Le développement personnel
de la 2e semaine et de chaque jour
pendant la période du Ômér
entre Péssa'h et Chavouôte

par le Rav Yehoshua Rahamim Dufour
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Une obligation: avançons dans une période de développement personnel
en travaillant sur nos comportements selon les caractéristiques de chaque jour qui nous relie de Pessa'h au don de la Torah à Chavouôte. Ce travail personnel à la priorité sur toutes les autres intentions de mitsvotes en cette période de Pessa'h à celle de la réception de la Torah à Chavouote.

La 2e semaine (la force rigoureuse, guévoura)



 

Voici ce qu'il y a de spécifique dans la SECONDE SEMAINE DU ÔMÉR 

chaque jour verra à son tour l'accent du travail personnel porté sur l'une des 7 dimensions suivantes, successivement :
(photos de l'auteur, à Jérusalem, copyright)

le 1e jour de la 2e semaine,
soit le 8e jour du Omér :

du 2 avril au soir au 3

associer la bonté
dans la force rigoureuse (guévoura) 

le 2e jour de la 2e semaine,
soit le 9e jour du Omér: du 3 avril au soir au 4
associer la force guévoura
dans la force rigoureuse (guévoura)

le 3e jour de la 2e semaine,
soit le 10e jour du Omér: du 4 avril au soir au 5
associer la beauté tiféréte
dans la force rigoureuse (guévoura)
le 4e jour de la 2e semaine,
soit le 11e jour du Omér:du 5 avril au soir au 6 avril
associer l'assurance nétsa'h
dans la force rigoureuse (guévoura)

le 5e jour de la 2e semaine,
soit le 12e jour du Omér: du 6 avril au soir au 7
associer l'expansion de la beauté hod
dans la force rigoureuse (guévoura)

le 6e jour de la 2e semaine,
soit le 13e jour du Omér: du 7 au soir au 8
associer l'union et la sexualité yéssod
dans la force rigoureuse (guévoura)

Les deux composantes unies harmonieusement.
le 7e jour de la 2e semaine,
soit le 14e jour du Omér: du 8 avril au soir au 9
assurer l'harmonie de la complétude royale malkhoute dans la force rigoureuse et équilibrée (guévoura).
La photo exprime la plénitude complète et heureuse entre ces tendances si opposées, dans une grande harmonie et beauté.

on l'exprime en disant, après la bénédiction, par exemple : "aujourd'hui 4e jour,  nétsa'h chébé 'hésséd, l'expansion qui est dans la bonté. 
Pour bien comprendre le sens global de ce travail personnel, lire ici.

1. Voyons d'abord comment nos Sages s'adressent à Ha Qaddoche Baroukh Hou pour lui demander de confirmer la base de notre travail de la première semaine et pour qu'Il oriente bien notre travail de la seconde semaine.

Nous avons essayé pendant la 1e semaine de travailler à l’amélioration de tout ce qui concernait l’amour, le ‘héssed, et de réparer ce que nous avons pu bloquer ou abimer en ce domaine de la caractéristique première de la Torah et de Haqqadoche Baroukh Hou Lui-même : l’amour.
Nos Sages demandent alors que, dans Sa bonté d’amour justement, et dans Sa miséricorde, Il les répande sur nous, pour que nous soyions capables de Le servir avec crainte et amour, et que Son amour soit greffé en nos coeurs tous les jours de notre vie. Et que Sa crainte ne quitte pas notre visage. Et nous Lui serons reconnaissants de chaque mesure d’aide qu’Il nous donnera en cela.
Et qu’Il nous aide à améliorer ce ‘héssed d’amour dans tous nos sentiments et dans toutes nos actions. Que nos yeux ne s’éloignent jamais de la guémiloute ‘hassadim, du bien qu’il faut faire aux autres qui sont dans le besoin.
Et que toutes nos actions soient désintéressées et pourLui.

Et qu’il nous accorde le mérite d’être capables de nous éloigner de toute jalousie (qinea) et de toute cruauté (akhzarioute),  et de la colère (kaas), et de la vengeance (néqama), et de la rivalité (ta’haroute). Et de nous éloigner de la controverse (ma’hloqéte).
Et que nous puissions ainsi acquérir cette midda de ‘héssed complètement, d’aimer nos proches (iche él réêhou), et éloigner de nous la faute de la haine gratuite (sineate ‘hinam) lorsque nous devons exercer la rigueur de la justice envers autrui.
Et que Ton ‘héssed imprègne toutes les mitsvotes que nous ferons, et à l’exemple d’Avraham Ton serviteur aimé qui agissait par ce ‘hessed, pour que Tu accomplisses pour le bien les souhaits de notre cœur, et que Ton bien nous accompagne au milieu des autres.

C’est sur la base de ce palier que nous considérons ainsi comme quelque peu amélioré, que nous continuons par la note qu’il est indispensable d’ajouter à celle de l’amour, c’est celle du dine, la rigueur et la force. Car un amour sans ce dine n’a pas la capacité de vaincre les obstacles. Mais ce dine peut facilement se transformer en dureté, violence et manque de contrôle, c’est pourquoi nous allons demander l’aide du Ciel en même temps que nous travaillerons à nous améliorer concrètement sur nos attitudes. Voici ce que disent nos Sages.
Nous demandons : Que le travail que nous allons faire sur nous-même dans cette dimensions soit très important à Tes yeux. Qque Ta bonté et Ta miséricorde nous aident à dominer notre instinct (yetsér), nos appétits physiques. Que cela soit par le mérite de Yits’haq qui a été lié dans la Âqéda. Eveille Ta force pour nous sauver. Et, de même que Avraham a réussi à dominer sa bonté,  pour faire Ta volonté d’un coeur plein,  que Ta bonté domine Ta colère envers nous et que ce qui domine soit Ton amour de ‘héssed et Ta miséricorde de ra’hamim, pour nous juger en deçà des limites de la rigueur et de façon favorable à nous, et que Ta colère ne s’exerce pas envers Ta terre ni envers Ton héritage. Et annule envers-nous Tes verdicts sévères, pour décréter des verdicts de miséricorde.


2. Maintenant, voyons avec Ribbi Moché Cordovéro la pratique pédagogique de ce travail.
Cette seconde semaine travaille sur les tendances de force rigoureuse
.
Comment l'homme peut parvenir à intégrer la caractéristique de comportement (mida) de force rigoureuse (guévoura)?
Héakh yarguil haadam âtsmo bémidate haguévoura.

1.  Ces middotes (pluriel de mida) de force rigoureuse peuvent être destructrices (on dit, aller vers la gauche) ou devenir constructrices (on dit, aller vers la droite qui est le lieu symbolique du 'hésséd, source de tout).

2. Plus exactement, elles sont automatiquement destructrices 
- si elles ne sont pas assumées consciemment
- et si elles ne sont pas orientées uniquement vers le bien d'autrui.

3. C'est ce que le judaïsme appelle l'instinct du mal ou yétsér harâ avec lequel l'homme a été également créé (haadam notsar bichté yétsirote). Tout éveil de cet instinct met en mouvement des forces de rigueur et de destruction : hén mamache méôrérote haguévourote ha'hazaqotes.

4. Si l'homme n'est pas conscient de sa force qui cherche une auto-satisfaction (de plaisir matériel, sensuel, intellectuel ou moral), il sera toujours prêt à détruire autrui même en parlant de bien familial ou d'idéaux politiques ou de religion.

5. Voilà pourquoi Ribbi Moché Cordovéro dit que le yétsér harâ a été fait uniquement pour donner satisfaction à son épouse ( yétsér harâ létsorér ichto, Zohar I, 49 a), ce qui veut dire que c'est l'exemple le plus précis du bien pour ce qui est certes très proche mais qui n'est pas moi.

6. Mais le judaïsme est toujours un art du lien et de la complétude qui est le concept de paix, chalom. Aussi, chaque jour verra un travail particulier sur le lien d'une autre qualité à l'intérieur de la force.

7. Le Rav dit : vois combien ces choses sont douces (réé kama métouqim dévarav) alors qu'elles pourraient détruire. 

8. L'art d'aimer, effectivement, est souvent ignorant de ces réalités et tourne à l'horreur et les deux partenaires ne comprennent rien à la situation. De plus, par le lien que nous avons vu entre le bas et le haut, par le fait que l'homme est créé à l'image du monde d'en-haut, et par le fait de la liberté donnée à l'homme d'influencer le monde d'en haut dont les forces sont encore bien plus grandes, l'ignorance dans l'art d'aimer et de gérer ces pulsions entraîne des forces destructrices socialement. La moindre colère ('kaâs) est de cet ordre. La recherche de la jouissance personnelle également dans la sexualité (biah) ou l'argent (mamone). De même, la recherche de la gloire (kavod) personnelle. Celui qui dispose de la capacité de mettre en jeu ces forces dans le couple ou dans la politique et les détourne à son profit ne sait pas qu'il est en train de mobiliser des tornades qui vont ravager.

9. Par contre, pour le bien de son épouse (omenam, lé tsorékh ichto yéorér yitsro béna'hat létsad haguévourotes hamétouqim), il éveillera son instinct avec douceur du côté des forces de tendresse délicieuse.
C'est ainsi que l'on construit et rectifie un couple et une maison (létaqén la bayite).

10. Nous l'avons déjà vu : ce travail produit "comme" un travail d'amélioration dans l'union divine elle-même, comme si on embellissait la chékhina (ajoutons : ainsi qu'il est dit dans le chapitre 15 de Chémote dans le Chant de la sortie d'Egypte : il est mon D.ieu et je l'embellis, zé Eli vé anevéHou). Et toute amélioration dans le couple crée, pour ainsi dire, ce type d'amélioration (léfikhak, kol tiqouné habbayite hém tiqouné ha chékhina).

11. Améliorer ainsi en adoucissant, se dit lémattéq. C'est éveiller l'instinct de mal pour l'amour (mitsad zé yéôrér hayétsér harâ léahavatah). C'est le sens du verset 8, 3 du Cantique des Cantiques  : "sa gauche (ces forces) sous ma tête (apportées là en élévation) smolo ta'hate lérochi, et sa droite méembrasse, vimino té'habéqéni (et le tout est ramené dans l'ordre de la droite, hésséd)" que l'on comprend par cet exposé.

Tout cela par le travail sur les tendances de force et du yétsér harâ.
Important programme qui doit prendre toute la semaine.

Que cet enseignement des Sages sur la Torah de vie, que ce travail réalisé pour vous dans l'amitié, que votre temps d'étude personnelle et de travail personnel sur ces middotes, vous apportent davantage encore le bonheur dont il est parlé en tout cela. Amén kén yéhi ratsone.

Si des questions personnelles de compréhension ou d'application à la vie personnelle se posent, j'essaierai d'y répondre dans la limite du temps disponible, avec l'aide de D.


1e Rappel vous trouverez sur ce lien

- le texte de la bénédiction à dire chaque soir.
- le mot et la lettre à dire ensuite dans le psaume 67. 
- les commentaires de la prière Ana békhoa'h (Oh, par Ta force...), que l'on dit pour terminer; etc.

De Pessa'h à Chavouôte, lire ces 3  PAGES : 
le sens, le travail, comment faire.
La fête de Lag baOmer, le 27 avril 2013 au soir et le 28
Préparer la fête de Chavouôte qui a lieu  en fin des 7 semaines
Préparer la nuit de Chavouôte, le tiqqoune laïla
2e Rappel
La bénédiction du compte du Ômér, chaque jour
Les règles de base
(Le jour juif va du soir au lendemain soir à la tombée de la nuit).

Il y a une modification dans l'ordre des mots pour les achkénazes et pour les sépharades, mais le compte est, bien entendu, le même). Si on ne connait pas l'hébreu, on le dit dans sa langue habituelle. On ne nomme pas le compte du jour avant d'avoir dit la bénédiction; donc, si quelqu'un vous demande quel compte du Ômér on est aujourd'hui, vous répondrez: hier, on était le...". Bien vérifier le nombre avant de compter. On dispose de divers calendriers très pratiques et souvent très esthétiques pour cela.

1. On attend la tombée de la nuit pour le dire et on le dit alors même si on n'a pas dit Arvite, mais généralement on le dit à la fin de la prière de Arvite. L'officiant le dit d'abord mais ensuite chacun le dit également car c'est une obligation personnelle pour chacun.
2 . On le dit debout mais si on l'a dit assis, on a rempli la mitsva aussi. Les femmes ne le disent pas car elles sont dispensées des mitsvotes liées à une précision du temps. Mais, si elles le désirent, elles peuvent le dire en omettant la bénédiction. Il est souhaitable de le dire avant de prendre le repas du soir.
3. On peut le dire pendant toute la nuit avec la bénédiction. Si on l'a oublié, on pourra encore le dire toute la journée, mais sans la bénédiction. Et les jours suivants on reprendra avec la bénédiction.
4. Cas de quelqu'un qui a oublié de compter un jour. Alors, son compte des 49 jours sera définitivement incomplet, donc il ne pourra plus continuer à compter avec la bénédiction. De même s'il s'aperçoit qu' hier a fait une erreur dans le nombre. Mais, il se devra de compter quand même chaque jour (sans la bénédiction), de façon à continuer à faire tout le travail d'amélioration nécessaire.
 

3e Rappel. Vous trouverez sur ce lien ces généralités qui concernent tout le Ômer:

Notions à préciser : tiqqoune.

Apprendre le vocabulaire hébreu de cette page.

Lire : 
- GÉNÉRAL. La période du Omér : un développement personnel ()
- PRATIQUE. Comment compter le Omér : ce soir, chaque jour.



Suite : La 3e semaine du Ômér
 

 
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