Le développement personnel
de la 3e semaine du Ômér et de chaque jour
pendant la période du Ômér

entre Péssa'h et Chavouôte

centré sur la beauté
(à partir du 9 avril 2013 au soir)
vérifiez toujours sur un calendrier, car un erreur peut se glisser
D'autres images ici pour méditer sur la beauté que nous recevons en cette semaine,
et à développer intérieurement

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia.    http://www.modia.org
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Avançons dans une période de développement personnel...

Plan

  • Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ?
  • Les principes préalables de Ribbi Moché Cordovéro
  • Le travail progressif, lent et systématique de la 1e semaine sur les middotes (tendances et attitudes) de bonté ('hésséd).
  • conceptuellement,
  • pratiquement et activement
  • pratiquement et passivement.
  • Le grand art de la conscience juive de l'épreuve.
  • I. Les dimensions psychologiques dans le développement personnel juif
  • II. Les dimensions au-delà du psychologique dans le développement personnel juif
  • Le travail de la 2e semaine de l'Ômér  sur les middotes (tendances et attitudes) de force guévoura.
  • Le travail de la 3e semaine de l'Ômér  sur les middotes (tendances et attitudes) de beauté tiféréte.
  • La 4e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'assurance nétsa'h.
  • La 5e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) de rayonnement et splendeur hod.
  • La 6e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'union fécondante et sexualité yéssod.

  •  


    Photo de l'auteur, Jérusalem, Jardin botanique.
    Le travail de la 3e semaine sur les middotes (tendances et attitudes) de beauté



     

    La libération de ce que représentait Mistrayim, Egypte (angoisse, esclavage volontaire, perte de l'identité, assimilation à d'autres cultures et à d'autres dieux, glissement progressif vers la destruction) s'est faite par don gratuit de Hachém pendant le jour de Pessa'h ; mais, ces forces négatives se ravivent et augmentent immédiatement leur prise si un travail personnel n'est pas entrepris sur soi-même. C'est ce que nous enseignent tous nos Sages et ils ont prescrit pour cela le compte du Ômér et des techniques pour réaliser ce développement personnel.



    Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ? 
    La tradition nous enseigne que ce processus personnel de libération doit être fait pendant les 49 jours pour que nous soyions capables de recevoir la Torah pendant la fête de Chavouôte
    Ce processus personnel de libération doit être fait systématiquement sur chaque dimension de nos tendances (middotes)

    Voilà pourquoi chaque semaine est consacrée au travail sur l'une de ces middotes (d'abord la bonté 'hésséd, puis la force guévoura, puis la beauté tiféréte, puis l'assurance nétsa'h, puis l'expansion hod, puis l'union et la sexualité yéssod, et la complétude royale malkhoute...) ; on peut se reporter au TomérDévora, Palmier de Dévora, de Rabbi Moché Cordovéro, pour comprendre et accomplir ce travail qui est à la fois spirituel, moral et psychologique. Chaque semaine est consacrée à un travail particulier, mais également chaque jour de chaque semaine. Nous le suivrons comme manuel de développement personnel jusqu'à Chavouôte. Ce processus doit se dérouler lentement, sur 49 jours. 

    La libération de Pessa'h elle, devait être soudaine, comme toute décision peut être l'aboutissement d'une longue réflexion mais, finalement, la décision est soudaine (bé'hipazone). Tous ceux qui ont répondu à la logique juive de la montée en Israël (âlia) connaissent ces deux étapes de mûrissement lent et de décision définitive. Et, à l'heure où la décision est possible et où seule la décision de liberté est en jeu, si l'homme ne fait pas le choix, comme pour la sortie d'Egypte, il a perdu alors le "temps favorable" que Hachém lui donnait (davar tov béîto). Il avait reçu le don gratuit de la lumière progressive et, finalement, il dit "non" ou "oui". La fête de Pessa'h est marquée par ce "bé'hipazone" (en hâte) mais le Ômér qui suit est marqué par le travail progressif, lent et systématique
    La première semaine se caractérise par le travail sur la bonté, hésséd


    Le travail progressif, lent et systématique selon les principes que pose Ribbi Moché Cordovéro :

  • nous sommes fait à l'image et à la ressemblance du Créateur,
  • nous vivons de Son influx,
  • ...si nous le laissons nous pénétrer par la prière et par le travail sur nous-mêmes dans des actes effectifs ;
  • les semaines du Ômér sont propices à ce travail.

  • Cela se résume dans le principe : ha adam raouille ché yitdamé léqqono (il est pertinent que l'homme se rende semblable à son créateur).

    Note - Ribbi Moché ben Yaâqov Cordovéro (1522-1570), élève de Rabbénou Yosséf Caro, Marane, et de Ribbi Chlomo Alkabéts auteur du Lékha Dodi fut le maître de Ribbi Yits'haq Louria, le Ari. Ses livres les plus connus sont Pardés Rimonim (livre très spécialisé de caballe), Or Néêrav (plaidoyer pour la caballe) et Tomér Dévora (livre de moussar, morale du comportement pour l'ensemble du public, fondé sur la compréhension de toute la Torah jusqu'aux niveaux les plus intimes et les plus élevés mais traduits en modèles clairs et simples de comportement interne et externe pour tout le peuple).
     




    LA 3e SEMAINE DU ÔMÉR 

    Elle verra à son tour l'accent du travail personnel 
    porté sur l'une des 7 dimensions suivantes, successivement :
    (ressentez ce qui, dans ces photos, exprime l'enseignement de R. Moché Cordovéro
    sur la qualité à développer chaque jour).


    15e jour du Omér:
    soit le 1e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):
    9 avril 2013 au soir et le 10

    la bonté
    dans la beauté tiféréte 



    Photo de l'auteur près de ma maison

    16e jour du Omér:
    soit le 2e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte): 10 avril 2013 au soir et le 11

     

    développer la force guévoura
    dans la beauté tiféréte


    Photo de l'auteur près de ma maison

     

    17e jour du Omér:
    soit le 3e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):

     11 avril 2013 au soir et le 12

     

    développer la beauté tiféréte
    dans la beauté tiféréte


    Photo de l'auteur

    18e jour du Omér:
    soit le 4e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):

    12 avril 2013 au soir et le 13

    développer l'assurance nétsa'h
    dans la beauté tiféréte

    Arrivée de Juifs éthiopiens. Beauté des humains, beauté de l'histoire millénaire et fidèle, beauté du retour.

    Photo de l'auteur

    19e jour du Omér:
    soit le 5e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):

    13 avril 2013 au soir et le 14

    Aujourd'hui, dans chacun de nos actes, dans nos pensées et sentiments, dans notre maison et habillement, dans nos projets et la profession, dans notre vie affective, dans notre confiance et prière, dans nos relations, développer l'expansion de la splendeur hod
    dans la beauté tiféréte, c'est cela le travail personnel quotidien pendant le Ômér


    Photos de l'auteur

     

    20e jour du Omér:
    soit le 6e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):

    14 avril 2013 au soir et le 15

     

    Aujourd'hui, dans chacun de nos actes, dans nos pensées et sentiments, dans notre maison et habillement, dans nos projets et la profession, dans notre vie affective, dans notre confiance et prière, dans nos relations, développer l'expansion de l'union et de la sexualité yessod
    dans la beauté tiféréte, c'est cela le travail personnel quotidien pendant le Ômér.


    Photos de l'auteur

    Et cette photo nous rend sensible à la proximité;
    c'est plus que la proximité, c'est l'amitié;
    c'est plus que l'amitié, c'est l'amour. Il faut relire le Cantique des Cantiques entre le Créateur et Israël.
    Et régler nos comprtements sur ces mesures.

     


    21e jour du Omér:
    soit le 7e jour de la 3e semaine de la beauté (tiféréte):

    15 avril 2013 au soir et le 16

    Aujourd'hui, dans chacun de nos actes, dans nos pensées et sentiments, dans notre maison et habillement, dans nos projets et la profession, dans notre vie affective, dans notre confiance et prière, dans nos relations, développer l'expansion de la complétude royale malkhoute
    dans la beauté tiféréte, c'est cela le travail personnel quotidien pendant le Ômér.



    C'est une plénitude de la beauté qui règle sur tout.

    (photo de l'auteur sur le ciel à Yom ha Atsmaoute à Jérusalem).

    (photo de l'auteur de la plénitude globale à Jérusalem).

     



    TEXTE DE RIBBI MOCHÉ CORDOVÉRO
    centré sur la beauté 
    (et commentaire de présentation, entre les parenthèses) :

    Comment l'homme s'éduquera-t'il lui-même pour se développer dans la midda (tendance et attitude et comportement) de beauté (tiféréte) ?
    D'autres images ici pour méditer sur la beauté que nous recevons en cette semaine,
    et à développer intérieurement

    Il n'y a aucun doute que la midda de beauté tiféréte trouve sa source et son expression et sa nature dans l'étude de la Torah.
    Eïne saféq chémiddate hattiféréte hi haêsséq ba -TTorah.

    (Commentaire. Nous sommes placés immédiatement dans un décalage par rapport à nos conceptions spontanées, nous aurions pu penser que nous aurions à nous améliorer concernant l'esthétique de l'apparence extérieure.
    Le Rav ne dit pas qu'il ne s'agit pas de cela, il s'agit bien de cela car on emploie ce mot, mais il va droit à la nature des choses -toute beauté a sa nature et source d'existence en la beauté d'en-haut dont le témoin est la Torah. 
    La beauté extérieure est à développer et doit être cohérente avec la beauté intérieure et en être le rayonnement
    , comme Rachi le souligne dans son commentaire du Cantique des Cantiques 1,17: "hinékha yafé dodi: lo ha yofi cheli ella chélékha ata hou ha yafé, tu es beau mon Bien-aimé, pas ma beauté à moi mais ta beauté, Toi tu est le beau".
    C'est pour cela que nos textes mettent en valeur la femme dont la caractéristique la plus spécifique est la beauté mais ils disent que, si cette beauté n'est qu'extérieure, elle n'est rien tandis que la femme dont la béritable beauté extérieure a sa source dans son lien à Ha Qadoche Baroukh Hou et à sa Torah, alors, il faut la louer. C'est la fin du livre des Proverbes, le texte que l'on chante chaque soir de Chabbate:
    chéqér ha 'hen, vé ével ha yofi, icha yirate Hachém hi tithallal,

    mensongère est la grâce et rien du tout la beauté (qui ne serait que beauté), mais la femme qui est pleine de la crainte de Hachém, alors celle-là, combien il faut la louer, et il le faut pour sa beauté.
    Il nous rappelle ainsi que nous ne nous développerons que dans la mesure 
    - où nous nous situerons dans notre nature qui est d'être semblable au Créateur, 
    - et où nous chercherons à nous rendre le plus possible semblable à Son image que nous pouvons connaître dans la Torah.
    Il est important que nous réalisions que la caractéristique par laquelle on nomme la Torah est tiféréte, beauté; on aurait pu choisir d'autres concepts mais c'est celui-là qui est le mieux adapté. Dans ce processus de descente de la bénédiction, le moment ou la phase où la Torah se dévoile est nommé la séfira de beauté ou tiféréte. Nous en tirons une grande considération pour la beauté mais aussi une rectification pour ne pas nous limiter à une beauté superficielle). 

    ...(suite du texte du Rav Cordovéro) Cependant, il faut accorder une grande attention à ce point capital : ne pas nous enorgueillir justement dans notre connaissance de la Torah car cela causerait un très grand dommage, ché lo yigrom raâ guédola.
    (Le Rav nous apprend par là que tout homme qui a bénéficié d'une qualité de beauté, sur un plan ou sur un autre, physique, moral, spirituel, manifeste la beauté d'En-haut et celle de la Torah ; mais l'erreur dans la gestion de cette qualité peut entraîner des nuisances graves, ce que nous allons découvrir. Le lien à la beauté supérieure qui est la source de la vie qui est beauté, ne doit jamais induire chez nous un sentiment de supériorité envers ceux qui n'ont pas perçu cette physique de la réalité et de la beauté qui y est placée).

    ...(suite) En effet, exactement à l'image de la hauteur dédaigneuse qu'il prendrait envers autrui en s'enorgueillissant, de même il causerait par là que la qualité de beauté tiféréte qui est la Torah, elle-même prendrait de la hauteur dédaigneuse et se retirerait en haut, que cela ne se produise !
    ché aré kémo ché hou mitgaé, raq gorém ché midate hattiféréte, ché hi hattorah, titgaé vé tistaléq lémaâla, 'has véchalom !
    (Le Rav nous montre par là comme il est grand le pouvoir de l'homme, en bien comme en mal, dans la création et par rapport à Dieu. Si le monde va bien, c'est parce que l'homme permet à la vie et à la bonté de d'expanser ; inversement c'est nous qui fermons le monde à la profusion des bontés divines et ce n'est pas alors un "silence de Dieu").

    ...(suite) Et, a contrario, celui qui veille à s'abaisser avec humilité concernant tout ce que dit la Torah, il devient la cause précise que la beauté tiféréte s'humilie en descendant vers nous pour diffuser vers le bas son influx de vie :
    élla kol hammachpil âtsmo bédivré torah dorém él hattiféréte ché yéréd oumachpil âtsmo léhachpiâ lémata.
    (Le Rav souligne, si l'on peut dire, l'interdépendance très forte et automatique qui existe entre notre attitude face à la beauté de notre être et la présence ou le retrait de Hachém. Si nous sommes conscients que la beauté est seulement une continuité de celle de Dieu et de Sa Torah, alors celle-ci s'expanse ; si notre beauté est référée à nous-même, alors autrui devient méprisé, D.ieu est ignoré et c'est comme s'il était repoussé).

    ...(suite) Pour comprendre cela, il faut se représenter que la Torah est une étape dans la descente de la bonté divine envers nous, étape qui est suivie de quatre autres pour atteindre la réalisation idéale, et ces quatre étapes ont trois middotes ou attitudes de comportement qui leur permettent de se dérouler.
    vaharé lémata méhattiféréte arbâ séfirotes vélahéne chaloche middote.
    (Ces étapes qui suivent la descente de la Torah jusqu'à sa concrétisation dans l'existence par la manifestation qu'en fera le peuple juif, sont des "séfirote" portant les noms de la beauté tiféréte pour celle de la Torah, 
    puis la séfira qui est travaillée le 4e jour et qui est  l'assurance nétsa'h
    puis la séfira qui est travaillée le  5e jour, l'union et la sexualité hod
    puis la séfira qui est travaillée le 6e jour, l'expansion yéssod
    et enfin la séfira qui est travaillée le 7e jour, la complétude royale malkhoute. Nous sommes déjà en terrain connu si nous avons étudié les différents textes sur le Ômér placés sur le site.
    Le Rav va étudier le comportement
    - envers l'élève, qui réfère aux séfirotes nétsa'h et hod ;
    - envers le pauvre, qui réfère à la séfira yéssod ;
    - envers l'ignorant, qui réfère à la séfira malkhoute)
     

    Richona. La première midda envers l'élève, qui réfère aux séfirotes nétsa'h et hod.
    ...(suite) Celui qui s'enorgueillit au sujet de ses élèves, envers ses élèves, au-dessus de ses élèves
    Hammitgahé âl talmidav...

    ...(suite) est la cause que la beauté tiféréte reprend de sa hauteur, de son orgueil par rapport à ses étapes suivantes (séfirotes nétsa'h et hod) qui sont comme des enfants, des étudiants.
    gorém ché hattiféréte yitgaé véyitâlé méâl nétsa'h va hod, ché hém limoudé Hachém, talmidé hattiféréte.

    (Le Rav prend un exemple qui pourrait sembler le plus justifié : l'auto-satisfaction de quelqu'un qui connait la Torah, a réussi à former des disciples jusqu'à un haut niveau, est fier d'eux, et ressent un sentiment de plaisir de cela, et sait qu'il est plus qu'eux.

    1. Le seul mot d'hébreu âl (par les sens divers que nous avons indiqués ci-dessus) montre toutes les ambigüités de l'attitude et révèle l'erreur : il "s'élève" alors que la relation qui apporte la beauté de la vie et qui devrait être son exemple, est une relation de "descente et d'abaissement" : D.ieu -si l'on peut dire- "descend" vers l'homme, comme un parent qui descend au niveau d'un bébé et joue avec lui très sérieusement.
    Toute élévation de soi, toute assurance dans le ton, dans les affirmations, dans les idées, dans l'expérience, semblent justifiées et le sont en tant que résultat de la formation, mais sont contraires à ce qui crée, à ce qui donne la vie, à ce qui est la "nature" divine et celle de la Torah.

    2. Le Rav nous enseigne par là ce qui devrait être toute relation dans la société : nous ne sommes que transitoires et avons à passer l'enfant (tout) à d'autres mains, nous aurions dû comprendre cela de la seule existence des générations et de l'écart entre ceux qui peuvent et savent et ceux qui ne sont pas encore parvenus à ce stade ; nous devons nous comporter comme Celui qui est LE riche : nous "abaisser".
    On comprend ici le choix de la photo pour illustrer cet enseignement.
    Le Rav prend ensuite l'exemple inverse pour mieux le faire comprendre ).

    ...(suite) Et celui qui s'abaisse lui-même vers ses élèves dans l'amour, également la beauté tiféréte s'abaissera elle-même vers ses étapes suivantes et leur transmettra son bon influx.
    Vé hammachpil âtsmo oumélaméda béahava, gam hattiféréte yachpil âtsmo él talmidav véyachpiêm.
    (Cela étant bien compris, le Rav en tire une conclusion pour le comportement concret. C'est cet ensemble que l'on appelle, dans le judaïsme, le moussar, improprement traduit par "la morale". C'est tout un courant important de l'enseignement qui comporte ses maîtres, nous les découvrirons peu à peu.)
     

    ...(suite) Donc, que l'homme soit agréable envers ses élèves quand il les enseigne et quand ils parviennent à se rapprocher de lui, et alors la beauté tiféréte par son mérite d'avoir agi ainsi, fera descendre son influx dans les étapes suivantes dans ces élèves de Hachém (aussi bien les étudiants réels que netsa'h et hod) comme il sera pertinent selon ce qu'ils sont.

    (En fait, le Rav Moché Cordovéro, l'un des plus grands et qui a enseigné les plus grands, nous révèle le travail de remise en question de soi qu'il faisait ; par là il nous enseigne la méthode. Il est important pour nous de bien comprendre par là que la morale, pour ceux qui veulent connaître la Torah comme lui, n'est pas "de faire ou de ne pas faire" ; elle est de comprendre, si l'on peut dire, les "comportements" (middotes) de D.ieu qui nous a créés à Son image et ressemblance, et à se mettre à agir selon cet exemple.
    Mais, deuxièmement, cette méthode fait que Hachém peut alors continuer envers Son processus de création, pour le bien de nous et du monde.
    C'est probablement cela le rôle de bénédiction du peuple juif pour les nations : être un canal de LA bénédiction, comme le Cohen l'est pour le peuple).


    Chéniya. La seconde midda.
    Celui qui s'enorgueillit sur le compte du pauvre et le méprise
    hammitgaé âl héâni oumévazé oto
    est la cause que la beauté tiféréte reprenne de sa hauteur et de son orgueil par rapport à l'étape suivante (séfirote yéssod qui sont l'arrivée à l'union et à la sexualité).
    gorém ché hattiféréte yitgaé âl ha yéssod 
    et ne lui apportera pas sa bénédiction, vélo yachpiâ bo.
    Au contraire, si la compréhension du sage est unie en lui et avec le pauvre
    véîm tiyé daeto chél 'hakham méyoouchévéte âlav îm héâni,
    alors, tiféréte apportera pas sa bénédiction, az hattiféréte yachpiâ béyéssod.

    (Le Rav nous apporte une conception dont notre société est dépourvue. Elle accorde l'appréciation au riche, à ceux qui se nomment eux-mêmes les élites, et le mépris du pauvre est tel que celui-ci est totalement exclu. Le judaïsme ne peut pas être cela. La société juive israélienne doit réagir car elle prend un tournant d'immoralité grave en ce domaine, à l'image des autres sociétés occidentales.
    Le rôle des sages en Torah devrait être de le rappeler à haute voix. Il est vrai que des milliers et milliers de familles vivent en Israël dans la pauvreté la plus grande parce qu'elles consacrent leur vie à la Torah. Mais cela ne suffit pas.

    Deplus, en le formulant selon nos repères, disons que le Rav nous fait comprendre que cela n'est pas seulement une morale sociale et politique, mais cette morale est celle qui permet l'existence même du monde. Nous sommes tous également et totalement les pauvres par rapport à Hachém et ne vivons que par Son don. Nous devons vivre selon Son exemple vital et nous devons faire suivre la vie envers les pauvres, sinon nous arrêtons ensemble et la vie divine et la vie naturelle, par notre responsabilité.
    Le Rav nous fait comprendre, que le soin constant et absolu de tout pauvre, n'est pas une attitude décorative pour les riches, c'est le minimum de l'honnêteté ontologique, de la responsabilité d'existence du monde.)


    Chélichite. La troisième midda.
    Celui qui s'enorgueillit par sa connaissance de la Torah sur le compte de celui qui n'a pas d'instruction en ce domaine
    hammitgaé bétorato âl âma déarâ
    et cela c'est tout le peuple de Hachém
    ché hou klal âm Hachém

    est la cause que la beauté tiféréte reprend de sa hauteur, et s'éloigne par rapport à l'étape suivante (séfirote malkhoute qui sont la complétude et la réalisation totale).
    gorém ché hattiféréte yitgaé méâl hammalkhoute
    et ne lui apportera pas sa bénédiction, vélo yachpiâ bo.
    Au contraire, que la compréhension du sage soit intriquée parmi les créatures
    et que tout le peuple qui existe soit aussi important devant son visage ;
    et s'il ne leur accorde pas ce regard
    il les enferme ipso facto dans les forces négatives par son action.

    (Permettez-moi de vous dire que j'avais les larmes aux yeux en traduisant et rédigeant ce texte
    en pensant aux souffrances réelles actuellement dans notre peuple de la part de gens que je connais (pauvres sur l'un de ces trois points), souffrances toutes superflues et dues simplement à l'ignorance de ces termes de la part de ceux qui se posent comme l'establishment intellectuel, économique, religieux en toute assurance et qui pourraient aisément réduire ces situations, par ce regard que nous enseigne la Torah et ses Sages dans un dévoilement.

    J'avais les larmes aux yeux en voyant ces mots qui nous disent explicitement ce qu'est notre Torah, qui nous expliquent ce qu'est "la" nature du monde comme l'a découverte Avraham notre père : la nature du monde est la bonté, le 'hésséd seulement, et aucune autre dynamique ni la science, force, ni l'intelligence, ni l'argent, ni la communication, ni la politique, etc. ; mais tout cela n'a d'existence que dans le 'héssed, la beauté de la bonté, tiféréte

    Si nous ne le comprenons pas, le monde continuera à aller à sa destruction d'âge en âge. Ne le  le voyons encore en ce moment où les nations les plus avancées, pensent-elles, n'ont comme moyen intelligent selon leur morale pour résoudre les difficultés réelles que le rideau de bombes et la fuite des réfugiés massacrés à la fois par les persécuteurs et par ces morales étrangères à la bonté.

    Le peuple de la Torah a une autre réponse. C'est notre fonction.
    Avraham fut seul dans la monde de l'époque qui était comparable. Il est le père du peuple juif. 
    La vérité ne peut pas être séparée de la beauté et de la bonté, dit le Rav en terminant.
    Cela vous explique l'importance que j'essaie de placer dans la beauté et la bonté sur le site Modia qui cherche à transmettre la Torah, faire savoir, Modia). 
    Beaucoup disent qu'en eux-mêmes ils sont touchés par cet axe qu'ils sentent de l'intérieur.
    C'est la Torah, elle est tiféréte,  beauté. 
     

    Comprenez que cette option et cette tentative que nous essayons de partager ensemble
    n'est pas une philosophie personnelle. 
    Si elle s'exprime personnellement (graphisme, couleurs, photos, etc), elle ne fait qu'obéir à l'enseignement du Rav qui dit en ce chapitre :
    Ajoutons autre chose,  qu'il soit coutumier en tout exposé et discussion sur la Torah
    ôs yiyé raghil bihéyoto nossé vénoténe bédivré Tora

    d'orienter son intention vers la réparation de la chékhina
    lékhavéne él tiqouné chékhina,

    létaqénah ouléqachtah él hattiféréte
    de la réparer et de l'embellir de parures et de bijoux de beauté.

    (Nous l'essayons dans la musique des mots, parfois, ou des poèmes.
    Toujours notre sensibilité doit être en fonctionnement quand nous sommes centrés sur la Torah, et pas seulement notre tête. Pourquoi le dire ? Cette explication fait partie de l'explicitation et de la transmission).
    C'est un prix à payer pour cela.
     


    Sources. Voici les références de la beauté dans la Torah et le Tanakh.
    Pour étudier ces versets en vous y reportant. Je ne peux pas faire ce travail à votre place, car la Torah vous parle directement avec ce que vous êtes. Cela vous donnera des éclairages magnifiques.
    Le commentaire de Rachi et des autres Sages y est éclairant.

    Le terme venant de la racine yofi:
    - Béréchite 12,11-14; 29,17; 39,6; 41,2 et 4 et 18.
    - Dévarim 21,11
    - I Samuel 16,12; 17,42; 25,3
    - II Samuel 13,1; 14,25-27
    - I Rois 1,3-4
    - Chir ha Chirim, le Cantique des Cantiques est un jardin de beauté de l'union de D.ieu avec Son peuple et nous le montre en termes de beauté en de nombreux versets: 1,8 et 15-16; 2,10 et 13; 4,1 et 7 et 10; 5,9; 6,1 et 4 et 10; 7,2 et 7.
    - Ezéchiel 16,13; 31,3 et 7 et 9; 32,32
    - Jérémie 4,30; 10,4; 11,16; 46,20
    - Amos 8,13
    - Qohéléte, l'écclésiaste 3,11; 5,17
    - Téhilim, psaumes 48,3
    - Michlé, Proverbes 11,22
    - Esther 2,7
    - Job 32,15

    Le terme venant de la racine péer:
    - tifara: Isaïe 28,5 et Jérémie 48,17.
    - tiféréte:
    -
    Chémote, Exode, 28,2 et 40;
    - Dévarim 26,19
    - Juges 4,9
    - Isaïe 3,18; 4,2; 10,12; 13,19; 20,5; 28,1 et 4; 52,1; 43,13; 46,13; 60,7 et 19; 62,3; 63,12 et 14-15; 64,10
    - Jérémie 13,11 et 18 et 20; 33,9
    - Ezéchiel 16,12 et 19 et 39; 23,26 et 42;24,25
    - Zacharie 12,7
    - Téhilim, les psaumes: 71,8; 78,61; 89,18; 96,6
    - Michlé, Proverbes 4,9; 16,6 et 31; 19,11; 20,28; 28,12
    - Esther 1,4
    - Eikha 2,1
    - I Chroniques 22,4-5; 29,11-13
    - II Chroniques 3,6

    - hadar, beauté se trouve aussi dans une quarantaine d'endroits dont les Psaumes 8,6; 21,6; 29,4; 45,4-5; 90;16; 104,1; 110,3; 111,3; 145,5 et 12; 149,9.

    - hod, beauté se trouve aussi dans une quarantaine d'endroits dont les Psaumes 8,2; 21,6; 45,4; 104,1; 111,3; 145,5; 148,13.

    Cette longue énumération, objet d'étude, vous montre l'importance de la beauté dans le judaïsme, beauté ayant sa source en Hachém et donc devant être appréciée, magnifiée, développée et jamais détournée de sa pureté. D'où la nécessité de se détourner de toute beauté qui se pervertirait en étant coupée de sa source. C'est le contrôle du regard sur la beauté ambiguë, si difficile, et cela est expliqué dans la paracha Michpatim (lien ici)
    Voyez
    - le lien du regard à cette beauté dont nous avons parlée
    - les poèmes de regard et ici et ici et
    - la qualité du regard de Moché (lien ici) centré sur la terre d'Israël qui est le lieu de beauté par la présence de la Chékhina
    - le regard qui tente de rencontrer la beauté des Patriarches et Matriarches (lien ici)
    - la beauté dans le regard à l'instant de la rencontre de Avraham et Sarah (lien ici)
    - les pages qui essayent de développer le regard sur la beauté supérieure de la terre d'Israel (lien ici)
    - la beauté des gestes de pureté (lien ici)
    - l'importance du regard un instant vers la beauté de la lune (lien ici) rencontré chez mon père
    - la prière pour le regard sur la beauté de Jérusalem
    - la beauté vue dans l'amour et ici
    - se replacer dans la beauté par les bénédictions du matin

    L'enseignement de la Torah sur la beauté:
    - celle du vêtement (paracha Tetsavé)
    - celle de la femme (paracha Tazria)
    - la destruction de la beauté par le ayine ha ra (paracha Eqev)
    - la beauté des kétouvotes
    - la beauté a son mois: Iyar, le nôtre en ce moment
    - la beauté de la terre d'Israel (paracha Vaet'hanane).

    En résumé:
    Nous avons le devoir de travailler, pendant cette semaine de l'Ômér, sur la beauté, de la développer mais en y voyant sa source, de changer ainsi notre regard sur l'extérieur, et dans la relation.
    Nous placer à ce niveau avant le départ dans la journée, avant une rencontre, spécialement avec des gens de l'autre sexe, avant toute prière qui ne doit être que dans la beauté intérieure.
    Pour nous y aider, regardez cette page (lien ici).

    A suivre, la semaine prochaine...


    (La suite de ce texte sera placée jour après jour pour prendre le temps d'assimiler, de s'interroger et de travailler sur soi-même).

    Perfectionner l'hébreu en apprenant le vocabulaire hébreu de cette page.

    Lire : 
    - GÉNÉRAL. La période du Omér : un développement personnel (et étude sur ce qu'est le tiqqoune)
    - PRATIQUE. Comment compter le Omér : ce soir, chaque jour.



     
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