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LE RITUEL DU DEUIL
" les derniers devoirs "

par le GRAND RABBINAT DU QUÉBEC 

Toute reproduction, distribution de ce manuel sont fortement recommandées 
à la condition de ne pas en faire un usage commercial. 
Veuillez mentionner la source. 
Première édition. Rabbinat 1992. Imprimé à Montréal 1992. http://www.rabbinat.qc.ca/nsite/deuil.html
 
Suite de: Les rites d'anniversaire du décès
par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour
http://www.modia.org








1. BIQOUR HOLIM VISITE AU MALADE 

2. C'est un devoir sacré que celui d'assister les malades. La visite aux malades, biqour holim représente une mitswa de valeur exceptionnelle à condition qu'elle apporte soulagement et réconfort. Elle permet aussi de faire des prières pour le rétablissement du malade. 

3. L'essentiel du devoir de visite aux malades consiste à s'enquérir des besoins du malade, à lui prouver qu'on s'intéresse à lui. 

3.1. Si quelqu'un implore D'ieu en présence du malade, il pourra prier en n'importe quelle langue; mais si la prière n'est pas faite en présence du malade, aussi sera-t-elle faite en hébreu. 

4. GOSSESSE AGONIE 

4.1. Il est souhaitable de faire appel à la Hévra  Qaddicha. Celle ci déléguera un havér qui assistera le malade avant l'agonie. 

4.2. Lors de la visite le havér s'efforcera de réconforter le malade en mettant l'accent sur la nécessité de faire téchouva et de confesser ses fautes en faisant le widouï (confession). Il faut souligner que, grâce à la téchouva, le malade peut retrouver sa santé. Les havérim liront, si l'état de l'agonisant n'est pas jugé critique le Chir Ha-Chirim, (Le Cantique des Cantiques ). 

4.3. Dés que le malade entre dans la phase finale il est interdit de le quitter, de lui retirer son oreiller, de lui fermer les yeux, de précipiter sa mort, de pleurer, de manifester bruyamment en sa présence, quiconque enfreint ces interdits est considéré comme un assassin. Cette situation s'apparente à une bougie sur le point de s'éteindre, qu'un homme mette le doigt dessus, elle s'éteint aussitôt (Chabbat 151b) 

4.4. Les professionnels veilleurs de la Hévra  commenceront leur rituel du chémâ. Il faut lire et répéter le chémâ jusqu'au décès. (voir annexe 1) 

4.5. A la constatation du décès les assistants prononcent la bénédiction : 
Baroukh atta a'donaï élo'hénou mélekh ha-ôlam dayane ha-émét.

4.6. Le havér présent recouvre le visage du défunt et, à travers le drap, lui ferme la bouche et les yeux, lui étend les bras et les jambes le long de son corps. 

4.7. Si le décès survient le Chabbat il faut seulement recouvrir le corps du défunt. 

4.8. Le havér termine en lisant pour un homme les Psaumes suivants : 
Yochèv bé-sètér, yigdal él'ohim haï, adone ôlam.
Pour une femme il lit seulement : èchéte hayil.

5. AVÉLIM : QUI DOIT OBSERVER LES RÈGLES DE DEUIL 

5.1. Les règles de deuil s'appliquent exclusivement lors du décès de l'un des sept proches parents suivants : le père, la mère, le fils, la fille, le frère, la soeur et le conjoint. 

5.2. Le cas du kohène
Pour déterminer dans quelles conditions le kohène pourra assister aux funérailles, il devra consulter l'autorité
rabbinique. 

5.3. Il n'y a pas de période de deuil prescrite pour les grands-parents, beaux-parents, neveux et oncles. 

6. L'ANINOUTE : ENTRE LA MORT ET L'INHUMATION 

6.1. Le Talmoud (Chabbat 105b) compare le décès d'une personne à un livre de Tora (séfer) qui a brûlé. Le corps, parce qu'il servait d'enveloppe à l'âme, tel l'écrin d'un objet sacré, est lui-même sacralisé. 

6.2. Depuis l'instant du décès et jusqu'à l'enterrement, l'affligé est appelé onène (accablé de tristesse). Il est tenu de se consacrer aux diverses démarches relatives à l'inhumation. 

6.3. L'onène est dispensé de toutes les mitswot (commandements positifs), il est exempté du port des téfilline, de réciter les prières ainsi que les bénédictions. Il ne peut pas compléter le minyane (quorum de 10). 

6.4. Par contre, l'onène reste soumis aux mitswot (commandements négatifs, les interdits), mêmes rabbiniques. 

6.5. Aussi les ablutions du matin et celles avant les repas restent obligatoires, mais seront effectuées sans réciter les bénédictions. 

6.6. L'onène ne doit pas se couper les cheveux, les ongles, la barbe, se baigner, saluer les gens, étudier la Tora. 

6.7. L'onène ne doit pas manger de la viande ou boire du vin sauf le Chabbat et le jour de Yom Tov. 

6.8. Les relations conjugales sont interrompues. 

6.9. Les lois relatives à l'onène ne s'appliquent pas le Chabbat ni un jour de Yom Tov. 

7. QÉRIÂ DÉCHIRURE DU VÊTEMENT 

7.1. Dés l'instant ou le cercueil est recouvert de terre, l'affligé s'appelle avèl. 

7.2. Comme signe visible de leur deuil, les sept proches ont l'obligation de pratiquer, avec l'aide d'un membre de la Hévra , la qériâ. 

7.3. En cas de décès à hol ha-moêd la qériâ se fait après la fête (yom tov). Excepté pour les parents la qériâ se fait le jour même. 

7.4. La qériâ, si celle ci n'a pas été faite lors de la constatation du décès, s'effectue debout et s'accompagne de labénédiction : 
Baroukh atta a'donaï él'ohénou mélékh ha-ôlam dayane ha-émet. 

7.5. Pour le père ou la mère la qériâ se fait sur la partie gauche de la chemise portée à partir de la clavicule en allant vers le coeur, sur une longueur d'au moins 10 cm. 

7.6. Pour les autres proches, la qériâ se fait à la partie droite de la chemise sur une longueur d'au moins 10 cm. 

7.7. Le haver coupe la chemise, à l'aide d'une lame, à la hauteur de la clavicule et l'avèl achève la déchirure de ses mains jusqu'à la hauteur de coeur. 

8. DECORUM 

8.1. L'endeuillé ne doit pas s'habiller de noir en signe de deuil, c'est la qériâ qui est le signe du deuil dans la tradition juive. 

8.2. L'endeuillé a l'obligation de se couvrir la tête. 

8.3. Le suicidé n'a pas droit aux honneurs religieux, sauf s'il a eu le temps de signifier ses regrets pour son geste et qu'il a prononcé le widouï. 

8.4. Il est interdit de pratiquer l'autopsie. 

8.5. La vision du corps avant l'enterrement est interdite car elle est incompatible avec le kavod ha-mèt. 

8.6. La mise en terre étant obligatoire, il est interdit d'incinérer un cadavre. 

8.7. Il est préférable d'enterrer le défunt le jour du décès. 

8.8. Toutes les eaux qui se trouvent dans la maison du défunt sont interdites à boire et à toute autre utilisation ménagère.

8.9. Il est d'usage de recouvrir tous les miroirs et les portraits dans la maison de deuil. 

8.10. Une bougie commémorative est allumée durant 7 jours dans la maison de deuil, elle symbolise le corps et l'âme du défunt. 

9. RÉHITSA LA TOILETTE RITUELLE 

9.1. Inspiré par le profond respect dû au mort, le corps doit subir une toilette très complète, destinée à le débarrasser de
toute souillure et de toute impureté, comme il sied à qui va se présenter devant son Roi. 

9.2. Soumise à un rituel très précis et caractérisé par la plus grande décence envers le défunt, la réhitsa est confiée à des professionnels de la Hévra  choisis pour leur dévouement et leur piété. 

9.3. Il incombe également à la Hévra  de revêtir le défunt de ses derniers vêtements, le linceul ou takhrikhine fait de simple toile blanche et identique pour tous. Le blanc étant la couleur indiquée pour les vêtements mortuaires. Ces vêtements sont faits sans poches pour signifier qu'aucune des possessions matérielles de la personne ne peut être emportée avec elle après la mort, mais seulement les bonnes actions et les mitswot. 

9.4. S'il s'agit d'un homme la Hévra  l'enveloppe d'un talit dont les ptilim ont étés coupés. 

10. LÉVAYA SALON FUNÉRAIRE 

10.1. Au salon funéraire la Hévra  procéde à la lecture des Téhillim (Psaumes). 

10.2. Habituellement un dvar Tora est prononcé par un rabbin. 

10.3. Le cortège, ha-lévaya ha-mèt, consiste à escorter solennellement le défunt pour un moment, après la lecture des Téhillim, pour montrer le respect et le regret d'abandonner la personne aimée. 

11. QÉBOURA CERCUEIL, ENTERREMENT 

11.1. Riches ou pauvres, devant la mort, nous sommes tous égaux et soumis à la même loi, ainsi toute la cérémonie funéraire devrait se dérouler en toute simplicité. 

11.2. Il ne faut pas envoyer des couronnes ou des fleurs aux funérailles ou dans les maisons de deuil. 

11.3. Le cercueil décoré, de grande valeur est à éviter, il doit être peu coûteux et en bois tendre parce qu'il se décompose plus rapidement. Certains percent des trous au fond du cercueil afin de hâter la décomposition de la dépouille mortelle accomplissant ainsi la mitswa (Bérèchit 3:19) : Dans la poussière tu retourneras. 

11.4. Avant la fermeture du cercueil la famille demande pardon au défunt des fautes qu'elle a pu commettre à son égard. 

11.5. Escorter le défunt jusqu'à sa dernière demeure constitue une mitswa essentielle. 

11.6. Les femmes ne devraient pas assister à l'enterrement selon une importante recommandation du Zohar (Zohar 196a).

11.7. Chacun aura a coeur de jeter de la main gauche trois pelletés de terre sur la tombe. Il ne faut pas se passer la pelle à la main, mais la posez par terre, la personne suivante fera de même. 

11.8. L'enterrement sera terminé lorsque le cercueil est entièrement recouvert de terre. 

11.9. Une fois le corps enseveli les assistants lisent tsiddouq ha-dine suivi de la récitation du qaddiche des endeuillés par l'avèl. 

11.10. Le tsiddouq ha-dine n'est pas récité les jours où les tahanounim ne sont pas lus, à savoir le vendredi après-midi, les yamim tovim, les veilles des fêtes après-midi et les jours de hol ha-moéd. 

11.11. Nihoum - présentation des condoléances. 

11.11.1. Après l'enterrement et la récitation du qaddiche, l'endeuillé se déchausse pour porter des espadrilles ou chaussures en toile. 

11.11.2. La cérémonie se termine par la consolation des endeuillés, nihoum. 

Les assistants se placent au devant de l'avèl et ils lui adressent les condoléances en disant : mine ha-chamaïm ténouhamou. (Soyez consolés du ciel) 

11.11.3. Il est interdit de se saluer et se congratuler au cimetière, pour ce faire il faut s'éloigner des tombes. 

11.12. Nétilat yadayim - lavage des mains. 

11.12.1. A la sortie du cimetière, tous les assistants se lavent les mains (trois fois en alternant d'une main à une autre le kéli, en prenant soin de ne prendre le récipient qui sert à la nétila des mains de qui que ce soit ni le lui donner. 

11.12.2. Il est recommandé de ne pas s'essuyer les mains pour exprimer symboliquement qu'on reste en pensée avec le défunt et avec les endeuillés.

11.12.3. Il est recommandé de ne pas rentrer chez soi avant de s'être lavé les mains. 

11.12.4. Il est recommandé avant de rentrer chez soi de passer quelques instants dans un lieu public. 

12. SÉÔUDATE HAVRAA : REPAS DE CONDOLÉANCES 

12.1. Le premier repas que la personne en deuil mange après l'enterrement s'appelle séôudate havraa. 

12.2. Il est défendu à l'avèl de prendre ce repas à partir de nourriture lui appartenant. 

12.3. Les amis ou la Hévra  devront se charger de cette séôuda, qui se compose soit d'oeufs durs, lentilles ou olives. 

12.4. Ces aliments ronds n'ont pas de bouche, pas d'ouverture, sont symboliques de la nature cyclique et éternelle de la vie et représentent l'avèl encore en état de choc, qui n'a pas de mots pour qui que ce soit. 

13. AVÉLOUT  DÉBUT DU DEUIL 

13.1. Le deuil commence aussitôt après que le corps ait été enseveli et la tombe recouverte de terre. 

13.2. Celui qui reçoit, par téléphone, la nouvelle du décès d'un proche parent, commence l'avélout  au moment où l'enterrement a lieu. 

13.2.1. Le chef de famille. Qui est considéré comme le chef de famille? Celui qui tranche toutes les questions et dont on suit les avis, même s'il est jeune. Une veuve, par exemple, qui est sur place et qui dirige la maison est appelée chef de famille. qui rejoint sa famille déjà en deuil observera sa propre chivéâ

13.3. Celui qui rejoint sa famille déjà en deuil, même vers la fin des 7 jours de deuil, s'unira à eux. La chiveâ  commence immédiatement et sa durée varie selon les cas. 

13.3.1. Si les quatre conditions suivantes sont réunies l'affligé se joint tout simplement aux avélim et termine les 7 jours en même temps qu'eux. 

13.3.2. Si jusqu'au moment où il a rejoint sa famille il ignorait le décès et qu'il n'avait pas commencé l'avélout

13.3.3. Si le chef de famille 2 idem. est présent. 

13.3.4. Si les avélim ont pris le deuil à l'endroit du décès ou de l'enterrement. 

13.3.5. S'il ne peut pas rejoindre l'endroit des autres avélim en moins d'une journée. 

13.4. Si les quatre conditions ci-dessus ne sont pas remplies, il se doit d'observer sa propre chiveâ , les sept jours commencent immédiatement. 

13.5. Si un avèl n'a pas observé la chivâ, involontairement ou de propos délibéré, il consultera l'autorité rabbinique. 

13.6. Si une personne ignore le décès d'un de ses 7 proches parents, son entourage n'est pas tenu de le lui annoncer, même s'il s'agit de son père ou de sa mère. Puisqu'il nous est recommandé de ne pas transmettre de mauvaises nouvelles. On peut même l'inviter à une fête, étant donné que cette personne n'a pas encore pris connaissance de la nouvelle. 

14. VISITES DE CONDOLÉANCES 

14.1. Rendre une visite de condoléances est un acte de compassion rattaché au message de D'ieu au peuple juif (Yéchâya 40,1) : Consolez, consolez mon peuple.... La visite de condoléances durant la chivâ aide celui qui est en deuil à traverser la période de solitude et de dépression. 

15. DURÉE DU DEUIL. 

15.1. L'endeuillé ne doit pas s'affliger excessivement à l'occasion d'un décès. Nos hakhamim ont fixé les limites suivantes : 

15.2. L'endeuillé pleure trois jours. 

15.3. L'endeuillé observe la chivéâ  (semaine de deuil) et on récite des éloges funèbres. 

15.4. L'endeuillé observe les règles des chélochim  (le mois). 

15.5. Le deuil se compose de trois stades dont la rigueur va en décroissant : La chiveâ  (la semaine), les chélochim  (le mois) et l'année de deuil. 

16. FIN DU DEUIL. 

16.1. Fin des chiveâ

16.1.1. La veille du septième jour, après l'office du soir (ârvit), se déroule le rituel de la lecture (kraya) marquant la fin des chiveâ

16.1.2. Le septième jour, à la prière du matin (chahrit) après la lecture de baroukh chéamar que l'avèl se lave les mains. À compter de cet instant le stade dit des chiveâ  est terminé, l'avèl peut dès lors s'asseoir normalement et les règles de la chiveâ  prennent fin. 

16.1.3. Notons le fait que les 7 jours d'avélout  ne font pas une semaine entière. En effet, il suffit qu'une heure se soit écoulée depuis le moment où l'affligé prend le deuil jusqu'au coucher du soleil 3 Le compte d'une journée, dans le calendrier hébraïque, se fait à partir de l'heure du coucher du soleil et dure 24 heures. C'est pourquoi les fêtes juives commencent toujours la veille de la date indiquée sur le calendrier. pour être comptée comme un premier jour. 

16.2. Fin des chélochim

16.2.1. La veille du vingt neuvième (29ème) jour après l'office du soir (ârvit) se déroule le rituel de la lecture (kraya) marquant la fin des chélochim

16.2.2. Notons le fait que les chélochim  (le mois) ne font pas trente (30) jours entiers mais quatre (4) semaines. À partir du jour le l'enterrement il faut compter 28 jours pleins, le soir du 28ème jour devenant, après le coucher du soleil 4 idem. 

16.2.3, le 29ème jour est le jour dit du mois. 

16.3. Le jour de l'enterrement compte parmi les jours de deuil. Si l'enterrement a eu lieu avant le coucher du soleil, cette journée ne comptera que si la personne en deuil a pu se déchausser et recevoir le nihoum avant le coucher du soleil. 

16.4. Le deuil de 7 jours est supprimé si l'enterrement a lieu la veille de Pessah et que l'avèl a observé un moment, si court soit-il, les règles du deuil. 

16.5. Si une fête intervient pendant les chélochim  elle annule les règles du deuil liées au chélochim  (le mois). Les chélochim  prennent fin à l'entrée de la fête. 

16.6. Les chélochim  (le mois) sont supprimés si le deuil a été observé les 7 premiers jours avant la fête. Le yom tov qui survient après les 7 jours supprime les chélochim , même si le 7ème des 7 premiers jours est veille de fête. 

16.7. Le même calcul s'applique pour Chavouôt

16.8. La durée du deuil dans ces cas se calcule ainsi : 

16.8.1. Avant Pessah : 7 jours. 

16.8.2. Durée de Pessah : 8 jours. 

16.8.3. Reste à faire : 14 jours. 

16.8.4. Total : 29 jours. 

17.CHIVE  - RESTRICTIONS DURANT LA SEMAINE DE DEUIL 

17.1. Quitter la maison de deuil. 

17.1.1. Ne pas quitter la maison de deuil durant les sept jours. Sauf si ce n'est pour aller dormir au cas où le couchage dans la maison est impossible, faute de place. 

17.1.2. De même s'il est impossible de réunir le minyane au domicile des endeuillés ceux ci pourront se rendre à la synagogue. 

17.2. S'asseoir et manger et dormir par terre. 

17.2.1. Durant les 7 jours, l'avèl ne doit pas s'asseoir sur une chaise ou sur un banc, mais par terre ou sur un tabouret. (pas plus haut que 3 téfahim, 24 cm), de même il doit descendre sa couche à terre. 

17.2.2. Un vieillard ou une personne handicapée peuvent s'asseoir sur un coussin. 

17.2.3. Ceux qui rendent visite à l'avèl peuvent s'asseoir normalement et ceci n'est pas considéré comme un manque de respect vis-à-vis des avélim

17.2.4. A la synagogue il est d'usage de s'asseoir dans une place réservée aux endeuillés. 

17.2.5. Durant le Chabbat de cette première semaine d'avélout , l'avèl s'assoit normalement et mange à table. 

17.2.6. Il en est de même pour Pourim. L'avèl ne s'assoit pas du tout par terre, aussi bien le 14 que le 15 Adar. 

17.2.7. A Roche Hodèche et pendant Hanoukka, en dehors des repas qu'il prend à table, il doit s'asseoir par terre. 

17.3. Interdiction de chausser du cuir. 

17.3.1. L'avèl n'a pas le droit de chausser du cuir. Seules des chaussures en caoutchouc, en plastique ou en tissu lui sont permises. 

17.3.2. Pour sortir et marcher dans la rue, il peut porter des chaussures en cuir, en y introduisant au préalable du sable. 

17.3.3. Une accouchée de 30 jours après son accouchement, peut chausser du cuir. 

17.3.4. Une personne qui souffre des pieds a aussi le droit de chausser du cuir. 

17.4. Interdiction de saluer. 

17.4.1. Les 3 premiers jours, l'avèl ne doit pas saluer ni répondre à ceux qui, ignorant son deuil, le saluent. Il les informe seulement qu'il est avèl

17.4.2. Du troisième au septième jour, il ne doit pas saluer mais il peut répondre à ceux qui le saluent. 

17.4.3. Cette défense ne s'applique pas au Chabbat, où l'avèl peut saluer, dire Chabbat chalom, et répondre normalement. 

17.4.4. L'avèl peut formuler à d'autres, et vice-versa, des voeux qui ne contiennent pas le mot chalom, par exemple : à tes souhaits, bonne santé, longue vie, bonne réussite, etc. 

17.5. Interdiction d'étudier la Tora 

17.5.1. Il est défendu à l'avèl d'étudier la Tora pendant tous les sept jours. Mais il pourra lire des textes traitant de souffrances tels que le livre de Yov ou les Lamentations, Ékha. Il peut aussi étudier les lois d'avélout  afin de savoir les appliquer. 

17.5.2. L'avèl ne peut enseigner même pas les textes qu'il a le droit d'étudier. Si l'avèl a l'habitude de donner des dérachot (conférences religieuses) et qu'il n'a pas de remplaçant, plutôt que de priver le public de ces études, l'avèl pourra même leur enseigner des thèmes que lui-même n'a pas le droit d'étudier. 

17.5.3. L'avèl ne monte pas à la Tora durant les 7 jours, ni le Chabbat, ni en semaine, même s'il est kohen ou léwi.
Le Chabbat, s'il n'y a d'autre kohen ou léwi que lui et qu'il n'a pas quitté la synagogue avant l'appel à la Tora, s'il est appelé il peut monter. 

17.5.4. Si l'avèl se rétablit d'une maladie, ou s'il a eu un miracle, circonstance que l'on marque par la bérakha de ha-gomel, il peut la réciter en présence de 10 personnes comme c'est l'obligation, mais sans monter à la Tora. 

17.6. Interdiction d'avoir des relations conjugales. 

17.6.1. L'accomplissement du devoir conjugal est interdit pendant les 7 jours d'avélout  lorsque l'un des conjoints, le mari ou la femme, est avèl. De même, il est interdit aux conjoints de s'embrasser, mais ils peuvent se conduire avec un certain rapprochement, comme servir à manger, dresser le lit du conjoint. 

17.7. Interdiction de se baigner et de se parfumer. 

17.7.1. Il est interdit à l'avèl de se baigner et de se doucher tout le corps même avec de l'eau froide pendant les 30 premiers jours. Il a le droit de se laver les mains, la figure et les pieds à l'eau froide. En réalité, la loi n'exige cela que durant 7 jours, mais l'usage veut d'étendre cette interdiction à tous les 30 jours. 

17.7.2. Ce qui est interdit c'est un bain de plaisir, mais pour des raisons de santé, on peut se baigner. Une personne délicate qui souffrirait beaucoup de ne pas se laver a le droit de le faire même à l'eau chaude. 

17.7.3. Une accouchée pourra également se laver sauf le premier jour où il convient de s'en abstenir. 

17.7.4. Le vendredi, après les 7 jours d'avélout , l'avèl peut se laver le visage, les mains et les pieds à l'eau chaude, mais le vendredi des 7 premiers jours d'avélout , il ne pourra pas faire exception à la règle et ne se lavera la figure, les mains et les pieds qu'à l'eau froide. 

17.7.5. Une femme mariée en deuil peut, après les 7 jours d'avélout  se baigner et même se maquiller. Elle n'est plus tenue à ces restrictions, ceci afin d'être chère à son mari. 

17.7.6. Une nouvelle mariée qui est en deuil peut, si elle est dans l'intervalle des 30 jours après son mariage, peut se maquiller et s'embellir, ceci même durant les 7 premiers jours d'avélout

17.7.7. Un avèl n'a pas le droit de se frictionner ou de se parfumer si ce n'est dans un but hygiénique ou thérapeutique. 

17.8. Interdiction de faire la lessive et de repasser. 

17.8.1. Il est défendu à l'avèl, pendant les 7 jours d'avélout , de laver et de repasser ses effets lui-même, ou de le faire par d'autres, même s'il n'a l'intention de les mettre qu'après les 7 jours. 

17.8.2. Il n'a pas non plus le droit de mettre des vêtements lavés avant le deuil. 

17.9. Interdiction de travailler. 

17.9.1. Il est strictement interdit à l'avèl de travailler pendant les 3 premiers jours de l'avélout , même s'il est pauvre et qu'il vit de la charité. 

17.9.2. Passé ces trois premiers jours, si l'avèl est pauvre et n'a pas de quoi manger, il pourra travailler discrètement chez lui dans le but de gagner le strict nécessaire pour couvrir les frais de la journée. 

17.9.3. De même qu'il lui est défendu de travailler, il lui est aussi défendu de commercer. S'il dispose d'une marchandise qui, si elle n'est pas vendue maintenant, perdrait de sa valeur, il peut, après les trois premiers jours, charger une autre personne de s'en occuper. Ce n'est que pour éviter une grande perte et non un manque de bénéfice que cette mesure est prise. 

17.9.4. S'il n'a pu trouver une personne qui puisse se charger de lui éviter cette perte, l'avèl pourra, après les trois premiers jours, faire lui-même ce travail, ou s'occuper de son commerce, à condition qu'il agisse discrètement. 

17.9.5. Il lui est interdit de faire par un autre, même par un non-juif, tout travail ou tout commerce qu'il peut reporter sans subir de pertes. 

17.9.6. Un médecin avèl peut visiter des malades pendant les 7 jours d'avélout  car il peut survenir des cas de vies humaines en danger. 

17.9.7. Une femme en deuil peut faire chez elle le ménage et la cuisine. 

17.9.8. Un employé en deuil ne doit pas se rendre à son travail durant les 7 jours, mais il pourra y envoyer un remplaçant.

17.10. Interdiction d'inviter.

17.10.1. L'avèl n'a pas le droit d'inviter autrui, ou de se faire inviter. 

17.10.2. Il n'enverra pas de cadeaux aux gens, et n'en recevra pas. 

17.11. Recommandations pour les prières. 

17.11.1. L'avèl ne met pas les téfilline le premier des sept jours d'avélout . 

17.11.2. Il est recommandé de prier chahrit, minha et ârvit chez l'avèl. Même en l'absence des avélim chez le défunt, on s'efforcera de s'y réunir pour les prières, car on procure ainsi de la satisfaction, nahat rouah, à l'âme du disparu. 

17.11.3. Si parmi les assistants personne d'autre ne peut servir d'officiant, l'avèl pourra officier et acquitter l'assistance de son obligation. 

17.11.4. A la prière chez l'avèl, on ajoute le Psaume 49 de circonstance Chimôu zot. On ne dit pas tahanounim, ni birkat kohanim. Dans la prière d'ârvit de Chabbat, on ne dit pas bammé madliqine, ni la prière de méène chéva. A minha, on ne dit pas waani téfillati. A ârvit, à l'issue du Chabbat, certains ne disent pas vihi noam et yochèv bé-sètér, mais directement orekh yamim asbiéhou I véata qadoche, mais selon un autre usage, il faut dire vihi noam et yochev be-sèter. 

17.11.5. A la synagogue, il est d'usage que l'avèl change de place. Durant la chiveâ , à la synagogue, une place est spécialement affectée aux avélim
 


Suite.
Les devoirs ultérieurs envers le défunt
et les rites d'anniversaire du décès

par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour
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La matséva
C'est la pierre que l'on place sur la tombe, avec le nom du défunt et l'inscription hébraïque: Tiyé nafcho tséroura bitsror ha'hayim: "qu'il soit inséré dans le faisceau des vivants". Elle permet de garder le souvenir, de rendre hommage au défunt, et de venir faire des prières pour l'élévation de son âme.

On ne place pas de photos, ni de plaques portant des lamentations, ou autres coutumes qui sont celles des non-Juifs. En Israël, hélas, les nombreux immigrants amenés par l'Agence juive faussement comme Juifs et qui ne le sont pas ont pris l'habitude d'introduire ces coutumes et des Juifs ignorants les imitent, à tort. On ne met pas de caractères en relief mais on les grave. Les Lévi et Cohen gravent souvent des symboles de leurs fonctions. La discrétion reste la norme. Seules les tombes des très grands sages portent un descriptif de leurs qualités.
Pour la date à laquelle placer cette matséva, les coutumes sont différentes suivant les communautés. Demandez donc à votre rabbin les usages qui concernent votre famille. Les Sépharades suivent la coutume du Ari, zal, et s'organisent vite pour la placer le plus tôt possible après les 7 jours de deuil.
Sur cette photo de la tombe de Ribbi Mëir Abou'hatséra au Mont des Oliviers à Jérusalem, vous voyez clairement la sobriété des matsévotes des tombes juives.
Sur la tombe du Sage est placée un dôme qui protège du soleil les nombreux pélerins qui viennent se recueillir et prier auprès de la tombe du Sage car le corps reste toujours partiellement lié à la néchama jusqu'à la résurrection des morts. Et, on vient donc se recueillir pour éveiller en soi les qualités qui ont distingué le Sage. Voir ce lien sur ces pélerinages.
Mais aussi, parce que le retour du corps dans la terre dont il a été formé lors de la Création d'Adam, est un processus de purification, comme le Ari l'explique dans Chaâr hamitsvot, paracha Vayéhi: le mot hébraïque Qaïn est transformé en naqi (propre) qui sont les mêmes lettres. Pour les étudiants avancés, voir ce passage pour tout ce qui concerne le décès, l'enterrement, etc.

Voici la matséva du grand Rabbénou Yaâqov Abouhatséra

et le texte qui y est écrit, avec les initiales hébraïques Tiyé nafcho tséroura bitsror ha'hayim: "qu'il soit inséré dans le faisceau des vivants":


1. Ô malheur que la beauté soit tombée dans la  poussière,
2. le grand homme venu du Maroc, le Rav


3. merveilleux, grand juge rabbinique, caballiste
4. divin, hassid saint, dans la science du secret
5. comme dans celle du dévoilé, géant qui déracine les montagnes, la couronne de nos têtes et le turban de notre beauté, kavod morenou harav Ribbi
6. Yaâqov Abou’hatséra, que le souvenir du juste et du saint soit bénédiction, son mérite nous protégera, amen.
7. qui a été demandé dans la yeshiva d’En-haut le  jour 20 du mois de Tévéte de l’année
8. 5640 (1880) du petit compte.

9. que son âme soit insérée dans le faisceau des vivants.

Seuls ces très grands ont droit à de telles louanges. Généralement, il n'y a que quelques mots affectifs, avec le nom et la date du décès. A Jérusalem, toutes les inscriptions sont uniquement en hébreu.

Quelques rares matsévotes sont luxueuses, en raison de la piété populaire immense qui a entouré un sage. Mais cela ne concerne nullement le commun des mortels. Voici la matséva de Ribbi Raphael Alencaoua.

et la coupole qui l'abrite


Les bases sont dans la Torah: quand Ra'hél mourut, Yaâqov éleva un monument sur sa tombe, c'est la matséva du tombeau de Ra'hél qui subsiste encore, Vayatsév Yaâqov matséva âl qévourata..." (Béréchite 35,20) . Ces mots sont dans la Torah et la tombe est encore intacte de nos jours. Voyez ici le lien avec cette matséva de Ra'hel.


Lisez aussi le chapitre 23 de II Rois, verset 17: "il demanda :quel est ce monument (tsioune) que je vois là-bas? Et les habitants lui répondirent: c'est le tombeau (qéver) de l'homme de D.ieu venu de Yéhouda pour annoncer les faits que tu viens d'accomplir...".
En de nombreux endroits de la Torah, la matséva est un assemblage de pierre que l'on utilise en commémoration et hommage envers D.ieu et il est interdit d'en faire pour les idoles: Béréchite 31, 45 et 51-52. 35, 14 et 20. Chémote 24,4. Vayiqra 26,1. Dévarim 16,22. I Samuel 14,12 et II Samuel 23,36. Isaïe 19,19. Osée 3,4. Zacharia 9,8. En Dévarim 12,3 et 16,22 Rachi définit la matséva comme composée d'une seule pierre, contrairement à l'autel qui est composé de nombreuses pierres. Mais, souvent, elle a une fonction d'autel que l'on induit d'huile en l'honneur de D.ieu.
Rachi en Dévarim 29,12 en fait un symbole pour garder le souvenir. Et Moché a établi 12 matsévotes pour commémorer le souvenir et l'honneur des 12 tribus (Chémote 24,4) mais surtout pour symboliser qu'elles se considèrent comme maison de D.ieu. Métsoudate David sur Ezéchiel 26,11 dit que c'est un lieu proéminent et Sékhel Tov sur Béréchite 31, 45 la décrit comme une grand pierre que l'on voit de loin. Et de nombreux commentateurs la mettent en relation avec la matséva de la Torah qui est maison de D.ieu, léhavdil, en voyant bien les différences, simplement comme symbole et allusion envers le sage enterré qui est un enseignement vivant par sa sainteté.

C'est un devoir de mener le défunt à cette complétude et cela doit être pris sur l'héritage avant même la répartition (Le Tour sur Sanhédrine 6b). Et ce souci peut prendre place même pendant les jours de deuil alors que l'on ne doit pas travailler, car il s'agit de l'honneur du défunt. Avchalom (II Samuel 18,18) n'avait pas de fils digne de lui succéder et s'éleva lui-même une matséva (voyez le commentaire en Sota 10b).
En Zacharia 9,8 Rachi insiste aussi sur le caractère de protection et de défense que la matséva procure. Le Traité Chabbat 152b raconte l'histoire de Ribbi Ahaï ben Yahya qui surgit de sa tombe qui n'avait pas de matséva et que des laboureurs endommageaient afin de les réprimander. Dans le même sens, on n'adoptera pas la coutume de non-Juifs de mettre seulement une matséva à la tête de la tombe et rien sur la tombe elle-même afin de recouvrir toutes les tombes d'herbe et de créer une égalité ou un passage libre (voir Yalkoute Yossef 7, 22 page 215). Longtemps, les Achkénazim ont placé aussi une pierre verticale à la tête de la tombe comme matséva en plus de la pierre horizontale (on le voit sur la photo ci-dessus), mais ils n'ont pas supprimé cette dernière qui est seule utilisée par les Sépharades.
La tradition juive n'est pas d'élever des monuments entiers sur les tombes, comme on en voit quelques rares exemplaires, comme la tombe de Zécharia le prophète dans la Vallée du Cédron à Jérusalem. On les appelait des néfachotes, car cela était pour le bien de l'âme du défunt. Rabbane Chiméone ben Gamiel le refuse et dit que les tsaddiqim n'ont pas besoin de ces néfachotes car ce sont leurs paroles qui ont cette fonction de monument mémorial (Béréchite rabba 82,10.

Tous ces sens viennent composer un peu le sens de la matséva du juste. Et, surtout, il est rappelé à propos de la matséva de culte qu'elle ne doit jamais concerner l'idôlatrie, ainsi il faut veiller à la droiture des pensées concernant également la matséva du défunt et ne pas en faire un culte déplacé.

Voir de nombreuses matsévotes différentes sur la page des hiloulotes.
et ici Or ha 'Hayim


Cimetière ancien au Mont des Oliviers à Jérusalem: matsévotes modestes.
Beaucoup ont été détruites par les Arabes et sont en cours de réfection.
De cela, les médias ne se préoccupent pas,
imaginons le scandale et les résolutions de l'ONU si un Juif faisait une seule de ces profanations.

Soyons modestes si les grands eux-mêmes n'ont que ces matsévotes. L'important, c'est le lieu et surtout leur enseignement.

A suivre: les autres pratiques du souvenir (azkara): étude de la Torah, lumières, repas, visites à la tombe, pierres sur la tombe, etc.

ici, lumières déposées sur la tombe de Ribbi Yaâkov Abouhatséra:

et lumières protégées du vent à côté de la tombe:


Voir la paracha A'haré Mote
et la paracha Pin'has
 

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