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Dufour
 

COMMENT LIRE LES SIGNES DE LA TORAH ou téâmim

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par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour

Ici, plan et liens avec toutes les leçons sur les téâmim



9e leçon


Révision dynamique, visuelle et auditive

Nous prenons comme exemple le 1e verset du livre de Chémote

Vééllé, chémote béné Yisrael, habbaim Mitsraima; éte Yaâqov, ich ouvéito, baou.
"Et voici, les noms des enfants d'Israël, venus en Egypte; avec Yaâqov, chacun avec sa famille, ils sont venus".

Ecoutons ici une première fois la mélodie (askénaze)

Ecoutons-la également ici une première fois dans la mélodie (sépharade)

Nous voulons maintenant parvenir à bien distinguer visuellement et auditivement
- chaque séquence de mélodie reliée à son signe particulier,
- les pauses avec leur hiérarchie qui divisent la phrase dans une logique.
Quand nous aurons réussi cela sur cet exemple, nous pourrons le faire sur toute la Torah et lire la Torah! Commençons.

Distinguons bien les 2 parties de la phrase séparées par le atnah ou étna'hta:


"Et voici, les noms des enfants d'Israël, venus en Egypte;"


éte Yaâqov, ich ouvéito, baou.
"avec Yaâqov, chacun avec sa famille, ils sont venus".

Ecoutons à nouveau avec la pause du milieu la mélodie (askénaze)
Ecoutons-la également ici dans la mélodie (sépharade)

Ecoutons plusieurs fois pour que ce soit net.


Maintenant, nous allons aussi devenir capable d'entendre et de lire le mafsiq (signe de pause et ponctuation) qui est dans chacune de ces deux parties, donc signe de moindre importance, le zaqef qatane

Vééllé, chémote béné Yisrael, "Et voici, les noms des enfants d'Israël,"

Ecoutons cette mini-pause et la cantilation du zaqef qatane: la mélodie (askénaze)
et la mélodie (sépharade)

 


Faisons la même écoute et la même lecture pour le zaqef qatane de la seconde partie.

Puis, écoutons maintenant, en plus, pour parvenir à le distinguer et à le reconnaître, ce qui subdivise encore le quart de la phrase, c'est à dire le premier mot vééllé qui est surmonté du mafsiq nommé réviî ou réviâ

et suivons maintenant ces pauses bien distinguées et bien hiérarchisées sur toute la phrase:
Ecoutons la mélodie (askénaze) et la mélodie (sépharade)


Maintenant que nous connaissons bien la structure principale d'un verset de la Torah par les mafsiqim qui sont les véritables téâmim, nous allons y ajouter une petite note de couleur.

Ces mafsiqim on les appelle des qézarim (empereurs) pour les deux plus importants et des mélakhim (rois) pour les autres. Mais chaque roi est précédé d'un serviteur qui l'annonce, pour qu'on fasse bien attention à son arrivée et qu'on le respecte. Ainsi, de même, pour ces téâmim. Ils sont précédés d'un serviteur, mécharéte (mécharétim au pluriel) qui l'annonce. Et qui a reçu aussi une cantilation. Il relie donc le sens de plusieurs mots. Si nous disons: "deux pays, Israël, la Jordanie", entre ces deux pays on mettra un mafsiq (une virgule en français et on fera une pause légère. Mais si nous disons "le pays Israël", entre "le pays" et "Israël, on ne met pas de pause ni de virgule et, en hébreu dans la Torah on mettra sous le premier mot un signe serviteur (mécharéte) qui montrera bien que ce mot est relié au suivant. Voyons cela visuellement et auditivement.

Voici comment le sof passouq est précédé d'une petite séquence: "ich ouvéito, chacun et sa famille". "Chacun, ich" est relié en dessous du mot ich par le maarikh au mot suivant "et sa famille".

Et cette séquence est séparée du dernier mot baou (sont venus) par un mafsiq, une petite pause; c'est le signe tar'ha ou tif'ha. Après lui, c'est toujours les deux pauses principales du verset (le sof passouq et le atnah). Son seul serviteur est le maarikh. Il y a seulement 14 endroits dans tout le Tanakh où cela est différent, nous ne les précisons pas.

Relions cela dans la séquence de tout le demi-verset final.


éte Yaâqov, ich ouvéito, baou.
"avec Yaâqov, chacun avec sa famille, ils sont venus".


Voyons donc cette même séquence avant la finale de la première partie du verset , avant le atna'h:

Vééllé, chémote béné Yisrael, habbaim Mitsraima; éte Yaâqov, ich ouvéito, baou.
"Et voici, les noms des enfants d'Israël, venus en Egypte; avec Yaâqov, chacun avec sa famille, ils sont venus".

Nous remarquons qu'il y a le mafsiq, une petite pause entre "venus" et "en Egypte"; c'est le signe tar'ha ou tif'ha. Mais il n'est pas précédé cette fois de son serviteur le maarikh.

Ecoutons à nouveau, pour bien repérer, la mélodie (askénaze) et la mélodie (sépharade)


Voyons maintenant dans le premier quart intérieur, en début de phrase, cette même question de la séquence composée d'un mafsiq et de son serviteur.

Cette séquence se termine donc par le zaqef qatane sur le mot Yisrael et qui est précédé de son serviteur (mécharéte) nommé chofar holékh ou mouna'h ou îlouïlle suivant les communautés.

Ecoutons à nouveau, pour bien repérer, la mélodie (askénaze) et la mélodie (sépharade)


Il reste un seul signe dont nous n'avons pas parlé, celui qui est sur le mot chémote (les noms)

Ce signe est le pachta. Il faut bien le distinguer. Quand il est sur la dernière lettre du mot, c'est bien un signe disjonctif, un mafsiq qui isole le mot pour son sens (donc ici cela nous indique que l'on insiste sur le sens des "noms") et qu'il n'est pas seulement une introduction au mot suivant. Cela est important pour donner tout le poids de ce que veut transmettre la Torah, nous le verrons dans la prochaine leçon.

Par contre, quand ce signe se trouve posé sur des lettres de l'intérieur du mot, c'est un qadma, qui veut justement dire "avant". Et ce qadma est un serviteur qui relie au mot suivant.

Nous l'avons déjà étudié à propos du azla-guéréche sur le premier mot de la paracha Vayigache (Et il rencontra, en Béréchite 44,18), c'est un signe conjonctif azla ou qadma qui relie son sens au second mot, tandis que, sur le second mot, c'est un signe disjonctif, le guéréche, qui isole ainsi ces deux mots pour le sens et pour la lecture .

Il n'est pas rare que les deux signes se trouvent à l'intérieur du même mot, comme lorsque Yaâqov bénit les fils de Yossef dans la paracha Vayé'hi 48, 20 :

Vayévarakhem bayom hahou émor. "et il les bénit en ce jour en disant...".

Vous me poserez évidemment la question: "mais, si le mafsiq nommé pachta est toujours sur la dernière lettre du mot, ce signe ou taâm ne nous indique plus sur quelle lettre on doit placer la cantilation, et on peut même faire une erreur non seulement de cantilation mais du sens du mot car plusieurs mots de significations différentes s'écrivent de la même manière en hébreu mais ont seulement une différence sur la place de l'accent tonique".

Quelle bonne question! Voici la réponse:

- D'abord, il faut savoir que ces téâmim viennent du Sinaï et ils n'ont été mis par écrit par les Sages réunis à Tibériade qu'à la fin de la période de la grande et longue présence du peuple d'Israël sur sa terre avant l'invasion de l'Islam pour de longs siècles. Mais ces Sages n'ont pas inventé ces signes et ils n'ont fait que les transcrire en controlant leurs traditions. Cela nous montre aussi que la prétendue version chrétienne que le peuple juif aurait été dispersé après la destruction du Temple et aurait perdu alors le contrôle de sa terre suite à l'arrivée du christianisme est un mensonge et une falsification historiques qui ont été enseignés jusqu'à nos jours et qui ont même imprégnés de nombreux esprits juifs.

- Ensuite, ces Sages ont fixé le pachta en fin de mot pour le distinguer du qadma toujours placé sur la syllabe de l'accent tonique.

- Mais, on sait où est aussi l'accent tonique du pachta car, s'il y a un seul pachta imprimé en fin de mot, c'est la place de l'accent tonique nommé milrâ. Mais si l'accent est avant (milêl), alors on ajoute un second pachta et on chante sur la syllabe du premier seulement. Tout est prévu!

Voici l'exemple dans le second verset de Béréchite et voici son audition où vous distinguez bien l'accent tonique et la place de la cantilation sur le premier pachta.

Cet astucieux stratagème est appliqué à quelques autres téâmim. En effet, tous les téâmim mafsiqim sont chantés sur la syllabe où ils sont imprimés SAUF dans les cas suivants où on double le signe au dessus du mot:

1. le pachta (nous venons de le voir) et on imprime chéné pachtim, deux pachta.

2. le ségol et 3. la télicha guédola ou tirtsa; on les imprime deux fois, comme en ce verset de Béréchite 5,21(audition ici) (allez voir et déchiffrer à partir d'une traduction):

4. le zarqa (nous venons de le voir) et on imprime deux fois.

Voici le texte de Vayigache (Béréchite 44,18) et ici le lien de son audition.

Ici 1e leçon et plan de tous les cours sur les téâmim