De la Torah bien reçue et comprise:
8e leçon
Nous devons encore organiser notre savoir qui augmente, pour qu'il y ait une clarté totale dans les signes disjonctifs de ponctuation et de chant (téâmim). En effet, une phrase ne se lit pas de façon uniforme mais écoutez quelqu'un lire dans notre langue maternelle (ou parler) et vous constaterez que les pauses de sens sont plus ou moins longues spontanément. Sans cela, on dirait un parler automanique de malade mental coupé de la réalité, ou une machine qui débite. Il en est ainsi de la Torah: il faut comprendre ce que la Torah dit et respecter les pauses du sens. Voici les étapes à suivre : - Vous pourrez ici apprendre le détail de ces signes, - puis, ensuite, je vous propose de lire le premier chapitre de la Torah en français pour bien en intégrer le sens de chaque verset avec ses pauses. - puis, écouter ici deux exercices en hébreu selon le chant askénaze du premier chapitre de la Torah avec un texte ouvert devant vous (ou, ici selon le rite sépharade pour la paracha de Noa'h, à partir du chapitre 6,9): vous y reconnaîtrez les signes et entendrez les différences musicales et les pauses.
Les mafsiqim auront donc une importance plus ou moins grande dans le découpage du sens, comme en français: le point, le point-virgule ou la virgule.
La hiérarchie des mafsiqim 1. Les plus importants. D'abord, le
sof passouq qui sépare les versets. C'est le petit trait
inférieur (les deux points sont une facilité d'imprimerie
pour visualiser).
2. Puis il y a des mafsiqim mineurs, un peu entre le point-virgule et la virgule. - Le ségol
- le yétiv est un signe qui se reconnaît facilement parce qu'il se trouve avant la première lettre du mot, comme sous le mot térém (pas encore) lorsqu'il est dit que l'herbe des champs "pas encore" (térém) ne poussait: térém yima'h
- le pazér qatane au dessus
du mot, comme en Béréchite 1, 21 dans la Création
des grands animaux marins - le pazér gadol ou qarné-fara au dessus du mot, comme en Bémidbar 35,5 dans la définition des dimensions des villes des Lévites:
- la télicha - le légarmé. Il est constitué à la fois d'un mouna'h (demi carré) sous le mot et d'un trait vertical juste après le mot, comme avec le mot 'haya (vivant) en Béréchite 1,21 ou 2,5 ou 23,6.
Et nous aurons terminé avec les disjonctifs avec les derniers de cette importance moindre que je présente ici maintenant. Voici (à gauche sur le mot élav),
le guéréche ou azla Quand il y a deux fois un guéréche sur le mot, on parle de guérchayim ou de chéné ghérichine. Nous trouvons le guéréche,
par exemple, dans le premier verset de la paracha Vayigache : "vayigache élav yéhouda vayomér
Et il rencontra vers lui Yéhouda en disant : Le azla-guéréche ou qadma-véazla
se trouve sur les deux premiers mots de ce verset hébraïque:
Exercice sonore Trois précisions sur la localisation
du premier signe 2. Par contre, quand ce signe est sur la première
lettre du mot qui précède le guéréche,
alors on met le signe conjonctif mouna'h ou holékh 3. Il n'est pas rare que les deux signes se
trouvent à l'intérieur du même mot, comme lorsque
Yaâqov bénit les fils de Yossef dans la paracha Vayé'hi
48, 20 :
Regardons à nouveau le premier verset de Vayigache
: Nous savons lire les deux premiers téâmim azla-guéréche
ou qadma-véazla puis nous connaissons bien la ponctuation
suivante sur le mot Yéhouda, c'est le réviî
ou réviâ Le zarqa est le mot araméen qui correspond
à tsinor en hébreu, tuyau. Cela veut faire allusion
au son courbe qui le caractérise ; autrefois, on le dessinait verticalement
comme la tige de notre point d'interrogation. Ces deux signes (le zarqa suivi du ségol) forment souvent un ensemble, pourtant chacun des deux est un signe disjonctif du sens et de la ponctuation. Le chant du zarqa accompagne bien la forme de son dessin et le chant du ségol est nettement un point appuyé. Ainsi, cette séquence est très typique et facile à apprendre et à retenir et à repérer à l'audition. Note. Ici, nous entrons dans une caractéristique de certains téâmim. Jusqu'à maintenant, chaque taâm étudié était placé sur la syllabe accentuée dans la prononciation ; cela était bien pratique, surtout pour les francophones qui commettent souvent une erreur venant de leur langue courante. En effet, en français, l'accentuation est presque toujours sur la dernière syllabe des mots Moché (tandis que ceux qui parlent yiddish diront MOché). Par contre, le zarqa Le ségol est toujours précédé
du zarqa. Le zarqa est toujours suivi du ségol.
- ne craignez pas de ne jamais parvenir à retenir tout cela ni à lire la Torah car nous allons voir ensuite que ces téâmim sont groupés en séquences et, donc, on retient facilement toute une séquence quand elle commence. - écouter ici deux exercices en hébreu selon le chant askénaze du premier chapitre de la Torah avec un texte ouvert devant vous (et, ici, selon le rite sépharade pour la paracha de Noa'h, à partir du chapitre 6,9): vous y reconnaîtrez les signes et entendrez les différences musicales et les pauses. - pour réviser, retour ici à
la 5e leçon, les
téâmim des psaumes Ici, le plan de tous les cours et la 1e leçon. |