Regarder
sur Modia 
Photos par thème - galeries & diaporamas
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Recherchez
sur Modia 
 
  Cliquez ci-dessous
  Modia en français   
Un site pour étudier et vivre le judaïsme, le Talmud et la Torah
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
  Modia in english
 A web site on how to study and live Judaism, Torah and Talmud
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Dons: cliquez ici - S'abonner à la newsletter: cliquez ici
 
Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

De la Torah bien reçue et comprise:
COMMENT LIRE LES SIGNES DE LA TORAH ou téâmim

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour - Plan et liens avec toutes les leçons sur les téâmim

8e leçon
La hiérarchie de la ponctuation du sens dans la Torah

Nous devons encore organiser notre savoir qui augmente, pour qu'il y ait une clarté totale dans les signes disjonctifs de ponctuation et de chant (téâmim). En effet, une phrase ne se lit pas de façon uniforme mais écoutez quelqu'un lire dans notre langue maternelle (ou parler) et vous constaterez que les pauses de sens sont plus ou moins longues spontanément. Sans cela, on dirait un parler automanique de malade mental coupé de la réalité, ou une machine qui débite. Il en est ainsi de la Torah: il faut comprendre ce que la Torah dit et respecter les pauses du sens.

Voici les étapes à suivre :

- Vous pourrez ici apprendre le détail de ces signes,

- puis, ensuite, je vous propose de lire le premier chapitre de la Torah en français pour bien en intégrer le sens de chaque verset avec ses pauses.

- puis, écouter ici deux exercices en hébreu selon le chant askénaze du premier chapitre de la Torah avec un texte ouvert devant vous (ou, ici selon le rite sépharade pour la paracha de Noa'h, à partir du chapitre 6,9): vous y reconnaîtrez les signes et entendrez les différences musicales et les pauses.

 


Il y a trois sortes de signes

- ceux qui n'ont qu'une fonction de faciliter la lecture, comme le méteg.
- ceux qui montrent la ponctuation et découpent le sens en le hiérarchisant; on les appelle donc les signes disjonctifs ou mafsiqim.
- ceux qui annoncent l'approche d'un signe disjonctif et sont reliés à lui, comme des serviteurs, on les appelle par ce nom de mécharétim.

Les mafsiqim auront donc une importance plus ou moins grande dans le découpage du sens, comme en français: le point, le point-virgule ou la virgule.

 

La hiérarchie des mafsiqim

1. Les plus importants. D'abord, le sof passouq qui sépare les versets. C'est le petit trait inférieur (les deux points sont une facilité d'imprimerie pour visualiser).

Le second très important est le atna'h ou atna'hta, qui indique le milieu de verset  Ces deux-là correspondent un peu à un point ou au point-virgule.


2. Puis il y a des mafsiqim mineurs, un peu entre le point-virgule et la virgule.

- Le ségol et le petit zaqéf (zaqéf qatane) comme, ici, au dessus de la lettre aléph de Israël et le grand zaqéf (zaqéf gadol) comme au-dessus du mot léhavdil quand on parle de "séparer" les eaux lors de la Création
- On compte aussi la chalchéléte mais elle est si peu fréquente (voir la leçon précédente.

- le tar'ha ou tif'ha comme sous le dernier mot du verset ci-dessous (mot: ouvéito), ou comme sous le dernier mot avant le milieu du verset (mot: habaïm).


3. Puis il y a des plus petits mafsiqim, un peu comme la virgule.
- Le réviî ou réviâ comme dans le premier mot du verset ci-dessus.
- le zarqa suivi du ségol comme lorsque Adam d'Eve dit: cette fois, c'est... (Béréchite 2,22):


- le tévir comme en Béréchite 1,12 dans la Création de l'arbre qui "fait du fruit" (ossé-péri) où le tévir est sous le dernier mot:

- le yétiv est un signe qui se reconnaît facilement parce qu'il se trouve avant la première lettre du mot, comme sous le mot térém (pas encore) lorsqu'il est dit que l'herbe des champs "pas encore" (térém) ne poussait: térém yima'h


4. Enfin, il y a les plus petits mafsiqim, un peu comme des parenthèses placées à l'intérieur de la phrase. Signalons

- le pazér qatane au dessus du mot, comme en Béréchite 1, 21 dans la Création des grands animaux marins

- le pazér gadol ou qarné-fara au dessus du mot, comme en Bémidbar 35,5 dans la définition des dimensions des villes des Lévites:

- la télicha en Béréchite 1,12 quand la terre fait sortir déché, des plantes; ou en Béréchite 1,30 (allez voir).

- le légarmé. Il est constitué à la fois d'un mouna'h (demi carré) sous le mot et d'un trait vertical juste après le mot, comme avec le mot 'haya (vivant) en Béréchite 1,21 ou 2,5 ou 23,6.

Et nous aurons terminé avec les disjonctifs avec les derniers de cette importance moindre que je présente ici maintenant.

Voici (à gauche sur le mot élav), le guéréche ou azla
A droite, le signe qui annonce le second est un mécharéte qui se nomme azla ou qadma. L'association des deux signes se dit: le azla-guéréche ou qadma-véazla.

Quand il y a deux fois un guéréche sur le mot, on parle de guérchayim ou de chéné ghérichine.

Nous trouvons le guéréche, par exemple, dans le premier verset de la paracha Vayigache :

"vayigache élav yéhouda vayomér Et il rencontra vers lui Yéhouda en disant : 
  bi adoni en moi mon seigneur 
  yédabber-na âvdékha  qu'il dise, de grâce, ton serviteur, 
  davar béoznéï adoni... une parole dans les oreilles de mon seigneur, 
  véal-yi'har apékha... et qu'elle ne s'enflamme pas ta colère...". 

Le azla-guéréche ou qadma-véazla se trouve sur les deux premiers mots de ce verset hébraïque:
"vayigache élav  Et il rencontra vers lui".
Sur le premier mot vayigache (Et il rencontra), c'est un signe conjonctif azla qui relie son sens au second mot,
tandis que, sur le second mot, c'est un signe disjonctif, le guéréche, qui isole ainsi ces deux mots pour le sens et pour la lecture .

Exercice sonore 
Vous pouvez maintenant lire le premier verset de la paracha Vayigache (Béréchite 44, 18) et écouter ici l'ensemble du verset (Ort).
Faites ensuite l'exercice de lecture sans chant sur plusieurs versets, et avec chant en allant aux diverses parachiyotes qui sont sur le site et où les liens chantés sont présents dans le plan du commentaire. Vous y trouverez souvent ces signes.

Trois précisions sur la localisation du premier signe
1. Quand le signe qui précède le taâm disjonctif, le guéréche, est placé sur la seconde ou sur la troisième lettre, c'est alors le signe conjonctif azla comme dans notre exemple. 

2. Par contre, quand ce signe est sur la première lettre du mot qui précède le guéréche, alors on met le signe  conjonctif mouna'h ou holékh comme dans le premier mot du verset de Isaïe 60, 17 : ta'hat hanné'hochéte "à la place du cuivre...". Allez le constater.

3. Il n'est pas rare que les deux signes se trouvent à l'intérieur du même mot, comme lorsque Yaâqov bénit les fils de Yossef dans la paracha Vayé'hi 48, 20 :

Vayévarékhem bayom hahou lémor.
"et il les bénit en ce jour en disant...".
Nous voyons que les mots suivants ont un zarqa et un ségol.
 


Faisons un exercice en liant maintenant plusieurs séquences de signes,
en y ajoutant le zarqa-ségol


Regardons à nouveau le premier verset de Vayigache :

Nous savons lire les deux premiers téâmim azla-guéréche ou qadma-véazla puis nous connaissons bien la ponctuation suivante sur le mot Yéhouda, c'est le réviî ou réviâ qui délimine cette première partie du verset
"vayigache élav yéhouda vayomér Et il rencontra vers lui Yéhouda". 
.
Ensuite nous arrivons à une seconde partie du verset
"vayomér bi adoni en disant : en moi mon seigneur". 
Elle est délimitée par le zarqa suivi du ségol
 

Le zarqa est le mot araméen qui correspond à tsinor en hébreu, tuyau. Cela veut faire allusion au son courbe qui le caractérise ; autrefois, on le dessinait verticalement comme la tige de notre point d'interrogation.
Remarquez que le taâm ségol est la forme inversée de la voyelle ségol.

Ces deux signes (le zarqa  suivi du ségol) forment souvent un ensemble, pourtant chacun des deux est un signe disjonctif du sens et de la ponctuation. Le chant du zarqa accompagne bien la forme de son dessin et le chant du ségol est nettement un point appuyé. Ainsi, cette séquence est très typique et facile à apprendre et à retenir et à repérer à l'audition.

Note. Ici, nous entrons dans une caractéristique de certains téâmim. Jusqu'à maintenant, chaque taâm étudié  était placé sur la syllabe accentuée dans la prononciation ; cela était bien pratique, surtout pour les francophones qui commettent souvent une erreur venant de leur langue courante. En effet, en français, l'accentuation est presque toujours sur la dernière syllabe des mots Moché (tandis que ceux qui parlent yiddish diront MOché).

Par contre,  le zarqa et le ségol se placent toujours graphiquement sur la dernière syllabe du mot mais le chant particulier qu'ils apportent sera seulement sur la syllabe accentuée du mot, et non pas forcément sur la syllabe qui a reçu ces signes,  le zarqa ou le ségol . Et, en hébreu, la place de l'accentuation est variable, suivant des règles bien précises. Par exemple les mots qui ont deux voyelles identiques qui se suivent sont accentués sur la première syllabe comme éé ou aa dans rékh, naar, etc.
Pour celui qui  ne connaîtrait pas toutes ces règles, les imprimeurs ont facilité la tâche et ajouté un zarqa ou un ségol supplémentaire et donc tout devient facile : 
- quand le zarqa ou le ségol sont seuls sur un mot, l'accentuation est  sous le signe,
- quand il y a deux fois le zarqa ou le ségol, c'est sur le premier placé sur le mot que se fera l'accentuation.

Le ségol est toujours précédé du zarqa. Le zarqa est toujours suivi du ségol.
On peut aussi trouver deux fois le zarqa suivis d'un seul ségol.
La seule exception est en Isaïe 45, 1 (allez voir) où deux fois nous trouvons le ségol et sans zarqa.
Parfois, entre les deux, il peut y avoir un  signe de lien conjonctif qui est nommé chofar holékh pour les Séfarades et mouna'h ou îlouï pour les Askénazes.


Rappels importants

- ne craignez pas de ne jamais parvenir à retenir tout cela ni à lire la Torah car nous allons voir ensuite que ces téâmim sont groupés en séquences et, donc, on retient facilement toute une séquence quand elle commence.

- écouter ici deux exercices en hébreu selon le chant askénaze du premier chapitre de la Torah avec un texte ouvert devant vous (et, ici, selon le rite sépharade pour la paracha de Noa'h, à partir du chapitre 6,9): vous y reconnaîtrez les signes et entendrez les différences musicales et les pauses.

- pour réviser, retour ici à la 5e leçon, les téâmim des psaumes
Ici, sur ce lien, 6e leçon. Les signes qui précèdent la fin du verset et le milieu du verset.

Ici, le plan de tous les cours et la 1e leçon.


 
Toutes les photos du site sont Copyright de l'auteur (sauf images autorisées externes) - Aucun travail n'est effectué sur le site pendant le Chabbat et les fêtes juives
© Copyright - Textes, informations et webmaster: Dufour