AHAVA - " Amour"

Les lettres du mot ahava, amour, dans une immense sculpture
du jardin du Musée d'Israël.
Dessin de l'auteur, l'approche des
aspirations et des complétudes
dans la plénitude intérieure qui appelle et
hésite à se reconnaître.
Questions: Quel est le rapport entre 1 (é'had)-amour
(ahava)-souci (déaga) en hébreu? La
même guématria: 13, comme les 13 middotes ou qualités
et actions de Hachém. Fondé sur nos textes et non
pas une allusion de pirouette. A méditer.
Quel est le rapport entre le tout et toi (ate)? Solution sur ce
lien.
Pour bien comprendre tout
cela, nous allons l'étudier dans une vie qui a été
l'exemple parfait de l'amour pour les autres: ce qu'a vécu
Myriam et ce qu'elle nous enseigne, à travers la Torah
et à travers le Middrache.
Vie de Myriam, soeur
de Moché Rabbénou
Sa hiloula de gloire est le 10 du mois de Nissane,
juste avant Pessa'h, fête de la parole et du sauvetage.
Avec Moché et Aharone, elle
est un des 3 instruments de vie donnés par Hachém
à Son peuple.
Mais, sans elle, rien n'aurait eu lieu. Elle a réussi à
aimer dans les situations les plus difficiles et a pu ainsi sauver
sa famille, parents, frère et son peuple tout entier, et
dans la joie, en plus. Elle
doit donc être connue et comprise pour connaître et
comprendre le judaïsme.
Par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour
http://www.modia.org
Myriam
nous enseigne sur de nombreuses dimensions dans la Torah.
Voici les pages de Modia qui vous éclaireront sur elle
et sur les applications personnelles vitales.
Car elle y a une place. Il était indispensable de préciser
cet enseignement pour avoir une vision exacte du judaïsme:
la place de la femme y est essentielle dans ce que le Créateur
a voulu nous apprendre sur tout,
et aussi pour se vivre en tant que femme, ou pour comprendre,
aimer et respecter la femme.
Cela est encore plus important à l'heure où le peuple
juif est dans une phase de sortie de l'esclavage
de la galoute et où les femmes fortes d'Israël
jouent un rôle considérable en ce sens, particulièrement.
Et, dans toute soirée du Séder de Pessa'h, on ne
peut pas oublier cette dimension.
Dans la Torah, une femme qui
a su aimer, Myriam:
Hommage
aux nombreuses Myriam en parole qui se préparent à
leur rôle.
Ici, une Haggadah rare dite de Darmstadt, achkénaze du
15e siècle allemand.
Malgré mes recherches je n'ai pas réussi à
localiser l'endroit où elle se trouve actuellement.
Si un lecteur le sait, il me rendrait service. Sa particularité
sur cette page est l'importance que le dessinateur a donné
aux femmes qui étudient auprès des Sages, discutent,
et forment la majorité des personnages.

Regardez
leurs expressions, elles parlent, Torah.
Que dit le Middrache?
Faisons-en une étude stricte, vous en tirerez
les enseignements facilement
Situons d'abord ce que nous savons par l'apparence simple du
texte de la Torah, le pchate:
Myriam est la fille ainée de Amram et Yokhébéd
(Bémidbar 26,59 et I Chroniques ou Divré ha yamim
5,29). Son premier frère est Aharone, le second est Moché.
Elle a proposé à la fille de Pharaon de prendre
une femme hébreue pour allaiter Moché qu'elle avait
placé dans un couffin d'osier sur le fleuve dans l'attente
du bain de la princesse Chémote 2).
Ensuite, elle réapparait après la sortie d'Egypte
avec son tambourin et menant les chants (Chémote 15,20-21).
Elle est alors nommée prophétesse.
En Bémidbar 12 (paracha Béhaâlotékha)
est l'épisode de 'Hatsérote où elle conteste
le mariage de Moché, suivi de la colère de Hachém
et de la lèpre de Myriam. Elle doit être mise à
l'écart pendant 7 jours et le peuple l'attend (car elle
est le puits de vie pour le peuple). Dans le résumé
de la Torah qu'est Dévarim, cet épisode est rappelée
comme exemple pour l'enseignement (24,9).
Après la traversée du désert de Tsine, elle
meurt à Kadéche où elle est enterrée
(Bémidbar 20,1).
En Mikha (Michée 6,4), elle est explicitement
nommée comme envoyée de Hachém devant
le peuple au même titre que Aharone et Moché. Et
comme une preuve de l'attention de Hachém pour son
peuple. Ce passage est donc très important pour nous situer
la dignité et la fonction de Myriam.On ne peut plus,
depuis ce verset, dissocier le trio comme les acteurs inséparables
de toute cette sortie d'Egypte et de la direction spirituelle
effective du peuple.
Maintenant, étudions la littérature
du Middrache.
Elle rassemble des traditions qui vont au-delà du pchate
et "examinent" (darach) avec insistance le texte
pour lui faire rendre toutes ses potentialités de sens.
Cela ne supprime jamais le sens concret du pchate. On dit que
c'est comme un marteau qui frappe un rocher et en fait sortir
des étincelles:
"Le psaume 62,12 dit: une fois D.ieu a parlé, deux
fois j'ai entendu. Cela veut dire qu'un même passage ouvre
plusieurs sens, et que deux passages ne se répètent
pas et ne disent pas la même chose. Et, à la yechiva
de Ribbi Yichmaël, on disait le verset 23,29 de Yermiahou
(Jérémie): comme un marteau qui fait voler en éclat
le rocher, ainsi un seul texte de la Torah fournit de multiples
interpréations".
Et le middrache les trouve par les rapprochements linguistique,
les contiguïtés des passages, la dimension symbolique
de l'histoire ou des expressions, etc.
Béréchite Rabba 80,6: Il est
dit en Chémote 15,20 que Myriam la prophétesse,
soeur de Aharone, prit un tambourin. Pourquoi nommer son frère
et seulement Aharone? Parce qu'il avait une affection particullière
pour elle (parce qu'elle avait été victime de la
lèpre; réfléchissez pourquoi cette affection).
Béréchite Rabba 88,5: Dans le rêve du
maitre-échanson, il dit : "une vigne était
devant moi en trois parties" (Béréchite
40,10). Cela fait allusion au Psaume 80,9 : " tu as
fait émigrer une vigne de l'Egypte, et expusler des nations
pour la replanter". Et les trois branches étaient
Moché, Aharone et Myriam. (Ici, on voit combien le trio
est inséparable dans le plan divin pour sortir Son peuple
d'Egypte et l'amener sur la terre d'Israël. Et ensuite le
middrache parle des 4 coupes de Pessa'h).
Chémote Rabba 1,13.
- Et le roi d'Egypte parla aux accoucheuses des femmes hébreues
(Chémote 1,15). Il s'agit de Yokhébed et sa fille
Myriam qui avait 5 ans, quand Aharone en avait deux et Moché
ne naîtra qu'un an plus tard. Myriam accompagnait toujours
sa mère et faisait tout ce qu'elle voulait, de là
on voit qu'on connaît déjà le caractère
d'un enfant quand il est très petit. (réfléchissez
à quel trait de Myriam on fait allusion).
- On appelait Myriam "Pouâ" parce qu'elle faisait
revivre les bébés en soufflant dans leur bouche,
et elle faisait des bulles avec du vin pour amuser les enfants
(on trouve ici sa caractéristique qui est de faire revivre,
ce qu'elle fera envers ses parents, envers le peuple, en chantant,
etc).
- On appelait Myriam "Pouâ" parce qu'elle faisait
paraître (hofiâ) le peuple devant D.ieu en l'élevant.
- On l'appelait Pouâ parce qu'elle osait affronter le
Pharaon et l'interpeler avec vigueur.
Chémote Rabba 1,15.
- Il est dit en Chémote 1,20 que D.ieu bénit
les sages-femmes car elles avaient la crainte de D.ieu. Et quelle
est la récompense de cette crainte?.. De Myriam naquit
Betsalel qui était plein de sagesse comme il est écrit
en Chémote 31,3: "Je l'ai rempli d'une inspiration
divine, d'habileté, de jugement, de science et d'aptitude
pour tous les arts..." Et il fit une arche pour la Torah
qui est appelée tov, bon. Idem en Chémote
Rabba 40,1.
Chémote Rabba 1,17.
- David descendait de Myriam car il est écrit: "David
était le fils de l'Ephratite de Bethléhem en Yéhouda"
-(I Samuel 17,12).
Chémote Rabba 1,19.
- Il est écrit en Chémote 2,1: un homme de la
maison de Lévi. Le père de Myriam (qui avait divorcé
de sa femme de désespoir quand Pharaon avait interdit la
vie des enfants mâles) suivit le conseil de sa fille
Myriam et réépousa sa femme. Et Myriam et Aharone
dansèrent devant eux sous la 'houpa en disant: "Il
fait trôner dans la maison la femme stérile devenue
mère de nombreux fils" (Psaume 113,9).
Chémote Rabba 1,25.
- Pourquoi Myriam a t'elle proposé à la fille
du Pharaon que Moché soit allaité par une femme
hébreue? Parce qu'elle a vu que Moché rejetait le
lait de toute femme non hébreue.
Chémote Rabba 26,1.
- Il leur envoya un sauveur, Myriam, dont le nom signifie
"amertume, mar", parce que le Pharaon fit dire:
"si c'est un garçon faites-le périr, si c'est
une fille qu'elle vive".
Chémote Rabba 48,4.
- D'où vient que Betsalél reçut toutes
ces distinctions? De Myriam? Il est dit d'elle en Chémote
1,21: "les sages-femmes craignaient D.ieu et il leur fit
des maisons". De quelles maisons s'agit-il? Des maisons des
Cohanim et des Rois d'Israël (mesurez le mérite de
Myriam dont tout cela vient d'elle!)... Puis, l'explication déjà
vue concernant Betsalel et: David descendait de Myriam
car il est écrit: "David était le fils de l'Ephratite
de Bethléhem en Yéhouda" -(I Samuel 17,12).
Et Myriam était appelée Ephrate. (Et, plus
fort encore, le texte poursuit en expliquant que de cette sagesse
le monde fut créé, le Tabernacle et le Temple furent
faits).
Vayiqra Rabba 15,8.
- Quand Myriam fut guérie de sa lèpre, qui l'a
examinée comme il se doit? Pas Moché car il n'était
pas le Cohen, pas Aharone car un membre de la famille ne peut
pas. C'est D.ieu lui-même: Je suis Cohen, Je me lèverai
et Je déclarerai qu'elle est pure et guérie. Et
le peuple a attendu Myriam parce que la Chékhina
l'attendait!
Vayiqra Rabba 16,5.
- Ce verset de Qohéléte, l'Ecclésiaste
5,5, concerne Myriam :" Ne donne pas à ta bouche la
permission de faire pécher toute ta chair". Cela veut
dit que si nous péchons par une partie de notre corps,
tout le corps en sera malade, Myriam nous l'a appris.
Vayiqra Rabba 20,12.
- Pourquoi l'épisode de la mort de Myriam est-il placé
à côté de celui des cendres de la vache rousse?
Car, de même que les cendres de la vache rousse purifiaient,
ainsi la mort d'un juste (Myriam était une tsadéqéte)
purifie.
Vayiqra Rabba 27,6.
- Le Saint béni soit-Il dit: Je vous ai envoyé
trois messagers: Moché, Aharone et Myriam. La manne
vous a été donnée par le mérite de
Moché, le puits (d'eau vitale) par le mérite de
Myriam, et le nuage de gloire par le mérite de Aharone.
Idem en Bémidbar Rabba 1,2.
Bémidbar Rabba 13,20.
- C'est par l'intervention de Myriam que Amram a à
nouveau désiré son épouse dont il avait divorcé.
Et on la nomme prophétesse soeur de Aharone car
elle n'a prophétisé que lorsqu'elle était
soeur de Aharone; de même qu'elle n'était soeur
que de Aharone quand son mère s'est remarié
grâce à elle.
Dévarim Rabba 6,9.
- Si vous ne croyez pas tout ce qui est écrit concernant
les dangers de la médisance, l'épisode de ce qui
est dit au sujet de Myriam doit vous convaincre.
Qohéléte Rabba 5,1.
Le verset de Qohéléte, l'Ecclésiaste
5,5, concerne Myriam :" Ne donne pas à ta bouche la
permission de faire pécher toute ta chair". Cela veut
dit que si nous péchons par une partie de notre corps,
tout le corps en sera malade, Myriam a péché
avec sa bouche et tous ses membres furent punis. Le silence a
le double de valeur que la parole et que vos mots soient comme
une pierre précieuse. Rabbi Yehouda haNassi a dit dans
les Prqé avote, les Principes des Pères 1,17: "rien
n'est mieux que le silence". Et son fils Chiméone
a dit: "j'ai passé toute ma vie parmi les Sages, et
je n'ai rien trouvé de mieux que le silence".
Qohéléte Rabba 7,1,4.
Quand un tsaddiq, un juste, nait, personne ne ressent de
différence, mais quand ils meurent chacun le ressent.
Quand Myriam est née, personne ne la ressenti, mais quand
elle est morte, le puits (qui donnait l'eau de la vie sur tous
les plans) a cessé d'exister et on l'a ressenti.
Chir ha chirim (Cantique des Cantiques) Rabba
1,2,5.
Deux Sages discutaient d'interprétations et le Saint béni
soit-Il les approuva et il est dit d'eux qu'ils sont morts
d'un baiser du Ciel (mitate néchiqa)? Cela est
dit aussi de Aharone (.../...), de Moché (.../...) et de
Myriam, car il est dit qu'elle mourut là (cham) et ce même
mot est joint au mot bouche dans un autre texte concernant la
mort de Moché (Dévarim 34,5): "et Moïse
mourut là (cham) , le serviteur de Hachém,
dans la terre de Moav selon (ou sur la bouche de, âl-pi)
Hachém".
Chir ha chirim (Cantique des Cantiques) Rabba
2,11,1.
Les Hébreux furent condamnés à 400 ans de
séjour en Egypte, mais cela leur fut réduit à
210 ans et ce n'est que 86 ans après la naissance de Myriam
que l'esclavage devint douloureux et elle fut alors appelée
Myriam parce que la vie leur fut amertume (mar).(Note:
86 est souvent mis en relation dans les guématriotes a
une dimension de jugement sévère de la part de D.ieu).
Chir ha chirim (Cantique des Cantiques) Rabba
4,5,2.
Trois grands guides ont été donné à
Israël: Moché, Aharone et Myriam... et Yokhébed
et Myriam nourrissaient le peuple d'Israël dont les
coeurs étaient fragiles comme des fleurs de lilas.
Dans le Talmud, il y a aussi de nombreux passages de ce
type (middrache ou aggada), spialement en Sota 11b, concernant
Myriam. Ils reprennent les thèmes précédents.
Je n'indique que quelques particularités.
- Myriam dit à son père, pour le convaincre
de reprendre sa femme pour épouse et d'engendrer: "ce
que tu as décidé est plus cruel que le décret
de Pharaon car il a condamné à mort les garçons
et toi tu condamne aussi les filles, il n'a agi que pour le monde
actuel mais toi tu agis également contre le monde à
venir, son ordre ne durera pas car c'est un méchant mais
le tien durera car les actes des justes durent comme Job dit (22,28):
"vétigzar-omér véqayam, tu décrèteras
ce que tu dis et cela se réalisera". Alors Amram revint
sur sa décision et tous les autres hommes également.
(La force de conviction de Myriam pour le bien, et son influence
considérable sur tous). Et Amram organisa une véritable
cérémonie de mariage.
- Myriam est nommé âlma (jeune
fille) par le verset (Chémote 2,6) qui dit qu'elle prit
l'enfant sur l'ordre de la fille du Pharaon pour l'emporter à
sa mère afin de l'allaiter.Cela veut dire su'elle s'empressa
comme le pas d'une jeune fille (âlma), ou qu'elle
cacha son projet (heâlma).Et la princesse
dit à la mère de Moché: je te donnerai ton
salaire (éténe éte sékharékhe),
ce qui prouve que lorsque des justes ont une épreuve et
perdent, ils retrouvent ensuite ce qu'ils ont perdu mais
en plus ils reçoivent le salaire de leur perte.
Amen, kén yéhi ratsone.
- Myriam prophétisait et disait: "ma
mère mettra au monde un fils qui sauvera Israël".
A la naissance de Moché, toute la maison s'emplit de lumière
et son père embrassa Myriam sur le front en lui
disant: "ma fille, ta prophétie se réalise"
mais quand il fallut placer Moché sur le fleuve, son père
dit à Myraim: "ma fille", où est ta prophétie?".
C'est pour cela que le verset dit que Myriam surveillait ce qui
allait se produire (Chémote 2,4): vatétatsév
a'hoto méra'hoq, lédéâ ma-yaâssé
lo.
Dans le Zohar, il y a aussi quelques middrachim
concernant Myriam.
- c'est par son mérite que le puits de vie était
là avec eux dans le désert (II 190b).Ce n'est que
par son mérite... (I 124b).
- Dans le Jardin d'Eden, les femmes viennent vers Myriam les jours
de Chabbate et de fêtes (III 123a).
- Sa mort a purifié et réparé comme le fait
la mort des tsaddiqim (III 181a).
Les middrachim ont donc développé longuement tout
l'enseignement de la Torah en notre paracha et ils insistent pour
nous faire comprendre que cela s'applique dans nos vies si cela
a été la loi pour une tsadéqéte comme
Myriam.
Puisse cette étude laborieuse inciter à étudier
le middrache avec la tête, avec le coeur et à le
vivre dans nos actes. Il y a toute une psychologie et une pédagogie
de vie dans nos textes.
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