24 heures de fidélité
dans la vie d'une rose
paracha Masseê
par le Pr Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
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J'ai planté ce rosier en 1983 à Jérusalem
dans l'émotion de travailler la terre d'Israël après
la alyah, d'avoir le privilège de l'embellir un peu plus. Puis
j'ai déménagé et je l'ai replanté dans le
nouveau jardin.
Depuis, la vie a fait que j'ai dû déménager encore
trois fois à Jérusalem: paracha
Masseê ces étapes.
Et la fidélité reste.
Voici encore la même rose, si délicate dans son parfum
léger, plus subtil que tous ceux qui sortent de l'art des parfumeurs.
Juillet 2003, près de 20 ans plus tard. La rose est près
de moi entourée de fleurs de bougainvilliers. Nous allons passer
24 heures de présence ensemble. Et nous serons surpris de la
vie changeante de cette unique rose. Les Sages savent que toute le nature
prie tout le jour. Ecoutons, regardons.
Matin, heure de l'espérance. Propre et modeste, c'est l'heure
de la première prière, aucun effet pour se glorifier,
rien que reconnaissance que nous sommes créés. Modé
ani.
7 heures. Chémâ Yisrael, écoute pour se gonfler
de la bénédiction qui donne la vie et la force en chaque
pétale.
9 heures. Dès le matin, la tension des premières demandes,
nous sommes aveugles sur tout
ce que nous recevons et nous continuons à demander, tendus comme
des pauvres.
Tén lanou, tén lanou, donne-nous.
10 heures. L'amour ressenti, affirmé, yatsiv, stable.
11 heures. Le don, le retour de l'amour reçu. Chiviti lé
negdi tamid, Tu es toujours devant mon regard.
Midi. C'est presque l'envol, les pensées du coeur et de la tête
ne sont qu'amour vers le Ciel.
Ahavti ki nichma, j'aime qu'Il écoute ma voix.
15 heures. La blessure imprévue dans la vie d'amour. Le coeur
reste le même mais le corps est blessé
pour toujours. Nul ne pourra réparer cette déchirure où
je ne l'attendais pas. La beauté n'est plus la même.
Lév nichbar, un coeur brisé Tu ne le dédaignes
pas.
16 heures. C'est l'assurance sereine. De ci, de là, autour de
moi des fleurs se fanent lentement
mais je garde le coeur de ma jeunesse, calme et inébranlable.
Echtaâchéâ, je me délecte sans cesse
de tes enseignements.
17 heures. En chaque pétale, un chant lent et puissant, riant,
répond aux bénédictions de chaque instant.
Tar'hiv libi, Tu élargis mon coeur et tout mon être
te chante.
21 heures. Le poids des heures et du soir écrase un peu l'enthousiasme
mais j'ai tant de pétales vivant des sources, je connais les
symphonies des sentiments,
les harmonies des baisers différents, un pour chaque enfant et
petit-enfant.
Mais mon coeur garde le secret unique de la naissance qui sera maintenant
éternelle.
On dit que le monde est méchant. Pas mon univers.
Mipiqoudékha étbonane, j'ai puisé mon savoir
dans Tes préceptes,
âl kén sanéti kol ora'h chakér, c'est
pourquoi je hais toute voie mensongère.