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Le mariage juif dans sa pratique
(Comment l'organiser selon la halakha)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages
Site Modia http://www.modia.org
Voir aussi nos
études sur la rencontre (chidoukh)
et sur la famille juive
Cette page est surtout pour vous aider à comprendre, à
vous préparer, et à partir de là poser au rabbin
les questions que vous auriez encore à préciser, mais en
comprenant le sens général. Dans ce que l'on doit ou ne
doit pas faire, certains rites sont des prescriptions de la Torah, d'autres
sont des coutumes communautaires ou locale. Il faut donc savoir distinguer
et réfléchir avec bon sens. Cela se prépare avec
le rabbin, et pas à la dernière minute. D'autant que certains
points de cette page peuvent n'être pas bien compris ou différents
dans telle ou telle communauté.
Le Chabbate avant le mariage
Le Chabbate précédant le mariage, chez les Achkénazes
mais aussi dans beaucoup de communautés, le 'hatane (futur époux)
est fêté par la communauté:
le repas du soir de Chabbate est une fête centrée aussi autour
de lui, il monte à la Torah, il reçoit des bénédictions
des rabbins et anciens, il est accompagné dans ses déplacements.
Souvent on le fait monter à la place du Cohen, ou on lui donne
la haftara (il est maftir). Il a la priorité sur tous hormis sur
ceux qui ont une obligation et il est à égalité avec
un bar mitsva qui serait là. On chante des pioutim en son honneur,
les femmes lancent des cris de joie, lancent des bonbons, oui amandes
vers lui.
La veille du mariage
On organise souvent un repas avec la présence des deux futurs
époux, la kala n'y est pas couverte de bijoux d'or et d'argent
et diamants car on garde le souvenir de la destruction du Beit ha miqdach,
le Temple. Mais elle peut porter des bijoux et des pierres colorées.
Elle n'est pas habillée en mariée.
Le jeûne pendant le jour avant le mariage
Il concerne le 'hatane et la kala mais parfois seulement le 'hatane
jeûne. Pourquoi jeûner ? Pour qu'ils reconnaissent leurs fautes
(vidouï), les regrettent, veulent changer et commencer sur une base
nouvelle et pure. Cela sera aussi un bon entraînement pour la suite.
Cela est bon également, pour faire une coupure entre l'agitation
des préparatifs et des irritations qui s'ensuivent souvent dans
les familles sur tel ou tel point pratique, et pour revenir au sens véritable
des choses. Afin de recevoir le don extraordinaire en toute conscience,
comme au Sinaï où ils jeûnèrent avant de recevoir
la Torah.
Toutes les communautés ne pratiquent pas ce jeûne, d'autres
le font mais pas la veille afin d'arriver en bonne santé pour la
'houpa et la sim'ha (joie) et l'union (yi'houd). La sagesse veut
que chacun apprécie s'il est capable ou non de jeûner. Mais
dans ce cas, ils veillent cependant à être au calme et à
ne pas manger abondamment, et à se préparer mentalement.
Certains jours comme le premier jour du mois, on ne jeûne pas. Demander
ces précisions au rabbin.
Les prières ce jour-là qui est un jour de joie
Il y a quelques variantes le matin (comme de ne pas dire ta'hanoun)
et dans min'ha. Si c'est un jour de lecture de la Torah, on fait monter
le 'hatane.
Le travail ce jour-là
On veille à ne pas travailler ni avant ni après la 'houpa!
On veille aussi à ne pas rendre de visites pénibles.
Se rencontrer ce jour-là
On veille à ne pas passer ensemble cette journée qui
précède. La kala va au miqvé et a été
préparée à bien connaître tous les rites de
la pureté familiale (taharate ha michpa'ha). Le fiancé
veillera aussi à les connaître pour les comprendre, les respecter
et être responsable de son couple.
Qu'est-ce qui va constituer les fiançailles et le mariage (iroussine
puis qédouchine)? Quel moment? Quel rite?
Ce n'est pas seulement une célébration collective d'une
union. Les deux phases qui se déroulent à la suite sont
un acte précis "d'acquisition" qui se fait selon des
règles, des formes, des rites et devant différents types
de témoins (êdim).
Une composante de la validité du mariage comme acquisition (qiniane
nissouine) se fait par d'abord le geste du qiniane après
l'accord de la kétouba, puis l'autre composante est la
cohabitation dans la maison symbolisée par la 'houpa (et aussi
par l'isolement total ensuite des deux époux), et enfin par
le don de la bague.
1. La kétouba
Voici comment l'indispensable Even Chochane, le principal dictionnaire
israélien, la définit:
Transcription pour apprendre le vocabulaire hébraïque de la kétouba et
du mariage:
"Kétouba, N' (néqéva: mot au féminin). Min Katav (venant de la racine
Katav, écrire).
'Hozé nissouine (contrat de mariage), Chétar (document écrit) ché habaâl
(que le mari) kotév vénotén léicha (écrit et donne à une femme) ché hou
nossé (qu'il épouse), ouva (et dans lequel) méforatote (sont détaillées)
kol 'hovotav (toutes ses obligations à lui) klapéya (envers elle) vé
ha sékhoum chéyitén la (et la somme qu'il lui donnera) im yégaréchéna
(s'ils divorceront). "Bétoula kétouvata matayim" ("une vierge, sa kétouba
est de deux cents") dit le Traité Kétouvote page 1b. Qériyate nousa'h
hakétouba (la lecture du texte rédigé de la kétouba), ha kétouva léfi
ha massoréte
aramit (écrite selon la tradition araméenne), véha'hatouma (et
qui est signée) âl yédé hé'hatane bé haêdim (par l'époux et les témoins),
hi é'had ha'halaqim (est une des séquences) ha'haguiguiyim (festives)
haîqariyim (principales) bétéqés ha'houpa (dans le rite de la cérémonie
du mariage).
Kétoubate... (c'est la forme que prend ce mot quand il est joint à un
nom qui le suit), Kétoubote (son pluriel).
Kétoubote. Chém massékhète ba michna (Nom d'un traité dans la michna),
batosefta ouvatalmoudim (dans la tossefta et dans les talmud) béssédér
nachim (dans le traité Nachim), haôsséqéte (qui traite) bédinéi kétouba
vénissouim (des prescriptions de la kétouba et des mariages)." Fin
de paragraphe du dictionnaire.
Que cette démonstration vous donne le goût d'apprendre dans ce merveilleux
dictionnaire.
Précisions
Il est interdit de vivre mariés sans que l'homme
ait donné
la kétouba à l'épouse, même si on est
cependant validement mariés. On prépare cette kétouba avant
le jour du mariage, on en reçoit généralement
un formulaire type de la part des services rabbiniques (la rabbanoute)
et
on remplit les espaces libres personnels (noms, somme, signature, etc).
Cela parce que ce sont des choses qu'il faut faire avec sérieux
et réflexion, à l'avance, et avec des personnes compétentes
car le texte est en araméen. Voici son contenu:
-D'abord la date de la 'houpa selon le calendrier hébraïque
(loua'h îvri, donc le comprendre et le connaître) et non pas
selon le calendrier commun. Savoir que la date du jour commence à
l'apparition des étoiles le soir, et non pas le matin. On l'écrit
en lettres et non en chiffres. Prenons un exemple: cette 'houpa se déroule
le jeudi 28 octobre 2004, arrivée à 17h et 'houpa après
les étoiles donc non pas le yom 'hamichi 13 Mar'hechvane mais le
yom chichi 14 de l'année 5765. Cela s'écrira ainsi en toutes
lettres, mais en hébreu évidemment:
"Bé chichi bé Chabbate (ou bé yom ha chichi
bé Chabbate), bé arbaa âssar yamim lé 'hodech (attention, sans vav pour le son "o") mar'hechvane chénate
'haméchéte alafim ou chévâ méote
vé
chichim vé haméch". Ceux qui connaissent l'hébreu
auront bien remarqué que le nombre de jours est au masculin (yom est masculin) tandis que le nombre d'années est au féminin
(chana est féminin). Avec ces précisions, vous pourrez
vous marier et contrôler l'exactitude et la validité de
votre kétouba!
Vérifiez bien que vos noms sont exactement écrits, c'est
très important! Suivis du nom des parents et si on veut du nom
de la famille (exemple, "David dit Doudou, fils de Moché Loulou,
qu'il vive longtemps", s'écrira: David ben Moché lé
michpa'hate Loulou chalita, ha mékhouné Doudou).
On écrit aussi la somme (maôtes) que l'époux
donnerait
à l'épouse en cas de divorce, ou l'évaluation des
biens apportés par chacun, ou d'autres clauses. Aujourd'hui,
où
les services sociaux ont établi un usage sur les pensions alimentaires,
etc, tout n'est pas supporté par cette seule somme de la kétouba qui reste donc dans des mesures raisonnables (actuellement, généralement
entre 100000 et 200000 chéqels en Israël) car il y aurait
un accord de divorce qui préciserait exactement ces sommes
avant un divorce et, en ce cas, annullerait ou non la somme de la
kétouba.
Maintenant également, pour éviter tous problèmes
de agouna (femme ne pouvant se remarier car le mari est parti sans donner
le divorce, on peut insérer dans la kétouba que le mari
ou les deux s'engagent automatiquement à donner le divorce si
l'un le demande devant le tribunal).
Quand tout est clair, un des témoins tend un morceau de tissu ou
foulard (soudar) au 'hatan qui le prend en mains, l'élève,
et par ce geste il exprime qu'il acquiert ainsi cette union avec l'épouse.
C'est le qiniane (acquisition).Alors les témoins
qui ont bien vu cela, peuvent signer chacun en bas du texte, l'un en dessous
de l'autre pour ne pas confondre les signatures. Cette phase est terminée,
on peut aller vers la cérémonie. Dans certaines communautés,
la signature des témoins se fait sous la 'houpa, à des moments
divers.
Souvent, les photographes ont filmé toute cette scène également,
et les amis sont venus assister, parfois se mêler en donnant une
précision s'il y a une difficulté de rédaction.
Les époux recoivent un protocole administratif
de la kétouba par le service
rabbinique des mariages, mais nombreux sont les époux qui souhaitent
garder chez eux et placer sur le mur de leur maison, beit miqdache qatane
(petit sanctuaire), une
très belle kétouba artistique écrite et enluminée
spécialement pour eux selon leur goût.
Voir
des
exemples
sur ce lien

Et ici, documents anciens:
Kétoubotes
des Juifs du Maroc
Kétouba des Juifs d'Alsace
Kétouba des Juifs
de Rhodes
Kétouba des Juifs
de Jérusalem 1907
Kétouba des Juifs de Majorque
Kétouba de Juifs d'Iran, 1907
Toutes personnes qui auraient connaissance de kétoubotes anciennes peuvent
m'en communiquer l'image avec la source et les précisions. Merci.
2. L'entrée sous la 'houpa (kénissa la 'houpa)
Une composante de la validité du mariage comme acquisition
(qiniane nissouine) se fait par le geste du qiniane après
l'accord de la kétouba, et par la cohabitation dans la
maison symbolisée par la 'houpa (et aussi par l'isolement total
ensuite des deux époux).
Et les époux doivent être conscient de cela pour la validité
du mariage. C'est le rôle du Rav qui préside la cérémonie
(Rav méssader) que de leur indiquer ou de le leur rappeler
pour qu'ils en soient conscient au moment où ils y pénètrent.
La 'houpa est donc considérée comme "maison",
elle doit avoir la forme de quelque chose de construit, doit appartenir
personnellement (hichtayakhoute) au marié qui peut l'acquérir
contre un certain paiement pour cela pour l'heure de la cérémonie.
Certains considèrent même que le mariage est déjà
réalisé par cela.
Certains ont mis plusieurs formes de 'houpa pour bien préciser
ces questions, et même une pour la Chékhina car la maison
du couple est un petit Temple (Beit miqdache qatane) où
a lieu l'union de D.ieu et de Sa Chékhina (Présence divine). Mais
on doit le savoir et l'unique 'houpa rassemble tout cela.
Comme une autre forme "d'acquisition" se fait par l'isolement
véritable des époux, certaines communautés comme
les Achkénazes prévoient à côté de la
'houpa une salle où les deux époux pourront être absolument
seuls quelques instants (ce rite ne se fait pas chez les Séfarades).
D'autres soulignent aussi que c'est également l'union corporelle
(yi'houd) qui sera le signe complet de l'acquisition.
La forme est différente suivant les communautés. Elle
doit être belle mais simple, ou décorée, avec des
tentures ou un tallite (périssate tallite, surtout chez
les Séfarades). Mais on veillera à ne pas l'inonder de fleurs
comme dans les mariages de non-Juifs, car on ne doit pas imiter ces rites,
c'est une mitsva de la Torah.
Autant que possible, les Achkénazes placent la 'houpa sous le ciel
et, parfois, dans leurs synagogues, il y a un endroit où on peut
ouvrir le toit pour y placer les époux et la 'houpa sous le ciel.
Mais les autres communautés le font dans une salle, ou dans une
synagogue (beit knéssét). Il est important de respecter
les coutumes de chaque communauté sans discussion aucune.
L'avancée vers la 'houpa prend des formes très variables
suivant les communautés.
Soit depuis la maison, ou depuis un lieu de rassemblement, soit ensemble
rarement, soit séparément.
Voici le rite le plus fréquent actuellement; la kala arrive dans
une pièce attenante et est entourée des femmes de la famille,
de ses amies qui la fêtent. Pendant ce temps, le 'hatane termine
le qiniane après la rédaction finale de la kétouva
(contrat légal) et c'est lui qui sera amené le premier en
cortège sous la 'houpa. Il sera entouré de deux chochvinine
(terme araméen qui veut dire amis, aimants) qui l'accompagneront,
coutume surtout achkénaze. Parfois ce sont les parents ou les deux
pères des futurs époux, ou des amis proches. Mais ce ne
pourra pas être un couple non marié ni un couple divorcé,
ni les témoins. Les chochvinine se placent généralement
auprès des futurs époux sous la 'houpa.
Souvent, en Israël, les jeunes amis du fiancé dansent devant
le 'hatane (fiancé, époux) qui avance avec ses deux chochvinines, en
chantant tournés
vers eux. Puis ils vont ainsi chercher la kala (akhnassate kala
la 'houpa) à son tour qui sera suivie de toutes ses amies.
Les coutumes sont très différentes. Mais les hommes
et les femmes ne seront pas mélangés dans ce cortège.
Il se placeront de façon diverse autour de la 'houpa suivant
les communautés.
Le mieux est de placer le 'hatane et la kala (fiancée, épouse) sous la
'houpa de manière
à ce que leur visage soit dirigé vers le Temple, comme
pendant la prière, en raison du lien du couple avec le Temple;
beaucoup n'y pensent pas. Le 'hatane est à la gauche de la kala
généralement.
Chez les Achkénazes, la kala et ses deux chouchvinotes font alors
sept fois le tour du 'hatane, et le public attend ou chante.
Vient alors le moment où les deux futurs époux doivent
se concentrer et penser avec intention à ce qu'ils vont réaliser
eux-mêmes, de "s'acquérir", d'être ensemble
un beit miqdache, de déléguer leurs bénédictions
à ceux qui vont les faire pour eux, etc. Sans se soucier des photographes
qui gesticulent pour prendre les meilleures photos pour le film et l'album!
L'essentiel n'est pas en cela mais dans les intentions qui rendent présents
à la bénédiction et au changement de réalité.
Le public doit y aider par son silence.
3. La présence de deux témoins et de dix adultes.
Ce nombre vient de Ruth 4,2 (Va yiqa'h âssara anachim...
Boaz prit alors dix hommes) comme le démontre le Traité
Kétouvote 7b.
Les deux témoins nécessaires devront être des adultes
vivant et pratiquant leur judaïsme (ils sont dits "cachérs").
Ils devront être sous la 'houpa face au 'hatane et à la kala,
placés ensemble et non pas séparés, et voir bien
ce qui se passe, et non pas derrière. Ils doivent être vus
des époux. Ce ne sont pas des membres de la famille et le rabbin
pourra indiquer à partir de quel degré on peut choisir les
témoins. Ce ne sera pas non plus un chadrane (organisateur
de rencontres pour les mariages) rémunéré. Ni les
personnes privilégiées qui accompagnent le 'hatane et la
kala vers la 'houpa en raison du fait qu'ils subviennent en partie aux
besoins divers des époux.
Le Rav qui préside la cérémonie (Rav méssader)
les présentera aux époux comme étant les témoins.
Il leur rappelera leur obligation d'entendre et de voir.
Ils devront spécialement regarder, voir et entendre tout ce qui
concerne le don de la bague et que la kala la garde sur sa main, la formule
du 'hatane (ate méqoudéchète...), les bénédictions.
Dans le judaïsme le rôle des témoins est capital et
s'ils n'ont pas pu voir ni entendre il faut recommencer tel phase.
4. Les bénédictions (birkate 'hatanim) sous la
'houpa. Voyez Traité Kétouvote 7b.
Elles sont indispensables pour la phase des fiançailles (éroussine)
et du mariage (qidouchine), le tout constituant le mariage (nissouim),
les deux se suivant immédiatement sans interruption. Cela est déjà
indiqué à propos de Rivqa (Béréchite 24).
Voyez sur ce point la page de Modia qui y est
consacrée très longuement.
J'ajoute seulement quelques points pratiques ici.
Ces bénédictions de louanges et remerciements ne sont pas
dites par les époux mais par le Rav méssader ou par des
invités, cela pour qu'elles ne soient pas perturbées par
l'émotion des époux. Dans certaines communautés,
on demande à un Rav éminent de dire l'ensemble des bénédictions.
Point très important, en conséquence: le Rav messader doit
rappeler à ceux qui bénissent qu'ils représentent
les époux (lé hotsi otam yédé 'hova)
et doivent en avoir l'intention (cavana) et rappeler aux époux
qu'ils doivent déléguer vers ceux qui bénissent (latsét
yédé 'hova). Et cela se traduira pour eux en disant
obligatoirement "amen" après chaque bénédiction.Mais,
si cela n'est pas ainsi exactement réalisé, comme l'intention
y était globalement, il n'y a pas à recommencer.
Cependant, pour l'importance de cet acte et de cette délégation,
il est essentiel que ceux qui montent sous la 'houpa pour dire ces bénédictions
les lisent sur un texte, les disent à haute voix, explicitement
et clairement, sans interruption dans la bénédiction et
pour qu'ils soient bien entendus du couple et d'au moins 9 autres adultes.
Ils doivent aussi recevoir des deux mains la coupe de vin puis la tenir
de la main droite. Elle doit être intacte, sans brisure, et contenir
au moins un réviit (86 cm3) mais ils ne boiront pas cette quantité.
Sans inviter le public en disant savri maranane ou toute autre
formule, ils commencent par les bénédictions de éroussine,
d'abord péri ha guéfen sur le vin (ou jus de raisin
convenable s'ils ne peuvent pas boire de vin, surtout après
le jeûne). Puis les époux boivent le vin, ce qui veut
dire en fait qu'ils peuvent en goûter un peu seulement s'ils
craignent de ne pas supporter (contrairement à ce que l'on
doit boire habituellement après une bénédiction).
Généralement,
eux seuls boivent, parfois celui qui bénit aussi. On complète
alors la coupe et on continue la suite des bénédictions.
A un moment (variable), le 'hatane va mettre son tallite sans bénédiction
s'il fait nuit mais en disant chéhe'héyianou si le tallite
est neuf. Il ne s'enroule pas dedans et le fait se poser sur ses épaules.
Puis il le placera sur lui et sur la kala. L'ordre de cela peut devenir
variable.
Puis quelqu'un lit la kétouba, et les témoins la signent
s'ils ne l'ont pas fait encore. Et on termine les bénédictions.
5. Le don de la bague
Elle doit être d'argent ou d'or purs, d'or généralement,
sous une forme qui permette d'en évaluer le poids donc simple de
forme (pour savoir par quoi et à quoi on s'engage) donc sans pierre
dessus. Pour cela, on veille souvent à ce qu'il n'y ait pas d'inscription
ni fioritures. Certains choisissent une forme ronde à l'intérieur
et carrée à l'extérieur, selon la cabala. Cela doit
être la propriété personnelle effective et déjà
payée du 'hatane, et non pas une bague qui serait déjà
celle de la kala ou de sa famille.
Il n'y a qu'une seule bague, donnée par le 'hatane à la
kala.
Le Rav qui préside la cérémonie (Rav méssader)
demande aux deux témoins s'ils savent si la bague a la valeur d'une
prouta. Il répondent Hén (oui). Son rôle est
important car il doit veiller à tout ce qui fait la validité
et il doit rappeler explicitement à chacun comment réaliser,
et comment être conscient. Il veille aussi à ce qu'il y ait
dix adultes présents pour entendre, dont les deux témoins.
Puis, ensuite, le 'hatane dit: "haré ate méqoudéchète
li be tabaâte zo ké date Moché vé Israël
(voici toi tu m'es consacrée pour moi par cette bague selon la
religion de Moché et d'Israël". Si les deux ou l'un
des deux ne comprend pas l'hébreu, le 'hatane peut le dire dans
sa langue. Car il faut absolument comprendre cet engagement, en être
conscient, et y acquiescer. Et cela doit être entendu.
Et la bague sera donnée véritablement, et dans le contact
direct de main à main, et sous le regard des deux témoins
présents (la façon de donner ou mettre sur le doigt peut
varier selon les communautés, mais en aucun cas la kala ne doit
l'enlever de sa main pendant toute la cérémonie après
le don, point très important). Elle ne dira non plus aucune parole
(oui, merci, voilà, etc.) car c'est la réception qui est
acte et si elle a dit un mot cela n'annule rien. En aucun cas, elle ne
dira en retour la même formule à son 'hatane. Il n'y a pas
symétrie. C'est l'assymétrie qui est féconde. Généralement
la bague est placée sur l'index de la kala qui tend le doigt et
le montre, par le 'hatane qui ôte sa main dès qu'il voit
qu'elle y est placée.
6. Le verre brisé en souvenir de Jérusalem (zékher
Yérouchalayim) détruite
Même aux moments des joies les plus grandes il ne faut pas oublier
la peine de Jérusalem détruite, elle qui est la réalité
essentielle du couple et à laquelle les humains participent dans
l'amour et dans le mariage. Et Jérusalem doit toujours rester la
présence en nous de cette source. Cela nous rappelle aussi combien
le meilleur peut être brisé si nous ne veillons pas au désordre.
Je souligne ici le commentaire de nos Sages invitant à respecter
parfaitement les règles de la pureté familiale et de rappeler
que les lettres de halakha sont les lettres mêmes de hakala, l'épouse:
la réussite du couple et la réussite de la vie dans la halakha
sont une seule chose, unies en cette source d'En-Haut.
Les psaumes parlant de cela (127) et le 'hatane va dire:
"im-échka'hékh Yérouchalayim, tichka'h iémini
(si je t'oublies Jérusalem, que ma droite m'oublie),
tidbaq léchoni lé'hiki
(que ma langue colle à mon palais)
im-lo aâlé éte-Yérouchalayim âl roch
sim'hati
(si je ne fais pas monter Jérusalem au sommet de ma joie)".
Cela est maintenant bien clair.
Hélas, souvent le public ne prête pas attention et se réjoit
déjà, commence à parler et veut crier mazal tov!
Au lieu de se recueillir. C'est le Rav messader qui doit mener la séance
au rythme réel. En tous cas, les nouveaux époux et les témoins
et tous ceux qui ont étudiés et vivent la cérémonie
en intention auront "à coeur" de vivre ce moment intense
pour ce qu'il exprime.
Alors le 'hatan pose un verre intact et vide par terre (enveloppé
pour ne pas projeter des débris coupants sur autrui) et le brise
du pied droit, pour ressentir la perte de la brisure de Jérusalem.
Souvent les gens explosent de joie, alors que cela doit nous donner un
instant d'affection profonde et douloureuse. Certes, ce nouveau couple
sera une tentative de plus pour réussir ce qui a partiellement
échoué. Souvent, ce verre sera apporté par le père
du 'hatane.
Ensuite, les amis viennent dire leur affection au nouveau couple, et chez
les Achkénazes le couple se retire seul pour terminer toutes les
formes d'acquisition, de mariage en allant seuls dans la chambre d'union
('hadar ha yi'houd), et les témoins les regardent s'éloigner
ainsi. C'est l'isolement qui compte et non pas l'union complète.
Ils penseront bien qu'ils achèvent ainsi leur "acquisition",
réaliseront ce moment particulier, pourront manger s'ils le désirent.
Puis il rejoindront les invités qui passent à table. Et
la fête continuera avec chants et danses.
J'ai essayé de vous transmettre le plus clairement tous les détails,
en les vérifiant aussi dans les livres de halakha et de minhaguim.
Mais observez à votre tour, étudiez et questionnez votre
rabbin. Et découvrez les variantes des différentes communautés,
en les respectant.
Mazal tov!
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