de la Torah du Sinaï à nos jours
Notre monnaie nous enseigne beaucoup sur la Torah et le peuple.

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par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour

Je dédie cette étude à tous ceux qui pensent faire leur alyah et vont découvrir que toute leur vie quotidienne devient Torah et histoire, et repères de pensée dans la Torah.



Prenons comme base ce qui est écrit sur les deux faces de ce chékél, pièce de monnaie frappée vers 63-70 de l'ère commune pendant la 1e révolte juive contre les Romains. Cela est inscrit dans l'écriture qui était celle de la Torah initiale telle qu'elle a été reçue et transmise.


Voici ce qui est écrit sur la pièce de droite,
en commençant par le bas à droite puis montant et tournant:

on lit cette image comme en hébreu à partir de la droite. Voici la correspondance:

Le sens en est "Yérouchalayim haqédocha", Jérusalem la sainte.

Apprenons les lettres: le youd revient deux fois, il est un peu différent du hé qui revient deux fois, le chine est presque semblable à sa forme actuelle ou à un w, le vav revient aussi deux fois, regardons le reich, puis le lamed et le reich. Et nous pouvons déja lire l'ensemble de la phrase.
Lisons-là maintenant sur la pièce de monnaie.

Nous sommes déjà capables de lire la pièce de droite: lisons également en commençant en bas à droite et montant: chine, qouf, lamed dont le mot chéqel. Puis youd, chine, reich, aleph, lamed: Israel. Donc "chéqel Israël".
Et dans le centre, sur la coupe, il y a chine et noun.Cela veut dire "chana noun", année 50. Nous allons maintenant apprendre beaucoup de tout cela.


Ces pièces sont généralement en argent. Elles ont été gravées dès l'an deux de la révolte contre les Romains, nous allons voir pourquoi. Le poids est environ entre 14 grammes 1 à 4; la taille fait environ 1 cm et 2 millimètres. Il y en a des plus petits (11 millimètres) et des plus légers (jusque 6,5 grammes).

Nous pouvons commencer à déchiffrer.
Pour faciliter, je vous donne tout l'alphabet dans l'écriture actuelle (ligne du milieu) et dans l'écriture ancienne; j'ai placé les lettres au dessus et en dessous en alternance pour que ce soit plus aéré:


Voici une pièce en argent (recto-verso) de l'époque de la révolte de Bar-Kokhba (an 132-135 de l'ère commune) appelée tétradrachme de l'an deux. Elle a la même taille et le même poids que les précédentes (14 gr environ et 12 mm de diamètre).
Sur le recto, nous avons l'entrée du Temple telle qu'ils le voyaient ou tels qu'ils se le représentaient alors bien des années après la destruction, avec la table des pains qui est dans l'axe de l'ouverture de la porte.
Sur le verso, lisons en commençant en bas à droite et en montant et tournant. Vous allez découvrir les lettres que j'ai dessinées (lire à partir de la droite). Le chine se voit mal, c'est l'abréviation de chana (année). Ensuite, la lettre beit (deuxième, donc deuxième année). Puis la lettre lamed, puis la lettre 'héit et la lettre réich (abréviation de lé 'héroute: de la liberté; donc "deuxième année de la liberté"). Puis le mot Israel que nous savons déjà lire. Donc, cette pièce affirme un message: et le Temple, et nous sommes dans la seconde année de la liberté de Jérusalem après sa libération et Jérusalem est rendu à sa sainteté qui remonte à l'écriture du Sinaï.


Il est clair maintenant que ces pièces sont l'affirmation exactement identique à celle des fondateurs de l'Etat actuel d'Israël :

- Nous remontons à cette période de Moché Rabbénou et du Sinaï en l'an 1289 avant l'ère commune actuelle soit 3292 ans avant l'année 2003 lorsque le texte de la Torah parlait déjà du chékel dans le livre de Chémote 30,11-16.

- Et nous avons des usurpateurs qui prétendent que ces lieux de Jérusalem leur appartiennent et que c'est leur lieu éternel de prière alors qu'ils sont des envahisseurs du 7e siècle de l'ère commune actuelle (des milliers d'année après nous), qui occupent par la force et la violence, qui veulent détruire les traces de notre patrimoine culturel qui est aussi vivant dans nos livres, nos coeurs, nos prières, nos rites, et par notre transmission, qu'hier.

- Ils ont, pour ce mensonge éhonté, et antihistorique, la collaboration active de la civilisation chrétienne en ses Etats européens ou autres qui ont tenté à leur tour sans succès de nous supplanter puis de nous assassiner. Par millions. Et nous sommes toujours là. Et, aujourd'hui, ils reprennent les mêmes supercheries en les appelant "paix", "Oslo", "carte de route", etc. ce processus de substitution.

- Mais nous avons notre destin écrit dans nos textes depuis lors, et même sur notre pièce de monnaie d'aujourd'hui s'appelle également ce chékel. Car le judaïsme a réglementé l'argent dès le début pour la morale, pour le don, la tsédaqa, la pureté, l'offrande.

- Et, surtout, tout cela n'a valeur (pas seulement de monnaie) que parce que cette Jérusalem est le lieu de la qédoucha, de la sainteté divine alors que vous voulez faire de Jérusalem comme les Romains, un lieu de culture internationale. L'essentiel étant de nous en retirer et de nous remplacer, c'est une obsession chez vous depuis 2000 ans en ces deux vagues de religions de substitution. Mais Jérusalem qui n'est pas nommée une seule fois dans le Qoran, c'est le lieu de la qédoucha de Ha Qadoche Baroukh Hou depuis le Sinaï.
Voilà ce que disent ces pièces. Et nos pièces d'aujourd'hui, de même. Le chékel fut renouvelé comme monnaie du peuple d'Israël dans l'Etat actuel.

Il importe que ces messages soient clairs. Et c'est la base de toute coexistence. Et, jamais, les Juifs d'Israël ne trahiront cela, que ce soient bien clair pour ces nations. Et même pour les Juifs tellement imbibés dans la culture de ces nations qu'ils oublient tout cela et optent pour la supercherie de dire "c'est de la politique". Ils ne se rendent pas compte qu'ils ne font que bégailler comme des perroquets et ne font que répéter ce que disaient les Romains qui, pour parvenir à la disparition de cette continuité historique ont dénommé la terre d'Israël "Palestine", du nom des Philistins, les ennemis jurés des fils d'Israël. Et, aujourd'hui, l'outil nouveau que les nations ont forgé pour tenter une nouvelle fois la destruction de la culture et donc de la réalité d'Israël, c'est de nommer une partie de la grande nation arabe "Palestiniens" pour remplir cet office de destruction (lien ici). Mais nous connaissons l'histoire, la nôtre, celle des nations européennes et celle des Arabes. Et nous avons le guide de lecture de l'histoire donné au Sinaï, réexpliqué continuellement par les Prophètes et la transmission.

Et Il veille sur tout cela le gardien d'Israël.
Car c'est Son choix et Son plan, pas le nôtre. Et Il est LE Créateur du monde. Ce n'est pas une conférence internationale à Genève ou à Oslo ou à Camp David qui fixera le destin du peuple juif sur sa terre. Il est fixé depuis le Sinaï.

(Quelques siècles avant l'ère commune, le peuple juif n'a rien changé aux mots de la Torah mais il a commencé aussi à écrire ce texte de la Torah dans l'écriture générale d'alors pour le Proche-Orient, cela dans un sens de lien avec l'ensemble de l'humanité comme cela est dans la Création. Et cela est expliqué avec précision à l'occasion des règles à observer pour l'écriture de la méguila de Pourim: le rapport des nations à Israël est ainsi inscrit dans cette nouvelle écriture. Voyez le bref Traité Méguila du Talmud sur cette question). Les Juifs ont tous les dossiers de l'Histoire et en ont l'analyse et se la transmettent; on ne peut donc pas les duper. Ecrivez araméen dans le moteur de recherche de Google, en haut de la page d'accueil et vous trouverez tous les liens dans Modia qui vous expliqueront l'importante de l'araméen, simultanément à l'hébreu.


Exercices pour améliorer la lecture et la sensibilisation

Voici une pièce recto-verso de la 4e année de la 1e révolte contre les Romains (vers 69-70).


A droite, le verso de la pièce, avec un loulav et deux étrogs, c'est un 1/8 de chéqel, lisons-le en commençant par le bas et montant à droite, vous lisez chine, beit, tav (chenate, année)
puis les trois dernières lettres du côté gauche en commençant par le haut: reich, beit,ayine (révi, abréviation de réviite, quatrième: donc, "4e année").
A gauche, c'est le recto, avec la coupe d'offrande du Ômér, en cette période où je rédige ce texte.
Depuis la droite en bas et en montant: lamed, guimel, aleph, lamed: legaal "pour la libération"
Et sur la gauche, les 4 lettres en descendant depuis le haut: tsadé, youd,vav, noun (Tsione). Donc, " vers la libération de Tsion" ou "pour la libération de Tsione". Magnifique de voir la foi et la détermination de ces Juifs.


Voici une autre pièce de l'époque de Bar Kokhba (134-135) d'environ 14 gr avec le loulav et l'étrog de Souccote, que vous allez savoir lire: lamed, 'héit, reich, vav,tav: lé'héroute "pour la liberté"
Et sur la gauche, les 4 lettres en descendant depuis le haut: youd, réch,vav, chine,lamed,mem (Yérouchalem). Donc, " vers la libération de Jérusalem" ou "pour la libération de Jérusalem".


Et voici le même texte que maintenant vous parviendrez à lire immédiatement: c'est un petit dinar de seulement un peu plus de 3 gr, avec la harpe de David et le même texte: lé'héroute Yérouchalem.
Lisons: lamed, 'héit, reich, vav,tav: lé'héroute "pour la liberté"
Et sur la gauche, les 4 lettres en descendant depuis le haut: youd, réch,vav, chine,lamed,mem (Yérouchalem). Donc, " vers la libération de Jérusalem" ou "pour la libération de Jérusalem".


Terminons avec cette pièce de Chimône (Bar Kokhba) le chef de la rébellion.
Son nom est inscrit sous le palmier: à droite, ligne du haut chine, et mém à sa gauche (chim)
puis on continue la lecture sur la même ligne de l'autre côté du tronc, le rond est la lettre ayine,
puis le vav à sa gauche, et le noun final est à droite en dessous: Chimône.



Maintenant, un exercice de lecture sans guide:

Une aide quand même: il y est écrit un peu dans le désordre: Chimône néssi Israel:


Les lettres de Chimone, autour:


Chékél Israel 1:


Et pour terminer, évidemment, Yérouchalaim haqédocha:


Sur tout cela; Ribbi Âqiva ne s'était pas trompé. Il constata qu'il s'était trompé sur la qualité de Bar Kokhba de mener à bien cette libération, c'est un autre sujet qui n'enlève rien à tout ce qui a été dit ci-dessus.

Voici une dernière inscription, probablement la plus émouvante que nous ayions à ce jour.

C'est une petite grenade en ivoire de 4,3 cm qui vient probablement du Temple du roi Salomon, au 8e siècle avant l'ère commune. Elle ressemble aux ornements qui étaient placés sur les vêtements du Grand Prêtre. Et, sur cette pièce unique, qui a été donnée par un collectionneur généreux au Musée d'Israël, il est écrit dans l'écriture ancienne dont nous découvrons l'importance: "lé véit Hachém qadéche kéhonam" (objet appartement au Temple de Hachém et consacré pour le service). Sous cet angle, nous ne découvrons, à partir de la droite, que les lettres des deux derniers mots: le dalet puis le chine de qadéche. Puis, au centre, les quatre dernières lettres qui forment le mot cohanam: le kaf, le hé, le noun et le mem que vous pouvez confirmer par la liste ci-dessous. C'est une pièce très émouvante qui nous rend présents au Temple. Ceci pour vous inciter à visiter le Musée d'Israël pour bénéficier de telles merveilles.


Lisez ici le lien entre cette époque et cette spiritualité et cette culture, avec la création des premières pièces de l'Etat d'Israël, lien ici.
Ici, le modèle d'essai du premier chéqel pendant la 1e révolte (an 66) et qui ne fut pas mis en circulation; on en possède deux exemplaires au Musée d'Israel, ici.

Comme je souhaiterais qu'enfin, des lecteurs arrêtent de penser le judaïsme à travers les catégories chrétiennes et occidentales qui définissent deux entités "la religion et la politique", les répartissent l'une pour le privé et l'autre pour le public, et s'arrogent le droit ensuite d'appliquer leur modèle sur une culture qui a pourtant ses textes fondateurs qui définissent les concepts de cette expérience. Et disent alors quand on parle de la Torah: "vous faites de la politique". Un peu de respect. Le temps du colonialisme intellectuel est fini.
La Torah est un texte, un peuple et une terre. Créés, transmis. Et une fidélité, et une création continue.

Allons donc étudier dans le livre de Chémote 30,11-16.
Et lisons les événements et analyses des événements à travers notre science de l'existence qui a plusieurs millénaires.