Le développement personnel
de la 6e semaine

pendant la période du Ômér
entre Péssa'h et Chavouôte

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia.    http://www.modia.org


Avançons dans une nouvelle période de développement personnel...


Le travail de la 6e semaine, se fera sur yéssod, la sexualité et sainteté des tsadiqim
(à partir du  18 mai 2006 au soir et le 19, 21 Iyar, 36e jour de l'Ômér, 'hésséd ché bé yessod)

Plan

  • Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ?
  • Les principes préalables de Ribbi Moché Cordovéro
  • Le travail progressif, lent et systématique de la 1e semaine sur les middotes (tendances et attitudes) de bonté ('hésséd).
  • conceptuellement,
  • pratiquement et activement
  • pratiquement et passivement.
  • Le grand art de la conscience juive de l'épreuve.
  • I. Les dimensions psychologiques dans le développement personnel juif
  • II. Les dimensions au-delà du psychologique dans le développement personnel juif
  • Le travail de la 2e semaine de l'Ômér  sur les middotes (tendances et attitudes) de force guévoura.
  • Le travail de la 3e semaine de l'Ômér sur les middotes (tendances et attitudes) de beauté tiféréte.
  • La 4e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'assurance nétsa'h.
  • La 5e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) de rayonnement et splendeur hod.
  • La 6e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'union fécondante et sexualité yéssod


  • La libération de ce que représentait Mistrayim, Egypte (angoisse, esclavage volontaire, perte de l'identité, assimilation à d'autres cultures et à d'autres dieux, glissement progressif vers la destruction) s'est faite par don gratuit de Hachém pendant le jour de Pessa'h ; mais, ces forces négatives se ravivent et augmentent immédiatement leur prise si un travail personnel n'est pas entrepris sur soi-même. C'est ce que nous enseignent tous nos Sages et ils ont prescrit pour cela le compte du Ômér et des techniques pour réaliser ce développement personnel.



    Quel travail personnel réaliser sur soi-même pendant le Ômér ? 
    La tradition nous enseigne que ce processus personnel de libération doit être fait pendant les 49 jours pour que nous soyions capables de recevoir la Torah pendant la fête de Chavouôte
    Ce processus personnel de libération doit être fait systématiquement sur chaque dimension de nos tendances (middotes)

    Voilà pourquoi chaque semaine est consacrée au travail sur l'une de ces middotes (d'abord la bonté 'hésséd, puis la force guévoura, puis la beauté tiféréte, puis l'assurance nétsa'h, puis l'expansion hod, puis l'union et la sexualité yéssod, et la complétude royale malkhoute...) ; on peut se reporter au TomérDévora, Palmier de Dévora, de Rabbi Moché Cordovéro, pour comprendre et accomplir ce travail qui est à la fois spirituel, moral et psychologique. Chaque semaine est consacrée à un travail particulier, mais également chaque jour de chaque semaine. Nous le suivrons comme manuel de développement personnel jusqu'à Chavouôte. Ce processus doit se dérouler lentement, sur 49 jours. 

    La libération de Pessa'h elle, devait être soudaine, comme toute décision peut être l'aboutissement d'une longue réflexion mais, finalement, la décision est soudaine (bé'hipazone). Tous ceux qui ont répondu à la logique juive de la montée en Israël (âlia) connaissent ces deux étapes de mûrissement lent et de décision définitive. Et, à l'heure où la décision est possible et où seule la décision de liberté est en jeu, si l'homme ne fait pas le choix, comme pour la sortie d'Egypte, il a perdu alors le "temps favorable" que Hachém lui donnait (davar tov béîto). Il avait reçu le don gratuit de la lumière progressive et, finalement, il dit "non" ou "oui". La fête de Pessa'h est marquée par ce "bé'hipazone" (en hâte) mais le Ômér qui suit est marqué par le travail progressif, lent et systématique
    La première semaine se caractérise par le travail sur la bonté, hésséd


    Le travail progressif, lent et systématique selon les principes que pose Ribbi Moché Cordovéro :

  • nous sommes fait à l'image et à la ressemblance du Créateur,
  • nous vivons de Son influx,
  • ...si nous le laissons nous pénétrer par la prière et par le travail sur nous-mêmes dans des actes effectifs ;
  • les semaines du Ômér sont propices à ce travail.

  • Cela se résume dans le principe : ha adam raouille ché yitdamé léqqono (il est pertinent que l'homme se rende semblable à son créateur).

    Note - Ribbi Moché ben Yaâqov Cordovéro (1522-1570), élève de Rabbénou Yosséf Caro, Marane, et de Ribbi Chlomo Alkabéts auteur du Lékha Dodi fut le maître de Ribbi Yits'haq Louria, le Ari. Ses livres les plus connus sont Pardés Rimonim (livre très spécialisé de caballe), Or Néêrav (plaidoyer pour la caballe) et Tomér Dévora (livre de moussar, morale du comportement pour l'ensemble du public, fondé sur la compréhension de toute la Torah jusqu'aux niveaux les plus intimes et les plus élevés mais traduits en modèles clairs et simples de comportement interne et externe pour tout le peuple).
     


     Pendqnt la 6e semaine, chaque Juif travaille sur les middotes (tendances et attitudes) d'union fécondante et de sexualité yéssod.
     La photo du jour -par l'auteur de Modia- présente une image de la Création (expression et enseignement de Hachém),
    pour être plus sensible à la dominante éducative du jour.

    • (à partir du 36e jour de l'Ômér, 'hésséd ché bé yéssod)
       
    le 1e jour de la 6e semaine: à partir du  18 mai 2006 au soir et le 19 mai, 21 Iyar, 36e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur la bonté 'hésséd dans... l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 2e jour de la 6e semaine: à partir du  19 mai au soir et le 20 mai, 22 Iyar, 37e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur la force guévoura dans... l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 3e jour de la 6e semaine: à partir du  20 mai au soir et le 21 mai, 23 Iyar, 38e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur la beauté tiféréte dans...  l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 4e jour de la 6e semaine: à partir du  21 juin au soir et le 22 mai, 24 Iyar, 39e jour de l'Ômér
    l'assurance nétsa'h dans...  l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 5e jour de la 6e semaine: à partir du  22 juin au soir et le 23 mai, 25 Iyar, 40e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur l'expansion hod de la splendeur dans...  l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 6e jour de la 6e semaine: à partir du  23 juin au soir et le 24 mai, 26 Iyar, 41e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur l'union et la sexualité yéssod dans... l'union de sainteté et la sexualité yéssod

    le 7e jour de la 6e semaine: à partir du  24 juin au soir et le 25 mai, 27 Iyar, 42e jour de l'Ômér
    le travail personnel porte sur la complétude royale malkhoute dans... l'union de sainteté et la sexualité yéssod



    TEXTE DE RIBBI MOCHÉ CORDOVÉRO sur la 6e semaine
    (avec notre commentaire de présentation) :

    Comment l'homme s'éduquera-t-il lui-même pour se développer dans la midda (tendance et attitude) de yéssod, union de sainteté des justes, et sexualité fécondante?
    Voir aussi la page sur le mariage juif
    http://www.modia.org/etapes-vie/couple/septbera.html


    Après l'orientation que nous avons étudiée et vécue et qui concernait les  4e et 5e semaines, maintenant, pendant la 6e semaine,  le travail personnel devra se dérouler sur les dimensions se yéssod ou d'union de sainteté entre les justes ou tsaddiqim et leur union fécondante, et la sexualité selon la Torah. En effet, l'union dont nous avons parlé concerne ce domaine, où tout s'intègre dans le concret.


    Photo de l'auteur.  Jérusalem

    Il s'agit donc de veiller à ce que "tout ce qui sera vécu en ce domaine de la sexualité le soit selon la qualité de vie qu'est la Torah". Particulièrement, on sera vigilant envers toute forme de qualité mineure dans ce domaine de la sexualité (rêveries imaginatives,
    les regards,
    les excitations suscitées par des motifs inadéquats, ou ne s'exprimant pas sous une forme qui garde la noblesse de la Torah,
    usage non pur de la parole comme blagues, obscénités).
    Le Rav incite à percevoir qu'une parole, même pure, peut dévier involontairement et mener vers des rêveries. C'est pour cela qu'il est écrit dans Qohéléte 5, 5 : "ne donne pas à ta bouche l'autorisation de te faire fauter dans ta chair (al titéne éte pikha l'hati éte béssarékha)".

    Le Rav insiste sur cette pédagogie : quelque chose qui est bon (afilou ché haddibbour lo yiyé 'hét)  et permis (moutar) peut conduire à des conséquences nocives sur ce plan sexuel et cela détruit ensuite même ce qui était bien, la voix et les mots deviennent mauvais.
    Il faut donc tellement faire très attention (kol kakh tsarikh zéhiroute)
    à ce qui concerne le signe de l'alliance (léote bérite), cela veut dire l'organe de la sexualité, et ce qui y est lié. Pour cela, ne pas se laisser dériver dans les pensées (lo léharhér) et ne pas se laisser aller ainsi à détruire (vélo yach'hite).

    4. LE but de la sexualité
    (Commentaire de présentation. Le Rav tient à placer  tout cela dans l'axe juste pour ne pas en faire une petite morale sociale ni une simple sagesse populaire. Si nous parlons de la sexualité, c'est dans l'axe qui était indiqué plus haut : la Torah et sa vie viennent vers nous par un chemin qui comprend l'accueil de la Torah par l'étude (points 1 et 2) dans les deux directions indiquées et leur union concerne nécessairement la sexualité ; la vie de Torah n'est pas une adhésion idéologique, politique, psychologique, c'est une vie totale depuis le spirituel jusqu'au plus concret. Et elle féconde et donne la vie sous toutes les formes, et cette expression la plus noble et la plus puissante est la séxualité très concrète dans l'union du couple.
    Cela concerne donc particulièrement la prise en compte de la diversité de l'homme et de la femme et leur union. Et cette union elle-même n'est pas le but final comme si un couple s'estimait satisfait de sa seule union et verrait tout le reste comme des biens "autour" : maison, enfants, biens, argent, relations... Le judaïsme voit cette ligne continue 

    - depuis la Bonté divine, hésséd, 
    - jusqu'à la Torah, Tiféréte, 
    - jusqu'à sa réception par le masculin et le féminin et leur union , Yéssod, 
    - comme un passage vers la complétude de la situation royale de Malkhoute que nous découvrirons la semaine prochaine. Ce sera la réalisatin complète et l'habitation complète de la Chékhina en nous, dans l'union au projet du Créateur.
    Continuons, nous pouvons maintenant comprendre la suite).

    Le Rav exprime tout ce qui vient d'être dit par une image : 
    il faut faire très attention à ceci (vé ôd tsarikh léhizahér) c'est comme si un arc (d'où l'image de l'arc-en ciel, nommé en hébreu "arc d'alliance", ote bérite haqqéchéte) venu d'en-haut lançait une flèche (l'acte sexuel très concret aussi bien que l'union spirituelle) et cet acte est un moment qui va se prolonger jusqu'à sa cible malkhoute (léchaléa'h 'hitsim lémidate hammalkhoute) qui est de produire une branche (laâssote ânaf) et de porter un fruit (vélasséte péri).

    Toute la vibration sexuelle éventuelle ne doit être située et autorisée que dans cette seule voie ; c'est-à-dire qu'elle ne devra se mobiliser qu'envers sa femme, dans des conditions de pureté, lors de la relation sexuelle (ête hazzivougue). Ne jamais bander cet arc ni tirer si ce n'est en direction de la cible indiquée par ce projet de la Torah (méôlam lo yidrokh haqqéchéte haéliyone élla lénokha'h hamatara hannizkéréte). Jamais vers aucune autre direction (vé lo yaqché âtsmo lé choum tsad)  que la direction pertinente (hammatara haréouya) qui est sa femme (ché hi ichto).

    Et, concernant cette midda de yéssod, il faut faire "extrêmement extrêmement" attention à ces choses (ou "méôd méôd" tsarikh zéhiroute).
    (Il y a donc une centration privilégiée extrêmement forte sur le couple. Chacun peut réfléchir, méditer personnellement pour assimiler cela et y accomplir un travail d'amélioration, de tiqqoune).

    Lien ici pour revenir à l'étude
    sur la bonté (1e semaine)
    sur la force (2e semaine)
    sur la beauté (3e semaine).




    La 7e semaine travaille sur les middotes (tendances et attitudes) de la complétude royale malkhoute,
    épanouissement total en nous de l'habitation divine.
    Découvrez chaque jour la photo pour se sensibiliser.

     

    le 1e jour de la 7e semaine: à partir du  25 juin au soir et le 26 juin, 28 Iyar, 43e jour de l'Ômér
    la bonté 'hésséd dans... la complétude royale malkhoute

    le 2e jour de la 7e semaine: à partir du  26 juin au soir et le 27 juin, 29 Iyar, 44e jour de l'Ômér
    la force guévoura dans... la complétude royale malkhoute
    le 3e jour de la 7e semaine: à partir du  27 juin au soir et le 28 juin, 1 Sivane, 45e jour de l'Ômér
    la beauté tiféréte dans...  la complétude royale malkhoute

    le 4e jour de la 7e semaine: à partir du  28 juin au soir et le 29 juin, 2 Sivane, 46e jour de l'Ômér
    l'assurance nétsa'h dans...  la complétude royale malkhoute
    le 5e jour de la 7e semaine: à partir du  29 juin au soir et le 30 juin, 3 Sivane, 47e jour de l'Ômér
    l'expansion splendide de beauté hod dans...  la complétude royale malkhoute
    le 6e jour de la 7e semaine: à partir du  30 juin au soir et le 31 juin, 4 Sivane, 48e jour de l'Ômér
    l'union et la sexualité yéssod dans... la complétude royale malkhoute

    (photo d'un corail) Toutes photos de l'auteur
    le 7e jour de la 7e semaine: à partir du  11 juin au soir et le 12 juin, 5 Sivane, 49e jour de l'Ômér
    la complétude royale malkhoute dans... la complétude royale malkhoute


    LA DERNIÈRE PRÉPARATION PERSONNELLE AVANT LA FÊTE DE CHAVOUÔTE
    Texte de Ribbi Moché Cordovéro sur la 7e semaine
    (et commentaire de présentation, entre les parenthèses) :

    Le Rav nous donne deux types de conseils pour intégrer en nous la midda de malkhoute (royauté épanouie) dans nos pensées et dans nos comportements 
    héakhe yarguil âtsmo haadam bémidate hammalkhoute.

    Une condition négative : enlever tout orgueil pour être disponibles.
    Une condition positive : être prêt à recevoir la Chékhina dans toute Sa beauté de la Torah, et cela s'acquiert dans la qualité de l'attitude de l'homme envers la femme
    .

    Une condition négative
    La première nécessité (richona lékhoulane) c'est que le coeur ne soit pas orgueilleux (ché lo yitgaé libo) de ce qu'il est et de ce qu'il a (békhol achér lo)
    et qu'il se place toujours dans la position d'un pauvre ( (véyassim âtsmo tamid kéâni)
    et qu'il se tienne devant son Créateur (véyaâmid âtsmo ligné kono)
    comme un pauvre (khéddal)
    qui demande et supplie (choél oumit'hannéne).

    (Commentaire. Intégrons d'abord cela qui est indiqué comme étant la base de tout. Effectivement, la majorité des luttes sociales et des cruautés de tous types qui caractérisent la société, viennent de ce que chacun s'estime, en soi et par rapport à l'autre, comme un puissant et aspire à être LE puissant alors qu'il n'est qu'un pauvre qui n'a aucune puissance de survie en rien. Tout ne lui est que donné, ou plus exactement prêté temporairement pour un temps bref afin d'en faire bon usage, c'est tout.
    David le savait qui disait : "ki ya'hid véâni ani, car je suis isolé et pauvre, moi" (psaume 25, 16). Cette juste position face au seul existant, s'exprime 
    - par le terme de Roi, en ce qui concerne D.ieu,
    - par le terme de pauvre, en ce qui concerne l'homme.
    Qu'est-ce que le pauvre ? C'est celui qui n'a pas, qui ne peut pas parvenir à se procurer le nécessaire, et qui dépend uniquement de la bonté d'autrui pour l'obtenir.)

    La seconde nécessité (od chéniya) pour que la royauté de la bénédiction puisse fonctionner dans le monde grâce à la bonne midda ou bonne attitude de l'homme est celle-ci :
    - bien réaliser que "la Chékhina est comme exilée" (hachékhina haggola). Cela veut dire que ce qui pourrait assurer sa présence (le Temple et le service qui devrait s'y dérouler pour le bon fonctionnement du peuple et du monde), est en état de non-fonctionnement.
    - en conséquence, il faut se vivre soi-même en état d'exilé avec un bagage léger (yémaête békhélav békhol yékholto), et être prêt à aller ainsi d'endroit en endroit (yigalé mimmaqom lémaqom) dans le respect de D.ieu (léchém chamayim).
    (Commentaire. Même si cela comporte ce que l'on appelle des épreuves. C'est très contraire à la civilisation contemporaine qui a une obsession de la sécurité et de la stabilité, et ne vit que pour cela. Et, comme elle est irréalisable, s'ensuit la dépression ou la révolte.
    Il faut relire ce que dit Rachi de la nécessité de franchir de très nombreuses étapes d'instabilité pour s'approcher de l'état où on sera disponible à la réception de la Torah : c'est la paracha Nasso). Le prophète Ezéchiel (12, 3) définit cela : kélé ghola âssi lakh, "fais-toi des instruments d'exilé").

    Vivant ainsi, il s'ensuit 3 répercussions :
    1) on contraint ses instincts à se soumettre (yakhniya lélavo),
    2) on peut se relier à la Torah (véyitqachér baTorah),
    3) alors la Chékhina est avec nous (véaz chékhina îmo).
    - Il faut donc s'organiser pour casser (chévér) sans cesse notre stabilité et confort "allant à pied, sans cheval ni voiture" (raglav béli sous varékhév). Et cela pour la Gloire d'En-haut (likhvod gavoa).
    (Commentaire. Cela n'est pas pour nous assurer une hygiène intelligente de vie mais bien pour D.ieu, et pour qu'Il trouve en nous quelqu'un disponible, véritablement, intérieurement, avant qu'Il puisse faire de l'homme Son habitation).



    L'homme et la femme
    Une condition positive : comprendre les diverses formes que prend cette réception de la Torah : "faire que la Chékhina soit attachée à l'homme et ne s'en sépare pas"
    laâssote ché tiyé chékhina dévéqa îmo vélo tifrad mimméno.

    Comment cette "adhésion", au sens propre, peut-elle se réaliser ?
    1. en se mariant. Cela peut surprendre ; aussi, voici l'explication développé systématiquement,  hiné:
    - tant que l'homme n'a pas épousé une femme (haadam bé ôd ché lo nassa icha)
    il est clair que la Chékhina n'est en rien du tout avec lui (péchita ché éine îmo chékhina klal).
    - car l'essentiel de la Chékhina est, en ce qui concerne l'homme, du côté de la féminité (ki îqar chékhina lé adam mittsad hannéqéva).
    - l'homme est situé entre deux féminités (véhaadam ôméd béine chété néqévote)  :
    a) la féminité d'en-bas concrète  ( néqéva ta'htona guachmite) qui reçoit de lui par le contrat de la kétouba la nourriture chéar, le vêtement késsoute et la vie sexuelle ôna ; ce sont les dynamiques de 'hesséd, dine, tiféréte.
    b) la féminité qui se tient au-dessus de lui pour lui transmettre la bénédiction (véhachékhina ha ômédéte âlav levarkhro).
    Cette position de l'homme entre deux féminités est celle de la beauté de la Torah qui est Tiféréte, beauté et qui est à la fois en relation avec le ciel et la terre
    ké îgnagne hattiféréte ché hou ôméd béin chté hannéqévote. (Commentaire. C'est pour cela que ces dynamiques se jouent pendant la fête de Chavouôte).

    2. A partir de là, le Rav explique comment veiller à ne jamais se séparer de la Chékhina ni, également, de sa femme, que ce soit pendant la séparation de la période de nidda ou de voyages. Cette adhésion continue se fait par une présence constante à l'étude de la Torah.
    Car l'homme n'est complet qu'en tant que masculin et féminin (léôlam adam chalém zakhar ounéqéva) et ainsi la Chékhina l'unité (vaharé chékhina mizsavéguéte lo).

    3. Au retour de voyage ou de la période de nidda, ou la nuit du Chabbate, ce sont les temps qui sont adaptés pour l'union, et alors c'est une mitsva (kol é'had méhén zémane béîlat mitsva hi).

    4. Celui qui veut ainsi s'accoupler (harotsé léhizdavvég) avec la fille du Roi et qu'elle ne se sépare jamais de lui,
    doit avant toutes choses (tsarikh té'hila)
    doit d'abord se parer lui-même se parer de toutes sortes de parures et vêtements agréables (qichoutim ou malbouchim naim) et ce sont les réparations (tiqqounim) des middotes, intentions, attitudes et comportements. Cela s'acquiert dans l'étude de la Torah.

    5. Alors, il peut à la fois être uni à la Chékhina et elle l'épouse immédiatement (oumiyad hi nisséte lo) et aussi assurer à sa femme ce qu'il lui a promis (les 3 engagements dits plus haut).

    6.  Redisons ici ce dont le Rav a parlé sur ce sujet dans le chapitre de guévoura.
    Le Rav dit que l'homme doit éveiller avec douceur l'instinct de son épouse (lé tsorékh ichto yéôrér yitsro béna'hate) par des renforcements doux (létsad haguévourote hamétouqote). C'est ainsi qu'il faut comprendre par exemple de lui procurer le vêtement (kégone léalbicha),  lui assurer- réparer une maison (létaqqéne la bayite). Et il dira : "c'est en cela que je la vêts que je répare la Chékhina" qui est alors parée (bazzé ché ani malbicha, ani méttaqéne hachékhina ché hi mitqachététe).
    Toutes les réparations de la maison-femme (kol tiqouné habbayite) sont des réparations de la Chékhina (hén tiqouné hachékhina).

    (Commentaire. On découvre là que le Rav a choisi de nous éclairer sur le don de la Torah comme union, dans le modèle de l'union du couple. Non pas comme une image, mais comme une double réalité à vivre simultanément aux deux niveaux.
    Le don de la Torah est l'union du couple exprimée par l'image du ciel et de la terre qui est ainsi le projet initial de  D.ieu puisque cela ouvre toute la Torah au premier verset. Le Rav nous rappelle de voir ainsi comme accouplement le don de la Torah.
    On sait qu'Israel est la fiancée et l'épouse de D.ieu et Il lui donne Sa Torah. Ce que l'on sait moins, c'est  ce parallélisme complet qui se joue également dans le couple ; et que l'un et l'autre sont la condition.
    Il est clair que le monde n'a pas cette conscience car la femme ne reçoit cette place dans la réalité, ni dans l'estime, ni dans le type de jouissance, ni dans le culte. La pression culturelle est si forte que les yeux ne le perçoivent plus, souvent, dans l'étude de la Torah. Les Sages nous le rappellent et il est clair que nous transmettons en continu ce message des Sages sur le site Modia. Le Cantique des Cantiques, centre du Tanakh, la Bible, se comprend mieux, dans son double langage qui parle simultanément des deux unions.
    Il ne s'agit pas seulement des droits de la femme ; le judaïsme nous enseigne aussi la nature de la femme, de l'homme, du couple et les obligations qui en découlent.
    Cet embellissement n'est pas seulement au niveau de l'intimité conjugale, mais elle est identique au niveau de l'affection délicate à apporter à la communauté juive qui est "la fiancée" ; cela est bien loin des luttes intestines dures et continues qui ressemblent à un couple sans pitié.
    C'est dans cette attitude que nous encourageons à relire, au moment où nous serons tous sur le plateau du Sinaï, le commentaire mis sur la paracha Nitsavim qui étend cela à toute la communauté.
    A méditer lentement).

    Nous pouvons maintenant passer la nuit de Chavouôte à recevoir la Torah
    soit en lisant le Tiqqoune leil Chavouôte, abrégé de toute la Torah écrite,
    soit en suivant des cours qui nous éveillerons à l'amour de la Torah.
    Nous entendrons aussi


    Lien ici pour revenir à l'étude
    sur
    la bonté (1e semaine)
    sur la force (2e semaine)
    sur la beauté (3e semaine).


    Perfectionner l'hébreu en apprenant le vocabulaire hébreu de cette page.

    Lire : 
    - GÉNÉRAL. La sens général de la période du Omér : un développement personnel (et étude sur ce qu'est le tiqqoune)
    - PRATIQUE. Comment compter le Omér : ce soir, chaque jour.



     
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