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Bita'hone: l'assurance confiante




Je reçois souvent des lettres enthousiastes et éblouies sur ce que l'étude apporte; mais elles sont accompagnées souvent aussi de tristesse sur la permanence d'un manque de confiance personnel profond.
Et, surtout, quand nous constatons que la situation continue où nous dégringolons dans les ennuis venant de voisins voulant notre anéantissement, ou que nous sommes menés par des dirigeants qui, objectivement, organisent pendant des années la catastrophe pour le peuple sur le plan moral des corruptions et sur le plan de l'insécurité en ayant purement et simplement organisé l'installation à la porte d'Israël d'un Etat de terroristes, leur ont fourni les voies d'armement, ont enlevé les murailles de protection. Où allons-nous? Nous le voyons chaque jour.

La Torah nous enseigne les voies du bonheur pour lequel la Création a été faite et nous en avons reçu les enseignements pour sa bonne gestion dans le bonheur: la rectitude, l'écoute (Chémâ Israël), l'amour (véavavta) et autres enseignements. C'est simple et efficace. Mais nous n'en voulons pas et préférons être loin d'Israël, courir après l'argent ou les honneurs, ou le seul  confort personnel sans partager vraiment. Et alors, la Torah nous en averti, les ennemis sont lachés contre noius. Et ce ne sont pas les mesures militaires qui régleront seules le problème.

Alors, le Roi David commence tous les psaumes par cette mise au point urgente que je rappelle.  Pas par autre chose. Ecoutons-le, méditons et vivons-le.

Certes, il y a des dimensions psychologiques à rechercher pour améliorer cette carence. Mais, souvent encore, ce travail psychologique a été accompli depuis de longues années et auprès de personnes compétentes et la situation s'est ainsi stabilisée dans l'insatisfaction.
Je tiendrai compte de cet arrière-plan pour chercher quelle est la réponse juive à cette situation.Car il y a un enseignement juif sur la vraie confiance,  efficace, ou bita'hone. Etudions-la pour parvenir à la développer en nous, chez ceux avec qui nous vivons, et chez nos enfants.
Cette étude répond à un besoin constant,c'est chaque jour la période où on doit faire téchouva, revenir dans le bon axe et, pour cela, on lit et on étudie les ouvrages de moussar (conduite morale positive) qui traitent de cette question.Alors, Israël sera protégée, nos dirigeants seront moraux, nos soldats vivrontC'est au plan individuel et personnel que cela se joue et non pas dans la seule lecture des journaux, la situation assise dant les informations à la TV ou les quelques manifestations de rues Soyons sérieux, nous le savons. Etudions donc notre Torah sur ces points et vivons ce que le Roi David nous enseigne comme premiere base
.


  1. Ce thème du bita'hone, la confiance envers Hachém, est développé dans la Torah dans chaque paracha de la vie d'Avraham (depuis Lekh lékha) et dans les thèmes de la paracha Miqéts
  2. Sur le bita'hone, la confiance envers Hachém, les ouvrages qui lui sont consacrés spécialement sont "Les devoirs des coeurs" ('Hovote halévavote) et Réchite 'Hochma.
Plan

    Le concept de bita'hone dans l'hébreu

    La dimension psychologique et existentielle du manque de bita'hone.

    Les six étapes de l'attitude juive de la confiance assurée, bita'hone.

    La condition pour réussir la mise en route de la confiance assurée, bita'hone (Psaumes 1-3).

    Et voir les poèmes qui chantent la confiance.

Continuer cette étude par les commentaires des psaumes: 16, 20, 21, 27, 30, 34, 85, 89, 90, 91, 108, 121, 122, 130, 144. Lien sur cette page.
     


Le concept de bita'hone dans l'hébreu

Où le trouve-t'on ?
On le trouve dans Qohéléte 9, 4 (les lamentations), II Rois 18, 19 et Isaïe 36, 4.
Mais il est présent 150 fois environ dans le Tanakh dans le verbe bata'h ou dans le nom béta'h (calme intérieur, absence de crainte, sécurité physique et mentale).

Sens de la racine
Le mot bita'hone vient de la racine bt'h, composée des 3 lettres beit teit 'héit comme le verbe bata'h, il a confiance.
(En hébreu, on désigne les verbes par la 3e personne de l'imparfait et non par l'infinitif).
Cette racine bata'h veut dire aussi bien :

1. avoir de la confiance en soi et de l'assurance pour soutenir que les choses sont comme ceci ou comme cela. ("bien sûr que c'est comme cela, c'est évident" : béta'h ! dit l'expression israélienne courante). Voir Rachi sur Béréchite 34, 25.

2. sur le plan moral, affectif ou religieux : avoir cette foi envers quelqu'un en qui on peut avoir confiance qu'il sera fiable et n'abandonnera pas à l'heure de la difficulté, et qu'il agira avec bonté et toujours. Se fier à quelqu'un. "Heureux l'homme qui a confiance en Hachém", disent de nombreux passages (psaume 84, 13). 

3. de là, c'est aussi être assuré, être en sécurité, dans le calme. Voir Rachi sur Psaumes 4, 9.

4. donner une assurance à quelqu'un au sujet de quelque chose. Voir Rachi sur Psaumes 130, 4.

5. donner de la sécurité à quelqu'un. Voir Rachi sur Ezéchiel 12, 24.

On dira : 
- avoir confiance en... bata'h bé...
- avoir confiance envers, sur... bata'h âl...
- avoir confiance vers... bata'h él...

Type de mot
Le son one ajouté à la racine pour créer le substantif bita'hone "assurance" est un suffixe qui amène une signification de catégorie générale et abstraite. Ainsi, de nombreux mots sont bâtis sur cette structure :
ratsone, volonté, de la racine "vouloir".
zikarone, souvenir, de la racine "se souvenir".
yitrone, avantage, de la racine "plus".

Cependant de nombreux noms désignant des objets concrets ou des plantes se terminent aussi par ce son one, comme :
alone, chêne
arone, armoire
'halone, fenêtre

L'hébreu moderne forme de nombreux mots sur ce modèle :
îtone, journal
tikhone, lycée

Pluriel
Le pluriel de ces mots en one est parfois en im, parfois en ote comme
arone, une armoire ; aronote, des armoires.
rimone, une grenade ; rimonim, des grenades.

C'est un mot d'échange intérieur avec Hachém
Voir Psaumes 12, 21, 23, 25, 26, 27, 31, 32, 41, 52, 86...



La dimension psychologique et existentielle du manque de bita'hone.

L'origine peut en être dans un événement cruel, décevant, blessant et imprévu; une personne avait confiance en une autre et elle a été trompée (ou s'est trompée sur l'autre). Il y avait la confiance, l'amour, la sécurité, mais il n'y avait pas de protection, de défense vigilante et ensuite l'échec laisse une marque de peur devant un renouvellement de toute situation bonne: on n'est plus sûr de rien, on craint, on a un recul à l'avance, on redoute toujours l'échec identique.
Quand on analyse bien ce qui s'est passé, on constate le plus souvent, que ce traumatisme reposait sur une attitude infantile de confiance absolue et non réfléchie dans laquelle la vigilance était remise à l'autre comme le fait l'enfant envers les parents. On n'a pas assumé notre dimension adulte mais seulement la dimension infantile. Or le psaume dit bien: "naâr hayiti vé gam zakaneti, j'étais enfant et j'ai aussi vieilli", ce qui veut dire qu'il faut garder les qualités de l'enfance mais les cumuler avec celles des parents et des adultes. Et ne pas démissionner.


Un autre facteur joue aussi car il est trop facile de tout vouloir expliquer par des fixations à l'enfance. Il ne s'agit pas d'expliquer mais de comprendre pour mieux gérer et cela n'est pas suffisant. Le judaïsme -ainsi que beaucoup de religions et philosophies millénaires- insistent sur le fait que l'homme (l'être humain) passe continuellement par des alternances de destructuration et de retructuration comme la nuit et la veille.
La philosophie occidentale s'est beaucoup plus centrée sur la compréhension des processus cognitifs (je pense donc je suis) individuels ou collectifs, et elle a perdu la science de la gestion de l'ensemble qui n'est pas seulement pensée. Il faut donc bien comprendre ce qui se passe pendant ces phases pour bien les gérer, pour y éviter des dérapages ou des fixations dans les phases négatives quand il est vital de sortir de la destructuration de la nuit nécessaire. Les psaumes nous montrent continuellement cet envahissement du négatif sur la personne et comment le Roi David parvient à en sortir et à retrouver l'axe positif. C'est ce que nous allons observer.
Mais le judaïsme situe cet ensemble dans une nature créée de l'homme qui a reçu en soi également du positif et du négatif, de façon à ce qu'il puisse exercer librement son choix et la fleur essentielle de se construire librement dans le sens du bien: "J'ai mis devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité, choisis la vie, et tu vivras alors, toi et ta postérité" (Dévraim 30, 19).
C'est donc un changement complet de perspective:
- non pas: je suis bien ou je devrais être bien et j'ai des difficultés ou traumatismes à supprimer.
- mais: j'ai reçu en partage, vraiment, des dimensions positives et des dimensions négatives, des dimensions constructives et des dimensions destructrices; et c'est à moi de choisir au milieu de cela ce qui va permettre le développement de la vie.
Il nous faut donc connaître exactement nos composantes négatives pour les gérer. Voyons d'abord cela, et nous verrons ensuite comment choisir la vie, ce sera l'exercice de bita'hone, d'assurance confiante.


La destructuration (la mort) qui accompagne le manque de bita'hone, d'assurance confiante.

Les principales dynamiques de mort sont celles-ci:
- le sentiment de blessure et de souffrance, de coup reçu, de privation douloureuse, de traumatisme.
- le sentiment de manque et d'incomplétude irréversible et inéluctable.
- le sentiment de dégradation, d'épuisement, d'obscurcissement, de rétraction, d'annulation, d'impuissance.
- le sentiment de blocage.
Chacun pourra reconnaître là des sentiments qui renaissent en soi continuellement.
Le judaïsme résume tout cela sous le terme de qlipotes ou coquilles qui enserrent et empêchent le développement de la vie.

Si nous n'en prenons pas conscience comme d'une composante normale de base (en même temps que les tendances positives), nous ne pourrons pas les gérer et elles amplifieront leur action; en fait, nous nous détruirons. Une grande partie des vies personnelles et sociales et entre nations consiste à mobiliser ces sentiments et leur mise en oeuvre constitue la majorité des nouvelles des journaux et de l'actualité et de l'Histoire des peuples.
En effet, ces sentiments conduisent les humains
- ou à rechercher des paradis illusoires à l'opposé de ces tendances négatives et la fuite est éperdue sans jamais rien résoudre. On s'imagine qu'en possédant l'argent, les objets, les succès sociaux ou sentimentaux répétitifs, les gloires, on annullera les dynamiques de mort et il n'en sera rien. On ne fera que tricher, fuir, falsifier.
- ou à refuser de faire le bilan de soi pour le gérer puisqu'il semble si négatif; on choisit alors de ne pas penser, de ne pas s'écouter, de ne pas écouter autrui non plus, de ne pas être vrai dans les pensées comme dans les sentiments et dans les relations.
- ou à être toujours sur la défensive,et à pressentir qu'autrui peut être menaçant pour notre confort personnel si instable et si insécurisé.
- ou à s'enfermer sur place dans l'inertie pour ronronner dans cette coquille négative.
- ou à s'agiter continuellement hors de l'essentiel.



La réaction positive
1e étape
Elle consiste d'abord à réfléchir
sur l'état des lieux comme nous l'avons fait ici, en ne mettant pas tout sur le plan des traumatismes de l'histoire personnelle, ni du caractère personnel. Nous ne proposons pas une fuite de l'introspection psychologique, au contraire cette introspection a simplement à être plus large et se situer dans ce qui se passe chez les autres également. Il s'agit de comprendre la psychologie du développement normal des individus.
Dans ce cadre, bien entendu, il sera fructueux de percevoir ce que nous avons utilisé de notre histoire personnelle pour donner forme à ces dynamiques et à ces tendances à l'échec et à la mort.

2e étape: l'arrêt
La réaction positive consiste ensuite à réussir à mettre un frein et un arrêt à la tendance à l'auto-destruction
. Beaucoup le comprennent vaguement, qui décident de mettre en jeu une activité nouvelle qui les décentre (sport, musique, yoga, étude, voyage, soins de beauté, opérations esthétiques, lectures, etc). Mais, si nous n'y prenons pas garde, nous ne ferons que rester dans l'angoisse car toute activité sera une contre-angoisse. Il faut donc trouver une forme d'arrêt du négatif qui soit véritable.
Le judaïsme a une réponse un peu différente. Certes, l'hygiène de vie est indispensable mais elle n'est fructueuse que si nous arrêtons l'agitation négative pour parvenir à nous brancher sur ce qui est le moteur de la vie essentielle. Et il nous a été révélé.Le judaïsme parle davantage de "revenir" (la téchouva veut dire cela).
Je ne dis pas qu'il suffit de se mettre sur un livre d'étude ou de dire des prières. Car on peut le pratiquer apparemment et être ailleurs. Nous avons à arrêter par nous mêmes, et par un travail volontaire, notre agitation négative. C'est pour cela qu'on dit qu'il faut faire un arrêt en entrant dans une synagogue; ou que les 'hassidim harichonim hayou chohim chaâ a'hat lifné ha téfila ("les Sages amoureux de D.ieu avaient coutume de passer une heure entière à se préparer avant la prière". Bérakhote30a, michna 32b); ou bien, dans les synagogues, il est affiché: "dâ lifné mi atta ôméd, sache devant qui tu te tiens", et "ne parle pas". Il faut donc une technique d'arrêt.
Les premières bénédictions du matin ont cette fonction de nous arrêter dans la confusion et de nous reconstruire positivement. Elles sont présentées sur Modia dans leur commentaire et pratique (lien ici). Les psaumes, avant d'exposer la description des difficultés, écrivent souvent sur quel mode musical ils se situent pour nous placer dans cet arrêt positif, sur ce seuil.

Mais la nécessité de cet arrêt est aussi enseignée beaucoup plus clairement, explicitement:
- le psaume 46,11 dit: "harpou (arrêtez en silence) oudéou (et sachez) ki-anokhi (que Moi Je suis) Eloqim (D.ieu) aroum bagoïm (grand parmi les peuples) aroum ba arets (grand sur la terre)". Cela veut dire: "arrêtez toute votre agitation mentale et alors vous pourrez vous unir (sens véritable de oudéou) avec Moi qui suis l'Ordre de toute chose et au-dessus de tout ce qui organise et désorganise le monde des humains. Lisons le dernier chapitre du Livre de Job et vous verrez qu'il a compris cela et, le faisant, il atteint le bonheur. N'oublions pas cet enseignement: 40 chapitres de discussions savantes et inutiles ont précédé sa prise de conscience dont nous parlons.
- cela veut dire que nous serons inévitablement placés dans la vie devant des situations où nous ne verrons plus clairs bien que nous essaierons de nous comporter selon l'intelligence et la morale et la Torah. Et l'avenir semblera bouché, et les forces sembleront insuffisantes pour retourner la situation, et l'aspiration au bonheur semblera annulée totalement. Et pourtant nous n'aurons d'autre issue. Alors, "le" défi essentiel est posé devant nous: la confiance assurée (bita'hone) et un exemple nous a été donné comme base: Avraham. Il fut le modèle de tous.

3e étape: la dépendance exacte
Cette confiance assurée (bita'hone) ne peut reposer que sur une qualité que l'on appelle la yirea, la crainte de D.ieu comme il est écrit: "réchite 'hokhma yireate Hachém, le commencement de la Sagesse est la crainte de Hachém" (psaume 111,10). Cela ne signifie pas la peur, mais la révérence, la soumission à Celui qui est le "seul" existant, et la seule source de tous les existants; et nous ne devons pas avoir une erreur d'optique et donner de l'importance aux puissants apparents ni à leurs groupes de forces. Ils ne sont que des dépendants, des existants temporaires et n'ont aucune base d'existence en eux-mêmes. Leur apparence de puissance indomptable n'est qu'une "illusion". Ces puissances hostiles, précisément, nient cet ordre vrai des choses et n'ont aucune obédience, aucune crainte de D.ieu. Mais cette impudence ne change rien. Ils verront vite la réalité.

4e étape: mon abri (ma'hsi)
L'homme, alors, ne s'en remet ni à ces fausses puissances, ni à ses angoisses personnelles.
Il choisit un lieu d'existence où se placer: en Celui qui est non seulement la seule source de vie mais aussi l'abri. Il y a un choix personnel à effectuer pour dire: "je Le choisis Lui pour être mon abri". Le roi David le dit sans cesse pour nous et nous devons lire et méditer tous ces enseignements tant répétés:
psaume 14,6: "pensez-vous confondre les desseins du pauvre, alors que c'est Hachém qui est son abri?"
psaume 46,2: "Eloqim est pour nous un abri, une force, un appui dans les tourments, facilement accessible".
psaume 61,4: "Tu es pour moi un refuge, une tour fortifiée contre l'ennemi".
psaume 62,7-8: "Lui seul est mon rocher, mon salut, mon soutien; je ne trébucherai pas. Sur Eloqim reposent mon salut, mon honneur; il est mon puissant rocher, mon abri est en Eloqim".
psaume 71,7: "pour beaucoup, je parais être un invraisemblable prodige, mais Toi Tu es mon solide abri".
psaume 73,28: "pour moi, séjourner près de Hachém Eloqim est bon, Il est mon abri et je raconterai toutes Ses oeuvres".
psaume 91, 1-2: "Celui qui demeure à l'ombre du Très-haut et sous la sauvegarde du Tout-puissant, dit à Hachém: Tu es mon abri, ma citadelle, mon D.ieu en qui je me confie (évta'h)". Ce dernier mot est la confiance assurée, bita'hone.
psaume 91,8-12...: "Tu le verras de tes yeux et tu seras témoin de la rémunération des méchants car tu as dit: Hachém est mon abri, dans le Très-haut tu as placé ton refuge? Nul malheur ne te surviendra, nul fléau n'approchera de ta tente, car il a ordonné à Ses anges de te protéger dans toutes tes voies".
psaume 94,22: "Hachém est une forteresse pour moi et Eloqim est un rocher qui m'abrite".
psaume 142,6: "ainsi je crie vers Toi Hachém et je dis: c'est Toi qui est mon abri, mon lot sur la terre des vivants".

Ainsi, même les mots nous ont été donnés pour nous permettre d'atteindre cet abri et ils sont si nombreux pour nous conforter sans cesse.
Je suis vraiment très affecté quand je vois des personnes que j'apprécie ou que j'aime pour leur qualités exceptionnelles et qui se détournent finalement de leur voie et descendent vers la médiocrité car elles doutent, dans cette phase éprouvante, de l'abri qui les aurait protégées à l'heure de l'incertitude et qui leur aurait donné ce pour quoi elles sont faites. Mais, à mon tour, c'est à moi d'avoir confiance et de m'y placer intérieurement avec elles en cette confiance, au lieu de désespérer.

Et nos textes n'indiquent pas seulement une direction à prendre, ils nous montrent aussi ce que produira en positif cette attitude de s'en remettre à cet abri et non à toute autre voie:
Yoel 4,16-17: "De Sion Hachém rugit, de Jérusalem il fait retentir Sa voix, ciel et terre en tremblent (1e phase de l'épreuve). Mais Hachém est un abri pour Son peuple, un refuge fortifié pour les enfants d'Israël (2e phase de la réaction dont nous parlons). Vous reconnaitrez alors que c'est moi Hachém votre D.ieu, je réside à Sion, Jérusalem sera sacrée, et des étrangers n'y passeront plus".
Cela veut dire que le plan de bien pour lequel nous avons été très précisément créé se réalisera si nous avons la science et le courage de nous retirer du désarroi, des puissances, et nous placer dans Son abri.
Faut-il encore le prophète Jérémie 17;7-8, Yirmiahou, pour nous montrer ce que sera alors notre épanouissement? "Béni soit l'homme qui se confie en Hachém, et dont Hachém est son espoir. Il sera comme un arbre planté au bord de l'eau et qui étend ses racines près d'une rivière: que vienne la saison chaude, il ne s'en aperçoit même pas et son feuillage reste vert; que vienne une année de sécheresse, il ne s'en inquiète pas, il ne cessera pas de porter des fruits". Donc, nos espoirs précis de réalisation sont confirmés à l'avance, mais à nous de choisir la vie par nos attitudes.

Un autre mot hébraïque rend aussi cette même notion, c'est misgav, abri protecteur-rempart:
psaume 3,10: "que Hachém soit donc un abri pour l'opprimé, un abri dans les temps de détresse".
psaume 18,3: " Hachém, Tu es mon rocher,et ma forteresse, un libérateur pour moi, mon D.ieu en qui je m'abrite, mon bouclier, mon puissant sauveur, mon rempart". Les mots sont accumulés pour nous faire comprendre comment nous placer intérieurement dans ce "lieu" et le mot bouclier (maguéne) le symbolisera dans beaucoup de textes. Au moment le plus élevé de la prière, dans la âmida qui clôture les trois prières quotidiennes, en ce si haut niveau, il nous est encore rappelé et c'est aussi la première bénédiction qui nous est donnée et rappelée: "Il est le bouclier d'Avraham". Tant de rappels et nous resterions sourds?
Pensons donc à nous placer intérieurement en ce lieu.
psaume 48,4: "Eloqim réside dans Ses palais, Il s'est fait connaître comme leur vrai misgav, abri protecteur-rempart."
psaume 59, 10-17-18: "Contre leur force, je me mets sous Ta garde, car Eloqim est mon misgav, abri protecteur-rempart... Pour moi je chanterai Ta puissance et Ta bonté car tu es pour moi un refuge au jour de la détresse, Toi ma force, c'est Toi que je célèbre, car Eloqim est ma citadelle, Il est bon pour moi". Ici, nous avons touché autre chose: la force nous est redonnée, ce n'est pas seulement un abri pour les peureux.
psaume 62,3: "Lui seul est mon rocher, mon salut, mon soutien, jamais je ne trébucherai".
Notre force devient maintenant protection mobile dans nos déplacements. Voyons-le davantage:
psaume 144: "Béni soit Hachém, mon rocher qui exerce mes mains au combat, mes doigts à l'art de la guerre. Il est mon bienfaiteur et mon rempart, ma forteresse et ma sauvegarde; il est mon bouclier et en Lui je m'abrite, il soumet les nations à mon pouvoir". Nous avons quitté l'état d'impuissance et de torpeur et de souffrance décrit dès le début de ce texte.
Trop d'injustice tombent sur le pauvre, et sur Israël mais le prophète Isaïe 25;912 nous confirme ce que sera l'heureuse issue (et c'est un symbole sur tous les plans): "On dira en ce jour: voici notre Eloqim en qui nous avons mis notre confiance pour être secourus, voici Hachém en qui nous espérions; soyons à la joie et à l'allégresse à cause de son appui. Car la main de Hachém se posera sur cette montagne et Moab en sera écrasé dans son pays, comme la paille est écrasée dans la fosse à fumier. Dans cette fosse, Moab étendra les bras comme fait le nageur pour nager mais Eloqim abattra son orgueil de même que les pièges dressés pas ses mains. Tes remparts puissants et altiers, Il les inclinera, les fera tomber et rouler à terre, en pleine poussière".

Nous ne pourrons pas dire que nous n'avons pas reçu l'enseignement très précis sur chacune des étapes présentes et à venir, ni sur les attitudes à avoir. Il nous est demandé seulement de "choisir la vie"! Beaucoup aspirent à cela mais ne connaissent pas le trésor de ces textes qu'ils ont reçus.
Quand je vois ces textes et combien de religions antiques ont pressenti qu'il fallait aller dans cette voie, quel est notre privilège d'avoir reçu cette révélation explicite.
Mais quand je vois combien elle est claire, alors je suis autant stupéfait que d'autres aient eu le culot de modifier ces textes de la parole de D.ieu dite par Lui comme dernière et intangible pour en refaire un nouveau testament et de multiples autres religions dont de multiples humains se disent le dernier prophète.

Que chacun, pour ne pas s'égarer ni vers la dépression, ni vers les fausses agitations, ni vers les faux prophètes, ni vers la perte de son idéal, n'oublie jamais ce que D.ieu a dit à Avram: "Al tira Avram, Ne crains pas, Anokhi maghén lékha, Moi Je suis un bouclier pour toi, sékharékha harbé méod, ta récompense sera très grande" et relisez le chapitre 15 de Béréchite.
Nous sommes tous faits sur le modèle d'Avraham, spécialement dans l'épreuve et nous pouvons dire alors avec le roi David: "Toi, Tu es un bouclier pour moi" (psaume 3,4). Etudiez ces versets de psaumes: 7,11 et 18,3-31-36 et 33,20 et 35,2 et 59,12 et 84,10-12 et 89,19

Terminons sur deux notions qui constituerons la dernière étape:

5e étape: celle du secret du duo intérieur
Pour celui qui, laborieusement, essaie de vivre selon ces rythmes au temps de l'épreuve, voici ce qui se passe dans l'intimité du coeur:
Michlé, Les Proverbes 30,5: "toute parole de D.ieu est parfaite, Il est un bouclier pour ceux qui s'abritent en Lui"; mais seulement pour ceux qui s'abritent en Lui. Et ce mouvement de s'abriter en Lui n'est connu de personne, mais il est efficace. Les autres pensent que le pauvre est abandonné et ils ne savent pas dans quelle intimité il est, ni par qui il est défendu. Comme il est dit dans le psaume 119,114: "sitri ou maghinénou atta, Tu es mon secret, ma cachette secrète et mon bouclier".
Mais dans le secret il y a un soleil (psaume 84,12): "ki chéméch oumaghén atta, car Tu es soleil et bouclier Toi".
Car ce n'est pas seulement un bouclier, mais le "maguén ichékha, bouclier de Ton salut (psaume 18,36)" ce qui veut dire "l'éclosion du plan que Tu as prévu pour moi et que Tu me donnes dans cette relation intime où je Te fais confiance au milieu de l'épreuve".
C'est dans le coeur que se joue ce duo intime: "Hachém ouzi ou maghini bo vata'h libbi, Hachém est ma force et mon bouclier, en Lui a confiance mon coeur" (psaume 28,7).

6e étape: celle de la joie éternelle
Alors nous ne pouvons mieux terminer pour exprimer ce qui se dit que par le Cantique de Hanna (I Samuel chapitre 2):
"Mon coeur se réjouit et se délecte en Hachém. Mon front s'est relevé grâce à Hachém, je peux ouvrir la bouche en face de mes ennemis, car j'ai à me réjouir par son salut", etc. Lisez l'ensemble de ce chant que les Sépharades disent le matin avant la prière.
Et que chacun et tout Israël aient confiance, gardent la ligne, l'enthousiasme, la confiance intérieure et le chant d'assurance.
Et que ceux pour qui j'ai écrit cette étude trouvent vite le bonheur plein, "leur" bonheur plein pour lequel ils ont été créés.
Amen, sélah.



Un dernier concept résume l'état positif de celui qui a réussi à se stabiliser dans cette relation de confiance et qui en récolte les fruits. Il est rendu par le verbe 'hassa: avoir trouver un abri. Et la plupart des versets qui l'utilisent démontrent les fruits positifs et heureux du choix de cette attitude:
Routh est venue s'abriter sous les ailes de la Chékhina, et tous les convertis feront pareils, eux qui resteront en position vulnérables, comme Avraham (voyez le commentaire du Livre de Routh 2,12). Et voyez les psaumes 36,8 et 57,2 et 61,5 et 91,4.

psaume 2,12: heureux tous ceux qui se trouvent un abri en Lui.
psaume 5,12: ils se réjouiront tous ceux qui s'abritent en Lui.
psaume 11,1: en Hachém je m'abrite, comment pouvez-vous me dire Fuis!
psaume 16,1-2: garde-moi, mon D.ieu car je me suis abrité en Toi. Je dis à Hachém: Tu es mon maître, mon bonheur n'est pas en dehors de Toi.
psaume 17,7: mets en valeur Tes bienfaits, Tu es le protecteur de ceux qui se confient en Toi, malgré les adversaires.
psaume 25,20: je ne serai pas dans la honte, puisque je me suis abrité en Toi.
psaume 31,2: en Toi, Hachém, je m'abrite, je ne serai jamais déçu.
psaume 31,20: quelle est grande Ta bonté que Tu tiens en réserve pour ceux qui Te craingnent, que Tu témoignes à ceux qui s'abritent en Toi face aux humains.
psaume 34,23: Hachém sauve la vie de Ses serviteurs, aucun de ceux qui s'abritent en Lui ne se perd.
psaume 37,40: Hachém les aide et les délivre des méchants, Il les sauve car ils se sont abrités en Lui.
psaume 64, 11: le juste, le tsaddiq se réjouira en Hachém car il s'est abrité en Lui et tous les coeurs droits pourront s'en féliciter.

psaume 118, 8-9: il est bon de s'abriter en Hachém, bien mieux que de s'abriter dans les humains.
psaume 141,8: vers Toi Hachém mon maître je me suis abrité, ne laisse pas ma vie se perdre.
Le prophète Isaïe (Yéchaya ou Yéchayahou) 16,32 résume toute la condition humaine et celle des Juifs: "Hachém a fondé Sion et les pauvres de Son peuple y trouvent un abri".

Il va de soi que tout ce cycle ne se réalise pas une fois pour toutes, mais sera à reprendre continuellement. Les psaumes nous le démontrent: après des phases entièrement positives dans le bonheur et la louange, comme le psaume 100, recommencent les psaumes d'angoisse, de supplication et de redressement.

Il reste maintenant à s'entraîner! Bonne route.


La condition pour réussir la mise en route de la confiance assurée, bita'hone.
De la théorie à la pratique.

Il y a ceux qui vivent entièrement en dehors de cette recherche et investissent leurs forces pour trouver l'assurance dans l'argent, le paraître, les relations, le culte du moi, le cynisme, la guerre contre les autres, la politique, l'arrivisme, la haine, etc. Beaucoup ne vivent que de cela et les médias de la civilisation actuelle valorisent sans cesse ce type de comportement.
Il y a ceux qui cherchent autre chose mais ne font qu'une place minime à la recherche personnelle qu'ils n'ont pas vraiment découverte; c'est encore un tiroir parmi d'autres, limité, et son pouvoir ne peut pas imprégner l'ensemble.
Il y a ceux qui recherchent leur développement personnel dans d'autres philosophies que leur identité; ils ne savent pas que le judaïsme possède également cette science du pilotage personnel, au même titre que le yoga, ou le zen, ou toute autre philosophie respectable élaborée pendant des millénaires de recherche. Ils s'imaginent que le judaïsme est seulement une collectivité qui a son énorme bagage à étudier et une morale de base ainsi que de très nombreuses pratiques. Tout cela est exact mais trop partiel car la Torah est Torate 'hayim, une Tora de vie.
Parfois ils sont même entrés dans l'étude véritable qui prend le coeur, ils sont ouverts mais ne connaissent pas la technique pour passer de la théorie à la pratique en ces domaines du développement personnel. Ils ne recourent à une aide que pour des indications pratiques de halakha, ou pour "recevoir" un conseil dans une pratique de vie mais non pas pour avancer dans le pilotage personnel.
Pourtant le judaïsme possède cette "psychagogie", ce pilotage de développement personnel. En ce qui concerne le propos de cette page, allons le chercher dans les trois premiers psaumes du Roi David.


Le psaume 1
Le premier mot de tous les psaumes est "heureux" (achré). Voici la règle du bonheur.C'est bien notre sujet.

Et comment y parvenir? Deux conditions préalables à tout ce que nous avons visé:
1. en négatif, ne pas participer au mal sous aucune forme: c'est-à-dire ne pas suivre les procédures des méchants, ni participer de leur monde ni de leurs pratiques, ne pas partager la compagnie de ceux qui détruisent pas le langue sous différentes formes dont la plus fréquente est la raillerie, l'humour démolisseur.
Tout cela est dit dans l'usage répété du "non, lo".


2. en positif, "placer son 'héfets dans la Torah de Hachém" et la méditer jour et nuit.

Qu'est-ce que cela veut dire: "placer son 'héfets dans la Torah de Hachém"?
Le 'héfets, c'est la volonté (ratsone), le désir (téchouqa), l'aspiration (michala), l'inclinaison vers (nétiya lé-).
Un grand Sage d'Israël porte le nom de 'Hafets 'hayim, celui qui désire la vie. Cela en utilisant la citation du psaume 34,13: Mi ha ich hé 'hafets 'hayim, ohev yamim lirot tov
Quel est l'homme qui désire la vie, qui aime de longs jours pour goûter le bonheur?

Nous comprenons maintenant que nous ne pourrons accomplir les 6 phases décrites pour atteindre la confiance assurée que si on décide et parvient à "placer son 'héfets dans la Torah de Hachém". C'est un choix total: hors des autres axes.
Et le Traité Bérakhote du Talmud, page 14a, discute de la question de savoir s'il est bon ou non d'entreprendre des activités avant d'avoir prié le matin. Il répond que non car "kol ha mitpallél vé a'har-kakh yotsé la dérékh (toute personne qui prie et ensuite se rend à ses affaires), Haqadoche baroukh Hou ôssé lo 'hafatsav (D.ieu accomplit son désir)".

On voit par là que c'est se placer dans une union réciproque des désirs qui donne toute la force pour le processus qui en découle ensuite avec logique. Notre aspiration, remise dans celle de Hachém acquiert Sa puissance. Cela doit être vrai, sincère et non en calcul. Et en laissant alors le pilotage entier et la direction à Celui qui sait ce qu'est le bien, le timing souhaitable, l'orientation, et le pourquoi des choses. Il est logique que le psaume 1,3 dise: "tout ce qu'il entreprendra réussira, kol achér yaâssé yatslia'h).

Et la logique est bien rendu par le mot répété ki, puisque, "puisque Hachém protège la voie des justes, mais la voie des méchants conduit à la ruine". Voyez la paracha Eqev (lien ici) sur l'importance de cette logique du ki.


Le psaume 2
Il fait la démonstration du même thème mais par son contraire: comment fonctionnent les méchants.
Ils se coalisent, s'agitent, complotent, veulent briser. Mais ne peuvent rien. Ce n'est pas seulement un décalage entre la Puissance et les fausses puissances. C'est cela, certes.
C'est surtout l'impuissance face à l'union entre Hachém et celui qui a opté pour Lui. Car, en fait, c'est Hachém qui a opté pour cet homme ou pour cette femme: "C'est Moi qui ai consacré Mon Roi sur Sion, ma montagne sainte" (psaume 2,6). Et Hachém continue: Mon roi, Mon fils.


Celui qui a mis son 'héfets en Hachém, Celui-ci en fait Sa part, et rien ne peut rien contre. Il y a une règle pour cela: être pur (nachqou-var) dans ce choix.

Le psaume 3
Après l'exposé des motifs de base dans les deux premiers psaumes, celui-ci aboutit aux stades que nous avons explorés: certes, il y a les difficultés et les attaques et les immenses pressions menaçantes, mais nous avons
- le bouclier
- La Présence à l'intérieur de cette citadelle
- le cycle vital: je me couche (ani chakhavti), je m'endors (vaichana), je m'éveille (héqitsoti)
car Hachém me soutient, encore le ki de logique: ki Hachém yismékhéni.

Le plus souvent, l'angoissé ne peut se coucher; et quand il y parvient il ne peut s'endormir; et, quand il y parvient, il ne peut pas se relever.
- Hachém agit, défend, et donne la bérakha, la bénédiction.
Tout cela s'applique autant au particulier qu'à l'ensemble du peuple.
Relire maintenant ces trois psaumes sous cet axe.

Dans cette étude, nous avons touché une qualité essentielle qui n'est pas une parmi d'autres. Elle constitue la remise de toutes nos aspirations dans l'axe et la puissance de Celui qui a un dessein sur l'humanité, qui l'a créée pour cela, et qui souhaite que nous soyions des coopérateurs pour sa réussite. Cet objectif global, contnu dans la pédagogie concrète de cette attitude nous permet de comprendre pourquoi nos Sages nous font remarquer que ce psaume 2 parle de la réussite globale de la Création.
Ils le voient dans le fait que le psaume 2,4 dit: "yochév ba chamayim yis'haq, Celui qui est assis dans les cieux rira".

Le psaume attire notre attention car il est écrit yis'haq (rira) au lieu de yits'haq: la lettre sine dans yis'haq au lieu de la lettre tsadé dans yits'haq.
La tradition orale indique que la lettre sine ou chine (dans une démonstration qui n'a pas sa place ici) est le signe de la délivrance finale, de la réussite finale quand la Sagesse d'En-haut pourra enfin se déverser sur les hommes. Cela est entre nos mains. Par cette attitude d'arrêt que nous avons exposée, par la remise de notre désir en Hachém, et tout ce qui a été dit.
Et cela de façon répétée. Alors, nous recevrons vraiment la confiance assurée, le bita'hone.

Continuer cette étude par les commentaires des psaumes: 16, 20, 21, 27, 30, 34, 85, 89, 90, 91, 108, 121, 122, 130, 144. Lien sur cette page.

Pour étudier davantage sur ce thème et dans cette ligne de l'amour intérieur assuré:
Réchite 'Hokhma, Chaâr ha ahava, chapitre 12.

Un simple exemple montrera à quel point cette approche globale possède sa cohérence une fois que nous l'avons bien saisie. Mais il faut la travailler, en prenant des notes, en résumant pour bien percevoir cette structure, ses étapes, ses techniques.

Nous avons vu que la condition essentielle est de réserver notre désir à Hachém et Sa Torah:

béTorate Hachém 'héftso, ouvéTorato héhégué yomam valaila,
"dans la Torah de Hachém est son désir, et dans Sa Torah il médite jour et nuit"?

Nos Sages nous font remarquer, dans le psaume 91,8 commenté sur Modia (lien ici), que ce mot Torah est inscrit dans le verset qui dit: "seulement de tes yeux tu le verras, tu seras témoin de la rémunération des méchants"

En effet, les lettres initiales de ce verset (que j'ai mises en valeur par ces petits oeufs au-dessus des lettres) forment le mot Torate qui réfère à ce premier psaume et à ce qu'il explique. Donc, nous avons là la confirmation: l'habitation totale dans la Torah fera qu'on sera protégés, mais en plus on verra aussi la punition des méchants pour leur méchanceté. A une seule condition: que le désir soit dans la Torah. Réfléchissons bien sur ces mots pour saisir la logique précise qu'ils expriment, et ne pas se tromper.


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