ?
Objectivement, c'est une minorité des Juifs
dans le monde qui fréquente régulièrement
la synagogue. Certes, presque tous y vont un jour pour un mariage,
presque tous pratiquent la circoncision, beaucoup y passent le
Jour du Kippour.
Et ceux qui animent les communautés et rabbins, surchargés
de tâches, pourraient facilement oublier ceux qui sont au
dehors. Ils sont la majorité. Certains ont perdu le contact
avec la communauté depuis la génération des
grands parents, et n'y ont jamais mis les pieds. Ils voudraient
bien y venir mais craignent de ne pas savoir s'y comporter. Aussi,
Modia vous offre simplement une visite des lieux pour ne plus
être effrayés. Y mettre les pieds leur semble parfois
comme entrer dans un palais en ruine depuis des siècles,
ils ne font que projeter leur imaginaire intérieur, et
voudraient l'apprivoiser.

C'est tout autre chose!
Nous allons entrer dans la synagogue Hessed ve émet,
rehov (rue) Ha tséfira à Jérusalem,
près de chez moi, une synagogue sépharade ordinaire
comme il y en a des milliers et milliers.
Nous traversons le petit jardin où poussent beaucoup d'espèces
dont on aura besoin pour les fêtes,
pour le loulav, ici les branches de saules:
Dehors aussi, la plaque qui permettra de lire la bénédiction
à la lune chaque mois:

Nous entrons. Etrange, les sièges sont
un peu dans tous les sens!
Cela correspond à la disposition en carré autour
du sanctuaire dans le désert, comme dans la Torah.
La disposition en lignes n'est que récente et vient de
l'assimilation européenne à ce qui s'est fait dans
les églises.
Mais la plupart des sépharades, n'ayant pas eu ces pressions,
restent fidèles à la disposition traditionnelle.
Un regard vers le plafond. Ici les voutes sont
belles mais, en fait, la synagogue n'est qu'un bâtiment
autour d'un rassemblement d'au moins 10 adultes dont le nombre
est nécessaire pour les prières. C'est ce groupe
qui prime, pas le bâtiment. Ensuite, chacun aime y trouver
ses repères et les ajoute, ce qui donne souvent une impression
surchargée et, à l'occasion d'événements
heureux ou tristes, on y offre tel ou tel objet. Difficile de
refuser et les murs s'encombrent souvent d'objets disparates en
souvenir d'un proche important.
On le voit ici, on a voulu offrir d'avantage de lustres, après
les cristaux on a ajouté les néons.
Au centre, c'est la bama, l'estrade, d'où mène
l'officiant qui peut être n'importe quel fidèle,
et d'où on lira la Torah qui sera posée sur cette
table à hauteur adéquate pour lire. Nous voyons
aussi les pupitres pour y placer le livre de prière du
'hazane, l'animateur-délégué qui représente
la communauté. Le tapis rouge a été également
offert en souvenir d'un proche et cela est écrit en hébreu.
Il y a deux sièges ici, un pour le rabbin et un pour l'officiant
qui peut varier.

Prenons un peu de recul sous cet angle.
C'est l'angle sous lequel les femmes voient la prière depuis
la ezrate nachim, la zone des femmes. Ici elles voient
la bama, l'estrade, et donc bien la lecture de la Torah
ou la prière, et la direction du Arone ha qodech,
l'armoire de la Torah.
Quand elles ferment les rideaux, quand ce n'est pas la présentation
de la Torah, les deux zones sont séparées
pour les regards afin de maintenir la concentration dans la prière.
A ce moment, la ezrate nachim se présente
comme ceci, vue du côté des hommes.
Nous avons aperçu l'armoire où sont
rangés les rouleaux de la Torah. Sachons bien que dans
les siècles passés, cette armoire, le arone ha
qoddeche pouvait même être dans une pièce
à côté et ce n'est pas vers elle que l'on
se tourne en intention quand on prie, mais c'est vers la terre
d'Israël, vers Jérusalem et vers le Saint des Saints,
ce qui est symbolisé par les 3 pas que nous faisons (reportez-vous
à cette page qui développe) avant d'entrer
dans la prière dite Âmida lors des trois
prières de la journée (lien ici).
Devant le arone ha qoddeche est placé un rideau,
parokhète, par respect et par référence
aux tentures du sanctuaire.
Comme on le voit, cette armoire est souvent belle et luxueuse
pour mettre en valeur la Torah et notre amour de la Torah.
Dessus, la phrase ici dit : "sache devant qui tu te tiens,
devant le Roi des rois". Mais cette phrase n'est pas obligatoire
et n'a de fonction que d'aider à nous ramener à
la prière. Approchons-nous de ce rideau et nous allons
en découvrir la beauté qui correspond à l'amour
des donateurs. Tout est brodé dans un grand luxe.
Voici de près la liste des 10 commandements.

dont nous admirons encore plus le travail.
et le haut de la broderie. Et chaque synagogue a ainsi plusieurs
parokhetes, ou rideau que l'on change suivant les occasions.
Ouvrons l'armoire de la Torah.Ce sont les trésors
familiaux et on les place ici où ils seront en sécurité,
et utilisés pour la lecture publique de la Torah le lundi,
le jeudi et le Chabbate et aux fêtes.
Chaque boitier révèle l'origine et les Achkénazes
ainsi que les Marocains
ne mettent pas un boitier rigide mais une enveloppe de tissu brodé.
Il n'est pas rare qu'il y ait une dizaines de rouleaux de Torah
dans une synagogue.
Voici quelqu'un qui l'ouvre à la bonne place pour qu'il
soit prêt lors de la lecture tout à l'heure.
Voici le boitier ouvert tel qu'on le verra lors de la lecture
et voici le texte de près, magnifique. Lettres saintes
qui comprennent les noms de D.ieu
Sur les lettres, des fioritures, les taguim, qui ont aussi
des significations.
Au dessus de la bama, l'estrade, est écrit Chiviti
Hachem lé negdi tamid
(je me représente Hachém devant moi toujours)
afin de bien revenir à cette position. Et je vous dirai
que, dans cette synagogue comme dans la plupart des synagogues
séfarades que je fréquente à Jérusalem,
personne ne parle avec ses voisins lors de la prière, et
on attend en silence que tous aient terminé avant de reprendre
ensemble.
Ces écritaux sont l'occasion de travaux artistiques très
variés et très beaux et imaginatifs, sans règle.
Et on aime les apporter dans la synagogue et les placer. Il faut
beaucoup de doigté aux dirigeants
pour maintenir quelques espaces libres sur les murs.Il y a beaucoup
de noms saints sur ce tableau.
Ici, un tableau indiquant les horaires de la prière le
matin, à min'ha, en semaine et le Chabbate:
Un autre tableau indique quelle est la paracha de la semaine et
les variantes du jour:
Il y a aussi des tableaux qui permettent à tous de voir
ensemble quand on est debout,
par exemple celui-ci indique la prière bérikh
par laquelle on loue le Sefer Torah quand on le sort pour le lire.
Lors de la reprise de la Âmida, il y a une prière
brève que le public dit en plus de ce que dit l'officiant,
c'est Modim:
Et il y a le qaddiche qui ponctue les étapes de
la prière et qui est souvent dit par les endeuillés,
debout.
Un autre tableau le leur montre clairement le texte. Tout cela
peut être dans des styles différents.
Vous savez tout, ou presque, et vous voyez que l'hébreu
devient vite une langue comprise.
Elle est très simple et facile à acquérir
pour ce niveau.
Ceci est le tableau qui donne les noms des fidèles
décédés, pour évoquer leur souvenir
dans la prière
et pour prier pour le repos et l'élévation de leur
néchama.
Un autre texte revient souvent, c'est le psaume 67 Laménatséah
et il est l'objet de l'imagination artistique des fidèles.
Voyons-en quelques exemples dans cette seule petite synagogue.
Admirez le travail graphique:
Ici, sur bois:
Ici, festival de couleurs:
et la personnalité:
Ainsi, chacun peut suivre et dire, partout où l'on se trouve.
Maintenant que vous avez vos repères, n'hésitez
plus à revenir. Chacun comprend que l'on est différents,
on ne pose pas de questions, tous sont des Juifs frères,
revenant de cent pays différents ou continuant leur exil
et pérégrination. Vous êtes chez vous. Et
9 des plus grands Sages ne peuvent pas prier s'il manque le 10e
et ce peut être un ignorant, il est aussi important que
tous les autres. C'est cela la beauté de la "synagogue",
mot qui veut dire "ensemble".
Bien entendu, on a toujours la tête couverte dans la synagogue.
On n'y entre pas et on n'en sort pas en courant, mais on fait
un temps d'arrêt, pour garder le contact avec La Présence.
On y trouve des livres des livres pour y prier et si vous ne savez
pas lire l'hébreu, personne ne vous fera de réflexion.
Explorez les différentes synagogues, elles ont chacune
un charme particulier.
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