Yvrite
Apprendre l'hébreu du corps
pour vivre
la Torah, le Talmud et le judaïsme
|
1. Ici, tous les liens avec
208 pages de Modia où le sens du corps dans le judaïsme
est exposé |

2. Un corps sain et saint. Note importante préalable
Il est indispensable de
penser et ressentir son corps en hébreu, car chaque mot de l'hébreu exprime des dynamiques corporelles et spirituelles résumées
dans les lettres et leur emplacement.
Et les versets de la Torah et des psaumes sont imprégnés de
ces sens!
"Le psaume 84 dit: "libbi ou véssari yérannénou
el El 'haï" (mon coeur et ma chair se réjouiront vers le
D.ieu vivant).
Donc il est sain et saint de relier tout notre
corps dans cette ligne car l'homme a été créé à l'image de D.ieu et à Sa
ressemblance.
Nous ne sommes pas des anges.
Ceux qui invoquent la pudeur pour "ignorer" ce plan de la Création, mélangent tout en pleine confusion. Ils sont dans la même erreur que ceux qui ignorent le lien du créé au Créateur.
Et toutes les mitsvotes passent par l'acte corporel, même celles du coeur.
Nous ne sommes pas des anges.
Ceux qui se ferment les yeux sur ces dimensions sont fustigés par le
Talmud en ces termes: c'est d'eux que le prophète Isaïe déclare
au nom de D.ieu: "ils méprisent l'oeuvre de mes mains". Et
le prophète ajoute: "Ton peuple ne sera composé que de justes
qui possèderont à jamais ce pays, eux, rejeton que j'ai planté,
oeuvre de mes mains, dont je me fais honneur (maâssé yadaï léhitpaér)
Israïe 60,21".
Ceux qui amputent à tort la terre d'Israël qui appartient à D.ieu
seul et sur laquelle ils n'ont aucun droit d'agir ainsi,
ou ceux qui amputent leur lien au corps créé et n'en font pas une connaissance et louange sont avertis ainsi de leur erreur; ils sèment
la mort.
Le judaïsme est une vie, "achér ti'hiyou, pour que
vous viviez".
Le judaïsme a une anthropologie, une théologie et une philosophie et une psychologie
du corps. Mais elle n'est pas présentée comme dans les livres contemporains
qui s'adressent uniquement à l'intellect ("Je pense donc je suis"!). C'est
un exposé qui est constamment holistique et demande de penser avec le coeur
et le corps et la sensibilité et l'âme autant qu'avec la tête. Voilà ce à quoi
les modernes, dans leur utosuffisance ne comprennent guère. Pourtant, dans
une recherche psychanalytique, on passe beaucoup de temps à relier les multiples
niveaux pour élaborer peu à peu la connaissance. Freud, lui-même, pétri de
culture juive a dit qu'il étudiant le langage du patient comme un texte sacré.
Nous savons duquel il s'agit.
Ainsi, pour comprendre ce que le judaïsme transmet sur le corps, il faut étudier
aussi bien la circoncision, le miqvé, le rite mortuaire et de deuil, la nourriture
cachér, les rites du lever, la posture de la prière, la bénédiction avant de
manger
ou sur l'eau coulant sur les mains, les mains des Cohanim bénissant, le corps
vivant pendant l'étude, le tallite qui couvre, la tête couverte, les téfillines,
le vêtement juif, le jeûne, l'immense halakha sur tous les comportements corporels
et relationnels et médicaux, etc. etc. Tout cela, nous le trouvez sur Modia
avec les sources traditionnelles et leurs
références
précises.
C'est indispensable à connaître pour tout juif, et aussi pour toute personne
qui veut aider des Juifs sur le plan psychologique ou médical. Se contenter
de connaissances psychologiques théoriques sans prendre en compte toute l'anthropologie
spécifique qui est intégrée consciemment et inconsciemment, est une naïveté
coupable. Les "patients" sont en droit que leur psychothérapeute soit compétent
en ces domaines. Quand les Juifs sont arrivés d'Ethiopie, tous les psychologues
et psychiatres ont pris conscience de leur incapacité à les comprendre psychologiquement
et dans leur pathologie. Mais c'est la même chose pour tout humain intégré
dans sa culture. Seul l'ignorant s'imagine qu'il sait avec ses théories parcellaires
et que c'est simple.
De plus, le sens juif ne se livre que par le rassemblement lent et progressif
de multiples éléments dispersés: c'est pour cela que l'étude
de la Torah est si longue. Exactement comme la connaissance de soi ou de l'autre.
il n'y a
pas de raccourcis. J'ai
recherché et publié et enseigné abondamment depuis quelques
décades
en ces domaines conjoints, voyez-en l'exposé dans la rubrique intitulée
L'auteur (lien ici).
C'est dans ce contexte global sur lequel nous sommes maintenant bien en compréhension
commune, que nous allons essayer de comprendre un sujet "vital", celui de la
respiration.
3. Le
sens juif de la respiration. Psychologie et théologie juives du développement
personnel.
Je
dédie cette étude à chacun,
et spécialement à tous ceux qui ont une fonction
d'aide, de développement et de psychothérapie ou psychanalyse
et à ceux qui travaillent dans les différentes branches du développement
holistique, gouf/néféche. Si D.ieu veut, j'ouvrirai après les
vacances d'été un séminaire à Jérusalem qui fournira un perfectionnement théorique
et pratique à ces professionnels qualifiés dans cette ligne, avec la prise
en compte sérieuse de la dimension juive. Reportez-vous à la page de l'auteur
pour comprendre cet axe pluriel. J'animerai le séminaire
avec des professionnels remarquables avec qui j'ai une longue expérience de
cures conjointes et complémentaires, moi dans la dimension psychothérapique
et psychanalytique et eux dans la dimension corporelle holistique. Admission
au séminaire après entretien (Mon tel; 02-5634137).
Voici une
étude qui est importante et vitale, mais elle n'est pas simple.
C'est que Modia vous prend au sérieux. La vie n'est pas simple,
ni la Torah. Des présentations
qui voudraient emporter l'enthousiasme par la facilité sont fausses.
Le Maharal de Prague l'a parfaitement expliqué dans Nétiv
ha Emét. Il met même en garde contre ce qu'il considère
alors comme des faussaires dans la Torah.
L'hébreu de la respiration: Processus
respiratoire: tahalikh ha néchima / Dispositif:
maneguénone /
|
Constat et signification de cette évolution
Constat
L'intérêt
actuel pour le lien du corps à la psychologie et à la vie
spirituelle est sans fin. Les livres se multiplient, et des instituts
nouveaux sont
fondés chaque jour en tous pays occidentaux qui enseignent les
méthodes
les plus diverses tirées de toutes les cultures anciennes. Il
y a maintenant de nombreuses et véritables compétences
en ces domaines dans le monde occidental, qui ont une formation
technique mais aussi anthropologique et spirituelle solide en ces cultures.
Et beaucoup ont confronté ces sagesses diverses qu'ils respectent à la
science psychothérapie actuelle.
Mais il y a aussi des multiples raccourcis qui attirent les myriades
de naïfs crédules ayant besoin de rêves et d'évasion.
Et certains enthousiastes qui ont suivi quelques stages de formation
s'instaurent
parfois, en inconscience, maître
et gourou en méthodes
orientales sans rien connaître véritablement de ces cultures
très complexes qui
demandent à leurs habitants des dizaines d'années d'études
et d'entrainement avant de s'instaurer en maître formateur.
Dans la jonction de la psychologie et du judaïsme (et réciproquement),
on en est encore au balbutiement et ne sont pas nombreux ceux qui ont
un niveau aussi élevé et simultané de connaissance en
ces deux domaines.
Humour: ce n'est pas le type de vêtement, ni la longueur de la
barbe ni le couvre-chef
ni les relations ni les obédiences qui définissent le niveau
de compétence.
Avec toute cette évolution mondiale,
tout psychothérapeute ou psychanalyste juif sérieux est maintenant
confronté à cette
évolution du public dans ses cures et il a besoin de formation
en ces domaines. Il ne peut se
contenter de sa science sérieuse, continuité des fondateurs
depuis un siècle mais qui ignoraient tous ces domaines. Il est
surprenant que Freud n'ait pas saisi cette importance, mais dans sa sincérité
il reconnaissait face à Groddeck qu'il n'avait aucun génie
dans les liaisons que touchait son collègue et qu'il en avait
d'autres. Il a pourtant tellement découvert, aux successeurs de
continuer comme lui et d'améliorer. La déficience
est simplement chez ceux qui s'enferment dans une chapelle et n'ont pas
la
créativité
totale des fondateurs et ne les cumulent pas les différents champs
dont on a conscience maintenant. Depuis, la psychologie a intégré le
sens de toute la cellule familiale, du système global, de la transmission
générationnelle, de l'ethnologie et de l'anthropologie. Quelle formation
longue et sérieuse est donc demandée au psychothérapeute et à tout conseiller.
Autant qu'en médecine. Hélas certains métiers
et certaines formations ne procurent rien de tout cela à leurs professionnels.
Signification de cette évolution
Cela, donc, répond à un besoin réel; surtout dans
un monde qui a perdu ses repères,
en a découvert la vanité des vanités et le vide et l'inadéquation
de beaucoup de propositions, et qui recherche un sens renouvelé et
des guides nécessaires et formés sérieusement.
Il n'y a donc pas à mépriser
ces recherches qualifiées d'orientales car ce qui n'est pas seulement une
mode mais il faut en comprendre l'intuition et la nécessité pour
une santé globale
de l'être au niveau de la spécificité de chacun.
On propose partout de faire découvrir "the essential breath", la respiration essentielle et ses connections, la "prana samyama" ou l'équilibre des forces et énergies lors de la respiration par la restriction de toutes les fluctuations désordonnées et la promesse que cela pourrait mener par une science des respirations prolongées ("âyata-prâna") jusqu'à la samâdhi, l'extase. Et, certainement, évoque-t'on, cela devrait assurer avec facilité la santé de tous les organes, un épanouissement "holistique" ou global et la sortie des angoisses existentielles. Il n'y a pas de doute que les grandes traditions d'où sortait Avraham avaient et ont encore une science multi-millénaire de tout cela et une connaissance approfondie montre que cela n'a rien à voir avec les croyances locales dans des idoles.
Dans ce contexte de ce grand village global, qu'en est-il dans le judaïsme dans sa spécificité? Et nous ne nous contenterons surtout pas d'analogies ni des raccourcis du type "c'est comme dans"!
Le judaïsme a-t'il une science, par exemple, de la respiration? Comment la comprend-elle?
Elle
l'a certainement, mais j'insiste encore sur le mot "spécificité"
propre. La voici; je vous l'exposerai dans les sources et non pas dans des
dissertations de troisième
ou quatrième main ni dans mon imagination. Cette transmission
directe depuis la source est la méthode
constante de mon site "Modia", mot qui veut dire; "faire
savoir" la
tradition authentique transmise.
Et, puisque les besoins de santé globale, holistique, sont aujourd'hui
immenses, on ne peut pas garder le trésor juif pour soi quand tant
d'éducateurs
et formateurs et thérapeutes ou psychanalystes juifs ne connaissent
pas encore ces richesses multi millénaires de leur propre tradition.
Plus encore, il est indispensable qu'ils connaissent
la tradition PROFONDE de leurs formés ou patients car elle est
inscrite dans leur structure intérieure profonde depuis des millénaires
et réagit dans leurs
dynamiques de leur vie habituelle.
Se limiter au seul Freud n'est plus
possible. Lui-même ne répétait pas Freud, il cherchait
continuellement et, littéralement, dé-couvrait des
'hiddouchim, des renouvellements.

Première source de l'étude
sur la respiration dans le judaïsme:
le
Middrache Rabbah 14,9 sur
le livre de Béréchite.
|
Voici
la traduction avant de résumer l'enseignement de ce texte qui n'est pas bâti selon les critères
des ouvrages actuels.
" Un être primitif fut créé depuis la terre jusqu'aux cieux et il a reçu
l'influx et il est mort mais à l'avenir je lui rendrai mon esprit (rou'hi)
et vous serez vivifiés en lui (Ezékiel 37, 14).
Cinq noms lui ont été
donnés: néféch (personnalité), roua'h (esprit), néchama
(âme),
yé'hida
(unique),
'haya
(vivante).
"Néféch" comme il est dit: "car l'homme est le néféch" (Dévarim
12; 23).
"Roua'h" car elle monte et descend comme il est dit: "Qui peut savoir
si le souffle des fils d'Adam monte en haut, (tandis que le souffle des
animaux
descend
en bas)". Qohéléte, l'Ecclésiaste 3,21.
"Néchama", c'est la hofiah, la respiration, comme les gens disent: "haofita
tava" (sa respiration est bonne, il est très bien).
"Haya" (vivante), car tous les membres meurent mais elle subsiste dans
le corps.
"Yé'hida" (unique), parce que les membres vont toujours deux
par deux, tandis qu'elle est unique dans le corps.
Sur cela il est écrit: "s'il n'avait de pensée que pour Lui-même (D.ieu),
s'il retirait vers Lui Son esprit et nichmato (sa néchama, ou son souffle)";
la
citation s'arrête ici mais la fin du verset est "toutes les créatures périraient
du même coup et l'homme retournerait à la poussière" (Job
34; 14).
Ribbi Yéhoshua fils de Ribbi Né'hémiah et les rabbins échangent
sur cela. Ribbi Yéhoshua fils de Ribbi Né'hémiah dit: "Si
Dieu place Son coeur sur cet homme (Adam), son roua'h (esprit) est
déjà
dans
sa main et le
saisit, mais à l'heure où l'homme dort, et ainsi la
néchama (âme) réchauffe
le corps de façon à ce que il ne se refroidisse pas
et ne meure pas. Et, concernant cela, il est dit: "un flambeau
divin est la néchama de l'homme" (Proverbes
20,27).
Ribbi Bisni et Ribbi Aha et Ribbi Yo'hanane disent au nom de Ribbi
Méïr:
"cette néchama emplit tout le corps, et à l'heure où l'homme dort, elle monte
et aspire
vers lui la vie depuis le haut". Ribbi Lévi dit au nom de Ribbi 'Hanina:
"sur toute respiration et respiration (néchima) que l'homme respire, il doit
louanger
(léqaléss) le Créateur (Boré)".
Quel en est le sens? "Kol ha nnéchama téhallél
Ya (Que toute néchama loue Dieu. Psaumes 150,6), que
toute respiration (néchima)
loue Dieu." (Fin de ce texte concernant la respiration).
Etudiez déjà
ce texte et essayez de le comprendre par vous-même, et de voir comment
il situe le rôle de la respiration en liaison avec tous les
niveaux;
et j'insérerai
alors mon commentaire. C'est la méthode à laquelle, à Djerba,
tous les petits Juifs étaient formés dès l'enfance:
"rochi/Rachi", d'abord réfléchir
par ma propre tête avant d'aller lire Rachi ou les commentateurs.
Commentaire
1.
Il est capital d'intégrer et de repérer ces quatre points dans ce texte:
-
Ce texte, l'un des plus anciens dans la transmission de la tradition révélée,
nous donne la conscience d'une adéquation absolue entre néchima
(la respiration) et l'âme divine en nous qui donne vie (néchama)
et la maintient.
-
A partir de là, en sa brièveté étonnante, il nous
révèle de multiples dimensions de cette respiration-âme
vitale et divine en nous.
- Ces multiples dimensions sont inséparables comme une constellation,
c'est pour cela que j'ai mis ci-dessus le symbole multiple et dynamique de l'Etoile
de David.
- Et elles nous éclairent sur ce qu'est la nature de l'être juif,
sa structure anthropologique, ses dynamiques internes, pathologiques ou naturelles
ou optimales, optatives, à retrouver pour vivre en intégrité satisfaisante.
2.
Développons ces quatre points.
Ce texte
situe chaque mouvement de notre respiration au coeur de toutes ces
dimensions:
-
l'acte
de la Création elle-même: " Un être primitif
fut créé",
-
l'union très personnalisée entre D.ieu et nous: " Je
lui rendrai mon esprit (rou'hi) et vous serez vivifiés en lui",
- les étapes du temps passé, présent et à venir
situées simultanément: "mais à l'avenir",
- le lien avec ce qui donne vie à la matière, ou avec la mort
en cas de déficience,
- ce qui caractérise et définit l'homme: "car l'homme
est le néféch",
- la permanence absolue: "Haya (vivante), car tous les membres meurent
mais elle subsiste dans le corps";
- mais aussi les risques, et la sensation de risques vitaux: "s'il retirait
vers Lui Son esprit ",
- l'assurance totale et la respiration vécue comme chaleur bonne et vitale: "à l'heure
où l'homme dort, et ainsi la néchama (âme) réchauffe
le corps de façon à ce que il ne se refroidisse pas et ne meure
pas".
- le mouvement de la respiration, remontant continuellement, est un indice
sûr de notre remontée vers D.ieu à chaque instant: "cette
néchama emplit tout le corps, et à l'heure où l'homme
dort, elle monte et aspire vers lui la vie depuis le haut", et alors
maintient la vie,
- elle est le lieu qui est l'union à D.ieu, et la présence de Dieu en
l'homme: "un flambeau divin est la néchama de l'homme".
3. Puis ce
texte ajoute encore deux éléments essentiels (le second sera développé
plus loin, c'est celui du couple)..
D'abord, il
cite le dernier verset de
tous les psaumes (150,6). Ce n'est pas par hasard que c'en soit le dernier
verset,
car c'est le résumé et
aboutissement de tout l'humain uni à Dieu. C'est donc une révélation
d'importance majeure et, même, la plus importante et la plus vitale
puisqu'elle est l'aboutissement de toute l'écriture du Roi David.
Voici ce texte du dernier psaume, le 150:
- Alléluia! Louez Dieu en son sanctuaire, louez-le dans le firmament,
siège de sa force.
- Louez-le pour sa puissance, louez-le pour
son immense grandeur.
- Louez-le aux sons stridents du Chofar, louez-le
avec le luth et la harpe.
- Louez-le avec le tambourin et les instruments
de danse, louez-le avec les instruments à cordes et la flûte.
- Louez-le avec les cymbales sonores, louez-le avec les cymbales retentissantes.
- Que tout ce qui respire loue le Seigneur! Alléluia!
Voici, dans
le Middrache Rabbah, le dernier verset du texte suivi de sa traduction
par analogie:
"Quel
en est le sens?
Kol ha nnéchama téhallél
Ya (Que toute néchama loue Dieu. Psaumes 150,6),
Kol ha nnéchima téhallél
Ya (Que toute respiration (néchima) loue Dieu".
La traduction classique en français a essayé de rendre ces deux sens (âme-respiration) par l'expression: "Que tout ce qui respire loue le Seigneur! "
Eclairages des commentateurs de la tradition juive sur la méditation
concrète dans l'acte de respiration.
Alors,
remarquons bien que cette conjonction de néchama (âme)
et néchima (respiration)
qui résumerait tout ce qui est dit précédemment, se
joue en chacune de nos respirations puisque c'est le mot "kol,
toute" qui
est clairement indiqué;
ce n'est pas une définition de philosophie métaphysique,
mais il s'agit de chaque acte concret et successif de ma respiration.
Les commentateurs classiques insistent sur cette continuité et
ce renouvellement et cette continuation de l'acte qui doit s'accompagner
d'une continuité et
renouvellement et continuation de la conscience en méditation sur
le lien à Dieu (Ya)
et une telle relation ne peut comporter
que le mot Hallél (louange).
Et, en hébreu,
ce mot Hallél (l'avant-dernier à partir de la
gauche dans le texte hébreu ci-dessus) est plus parlant encore
dans son graphisme :
![]()
- il a d'abord (on lit à partir de la droite en hébreu)
la lettre hé de
la présence
divine,
- puis deux fois la lettre lamed,
la seule de toutes les lettres qui réunit et le haut et le milieu
et le bas dans son graphisme.
Ce doublement rend encore davantage la succession double de l'acte et
de la conscience vers Dieu,
mais aussi c'est une double dimension qui
respire
en nous.
Et la nomination de Dieu, choisie ici, est le nom YA qui, par le sens
de chacune de ses deux lettres, nous unit aux doubles dimensions
masculine et féminine présentes comme source en Dieu vers
nous dans Sa Création. C'est cela qui se joue en tout acte de
respiration méditative.
Le texte du middrach nous a bien dit plus haut que la néchama
(âme procurant
la vie) n'est pas localisée dans un organe plus que dans un autre
mais la
respiration est l'expression la plus expressive de tout cela qui n'est
pas théorie mais acte renouvelé de vie par union avec la
source de Dieu créateur.
Et
Ibn Ezra ajoute que c'est un réméz (une
allusion) vers la néchama
éliona, vers l'âme des niveaux supérieurs.
Effectivement, nous comprenons que toutes
ces liaisons réalisées dans chaque souffle montant et
descendant sont bien représentées par les deux lettres lamed du
mot hallél.
Et nous parvenons à une nouvelle réalité: si nous comprenons le commentaire
de Métsoudate
Tsione, nous voyons qu'il reprend bien le texte qui unit ce qu'est
le néféche
(personnalité)
et la néchama (âme)
et nous arrivons à une autre prise de conscience: nous
sommes alors complets et une telle union avec Dieu est jubilation envers
la source
d'un
tel
don.
Et le Ari, zatsal, dans Séfer haliqoutim, démontre
que ce verset ("Que
tout ce qui respire loue le Seigneur! Alléluia!") est
le commencement et la fin de tout, car il est uni au premier des
72 noms divins
et à la qéts, à l'aboutissement. Sans expliquer
ici ni comprendre toute la profondeur de sa démonstration que
je n'expose pas, le crédit
de son affirmation nous suffit pour réaliser
l'importance de ce rythme fluide, divin et corporel, vital de la respiration
dans le judaïsme.
Nous arrivons encore à une notion supplémentaire:
Notre étude sur le Hallel (lien ici pour vous
y reporter longuement) et sur le Pérek Chira
(lien
ici) nous ont déjà montré combien les différents êtres
de la Création
sont liés à ces dynamiques et le Chla ha qaddoch
va jusqu'à rappeler
les textes du Zohar II,196a affirmant que si nous étions capables
de voir ces louanges, nous serions submergés.
Et notre étude actuelle nous démontre que l'être
humain peut également atteindre à cette louange vitale et la
vivre par cette conscience méditative de la respiration unissant
toutes ces dimensions.
Et voici quatre autres enseignements prudents:
1. Le Yalkoute Chimeoni dit que lorsque le Roi David termina les psaumes
par ce verset dont nous venons de déployer toute la richesse, il fut
pris d'une jubilation en disant que jamais ne fut exprimé un tel bonheur.
Alors, une grenouille le prévint
de rester modeste car elle, simple grenouille, lui dit qu'elle émet
constamment 3000 chants réussis.
Ce n'est pas une objection qui prétendrait
mettre le Roi David face à une réalité d'échec,
c'est un encouragement pour réaliser que, effectivement, les
créatures
animales, elles, ont déjà bien compris ce qu'est la
réussite
immense placée en chaque respiration tranquille, complète
et unie à toutes les dimensions présentes, unissant holistiquement
les différents niveaux de l'être dans une présence
saine, vivante et louangeante. Et la grenouille invite ainsi le Roi
David et nous même à continuer comme le font toutes les
créatures du
Pérek Chira et du Hallél. Cela nous enseigne d'aimer
tellement la dimension corporelle absolument présente en nous.
2.
Nos Sages attirent aussi notre attention sur le fait que le verset dit
au futur : "toute
créature qui respire louera Ya" et il utilise un
verbe au futur qui en hébreu pour en faire percevoir la nécessité.
Nous l'avons compris: cet ordre, marque du futur de continuation nécessaire,
est exprimé en raison de l'importance vitale de cette respiration
de liaison, et
qui "doit" relier
et y intégrer
tout ce qui vit en nous.
3. La louange.
Vous me direz peut-être: mais pourquoi de cela sort-il
une louange et non un autre sentiment? Réponse: quand on aime,
on est émerveillé des
qualités de
l'autre et cet émerveillement interne chante vers l'autre, chante
le besoin de le lui exprimer, de chanter; les cellules de tout l'être
sont saisies de ce chant, et il s'élève. Ribbi Eliahou
Vidas, le célèbre auteur de Réchite 'Hokhma (dans le chapitre Ahavah,
10) commente ce texte en disant: "puisque Hachém qu'il soit béni Lui
qui donne la respiration et la vie, il convient que toutes les respirations
le soient au service du Créateur, et c'est à ce sujet que nos Sages
ont recommandé la bénédiction du dernier verset du psaume 150 comme
le dit Ribbi Lévi dans le Middrache Rabbah 14,9".
Et quand on
découvre
alors que ce chant interne a les dimensions non pas de deux êtres
seulement mais de tout l'univers et qu'il atteint jusqu'à la
source même de cette Création, et qu'il y a dans
cette Création une relation d'amour et de don et de partage
et de proximité,
alors du chant privé on passe à une louange totale. Et
ces textes nous disent que cela se joue dans une simple respiration.
Alors, ce n'est plus seulement "ma" respiration, c'est LA respiration
générale: relisez maintenant le psaume 150 et vous
remarquerez qu'il dit cela.
Et
c'est une grande faveur que de pouvoir y participer, comme un violoniste
qui recevrait l'autorisation
de se joindre au plus grand orchestre du monde.
Mais, réfléchissez
par vous-même sur ce que peut être cette louange, elle
a beaucoup d'autres noms que vous seul trouverez, pas moi.
4. Le grand
nettoyage. Le Chlah ha qaddoch, Ribbi Yéchaya Horowitz dans Chénéi Lou'hote
ha bérite, Massékhète
Pessakhim, Matsa âchiran 389, déclare qu'il se produisit une nettoyage
complet des qlipotes (écorces) recouvrant les néchamotes (les âmes) lors
de la descente en Egypte suivie de la sortie. Et pour cela elles chantèrent
ce dernier verset du psaume 150. Pensons aussi à cette dimension dans
la fonction de la respiration (aspiration-expulsion).
Seconde source, après le Middrache Rabbah 14,9:
le commentaire du Zohar sur tout cela. Continuons ensemble notre étude
dans les textes majeurs de la tradition:
1.
Le nom le plus élevé de tous
Le Zohar
nous dit que ce lien atteint en ce verset par la respiration et qui va
jusqu'à le nom de Dieu nommé YA, atteint
ce qu'il nomme "chéma
ilea âl cola, le nom le plus élevé de tous" (I
Zohar 232 b). C'est pour cela que David a placé "ce" nom
dans ce dernier verset de tous les psaumes. Cela, en un acte de respiration
qui semble
si anodin.
Regardez, en ce sens pour que je déploie la prise de conscience,
cette respiration rendue sur ce tableau où Moché rabbénou
est relié grandement aux différentes
dimensions de tous les espaces qu'il semble occuper à lui seul dans
sa respiration interne de lien à l'essence de tout. Il vit "le
corps" immense de tous les niveaux de
l'être. Respiration immense. Et son corps dépasse
le cadre, et en haut et en bas.
Mais le peuple, hélas, refuse cette immense respiration possible et
il s'asphyxie, se détourne
vers des
dieux partiels et sans vie (le veau d'or égyptien), et la majorité de ces
membres du peuple mourront de cela dans le désert.
C'est un
tableau de Roee Suffrin:

(collection privée)
Cette expansion de la respiration est exprimée dans le judaïsme par
l'utilisation du chofar qui lui donne toute sa dimension de lien
avec la nature et le Ciel depuis notre intime et notre coeur et notre
souffle:
Cette respiration s'expanse jusqu'au souffle immense du chofar dans cet autre
tableau de Roee Suffrin:
Le
peintre a rejoint là, dans sa connaissance intérieure, les commentaires nombreux
sur la respiration et le chofar du Beit Yossef, Ora'h Hayim 199,4, katav rabeinou,
et du Chouk'hane Aroukh Orah Hayim 590,8 et suivants et du Hazone Ich sur les
halakhotes de Roch ha Chana et l'Encyclopédie
talmudique, vol. 16.
Il l'a décrit
encore dans
cet autre tableau où les humains avancent constamment reliés
avec amplitude à leur
source de respiration
interne qui les porte avec puissance depuis des générations
et des siècles
jusqu'à la seconde présente:
Toute personne qui a vécu dans sa famille l'expérience cachée et refoulée de la situation de marranes, et la sent se réveiller avec force en lui dans notre génération (et ils sont nombreux à vivre cela, j'en suis témoin par le courrier), comprendra parfaitement cette description.
2. Le don de la vie
Le Zohar II, 94b, sur la paracha Michpatim décrit tous les dons que
l'homme reçoit et termine ainsi:" il mérite encore davantage,
et alors il reçoit...
une nichmate 'hayim, une néchama de vie, qu'est-ce
que c'est la vie ('hayim)? C'est le nom YA comme il est dit
dans notre verset". Ces niveaux élevés dans les sphères supérieures
sont également nommés "gouf" (corps) mais il s'agit là de niveaux spirituels
inaccessibles à notre entendement. Il reste que cette nomination dans
le contexte dont nous parlons, attire notre attention sur le fait que
le corps lui-même est relié aux niveaux les plus élevés. Il ne s'agit
pas d'étages: l'homme est fait à l'image du Créateur.
Et cela
atteint un niveau
de complétude (chalém) indiqué par notre
verset du psaume 150 dit le Zohar I, 119a.
3.
L'accès au Trésor
Et, dans
la paracha Térouma, Zohar I, 174a, il
est dit que cela fait fonctionner les 32 voies de la sagesse et tout
ce qui est en haut et en bas, et le roua'h ha
qoddéch, le vent divin peut alors se répandre dans
toutes les directions et tous les trésors du Roi sont alors ouverts.
Je le rends par ce dessin d'un maguén David en expansion constante à l'infini
dans notre respiration qui rejoint ce moment de la Création: l'instant
présent.
(dessin de l'auteur)
4.
L'immédiateté
Et
les Tiqouné Zohar 50a précisent
que lorsqu'on retire l'obscurité (de l'inconscience) hors de
la néchama, "miyad,
immédiatement" toute la néchama (néchima)
louera YA. Je ne prétends pas transmettre
ici par une simple lecture d'un texte le sens de tout cela mais simplement
donner l'appétit
d'apprendre plus en étudiant -là où l'on vit-
avec des personnes qualifiées et selon les étapes
qu'ils connaissent car on ne peut pas brûler ces étapes;
sinon, sans faire une étude marches par marches avec un guide
en relation personnelle, on croirait avoir compris et on errerait sans
le savoir. La sagesse antique iranienne rend bien cette progressivité
par une expression qui est plus forte que les "marches"; elle dit "manzél
bé manzél", maison après maison: tout est déjà atteint mais il y aura
un nouveau déploiement de la maison-respiration à chaque fois.
5. L'union
Et les Tiqouné Zohar 50b ajoutent que ces deux lettres YA du
verset
"toute la néchama (néchima) louera Ya" sont l'union
analogue à un mariage (zivoug) de la sagesse ('hokhma) et de la compréhension
(bina) et s'accomplit alors ce qui manquait dans le verset de Chémote
17;16: "ki
yad âl
kés Ya" où ce qui
était imparfait comme Amalec
se
complète jusqu'à cette plénitude de notre verset
de la néchama/néchima complète.
Ceci simplement pour percevoir la qualité immense de ce que
nous faisons dans une simple méditation active et vraie corporellement.
6. L'expansion
Ensuite, dans les Tiqouné Zohar
52a, cela est encore développé sur le verset et il nous
montre les fruits de cela qui s'expansent.
Tout
ce commentaire était la prolongation du texte du Middrach Béréchite
14,9.
Troisième
source, le Middrache Rabbah 2,37 sur
Dévarim.
Les trois dimensions de la respiration
Dans ce texte, on commence par
un verset de la Torah, il est référé
tout de suite à la respiration et aux
composantes de notre personne, puis à la relation immensément
conjugale entre Dieu et nous. Suivons bien ces 3 étapes
et essayez de saisir l'éclairage
que cela donne, et pourquoi on est passé "spécifiquement" par
la respiration pour tout ce beau programme.
Commençons par le texte du middrache:
Ce middrache commente le verset que tout Juif redit chaque jour:
"Et
tu aimeras Hachém ton Dieu de tout ton coeur, et de toute ton néféche (être personnel)", verset de Dévarim 6,5.
Traduction du Middrach (Suivez-y bien les composantes
suivantes de la néchama dont on sait maintenant qu'elle est néchama/néchima:
tous les néféches, les 5, la similitude entre Dieu et nous, le voir,
la
joie,
le couple):
"Quel
est le sens de ce verset? C'est en tout néféche et néféche (être
personnel et être personnel) qu'Il a créé en toi.
Ribbi Méïr
a dit: Sur toute respiration (néchima) et respiration que
l'homme fait monter, il doit louer son Créateur. D'où sait-on
cela? Du verset des psaumes: que tout ce qui respire loue YA".
Ribbi Simon a dit: 5 noms ont été donné au néféche et ce sont: roua'h (esprit), néféch (personnalité), néchama (âme), 'haya (vivante), yé'hida (unique).
Les rabbins
ont dit: viens et vois (cela est typiquement une expression du courant
le plus élevé, celui du Zohar qui voit et non pas
du Talmud qui pense et étudie; et ici il va bien être
question de "voir".
ndlr).
Ha Qaddoch baroukh Hou emplit
Son monde, et ce néféche emplit le corps.
Ha Qaddoch
baroukh Hou porte
Son monde, et ce néféche porte le corps.
Ha Qaddoch
baroukh Hou est un (unique, ya'hid) dans son monde et le néféche est
unique dans le corps.
Ha Qaddoch baroukh Hou devant lui il n'y
a pas
de sommeil (chéna) et le néféche n'a pas de
sommeil.
Ha Qaddoch baroukh Hou est pur (tahor) dans son monde et
le néféche est pur dans le corps.
Ha Qaddoch baroukh Hou voit et n'est pas vu
et le néféche voit et n'est pas vu.
Alors, ...que le néféche qui voit et n'est pas
vu vienne et loue Ha Qaddoch baroukh Hou qui voit et n'est pas vu!
Israël a dit: Maître du monde, ce néféche qui Te loue, jusqu'à quand sera-t'il étendu sur la poussière? "car nos néféches sont allongés sur la poussière" (Psaume 44,26). Ha Qaddoch baroukh Hou leur a dit: " Par vos vies, viendra le temps ou vos néféches se réjouiront".
C'est pourquoi Isaïe vous console et dit: " Je me réjouirai beaucoup dans Hachém, mon néféche se réjouira en Dieu" (Isaïe 61, 10).
(Commentaire.
Sur la base de tout cela, le Middrache tire une conclusion qui est logique
pour
lui, c'est que cette relation est analogue à celle de l'amour parfait
entre le fiancé et la fiancé lors de la fête du mariage; pour cela il
met à égalité où on est toujours dans le contexte de la respiration en
nous révélant de niveau en niveau la beauté et l'intensité de ce qui
s'y déroule, et nous nomme alors "Israël=Kalla",
mot qui a à la fois le sens de bien-aimée, fiancée, épousée. Je
place ci-dessous entre parenthèses l'ensemble du verset et seulement
entre guillemets les quelques mots cités par Ribbi Bérékhia,
cela afin de comprendre le sens dans son contexte, ce que parvenaient à faire
spontanément ses lecteurs autrefois car ils connaissaient les
textes par coeur).
Et Ribbi Bérékhia a dit: en 10 endroits
Ha Qaddoch baroukh Hou a nommé Israël
"Kalla" (rappelons que ce mot a à la
fois le sens de bien-aimée,
fiancée,
épousée) et les voici:
1. "Viens
du Liban, ma soeur, mon épouse bien-aimée (iti
miLévanone
kalla)". Cantique des Cantiques 4,8.
2.
"Je
suis venu dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée (bati
léghanni,
a'hoti khalla). Cantique des Cantiques 5,1
3. "Tu as capté mon cœur, ma sœur, ma
fiancée"
(...tu as capté mon cœur par un de tes regards, par un des colliers
qui ornent ton cou). Cantique des
Cantiques 4,9.
4.
"Qu'elles sont délicieuses tes caresses, ma sœur,
ma fiancée!" Cantique
des Cantiques 4,10.
5. "Tes lèvres, ma fiancée, distillent la douceur du
miel" Cantique des Cantiques 4,11.
6. (Oui, comme le jeune homme s'unit à la vierge, tes enfants te seront
unis); "et comme le fiancé se réjouit au sujet de sa
fiancée bien aimée"
(ton Dieu se réjouira de toi) Isaïe 62,5.
7.
(Ainsi parle Hachém: De nouveau on entendra dans ce lieu-ci qui, dites-vous,
est ruiné, privé d'hommes et d'animaux, dans les villes de Juda
et les rues de Jérusalem, désolées faute d'hommes, faute
d'habitants et faute de bétail, [on entendra] des accents d'allégresse,
des cris de joie, "la voix du fiancé et la voix de la fiancée",
la voix de ceux qui s'écrient: Rendez hommage à Hachém-Cebaot,
car Hachém est
bon et sa grâce est immuable! tout en apportant
des offrandes au Temple du Seigneur, car je rétablirai les exilés
de ce pays, comme ils y étaient jadis, dit Hachém.
Jérémie 43,11.
8. (Porte tes regards à l'entour et vois: tous en masse ils te reviennent!
Vrai comme je suis vivant, dit Hachém)
"tu les revêtiras tous comme
une parure, tu te ceindras d'eux comme une fiancée". Isaïe 49,18.
9. (Je veux me réjouir pleinement en Hachém,
que mon âme se
délecte
en mon Dieu! Car il m'a revêtu de la livrée du salut, enveloppé du
manteau de la victoire: tel un fiancé orne sa tête d'un diadème,)
"telle une jeune fiancée se pare de
ses joyaux". Isaïe 61,10.
(Je
fais une pause dans le texte pour souligner 2 commentaires:
1. Ce texte: "la voix du fiancé et la voix de la
fiancée, qol 'hatan vé qol kallah" se
trouve également en Jérémie 7,34 et 16,9 et 25,10.
Lire aussi tous les versets du Cantique des Cantiques 4, 8 à 4,12
et le verset 5,1. Dans de nombreux autres emplois du mot "Kallah" dans
la Torah (Béréchite
38, versets 11 à 24 et Ruth, chapitres 1 et 2, par exemple),
il veut dire comme en hébreu moderne "la femme du fils".
2. Ribbi Bérékhia accentue
encore la révélation sur la nature de cette
union
de respiration
commune
en
disant
ces versets
où ce n'est
plus
seulement Israël qui reçoit ces niveaux supérieurs
magnifiques mais c'est Israël, nous, qui a le pouvoir incroyable
d'embellir Dieu lui-même s'il
est possible de dire. La respiration de sainteté va jusque là.
Voici la suite de ce texte:)
Et correspondant
à ces 10 citations de versets, Israël couronne HaQaddoche baroukh Hou
de 10 vêtements:
1-2. (Je me revêtais d'équité comme d'une parure),
"mon esprit de justice était mon manteau et mon turban". Job
29, 14. En voici deux (sous-entendu: vêtements).
3-5. "Il
endossa comme une draperie de vengeance et s'enveloppa" (en guise
de manteau, d'un zèle jaloux). Isaïe 59, 17. En voilà cinq.
6. (Je continuai à regarder, lorsque des trônes furent dressés
et un ancien des jours prit la place). "Son vêtement avait la blancheur
de la neige", (et la chevelure de sa tête, celle de la laine éclatante
son trône était des flammes étincelantes et ses roues un
feu incandescent). Daniel 7,9.
7.
"Pourquoi
cette couleur rouge à ton vêtement?" Isaïe 63,2.
8-9. "Hachém règne! Il est revêtu
de majesté;
Hachém se revêt, se ceint de puissance". Psaume
93,1.
10. (Bénis, mon âme, Hachém! Hachém,
mon Dieu, tu es infiniment grand;) "Tu es vêtu de splendeur et de
majesté". Cela fait 10.
(Commentaire. Il n'y a pas de doute que, dans la respiration qui est le contexte global de ce texte, nous sommes ici dans une attitude méditative vers la complémentarité et la complétude entre Dieu et les hommes). Et le texte se termine par une autre interprétation qui souligne bien que nous n'avons pas conscience de toutes ces beautés et qu'il fallait la révélation pour nous les faire connaître (sens de "Modia, je fais connaître"). Et l'auteur souligne ainsi avec force: même si nous n'en n'avons pas conscience, cela est).
Voici une
autre compréhension: "Sos assis baHachém, Je me réjouirai
grandement en Hachém" (Isaïe 61,10). A quoi cela est
semblable? A une épouse dont le mari et le fils et le gendre vers
une autre ville, etc. comme il est dit dans la Pessikta (de Ribbi Kahanah
sur ce verset au chapitre 22, 147, 1).
(Fin du texte).
(Commentaires.
1. Par ce dernier texte de Ribbi Bérékhia, nous comprenons que
même s'il nous est révélé combien ce mouvement continu
de montée et de descente qui se produit entre nous et Dieu dans la respiration
est désormais clair dans tout ce qu'il porte, en fait nous le vivrons
comme une absence et distance affective très douloureuse souvent.
2. Mais cela ne devrait rien changer dans la confiance et la fidélité,
et peut-être même dans la réassurance que nous avons à reconstruire
sans cesse envers la conscience de l'union vivante.
3. Au lecteur, maintenant, de dresser la liste personnelle des dimensions dynamiques
de la respiration qu'il a reçues ainsi par ces textes apportés
vers lui de par la tradition la plus ancienne, la plus solide où j'ai
essayé de ne rien ajouter mais seulement d'expliciter.
Je rappelle quelques unes de ces dimensions, mais c'est la réflexion sur
le texte qui vous permettra de constituer votre ligne car chaque lecteur est
un instrument de musique unique auquel aucun autre ne peut être comparé et
qui a été créé tel par la volonté du Créateur.
La transmission par le Rav n'est qu'un outil, un conduit, un tsinor, comme il
est dit dans les Principes des Pères: âssé lékha Rav,
fais pour toi-même ce que tu peux recevoir du Rav. Il y a beaucoup à comprendre
de là. Tomber dans la servilité est contraire à ce principe
et à ce que D.ieu a demandé comme première révélation à Avraham:
lékh lékha, va vers toi-même). Le Rav est un transmetteur
et éducateur mais n'est qu'un adjuvant.
4.
Certes, on peut apprendre des autres cultures, et c'est sagesse.
Mais il est impossible "d'être" si on ignore la sienne propre.
Et il est encore plus impossible que des accompagnants (éducateurs, psychothérapeutes,
psychanalystes, formateurs en développement personnel holistique) ignorent
les ressources culturelles et anthropologiques de la personne juive qui leur
demande de l'aide. L'affaire serait encore plus absurde si un Juif demandait
avec confiance
cette aide à un professionnel Juif de l'aide qui, lui-même, aurait
fait
l'impasse
ou
aurait
choisi délibérément l'ignorance envers la sagesse multimillénaire
de sa propre origine. Absurde.
C'est
bien pour cela que mon sujet de thèse de doctorat d'Etat sur
travaux publiés fut: "l'influence de la culture sur le
rêve du patient". Et avant mon alyah en Israël où j'allais
bientôt me trouver en situation de formateur de psychothérapeutes
de cultures différentes (bien plus qu'en France ou dans les
autres pays où j'ai travaillé) et qui eux-mêmes
seraient dans la même situation dans ces cultures entremêlées,
j'ai travaillé jusqu'aux
sources la langue et la culture des auteurs fondateurs de la culture
arabe,
puis d'autres cultures dans la mesure où de jeunes Israéliens
revenaient vers moi étudier après avoir passé du temps dans la sagesse
d'autres cultures orientales.
L'homme n'existe pas en dehors de ces anthropologies et surtout pas hors de son
anthropologie ancestrale.
Mais la base la plus importante pour les éducateurs et accompagnants,
c'est d'abord de connaître et d'assumer nos sources vives avec un sérieux
au moins aussi grand que celui que l'on met dans la compétence professionnelle.
J'ai assuré cette formation profonde aussi dans les formations individuelles
et
dans
les
supervisions
individuelles et
nombreux sont déjà ceux qui ont intégré cette
approche; et, dès
la rentrée, après les vacances, nous l'approfondirons dans
un séminaire régulier de psychothérapeutes à Jérusalem.
Si D.ieu veut., avec Son aide, et ensemble entre praticiens, dans
une recherche commune.
Quatrième source dans la tradition juive
sur la respiration:
L'enseignement des caballistes.
Il
est clair que ce n'est pas ici le lieu pour développer ces points.
Je vais donc seulement donner des références pour que
les étudiants
avancés puissent
s'y reporter. Toute la question des 5 composantes de la néchama
(âme)
est développée par le Ari, zal, dans Ets Hayim 42,2-3.
Et il y indique aussi que chaque niveau est lui même dans une
dynamique comprenant les 10 séfirotes. J'indique cela avec précision
pour bien réaliser qu'il y a richesse mais il est impossible
pour nous, si petits, de la comprendre. Dans
cette
réciprocité,
le Ari va jusqu'à dire
dans le chapitre 42, 2 que la néchama est appelée gouf
(corps), et il répète que ce n'est pas la néchama
qui pêche mais le néféche et le
corps: toutes affirmations qui nous montrent combien il faudrait une
longue formation pour ne pas faire dire n'importe quoi aux mots sous
prétexte qu'ils sont apparemment simples.
Et Ribbi Moché Cordovéro, dans Pardes Rimonim, dans le
chapitre 21 traitant des détails des noms divins, aborde la
question de la respiration pendant la méditation sur ces noms.
Il y présente une technique très
précise de nomination de ces noms accompagnés de telle
ou telle voyelle et il y décrit... comment respirer à chaque
instant lors du déroulement
de cette formulation très détaillée. Il nous
montre par là que cette
tradition
qui est passée par Abulafia jusqu'aux prières quotidiennes
et jusqu'aux versets de la Torah, a été transmise,
elle a été publiée par les Sages dans leurs
ouvrages et elle est pratiquée
par ces Sages qui ont reçu cette formation très longue et
très complexe et qui ont été reconnus
capables de la recevoir; cela est très rare et celui qui prétendrait
s'avancer seul dans ces voies sans avoir acquis la formation de base
puis avancée
en Torah, talmud, halakha, etc. selon les méthodes traditionnelles
de formation... prouverait simplement qu'il n'a rien compris et n'en
n'est même pas conscient.
Il reste pour nous, dans l'allusion brève à ces textes de ces Sages
très particuliers, une conformation sur la justesse de tout ce qui
a été dit
précédemment.
Cinquième source
dans la tradition juive sur la respiration:
Liste des sources étudiées:
Tanakh:
Béréchite
7,22 avec Rachi. II Samuel 22; 16 avec Métsoudate David. I Rois 20,
31. Isaïe
30,32 avec Radaq. Jérémie 11, 19 avec Radaq. Job 26,4 et 33,4
avec Métsoudate
Tsione. Qohelete 6, 17 avec Torah Témima. Commentaire de Ribbi
Eliahou Vidas, le célèbre auteur de Réchite 'Hokhma (dans
le chapitre Ahavah, 10).
Middrache
Rabbah:
Béréchite 14,9. Dévarim
2, 37.
Talmud:
Rachi sur Haguiga 12b. Nombreux commentateurs sur
Soucca
53-54.
Chabbate,
Tossafot sur 121b. Roche ha Chana 33b-35 avec nombreux commentateurs.
Zohar:
II Michpatim 94b et 119a.
II Térouma 174a.
Tiqounéi Zohar: 50b et 52a.
Et Pardès Rimonim de M Cordovéro, ch. 21 et Ets 'Hayim 42,2-3.
Siddour
de prières:
Vitry, le Roqéa'h et autres commentateurs sur le verset du psaume
150.
Halakha:
Beit Yossef, Ora'h Hayim 199,4, katav rabeinou. Nombreux commentaires
sur la respiration et le chofar d'une seule respiration, comme Chouk'hane Aroukh
Orah Hayim 590,8 et suivants et le Hazone Ich sur les halakhotes de Roch ha
Chana et l'Encyclopédie talmudique, vol. 16.
Le Chlah ha qaddoch, Ribbi Yéchaya Horowitz dans Chénéi Lou'hote ha bérite, Massékhète Pessakhim, Matsa âchira, 389.
|
Terminez
cette étude par la
lecture de cette page (lien)
avec photos parlantes qui montrent et
expansent en nous
la grande respiration.


et
découvrons cette délivrance
à la fois dans le texte, à la fois dans le don de la nature que
nous devons regarder en bénissant pour comprendre ce don, et dans la
respiration intérieure
dont chacun aura en son expérience unique:
| tête: roch visage, face: panim front: métsa'h oeil : ayine oreille: ozéne nez: af bouche: pé joue: lé'hi menton: santar cheveux: séâr, séâra, (pluriel, séârote) boucles: taltélim |
Verticalité
|
bras: zarouâ |
os de...: étsem (ensuite on nomme l'organe) |
Colonne vertébrale: âmoud ha chidra |
muscle: charir, chéririm (pluriel) |
| Bouche- pé Lèvre supérieure: safa éliona lèvre inférieure: safa ta'htona dent, dents: chén, chinayim langue: lachone émail: tazguig racine: choréch palais: 'héne rakh amygdale: chéqédim intérieur de la bouche: 'halal ha pé |
Processus respiratoire: tahalikh ha néchima Dispositif: maneguénone |
|
Système urinaire - maârékhete ha chéténe
|
Système nerveux - maârékhete ha âtsabim |
Coeur: lev Système lymphatique - maârékhete ha limfa Système immunitaire - maârékhete ha 'hissoune |
Oeil: âyine sourcil: gaba |
Audition: chémiya oreille: ozéne |
Système digestif - maârékhete ha îkoul |
Vêtements chapeau: kovâ, kissouï roch |
Parties du corps qui sont au féminin en hébreu et, en
plus, ces mots sont accentués sur la première syllabe: Autre, au féminin: |
Bénédiction quand on
met les vêtements: "Baroukh atta Hachém, Eloqénou mélékh ha ôlam, malbich âroumim" (Béni es-tu, toi Hachém, Dieu du monde, qui habille ceux qui sont nus). |
5. Levocabulaire indispensable en
hébreu
pour vous débrouiller avec efficacité dans les soins médicaux
et pour participez aux nouvelles israéliennes concernant la santé de telle ou telle personnalité. Tout immigrant qui connaît ce petit vocabulaire n'aura plus aucun problème de communication avec les médecins ou hôpitaux. Stop aux angoisses inutiles, c'est simple de vivre en Israël avec un minimum d'effort :
|
6. Le vocabulaire
du corps vivant la Torah
7. Tout mot quotidien en hébreu est vécu aussi dans la Torah
Voici
une étude capitale qui sera mise prochainement sur le site
|
Sur chaque page du site, vous y apprenez l'hébreu. Comment ? 1. INTEGRER L'HEBREU
Méthode sûre en 6 points
5. Des études précises de VOCABULAIRE biblique. 6. Ecouter l'hébreu pour former votre oreille :
7. Pour les plus avancés. Lire beaucoup. Des excellentes éditions bilingues du livre de prières, des psaumes et de la Torah existent sur le Net. Voyez aussi la bibliothèque des grands textes juifs sur l'internet . Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
|