Scénario en 4 temps
"Tu fais résonner de chants les régions où naissent
matin et soir"
(psaume 65,9).
Les psaumes sont enseignement constant, mais aussi une respiration
au long du jour face aux situations où le Juif place le réel
dans sa dimension effective: concret/relation au Créateur/valeurs
qui en découlent.
1. Le matin
Les grands perroquets verts tourbillonnent comme des flèches immenses
autour de la maison, ils semblent aussi grands que les fenêtres.
Ils ne craignent pas et semblent rechercher la présence humaine en
sifflant
"Même l'oiseau a trouvé une maison" (psaume 84;4).

Quelle beauté! mais ils ont la vitesse des
comètes,
et
il faut un effort pour saisir la beauté.
Deuxième temps, la matinée.
C'est l'heure de la délicatesse.
Les oiseaux, eux, respectent la terre et la demeure du Saint.

Infiniment. Il faudrait que
notre prière soit, toujours et à chaque instant,
de cette seule
légèreté face à la Présence.

Troisième temps: l'après-midi
Les corbeaux prennent possession du haut
des arbres immenses et s'élancent.
On croirait un orchestre.
L'harmonie entre
eux et les plantes, et le bleu du Ciel,
est évidente et "élémentaire".
La pesanteur n'existe plus quand on vit par
nos ailes.
N'oublions jamais nos ailes. Il suffit de les déployer.
Sans elles, le corbeau serait aussi un gros lourdeau.

C'est la jubilation, et le baiser vers Celui
qui a créé de telles sensations.
"Si je m'élevais sur les ailes de l'aurore pour m'établir aux
confins des mers, là aussi Ta main me guiderait, et Ta droite
se saisirait de moi (psaume 139,9-10).
Il suffit d'ouvrir et d'étirer, de respirer
et d'aimer.
Et de se laisser glisser.
Ils sont bizarres les humains qui s'enferment dans de caisses
à quatre roues, bruyantes et qui ne sortent jamais des mêmes
routes.
"Resterez-vous immobiles entre les parcs des troupeaux, ô vous,
ailes de la colmbe, dont les pennes ont la couleur éclatante
de l'or fin?" (psaume 68,14).
Certes, pour se lancer, on sent tout notre
poids
et il faut faire confiance à l'amour entre nos ailes et
le bleu du Ciel.
C'est une caresse du Créateur, inconnu des rebelles,
et de ceux
qui ne pensent qu'à l'argent au lieu du bonheur.
"Il te recouvre de Ses larges ailes
et sous Ses ailes tu trouves
un refuge" (psaume 91,4).
A l'heure de la prière, nous montons dans
la lumière.
Le coeur se gonfle en aspirant la bénédiction.
Qu'il est doux de rencontrer ces balancements
de joie
des Hallélouya (psaume 69,35).
"Ta bonté est grande jusqu'aux Cieux" (psaume 57; 11).
Et quand j'entends la Amida et la bénédiction
des Cohanim,
en bas, moi je monte de ciel en ciel, envol indicible.
"Par la parole de Hachém, les Cieux se sont formés" (psaume 33,6).
Il est des instants d'union, toute aspiration.
"Quand je contemple les cieux, oeuvre de tes mains" (psaume 8,4).
N'ont vraiment rien compris à la révélation vivante ceux qui ont
découpé la Torah avec des ciseaux et pensent avoir ainsi inventé
une
religion d'amour.
Nous la vivons depuis des milliers ou des millions d'années,
et nous continuons notre dialogue d'union.
Tant pis pour les falsifications.
Quatrième temps de la journée.
Maintenant, nous nous posons,
vient le soir, ce moment où le Ciel va descendre.
Autour de chez moi, tous les corbeaux reviennent sur les cîmes
des arbres.
Puis tous, ensemble, en silence, laissent
un espace entre eux;
ils regardent, immobiles, le soleil descendre.
Chaque soir, ils regardent et ils prient, se tenant dignes.
Et, comme s'ils lançaient le spectacle des chants du soir,
la lumière -placée hors de nos regards- illumine le Ciel soudainement.
Le festival commence discrètement;
puis, les profondeurs du rouge descendent dans l'orchestre.
"Tu déploies les Cieux comme une tenture (psaume 104,2).
Tout cela devant ma fenêtre,
don quotidien du Ciel. "Il incline les Cieux et descend" (psaume
18,10).

Un grand coup de pinceau s'étale et tourne sur
la toile
"Les cieux racontent la Gloire de D.ieu" (psaume 19,2).
Des lignes souveraines s'agitent en tous sens.
J'ai le droit seulement au regard,
celui qui aime et entend et attend ce que Tu me donnes
à chaque instant.
"Si j'escalade les Cieux, Tu es là" (psaume 139,8).
Mon ami le corbeau, avec moi contemple.
L'émotion est immense, innombrable.
("Eternellement, Je lui conserverai Mon amour,
et Mon alliance avec
lui demeurera solide.
Je ferai durer sa postérité toujours,
et son trône aussi longtemps que les cieux" (psaume 89,29-30)
Chaque millimètre est en vibration.
Les couleurs s'assombrissent, s'éclairent,
tourbillonnent, caressent.
Le Créateur dirige l'harmonie.
Aveugles en vision ceux qui restent en ce moment devant leur télévision.
"Les cieux sont l'oeuvre de Tes mains" (psaume 102,26).

La terre et les fleurs se taisent, modestes,
devant
la puissance du monde des couleurs célestes.
"Tu as répandu Ta majesté sur les Cieux" (psaume
8,2).

Voici ma télévision: ce grand écran de ma
fenêtre.
Chaque jour, chaque soir, le Ciel renouvelle son programme.
Qui veut rivaliser avec Lui de créativité?
Je n'ai pas besoin
d'antennes externes.
Je les ai reçues dès la naissance, dedans tout l'être.
Merci à mes parents qui m'ont appris à regarder
et à Lui dire ma reconnaissance.
"Les cieux se réjouiront et la terre sera dans l'allégresse"
(psaume 96,11).
Dans la paracha, Yaâqov le disait déjà:
ce lieu où je vis, ce maqom, est à l'intérieur
de Celui
qui est le seul lieu-Maqom,
le Créateur tout-puissant.
Depuis lui -nous le savons maintenant-
il suffit à chaque instant
d'ouvrir les yeux, et le coeur, simplement.
Le premier mot des psaumes est "heureux".
Il y revient souvent. C'est évident.