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Le mariage juif
(Sens, vie, halakha)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
basé sur les livres de nos Sages
Site Modia http://www.modia.org
Voir aussi nos
études sur la rencontre (chidoukh)
et sur la famille juive
Pourquoi les repas des Chévâ Bérakhotes après
le mariage ?
Que doit-on y faire ?
Comment s'y comporter ?
D'abord, connaître les notions de base
1. Chévâ Bérakhotes veut dire 7 bénédictions.
Elles sont prononcées sur une coupe de vin sous la 'houpa
(le dais) pendant le mariage et pendant les repas des 7 jours qui lui succèdent,
après la bénédiction du repas (birkate hammazone).
2. Ces 7 jours de repas sont nommés Chiveâ
yémé michté. Chacun des repas est nommé
séoudate
mitsva, de même que que les repas de "rachat de l'enfant" (pidiyone
habbén), de la circoncision (brite mila), de la fin de
l'étude d'un traité du Talmud (siyoum hasséfér).
3. La série de ces bénédictions fait partie
de l'ensemble nécessaire de ce qui constitue les étapes
du mariage (les autres étapes sont le contrat d'accord ou kétouba
et la procédure d'acquisition ou qiniyane symbolisée
par un don de valeur précise plus élevée qu'une pièce
nommée prouta, l'entrée sous la 'houpa
ou dans la maison, l'union sexuelle). Il y a de nombreuses coutumes supplémentaires
et diverses dans les communautés pour la phase d'introduction des
fiancés sous la 'houpa, pour l'habillement et le rôle
du châle de prières ou tallite, pour le moment
de la signature de la kétouba, etc.
4. Les sources talmudiques de ces rites se trouvent spécialement
dans le traité Kétouvote du Talmud (choix du jour michna
1:1. cortège, 2:1. choix du jour de la semaine page 3a. bénédictions
7b.
chouchbinim ou amis des époux qui les réjouissent
12a. coutumes 16b. danses devant les époux 16b- 17a. etc.). D'autres
traités en parlent également (Bérakhote 31a avec les
célébres comportements différents de Sages par rapport
à l'éxubérance ou à la retenue. Sota 49a pour
les vêtements, etc). Tout cela est appelé 'houpa véqqidouchine(Kétouvote
7b). Les bénédictions y sont nommées
birkate 'hatanim.
Les 7 bénédictions.
Elles sont décrites dans les pages 7b et 8a de Kétouvote.
Il est émouvant de percevoir en cet instant que l'on exécute
les mêmes gestes et dit les mêmes mots qu'il y a tant de siècles.
Il faut un rassemblement ou miniane de 10 hommes (birkate
'hatanim baâssara) selon Ribbi Na'hmane et Rav Houna sur Ruth
4, 2 pour dire les 7 bénédictions (birkate 'hatanim baâssara
kol chiveâ).
Les Sages disent qu'on bénit également à
la maison (birkate 'hatanim bévéit 'hatanim) et Ribbi
Yéhouda dit : même pour les fiançailles (af bévéit
haéroussine) et on a là en Kétouvote 7b le texte
exact des bénédictions que je décris ci-dessous.
Le déroulement des phases
Sous la 'houpa, après la bénédiction sur le
vin, il y a d'abord la bénédiction des fiançailles
(âl haârayote... hannéssouote al yédé
'houpa véquiddouchine). Puis les fiancés boivent dans
la coupe, passent la bague (tabaâte), "cette bague" (tabaâte
zo) en forme d'anneau simple ; on lit la kétouba et celui
qui mène la cérémonie prend une seconde coupe et on
va dire ces 7 bénédictions.
On arrive maintenant à la partie qui sera identique à
la fin du repas pendant les 7 jours (où on dira une prière
spéciale de fin du repas avec la présence chaque jour d'au
moins deux personnes nouvelles comme l'a dit Ribbi Yéhouda, ché
baou panim 'hadachote)
-
- la 1e des 7 bénédictions est sur le vin (boré
féri hagguéféne).
-
- la 2e bénédiction se dit immédiatement, généralement
par une autre personne : "qui a créé toutes choses pour Sa
gloire" (ché hakol bara likhvodo).
-
- la 3e bénédiction : "qui a façonné le adam"
(yotsér haadam).
-
- la 4e bénédiction : "qui a façonné le adam
à Sa ressemblance et le répare sans cesse" (yotsér
haadam bétsalmo... vé hitqine lo mimménou).
-
- la 5e bénédiction fait entrer la dimension de joie pour
les améliorations ou tiqqounim réalisées :
"qui réjouit la stérile, rassemble ses enfants bientôt
dans la joie... qui réjouit Sion dans ses enfants" (méssaméa'h
Tsione bévanéya).
-
- la 6e bénédiction fait entrer la dimension du rôle
de réjouisseurs que doivent tenir les amis des fiancés
(réîm ahouvim) comme D.ieu lui-même nous réjouissait
dans le Jardin d'Edén, c'est donc un rôle très
élevé et important qui est véhicule, et qui est nécessaire
pour récupérer ces dons anciens : ké samé'hakh
yétsirakh bé khane êdén miqqédém.
Et alors, pour la première fois, on parle de la joie commune de
D.ieu qui atteint simultanément les deux membres du couple : méssaméa'h
'hatane vékhala. C'est dire que les amis ont un rôle
de catalyseurs dans cette union mystique qui distille la joie divine.
-
- la 7e bénédiction parle de D.ieu comme créateur
de la joie (sassone, sim'ha, guila, rina, ditsa,'hedva),
créateur du duo ('hatane vékhala), de l'amour (ahava)
et de la fraternité (a'hva), de la paix (chalom) et
de la fraternité (réoute). Ainsi toutes ces qualités
sont indiquées comme un programme nécessaire à remplir
dans le couple mais il nous est dit que sa source n'est que création
de D.ieu et à Son image et nous la recevont comme bénédiction.
Et les assistants sont nécessaires pour cette transmission
du flux de ces bénédictions.
Suite de la 7e bénédiction
Et, alors, nous découvrons une dimension importante : ces
unions du duo, à l'image de l'union de la créature et du
créateur sont concrétisées par les territoires de
Yéhouda et de Yéhouchalayim et leur union. Il ne s'agit
pas de politique mais de la Torah qui nous révèle la nature
des êtres et des lois du bonheurs. Ces territoires, leurs unions
et leur intégrité sont indispensables au bonheur des couples,
à l'amitié, à l'amour, au chalom. Si cela nous est
dit pendant un mariage et en ce moment unique de l'union, c'est pour que
nous le sachions. Sachons sortir des petits regards politiques pour voir
notre présence et nos vies à ces niveaux de réalité
profonde enseignée aux juifs.
Alors, si tout cela est 1) compris, 2) demandé avec intention
(cavana), alors 3) la VOIX (qol) dont parle le Cantique des
Cantiques se fait entendre enfin et nous la chantons tous : qol
sassone (voix du plaisir) véqol sim'ha (voix de la joie),
voix de la fiancé et du fiancé qui se sont trouvés
et unis (qol 'hatane véqol kala) dans leurs exultations (mitshalote)
dans leur 'houpa, et leurs jeunes amis dans leurs repas festifs
de chants (ounéârim mimmichté nékhinatam).
Et on termine par la bénédiction : BéniToi
Hachém qui réjouit le fiancé avec la fiancé
(méssaméa'h hé'hatane îmhakkala).
Cette fois, on dit en ajoutant l'article hé (hé'hatane...hakkala)
qui fait allusion à la présence divine entrée en chacun
et à leur union par le îm, avec (hé'hatane...îm...hakkala)
.
Puis l'officiant et les époux boivent le vin. (Sous la 'houpa,
on limite notre joie en ayant une pensée émue et attristée
pour Jérusalem dont le Temple, habitation divine, est encore brisé
et le marié brise un verre en disant
un verset du psaume 137 ; ce n'est pas un exploit de joie mais, au contraire
une émotion poignante de tristesse que de partager la peine divine
d'un couple encore brisé et inachevé.
(voir
le poème)
Voici la traduction précise
et littérale du texte de ces 7 bénédictions
Fiançailles, en début de cérémonie
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui crées
le fruit de la vigne
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui nous as sanctifiés
par Ses commandements et nous as ordonné au sujet des unions interdites
et nous as interdit nos fiancées et nous as permis nos épouses
à nous par la 'Houpa et les Qiddouchine.
Voici que tu m'es consacrée vers moi par cette bague selon la
loi de Moché et d'Israël.
Mariage, qui continue la cérémonie
1e bénédiction
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui crées
le fruit de la vigne
2e bénédiction
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui a créé
tout pour Sa gloire
3e bénédiction
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui forme le Adam
4e bénédiction
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui as formé
le Adam selon Son image, selon la forme de l'image de Son modèle,
et as préparé pour lui et de lui une construction pour
toujours. Béni, Toi Hachém qui forme le Adam.
Qu'elle se réjouisse et se réjouisse et soit en joie
la stérile par le rassemblement de ses fils vers son être,
bientôt dans la joie.
5e bénédiction
Béni Toi Hachém qui réjouis Sion par ses fils.
Réjouis et tu réjouiras les compagnons aimés comme
Tu as réjouis ce que Tu as formé dans le Jardin d'Eden, jadis.
6e bénédiction
Béni Toi Hachém qui réjouis le marié et
la mariée.
7e bénédiction
Béni es Tu Hachem notre D. Roi de l'univers qui as créé
la joie et le bonheur, le marié et la marié, la joie (ici
4 autres mots intraduisibles qui indiquent la joie), l'amour et la fraternité,
la paix et l'amitié. Bientôt Hachém notre D. on entendra
dans les villes de Yéhouda et dans les places de Jérusalem,
la voix du plaisir et la voie de la joie, la voix du marié et la
voix de la mariée, la voix de jubilation des mariés depuis
leurs 'houpa. Et les jeunes depuis le festin avec leurs chants. Béni
Toi Hachém qui réjouis le marié avec la mariée.
Pendant les 7 jours, les 7 bénédictions sont dites
après le birkate hammazone. Comme il y a 10 hommes présents
on dit la formule préalable (zimmoune, invitation) concernant
10 présents, et qui est spéciale pour le mariage. Celui qui
dit le zimmoune tient une coupe de vin dans la main. A la fin du
birkate
hammazone, on remplit une autre coupe de vin sur laquelle on commencera
à dire ces 7 bénédictions par différents invités.
Puis on mélange un peu de ces 2 coupes dans une 3e qui sera réservée
aux époux qui la boiront. Et celui qui a fait le zimmoune
boira dans sa coupe de vin.
Cette forme de joie du mariage liée aux bénédictions
nous est déjà montrée tout au long de la Torah car
tout ce qui s'y passait est maintenant :
- d'abord, les mots divins en Béréchite 1, 10-12 : "et
D.ieu vit que cela était bon, Vayare Eloqim ki-tov".
- également, dans ce qui est dit à Rivqa par sa
famille en Béréchite 24, 60 : "Et ils bénirent Rivka
en lui disant : notre soeur ! puisses-tu devenir des milliers de myriades
! et puisse ta postérité conquérir la porte de ses
ennemis " a'hoténou, ate hayi léalfé révava
véyirache zarêkh éte chaâr soneav.
- également le chant après la traversée de la
Mer Rouge en Chémote 15.
Halakha pratique.
Précisons le rôle concret de participants qui véhiculent
ces dynamiques et en permettent la réalisation.
Par brièveté, je ne cite pas les références
halakhiques mais soyez assurés que ceci est strictement ce que l'on
trouve dans le Rambame, le Choulkhane Aroukh, le Rama et les grands
décisionnaires (posseqim) récents et actuels.
1. C'est une "mitsva assé" (ordre de faire) la plus
concrète
qui est comprise dans celle du verset de Vayiqra 19,
18 : vé ahavta lé réâkha kamokha, "et
tu aimeras ton prochain comme toi-même" ; c'est sa forme la plus
immédiate et la plus essentielle.
2. De là découle le devoir essentiel dans le judaïsme
d'assurer cette joie, spécialement envers les fiancés
pauvres et isolés, et d'assurer des conditions décentes aux
futures fiancées pour qu'elles puissent y accéder. Bien
entendu, tout cela est d'abord à l'image de la chékhina
qui est encore pauvre et brimée et que nous devons remettre dans
Sa gloire. Il s'ensuit que c'est une erreur grave que de dépasser
les limites des dépenses d'argent pour soi seul lors des
mariages sans penser à assurer simultanément
le même bonheur pour les pauvres. Ce qui vient d'être
dit est es-sen-tiel. Tous les grands maîtres
le rappellent avec la plus solennelle gravité... et sont hélas
peu entendus. Cela est très triste et non risible. L'excès
dans le nombre des invités, la compétition sociale mal placée
en ce moment et qui mène à ces exhibitions, l'excès
dans les dépenses sont véritablement fustigés par
ces posseqim, décisionnaires passés et actuels, comme
par les prophètes, car cela n'a rien à voir avec la joie
décrite ni avec la joie commune que tous les pauvres ont le droit
de partager. Il faut du courage et de la grande qualité morale pour
aller à contre courant,en cet autre sens.
Un autre motif s'y ajoute, spécialement en ce moment relié
à l'union de D.ieu et de Sa Jérusalem brisée : depuis
la destruction du Temple, on ne doit plus exhiber autant ce que l'on portait
auparavant, des diadèmes d'or et d'argent (âtéréte
kala) ; cela est un exemple qui indique la mesure à garder
dans les cadeaux qui doivent cependant atteindre un degré qui "réjouira"
fortement la fiancée. L'époux s'y est engagé par contrat
envers sa femme dans la qétouba ainsi qu'à lui procurer
le plaisir et le bien-être. Un judaïsme vraiment vécu
assure le bonheur de la femme.
3. Les amis et invités et la communauté doivent
assurer toutes les conditions pour que la joie des époux existe
:
beauté corporelle, beauté des vêtements, de la 'houpa,
du lieu, disponibilité totale (même l'étude de la Torah
doit être suspendue pour que l'on participe vraiment à ces
moments), présences qui réjouissent par les rencontres, par
la dignité et la qualité des personnes. L'entourage doit
prendre cela en charge si les époux ne le peuvent pas ; c'est l'origine
de la coutume juive par laquelle les invités remettent des chèques
honorables pour assurer ces conditions. C'est la première "guémiloute
'hassadim" de base.
4. La joie consistera dans les paroles (obligation de louanger
les époux, léqalés), dans les chants, les danses,
la participation et l'extériorisation de la part de tous, même
des dignitaires, même des grands Sages (afilou mi ché torato
omanouto mé'houyav lévatél....). C'est une mitsva
de danser devant les époux (une seule référence, pour
exemple, Choulkhane Aroukh Evéne Haêzér 65a
se basant sur Kétouvote 17a : "mitsva léssaméa'h
'hatane vékhala vékirqod lifnéihém vé
lomar ché hi naa..."). Il ne s'agit pas de faire un discours
ennuyeux ou brillant sur la joie à procurer à la mariée
et au marié, mais il s'agit de "les réjouir"
effectivement. Bien entendu, les paroles de Torah réjouissent mais
il faut respecter la spécificité de la mitsva.
5.Par contre, la torture imposée à tous par des
orchestres bruyants qui sont une injure à la beauté musicale,
au goût et interdisent toute communication est une absurdité
de la compétition sociale la plus bête, et elle est contraire
à la mitsva de réjouir et de se parler. En effet,
la délicatesse est extrêmement importante en ces moments divins
et d'entrée dans le couple, par exemple on doit ne pas dévisager
avec insistance la fiancée pour garder la note de pudeur très
délicate (même référence). Ce n'est pas de la
petite morale mais les sens en sont raffinés et élevés.
Le Choulkhane Aroukh le précise.
6. On commence à compter ainsi les 7 jours des bénédictions
:
si le mariage à eu lieu après la tombée de la nuit
(donc, par exemple, le yom réviî ou mercredi est commencé
selon le calendrier juif), ce yom réviî ou mercredi
comptera comme le premier jour des 7 bénédictions.
7. Il faut continuer pendant les 7 jours tout ce que nous avons dit
sur la joie à donner aux époux et pour les fonctions
que nous avons décrites (voyez Chofetim Juges 14,12). Donc
on maintient tout ce qui a été dit (paroles, accompagnement,
chants, beauté, vêtements, etc.). Et on ne laisse pas seul
comme en abandon l'époux ou l'épouse mais on accompagne chacun
dans ses déplacements comme un personnage important.
8. Les bénédictions doivent avoir lieu mais les
auteurs ont des usages différents si cela doit se faire pendant
un repas ou même pendant deux repas pendant chaque journée.
9. Les instruments de musiques sont autorisés.
10. Les époux ne travaillent pas pendant ces 7 jours et
ne se rendent pas sur les lieux de leur travail. Le Choukhane Aroukh
64 a dit : hannossé bétoula tsarikh lismoah îma
7 yamim ché lo yaâssé mélakha vé lo yissa
vitén bachouq.
Une étude sur la bague
(Je la dédie à mes différents amis et amies qui
se marient en cette période).
1. La sainteté (qéddoucha) qui se déroule
sous la 'houpa, et spécialement lors du don de la bague,
réfère à l'union entre Haqqaddoche baroukh Hou
et
Sa chékhina;
2. le bonheur présent est une participation à la nature
et à la vie de cette union divine, et une concrétisation
;
3. en effet, les mondes du haut et du bas sont unis et rien de bon
ici n'existe en bien ici-bas qu'il n'ait d'abord été réalisé
dans le monde d'en-haut. Cela est exprimé dès le début
de la Torah dans l'expression : Eloqim créa "les cieux et la terre"
(Béréchite bara Eloqim éte hachamayim vé
éte haaréts).
4. Cela est dit, exprimé et manifesté à notre
niveau dans les quatre lettres du Nom divin. Donc ce qui se déroule
sous la 'houpa va être référé à
ce nom et à ses dynamiques. C'est ce que nous allons comprendre
maintenant.
Le sens du passage de la bague
- Les Tiqqouné Zohar (10, page 25 b) disent , en araméen,
qu'il n'y a de qéddoucha que lorsqu'il y a 10 personnes (vélét
qédoucha béfa'hote méâssara dé ihi youd)
et cela est représenté par la lettre
youd (qui vaut
10 en hébreu, où l'on ne compte pas par les chiffres arabes
mais par les lettres hébraïques).
- Cette lettre youd commence le nom de youd qé
vav qéet les dynamiques qui s'y déroulent.
- Cette sainteté qui descend (le youd) s'ouvre et se
déploie sous la forme de la bague qui est référée
à la forme de cercle clôt qui dessine la lettre mém
sofite. C'est par cela qu'est consacrée l'épouse (ba
itqadéchate kala) et il faut placer la bague sur son doigt
qui est à l'image de la forme allongée et dressée
de la lettre vav (déihi dioqna déat vav), c'est
comme un youd qui descend. Les deux premières lettres
du Nom sont maintenant déployées.
- Il faut aussi 2 témoins qui correspondent à la présence
des 2 dynamiques des deux lettres hé qui sont dans le nom
divin (vé tsarikh térine sahadine déinoune laqavél
qé qé) . Le Nom est alors complet : youd qé
vav qé.
- Et il se fait alors que la bague, au bout du doigt, fait que le doigt-vav
ressemble alors à la lettre zayine qui est comme un vav couronné
(vékhad ihi tabaâte bérécha déétsvéâ
véitâvidat zaine) ;
- Dans cette dynamique (comme la lettre zayine vaut 7), il faut
bénir le couple par les 7 bénédictions (béhahou
zimna tsarikh lévarekha la béchévâ birkhaane
dé yatra khala).
Notre rôle
Cette petite étude nous montre la grandeur des évévements
à la fois divins et humains qui s'unissent et se déroulent
sous la 'houpa. Notre attention, notre concentration, notre
pureté comme spectateurs et communauté sont très importants
pour
accompagner et faciliter ce flux de la présence divine qui se réalise
en ces deux êtres qui retrouvent leur unité initiale et pourront
porter tous leurs fruits.
Pour le comprendre encore plus joyeusement, je vais vous raconter une
belle histoire. Je m'interrogeais l'an dernier sur le sens du fait que
la chékhina soit liée tellement au nombre 10 ; après
une semaine infructueuse de recherche comme avec une lampe orientée
en tous les sens, je me dis : je vais aller chercher dans l'immense réserve
des livres de la bibliothèque de l'Université ; je traverse
des rangées et des rangées d'étagères de livres
à la recherche d'un titre qui pourrait parler du sujet et, tout-à-coup,
parmi des livres anciens et poussiéreux je vois une petite reliure
en parchemin sans nom, intrigué par ce livre ancien, je le tire
et ouvre une page au hasard et quel fut mon choc de lire en hébreu
: "pourquoi la chékhina est-elle liée à la présence
de 10 personnes", avec la réponse "parce que si chacun est dans
sa plénitude et reconnait les autres dans leur plénitude
(1x1 puix 2x2 puis 3x3, etc. ), la somme de la plénitude totale
des 10 fait alors le nombre de 385, ce qui est le chiffre de la chékhina"
!
Vous pouvez le vérifier. C'était un livre d'un 'hassid rhénan
du Moyen-Âge. Cela me confirmait le verset des psaumes 119, 105 :
ner
lé ragli dévarékha (Ta parole est une lampe avec
laquelle on recherche, et alors tu donnes...) véor lénétivati
(la lumière éclaire mon chemin).
Il nous faut donc non seulement être autour des fiancés
mais essayer de l'être chacun dans notre plénitude, et qui
est différente pour chacun, et être tous ensemble, et reconnaître
la plénitude de chacun des autres, et alors la chékhina
les couvrira de sa présence. Si nous y parvenons à 10, quel
niveau, quel bonheur !
Voilà pourquoi les époux ont besoin de leurs amis autour
d'eux.
Mieux comprendre le rapport de la bague de mariage et de la lettre
mém
Ce qui est dit plus haut de la lettre mém en forme de
bague a dû éveiller une question ; vous n'êtes pas tombé
dans le piège de dire : "dans tous les peuples il y a une bague
d'alliance" mais vous vous êtes demandé "pourquoi on nomme
cela par la lettre mém en hébreu ?"
Voici la réponse.
- Les Tiqqouné Zohar (5, page 19 a) disent que la bonté
divine qui a créé le monde a pris la forme d'un simple point
(néqouda) qui est celui qui se trouve dans la première
lettre de la Torah, dans le béit ; c'était tout le
contenu et le programme qui allait se déployer, tout le potentiel,
comme une matrice fermée (image que j'ajoute pour faire comprendre),
la lettre mém sétima, forme fermée comme le
dessin d'un rond ou d'un carré.
- Ceux qui étudient les parachiyotes sur le site Modia savent
qu'il faut aller trouver ailleurs la clef suivante du jeu de piste. Les
Tiqqouné
Zohar disent que nous la trouvons en Isaïe 9, 6 où est
présente une anomalie : dans le mot lémarbé,
le mém qui devrait être simple est en gros caractère
pour attirer l'attention et c'est notre mém sofite qui ne
devrait se trouver qu'en fin de mot. La tradition de nos Sages nous donne
toute la solution de ces problèmes qui vont éclairer ce qu'est
cette bague juive.
Voici ce que dit ce passage d'Isaïe : "un enfant nous est né,
un fils nous est accordé, la souveraineté repose sur son
épaule et on l'a appelé conseiller merveilleux, héros
divin, père de la conquête, prince de la paix. lémarbé
hammisra ou lé chalom eine qéts, pour déployer
est son rôle et une paix sans fin". Evidemment l'hébreu est
plus fort et beau que cette traduction.
Chacun y voit tout-de-suite la pertinence entre ce texte et la réalité
florifère de ce nouveau couple. Mais il y a plus encore.
Le mot lémarbé a la guématria 277 de êzér,
aide, qui est le terme donné à chaque conjoint dans le couple
juif ; et également de zérâ, semence d'engendrement.
Le mot hammisra a la guématria 456 de tiqqoune
(réparation) qui est véritablement ce qui se produit par
un mariage.
Et les Tiqqouné Zohar indiquent que cela se déploie
en 7 couleurs (ce sont les 7 bénédictions). Il ajoute que
les bijoux en sont l'expression.
Voilà quelques pistes, grandioses, de ce qui se déploie
par la présentation et le passage de la bague. Chacun peut y ajouter
selon sa sensibilité mais comme il serait dommage de ne pas connaître
ces étincelles de lumière que nous pouvons recevoir si nous
étudions. Devant ces merveilles incessantes de la Torah, dont ceci
n'est qu'une goutte dans l'océan, puissions-nous dire le verset
97 du psaume 119 : ma ahavti toratékha, kol hayyom hi si'hati
(combien j'ai aimé Ta Torah, tout le jour elle est ma conversation
intérieure).
Avant de se rendre à ces mariages, il est bon de prendre
le temps d'étudier ces textes pour faire aux amis le cadeau d'amplifier
cette qéddoucha qui va s'expanser en eux et dont les fruits
d'enfants et de joie commune.
Si d'autres dimensions vous importent dans ces rites
des étapes de la vie, dites-le moi et j'essaierai d'apporter,
avec l'aide de D.ieu ces enseignements de vie.
Le poème
Vous comprenez maintenant que, si ces significations juives sont intégrées,
puisse venir et s'éveiller un
poème comme celui que j'ai placé dans L'ami des
aurores. Vous serez à son rythme et il sera clair, maintenant.
Cela suffit pour une première approche que l'on pourra prolonger
par l'étude.
Il va de soi que l'on ne doit pas se contenter de demander à
des rabbins "si ceci ou cela est permis ou interdit" mais il faut comprendre
le sens des choses, ce que cette étude a essayé de réaliser
un peu.
Que cela serve à augmenter la joie des époux, bientôt,
et celle de Yéhouda et Yérouchalayim,
celle de notre peuple et de son créateur.
Que l'amitié règne parmi nous.
Et que Jérusalem soit bientôt reconstruite.
Amen, sélah !
Apprendre et assimiler le vocabulaire juif du mariage
Exercice :
Pour chacun des mots de la liste suivante
- si vous ne le comprenez pas, reportez vous à l'étude
ci-dessus,
- ensuite utilisez à haute voix ce concept dans une phrase pour
l'intégrer de façon active.
a'hoténou, ate hayi léalfé révava véyirache
zarêkh éte chaâr soneav
a'hva
afilou mi ché torato omanouto mé'houyav lévatél
ahava
âtéréte kala
béréchite bara Eloqim éte hachamayim vé
éte haaréts
birkate 'hatanim
birkate 'hatanim baâssara kol chiveâ
birkate hammazone
brite mila
cavana
chalom
ché baou panim 'hadachote
ché hakol bara likhvodo
chékhina
êzér
chiveâ yémé michté
guémiloute 'hassadim
hannossé bétoula tsarikh lismoah îma 7 yamim
ché lo yaâssé mélakha vé lo yissa vitén
bachouq
hé'hatane...îm...hakkala
'houpa véqqidouchine
lémarbé hammisra ou lé chalom eine qéts
mém sofite
méssaméa'h 'hatane vékhala
méssaméa'h Tsione bévanéya
miniane
mitshalote
mitsva léssaméa'h 'hatane vékhala vélirqod
lifnéihém vé lomar ché hi naa
néqouda
pidiyone habbén
posseqim
qéddoucha
qétouba
qol 'hatane véqol kala
qol sassonevéqol sim'ha
réîm ahouvim
réoute
sassone, sim'ha, guila, rina, ditsa,'hedva
siyoum hasséfér
tabaâte zo
tiqqoune
vayare Eloqim ki-tov
vé ahavta lé réâkha kamokha
yom réviî
yotsér haadam
yotsér haadam bétsalmo
zérâ
zimmoune
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