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LE TEMPS DANS LA VIE JUIVE
par le Pr Rav Yehoshua Ra'hamim
Dufour
http://www.modia.org
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Le lecteur trouvera ici les concepts liés au temps
dans la vie quotienne juive.
Ils sont très importants et rythment la vie de
chacun, du couple, de la famille, de la communauté, de la vie sociale
juive.

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Le calendrier juif
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Le temps féminin dans le couple
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Les éphémérides:
regroupement de ce qui s'est passé et se passe (et se passera;-))
en chacun des jours du calendrier juif
©Copyright
sur ces pages
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1- Le mois de Tichri
(en septembre-octobre)
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2- Le mois de 'Héchvane
ou Mar'héchvane (en octobre-novembre)
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3- Le mois de Kislev (en novembre-décembre)
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4- Le mois de Tévét
(en décembre-janvier)
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5- Le mois de Chévate (en janvier-février)
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6- Le mois de Adar (en
février-mars)
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7- Le mois de Nissane
(en mars-avril-mai)
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8- Le mois de Iyar (en
avril-mai)
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9- Le mois de Sivane
(en juin)
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10- Le mois de Tamouz
(en juillet)
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11- Le mois de Av (en juillet-août)
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12- Le mois de Eloul
(en août-septembre)
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Les hiloulotes et leur sens,
par
noms, par mois, et par communautés
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Calendrier juif
Explication :
Le calendrier juif est mixte, lunisolaire : lunaire pour les mois et
solaire pour les années.Le mois juif est déterminé
par les Sages depuis des millénaires sur la durée de la rotation
de la lune autour de la terre en 29 jours et demi et pécisément
793/1080 'halaqim ou parties d'une heure (environ 3/4 d'heure).
Cela en dit long sur la science ancestrale transmise dans le judaïsme.
Etant donné qu'il est impossible de fixer des mois de cette durée,
on a décidé de fixer des mois de 29 ('hoddéche
'hassér ou mois manquant) ou 30 jours ('hoddéche malé,
ou
mois plein) selon un rythme à déterminer pour maintenir cette
moyenne de jours dans le mois. Ce rythme tiendra aussi compte de la fixation
du jour du début de l'année qui ne doit pas tomber les 1e,
4e et 6e jours de la semaine.
Mois
Pour la détermination du début du mois, voir le mot "Molad"
qui est le début du mois.
Certains mois sont toujours de 30 jours (et dit 'hoddéche
malé) : ce sont les mois de Nissane, Sivane, Av, Tichri, Chévate
et Adar I dans chacune des 7 années embolismiques.
Certains mois sont toujours de 29 jours (et dit 'hoddéche
'hassér) : ce sont les mois de Iyyar, Tamouz, Eloul, Tévéte,
Adar II dans chacune des 7 années embolismiques.
Les mois de 'Hechvane et Kislev sont variables. Quand les deux alternent
en jours, l'année est appelée késidra Quand
les deux sont de 29 jours, l'année est appelée 'hasséra.
Quand
les deux sont de 30 jours, l'année est appelée
chéléma.
Année
Cela fera que les années auront un nombre de jours variables
:
- entre 353-355 dans les années normales,
- entre 383-385 dans les annnées embolismiques.
Mais la moyenne de l'année est de 354 jours 1/4 environ.
Il faut ajuster ce cycle de 12 mois lunaires
au rythme du cycle de 12 mois solaires ; le motif en est la fixation des
fêtes juives qui sont fixées dans les mois mais qui
ont une référence aux saisons également (téqoufotes).
Les fêtes et les mois ne peuvent donc pas se déplacer sur
l'ensemble de l'année à des dates variables comme dans le
calendrier musulman. Par exemple, Pâques doit avoir lieu au printemps.
Ce réajustement se fait de la façon suivante : le cycle
des 12 mois lunaires aboutit en 19 ans à un déficit de presque
209 jours ; on les compense en ajoutant un mois intercalaire à celui
de Adar un certain nombre de fois pendant ces 19 ans, et nommé Adar
II. Cela se réalise aux années 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19.
Une telle année est dite chana méoubéréte,
"année embolismique". Donc, environ tous les 3 ans.
Saison
Elle se nomme téqoufa (au pluriel : téqoufote)
et est fixée d'après le soleil.
Dans l'ordre de l'année juive qui commence avec le mois de Tichri
:
- Téqoufate Tichri correspond à l'automne,
- Téqoufate Tévéte correspond à
l'hiver,
- Téqoufate Nissane correspond au printemps,
- Téqoufate Tammouz correspond à l'été.
Précisons une particularité sémantique ; le mot
Téqoufa
veut dire également autre chose : les jours spéciaux de l'année
qui sont
- le plus long en été, au solstice (téqoufate
Tammouz),
- le plus court en hiver, au solstice (téqoufate Tévéte)
- et les deux jours de nuit et jour égaux, Téqoufate
Nissane à l'équinoxe du printemps, et Téqoufate
Tichri à l'équinoxe d'automne.
Molad
Période brève dans le mois où la lune est invisible
et au point le plus proche du soleil. Elle est alors entre la terre et
le soleil et elle présente à la terre sa face non éclairée
et donc non visible pendant un jour environ, c'est le molad. C'est
le début officiel du nouveau mois.
Ce moment est annoncé à la synagogue le chabbate qui
précède le nouveau mois.
Entre un molad et le suivant, il y a 29 jours, 12 heures, et
44 minutes, 3 secondes 1/3 exactement.
Entre la fin de la vision de la lune et sa nouvelle vision, il se passe
environ deux jours, un avant le molad et un après.
A Jérusalem, les gens guettaient la réapparition et allaient
courir en témoigner au Sanhédrine.
Pour parvenir à réaliser la fixation par des calculs,
notre tradition a divisé arbitrairement et magistralement l'heure
en 1080 parties ou 'haloqim parce que ce nombre est divisible par
2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 15, 18, 20, 24, 27, 30.
Le mois juif fera 29 jours, 12 heures, et 876 'haloqim
(44 minutes, 3 secondes 1/3 exactement). L'année juive comprend
354 jours, 8 heures et 876 'haloqim. Voir Rambam, Michné
Torah, Hilkhote Qiddouche ha'hoddéche, dans le Séfér
Zémanim, souvent dans le volume II sur VI volumes.
La référence de base est le molad à Jérusalem.
Ensuite, le prochain soir après le molad, on verra la lune
réapparaître le soir un très bref instant près
de l'horizon après le coucher du soleil, du côté de
l'Ouest, sous la forme d'un mince croissant dont le côté bombé
est tourné vers le soleil qui s'est couché.
Le lendemain, au même endroit, mais plus haut sur l'horizon ce
même fin croissant apparaîtra encore mais il y restera un peu
plus de 45 minutes.
Voici la lune le 5 du mois à Jérusalem:

Chaque soir le temps augmentera ainsi que la taille du croissant jusqu'au
premier quartier après une semaine puis jusqu'à la pleine
lune le 15 du mois.
 Voyez, dans la page du mois de Av (lien ici), l'observation que nous faisons avec soin de la luminosité de la lune et de sa manifestation.
Références dans le Tanakh : Chémote 12,
2 et Dévarim 4. Moché reçut toute cette science de
D.ieu pour toutes les générations, comme cela est décrit
dans la Torah. Et, depuis, aucune erreur n'est apparue dans le système
(Devarim 4), contrairement à ce qui s'est produit, par exemple,
pour le système chrétien qui a du être modifié
et réajusté..
A lire également : Traités Bérakhote 10b,
Chabbat 75a, Pessah'im 56a, en Méguila 6b la discussion pour
savoir si on fixe Pourim dans le mois de Adar I ou de Adar II.
Rambam, Michné Torah, Hilkhote Qiddouche ha'hoddéche
(1,1 à 5,3),
le Séfér Zémanim, souvent dans le volume II sur
VI volumes.
Vocabulaire d'hébreu sur le temps
(mots à mémoriser pour les utiliser)
Exercice :
définir les mots suivants (reportez-vous à l'étude
ci-dessus en cas de doute)
et les utiliser dans des phrases :
molad, 'haloqim, 'hoddéche 'hassér, 'hoddéche
malé,molad, téqoufa, téqoufote, Téqoufate Tichri,
Téqoufate Tévéte, Téqoufate Nissane, Téqoufate
Tammouz.
Le temps sexuel et la vie
du couple
Plan.
I. Le cycle mensuel de la femme
II. La période de nidda
III. Le miqvé (sens, pratique, couple, construction, archéologie)
IV. Vocabulaire.
I. Le cycle mensuel de la femme.
Pour déterminer l'entrée et la sortie de l'état
de nidda, la tradition a distingué plusieurs types de cycles
menstruel de la femme (véssét) :
- le cycle régulier (véssét haaflaga qavouâ),
- le cycle irrégulier (véssét ché eïno
qavouâ),
- le cycle fixé par l'avertissement de réactions corporelles
(véssét haggouf).
Les deux conjoints doivent acquérir une formation pour bien connaître
ces questions, les repérer et les gérer dans leur relation
pour que la vie du couple soit dans la pureté et la sainteté.
Des calendriers pratiques spécialisés permettent de tenir
ces comptes facilement.
II. La période de nidda
C'est l'état de la femme pendant la période du mois pendant
laquelle elle ne peut pas avoir de relations conjugales, selon la Torah,
ou après une naissance (Vayiqra 12. 1-5 et 15. 19-24), ou après
des écoulements. Il est dit qu'elle est "nidda". Le rite
du miqvé marque la fin de cette période. Ces questions sont
précisées dans le Traité Nidda, composé de
10 chapitres ; il est le 7e des 12 traités de la dernière
partie de la Michna, la 6e, intitulée Tahorote.
Cet état de séparation dure pendant la période
des règles et 7 jours supplémentaires (chévâ
néqiyim, sept propres) dont la fonction est de raviver l'affection
et le désir dans le couple (Traité Nidda 31 b).
Sens de la période de nidda
Des relations sexuelles avec la femme en état de nidda
constituent une grave infraction à la vie de pureté et est
passible de peine grave de karét, séparation de la
communauté pour les deux participants de l'acte. Cela est dit en
Vayiqra 20, 18, à lire. Il faut se reporter ci-dessus au sens du
miqvé et prendre ceci en considération :
- le couple est le centre de toute la création comme le dit
le premier verset de Béréchite puis le fait que toute
la création aboutit à la création du couple comme
son achèvement,
- le couple est donc le véhicule du projet divin, le lieu de
sa réalisation, son sanctuaire, son lieu d'équilibre et son
moteur,
- le couple doit donc assumer la gestion des mouvements de vie et de
mort qui les concerne, de même que le cohen au Temple le fait pour
lui-même et pour le peuple.
- la qédoucha comporte, dans sa magnificence, un premier
aspect très particulier qui est la séparation (ce qui est
l'un des sens du mot) ; on le comprendra aisément en prenant la
comparaison suivante : si vous vous mettez en relation de confidence et
d'intimité avec un ami pour lui parler, la présence d'autrui
ne convient pas, en dehors de toute question de discrétion.
- de plus la qédoucha a cette seconde caractéristique
qu'elle a à imprégner toute la réalité pour
trier et réduire les forces négatives, sans les supprimer
totalement car elles assurent le dynamisme de l'être par leur brutalité.
Le couple, qui est le lieu d'action et d'échange de tous
les niveaux de l'être entre les personnes (depuis le plus concret
jusqu'au plus élevé) a donc à sa disposition tous
les paramètres pour gérer ainsi le processus de construction
de la vie. C'est ce que la Torah nous apprend de façon très
concrète par l'exercice conscient et volontaire de la période
de nidda. C'est la réunion dans la qéddoucha des niveaux
les plus matériels et pulsionnels aux niveaux les plus élevés,
et des niveaux les plus différents que sont le masculin et le féminin.
Il est nécessaire de toujours replacer chaque pratique juive
dans ce plan d'ensemble.
C'est à ce niveau que les Sages, ensuite, sont à même
de donner les démonstrations de tout cela dans les moindres mots
de la Torah, jusque dans les différents noms de Dieu qui expriment
telle ou telle dynamique pour le bien du monde.
Le Talmud dit que les filles d'Israël sont conscientes de tout
cela et sont très scrupuleuses concernant le respect de ces pratiques
de nidda ; pour cela, il les place à l'instar des Sages traitant
de la Torah (Traités Bérakhote 31a, Nidda 66b, Méguila
28b).
Pratique de la niddoute (état de nidda,
ou période de nidda)
Il importe de remarquer que c'est à la femme qu'est remis le
rôle très beau de piloter tout cela, en toute autonomie, et
donc la décision de relations sexuelles après le miqvé
ou l'arrêt des relations sexuelles dès qu'elle se définit
en état de nidda. Pour le détail de toutes ces questions,
demander à une femme qualifiée ou au rabbin.
1. Début
La femme définit le moment de l'entrée dans la période
de nidda de la manière suivante : hargachotes ("sensations"
typiques et très personnelles dans le ventre, la chaleur du
corps, etc), présence de taches (kétamim, kétém
au singulier), vérification. Alors, elle enregistre avec précision
le moment, en informe son mari et ils adoptent un mode de relation qui
ne les mettrait pas en besoin de relation intime : pas de contact physique,
séparation effective des lits.La femme continue sa vie normale vis
à vis des autres, dans les prières ou à la synagogue.
2. Durée de la période de nidda (5 +
7)
Ensuite, quelle que soit la durée des règles, la femme
compte au minimum 5 ou 6 jours juifs suivant les coutumes, le premier étant
inclus. (Si un écoulement se produit à nouveau, le scénario
reprend au début).
Puis commencent les 7 jours sans règles (chévâ
néqiyim)
3. La fin de la période de nidda
La fin de cette période (hefséq tahora ou hefséq
tahara) est établie par un examen personnel par la femme (bédiqa)
à l'aide d'un linge adapté (aïd). et par un examen
de confirmation (mokh da'houq).
Ensuite, arrive le miqvé (qui concerne également
tout homme qui a eu des écoulements ou qui veut se purifier spirituellement)
qui commence par une toilette prélable complète et minutieuse
(ré'hitsa) et, enfin, l'entrée dans le miqvé
(tévila).
Ce rythme dans le scénario est donc dépendant des caractéristiques
du cycle de chaque femme, chaque mois.
III. Le miqvé (sens, pratique, couple,
construction, archéologie)
Le miqvé (rassemblement de l'eau) est un bain rituel
de purification ou tévila,organisé selon des règles
très précises, en liaison avec les pratiques du Temple.
Aujourd'hui, il est surtout pratiqué
- après les périodes menstruelles ou des pollutions
(Vayiqra 15)
- ou dans l'intention de purification morale et spirituelle,
tant par les hommes que par les femmes, spécialement avant le Chabbate
et les principales fêtes ;
- également avant le mariage,
- avant la conversion
au judaïsme (Yévamot 46a),
- après le contact d'un mort (comme avant de participer à
des rites du Temple, Bamidbar 19)
- pour les nouveaux ustensiles fabriqués par des non-juifs
(Bamidbar 31, 22-23).
Le Traité du Talmud Mikvaote détaille les règles
très précises de construction d'un miqvé valide. (Vayiqra
15 ; Bamidbar 19 et 31. 22-23). Le Michné Torah de Maïmonide
ou le Choulhane Aroukh développent cela avec précision.
Le sens du miqvé
- Il est de purifier dans un sens spirituel et non pas hygiénique.
La preuve en est que la personne (homme ou femme) doit être propre
avant d'entrer dans le miqvé, sans rien qui s'attache à la
peau ou 'hatsitsa.
Le sens n'est pas non plus que le sang ou les
excrétions seraient négatifs, d'aucune façon ; au
contraire, l'attention apportée à la vie concrète
du corps sous toutes ses formes est une façon de le prendre véritablement
en estime permanente, et de l'assumer positivement.
- La première obligation dans la pratique du miqvé est
l'intention
ou kavana. La voici : on se sépare du péché,
ou d'un état imparfait (conversion), ou d'un état de non
production de vie (après les règles ou après une pollution),
pour revenir à la vie. Ce n'est pas le sang ou la saleté
qui seraient repoussés, mais c'est sortir de la non-vie pour aller
vers la vie dans les conditions de pureté intérieure maximales.
Alors on dit : comme les eaux du miqvé nettoyent, ainsi D.ieu purifie
Israël (Michna Yoma 8, 9 et Ezéchiel 36, 25). On parle alors
d'un miqvé tahora, miqvé de purification.
- Tout cela doit être relié au Temple, comme les rites
d'eau avant le repas ou nétilate yadayim ou après
le repas, mayim a'haronim. Voyez la
page qui en traite. Lire aussi Vayiqra 15, 11. Les Cohanim devaient
pratiquer fréquemment le miqvé (Chémote 30, 17-21...).
- La tradition a transmis les sens profonds et mystiques de ces pratiques
; le Ari , en particulier, en
a systématisé la rédaction.
- Le Zohar (II 198b) fait remarquer que le rassemblement des eaux a
lieu le second jour de la création qui sépare les données
; ainsi le miqvé sépare pour Israël la sainteté
de l'impureté.
- Les eaux du miqvé sont le symbole de la Torah, souvent comparée
à des eaux vives (mayim 'hayim)qui donnent la vie (Chémote
15, 19 ; Psaumes 33, 7 ; Amos 6, 9 et 8, 5).
- D.ieu lui même est nommé le "miqvé d'Israël"
car Il fait toujours revivre Israël et le sauve et le purifie. (voir
Tiqouné Zohar page 39a). Cela est basé sur Jérémie
14, 8 où le prophète dit : "Miqvé d'Israël,
Espoir d'Israël, son sauveur au temps de la détresse" (Miqvé
Israël mochiô bé ête tsara). Cela vient de
ce que le mot miqvé peut référer au rassemblement
des eaux mais aussi à la racine du verbe "espérer". Les lettres
mqve
signifient également le présent "j'espère, tu espères...).
Cela veut dire que l'homme normal est conscient de sa fragilité
et de son impureté, mais qu'il se replit de l'assurance vitale du
Créateur. C'est ainsi que le nom de D.ieu révélé
à Moché (Ehié... acher Ehié) a la guématria
du mot miqvé, quand ce nom divin est écrit en toutes ses
voyelles, ce que décrit longuement le Ari, zal dans la préparation
à la descente dans le miqvé. Tous les autres Sages qui ont
écrit sur le thème reprennent ces grands axes synthétisés
par le Ari, comme le Ram'hal qui a écrit une prière spéciale
(la 51e) en reprenant ces écrits. Il termine aussi de nombreuses
écrits par une expression qui reprend ces thèmes : en Ton
salut j'ai "espéré",
Hachém (lichouâtékha
qiviti Hachém).
C'est l'expression qu'employa Yaâqov
en parlant à son fils Dane (Béréchite 49, 18). C'est
pour tout cela que les psaumes sont pleins d'expressions similaires (voyez
25, 5 ; 39, 8 ; 40, 2 ; 130, 5 etc.).
Précautions
Il va de soi que chaque enseignant qui parle du miqvé ne fait
que reprendre et développer ces enseignements classiques ; ce sont
seulement les ignorants qui les attribuent à celui qui parle et
en font un Rabbi mystique qui dévoilerait des vérités
merveilleuses et ignorées jusqu'alors et que lui seul aurait découvertes.
La Torah est seulement "Torate Moché".
C'est le motif aussi pour lequel il faut toujours citer ses sources
quand on parle de la Torah, sinon on crée de nouvelles sectes ou
de nouvelles religions qui fascinent les ignorants. D'où la précaution
contante, sur Modia, de donner toutes ces références sur
les sources de base. Alors, on peut et on doit aller étudier sans
fascination ni dépendance.
La Torah nous a été donnée ; ce qui nous limite
est seulement notre manque de courage pour recevoir ce cadeau et il ne
faut pas nommer péjorativement "mystique" ce que nous n'avons pas
le courage d'étudier pour nous en dispenser. |
- Cela étant compris, les Sages font aussi remarquer que miqvé
a les mêmes lettres que qoma (prototype de l'être) ;
cela veut dire que celui qui vit dans la conscience de sa fragilité
en humilité et se place totalement (au miqvé) dans
la vie divine donnée à nous a toutes les chances alors de
tendre vers le plan optimal de la Création (voir Tiqouné
Zohar page 39a et ses commentaires). Les textes parlent alors de celui
qui pratique le miqvé comme d'un tsaddiq, un juste, qui n'aurait
comme modèle que D.ieu lui-même qui est Le tsaddiq
(Isaïe 45, 21 ; Psaumes 10, 7).
- Les Sages font aussi remarquer que le miqvé manifeste
le sursaut obstiné de la vie à chaque période car
la mort n'a plus besoin de miqvé.
Nous voyons par là qu'il y a une représentation du
moi juif, sur le plan de l'être, sur le plan collectif et sur
le plan psychologique :
- conscience réaliste de notre fragilité-détresse-faute-impureté,
- notre situation dans une mouvance instable,
- transmutation de tout cela dans la conscience de l'environnement
protecteur et source de vie qu'est la Torah et la vie divine, eaux vives,
- double dimension de notre être qui est unifié.
Et il y a un "moi optimal juif" qui nous est proposé par la
tradition comme chemin de vie.
Et une technique de reprise en mains.
Mais cela ne concerne pas seulement la réussite psychologique
de l'individu mais celle de toute la Création ; c'est pour cela
que nous sont rapportées les passages concernant les eaux
dans le premier chapître de Béréchite (Tiqouné
Zohar 81b). |
Pratique du miqvé
- L'immersion dans le miqvé, dite tévila, a lieu
pour les femmes à la fin totale des 7 jours qui suivent la fin des
règles, pendant la nuit du 8e jour, en présence d'une femme
de qualitée et formée à ce rite.
- Pour l'homme comme pour la femme, une toilette rigoureuse est accomplie
immédiatement avant le miqvé, ongles coupés, suppression
du vernis, des callosités, des bijoux ; pour que l'eau atteigne
vraiment toutes les parties du corps ; les cheveux ont aussi été
démélés.
- Pendant l'immersion, tout le corps, même les cheveux doivent
être dans l'eau sans aucun autre contact.
- Encore dans l'eau, après l'immersion complète, la femme
couvre sa tête et dit la bénédiction rituelle :
Baroukh ata Adona-ï Elo'héinou mélékh
haôlam achér qiddéchanou bémitsvotav vé
tsivanou âl hattévila.
Miqvé et couple
- Dans la vie du couple juif conscient et éduqué, l'attente
du jour du retour du miqvé après la période de séparation,
et dans les conditions de pureté et de préparation attentive,
crée une augmentation du désir et son renouvellement, ce
qui est important pour le dynamisme et le bonheur.
- Par la préoccupation et la gestion de soi que donne le miqvé,
il développe la part de la femme et son dynamisme en ce qui concerne
la place du corps dans le couple. Il développe également
chez l'homme le sens de l'attention et la gestion du désir, en même
temps que son renouvellement.
- Le couple veille à la discrétion des périodes
de visite au miqvé, par rapport à l'entourage.
- Le miqvé fait partie de la vie du couple juif de façon
normale et simple.
Aujourd'hui, ère de déplacements en tous pays, des annuaires
internationaux permettent de connaître les adresses des miqvaotes
dans le monde entier pour le couple moderne ; adressez-vous aux communautés
dont vous avez les adresses dans notre page
annuaire des sites communautaires dans le monde. Voici l'image du site
World
Wide Kashruth Authorities Listing by UKA.
La construction du miqvé est un sujet important des 10
chapitres de la Michna du Traité Miqvaote; pour qu'il organise bien
l'efficacité du rite. En fonction du lien à la vie, les eaux
doivent être vives (mayim 'hayim) au moins dans une grande
proportion. Les mayim chéouvim (eaux puisées) ne sont
pas valables si elles sont en majorité. Il ne peut y avoir moins
de 40 séa d'eaux vives (un séa fait environ
8, 3 litres) et d'autres eaux peuvent compléter. Il doit permettre
à une personne de s'immerger totalement. Donc une immersion dans
un liquide ou un endroit qui ne relèvent pas de ces conditions,
n'a aucune valeur de miqvé.
Archéologie du miqvé. La présence de miqvé
permet d'identifier immédiatement un édifice juif. On trouve
ces miqvaotes à tous les siècles, de façon absolument
identique (Massada, Hérodium, Cologne 1170, Carpentras, etc). Ainsi,
le Golane, territoire contesté à Israël qui l'a reçu
après une guerre défensive (ce qui est conforme au droit
international le plus rigoureux) abonde en synagogues des premiers siècles
comportant des miqvaotes.
IV. Vocabulaire d'hébreu sur
le cycle féminin (mots à mémoriser pour les utiliser)
:
Le mot "cycle" se dit , en hébreu, ma'hzor, "ce
qui revient". Presque tous les mots commençant par la lettre mém
et suivis d'une racine de verbe signifient "le lieu de", donc : le lieu
de ce qui revient.
Le mot "règles" se dit , en hébreu, véssét,
mot au singulier comme menstruation, masculin et féminin qui signifie,
de façon générale, une façon de faire coutumière
et qui revient (nohag, hérguél, ora'h 'hayim) ; de
façon spécifique, il désigne les règles féminines
que, pudiquement, on nomme ora'h nachim (la voie des femmes) . Dans
le langage israélien courant, on parle de régulation (vissoute)
ou de réguler (lévassét).
Le mot miqvé signifie, selon la règle du mém
indiquée ci-dessus, le lieu du rassemblement, à partir
de la racine qava : qouf vav hé qui veut dire "rassembler".
Il est dit en Béréchite 1, 9 que "les eaux furent rassemblées"
(yiqavou hammayim). Cette forme est le passif ou nifâl
: on dira niqva "il a été rassemblé" ou, un
synonyme, nééssaf ou kounass.
Il ne faut donc pas confondre ce verbe "rassembler" avec la même
racine mais qui a d'autres voyelles qavaet un autre sens : l'espoir.
On dit ani méqavé (j'espère), ou qiviti,
j'ai espéré (Béréchite 49, 8). L'espérance
est tiqva, nom de l'hymne d'Israël, l'Hatikva.
Le pluriel le plus fréquemment employé pour les miqvés
est miqvaote.
Exercice :
définir les mots suivants et les utiliser dans des phrases
: aïd, chévâ néqiyim, bédiqa,
chévâ néqiyim, hefséq tahora, herguél,ma'hzor,
miqvé, mokh da'houq, nidda, nohag, ora'h 'hayim, ora'h nachim, ré'hitsa,
tévila, véssét, véssét haggoug, véssét
haaflaga qavouâ, véssét ché eïno qavouâ.
(voir les explications ci-dessus).
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