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Apprendre à lire les manuscrits sépharades anciens:
vos manuscrits et actes familiaux,
vos livres anciens manuscrits.
Cours. Page 1

Une page réalisée avec affection.
Je la dédie à la Rabbanite Jamila Messas, chalita, épouse de Rabbénou Chalom Messas, zal.
Depuis qu'il déchiffrait ces manuscrits dans sa jeunesse,
elle a rendu possible le rayonnement du Rav, et son accueil envers tout le peuple d'Israël ne peut être assez loué.

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
© Copyright



Voyez aussi la page nous permettant de lire nos sources dans l'hébreu ancien (lien ici): nous avons survécu à tant de persécutions que cela ne nous abat pas. Par ces textes, renforçons nous.
Et aussi une page d'apprentissage de la lecture des caractères du commentaire de Rachi (lien ici), pour ceux qui n'ont pas encore acquis la fidélité indéracinable de Rachi (lisez son premier commentaire: les nations nous accuseront de voler la terre des autres mais D.ieu nous la donne; il n'avait pas prévu que ce seraient des Juifs qui collaboreraient à cette accusation des nations).

 

Cette page me fut inspirée par l'amour de rencontrer directement les textes de commentaires de la Torah dans le manuscrit même du Sage: être devant la feuille au moment où il a reçu la lumière est une expérience directe inoubliable.
J'ai reçu cela
- dans une lettre de mon père et maître en Torah Ribbi Moché Yossef Zenou me disant son enseignement dans cette écriture.
- devant un manuscrit de Ribbi Yaâqov Abou'hatséira dont je ne connaissais auparavant l'enseignement que par le livre imprimé.
- e
nfin, je n'oublie pas que Ribbi Chalom Messas, dont la personnalité et l'oeuvre nourrissent le site Modia, a sauvé de l'oubli de nombreux manuscrits anciens remarquables et qu'il les a lus, transcrits et imprimés. Il fonda ainsi en 1939 la société Dovév chivté yéchanim pour l'impression et la diffusion des oeuvres des rabbins marocains.
C'est rendre hommage à son courage que de pouvoir multiplier par ce cours le nombre de ceux qui pourront en faire autant, et sauver ainsi les perles de leur tradition familiale pour le bénéfice de tout Israël. Nous commencerons ce déchiffrage sur un texte de Ribbi Yaâqov Abou'hatséira qui est un enseignement nécessaire dans le désarroi actuel qui règne parmi le peuple en Israël et en diaspora et, ensuite, j'espère bien mettre de courts extraits de manuscrits anciens de Rabbanim des autres familles (Berdugo, Messas, Tolédano, etc).

Nous allons apprendre cette écriture, pourquoi?
Pour nous insérer dans la proximité et rencontrer vraiment la transmission. Si vous êtes sépharade, vous avez probablement chez vous, ou chez votre grand'mère ou chez un oncle, des lettres ou un manuscrit que personne ne regarde mais qui est un trésor. Un peu de patience et vous pourrez le lire facilement, et vous recevrez ce cadeau en direct qui traversera les âges jusqu'à vous. C'est cela la cabala, "recevoir", sans rien d'ésotérique. Ce sera une expérience inoubliable. Cherchez ces feuilles dans votre famille. Et dites-moi ce qui s'est passé.
Voici un exemple, vous vous trouvez en face de ce manuscrit qui fait environ 15x20 cm:

et vous admirez la signature, mais tout vous reste encore énigmatique. Bientôt, vous pourrez le lire, après ce cours.


En quelques pages, vous y parviendrez systématiquement à dominer les différents problèmes de cette écriture qui nous semble mystérieuse même lorsque l'on sait lire le "Rachi".


Premier cours

Nous travaillerons d'abord sur des manuscrits de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra, décédé le 20 Tévét (en montant en terre d'Israël pour vivre la complétude du judaïsme), et enterré à Dammenhour en Egypte. Des Juifs de tous pays s'y rendent quand cela est autorisé.

Et voici la splendide signature du Rav, qui vous semble de l'hébreu, effectivement:

Et vous trouvez un autre manuscrit, petit, peu lisible.

Mais votre regard s'habitue déjà et vous repérez maintenant cette même signature du Rav au milieu dans un manuscrit qu'il a co-signé avec deux autres:

Quelle joie de pouvoir déjà identifier ainsi de qui est ce texte!

Commençons par une approche globale et intuitive, comme font les enfants pour apprendre toute langue.
Voici son écriture du verset de Chémote 38,27

et voici le verset pour déchiffrer:

"Les cent kikkar d'argent ont servi à fondre les socles (à la ligne)
du sanctuaire et les socles du voile; pour les cent socles (à la ligne)
cent kikkar, un kikkar par socle".

Vous pouvez déjà comparer le nombre de mots, découvrir quelque peu les ressemblances mais ne chercher pas à mémoriser pour l'instant la forme de chaque lettre.
Avançons par étapes!



et la ponctuation pour bien lire:

"Les cent kikkar d'argent ont servi à fondre les socles (à la ligne)
du sanctuaire et les socles du voile; pour les cent socles (à la ligne)
cent kikkar, un kikkar par socle".


Par cet exercice, vous parviendrez à lire les manuscrits des Sépharades d'Afrique du Nord des générations précédentes.
Et, maintenant, l'émotion, nous ouvrons votre manuscrit de famille, ou le manuscrit de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra dans son commentaire de la paracha Péqoudé dans son livre Pitou'hé 'hatam et nous retrouvons la première phrase du verset et Chémot et son commentaire. Nous parvenons maintenant à le lire en direct. Nous recevons l'enseignement de lui, il écrit devant nous sous l'inspiration divine. Et si vous comprenez un peu l'hébreu vous pouvez comprendre. Je vous mets ensuite le texte en caractères d'imprimerie comme ils sont dans le livre.

et voici le texte correspondant:


Avec Modia, vous êtes "dans" la tradition vivante! Vous êtes un maillon vivant dans cette chaîne qui remonte au Sinaï et aux Patriarches et Matriarches..

Un des proches de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra était Ribbi Avraham Zenou, caballiste, arrière grand-père de notre père et maître en Torah, Ribbi Moché Yosséf Zénou, zal, dont la famille est également originaire de Riasni puis de Figuid à la frontière du Sud du Maroc avec l'Algérie. C'est de lui que j'ai reçu la transmission orale et cette écriture que, avec l'aide de D., j'ai complété sans cesse depuis, ayant expérimenté de près la joie de quelqu'un heureux de cette vie intérieure.

A votre tour, vous regardez le livre personnel de prière de Ribbi Israël Abou'hatséra, Baba Salé, où chaque page est entourée des cavanotes (intentions).
C'est l'écriture typique des Juifs du Maroc. Vous pourriez presque la déchiffrer désormais.

et vous êtes placé dans cette présence où se mettait devant cette feuille Baba Salé, zal.


Second cours

Je vous emmène maintenant devant la photocopie de cette page, découverte dans un cadre chez un bon juif qui ne savait pas de quelle perle il s'agissait mais la signature de Ribbi Yaâqov jointe au style de son écriture ne laissait aucun doute. Je l'ai déchiffrée laborieusement et seul, pour découvrir avec émotion en direct l'enseignement de Ribbi Yaâqov Abou'hatséra car je voyais qu'il était le commentaire du verset Léôlam Hachém dévarékha nitsav ba chamayim (Pour toujours, Hachém, Ta parole est stable dans les cieux. Psaume 119,89).

Une raison supplémentaire était que ce verset est particulièrement cher au Grand Rabbin d'Israël Ribbi Chalom Moché Âmar qui le dit pour le salut d'Israël avec notre qahal devant la Torah, dans la prière hebdomadaire du Chabbat chez le Rav Messas.
J'ai découvert ensuite que ce texte est imprimé dans Alef Bina.
Franchissons ensemble les étapes de lecture que j'ai franchies. Voici le verset à commenter:

Déchiffrons en transcrivant les sons: Léôlam Hachém dévarékha nitsav ba chamayim (Pour toujours, Hachém, Ta parole est stable dans les cieux).

Voici en abrégé le contenu de ce texte qui répond aux exigences importantes d'aujourd'hui :

1. Le verset du psaume 119 Léôlam Hachém dévarékha nitsav ba chamayim (Pour toujours, Hachém, Ta parole est stable dans les cieux) nous révèle le but de la Torah et de nos prières. Il est de corriger (tiqoun, létaqén) les disfonctionnements des mondes car Hachém nous a associé à lui dans Sa Création. Comment?
2. Les justes sont le fondement du monde (tsaddiq yéssod ôlam). Cela est prouvé dès la Création où le même mot signifie "les engendrements" des mondes et le nom Avraham.
3. Cela est vrai des autres patriarches et de tous les justes en chaque génération. Car Hachém les associe à cette même Création.
4. Il n'y a pas de génération dépouvue de tels justes. Car un verset l'indique pour Avraham en cette fonction, il est dit: yiyé, dont la guématria est 30, nombre symbolique de ces justes en chaque génération.
5. Quand ils comprennent cet enseignement de la Torah et agissent et prient en conséquence, leurs prières sont toujours reçues par le Créateur qui les accomplit. Mais c'est une tâche active et demandant de la force et du courage.
6. Tout cela est expliqué dans le mot du verset (dévarékha=Ton but dans la Torah) et c'est réussi (nitsav ba chamayim, stabilisé dans les mondes).
7. C'est l'unique chose, essentielle, c'est un secret (sod) d'amour et non pas secret d'ésotérisme. Cela est dit explicitement dans Dévarim 10,12 et suivants... "Voilà LA chose que Je te demande". Lire ces versets

On voit combien cela est nécessaire en notre génération livrée aux pires combats entre la destruction et la Création heureuse.
Je vous emmène maintenant étudier ce texte sur le manuscrit même où le grand Sage Rabbénou Yaâqov Abou'hatséra l'a écrit!


Apprenons à le lire lettre par lettre.

Le premier mot Léôlam (Pour toujours)
commence par la lettre lamed, reconnaissable. Mais, remarquez bien que le second lamed du mot a un graphisme un peu différent. Cela est important pour plusieurs motifs:
- nous sommes dans une écriture et non pas devant de l'imprimerie où tout est identique, sans vie. Dans ces écritures anciennes, les lettres vivent avec la main et avec les émotions du lecteur.
- de plus, l'écriture ancienne est très souple (de même, souvent que la grammaire, les genres masculin et féminin, le singulier et le pluriel, voyez-le par exemple dans les manuscrits du Maharal de Prague). Et, comme plusieurs lettres ont des graphismes proches, l'auteur dessine parfois avec tout ce qu'il faut pour que le lecteur confonde. Nous écrivons aussi de cette manière chacun. Ce second lamed, ici, est très proche du dessin de la boucle dans deux autres lettres ( et tsadé, que nous verrons plus tard).
Il faut donc que le lecteur ait un regard souple, comme lorsqu'on regarde un paysage pour la première fois, on se laisse deviner. Celui qui serait tendu sur chaque millimètre de trait n'avancerait pas.
La seconde lettre, ayine, ne ressemble pas à l'écriture manuscrite moderne; mémorisons-la bien.
La troisième lettre, vav (o), a une différence par rapport à l'écriture actuelle qui en fait un trait droit: elle est un peu oblique et en courbe vers l'avant en bas; cela est indispensable pour bien reconnaitre le vav et ne pas le confondre avec le noun actuel.
La dernière lettre du mot, mém final, est un rond; donc ne pas le confondre avec l'écriture actuelle du s, du samékh.
Encouragement: vous connaissez déjà 1/7e de l'écriture manuscrite sépharade! Mémorisez bien.

Le second mot est l'abréviation conventionnelle des quatre lettres du Nom divin, que l'on lit Hachém quand on n'est pas dans la prière, et Ado-naï dans la prière. Tout cela pour ne pas profaner.

Le troisième mot: dévarékha (Ta parole) comporte aussi des particularités:
- la première lettre, dalète, d, ressemble au caractère imprimé par son angle mais sa verticale est en biais.
- la seconde lettre, beit, b ou v, ne doit pas être confondue avec le khaf actuel; en effet, ce beit manuscrit est souvent allongé en ses deux pointes qui vont vers l'avant, tandis que le khaf sera plus bref, presque comme un demi cercle. Attention, bien les distinguer, pour avancer et déchiffrer.
- la troisième lettre, reich, r, est en courbe, et ressemblera presque toujours à la façon dont on écrit le premier jambage du ; il faudra donc ne pas confondre ces deux lettres.
- la dernière lettre, khaf en fin de mot, est spéciale en ce qu'elle descend très bas et a une petite boucle. Mais attention à ne pas le confondre avec les lettres hé, qouf et tav.

Encouragement pour votre seconde étape: vous connaissez maintenant 8 des 27 lettres, presque le tiers!
Relisez plusieurs fois ce verset à haute voix. Vous pouvez même l'écrire plusieurs fois, et vous avancerez vite.

Faites-vous aussi une liste des lettres comme ceci que vous compléterez au fur et à mesure, avec l'écriture actuelle, les caractères d'imprimerie et vous ajoutez en-dessous l'écriture ancienne, progressivement:


Le quatrième mot: nitsav (stable) comporte aussi des particularités:
- la première lettre, le noun, n, est très courbée, beaucoup plus que la courbe légère du vav que nous avons rencontrée dans le premier mot, léôlam. Dessinez plusieurs ces deux lettres pour bien saisir spontanément leur différence.
La deuxième lettre, le tsadé, ts, est l'une des lettres qui ont un bras qui monte, comme le lamed que nous avons vu; mais le laméd est droit verticalement tandis que le tsadé est en courbe (ce qu'est aujourdhui le lamed imprimé) et légèrement crochu en haut. Et sa boucle est fermée, ici. Dessinez plusieurs fois ces deux lettres déjà apprises.
La dernière lettre du mot est exactement le beit, b, tel que nous le connaissons avec ses pointes allongées.

Le cinquième mot: bachamaïm (dans les cieux) nous apporte des satisfactions car nous commençons à reconnaître des lettres: le beit du début et le mém en fin de mot.
La seconde lettre est le chine qui a une forme originale que l'on ne peut pas confondre.
Puis, la troisième lettre est le mém à l'intérieur d'un mot. Nous le rencontrerons souvent un peu plus grand que les autres lettres dans cette écriture. Faites attention à ne pas le décomposer en deux lettres mais à le percevoir en un seul regard. Il a aussi cette caractéristique qu'un petit trait monte au dessus, et nous verrons cela en beaucoup plus grand dans le aleph.
Faites aussi attention au fait que les lettres se touchent; il faut donc bien les connaître dans leur dessin pour les distinguer et ne pas mélanger les tracés. Nous lisons donc, pour l'instant: béchama.
Ensuite, vous découvrez le youd, toujours petit; et le mém final (sofi) qui est souvent petit. Nous lisons bachamaïm (dans les cieux).
Il faut prendre l'habitude de ne pas prêter importance à ces différences de tailles entre les lettres d'un mot, pour lire facilement.
Relisons maintenant plusieurs fois les cinq mots de ce verset. Quelle satisfaction!
Encouragement pour votre première phrase : vous connaissez maintenant 13 des 27 lettres, presque la moitié! Et vous allez donc avancer très vite dans la lecture après la seconde page du cours.

Suite ici sur la seconde page

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Les belles signatures de quelques maîtres

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