Nous traversons la cour et entrons dans la salle qui est entre les
tombes d'Avraham et de Sarah son épouse. Les tombes sont modestement
retirées derrière grilles et tentures. Ce qui frappe
d'abord, c'est la beauté du plafond.

celle d'une fenêtre au haut du mur.
et d'une autre en face. La beauté n'apparaît que si le
regard la reconnaît, ainsi de celle des humains également.

Voici L 'instant : la grille nous fait nous poser en respect
pour attendre que le regard se situe dans la présence de tout
ce que Avraham représente.
Le regard va vers la lumière qui émane du lointain...
Ne pouvant entrer, revenons dans la cour et par la fenêtre,
entre les spirales de la grille, nous découvrons la face étroite
du monument recouvert d'une tenture.
Ce n'est pas cela qui nous importe mais tout est posé depuis
des siècles de respect, et d'essai de beauté. A nous
de nous recueillir de même.
Déplaçons un peu le regard. Sur la droite, cette fenêtre
à barreaux donne sur la salle de Yits'haq et Rivqa où
nous ne pourrons pas aller. Là-bas, juste près de cette
fenêtre est une entrée étroite comme un petit
puits par laquelle on peut descendre vers les salles souterraines:
après la coulée il y a une quinzaine de marches puis
une salle, et encore un étage avec plusieurs cellules et des
traces d'os qui restent encore. Nous n'irons pas profaner ces lieux.
Notre regard éclaire ces profondeurs inaccessibles. Notre affection
millénaire ne sait s'exprimer, nous sommes la seule génération
qui peut faire durer le message de ces pères et mères.
Quelle responsabilité.
Hors de cette salle, dans le hall où donne la fenêtre
par laquelle je vois de près la tombe d'Avraham, je lis les
textes saints qui, seuls, expriment en mots ce qui se passe entre
les êtres.
Je vous assure que c'est vrai ce qui va suivre. Vous l'auriez vu si
vous étiez venu avec moi.
Voici, à droite, la fenêtre où je suis assis sur
une chaise et je lis le texte.
Vient se poser sur la balustrade,en haut à droite de la pierre
brune, une colombe qui tient en son bec ce que je n'ai jamais vu autrement
que dans les dessins de l'arche de Noé, une branchette de 20
centimètres d'olivier ou qui lui ressemble avec les deux rangées
de feuillettes bien espacées, serrée en son milieu dans
son bec. Elle semble la poser, je vois la branche rester droite et
la colombe s'envole. Puis, je vois la tête d'une autre colombe
à qui elle a donné la branchette et la tient dans son
bec comme elle l'a reçue, elle avance au bord de la pierre,
je n'avais pas imaginé que l'espace y était profond.
Elle apparaît, debout avec la branche dans son bec, et elle
s'envole à son tour. Ne délirons pas sur les symboles,
mais en tous cas c'est un moment très beau, exceptionnel comme
toute cette rencontre. Que la paix soit sur terre entre chaque couple.
Du coup, je regarde le plafond du hall, un pigeon plus loin a observé
tout le scène, aussi intrigué que moi. Tout est pur
ici, ne compliquons pas. Au loin, j'entends un groupe prier et supplier
avec les noms des 13 qualités de Hachém. Pas
besoin d'autre musique de fond.
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