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Le développement personnel
de la 1e semaine et de chaque jour
pendant la période du Ômér
entre Péssa'h et Chavouôte
C'est le soir, après le 1er jour de Pessa'h que l'on commence le compte du Ômer, celui du 1er jour.
Et on continue chaque jour ainsi.


par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia.    http://www.modia.org
Retour ici à la page sur le sens de la période du Ômer et ses pratiques de réalisation.

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Une obligation: avançons dans une période de développement personnel
en travaillant sur nos comportements selon les caractéristiques de chaque jour qui nous relie de Pessa'h au don de la Torah à Chavouôte.
(les dates seront précisées au fur et à mesure)

 
1e jour de l'Ômér: commence DES LE SOIR DU 7 avril 2012, après l'apparition des étoiles, fin de la première journée de Pessa'h, commencement du 16 Nissane.

Il nous faut donc maintenant réaliser toute cette étude pour comprendre et réaliser.

 

Plan

  • Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ?
  • Les principes préalables de Ribbi Moché Cordovéro
  • Le travail progressif, lent et systématique de la 1e semaine sur les tendances de bonté 'hésséd.
  • conceptuellement,
  • pratiquement et activement
  • pratiquement et passivement.
  • Le grand art de la conscience juive de l'épreuve.
  • I. Les dimensions psychologiques dans le développement personnel juif
  • II. Les dimensions au-delà du psychologique dans le développement personnel juif
  • La 2e semaine de l'Ômér travaille sur les tendances de force guévoura.
  • La 3e semaine de l'Ômér travaille sur les tendances de beauté téféréte.
  • La 4e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'assurance nétsa'h.
  • La 5e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) de rayonnement et splendeur hod.
  • La 6e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'union fécondante et sexualité yéssod



  •  

    Selon la tradition, pourquoi ce  travail personnel à réaliser sur soi-même pendant le Ômér ? 
    La libération de ce que représentait Mistrayim, Egypte (angoisse, esclavage volontaire, perte de l'identité, assimilation à d'autres cultures et à d'autres dieux, glissement progressif vers la destruction) s'est faite par don gratuit de Hachém pendant le jour de Pessa'h ; mais, ces forces négatives se ravivent et augmentent immédiatement leur prise si un travail personnel n'est pas entrepris sur soi-même. C'est ce que nous enseignent tous nos Sages et ils ont prescrit pour cela le compte du Ômér et des techniques pour réaliser ce développement personnel.



    Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ?  Il repose sur deux techniques:
    1. La tradition nous enseigne que ce processus personnel de libération doit être fait pendant les 49 jours pour que nous soyions capables de recevoir la Torah pendant la fête de Chavouôte
    2. Ce processus personnel de libération doit être fait systématiquement sur chaque dimension de nos tendances (middotes)

    Voilà pourquoi chaque semaine est consacrée au travail sur l'une de ces middotes (d'abord la bonté 'hésséd, puis la force guévoura, puis la beauté tiféréte, puis l'assurance nétsa'h, puis l'expansion hod, puis l'union et la sexualité yéssod, et la complétude royale malkhoute...) ; on peut se reporter au Tomar Dévora, Palmier de Dévora, de Rabbi Moché Cordovéro, pour comprendre et accomplir ce travail qui est à la fois spirituel, moral et psychologique. Chaque semaine est consacrée à un travail particulier, mais également chaque jour de chaque semaine. Nous le suivrons comme manuel de développement personnel jusqu'à Chavouôte. Ce processus doit se dérouler lentement, sur 49 jours. 

    La libération de Pessa'h elle, devait être soudaine, comme toute décision peut être l'aboutissement d'une longue réflexion mais, finalement, la décision est soudaine (bé'hipazone). Tous ceux qui ont répondu à la logique juive de la montée en Israël (âlia) connaissent ces deux étapes de mûrissement lent et de décision définitive soudaine. Et, à l'heure où la décision est possible et où seule la décision de liberté est en jeu, si l'homme ne fait pas le choix, comme pour la sortie d'Egypte, il a "perdu alors le temps favorable" que Hachém lui donnait (davar tov béîto). Donc, il avait reçu le don gratuit de la lumière progressive et, finalement, il dit "non" ou "oui". La fête de Pessa'h est marquée par ce "bé'hipazone" (en hâte) mais le Ômér qui suit est marqué, au contraire, par le travail progressif, lent et systématique pour assurer dans la réussite des faits ce qui avait été décidé seulement dans la tête
    La première semaine se caractérise par le travail concret sur la bonté, hésséd. 


    Justification de ce travail progressif, lent et systématique selon les principes que pose Ribbi Moché Cordovéro :

  • nous sommes fait à l'image et à la ressemblance du Créateur,
  • nous vivons de Son influx,
  • si nous le laissons nous pénétrer par la prière et par le travail sur nous-mêmes dans des actes effectifs,
  • les semaines du Ômér sont propices à ce travail.

  • Cela se résume dans le principe : ha adam raouille ché yitdamé léqono (il est pertinent que l'homme se rende semblable à son Créateur).

    Note - Ribbi Moché ben Yaâqov Cordovéro (1522-1570), élève de Rabbénou Yosséf Caro, nommé Marane par les Séfarades, et de Ribbi Chlomo Alkabéts auteur du Lékha Dodi fut le maître de Ribbi Yits'haq Louria, le Ari.
    Ses livres les plus connus sont Pardés Rimonim (livre très spécialisé de caballe), Or Néêrav (plaidoyer pour la caballe) et Tomer Dévora (livre de moussar, morale du comportement pour l'ensemble du public, fondé sur la compréhension de toute la Torah jusqu'aux niveaux les plus intimes et les plus élevés mais traduits en modèles clairs et simples de comportement interne et externe pour tout le peuple).
     

    Photo de l'auteur. Les glycines en avril descendent, généreuses, et parfument spirituellement  les rues qui entourent ma maison, placées là par la bonté des voisin à  Jérusalem. Elles expriment au mieux en ce moment cette descente de la bénédiction, si nous la regardons, si nous la disons. Entrons dans cette expérience du 'héssed-glycine.
    La première semaine 
    se caractérise par le travail
    sur la bonté, héssédVoyez ici toute la page d'enseignement par l'exemple des glycines.

    Présentation du texte de Ribbi Moché Cordovéro et explicitation

    "Cela consiste, certes, à se dire que l'on va s'améliorer dans l'amour des créatures mais cela n'est possible que si on améliore d'abord notre amour du créateur dont Sa qualité (midda) d'amour, alors, nous imprégnera et agira en nous. C'est ce qu'il appelle le secret de la bonté" (sod ha'hésséd hou).


    Conceptuellement
    1. Le but est donc de comprendre ce que veut dire "aimer Hachém", ou "être dans son 'hésséd", ce qui est la même chose. Voilà pourquoi; quand on nomme le jour du Ômér le soir, on dit que chaque jour de cette semaine est dans le 'hésséd
    2. Ce sera un amour absolu à l'exemple de celui de Hachém; takhlite: ahava.


    Pratiquement et activement. 
    En quoi cela consistera t-il pratiquement ? 
    3. Que cet amour, dans le coeur et dans les actes et dans la prière, ne soit conditionné par aucun motif que l'amour lui-même envers Hachém (ché lo yania'h âvodato léchoum siba).
    4. Que rien ne soit aimé par nous de façon comparable à cet amour pour Hachém. Il faudra donc nous organiser concrètement pour réussir cela en priorité (véla zé yitaqén té'hila tsorkhé âvodato).
    5. Activement, pour la part venant de l'homme, il faut que la vie soit organisée en conséquence, dans tous les choix, pour réaliser ce programme en priorité et situer concrètement le reste des besoins en seconde position (vé a'har kakh, hammotar yiyé lichéar hatsérakhim).
    6.  On s'organise mentalement et concrètement pour que cet amour soit enraciné stablement dans le coeur (vétiyé ha âvoda hazzote téqouâ bélibbo).

    (Commentaire : cela veut nous dire que si nous adoptons cette position d'un amour pur et total pour ce qui est la source même de la vie et de l'amour, alors notre amour concret pour les créatures sera lui aussi de cette qualité car il y puisera sa vie. Cela n'est pas une position curieuse mais le Rav explique là simplement le sens de ce que nous disons tous les jours dans le Chémâ Yisraël : tu aimeras D.ieu de tous tes coeurs, bé khol lévavékha. On comprend qu'il ne suffit pas de lire ce commentaire pour l'appliquer, mais il faut prendre un temps de réflexion pour voir concrètement ce qui en découle pour soi-même).


    Pratiquement et passivement, pour la part que l'on reçoit de l'existence.
    1. considérer tout ce que l'on reçoit comme amour envers nous : yé'hachévéem lé ahava lo.
    2. et comme loyauté de la part de HQBH : néémanim pittsé ohév, loyales sont les blessures que fait celui qui aime (Michlé, Proverbes 27, 6)
    3. avec le même enracinement en profondeur dans le coeur, que D.ieu nous envoie des choses agréables, des souffrances ou des reproches : béïn yéqabbél tovote mééte HQBH ouvéïne yéqabbél yissourine vétokha'hote.
    4. on considère seulement en tout cela la part de bon (déâto el ttsad hattov) et on cache les rigueurs (oumastir dinéya).


    Résultat
    A ce moment là, 
    1. on aime D.ieu ouvékhol méôdékha "et de toutes tes forces" (Dévarim 6, 5).
    2. alors, on a intégré la bonté dans chaque midda ou attitude de soi. Ou, inversement, on a intégré chaque comportement et attitude intérieure (midda) dans la bonté, hésséd : likhlol kol hammidote bé'hésséd.
    3. cela nous place dans l'ordre de la complétude que l'on appelle malkhoute, ou royauté de toute la bénédiction sur tout le concret, et union de toutes les qualités les plus contradictoires dans la seule bonté : vénimsa sod hanhagato méhammalkhoute.
    4. c'est cela un comportement toujours placé dans le 'hésséd : vézo hi hanhaga guédola léhiqachér bé'hésséd tamid.
     


    Après la présentation de ce texte du Sage, voici le commentaire d'intégration de ce texte (par Yehoshua Ra'hamim Dufour)

    I. Les dimensions psychologiques dans le développement personnel juif
    On le voit, le travail sur la bonté, hésséd,  intègre des dimensions personnelles importantes que le terme de "morale" moussar risquerait de réduire en parlant de réalisation d'actes bons mais sociaux et extérieurs.
    Ce développement est d'abord un travail sur les dimensions psychologiques intérieures :


    Première dimension intérieure: la capacité de mettre l'amour en takhlite ; cela veut dire, en hébreu, un amour "qui emplisse tout le domaine de tout, jusqu'aux limites et soit aussi le but de nos tendances et de nos désirs" (voyez ce mot dans Néhémie 3, 21 et Job 26, 10). 
    Pour y parvenir, posons-nous les questions simples suivantes :
    - quelle est la valeur et la préoccupation qui emplissent notre horizon actuellement et généralement (argent, confort, bonnes relations, joie, santé, ambition, plaisir, sexualité, politique, affaires, moi, etc) ?
    - serait-il possible que ce soit l'amour qui prenne la nouvelle place de première valeur, de premier terrain d'existence, de premier but, de première ambition, de premier investissement ?
    - serait-il possible de placer la source de cette orientation dans un amour de cette qualité précise qui est l'amour divin ? et dont nous avons le témoignage dans la Torah.


    Deuxième dimension : la capacité de vigilance
    Le mot takhlite comprend la notion de totalité (kolà qui caractérise la bonté et l'amour pour faire surgir de la racine de notre être) :
    - il faut donc développer une conscience la plus constante possible en nous qui capte notre tendance profonde et son orientation. 
    - c'est un travail laborieux. Ceux qui sont en cure psychologique comprennent cette vigilance constante qui va les éclairer sur eux-mêmes. Cette bonté recherchée en nous avec constance et vigilance est un travail (âvoda,, voilà pourquoi on dit en hébreu que la prière est âvodate lév, travail du coeur, comme les sacrifices étaient un travail (avôda) car ils étaient laborieux et impliquaient toutes les tendances de l'être et toute la conscience. Reportez-vous ici au commentaire de la paracha Vayiqra.
    - ce travail personnel suppose une mise en action de la volonté, de la décision pour maintenir le cap car on ne parvient pas à accomplir cette tâche avec facilité.


    Troisième dimension : la capacité de voir tout de l'autre dans le seul axe de l'amour.
    Néémanim pittsé ohév, loyales sont les blessures que fait celui qui aime (Michlé 27, 6). Cela veut dire que celui qui est aimé interprète toujours dans le bon sens l'intention de celui ou de celle qui s'adresse à lui dans une relation amoureuse.

    Questions très simples : 
    1. envisageons-nous ce que "devrait, selon nous" nous envoyer D.ieu comme uniquement l'agréable ou bien acceptons-nous à l'avance les programmes difficiles comme faisant partie de ce que nous ne comprenons pas mais qui est certainement "bon" et qui a des fonctions bonnes (élévation, dépassement de soi, complétude en cours, changements, etc); cela afin de parvenir à bénir dans le mal comme dans le bien ainsi qu'il est demandé, sachant aussi que D.ieu seul voit les temps, les plans d'ensemble qui exigent des détours, les réparations et purifications nécessaires, etc.
    - suis-je prêt a priori à, ainsi, tout intégrer dans une vue de bonté (même si nous souffrons en même temps) ? Lisez le verset 119, 71 des psaumes
    "tov-li kh ounéti lémaâne élmad 'houkéikha,
    c'est bon pour moi que j'ai été dans la misère afin que j'y apprenne Tes secrets".
    Le traité Bérakhote 54 a, des Bénédictions, dit également  ce que la halakha a repris dans ses prescriptions : 
    'hayav adam lévarékh âl haraâ kéchém chémévarékh âl hattova chénéémar : véahavta éte Hachém élohékha békhol lévavékha... bichné yétsaréikha, béyétsér hattov ouvéyétsér harâ.
    "l'homme a l'obligation de bénir à propos du mal de la même manière qu'il bénit sur le bien comme il est dit 'avec tes deux coeurs' (békhol lévavéikha, Dévarim 6, 5) où le mot coeur est mis au pluriel pour parler de l'instinct du bien et de l'instinct du mal" (Traité Bérakhote 54 a).
    Cette conception qui intègre tout dans la bénédiction et la bonté est importante comme pacification.
    En effet, nous devons alors être indulgents envers nous-mêmes et envers les autres pour la part impure qui vient chez chacun toujours tout déformer et perturber ; bien plus, ce léger mal ou ces erreurs sont aussi une force et ils n'altèrent pas le bien réalisé; au contraire, il faut apprendre à intégrer cette art de déviation à l'intérieur du bien et de la bénédiction.
    "Gam zo la tov, également celle-là (cette part-là) est pour le bien" disait Na'houm dont cette phrase fut associée à son nom (Taânite 21 a, Sanhédrine 105 b et 109 a).


    Le grand art de la conscience juive de l'épreuve
    Le Rav Cordovero nous enseigne là un grand art à travers une particularité linguistique.
    Il fait remarquer que zo  est délibérément au féminin, dans l'expression: "Gam zo la tov, également celle-là (cette part-là) est pour le bien".
    Explicitons-le. Cela fait allusion au fait que les épreuves viennent de ce que l'on appelle le "côté gauche" qui est appelé soit dinim soit guévourotes. Quand c'est dinim, ce sont des jugements terribles mais ce peut-être aussi guévourotes qui sont, certes des chocs, mais qui donnent alors des forces et c'est le cas quand ces épreuves sont intégrées dans la bonté. Cela doit nous donner une conception juive de l'épreuve que nous présentons dans la réponse aux questions.



    II. Les dimensions au-delà du psychologique dans le développement personnel juif

    Aimer dans la source de la bonté
    Le Rav Cordovéro nous éclaire ensuite sur la véritable nature de cette bonté qui pourrait -à tort- nous sembler seulement de bonnes inter-relations humaines.
    Il cite l'introduction des Tiqqouné Zohar disant :
    "éïne 'hassid élla hamit'hasséd îm qono déâvid qén... da chékhina

    il n'est pas de 'hassid, (aimant de D.ieu) si ce n'est celui qui fait sa bonté en étant avec son Créateur en Lui faisant un nid... qui est la Chékhina".

    Commentons. Il précise là un point important. La Torah nous apprend ce qu'est et ce que doit être la bonté, parce que sa source et sa nature sont en Haqqaddoche baroukh Hou Lui-même dans la bonté intérieure et intime qu'Il a avec la Chékhina (Sa présence divine dans le monde). Ainsi, aimer la créature, en ce qui nous concerne ici-bas, c'est comme si nous bâtissions un nid pour la Chékhina et assurions la relation d'amour entre HQBH et Sa Chékhina.

    L'association divine
    Cela montre la haute nature de notre bonté si nous la comprenons bien, et quel rôle important nous accorde D.ieu de participer à Sa relation d'amour intime. Cela est formulé parfois en disant : D.ieu a besoin des hommes.

    Notre part active
    Le Rav, à partir de là, indique autre point important : dans nos sentiments humains, notre intention affective peut aller jusqu'au Créateur comme objectif-source de tout notre être  : léfi ché guémiloute 'hassadim ché adam ôssé bata'htonim, tsarikh ché yikhavéne ba hattiqqoune haêliyone dougmato, vé hou ché gomél 'hésséd îm qono.
    C'est ainsi que l'homme "donne la bonté à son Créateur", gomél 'hésséd îm qono, merveille de la liberté humaine. 

    Exemples
    En plus des actes courants de bonté, il cite plusieurs actes qui relient ainsi, de façon particulièrement visible, la bonté humaine et la bonté directement divine :
    - le don de nourriture au nouveau-né qui n'a aucun moyen de se la procurer, au moment où la créature est dans les rigueurs de la vie sans aucune défense.
    - le don de la circoncision où, gratuitement, on fait franchir des stades très importants à l'enfant face à des freins qui s'exercent sur lui.
    - la visite aux malades et leur soin,
    - les dons aux pauvres,
    - l'accueil des personnes seules et en déplacement,
    - le soin des personnes décédées qui n'ont aucune capacité de veiller à leur dignité et ne pourront pas en remercier,
    - l'assurance des besoins matériels de la mariée qui n'en dispose pas,
    - l'aide à la paix entre les hommes lorsqu'ils sont en relations conflictuelles. Tout ce qui ressort de faire avancer les chemins de la paix c'est bonté envers le Très-haut :
    "vékhol kéyotsé bazé midarkhéi chalom hou guémiloute 'hésséd lémaâla.

    Tout cela est bonté, bonté humaine à l'image de la bonté divine, mais, davantage encore, cela contribue à la circulation heureuse de l'amour en D.ieu Lui-même".

    Rappelons ici ce que nous disions dans la paracha Vayiqra :
    "La pauvreté de D.ieu
    C'est peut-être l'un des sens de cette modestie du aleph minuscule dans le mot vayiqra : cette rétraction et retenue d'affection est la condition d'une transmission qui ne tuera pas l'autre par sa puissance. 
    Cette démarche, qui est un enseignement de Hachém envers Moché, se retrouve constamment dans la Torah ; il est souhaitable qu'elle puisse se retrouver tout autant dans la relation entre les personnes.
    Ribbi Yaâqov Abou'hatséra (lien ici) va dans cette ligne et nous mène en des sommets où nous n'oserions jamais aller. Il nous indique sur ce mot Vayiqra que la rétraction nous informe de l'état de déficience et de fragilité de la présence de D.ieu en ce monde, que l'on nomme Chékhina ou royauté de D.ieu, malkhoute! C'est un état de pauvreté, daloute, dans lequel le monde met D.ieu, si l'on peut dire. Chaque jour, le plan de plénitude de D.ieu est ainsi appauvri. 

    Le pouvoir de l'homme de répondre et reconstruire.
    Et c'est le propre de l'homme, des membres du peuple d'Israël, que de pouvoir reconstituer cette plénitude, d'abord dans la prière de cha'harite, cette longue prière du matin (dite à un rythme normal pour  prononcer chacun mot sans s'attarder, à haute voix comme le font les sépharades, elle dure environ une heure 1/4 chaque jour où il n'y a pas de lecture de Torah comme c'est le cas le lundi et le jeudi).
    C'est un thème constant dans son oeuvre, spécialement dans son commentaire Ma'hsof hallavane (y voir Béréchite sur Béhibaram, ou le début de la paracha Térouma ou la paracha Béchala'h sur le chant après le franchissement de la mer Rouge)."



    III. Comme il n'est pas possible d'intégrer tout cela simplement, le judaïsme -comprennant la Création par D.ieu de la semaine de 7 jours qui a des motifs très élevés- organise ce travail à l'intérieur de cette semaine consacrée à la bonté 'hésséd:
    chaque jour verra à son tour l'accent du travail personnel porter sur l'une des 7 dimensions suivantes successivement :

    Le compte et les particularités des étapes de la bénédiction chaque jour:
    1e jour de l'Ômér: le 16 nissane, on compte pour le commencer le 7 avril 2012 au soir, fin de la première journée de Pessa'h.
    Mot: Elokim      Lettre:youd      Prière: Anna
    la bonté 
    dans la bonté 'hésséd 
    2e jour de l'Ômér. le 17 nissane, on compte pour le commencer le 8 avril 2012 au soir,
    Mot: Yé'hannénou       Lettre:Chine      Prière: Békoa'h
    la force guévoura 
    dans la bonté 'hésséd

    3e jour de l'Ômér. le 18 nissane, on compte pour le commencer le 9 avril 2012 au soir,
    Mot: Vivarékhénou       Lettre:Mém      Prière: Guédoulate
    la beauté tiféréte 
    dans la bonté 'hésséd 

    4e jour de l'Ômér. le 19 nissane, on compte pour le commencer le 10 avril 2012 au soir
    Mot: Yaér       Lettre:'Hét      Prière: Yéminékha
    l'assurance victorieuse nétsa'h
    dans la bonté 'hésséd
    l'assurance victorieuse nétsa'h
    dans la bonté 'hésséd

    5e jour de l'Ômér. le 20 nissane, on compte pour le commencer le 11 avril 2012 au soir
    Mot: Panav       Lettre:Vav      Prière: Tatir
    l'expansion de la beauté hod
    dans la bonté 'hésséd 
    l'expansion de la beauté hod
    dans la bonté 'hésséd 

    6e jour de l'Ômér. le 21 nissane, on compte pour le commencer le 12 avril 2012 au soir,
    Mot: Itanou       Lettre:Vav      Prière: Tséroura
    l'union et la sexualité yéssod
    dans la bonté 'hésséd
    l'union et la sexualité yéssod
    dans la bonté 'hésséd

    7e jour de l'Ômér. le 22 nissane, on compte pour le commencer le 13 avril 2012 au soir,
    Mot: Sélah       Lettre:Youd      Prière: Les initiales des 6 lettres précédentes
    la complétude royale malkhoute dans la bonté 'hésséd .
    la complétude royale malkhoute dans la bonté 'hésséd .

    Pour une formation précise sur le sens de chacune de ces particularités, voyez votre rabbin local.


    La bénédiction du compte du Ômér, chaque jour

    Les règles de base
    (Le jour juif va du soir au lendemain soir à la tombée de la nuit).

    Il y a une modification dans l'ordre des mots pour les achkénazes et pour les sépharades, mais le compte est, bien entendu, le même). Si on ne connait pas l'hébreu, on le dit dans sa langue habituelle. On ne nomme pas le compte du jour avant d'avoir dit la bénédiction; donc, si quelqu'un vous demande quel compte du Ômér on est aujourd'hui, vous répondrez: hier, on était le...". Bien vérifier le nombre avant de compter. On dispose de divers calendriers très pratiques et souvent très esthétiques pour cela.

    1. On attend la tombée de la nuit pour le dire et on le dit alors même si on n'a pas dit Arvite, mais généralement on le dit à la fin de la prière de Arvite. L'officiant le dit d'abord mais ensuite chacun le dit également car c'est une obligation personnelle pour chacun.
    2 . On le dit debout mais si on l'a dit assis, on a rempli la mitsva aussi. Les femmes ne le disent pas car elles sont dispensées des mitsvotes liées à une précision du temps. Mais, si elles le désirent, elles peuvent le dire en omettant la bénédiction. Il est souhaitable de le dire avant de prendre le repas du soir.
    3. On peut le dire pendant toute la nuit avec la bénédiction. Si on l'a oublié, on pourra encore le dire toute la journée, mais sans la bénédiction. Et les jours suivants on reprendra avec la bénédiction.
    4. Cas de quelqu'un qui a oublié de compter un jour. Alors, son compte des 49 jours sera définitivement incomplet, donc il ne pourra plus continuer à compter avec la bénédiction. De même s'il s'aperçoit qu' hier a fait une erreur dans le nombre. Mais, il se devra de compter quand même chaque jour (sans la bénédiction), de façon à continuer à faire tout le travail d'amélioration nécessaire.

    Le calendrier pour chaque jour, voir la page qui lui est consacrée

    Le texte et les étapes de la bénédiction
    (certains disent auparavant une formule non obligatoire: "pour unifier, léchém yi'houd...)
    Baroukh atta Hachém Eloqénou mélékh haôlam, achér qiddéchanou vémitsvotav vétsivanou âl séfirate ha ômér.
    Béni est-Tu, Hachém notre D.ieu, Roi du monde, qui nous a sanctifiés par Tes mitsvotes et nous a ordonné au sujet du compte du Ômér.

    (exemple pour un certain jour:)

    - Hayom, yom é'had laÔmér, Aujourd'hui jour 1 dans le Ômér.

    Ensuite, on dit:
    Ha Ra'hamane, Hou yivné véite ha miqdache véya'hazir ha âvoda liméqomah vimhéra véyaménou. Amén.
    Le Miséricordieux, Lui, reconstruira le Temple et il fera revenir ses tâches en leur lieu bientôt de nos jours. Amén.

    Enfin: on dit le psaume 67.
    En effet, après le premier verset, il y a 49 mots et chacun d'eux est la caractéristique d'un de ces jours du Ômér.
    De même, le verset 5 a 49 lettres dont chacune manifeste également la qualité de ce jour.
    Puisque les 7 versets de ce psaume sont l'expression du chandelier du Temple, la ménora,

    on l'imprime selon cette forme et le verset 5 est alors la branche centrale.

    La ménora est l'homme qui reçoit tout le flux de la bénédiction dans toutes les structures de son être. Chaque jour, une correction (un tiqqoune) se fait au niveau de ce qui pouvait arrêter ce flux de la bénédiction en une dimension précise de nous-même, et son investissement complet dans notre être. Cela est exprimé, dans le langage technique par un travail précis sur chaque partie de séfira incluse dans chaque séfira ; ceux qui ont étudié cette partie de la Torah comprennent. Voici un dessin de cette ménora écrite avec le psaume. Chaque artiste juif ou scribe (sofér) aime composer son propre dessin de "sa" ménora.

    Traduction du psaume 67 (en gras, le mot et la lettre à dire à la tombée de la nuit, début du jour juif):




    verset
    1. La ménatséa'h binéguinote mizmor chir.
        Au chef du choeur des chantres (au victorieux), sur les instruments à cordes, cantique, chant.

    verset 2. 1Eloqim 2yé'hannénou 3vivarkhénou 4yaér 5panav 6itanou 7séla.

    traduction: 1 D.ieu 2nous prendra en grâce 3et nous bénira ! 4Qu'il illumine 5Son visage 6sur nous, 7éternellement.




    verset 3. 8Ladaâte 9baaréts 10darkékha 11békhol 12goyim 13yéchouâtékha.
        8Pour connaître 9sur la terre 10Tes voies, 11dans tous les 12 peuples 13Ton salut.

    verset 4. 14Yodoukha 15âmim 16Eloqim, 17yodoukha 18âmim 19koulam.
        14Ils Te loueront 15les peuples, 16D.ieu, 17ils Te loueront 18les peuples, 19tous.



    1 verset 5. Yismé'hou virannénou léoumim ki-tichpote âmim michor ouléoumim baaréts téna'hem séla.
        Ils se réjouiront et jubileront les peuples car Tu jugeras droitement, et les nations sur la terre Tu verras avec bonté éternellement.



    verset 6. Yodoukha âmim Eloqim, yodoukha âmim koulam.
        Ils Te loueront les peuples, D.ieu, ils Te loueront les peuples, tous.

    verset 7. Eréts naténa yévoula yévarkhénou Eloqim Eloqénou.
        La terre a donné sa moisson et Il nous bénira Eloqim notre D.ieu.

    verset 8. Yévarkhénou Eloqim véyireou oto kol-afsé-49aréts.
        Il nous bénira Eloqim et elles Le vénèreront toutes les extrémités de la 49terre.

    50 Fête de Chavouôte


    Ensuite,
    La prière Anna békhoa'h

    Oh ! par ta force

    (traduction par l'auteur du site Modia,
    Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour. © Copyright)

    Cette prière poème est lue chaque matin dans la prière des séfarades
    et, par tous, pendant la période du Ômér

    Cette prière est attribuée à Ribbi Né'houniya ben Haqana (fin du 1e siècle).
    Il est sûr que la place de Ribbi Né'houniya ben Haqana est éminente car son élève, Ribbi Yichmaël nous a transmis en son nom les 13 règles d'interprétations que nous lisons également dans la prière du matin et dont il est dit que c'est le seul passage de la Michna sur lequel il n'y a jamais eu de discordance dans les interprétations.

    Cette prière est composée de 7 versets de 6 mots. Les initiales de chaque mot dans un verset forment un mot supplémentaire qui a des sens élevés par rapport aux appellations de D.ieu.
    On arrive ainsi à la somme de 7 x 7 =  49 mots, ce qui correspond aux 49 jours qui séparent la fête de Péssa'h de celle de Chavouôte (comme le psaume 67). Aussi, ces deux textes sont utilisés pour scander la marche d'amélioration de soi qui doit se faire chaque jour entre ces deux fêtes : un mot sera utilisé chaque jour et il sera mis en relation avec le travail à effectuer, que nous décrivons par l'intermédiaire du livre de moussar, morale, Tomér Dévora.

    Voici une traduction de cette prière que nous avons réalisée. Elle s'ajoute à nos autres traductions. La traduction de chacun des 6 mots hébraïques dans l'une des 7 lignes  est séparée par un /.
     

    • Oh ! je T'en prie / par la force / de la bonté / de Ta droite / délivre / ce qui est empaqueté et ficelé.
    • Reçois / la supplication / de Ton peuple / protège-nous / purifie-nous / Redoutable !
    • Veuille / Puissant / ceux qui désirent / Ton unité / comme la prunelle des yeux / les conserver.
    • Bénis-les / purifie-les / mets-les dans Ta miséricorde / Ta juste bonté / toujours / comble-les en.
    • Inébranlable / Saint / dans l'immensité / de Ta bonté / conduis / ce peuple qui est Ta part.
    • Unique / glorifié / vers Ton peuple / tourne-Toi / eux qui font mémoire / de Ta sainteté.
    • Nos supplications / reçois-les / et écoute / nos cris / Toi qui connais / les mystères des êtres.

    Ici le magnifique chant de cette prière composé par Ovadia Hamema et chanté merveilleusement en choeur (coeur). Un disque à se procurer et offrir. Voyez leur site: http://www.hamama.co.il/homepage.htm



    (Béni soit le Nom glorieux de Sa royauté à jamais et pour toujours).

    Il n'est pas de notre niveau ni de ce lieu de commenter les allusions que chacun de ces mots évoque, dans l'hébreu. Ceux qui savent, comme on nomme les Sages qui ont reçu la tradition la plus profonde, disent que cette prière de 42 noms contient de multiples secrets et une grande puissance qui permet à l'homme de s'élever. C'est pour cela que le qaddiche est bâti sur cette même structure de 6x7 car il a la force d'assurer également la montée de celui qui le dit, de la communauté et de l'âme du défunt.

    Précaution
    Cependant, ferait erreur celui qui verrait le judaïsme avancé comme un ésotérisme. En effet, dans le judaïsme, les niveaux des secrets sont exactement en correspondance avec la structure du concret et avec la dynamique de la prière et des actes moraux les plus quotidiens. C'est une structure globale, holistique, qui est inséparable. On ne peut pas être soit un spécialiste de la halakha ou de l'interprétation, ou du moussar (morale), ou... ou. Mais les maîtres sont toujours et... et... et ils ont écrit simultanément en ces différentes branches du savoir.

    La synthèse des secrets
    Ainsi, il nous est rapporté 2 enseignements très quotidiens de Ribbi Né'houniya ben Haqana :
    1. Dans le Traité Méguila 28 a, les élèves de Ribbi Né'houniya ben Haqana lui ont demandé le secret de ce qui lui a permis d'atteindre une telle vieillesse (bamé héérakhta yamim). Il leur a répondu (et à nous) par ses trois secrets :
    1a. de toute ma vie mimaï, je n'ai jamais accepté un honneur ou une promotion sur le dos d'un autre lo nitkavadti véqalone 'havéraï, à l'exemple de Rav Houna qui portait un lourd instrument sur l'épaule et Rav 'Hana a voulu le lui porter pour le soulager ; alors Rav Houna lui a dit : "si tu as l'habitude de porter ainsi en public, je veux bien" mais sinon je ne veux pas (car cela t'humilierait). C'est donc une extrême délicatesse qui porte attention à l'honneur de l'autre.
    1b. jamais je n'ai proféré dans le secret de malédictions contre des collégues, lo âleta âl mitati qélalate 'havéraï ; cela, à l'exemple de Mar Zoutra qui disait avant de s'endormir : chéri lé lékhol mane détsaârén "je pardonne à tout homme qui m'a causé des tracas".
    1c. j'ai su renoncer à mon argent, vatrane bémamouni hayiti, comme un Sage nous a enseigné que Job savait l'être ; ainsi, quand il achetait et qu'on lui rendait la monnaie, il en laissait toujours une part sur place.

    2. On comprend maintenant que les Pirqé Avote (Principes des Pères) nous disent :
    Ribbi Né'houniya ben Haqana disait que celui qui s'engage à porter vraiment le joug de ce que demande la Torah (kol hamméqabbél palav ôl Tora)
    n'a pas besoin de juger des choses selon les exigences du gouvernement en place (maâvirine mimménou ôl malkhoute) ni des contraintes sociales (véôl dérékh éréts) ;
    mais, au contraire, celui qui ne se mène pas selon le joug réel de la Torah, alors il ne lui reste plus qu'à mener sa vie selon le niveau des lois et des contraintes sociales.
    Il est évident qu'il ne s'agit pas d'un anarchisme mais, au contraire, de se fonder absolument sur la véritable morale avec laquelle on ne peut pas tricher.

    Nous comprenons maintenant 
    - pourquoi cette prière de Ribbi Né'houniya ben Haqana nous est proposée quotidiennement pendant le temps du Ômér pour son exigence concrète en même temps que pour son lien à la véritable morale de tout.
    - ce que nous rencontrons souvent sur le site, notre Beit Middrache, qu'un aspect du judaïsme (par exemple, ici, cette prière) ne nous révèle son sens que si nous recherchons par l'étude ce qui est autour et nous l'explique. Alors, la Torah abstraite devient vraiment une Torah "de vie".

    Que cela se réalise pour vous et pour ceux que vous aimez. Amen!



    Je vais éclairer aussi le sens de chaque jour par une photo de chaque jour, afin de ressentir ces différences.

    De plus, la tradition utilise aussi dans le travail en rythme de 7, le dessin suivant qui est une ménora (chandelier, lien ici) à 7 branches qui éclaire et porte les versets d'un psaume, chacun des 49 mots (que l'on franchira en jaune) jusqu'à la fête de Chavouôt est la caractéristique d'un jour, comme il vient d'être indiqué ci-dessus et, dans le verset central, chacune des 49 lettres du verset central, où chacune est franchit un même jour, nous mènera ainsi jusqu'à Chavouôte également. Incroyables précisions des textes hébraïques qui véhiculent le sens.
    Voici, par exemple pour le 1er soir où on compte: c'est le premier mot du second verset du psaume (puisque le premier verset est au-delà de ce compte, en haut à l'horizontale); ce mot est à gauche "Elokim" que j'ai indiqué par la couleur jaune).
    Mais, en plus, les lettres du verset central comportent exactement le nombre total des jours de l'omer:

    verset 5. Yismé'hou virannénou léoumim ki-tichpote âmim michor ouléoumim baaréts téna'hem séla.
        Ils se réjouiront et jubileront les peuples car Tu jugeras droitement, et les nations sur la terre Tu verras avec bonté éternellement.

    Et donc, au premier jour, on se centrera sur le sens de cette première lettre, le yod de yismé'hou. Vous le voyez, il y a une extraordinaire coordination dans tout le judaïsme, ce que l'on appelle le "sédér", l'ordre. Nom de la soirée de Pessah.


    On exprime tout cela en disant, chaque soir, après la bénédiction, par exemple : "aujourd'hui 4e jour,  nétsa'h chébé guévoura", l'expansion qui est dans la bonté. Voir ici la procédure de la cérémonie de chaque soir du Ômér, comment compter. Quelqu'un qui aime comprend tout cela, et dira: "tu vas voir combien tu comptes pour moi".

    Après cela, on comprend aisément que je garde ci-dessous l'image du mur, le Kotél,  dont le puzzle des pierres exprime aussi cette lente contruction complexe, 
    - en nous même 
    - autant que dans le peuple si composite 
    - autant que dans la diversité la plus différente que sont les hommes et les femmes,
    - et que dans le beit hammiqddache, le Temple que nous composons tous ensemble lentement. 


    Cette étude longue et précise était une initiation nécessaire à la méthode du Ômér comme voie d'amélioration. Ce travail est nécessaire après être sortis d'Egypte à Péssa'h, sinon les meilleurs risquent de s'enivrer dans la jouissance de la vérité entrevue et devenir intolérables et intolérants les uns envers les autres comme les 24000 disciples du grand Ribbi Âqiva qui en moururent. Le grand Rabbi, quel que fut son mérite de tsaddiq ne put les protéger car seule la purification interne par chacun le sauve de la mort. Rappelons que la bonté divine, Ra'hamim, ne put sauver le peuple en Egypte que parce qu'il n'y avait pas entre eux de médisance, lachone harâ.


    Notions à préciser : tiqqoune.

    Apprendre le vocabulaire hébreu de cette page.

    Lire : 
    - GÉNÉRAL. La période du Omér : un développement personnel (et étude sur ce qu'est le tiqqoune).
    - PRATIQUE. Comment compter le Omér : ce soir, chaque jour.


    Renforcement de cet enseignement par la sensibilité
    Images de la Création, expression et enseignement de Hachém, pour être sensible à la dominante du jour
    (photos de l'auteur en ces jours du Omer, à Jérusalem):

    1e jour: la bonté dans la bonté

    2e jour: la force (guévoura) dans la bonté ('hessed):
    Comment vivre la bonté, nous l'avons vu, mais elle doit être forte également, à l'image de celle de D.ieu forte dans Sa création.

    3e jour: la force (guévoura) dans la bonté ('hessed):
    Comment vivre la bonté, nous l'avons vu, mais cette bonté doit être belle également,
    à l'image de celle de D.ieu belle dans Sa Création. Relire toute cette page pour bien l'intégrer.
     
    Nous recevons la proposition d'être en équilibre de la bonté prédominante ('hésséd) avec la structure forte et rigoureuse (dine), cet équilibre c'est la beauté (tiféréte) nommée aussi ra'hamim, si pauvrement traduite en français par miséricorde. Et ce lieu parfait de la beauté ra'hamim, la proposition la plus forte, c'est la Torah. Heureux ceux qui l'étudient en sachant qu'on ne peut vraiment la comprendre que dans l'hébreu et en relation dans la communauté et dans la circoncision. Remercions sans fin de recevoir ces dons, et les marques de beauté que pour cela D.ieu a mis partout dans la Création, tant chez les humains que dans la nature: une autre image qui l'exprime bien, et il suffit d'ouvrir les yeux pour capter ces dons, je vous y invite par ces images. Recevez la douceur, la structure précise et rigoureuse, la beauté. Et que nous voyions tout cela dans les autres et en nous-mêmes; et travaillons en ce jour à le développer.

    4e jour: l'assurance victorieuse nétsa'h dans la bonté 'hésséd:
    La bonté a été reçue hier dans la tiféréte qui est celle de la Torah de D.ieu, si belle dans le texte de Sa Torah et dans Sa Création. Nos photos sur Modia tentent de le faire ressentir. Aujourd'hui, la descente de cette bénédiction continue et elle prend donc avec évidence la forme de l'assurance victorieuse
    Essayons de réviser cette logique qui est celle de la réalité et qui demande à être insérée en nous en développant la conscience de cela, par des exercices répétés. Cette image est celle de notre bonheur victorieux et actif qui ne craint pas le réel trompeur qui voudrait nous faire quitter ce niveau par l'attaque continue du mal qui voudrait nous impressioner; elle tente de nous le dire visuellement pour ne pas l'oublier. Les psaumes répètent sans cesse ce scénario: le mal qui impressionne et déprime et semble gagner, puis la reprise de conscience de LA Bonté perpétuellement victorieuse, et la louange et la stabilité (lien ici). Nous le disons aussi après le chémâ israel: yatsiv, stable.

    5e jour: travaillons sur l'expansion de la beauté hod dans la bonté 'hésséd.
    Nos Sages nous disent que cette étape dans le processus de descente de la bénédiction est très difficile.
    Effectivement, combien optent pour la beauté dans de nombreux secteurs de leur existence et y consacrent du prix;
    mais en ce qui concerne la vie dite "religieuse", la Torah, ils deviennent négligents et sales. C'est absurde.
    Sur Modia, nous essayons sans cesse de nous sensibiliser à cette expansion victorieuse de la beauté
    de la Torah, qui concerne autant la Torah que sa présence dans le monde visuel, et dans le monde des relations.
    A chacun de s'interroger sur la façon de réussir cette régulation dans sa vie :

    6e jour: l'union et la sexualité yéssod dans la bonté 'hésséd. 7e jour de la fête de Pessa'h:



    7e jour: la complétude royale malkhoute dans la bonté 'hésséd. Fermeture de la fête de Pessa'h en Isra£ël (Isrou 'hag) et dans la diaspora de l'exil, second jour de la fin de la fête, yom tov chel galouiot.
    Tout séjourne dans la bonté et le calme sous la royauté de la Présence divine.

     Suite : cliquez ici pour LA SECONDE SEMAINE DU ÔMÉR 

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