Yvrite

La page pour apprendre la prononciation de l'hébreu
par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour (Dipour en hébreu)
Site www.modia.org
J'organise aussi à Jérusalem quelques ateliers de déblocage psychologique rapide pour les immigrants francophones qui ne progressent pas assez vite.

(Méthode Yéhoshua).



Ouvrez cette page: une méthode sûre pour l'apprentissage : Modia
Et sur chaque page du site, vous y apprenez l'hébreu.

Voyez aussi la page de l'écriture de l'hébreu.


 

Apprendre une langue est facile, tous les enfants le savent et réussissent totalement et sans effort. Faisons de même et nous réussirons. C'est ce que j'appelle la "Méthode Yehoshua", vous découvrirez progressivement pourquoi.

Pourquoi? Parce que ce nom possède les sons de toutes les voyelles qui donnent la musique de la langue.
Y-é-o (ch) ou-a

1er principe.
En effet, une langue, c'est d'abord sa musique; l'adopter, c'est recevoir la signature de tout le compte en banque. Refuser sa musique , c'est se fermer tout son univers et peiner à chaque instant; et finir par ne jamais parvenir à parler simplement. On reste bloqué car on refuse de jouer dans le même orchestre.
Certes, les Juifs arrivent de partout en Israël et ils semblent parler avec une pointe d'accent étranger, chacun. Mais, en fait, il y a une musique propre à la langue qui tient à deux choses:
- la position de la bouche pour prononcer les voyelles (cela est clair par exemple pour l'anglais, et différemment pour le français),
- la place de l'accentuation des mots, ce que l'on appelle l'accent tonique (cela est clair, entre l'espagnol ou l'italien et le français).

2e principe.
Une langue s'apprend en jouant. Et en répétant le jeu. Ainsi font tous les enfants. Dès qu'ils apprennent quelque chose, ils jouent avec et le répètent.


On réalise immédiatement l'erreur que font beaucoup de ceux qui apprennent en voulant adopter les méthodes scolaires qu'ils pratiquaient à partir de l'âge de 11 ans; alors, ils parviennent à bafouiller lentement, connaissent beaucoup plus qu'ils ne parviennent à dire, et sont toujours considérés comme des étrangers. La faute en est à la pédagogie qui leur enseigne comme à des adultes. Or il est bien prouvé aujourd'hui que des méthodes basées sur les deux principes que j'ai énoncés -comme la suggestopédie- permettent de parler comme le font les enfant en quelques semaines. Et c'est une aberration monumentale que l'on adopte pas de telles méthodes envers les futurs immigrants et pour leur intégration dans un pays d'immigrants. Résultat: des milliers d'adultes intelligents et normaux restent bloqués sans parvenir à parler comme acteurs à part entière du pays. Il y a plus de vingt ans, mon épouse et moi, avons essayé de sensibiliser les organismes israéliens de ces progrès considérables, après que nous ayons constaté l'inefficacité constante, pour un immense public, des méthodes utilisées classiquement avant la alyah ou après la alyah. Quelques essais partiels ont été faits suite à cela, trop partiels. Et on est resté avec les méthodes antiques et solennelles.

Personnellement, j'ai utilisé ces principes que j'énonce pour plusieurs autres langues et ai pu aisément commencer à les parler, comme un enfant les parle, avec plaisir et sans blocage.
C'est l'essentiel pour entrer en communication fluide, normale et basique.
Ensuite, en psychologue, j'ai approfondi la connaissance des mécanismes que les enfants utilisent spontanément. Et j'ai pratiqué cette méthode en aidant des adultes à "régresser " à ce niveau pour qu'ils "se décoincent, se débloquent" et aiment avancer comme les enfants aiment jouer à se développer dans la langue.
Je l'ai pratiqué sur moi-même pour l'apprentissage d'autres langues.

Dans ce cours-ci, nous allons nous centrer sur un aspect du chant de la langue: celui de l'accent tonique.
En français, la quasi totalité des mots sont accentués sur la dernière syllabe et la bouche est presque continuellement fermée en parlant ce qui donne un ton pointu et distingué qui amuse les étrangers. En espagnol et en italien, l'accent n'est pas, généralement, sur la dernière syllabe, ce qui produit le rythme mélodique merveilleux de ces langues.

En hébreu, le système est mixte:
1. la majorité des mots ont l'accent sur la dernière syllabe (loMAR, dire) ainsi que (selon les directives de l'Académie de la langue hébraïque) les mots étrangers inclus dans la langue moderne comme démocraTIA, matématiCA, etc. On appelle cela milrâ.
2. de nombreux groupes de mots, facilement localisés, ont l'accent sur l'avant dernière syllabe. On appelle cela "milél". Par exemple

YérouchaLAyim
Une fois que ces groupes sont localisés auditivement, on adapte automatiquement leur prononciation et, comme une chanson, toute la langue suit avec. Voyons quelques uns de ces groupes.
Une précaution pour les pédants ignorants: certains d'entre eux s'offusqueront de ma classification et diront que cela ne correspond pas aux grammaires classiques qu'on leur a enseignées. Qu'ils sachent que les grammaires ne datent que du 8e siècle environ par les Arabes et que ce sont des théories de classification qui sont infinies et différentes en nombre car artificielles; seuls les ignorants pensent que c'est la vérité et la réalité? Ceux que l'on enferme d'abord dans la grammaire pour apprendre à parler n'y arrivent généralement pas.


Ceux qui connaissent un peu l'hébreu pourront s'amuser à faire de très courtes phrases avec ces mots suivants pour mieux les entendre et se les entendre dire.

Voici les groupes de mots accentués fortement sur l'avant-dernière syllabe.
1. Les sons "a" de "aïm" en fin de mots:
MAyim (eau), YérouchaLAyim (Jérusalem), michqaFAyim (lunettes), mikhnaSSAyim (pantalons), etc. Le principe est compris, il suffit de l'étendre à tous ces mots.

2. Quelques indicateurs comme: LAma (pourquoi?), CHAma (là-bas), ELlé (eux), ELlou (ceux-là)...

3. Un nombre considérable de verbes au féminin du type éé, accentués sur le premier é: loMEdét (elle apprend), koTEvét (elle écrit), médaBBErét (elle parle), yoCHEvét (elle est assise), chohévét (elle est couchée), etc.

4. Un nombre considérable de noms au féminin du même type éé ou oé, accentués sur le premier é: ma'hBErét (cahier), rakévét (train), kinérét (lac près de Tibériade), iguérét (lettre missive), koTEkhét (titre), 'hotémét (tampon), 'hovérét (carnet), guévérét (madame), toélét (efficacité), tsamékhét (équipe au sommet), dalékét (fièvre), charchérét (chaîne), misguérét (cadre), méchorérét (poétesse), mitstayénét (excellente), mitlonénét (une plaignante)...
en oé: maKOlét (épicerie), biqorét (critique), kétovét (adresse)...

5. Le groupe le plus important de mots de deux syllabes de la vie quotidienne du type éé, et accentués sur la première de ces deux syllabes, comme:
étsém, os. les deux voyelles é sont composées de trois points qui se nomment ségol. L'accentuation se fait donc sur la première syllabe en ségol.
Ce sont des noms reliés aux humains comme mékékh (roi), yéléd (enfant), guévérét (madame), molédét (patrie), néféch (âme ou personnalité), réguél (jambe ou pied), bérékh (genou), bétén (ventre) guérév (chaussette), déchén (graisse), et chévét (tribu), kétovét (adresse),...
Ce sont des noms d'objets comme guéfén (raisin), lé'hém (pain), tsémér (laine), délét (porte), késsef (argent) kévél (chaîne), tsélem (image, idole), chémen (huile), déguél (drapeau), guéchém (pluie), maguévét (essuie), péssel (statue), réh'ev (voiture), béguéd (habit), kétém (tâche), réchef (étincelle), kéchét (arc), et séfer (livre)...
Ce sont des infinitifs de verbes comme lalékhét (aller), lalédét (accoucher), lachévét (s'asseoir),... et beaucoup de formes verbales autres au féminin.
Ce sont des noms joints (souvent féminins et en son aa) qui se transforment en son éé quand ils sont mis en adjonction, comme:
memchala (gouvernement) devient mémchélét Israel (gouvernement d'Israël) et le Ché est accentué. Ou mil'hama (guerre) devient mil'hémét Lévanone (guerrre du Liban), etc.
Ce sont des noms de qualités comme sékhel (intelligence), chéqér (mensonge), chéqét (silence), néguéd (contre), érés (destruction) tséméd (paire), élef (mille), étsél (chez), éfékh (contraire), méguéd (douceur, délices),...
Ce sont des noms d'animaux comme kélev (chien), chérets (reptile), etc.
Ce sont des noms de lieux comme érets (terre), évén (pierre), kérém (vignoble), gorén (aire), kélé (prison), zérém (courant, torrent), 'hédér (chambre), ...
Ce sont des noms de plantes comme 'havatsélet (lys)...
Ce sont des noms de temps comme érev (soir), térém (avant que), ...

Quand la première voyelle éé est composée de deux points, elle se nomme tséré, comme dans séfér (livre); les puristes l'allongent en la prononçant en plus de l'accentuation déjà donnée,

et yetsér (instinct), nédér (voeu), nézéq (nuisance), sémel (symbole), sétér (cachette), émeq (vallée), ésseq (affaires), érékh (valeur), etc.


Il est inutile d'apprendre à mémoriser ces noms par catégories si cela vous complique, simplement retenez la musique de ces deux sons et accentuez très fortement la première de ces deux syllabes. Je donne donc dans le désordre beaucoup d'autres mots que vous pourrez compléter. Mais surtout, entraînez vous à bien les prononcer et à les insérer dans de petites phrases à haute voie. Je les mets sans traduction pour que vous les ajoutiez vous même au fur et à mesure:
délét (porte), péred (mulet) qessem, rechef, chérets, nétéf, téréf, béter, zével, kévés, méréd, kével, fuérém, réchét, kéchét, késsét, néchér, ^éved, pélég, télém, qéssét, 'héléq, déguél, etc...

6. Un groupe important de mots de deux syllabes du type aï, et accentués sur la première syllabe, comme:
aïl (gazelle), zaït (olive), 'hayal (soldat), bayit (maison), qaïts (été), ayine (oeil), (yayine (vin)...

7. Un groupe important de mots de deux syllabes du type aa, et accentués sur la première syllabe, comme:
taam (goût), vaad (comité), yaar (forêt), baal (mari), ya'had (ensemble), la'hats (pression), na'hach (serpent)...
et, de même, des infinitifs de verbes en aa, accentués sur l'avant-dernière syllabe, comme:
laDAât (savoir), laGAate (atteindre), laQA'hate (prendre), ...

8. Un groupe important de mots de deux syllabes du type éa, et accentués sur la première syllabe, comme:
régâ (instant), sélâ (rocher), tévâ (nature), révâ (quart), tsélâ (côte), péchâ (péché),... et aussi...
méla'h (sel), léqa'h (application morale), guézâ (race), tévâ (nature), mizbéa'h (autel), matbépa (monnaie), miqtsoâ (métier), déâ (idée), ...

9. Un groupe important de mots de deux syllabes du type oé, et accentués sur la première syllabe, comme:
bokér (matin), godél (taille), ozén (oreille), kétovét (adress), psolét (ordure), tilbochét (costume), maqolét (épicerie), osséf (groupement), bossém (parfum), boreg (robinet), tofés (échantillon, formulaire), 'hodéch (mois), 'homér (matière), ohél (tente), tsomét (carrefour), tsorékh (besoin), moteq (gentil), orev (corbeau), qodém (auparavant),...

10. Des groupes moins importants de mots de deux syllabes du type aé, et accentués sur la première syllabe, comme:
mavét (mort), ra'hél (brebis)...
ou du type oa, et accentués sur la première syllabe, comme:
zéroâ (bras), choa (désastre)...
ou du type éi, et accentués sur la première syllabe, comme:
êli (pistil), lé'hi (joue), tsévi (gazelle), séérit (reste)...

Maintenant il faut jouer avec ces mots en les parlant.

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