Bita'hone: l'assurance confiante

Je reçois souvent des lettres
enthousiastes et éblouies sur ce que l'étude apporte;
mais elles sont accompagnées souvent aussi de tristesse
sur la permanence d'un manque de confiance personnel profond.
Et, surtout, quand nous constatons que la situation continue où
nous dégringolons dans les ennuis venant de voisins voulant
notre anéantissement, ou que nous sommes menés par
des dirigeants qui, objectivement, organisent pendant des années
la catastrophe pour le peuple sur le plan moral des corruptions
et sur le plan de l'insécurité en ayant purement
et simplement organisé l'installation à la porte
d'Israël d'un Etat de terroristes, leur ont fourni les voies
d'armement, ont enlevé les murailles de protection. Où
allons-nous? Nous le voyons chaque jour.
La Torah nous enseigne les voies
du bonheur pour lequel la Création a été
faite et nous en avons reçu les enseignements pour sa bonne
gestion dans le bonheur: la rectitude, l'écoute (Chémâ
Israël), l'amour (véavavta) et autres enseignements.
C'est simple et efficace. Mais nous n'en voulons pas et préférons
être loin d'Israël, courir après l'argent ou
les honneurs, ou le seul confort personnel sans partager
vraiment. Et alors, la Torah nous en averti, les ennemis sont
lachés contre noius. Et ce ne sont pas les mesures militaires
qui régleront seules le problème.
Alors, le Roi David commence tous
les psaumes par cette mise au point urgente que je rappelle.
Pas par autre chose. Ecoutons-le, méditons et vivons-le.
Certes, il y a des dimensions
psychologiques à rechercher pour améliorer cette
carence. Mais, souvent encore, ce travail psychologique a été
accompli depuis de longues années et auprès de personnes
compétentes et la situation s'est ainsi stabilisée
dans l'insatisfaction.
Je tiendrai compte de cet arrière-plan pour chercher quelle
est la réponse juive à cette situation.Car il y
a un enseignement juif sur la vraie confiance, efficace,
ou bita'hone. Etudions-la pour parvenir à la développer
en nous, chez ceux avec qui nous vivons, et chez nos enfants.
Cette étude répond à un besoin constant,c'est
chaque jour la période où on doit faire téchouva,
revenir dans le bon axe et, pour cela, on lit et on étudie
les ouvrages de moussar (conduite morale positive) qui
traitent de cette question.Alors, Israël sera protégée,
nos dirigeants seront moraux, nos soldats vivrontC'est au plan
individuel et personnel que cela se joue et non pas dans la seule
lecture des journaux, la situation assise dant les informations
à la TV ou les quelques manifestations de rues Soyons sérieux,
nous le savons. Etudions donc notre Torah sur ces points et vivons
ce que le Roi David nous enseigne comme premiere base.
- Ce thème du bita'hone,
la confiance envers Hachém, est développé
dans la Torah dans chaque paracha de la vie d'Avraham
(depuis
Lekh lékha) et dans les thèmes de
la paracha
Miqéts
- Sur le bita'hone, la confiance
envers Hachém, les ouvrages qui lui sont
consacrés spécialement sont "Les devoirs
des coeurs" ('Hovote
halévavote) et Réchite
'Hochma.
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Plan
Le concept de bita'hone
dans l'hébreu
La dimension psychologique
et existentielle du manque de bita'hone.
Les six étapes
de l'attitude juive de la confiance assurée, bita'hone.
La condition pour réussir la mise en route de la
confiance assurée, bita'hone (Psaumes 1-3).
Et voir les
poèmes qui chantent la confiance.
Continuer cette étude par les
commentaires des psaumes: 16, 20, 21, 27,
30, 34, 85, 89, 90, 91, 108, 121, 122, 130, 144. Lien
sur cette page.
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Le concept de bita'hone dans l'hébreu
Où le trouve-t'on ?
On le trouve dans Qohéléte 9, 4 (les lamentations),
II Rois 18, 19 et Isaïe 36, 4.
Mais il est présent 150 fois environ dans le Tanakh dans
le verbe bata'h ou dans le nom béta'h (calme
intérieur, absence de crainte, sécurité physique
et mentale).
Sens de la racine
Le mot bita'hone vient de la racine bt'h, composée
des 3 lettres beit teit 'héit comme le verbe bata'h,
il a confiance.
(En hébreu, on désigne les verbes par la 3e personne
de l'imparfait et non par l'infinitif).
Cette racine bata'h veut dire aussi bien :
1. avoir de la confiance en soi et de l'assurance
pour soutenir que les choses sont comme ceci ou comme cela.
("bien sûr que c'est comme cela, c'est évident"
: béta'h ! dit l'expression israélienne
courante). Voir Rachi
sur Béréchite 34, 25.
2. sur le plan moral, affectif ou religieux :
avoir cette foi envers quelqu'un en qui on peut avoir confiance
qu'il sera fiable et n'abandonnera pas à l'heure
de la difficulté, et qu'il agira avec bonté et
toujours. Se fier à quelqu'un. "Heureux l'homme
qui a confiance en Hachém", disent de nombreux
passages (psaume 84, 13).
3. de là, c'est aussi être assuré,
être en sécurité, dans le calme. Voir
Rachi sur Psaumes 4, 9.
4. donner une assurance à quelqu'un au
sujet de quelque chose. Voir Rachi sur Psaumes 130, 4.
5. donner de la sécurité à
quelqu'un. Voir Rachi sur Ezéchiel 12, 24.
On dira :
- avoir confiance en... bata'h bé...
- avoir confiance envers, sur... bata'h âl...
- avoir confiance vers... bata'h él...
Type de mot
Le son one ajouté à la racine pour créer
le substantif bita'hone "assurance" est un suffixe qui
amène une signification de catégorie générale
et abstraite. Ainsi, de nombreux mots sont bâtis sur
cette structure :
ratsone, volonté, de la racine "vouloir".
zikarone, souvenir, de la racine "se souvenir".
yitrone, avantage, de la racine "plus".
Cependant de nombreux noms désignant des
objets concrets ou des plantes se terminent aussi par ce son one,
comme :
alone, chêne
arone, armoire
'halone, fenêtre
L'hébreu moderne forme de nombreux mots sur
ce modèle :
îtone, journal
tikhone, lycée
Pluriel
Le pluriel de ces mots en one est parfois en im,
parfois en ote comme
arone, une armoire ; aronote, des armoires.
rimone, une grenade ; rimonim, des grenades.
C'est un mot d'échange intérieur
avec Hachém
Voir Psaumes 12, 21, 23, 25, 26, 27, 31, 32, 41, 52, 86...
La dimension psychologique et existentielle du
manque de bita'hone.
L'origine peut en être dans un événement
cruel, décevant, blessant et imprévu; une personne
avait confiance en une autre et elle a été trompée
(ou s'est trompée sur l'autre). Il y avait la confiance,
l'amour, la sécurité, mais il n'y avait pas de protection,
de défense vigilante et ensuite l'échec laisse une
marque de peur devant un renouvellement de toute situation bonne:
on n'est plus sûr de rien, on craint, on a un recul à
l'avance, on redoute toujours l'échec identique.
Quand on analyse bien ce qui s'est passé, on constate le
plus souvent, que ce traumatisme reposait sur une attitude
infantile de confiance absolue et non réfléchie
dans laquelle la vigilance était remise à l'autre
comme le fait l'enfant envers les parents. On n'a pas assumé
notre dimension adulte mais seulement la dimension infantile.
Or le psaume dit bien: "naâr hayiti vé gam
zakaneti, j'étais enfant et j'ai aussi vieilli",
ce qui veut dire qu'il faut garder les qualités de l'enfance
mais les cumuler avec celles des parents et des adultes. Et ne
pas démissionner.
Un autre facteur joue aussi car il est trop facile de tout vouloir
expliquer par des fixations à l'enfance. Il ne s'agit pas
d'expliquer mais de comprendre pour mieux gérer et cela
n'est pas suffisant. Le judaïsme -ainsi que beaucoup de religions
et philosophies millénaires- insistent sur le fait que
l'homme (l'être humain) passe continuellement par des
alternances de destructuration et de retructuration comme
la nuit et la veille.
La philosophie occidentale s'est beaucoup plus centrée
sur la compréhension des processus cognitifs (je pense
donc je suis) individuels ou collectifs, et elle a perdu la science
de la gestion de l'ensemble qui n'est pas seulement pensée.
Il faut donc bien comprendre ce qui se passe pendant ces phases
pour bien les gérer, pour y éviter des dérapages
ou des fixations dans les phases négatives quand il est
vital de sortir de la destructuration de la nuit nécessaire.
Les psaumes nous montrent continuellement cet envahissement
du négatif sur la personne et comment le Roi David parvient
à en sortir et à retrouver l'axe positif. C'est
ce que nous allons observer.
Mais le judaïsme situe cet ensemble dans une nature créée
de l'homme qui a reçu en soi également du positif
et du négatif, de façon à ce qu'il puisse
exercer librement son choix et la fleur essentielle de se construire
librement dans le sens du bien: "J'ai mis devant toi la vie
et la mort, le bonheur et la calamité, choisis la vie,
et tu vivras alors, toi et ta postérité" (Dévraim
30, 19).
C'est donc un changement complet de perspective:
- non pas: je suis bien ou je devrais être bien et j'ai
des difficultés ou traumatismes à supprimer.
- mais: j'ai reçu en partage, vraiment, des dimensions
positives et des dimensions négatives, des dimensions constructives
et des dimensions destructrices; et c'est à moi de choisir
au milieu de cela ce qui va permettre le développement
de la vie.
Il nous faut donc connaître exactement nos composantes
négatives pour les gérer. Voyons d'abord cela,
et nous verrons ensuite comment choisir la vie, ce sera l'exercice
de bita'hone, d'assurance confiante.
La destructuration (la mort) qui accompagne le manque de bita'hone,
d'assurance confiante.
Les principales dynamiques de mort sont celles-ci:
- le sentiment de blessure et de souffrance, de coup reçu,
de privation douloureuse, de traumatisme.
- le sentiment de manque et d'incomplétude irréversible
et inéluctable.
- le sentiment de dégradation, d'épuisement, d'obscurcissement,
de rétraction, d'annulation, d'impuissance.
- le sentiment de blocage.
Chacun pourra reconnaître là des sentiments qui renaissent
en soi continuellement.
Le judaïsme résume tout cela sous le terme de qlipotes
ou coquilles qui enserrent et empêchent le développement
de la vie.
Si nous n'en prenons pas conscience comme d'une composante
normale de base (en même temps que les tendances positives),
nous ne pourrons pas les gérer et elles amplifieront leur
action; en fait, nous nous détruirons. Une grande partie
des vies personnelles et sociales et entre nations consiste à
mobiliser ces sentiments et leur mise en oeuvre constitue la majorité
des nouvelles des journaux et de l'actualité et de l'Histoire
des peuples.
En effet, ces sentiments conduisent les humains
- ou à rechercher des paradis illusoires à l'opposé
de ces tendances négatives et la fuite est éperdue
sans jamais rien résoudre. On s'imagine qu'en possédant
l'argent, les objets, les succès sociaux ou sentimentaux
répétitifs, les gloires, on annullera les dynamiques
de mort et il n'en sera rien. On ne fera que tricher, fuir, falsifier.
- ou à refuser de faire le bilan de soi pour le gérer
puisqu'il semble si négatif; on choisit alors de ne pas
penser, de ne pas s'écouter, de ne pas écouter autrui
non plus, de ne pas être vrai dans les pensées comme
dans les sentiments et dans les relations.
- ou à être toujours sur la défensive,et à
pressentir qu'autrui peut être menaçant pour notre
confort personnel si instable et si insécurisé.
- ou à s'enfermer sur place dans l'inertie pour ronronner
dans cette coquille négative.
- ou à s'agiter continuellement hors de l'essentiel.
La réaction positive
1e étape
Elle consiste d'abord à réfléchir sur
l'état des lieux comme nous l'avons fait ici, en ne mettant
pas tout sur le plan des traumatismes de l'histoire personnelle,
ni du caractère personnel. Nous ne proposons pas une fuite
de l'introspection psychologique, au contraire cette introspection
a simplement à être plus large et se situer dans
ce qui se passe chez les autres également. Il s'agit de
comprendre la psychologie du développement normal des individus.
Dans ce cadre, bien entendu, il sera fructueux de percevoir ce
que nous avons utilisé de notre histoire personnelle pour
donner forme à ces dynamiques et à ces tendances
à l'échec et à la mort.
2e étape: l'arrêt
La réaction positive consiste ensuite à réussir
à mettre un frein et un arrêt à la tendance
à l'auto-destruction. Beaucoup le comprennent vaguement,
qui décident de mettre en jeu une activité nouvelle
qui les décentre (sport, musique, yoga, étude, voyage,
soins de beauté, opérations esthétiques,
lectures, etc). Mais, si nous n'y prenons pas garde, nous ne ferons
que rester dans l'angoisse car toute activité sera une
contre-angoisse. Il faut donc trouver une forme d'arrêt
du négatif qui soit véritable.
Le judaïsme a une réponse un peu différente.
Certes, l'hygiène de vie est indispensable mais elle n'est
fructueuse que si nous arrêtons l'agitation négative
pour parvenir à nous brancher sur ce qui est le moteur
de la vie essentielle. Et il nous a été révélé.Le
judaïsme parle davantage de "revenir" (la téchouva
veut dire cela).
Je ne dis pas qu'il suffit de se mettre sur un livre d'étude
ou de dire des prières. Car on peut le pratiquer apparemment
et être ailleurs. Nous avons à arrêter par
nous mêmes, et par un travail volontaire, notre agitation
négative. C'est pour cela qu'on dit qu'il faut faire un
arrêt en entrant dans une synagogue; ou que les 'hassidim
harichonim hayou chohim chaâ a'hat lifné ha téfila
("les Sages amoureux de D.ieu avaient coutume de passer une
heure entière à se préparer avant la prière".
Bérakhote30a, michna 32b); ou bien, dans les synagogues,
il est affiché: "dâ lifné mi atta
ôméd, sache devant qui tu te tiens", et
"ne parle pas". Il faut donc une technique d'arrêt.
Les premières bénédictions du matin ont cette
fonction de nous arrêter dans la confusion et de nous reconstruire
positivement. Elles sont présentées sur
Modia dans leur commentaire et pratique (lien ici). Les psaumes,
avant d'exposer la description des difficultés, écrivent
souvent sur quel mode musical ils se situent pour nous placer
dans cet arrêt positif, sur ce seuil.
Mais la nécessité de cet arrêt est
aussi enseignée beaucoup plus clairement, explicitement:
- le psaume 46,11 dit: "harpou (arrêtez
en silence) oudéou (et sachez) ki-anokhi
(que Moi Je suis) Eloqim (D.ieu) aroum bagoïm
(grand parmi les peuples) aroum ba arets (grand sur la
terre)". Cela veut dire: "arrêtez toute votre
agitation mentale et alors vous pourrez vous unir (sens véritable
de oudéou) avec Moi qui suis l'Ordre de toute
chose et au-dessus de tout ce qui organise et désorganise
le monde des humains. Lisons le dernier chapitre du Livre de Job
et vous verrez qu'il a compris cela et, le faisant, il atteint
le bonheur. N'oublions pas cet enseignement: 40 chapitres de discussions
savantes et inutiles ont précédé sa prise
de conscience dont nous parlons.
- cela veut dire que nous serons inévitablement placés
dans la vie devant des situations où nous ne verrons plus
clairs bien que nous essaierons de nous comporter selon l'intelligence
et la morale et la Torah. Et l'avenir semblera bouché,
et les forces sembleront insuffisantes pour retourner la situation,
et l'aspiration au bonheur semblera annulée totalement.
Et pourtant nous n'aurons d'autre issue. Alors, "le"
défi essentiel est posé devant nous: la confiance
assurée (bita'hone) et un exemple nous a été
donné comme base: Avraham. Il fut le modèle de tous.
3e étape: la dépendance exacte
Cette confiance assurée (bita'hone) ne peut reposer
que sur une qualité que l'on appelle la yirea, la
crainte de D.ieu comme il est écrit: "réchite
'hokhma yireate Hachém, le commencement de la Sagesse
est la crainte de Hachém" (psaume 111,10).
Cela ne signifie pas la peur, mais la révérence,
la soumission à Celui qui est le "seul" existant,
et la seule source de tous les existants; et nous ne devons pas
avoir une erreur d'optique et donner de l'importance aux puissants
apparents ni à leurs groupes de forces. Ils ne sont que
des dépendants, des existants temporaires et n'ont aucune
base d'existence en eux-mêmes. Leur apparence de puissance
indomptable n'est qu'une "illusion". Ces puissances
hostiles, précisément, nient cet ordre vrai des
choses et n'ont aucune obédience, aucune crainte de D.ieu.
Mais cette impudence ne change rien. Ils verront vite la réalité.
4e étape: mon abri (ma'hsi)
L'homme, alors, ne s'en remet ni à ces fausses puissances,
ni à ses angoisses personnelles.
Il choisit un lieu d'existence où se placer: en Celui
qui est non seulement la seule source de vie mais aussi l'abri.
Il y a un choix personnel à effectuer pour dire: "je
Le choisis Lui pour être mon abri". Le roi David le
dit sans cesse pour nous et nous devons lire et méditer
tous ces enseignements tant répétés:
psaume 14,6: "pensez-vous confondre les desseins du pauvre,
alors que c'est Hachém qui est son abri?"
psaume 46,2: "Eloqim est pour nous un abri, une force,
un appui dans les tourments, facilement accessible".
psaume 61,4: "Tu es pour moi un refuge, une tour fortifiée
contre l'ennemi".
psaume 62,7-8: "Lui seul est mon rocher, mon salut, mon soutien;
je ne trébucherai pas. Sur Eloqim reposent mon salut,
mon honneur; il est mon puissant rocher, mon abri est en Eloqim".
psaume 71,7: "pour beaucoup, je parais être un invraisemblable
prodige, mais Toi Tu es mon solide abri".
psaume 73,28: "pour moi, séjourner près de
Hachém Eloqim est bon, Il est mon abri et je raconterai
toutes Ses oeuvres".
psaume 91, 1-2: "Celui qui demeure à l'ombre du Très-haut
et sous la sauvegarde du Tout-puissant, dit à Hachém:
Tu es mon abri, ma citadelle, mon D.ieu en qui je me confie (évta'h)".
Ce dernier mot est la confiance assurée, bita'hone.
psaume 91,8-12...: "Tu le verras de tes yeux et tu seras
témoin de la rémunération des méchants
car tu as dit: Hachém est mon abri, dans le Très-haut
tu as placé ton refuge? Nul malheur ne te surviendra, nul
fléau n'approchera de ta tente, car il a ordonné
à Ses anges de te protéger dans toutes tes voies".
psaume 94,22: "Hachém est une forteresse pour
moi et Eloqim est un rocher qui m'abrite".
psaume 142,6: "ainsi je crie vers Toi Hachém
et je dis: c'est Toi qui est mon abri, mon lot sur la terre des
vivants".
Ainsi, même les mots nous ont été donnés
pour nous permettre d'atteindre cet abri et ils sont si nombreux
pour nous conforter sans cesse.
Je suis vraiment très affecté quand je vois des
personnes que j'apprécie ou que j'aime pour leur qualités
exceptionnelles et qui se détournent finalement de leur
voie et descendent vers la médiocrité car elles
doutent, dans cette phase éprouvante, de l'abri qui les
aurait protégées à l'heure de l'incertitude
et qui leur aurait donné ce pour quoi elles sont faites.
Mais, à mon tour, c'est à moi d'avoir confiance
et de m'y placer intérieurement avec elles en cette confiance,
au lieu de désespérer.
Et nos textes n'indiquent pas seulement une direction à
prendre, ils nous montrent aussi ce que produira en positif cette
attitude de s'en remettre à cet abri et non à toute
autre voie:
Yoel 4,16-17: "De Sion Hachém rugit, de Jérusalem
il fait retentir Sa voix, ciel et terre en tremblent (1e phase
de l'épreuve). Mais Hachém est un abri pour
Son peuple, un refuge fortifié pour les enfants d'Israël
(2e phase de la réaction dont nous parlons). Vous reconnaitrez
alors que c'est moi Hachém votre D.ieu, je réside
à Sion, Jérusalem sera sacrée, et des étrangers
n'y passeront plus".
Cela veut dire que le plan de bien pour lequel nous avons été
très précisément créé se réalisera
si nous avons la science et le courage de nous retirer du désarroi,
des puissances, et nous placer dans Son abri.
Faut-il encore le prophète Jérémie 17;7-8,
Yirmiahou, pour nous montrer ce que sera alors notre épanouissement?
"Béni soit l'homme qui se confie en Hachém,
et dont Hachém est son espoir. Il sera comme un
arbre planté au bord de l'eau et qui étend ses racines
près d'une rivière: que vienne la saison chaude,
il ne s'en aperçoit même pas et son feuillage reste
vert; que vienne une année de sécheresse, il ne
s'en inquiète pas, il ne cessera pas de porter des fruits".
Donc, nos espoirs précis de réalisation sont confirmés
à l'avance, mais à nous de choisir la vie par nos
attitudes.
Un autre mot hébraïque rend aussi cette même
notion, c'est misgav, abri protecteur-rempart:
psaume 3,10: "que Hachém soit donc un abri
pour l'opprimé, un abri dans les temps de détresse".
psaume 18,3: " Hachém, Tu es mon rocher,et
ma forteresse, un libérateur pour moi, mon D.ieu en qui
je m'abrite, mon bouclier, mon puissant sauveur, mon rempart".
Les mots sont accumulés pour nous faire comprendre comment
nous placer intérieurement dans ce "lieu"
et le mot bouclier (maguéne) le symbolisera dans
beaucoup de textes. Au moment le plus élevé de la
prière, dans la âmida qui clôture les trois
prières quotidiennes, en ce si haut niveau, il nous est
encore rappelé et c'est aussi la première bénédiction
qui nous est donnée et rappelée: "Il est le
bouclier d'Avraham". Tant de rappels et nous resterions sourds?
Pensons donc à nous placer intérieurement en ce
lieu.
psaume 48,4: "Eloqim réside dans Ses palais,
Il s'est fait connaître comme leur vrai misgav, abri
protecteur-rempart."
psaume 59, 10-17-18: "Contre leur force, je me mets sous
Ta garde, car Eloqim est mon misgav, abri protecteur-rempart...
Pour moi je chanterai Ta puissance et Ta bonté car tu es
pour moi un refuge au jour de la détresse, Toi ma force,
c'est Toi que je célèbre, car Eloqim est
ma citadelle, Il est bon pour moi". Ici, nous avons touché
autre chose: la force nous est redonnée, ce n'est pas
seulement un abri pour les peureux.
psaume 62,3: "Lui seul est mon rocher, mon salut, mon soutien,
jamais je ne trébucherai".
Notre force devient maintenant protection mobile dans nos
déplacements. Voyons-le davantage:
psaume 144: "Béni soit Hachém, mon rocher
qui exerce mes mains au combat, mes doigts à l'art de la
guerre. Il est mon bienfaiteur et mon rempart, ma forteresse et
ma sauvegarde; il est mon bouclier et en Lui je m'abrite, il soumet
les nations à mon pouvoir". Nous avons quitté
l'état d'impuissance et de torpeur et de souffrance
décrit dès le début de ce texte.
Trop d'injustice tombent sur le pauvre, et sur Israël mais
le prophète Isaïe 25;912 nous confirme ce que sera
l'heureuse issue (et c'est un symbole sur tous les plans):
"On dira en ce jour: voici notre Eloqim en qui nous
avons mis notre confiance pour être secourus, voici Hachém
en qui nous espérions; soyons à la joie et à
l'allégresse à cause de son appui. Car la main de
Hachém se posera sur cette montagne et Moab en sera
écrasé dans son pays, comme la paille est écrasée
dans la fosse à fumier. Dans cette fosse, Moab étendra
les bras comme fait le nageur pour nager mais Eloqim abattra
son orgueil de même que les pièges dressés
pas ses mains. Tes remparts puissants et altiers, Il les inclinera,
les fera tomber et rouler à terre, en pleine poussière".
Nous ne pourrons pas dire que nous n'avons pas reçu l'enseignement
très précis sur chacune des étapes présentes
et à venir, ni sur les attitudes à avoir. Il nous
est demandé seulement de "choisir la vie"! Beaucoup
aspirent à cela mais ne connaissent pas le trésor
de ces textes qu'ils ont reçus.
Quand je vois ces textes et combien de religions antiques ont
pressenti qu'il fallait aller dans cette voie, quel est notre
privilège d'avoir reçu cette révélation
explicite.
Mais quand je vois combien elle est claire, alors je suis autant
stupéfait que d'autres aient eu le culot de modifier ces
textes de la parole de D.ieu dite par Lui comme dernière
et intangible pour en refaire un nouveau testament et de multiples
autres religions dont de multiples humains se disent le dernier
prophète.
Que chacun, pour ne pas s'égarer ni vers la dépression,
ni vers les fausses agitations, ni vers les faux prophètes,
ni vers la perte de son idéal, n'oublie jamais ce que D.ieu
a dit à Avram: "Al tira Avram, Ne crains pas,
Anokhi maghén lékha, Moi Je suis un bouclier
pour toi, sékharékha harbé méod,
ta récompense sera très grande" et relisez
le chapitre 15 de Béréchite.
Nous sommes tous faits sur le modèle d'Avraham, spécialement
dans l'épreuve et nous pouvons dire alors avec le roi David:
"Toi, Tu es un bouclier pour moi" (psaume 3,4). Etudiez
ces versets de psaumes: 7,11 et 18,3-31-36 et 33,20 et 35,2 et
59,12 et 84,10-12 et 89,19
Terminons sur deux notions qui constituerons la dernière
étape:
5e étape: celle du secret du duo
intérieur
Pour celui qui, laborieusement, essaie de vivre selon ces rythmes
au temps de l'épreuve, voici ce qui se passe dans l'intimité
du coeur:
Michlé, Les Proverbes 30,5: "toute parole de D.ieu
est parfaite, Il est un bouclier pour ceux qui s'abritent en Lui";
mais seulement pour ceux qui s'abritent en Lui. Et ce mouvement
de s'abriter en Lui n'est connu de personne, mais il est efficace.
Les autres pensent que le pauvre est abandonné et ils ne
savent pas dans quelle intimité il est, ni par qui
il est défendu. Comme il est dit dans le psaume
119,114: "sitri ou maghinénou atta, Tu es mon
secret, ma cachette secrète et mon bouclier".
Mais dans le secret il y a un soleil (psaume 84,12): "ki
chéméch oumaghén atta, car Tu es soleil
et bouclier Toi".
Car ce n'est pas seulement un bouclier, mais le "maguén
ichékha, bouclier de Ton salut (psaume 18,36)"
ce qui veut dire "l'éclosion du plan que Tu as prévu
pour moi et que Tu me donnes dans cette relation intime où
je Te fais confiance au milieu de l'épreuve".
C'est dans le coeur que se joue ce duo intime: "Hachém
ouzi ou maghini bo vata'h libbi, Hachém est ma force
et mon bouclier, en Lui a confiance mon coeur" (psaume
28,7).
6e étape: celle de la joie éternelle
Alors nous ne pouvons mieux terminer pour exprimer ce qui se dit
que par le Cantique de Hanna (I Samuel chapitre 2):
"Mon coeur se réjouit et se délecte en Hachém.
Mon front s'est relevé grâce à Hachém,
je peux ouvrir la bouche en face de mes ennemis, car j'ai à
me réjouir par son salut", etc. Lisez l'ensemble de
ce chant que les Sépharades disent le matin avant la prière.
Et que chacun et tout Israël aient confiance, gardent la
ligne, l'enthousiasme, la confiance intérieure et le chant
d'assurance.
Et que ceux pour qui j'ai écrit cette étude trouvent
vite le bonheur plein, "leur" bonheur plein pour lequel
ils ont été créés.
Amen, sélah.
Un dernier concept résume l'état
positif de celui qui a réussi à se stabiliser dans
cette relation de confiance et qui en récolte les fruits.
Il est rendu par le verbe 'hassa: avoir trouver un abri.
Et la plupart des versets qui l'utilisent démontrent les
fruits positifs et heureux du choix de cette attitude:
Routh est venue s'abriter sous les ailes de la Chékhina,
et tous les convertis feront pareils, eux qui resteront en position
vulnérables, comme Avraham (voyez le
commentaire du Livre de Routh 2,12). Et voyez les psaumes
36,8 et 57,2 et 61,5 et 91,4.
psaume 2,12: heureux tous ceux qui se trouvent
un abri en Lui.
psaume 5,12: ils se réjouiront tous ceux qui s'abritent
en Lui.
psaume 11,1: en Hachém je m'abrite, comment pouvez-vous
me dire Fuis!
psaume 16,1-2: garde-moi, mon D.ieu car je me suis abrité
en Toi. Je dis à Hachém: Tu es mon maître,
mon bonheur n'est pas en dehors de Toi.
psaume 17,7: mets en valeur Tes bienfaits, Tu es le protecteur
de ceux qui se confient en Toi, malgré les adversaires.
psaume 25,20: je ne serai pas dans la honte, puisque je me suis
abrité en Toi.
psaume 31,2: en Toi, Hachém, je m'abrite, je ne
serai jamais déçu.
psaume 31,20: quelle est grande Ta bonté que Tu tiens en
réserve pour ceux qui Te craingnent, que Tu témoignes
à ceux qui s'abritent en Toi face aux humains.
psaume 34,23: Hachém sauve la vie de Ses serviteurs,
aucun de ceux qui s'abritent en Lui ne se perd.
psaume 37,40: Hachém les aide et les délivre
des méchants, Il les sauve car ils se sont abrités
en Lui.
psaume 64, 11: le juste, le tsaddiq se réjouira
en Hachém car il s'est abrité en Lui et tous
les coeurs droits pourront s'en féliciter.
psaume 118, 8-9: il est bon de s'abriter en Hachém,
bien mieux que de s'abriter dans les humains.
psaume 141,8: vers Toi Hachém mon maître je
me suis abrité, ne laisse pas ma vie se perdre.
Le prophète Isaïe (Yéchaya ou Yéchayahou)
16,32 résume toute la condition humaine et celle des Juifs:
"Hachém a fondé Sion et les pauvres de Son
peuple y trouvent un abri".
Il va de soi que tout ce cycle ne se réalise
pas une fois pour toutes, mais sera à reprendre continuellement.
Les psaumes nous le démontrent: après des phases
entièrement positives dans le bonheur et la louange, comme
le psaume 100, recommencent les psaumes d'angoisse, de supplication
et de redressement.
Il reste maintenant à s'entraîner! Bonne route.
La condition pour réussir
la mise en route de la confiance assurée, bita'hone.
De la théorie à la pratique.
Il y a ceux qui vivent entièrement en dehors de cette recherche
et investissent leurs forces pour trouver l'assurance dans l'argent,
le paraître, les relations, le culte du moi, le cynisme,
la guerre contre les autres, la politique, l'arrivisme, la haine,
etc. Beaucoup ne vivent que de cela et les médias de la
civilisation actuelle valorisent sans cesse ce type de comportement.
Il y a ceux qui cherchent autre chose mais ne font qu'une place
minime à la recherche personnelle qu'ils n'ont pas vraiment
découverte; c'est encore un tiroir parmi d'autres, limité,
et son pouvoir ne peut pas imprégner l'ensemble.
Il y a ceux qui recherchent leur développement personnel
dans d'autres philosophies que leur identité; ils ne savent
pas que le judaïsme possède également cette
science du pilotage personnel, au même titre que le yoga,
ou le zen, ou toute autre philosophie respectable élaborée
pendant des millénaires de recherche. Ils s'imaginent que
le judaïsme est seulement une collectivité qui a son
énorme bagage à étudier et une morale de
base ainsi que de très nombreuses pratiques. Tout cela
est exact mais trop partiel car la Torah est Torate 'hayim,
une Tora de vie.
Parfois ils sont même entrés dans l'étude
véritable qui prend le coeur, ils sont ouverts mais ne
connaissent pas la technique pour passer de la théorie
à la pratique en ces domaines du développement personnel.
Ils ne recourent à une aide que pour des indications pratiques
de halakha, ou pour "recevoir" un conseil dans une pratique
de vie mais non pas pour avancer dans le pilotage personnel.
Pourtant le judaïsme possède cette "psychagogie",
ce pilotage de développement personnel. En ce qui concerne
le propos de cette page, allons le chercher dans les trois premiers
psaumes du Roi David.
Le psaume 1
Le premier mot de tous les psaumes est "heureux" (achré).
Voici la règle du bonheur.C'est bien notre sujet.

Et comment y parvenir? Deux conditions préalables à
tout ce que nous avons visé:
1. en négatif, ne pas participer au mal sous aucune forme:
c'est-à-dire ne pas suivre les procédures des méchants,
ni participer de leur monde ni de leurs pratiques, ne pas partager
la compagnie de ceux qui détruisent pas le langue sous
différentes formes dont la plus fréquente est la
raillerie, l'humour démolisseur.
Tout cela est dit dans l'usage répété du
"non, lo". 
2. en positif, "placer son 'héfets dans la
Torah de Hachém" et la méditer jour
et nuit.
Qu'est-ce que cela veut dire: "placer son 'héfets
dans la Torah de Hachém"?
Le 'héfets, c'est la volonté (ratsone),
le désir (téchouqa), l'aspiration (michala),
l'inclinaison vers (nétiya lé-).
Un grand Sage d'Israël porte le nom de 'Hafets 'hayim,
celui qui désire la vie. Cela en utilisant la citation
du psaume 34,13: Mi ha ich hé 'hafets 'hayim, ohev yamim
lirot tov
Quel est l'homme qui désire la vie, qui aime de longs jours
pour goûter le bonheur?
Nous comprenons maintenant que nous ne pourrons
accomplir les 6 phases décrites pour atteindre la confiance
assurée que si on décide et parvient à "placer
son 'héfets dans la Torah de Hachém".
C'est un choix total: hors des autres axes.
Et le Traité Bérakhote du Talmud, page 14a, discute
de la question de savoir s'il est bon ou non d'entreprendre des
activités avant d'avoir prié le matin. Il répond
que non car "kol ha mitpallél vé a'har-kakh
yotsé la dérékh (toute personne qui prie
et ensuite se rend à ses affaires), Haqadoche baroukh
Hou ôssé lo 'hafatsav (D.ieu accomplit son désir)".
On voit par là que c'est se placer dans une union réciproque
des désirs qui donne toute la force pour le processus qui
en découle ensuite avec logique. Notre aspiration, remise
dans celle de Hachém acquiert Sa puissance. Cela
doit être vrai, sincère et non en calcul. Et en laissant
alors le pilotage entier et la direction à Celui qui sait
ce qu'est le bien, le timing souhaitable, l'orientation, et le
pourquoi des choses. Il est logique que le psaume 1,3 dise: "tout
ce qu'il entreprendra réussira, kol achér yaâssé
yatslia'h).

Et la logique est bien rendu par le mot répété
ki, puisque, "puisque Hachém protège
la voie des justes, mais la voie des méchants conduit à
la ruine". Voyez la
paracha Eqev (lien ici) sur l'importance de cette logique
du ki.

Le psaume 2
Il fait la démonstration du même thème
mais par son contraire: comment fonctionnent les méchants.
Ils se coalisent, s'agitent, complotent, veulent briser. Mais
ne peuvent rien. Ce n'est pas seulement un décalage entre
la Puissance et les fausses puissances. C'est cela, certes.
C'est surtout l'impuissance face à l'union entre Hachém
et celui qui a opté pour Lui. Car, en fait, c'est Hachém
qui a opté pour cet homme ou pour cette femme: "C'est
Moi qui ai consacré Mon Roi sur Sion, ma montagne sainte"
(psaume 2,6). Et Hachém continue: Mon roi, Mon fils.

Celui qui a mis son 'héfets en Hachém,
Celui-ci en fait Sa part, et rien ne peut rien contre. Il y a
une règle pour cela: être pur (nachqou-var)
dans ce choix.
Le psaume 3
Après l'exposé des motifs de base dans les deux
premiers psaumes, celui-ci aboutit aux stades que nous avons explorés:
certes, il y a les difficultés et les attaques et les immenses
pressions menaçantes, mais nous avons
- le bouclier
- La Présence à l'intérieur de cette citadelle
- le cycle vital: je me couche (ani chakhavti), je m'endors
(vaichana), je m'éveille (héqitsoti)
car Hachém me soutient, encore le ki de logique:
ki Hachém yismékhéni.
Le plus souvent, l'angoissé ne peut se coucher; et quand
il y parvient il ne peut s'endormir; et, quand il y parvient,
il ne peut pas se relever.
- Hachém agit, défend, et donne la bérakha,
la bénédiction.
Tout cela s'applique autant au particulier qu'à l'ensemble
du peuple.
Relire maintenant ces trois psaumes sous cet axe.
Dans cette étude, nous avons touché
une qualité essentielle qui n'est pas une parmi d'autres.
Elle constitue la remise de toutes nos aspirations dans l'axe
et la puissance de Celui qui a un dessein sur l'humanité,
qui l'a créée pour cela, et qui souhaite que nous
soyions des coopérateurs pour sa réussite. Cet objectif
global, contnu dans la pédagogie concrète de cette
attitude nous permet de comprendre pourquoi nos Sages nous font
remarquer que ce psaume 2 parle de la réussite globale
de la Création.
Ils le voient dans le fait que le psaume 2,4 dit: "yochév
ba chamayim yis'haq, Celui qui est assis dans les cieux rira".
Le psaume attire notre attention car il est écrit yis'haq
(rira) au lieu de yits'haq: la lettre sine
dans yis'haq au lieu de la lettre tsadé dans
yits'haq.
La tradition orale indique que la lettre sine ou chine
(dans une démonstration qui n'a pas sa place ici) est le
signe de la délivrance finale, de la réussite finale
quand la Sagesse d'En-haut pourra enfin se déverser sur
les hommes. Cela est entre nos mains. Par cette attitude d'arrêt
que nous avons exposée, par la remise de notre désir
en Hachém, et tout ce qui a été dit.
Et cela de façon répétée. Alors, nous
recevrons vraiment la confiance assurée, le bita'hone.
Continuer cette étude par
les commentaires des psaumes: 16,
20, 21, 27, 30, 34, 85, 89, 90, 91, 108, 121, 122,
130, 144. Lien
sur cette page.
Pour étudier davantage sur ce thème
et dans cette ligne de l'amour intérieur assuré:
Réchite 'Hokhma, Chaâr ha ahava,
chapitre 12. |
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Un simple exemple montrera à quel point cette
approche globale possède sa cohérence une fois que
nous l'avons bien saisie. Mais il faut la travailler, en prenant
des notes, en résumant pour bien percevoir cette structure,
ses étapes, ses techniques.
Nous avons vu que la condition essentielle est de
réserver notre désir à Hachém
et Sa Torah:
béTorate Hachém 'héftso, ouvéTorato
héhégué yomam valaila,
"dans la Torah de Hachém est son désir,
et dans Sa Torah il médite jour et nuit"?
Nos Sages nous font remarquer, dans le psaume 91,8 commenté
sur Modia (lien
ici), que ce mot Torah est inscrit dans le verset qui dit:
"seulement de tes yeux tu le verras, tu seras témoin
de la rémunération des méchants"
En effet, les lettres initiales de ce verset (que j'ai mises en
valeur par ces petits oeufs au-dessus des lettres) forment le
mot Torate qui réfère à ce premier
psaume et à ce qu'il explique. Donc, nous avons là
la confirmation: l'habitation totale dans la Torah fera qu'on
sera protégés, mais en plus on verra aussi la punition
des méchants pour leur méchanceté. A une
seule condition: que le désir soit dans la Torah. Réfléchissons
bien sur ces mots pour saisir la logique précise qu'ils
expriment, et ne pas se tromper.
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