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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 
"Réussir notre respiration divine".
Cette page prolonge la première étude (LIEN)

de ce que le judaïsme enseigne sur le corps et la respiration,
pour en vivre et pour vivre dans la Torah.



Cette page-ci va nous montrer comment le rythme intérieur implicite décrit comme le plus excellent par le Roi David dans le dernier verset des psaumes (150,6) et vécu dans le duo parfait (néchama-néchima) peut effectivement aussi se vivre et se réussir de façon concrète pour nous-mêmes.
Pour bien le comprendre, nous prendrons maintenant deux autres exemples qui ont succédés à l'expérience du Roi David (première partie de notre étude) dans le développement de l'histoire:
- le premier est la relation d'Esther et du Roi de Perse;
- le second sera ce que dit de la respiration dans la même ligne le plus grand poète persan Rumi (1207-1273) et Saadi (1200-1292). Au lieu de ne voir dans l'Iran que de la politique au sens moderne du terme, les Juifs -où qu'ils soient dans le monde- devraient manifester ce qu'ils savent de la grandeur historique de ce peuple car il a mérité avec le peuple juif de participer directement aux récits les plus essentiels (la dernière page de la Bible) et à toute la formation la plus élevée des Juifs et de l'humanité par l'exemple du Roi de Perse et d'Esther.

Allons donc lire la dernière page de la Bible et le chapitre 5 du Livre d'Esther avant de revenir à notre étude:
"Ainsi parle Cyrus, Roi de Perse: Hachem, Dieu du Ciel m'a mis entre les mains tous les royaumes de la terre, et c'est Lui qui m'a donné mission de Lui bâtir un Temple à Jérusalem, qui est en Judée. S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à Son peuple, que Hachem son Dieu soit avec lui pour qu'il monte" (II Chroniques. Divrei hayamim II. 36, 23).
Et voici le verset du Livre d'Esther 5,6 :
"Et le Roi dit à Esther: qu'elle est ta question et elle te sera accordée ; et quelle est ta demande jusqu'à la moitié du royaume, et ce sera fait...".

Maintenant, juste avant de commencer cette étude-ci, résumons ce que nous avons appris dans la page précédente sur le dernier verset des psaumes de David ("kol ha néchama téhallel YA, hallélouya"):
1- le tout (kol) de l'âme divine en nous (néchama) comprend concrètement et de façon privilégiée notre respiration. C'est le Roi divin et nous, en nous: c'est la réalisation de ce que nous disons après l'écoute parfaite du Shéma Israel: Hachem est notre Dieu, Hachem est un avec nous.
2- cela existe de façon naturelle et simple et non pas par des exercices menés selon une certaine école.
3- il suffit donc d'être présent à soi-même dans la respiration pour vivre ces niveaux à la fois vitaux et divins.
4- cette dualité  (néchama ou âme divine en nous, et néchima, notre respiration) qui est une unité nous donne la totalité de l'union avec le divin en service permanent.
5- cette dualité est un duo, un duo parfait, calme.
6- cette relation d'amour réciproque est constante, stable, définitive, irréversible.
7- la respiration est la dynamique de ce duo d'amour réciproque.
8- la respiration met en jeu l'alternance vécue dans cette unité relationnelle.
9- ce déroulement n'est pas entièrement automatique, car sa qualité dépend de notre attention qui doit être sous la forme de "recevoir".
10- cette dynamique calme, fluide et constante est bonheur.

Prenons le temps de bien intégrer ces 10 points clairement et consciemment jusqu'à la facilité, et ensuite sur cette base acquise, nous allons maintenant pouvoir les comprendre dans la relation d'Esther et du Roi en cette seconde partie-ci de l'étude.
Nous y comprendrons aussi que cela peut se jouer de façon très particulière et éminente
- dans le couple,
- dans la relation entre le peuple juif et le peuple iranien, de façon unique dans le monde.
- et, le fait que cette dynamique a continué à se dépeindre de la manière la plus claire dans la poésie de Rumi et de Saadi, bien des siècles après l'union d'Esther et du Roi de Perse, nous démontrera que ces éclairages uniques restent constants dans l'histoire humaine dans les rôles entre ces deux peuples (juif et persan). Il y a beaucoup de leçons à tirer de tout cela, sans en rester à la seule lecture des politiciens et journalistes. Commençons l'étude.

2 .
Le duo de la respiration parfaite dans la relation d'Esther et du Roi de Perse

Chacun connaît le contexte historique dont nous parlons dans le Livre d'Esther, mais attention ! car beaucoup ne voient pas l'essentiel et limitent cela au récit d'un événement historique. Les Juifs étaient alors menacés de mort par le ministre qui ment au Roi sans que celui-ci le sache et le ministre a obtenu ainsi perfidement d'exterminer les Juifs. Le même Roi est amoureux d'Esther, l'épouse, et vit avec elle dans son coeur. Il ne sait pas qu'Esther est juive et donc menacée elle aussi de mort. 
La respiration d'Esther était alors caractérisée (comme ce fut auparavant pour le Roi David tout au long des psaumes) par l'angoisse, l'appréhension, la peur, donc cela jusque dans sa respiration, mais cependant Esther décide d'aller vers le Roi pour lui demander l'annulation du décrêt. Comme la situation est urgente, elle fait confiance à Dieu et prend tous les risques et invite le Roi et son méchant ministre et elle informe le Roi qu'elle lui fera une demande au cours du repas. Relisez ici maintenant le verset du Livre d'Esther 5,6 :
"Et le Roi dit à Esther: qu'elle est ta question et elle te sera accordée et quelle est ta demande jusqu'à la moitié du royaume, et ce sera fait...".
Dans cette parole, découvrons que nous sommes -dans les mots de cette phrase du Roi- dans une relation de respiration-vie (perfection de la néchama-dans la respiration néchima) concrétisée par l'aller et le retour parfait du don et de la réception qu'il y a entre ces deux personnages ; mais, surtout, c'est une respiration-vie habituelle car elle est encore pour l'instant très inquiète chez Esther.
Et voici (Livre d'Esther 5,6) que ce duo se dévoile en perfection chez le Roi dans les deux temps qu'est une respiration idéale:
- Premier temps (lui) : "et le Roi dit... va yomér ha mélekh"
- Second temps (elle) : "...à Esther... lé Esther":
- à nouveau premier temps (lui) : "qu'elle est ta question...ma chéélatékh"
- Second temps (elle) : "...et elle te sera accordée... véinatén lakh"
.
- à nouveau premier temps (lui) : "et quelle est ta demande... ou ma baqachatékh"
- Second temps (don vers elle) : "...jusqu'à la moitié du royaume, et ce sera fait... âd 'hétsi ha malkhoute vétéâss".

Ce balancement alternatif, parfait et répété et continu est la respiration parfaite dans la relation du couple et en chacun.
Remarquons aussi que cette qualité dans la parole du Roi envers Esther est
- totale,
- immédiate,
- toute puissante,
- fluide sans discussion ni suspicion,
- calme,
- et place Esther (nous) au niveau même du Créateur:
c'est le niveau divin "néchama" et le niveau nommé "kol, tout" qui est dit dans le verset de David.
C'est donc ainsi le don total et la réception totale : nous sommes là dans le moment où, comme le dit le Roi David, les deux extrêmes les plus éloignés (que sont la néchama et la néchima, la présence divine en nous et la respiration concrète) font UN.
Il faut nous arrêter ici un instant
- pour prendre le temps de bien saisir toutes ces composantes et toutes ces dynamiques de ce lien instantané et total entre ces deux extrêmes,
- pour bien saisir comme le dit le Roi David que cela est possible, que cela est réel, que cela peut être constant comme la respiration, que cela EST la respiration,
- et que nous avons en nous cette possibilité par la respiration et que cela existe ainsi chez tous les respirants,
- et que une telle qualité dans le duo égalitaire et parfait devient à la fois modèle de santé, de sainteté, chez l'individu, et dans le couple, et dans toutes les relations humaines.


Soyons conscients surtout que cet enseignement est le plus important car il est l'ultime, le dernier du Roi David à la fin des psaumes, de même que c'est l'enseignement ultime de toute la Bible car il est donné en la dernière page avec la même douceur par le même Roi de la Perse.
Cela est tout-à-fait contraire à ce que j'entends souvent proposer et décrire comme ce que devrait être aux yeux de certains la relation du couple, où le mâle se prend pour le Roi dominateur et possédant et à lui seul "tout le royaume" et donc la conjointe serait explicitement en minus et implicitement soumise à sa volonté dominatrice. Et ces hommes trouvent alors toujours des pseudo-justifications qu'ils ne craignent nullement de prêter de leur propre chef aux Ecritures saintes (à tort et contrairement à cette écriture divine du Livre d'Esther ou du Cantique des Cantiques ou du chant de Echet 'hail lors du Chabbat).

Comment cela est-il possible chez ces personnes? Cette profanation insolente de l'enseignement explicite de la parole divine repose probablement sur une non-conscience personnelle du duo tel qu'il est dans la procréation (et que la respiration devrait nous rappeler sans cesse), sur une non-acceptation de la capacité de participation divine qu'a la femme de procréer en son ventre pendant 9 mois le développement d'un nouvel être humain, en plus de la si brève phase initiale qui était égale entre l'homme et la femme. Et la femme en louange le Ciel en le remerciant de l'avoir faite selon SON "ratsone (vouloir)", qui est le nom le plus élevé de tous les noms divins (selon la cabala), et l'homme modestement en fait l'acceptation de tout ce scénario de réalités complémentaires harmonieuses voulues par le divin en disant qu'il remercie le Ciel avec modestie de ne pas lui avoir accordé cela, de ne pas l'avoir fait femme, acte le plus beau d'amour envers Dieu et envers l'épouse car c'est une reconnaissance non envieuse et qui apprécie. Hélas, combien n'ont pas honte de profaner ces niveaux et jouent leur seul ego isolé au lieu du couple uni en un. Et ils falsifient en lisant le mot "ratsone-vouloir divin" comme leur droit à la domination sur la femme par leur "volonté".

Nous avons donc assisté entre le Roi et Esther (et le Livre est mis au nom d'Esther, et non pas au nom du Roi !) à cette vague alternante parfaite d'aller et retour comme la main d'un chef d'orchestre qui accompagne tous les acteurs et dirige par cela la plus belle des symphonies. C'est le modèle "vital" total, car nous savons par ailleurs que la preuve unique et la seule possible de la vie même biologique de l'individu sur le plan scientifique est toujours restée jusqu'à ce jour la "seule respiration."

Et, en cela, tout le flux de la vie divine est présent : c'est ce qu'a dit le Roi David sur la "respiration néchama-néchima" comme réalité tellement complète et tellement parfaite que tout mot supplémentaire devenait ensuite inutile. Et DONC ALORS, le Roi David n'ajouta plus un seul mot aux psaumes.
Mais, horreur également et plus grande encore, quand certains ont la prétention effroyable de dire que d'autres humains différents d'eux et pourtant descendants du même Adam n'auraient pas de néchama, donc pas de néchama-néchima, pas de respiration ni humaine ni divine ! L'ignorance n'a jamais de pudeur ni de honte. Elle est orgueilleuse, stupide et destructrice.

Il y a tellement à méditer et à vivre en harmonie avec tout cela qu'il est préférable de seulement respirer pour recevoir tout cela en CHAQUE respiration sans ajouter davantage des mots externes ou des techniques de développement qui ignorent ces dynamiques.
Mais ce n'est pas simple d'être simple ! On préfère toujours rester dans les complications qui nous permettent de fuir l'essentiel.

3.

Voici la suite de l'enseignement sur ce duo de la respiration parfaite -qui nous a été donné par le Roi David puis dans la relation d'Esther et du Roi de Perse- et qui se prolonge à travers le même culture persane bien des siècles plus tard dans la poésie de Rumi (13e siècle: 1207 – 1273). Cela nous assure encore dans la continuité de ce message précédent dans notre propre actualité.

Nous allons être surpris de voir combien toutes ces dimensions restent depuis là-bas dans le même flux du même message. Chacun possède sa voie particulière dans le monde, mais cela doit nous confirmer et nous rendre plein d'espoir car il nous est ainsi démontré que la stabilité du message est totale. Alors, quand nous connaissons ce message clair et sa permanence, il nous reste seulement à suivre la permanence de la cadence de "notre respiration". Cela n'est pas aller apprendre "une technique", c'est la nature réelle de notre être dans toute sa dynamique vitale effective. D'ailleurs, c'est le sens exact du mot "yoga" qui veut dire en sanskrit "lien qui relie", de même que le mot "religare, religion" voulait dire cela en latin. Ce ne sont ni des techniques ni des théories intellectuelles ou théologiques.

Ecoutons donc maintenant Rumi.
Commençons avec son verset 2, 3600 (ce qui veut dire chapitre 2 en son verset 3600) de son ouvrage intitulé Mathnavi. Voici ce qu'il dit de ce que l'on peut entendre dans l'écoute intérieure où le soi est, comme cela fut dans la perception immédiate entre le Roi et Esther; j'en donne la traduction la plus littérale car l'exactitude de ce texte est très importante:

Zanke gense bange ou andar djahan az kasi nashnide bashad goushe djan
Jamais une telle voix dans le monde n’aura été entendue par l'oreille de l'âme de quelqu'un:

An gharib az zoghe avaze gharib az zabane hagh shonood anni gharib
et l’âme, cette étrangère, par la perception qu'elle a du bonheur  elle entendit de la bouche de Dieu: "MOI, Je suis proche” (ces derniers mots sont une citation du Coran, fa-inni qaribun, sourate 2,186).

Dans un autre passage (1,3460-4), Rumi indique que cette perception du duo intérieur émerge d'elle-même quand il y a la pureté de la simplicité:

“toi-même en pureté surabonde en toi-même.

pour que tu voies ton intérieur pur sans supplément en toi”.

Dans les versets suivants (1,3486), il le décrit pour chacun dans l'exemple de l'attitude de Moïse:
Sorate bi sorate bi hade gheib
Zayene del taft bar moosa ze jeib

le visage sans visage et sans fin est caché en nous
comme la vision de la néchama illuminait en Moïse"...

Dans cet autre passage, il décrit pédagogiquement la puissance de cette relation directe quand il y a écoute simple (1,1933):
Ma bemordim o bekoli kastim,
nous étions morts et complètement détruits;

Bange hagh amad hame barxastim
l’appel de Dieu est venu, nous nous sommes tous levés”.

Et il intensifie encore cette pédagogie que nous avons vu se manifester si intensément entre le Roi et Esther, en disant à chacun (1,1940):
”parfois, Je te dis: (ce bonheur) c’est toi, parfois: c’est Moi.

et en tout que Je te dirai, Je suis le soleil brillant en toutes choses”.

Et cette intensité d'union proche rejoint alors la révélation que nous en faisait le Roi David dans son dernier verset des psaumes. Rumi ouvre cet éventail et nous l'exprime ainsi (1,598-599) comme cela est traduit dans le remarquable ouvrage de traduction du Mathnawi aux Editions du Rocher par Eva de Vitray Meyerovitch et Djamchid Mortazavi:

ma cho changim o to zaxme mizani
Nous sommes la harpe, et c’est Toi qui joues sur nos cordes: le gémissement ne vient pas de nous, c’est Toi qui gémis. Nous sommes la flûte et notre musique vient de toi: nous sommes la montagne et notre écho vient de Toi”.

Et il prolonge cette fois notre réponse à la voix intérieure, comme aurait pu le dire Esther au Roi (1,605):
ma cho naeém o nava dar ma ze tost
Le vent qui nous meut et notre être proviennent de Ta grâce:

ma cho konim o seda dar ma ze tost
toute notre existence vient de ce que Tu nous as fait venir à l’existence".

Et encore (1,615-616):
“Récite du Qoran le verset de la sourate 8,17 ce qu’interprète ce verset : Dieu a dit: Tu ne lançais pas toi-même les traits que tu lançais”.

"gar beparanim tir an na ze mast
Si nous lançons une flèche, cela ne provient pas de nous :

ma kaman o tir andazash xodast
nous ne sommes que l’arc, et l’archer est Dieu”.

Le Roi David nous a dé-couvert cette relation inimaginable et voulue par le Créateur et, par son silence David nous a incité à l'écouter et la regarder et à la dire intérieurement. Le Roi de Perse et la Reine Esther nous ont ensuite transmis et démontrés avec précision quotidienne et dans le couple qu'ils le vivaient chacun et dans leur relation, comme pédagogie pour nous, en nous-même et dans notre couple. Rumi, plus didactique est resté dans cette ligne en développant la pédagogie de chaque instant et en décrivant comment pour chacun: "tout cela nous meut".

Saadi (1283-1291) Introduction de son livre, le Jardin des roses, Gulistan, a intensifié encore jusqu'à la technique dans les mots successifs de la prière jointe à la respiration;  voici ce texte qui synthétise tout ce que nous avons vu ci-dessus sur le duo parfait:
"Éloge... au Dieu de majesté et de gloire! Menat khoday ra azza va jal
L'obéissance envers Lui... provoque le rapprochement, ke taatash mojebe ghorbat ast,
et notre gratitude envers Lui... augmente les bienfaits. va be shokr andarash mazide neemat.

Chaque inhalation dans la respiration... prolonge la vie, Har nafasi ke forou mi ravad mommed e hayat ast
et chaque expiration de celle-ci... fait rapprocher le zat (l’épanouissement total et particulier de l'être), va chon bar miayad mofarrahe zat.
C'est pourquoi chaque respiration... confère deux avantages, Pas dar har nafasi do nemat mojod ast
et pour chaque gratitude... un remerciement est dû de notre part, va bar har nemat shokri vajeb."...

Vous pouvez entendre ici ce texte :
http://www.youtube.com/watch?v=ipd7zLHpbk0
http://www.youtube.com/watch?v=66pjTlmJ4Dc

Voici ce texte essentiel en calligraphie:



Voici ma première étude personnelle en hébreu de ce même texte de Saadi, il y a des années, et où j'ai compris combien Saadi était parvenu à faire une synthèse en si peu de mots de tout cet essentiel de la respiration, découverte ouvrant une porte nouvelle dans l'histoire comme le fut la parole du Roi à Esther ou surtout les dernières paroles de la Bible que dit le Roi de Perse à tous les humains et spécialement aux Juifs:

Pour réaliser à quel point, la pensée de Saadi est ainsi perçue par tous les peuples comme leur meilleure part et commune, sachons qu'un autre de ses poèmes fut choisi pour être placé à l'entrée du bâtiment des Nations Unies à New York. Voici ce texte en anglais:
The sons of Adam are limbs of each other, Having been created of one essence.
When the calamity of time affects one limb The other limbs cannot remain at rest.
If thou hast no sympathy for the troubles of others Thou art unworthy to be called by the name of a human.

Ainsi donc, chacun peut écouter ces enseignements, les entendre, les comprendre, mais surtout en vivre. Et les relations précieuses atteindront alors ces qualités.

-----

CONCLUSION SUITE À TOUTE CETTE ÉTUDE:

La réussite de cette respiration personnelle comme nous l'avons dé-couverte consistera en ceci dans cet ordre:
1- développer notre souvenir intériorisé de ces enseignements exposés ci-dessus, comme dynamiques réelles et vivantes, captées par le Roi David, par le Roi de Perse et la Reine Esther, et par les autres commentateurs remarquables de cette tradition.
2- intensifier le retour habituel en méditation sur ces textes pour raviver cette conscience.
3- parvenir enfin à la sensation de présence continue à ces mouvements de duo d'alternance qui sont toute notre vie physique, et de respiration et de relation d'amour.
4- rejouer cela si possible à chaque instant.
5- soyons conscients aussi que cette rencontre intériorisée se manifestait pour chacun lors de sa  venue personnelle au Temple de Jérusalem. Non seulement dans la rencontre divine individuelle mais aussi dans la prise de conscience par la vision de tous les autres Juifs et de tous les autres humains présents.

Cela était vécu par chacun et par tous simultanément, en unité.
Quelle perte que la disparition de ces prises de conscience! Et cela, parce que nous avons fait privilégier notre unique spécificité associée au mépris des autres. Et, alors, le Ciel en a détruit le Temple de Jérusalem, comme merveille centrale de ce lieu de respiration commune universelle qui expansait la Création, niveau que nous pouvons redécouvrir dans tous ces textes donnés divinement.
Aujourd'hui, hélas, ce lieu est encore parfois, comme avant la destruction du Temple, l'occasion pour des seuls Juifs d'exhiber leurs différences entre eux dans le mépris agressif envers autrui, Juifs ou non -Juifs.
Quand donc, toutes ces prises de conscience merveilleuses enseignées par David et le Roi de Perse et Esther et Rumi, et autres grands universels, reviendront-elles ? Certainement pas par la seule puissance des armes, ni par les seuls accords sur la gestion des armes, ni par les seuls accords commerciaux!
Mais gardons confiance avec stabilité, puisque ces enseignements nous ont montré que la Création est basée sur cette unité divine néchama-néchima, et sur cette proximité divine motrice et sur l'enseignement qui éclaire ces coexistences non-agressives.

Rumi avait gardé l'orientation pacifique du Roi de Perse et sur les thèmes que nous avons évoqués dans son oeuvre il puisait dans le Qoran de brèves notations allant exactement en ce sens:

- "en effet, Je suis proche et Je réponds: fa-inni qaribun ujibu" (sourate 2,186).
- "allez droit vers Lui: fa-is'taqimu ilayhi (sourate 41,6).
- "fuyez vers Dieu: fa firra ila l-lahi (sourate 51,50).
- "et ne crains pas: walatakafi (sourate 28,7).

Ceux qui souhaitent approfondir encore ces questions aussi sérieusement dans d'autres cultures peuvent se reporter à ces 3 autres pages:
1. Comprendre la sagesse multiséculaire de l’ayurveda parmi les autres sagesses:
LIEN
2. La respiration chez Rumi: LIEN
3. Respiration et poésie avec l'aide des plus grands poètes persans : LIEN
4. L'union unique entre l'Iran et Israël peut-elle et va t'elle refleurir? LIEN

SUITE DE L'ARTICLE ! !

Deux questions d'un lecteur:

- J'ai une première question: ai-je bien compris que vous nous dites du Roi David qu'il nous donne un exemple puissant par son silence après son dernier verset, que chaque instant de chaque respiration jouerait en réussite possible tout le plan divin d'union avec nous?

- J'ai une seconde question: vous semblez dire que, dans cette ligne, l'Iran aurait une mission divine très importante envers Israël, dans la ligne de l'enseignement du Roi David. Effectivement, on peut accepter votre thèse concernant le Roi de Perse et la Reine Esther ou le dernier texte de la Bible. Mais, quand vous semblez dire que ce rôle continue et que vous en trouvez la preuve dans la littérature des grands poètes persans, je voudrais que vous soyiez plus clair sur cette affirmation si c'est bien votre proposition.

Mes réponses:

- Effectivement, je dis "oui total" à votre première question. Vous avez bien compris et le texte concernant l'enseignement du Roi David, et aussi mon insistance sur cet enseignement du Roi David : une respiration est le lieu de la réception totale du divin (néchama), et notre réponse dans cette respiration (néchima) est aussi optimale et totale envers lui.

Concernant votre seconde question, j'ajoute maintenant plusieurs clarifications.
1- il est exact que nous voyons cela se dérouler idéalement comme la respiration dans les deux phrases si simples et si totales du dialogue amoureux divin qu'est l'échange entre le Roi de Perse et la Reine Esther; je l'ai explicité dans les détails sur l'immédiateté de leur don total, reportez-vous au texte.
2- Je pense, effectivement, que ce phénomène historique se répète constamment dans l'histoire, et cela sur la base aussi du dernier texte de toute la Bible s'adressant à tous en demande dans l'histoire : en chaque moment de l'histoire nous pouvons revivre ce duo d'amour qui est le reflet de l'union totale qui existe dans la respiration.
3- De plus, par la connaissance dans leur langue de ces poètes persans que j'ai cités (Rumi et Saadi), je pense que ce message du Roi David puis du duo Roi de Perse/Esther continue dans les messages de ce peuple. Cela ne devrait pas nous surprendre pour deux motifs: l'un est que nos textes disent que le Créateur a réparti ses dons dans les différents peuples (on appelle cela les "qabim") ; l'autre motif est que, en conséquence, avant les haines généralisées qui ont détruit le Temple, les Cohanim connaissaient parfaitement les 70 langues et échangeaient avec tous directement sans interprètes car le message et la fonction du Temple et du peuple juif concernaient toute la Création avec tous ses "fils d'Adam". Ils étaient des anthropologues saints dans leur fonction de Cohen.
4- Mais on en était arrivé subitement -dans les faits qui ont précédé la destruction du Temple- à une négation de cette famille divine globale, et cela même à l'intérieur du peuple juif. Rien de cela n'a été réparé jusque maintenant. Et nous avons à y travailler. C'est pour comprendre le mieux possible ces fonctions que j'ai voulu comprendre dans la langue farsi (et d'autres) les échanges par exemple du Roi de Perse et de la Reine Esther. Et alors, de même que leur message, lui, n'est pas encore éteint envers les Juifs, j'ai constaté que leur message continuait à se dire de façon vivante et claire chez les grands spirituels de cet autre peuple.
5- Ce rôle de pôle luminaire de Sages de différents peuples est constant dans l'histoire humaine même lorsqu'il y a des divergences entre ces peuples. Regardez: le Roi Salomon a été prendre conseil auprès de la Reine de Saba; le Qoran cite longuement les Sages Juifs et leur lumière; la tradition persane nomme "qoth" ce rôle de phare éclairant tout l'univers (voyez son livre, versets Mathnawi 5,2339 et suivants).

6- A votre demande, je vous donnerai maintenant de façon plus précise que je ne l'ai fait dans cet article, des exemples clairs de la pédagogie que ces saints personnages successifs de ce peuple particulier dans la Création ont donné dans les termes les plus précis et explicites sur la compréhension du message précis ouvert par le roi David et du même message filmé (si l'on peut dire) dans la relation entre le Roi de Perse et la Reine Esther. Ce fut déjà parfaitement clair dans le poème que j'ai cité de Saadi sur la respiration.
Je le ferai donc pour vous maintenant en citant ici quelques passages des Quatrains (Robaïyat) de Rumi dont on peut facilement trouver des traductions excellentes dans les différentes langues contemporaines. Cela répondra exactement à votre question dont je vous remercie car elle me donne cette occasion de préciser tout cela qui était nécessaire.

Quatrain numéroté 18 ou 20 suivant les éditions.
Il est en parallèle complet de la bénédiction du coq (le "servi", en hébreu) que les Juifs prennent comme modèle et disent le matin : au sein de l'obscurité totale de la nuit, en un instant il est capable de percevoir les premières lumières de l'aurore qui changent toute sa perception du monde. Cela est également semblable à la découverte du Roi David dans son dernier verset quand, après tant de difficultés vécues, la jonction se fait chez lui avec la présence constante de la lumière divine. Et tout cette réception du divin présent, comme le dit David, est localisé dans la volonté précise de présence à la respiration. C'est le lien néchama-néchima, parfaitement compris chez Rumi, comme dans le regard d'union du Roi de Perse et Esther. Rumi dit:
"Ey chab (
ô nuit), har dam ké (en chaque respiration) djâneb é mâ (vers Moi) négari (vous regardez) bi roshaniyé sahar (sans la lumière de l'aurore) nabini mâ râ (vous ne Me voyez pas)".

Quatrain 118 ou 130.
Cette conscience est si forte dans cette culture que le mot "dam" signifie à la fois respiration et moment pour bien nous enseigner cela que chaque instant de la respiration nous révèle et nous donne le tout comme aux plus grands sages ou prophètes. C'est ce que le Roi David a saisi subitement et définitivement, c'est ce qui nous est proposé en continuité dans chacune de nos respirations. C'est ce que le Roi de Perse a proposé en douceur et totalement à Esther:
"ân dam (
le moment-respiration)...vân dam (ce moment-respiration) ké to râ (qui pour toi) tadjalié éhsânast (illumination de bonté est) djân dar héirat (l'âme dans la stupéfaction) tcho Mousâ...ast (est comme le fut Moïse)".

Quatrain 149 ou 130.
Ce moment fait pénétrer -dans la conscience que nous vivons- une unité double et couplés avec le divin (néchama-néchima). Voici comment le dit Rumi:
"Emrouz (
aujourd'hui) tché rouzast (c'est un jour) ké khorshid dotast (où le soleil est double)... nésârast o sédast (et c'est une voix qui proclame cette union)".

Quatrain 977.
Comprenons maintenant les conseils de Rumi, comme nous pourrions être surpris par le silence soudain du Roi David après sa rencontre totale avec le divin dans le dernier verset qui unit la respiration aux plus hauts et plus complets niveaux. Il dit : "in yek dam é omr râ" (
dans ce simple moment-respiration qui est la vie-et-l'amour)... En effet le mot "omr" signifie à la fois vie et amour comme lorsqu'on dit "mon amour, omram". Donc dans ce moment total, il faut faire "le maximum (ghanimat-midân) de ce qui y vient (az rafté), ne pas penser (miyandish) et de cette forme nouvelle d'avenir qui arrive pour nous (vaz âyandéh), ne pas nous faire un épouvantail (matars, mot rare comme la chose, le mot habituel étant matarsak)".

Quatrain 579.
Alors, ainsi installés, Rumi nous situe au niveau du registre du Cantique des Cantiques.
Chaque moment respiration est devenu "boui é dam (senteur et parfum), tcho gol khosh (comme une rose de bonheur) moghabélân (exactement comme)".

Quatrain 673.
Il continue ce que nous connaissons dans le Cantique des Cantiques ou dans le verset d'union du Roi de Perse et d'Esther, ou dans le silence de complétude de David dans son verset 150,6 : "dar esgh (
dans l'amour) agar dami (si ce moment respiration) gharârat bashad (est devenu un bonheur stable)", alors vivez "tâ yâar é tcho gol (jusqu'à cet Aimé comme une rose et) bashad (qui est devenu) dar bar (parfois en étreinte dans vos bras), bar kénârat (parfois à vos côtés)" .

Quatrain 1667.
Rumi conclut dans une synthèse précise et un avertissement, comme le silence du Roi David après qu'il ait tout dit devrait nous faire réfléchir et prendre au sérieux. Et, comme le fit le Roi de Perse, ils n'ont pas ajouté en parole à leur splendide échange bref qui avait la plénitude du "dam, moment-respiration" divin. En voici la traduction:
"Khod râ (
toi-même) tcho dami zé yâr (quand une respiration-moment venant de l'Aimé) mahram yâbi (tu l'as trouvée).
Dar omr-é nasib (
et c'est pour la durée de la vie) ân dam yâbi (qu'une telle respiration tu l'as obtenue)
Zanhâr (
prends garde), ké-zâyé nakoni (n'endommage pas) ân dam râ (une telle respiration)
Zirâ ké tchâné dami (
parce qu'une telle respiration) dégar kam yâbi (une autre rarement tu obtiens)".

Ainsi, nous avons compris par là aussi bien la stabilité du Roi David dans son silence qui est l'union continue et parfaite de néchama-néchima avec le Créateur, que la continuité parfaite de l'union entre le Roi de Perse et la Reine Esther, tous exemples qui sont là donnés non pas comme documents historiques mais uniquement comme exemples et modèles pour la réussite de notre union continue comme eux dans le moment continu de néchama divine-néchima respiration. Et cela veut nous indiquer que nous en sommes tous capables et constamment. Et nous sommes ainsi très loin de la majorité des querelles qui divisent les membres du peuple juif. Inutile d'insister sur la médiocrité de ces querelles quand nous écoutons vraiment ces merveilleux enseignements de VIE complète.

Il me semble que j'ai répondu avec sérieux à votre demande de précision. Je vous en remercie.

Maintenant, conscients de tout cela qui était un "il" d'explication et de formation, revenons à la relation directe en disant et vivant en "je-Tu" le verset 150,6 des psaumes du Roi David : "kol ha nnéchama-ha nnéchima téhallel YA, hallélouya, que toute l'âme-respiration loue en permanence YA, hallélouya!" .


 

 
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