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Etude de Tomér Dévora
(livre de moussar)
de Ribbi Moché Cordovéro
ou
Comment réussir la téchouva
(le retour au meilleur)
par un travail personnel sursoi

par Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia.    http://www.modia.org



Plan
  • Quel travail personnel réaliser sur soi-même
  • Les principes préalables de Ribbi MochéCordovéro
  • Présentation et commentaire de TomérDévora
  • Le travail progressif, lent et systématique sur les tendances debonté 'hésséd
  • Commentaire sur plusieurs dimensions psychologiquesdans le développement personnel juif
  • Les dimensions au-delà du psychologique dansle développement personnel juif
  • Le travail progressif sur les tendances de rigueuret de force guévoura
  • Le travail progressif sur les tendances de beautétéféréte
  • Le travail progressif sur les middotes (tendanceset attitudes) d'assurance victorieuse, nétsa'h
  • Le travail progressif sur les middotes (tendanceset attitudes) de rayonnement et splendeur hod
  • Le travail progressif sur les middotes (tendances et attitudes) d'unionfécondante et sexualité yéssod
  • à suivre...

  •  



    Quel travail personnel réalisersur soi-même pendant le Mois de Eloul ? 
    Ce processus personnel  doit être fait systématiquementsur chaque dimension de nos tendances (middotes). 
    Nous allons nous reporter au livre  Tomér Dévora,Palmier de Dévora, de Ribbi Moché Cordovéro, pourcomprendre et accomplir ce travail qui est à la fois spirituel,moral et psychologique, sur l'une de ces middotes (d'abord la bonté'hésséd, puis la force guévoura, puisla beauté tiféréte, puis l'assurance nétsa'h,puis l'expansion hod, puis l'union et la sexualité yéssod,et la complétude royale malkhoute...). Ce sera un travailprogressif, lent et systématique


    Pourquoi ce travail progressif, lent et systématique selonles principes que pose Ribbi MochéCordovéro :

  • nous sommes fait à l'image et à la ressemblance du créateur,
  • nous vivons de Son influx,
  • si nous le laissons nous pénétrer par la prière etpar le travail sur nous-mêmes dans des actes effectifs,
  • les semaines du Ômér sont propices à ce travail.

  • Cela se résume dans le principe : ha adam raouilleché yitdamé léqono (il est pertinent que l'homme serende semblable à son créateur).

    Note - Ribbi Moché ben Yaâqov Cordovéro (1522-1570),élève de Rabbénou Yosséf Caro, Marane, et deRibbi Chlomo Alkabéts auteur du Lékha Dodi fut lemaître de Ribbi Yits'haq Louria, le Ari, le plus grand descabalistes avec Ribbi Chimeöne bar Yo'haï et Na'hmanide. Seslivres les plus connus sont Pardés Rimonim (livre trèsspécialisé de caballe), Or Néêrav (plaidoyerpour la caballe) et Tomer Dévora (livre de moussar,morale du comportement pour l'ensemble du public, fondé sur la compréhensionde toute la Torah jusqu'aux niveaux les plus intimes et les plus élevésmais traduits en modèles clairs et simples de comportement interneet externe pour tout le peuple).

    Présentation du texte de RibbiMoché Cordovéro,
    Tomér Dévorah, et explicitation

    "Cela consiste, certes, à se dire que l'on va s'améliorerdans l'amour des créatures mais cela n'est possible que si on améliorenotre amour du créateur dont la qualité (midda) d'amour,alors, nous imprégnera et agira en nous. C'est ce qu'il appellele secret de la bonté" (sod ha'hésséd hou). 
    Tout ce texte est un abrégé de celui du Ômér.
     
     

    Photo de l'auteur à Jérusalem. Les glycinesen avril descendent, généreuses, et parfument spirituellement les rues qui entourent ma maison, placées là parla bontédes voisins. Jérusalem
    La première étape
    se caractérise par le travail
    sur la bonté, hésséd

    Conceptuellement
    1. Le but est donc de comprendre ce que veut dire "aimer Hachém",ou être dans son 'hésséd, ce qui est la mêmechose. Voilà pourquoi on dit que chaque jour de cette semaineest dans le 'hésséd
    2. Ce sera un amour absolu takhlite ahava
     

    Pratiquement et activement. 
    En quoi cela consistera t-il pratiquement ? 
    3. Que cet amour, dans le coeur et dans les actes et dans laprière,ne soit conditionné par aucun motif que l'amourlui-même (ché lo yania'h âvodato léchoumsiba). 
    4. Que rien ne soit aimé par lui de façon comparableà cet amour pour Hachém. Il s'organisera donc concrètementpour réussir cette partie en priorité (véla zéyitaqén té'hila tsorkhé âvodato
    5. Activement, pour la part venant de l'homme, il faut que lavie soit organisée en conséquence, dans tous les choix, pourréaliser ce programme en priorité et le reste des besoinsen seconde position (vé a'har kakh, hammotar yiyé lichéarhatsérakhim). 
    6.  On s'organise mentalement et concrètement pourque cet amour soit enraciné stablement dans le coeur (vétiyéha âvoda hazzote téqouâ bélibbo.

    (Commentaire : cela veut nous dire que si nous adoptons cette positiond'un amour pur et total pour ce qui est la source même de la vieet de l'amour, alors notre amour concret pour les créatures seralui aussi de cette qualité car il y puisera sa vie. Cela n'est pasune position curieuse mais le Rav explique là simplement le sensde ce que nous disons tous les jours dans le Chémâ Yisraël:tu aimeras D.ieu de tous tes coeurs, bé khol lévavékha). 


    Pratiquement et passivement, pour la part que l'on reçoitde l'existence.
    1. considérer tout ce que l'on reçoit comme amourenvers nous : yé'hachévéem lé ahava lo.
    2. et comme loyauté de la part de HQBH : néémanimpittsé ohév, loyales sont les blessures que fait celuiqui aime (Michlé, Proverbes 27, 6)
    3. avec le même enracinement en profondeur dans le coeur,que D.ieu nous envoie des choses agréables, des souffrances ou desreproches : béïn yéqabbél tovote mééteHQBH ouvéïne yéqabbél yissourine vétokha'hote.
    4. on considère seulement le bon (déâtoel ttsad hattov) et on cache les rigueurs (oumastir dinéya).


    Résultat
    A ce moment là, 
    1. on aime D.ieu ouvékhol méôdékha"etde toutes tes forces" (Dévarim 6, 5).
    2. alors, on a intégré la bonté dans chaquemiddaou attitude de soi. Ou, inversement, on a intégré chaquecomportement et attitude intérieure (midda) dans la bonté,hésséd: likhlol kol hammidote bé'hésséd.
    3. cela nous place dans l'ordre de la complétude quel'on appellemalkhoute, ou royauté de toute la bénédictionsur tout le concret, et union de toutes les qualités les plus contradictoiresdans la seule bonté : vénimsa sod hanhagato méhammalkhoute.
    4. c'est cela un comportement toujours placé dans le'hésséd : vézo hi hanhaga guédolaléhiqachér bé'hésséd tamid.
     


    Commentaire d'intégration sur cetexte (par Yehoshua Ra'hamim Dufour)

    I. Les dimensions psychologiquesdans le développement personnel juif
    On le voit, le travail sur la bonté, hésséd, intègre des dimensions personnelles importantes que le terme de"morale" moussar risquerait de réduire en parlant de réalisationd'actes bons mais sociaux et extérieurs.
    Ce développement est d'abord un travail sur les dimensionspsychologiques intérieures :


    Première dimension : la capacité de mettre l'amouren takhlite ; cela veut dire, en hébreu, un amour "quiemplisse tout le domaine de tout, jusqu'aux limites et soit aussi le butde nos tendances et de nos désirs" (voyez ce mot dans Néhémie3, 21 et Job 26, 10). 
    Pour y parvenir, posons-nous les questions simples suivantes :
    - quelle est la valeur et la préoccupation qui emplissent notrehorizon actuellement et généralement (argent, confort, bonnesrelations, joie, santé, ambition, plaisir, politique, affaires,moi, etc) ?
    - serait-il possible que ce soit l'amour qui prenne la place de premièrevaleur, de premier terrain d'existence, de premier but, de premièreambition, de premier investissement ?
    - serait-il possible de placer la source de cette orientation dansun amour de cette qualité précise qui est l'amour divin ?et dont nous avons le témoignage dans la Torah.


    Deuxième dimension : la capacité de vigilance
    Le mot takhlite comprend la notion de totalité (kol)qui caractérise la bonté et l'amour pour faire surgir dela racine de notre être :
    - il faut donc développer une conscience la plus constantepossible en nous qui capte notre tendance profonde et son orientation. 
    - c'est un travail laborieux.Ceux qui sont en cure psychologique comprennentcette vigilance constante qui va les éclairer sur eux-mêmes.Cette bonté recherchée en nous avec constance et vigilanceest un travail (âvoda), voilà pourquoi on dit en hébreuque la prière est âvodate lév, travail ducoeur, comme les sacrifices étaient un travail (avôda)car ils étaient laborieux et impliquaient toutes les tendances del'être et toute la conscience. Reportez-vous ici au commentaire dela paracha Vayiqra.
    - ce travail personnel suppose une mise en action de la volonté,de la décision pour maintenir le cap car on ne parvient pasà accomplir cette tâche avec facilité.


    Troisième dimension : la capacité de voir tout de l'autredans le seul axe de l'amour.
     Néémanim pittsé ohév, loyalessont les blessures que fait celui qui aime (Michlé 27, 6).Cela veut dire que celui qui est aimé interprète toujoursdans le bon sens l'intention de celui ou de celle qui s'adresse àlui dans une relation amoureuse.

    Questions très simples : 
    1. envisageons-nous ce que "devrait, selon nous" nous envoyer D.ieucomme uniquement l'agréable ou bien acceptons-nous à l'avanceles programmes difficiles comme faisant partie de ce que nous ne comprenonspas qui est certainement "bon" et ont des fonctions bonnes (élévation,dépassement de soi, complétude en cours, changements, etc)cela afin de parvenir à bénir dans le mal comme dans le bienainsi qu'il est demandé, sachant aussi que D.ieu seul voit les temps,les plans d'ensemble qui exigent des détours, les réparationset purifications nécessaires, etc.
    - sommes-nous prêt a priori à, ainsi, tout intégrerdans une vue de bonté (même si nous souffrons en mêmetemps) ? Lisez le verset 119, 71 des psaumes
    tov-li kh ounéti lémaâne élmad 'houkéikha,
    c'est bon pour moi que j'ai été dans la misèreafin que j'y apprenne tes secrets.
    Le traité Bérakhote 54 a, des Bénédictions,dit également  ce que la halakha a repris dans ses prescriptions: 
    'hayav adam lévarékh âl haraâ kéchémchémévarékh âl hattova chénéémar: véahavta éte Hachém élohékha békhollévavékha... bichné yétsaréikha, béyétsérhattov ouvéyétsér harâ.
    "l'homme a l'obligation de bénir à propos du mal de lamême manière qu'il bénit sur le bien comme il est dit'avec tes deux coeurs' (békhol lévavéikha,Dévarim 6, 5) où le mot coeur est mis au pluriel pour parlerde l'instinct du bien et de l'instinct du mal" (Traité Bérakhote54 a).
    Cette conception qui intègre tout dans la bénédictionet la bonté est importante comme pacification. En effet,nous devons alors être indulgents envers nous-mêmes et enversles autres pour la part impure qui vient toujours tout déformeret perturber ; ce léger mal ou ces erreurs sont aussi une forceet ils n'altèrent pas le bien réalisé ; au contraire,ilfaut apprendre à intégrer cette art de déviation àl'intérieur du bien et de la bénédiction.
    Gam zo la tov, également celle-là (cette part-là)est pour le bien disait Na'houm dont cette phrase fut associée àson nom (Taânite 21 a, Sanhédrine 105 b et 109 a).


    Le grand art de la conscience juive de l'épreuve
    Rav Cordovero nous enseigne là un grand art à traversune particularité linguistique.
    Il fait remarquer que zo  est délibérémentau féminin. Explicitons-le. Cela fait allusion au fait que les épreuvesviennent du côté gauche qui est appelé soit dinimsoit guévourotes. Quand c'est dinim, ce sont des jugementsterribles mais ce peut-être aussi guévourotes qui sont,certes des chocs, mais qui donnent alors des forces et c'est le cas quandces épreuves sont intégrées dans la bonté.Cela doit nous donner une conceptionjuive de l'épreuve que nous présentons dans la réponseaux questions.



    II. Les dimensions au-delàdu psychologique dans le développement personnel juif

    Aimer dans la source de la bonté
    Le Rav Cordovéro nous éclaire ensuite sur la véritablenature de cette bonté qui pourrait nous sembler seulement de bonnesinter-relations humaines. Il cite l'introduction des TiqqounéZohar disant : éïne 'hassid élla hamit'hassédîm qono déâvid qén... da chékhina
    "il n'est pas de 'hassid, si ce n'est celui qui fait sa bontéen étant avec son créateur en Lui faisant un nid... qui estla chékhina".
    Commentons. Il précise là un point important. La Torahnous apprend ce qu'est et ce que doit être la bonté, parceque sa source et sa nature sont en Haqqaddoche baroukh Hou Lui-mêmedans la bonté intérieure et intime qu'Il a avec la chékhina(Saprésence divine dans le monde). Ainsi, aimer la créature,en ce qui nous concerne ici-bas, c'est comme si nous bâtissions unnid pour la chékhina et assurions la relation d'amour entreHQBHet Sa chékhina

    L'association divine
    Cela montre la haute nature de la bonté, et quel rôleimportant nous accorde D.ieu de participer à Sa relation d'amourintime. Cela est formulé parfois en disant : D.ieu a besoin deshommes.

    Notre part active
    Le Rav, à partir de là, indique autre point important: dans nos sentiments humains, notre intention affective peut aller jusqu'aucréateur comme objectif-source de tout notre être  :léfiché guémiloute 'hassadim ché adam ôssébata'htonim, tsarikh ché yikhavéne ba hattiqqoune haêliyonedougmato, vé hou ché gomél 'hésséd îmqono.
    C'est ainsi que l'homme "donne la bonté à son créateur"gomél'hésséd îm qono, merveille de la libertéhumaine. 

    Exemples
    En plus des actes courants de bonté, il cite plusieurs actesqui relient ainsi, de façon particulièrement visible, labonté humaine et la bonté directement divine :
    - le don de nourriture au nouveau-né qui n'a aucun moyen dese la procurer, au moment où la créature est dans les rigueursde la vie sans aucune défense.
    - le don de la circoncision où, gratuitement, on fait franchirdes stades très importants à l'enfant face à des freinsqui s'exercent sur lui.
    - la visite aux malades et leur soin,
    - les dons aux pauvres,
    - l'accueil des personnes seules et en déplacement,
    - le soin des personnes décédées qui n'ont aucunecapacité de veiller à leur dignité et ne pourrontpas en remercier,
    - l'assurance des besoins matériels de la mariée quin'en dispose pas,
    - l'aide à la paix entre les hommes lorsqu'ils sont en relationsconflictuelles. Tout ce qui ressort de faire avancer les chemins de lapaix c'est bonté envers le Très-haut : vékhol kéyotsébazé midarkhéi chalom hou guémiloute 'héssédlémaâla.
    Tout cela est bonté, bonté humaine à l'image dela bonté divine, mais, davantage encore, cela contribue àla circulation heureuse de l'amour en D.ieu Lui-même.

    Rappelons ici ce que nous disions dans la paracha Vayiqra:
    "La pauvreté de D.ieu
    C'est peut-être l'un des sens de cette modestie du alephdans le mot vayiqra : cette rétraction et retenue d'affectionest la condition d'une transmission qui ne tuera pas l'autre par sa puissance. 
    Cette démarche, qui est un enseignement de Hachém enversMoché, se retrouve constamment dans la Torah ; il est souhaitablequ'elle puisse se retrouver tout autant dans la relation entre les personnes.
    Ribbi Yaâqov Abou'hatséra (voir le lexique) va dans cetteligne et nous mène en des sommets où nous n'oserions jamaisaller. Il nous indique sur ce mot Vayiqra que la rétractionnous informe de l'état de déficience et de fragilitéde la présence de D.ieu en ce monde, que l'on nomme chékhinaou royauté de D.ieu, malkhoute. C'est un état de pauvreté,daloute,dans lequel le monde met D.ieu, si l'on peut dire. Chaque jour, le plande plénitude de D.ieu est ainsi appauvri. 

    Le pouvoir de l'homme de répondre et reconstruire
    Et c'est le propre de l'homme, des membres du peuple d'Israël,que de pouvoir reconstituer cette plénitude, d'abord dans laprière de cha'harite, cette longue prière du matin(dite à un rythme normal pour  prononcer chacun mot sans s'attarder,à haute voix comme le font les sépharades, elle dure environune heure 1/4 chaque jour où il n'y a pas de lecture de Torah commec'est le cas le lundi et le jeudi).
    C'est un thème constant dans son oeuvre, spécialementdans son commentaire Ma'hsof hallavane (y voir BéréchitesurBéhibaram, ou le début de la paracha Téroumaou la paracha Béchala'h sur le chant après le franchissementde la mer Rouge). "



    Deuxième étape : le travailpersonnel sur les tendances de force et de rigueur (dine)

    (photode l'auteur)

    Cette seconde étape travaille sur les tendances de force. 
     Comment y parvenir ? (Héakh yarguil haadam âtsmobémidate haguévoura).

     1.  Elles peuvent être destructrices (on dit, allervers la gauche) ou devenir constructrices (on dit, aller vers la droitequi est  le lieu symbolique du 'hésséd, sourcede tout). 

     2. Plus exactement, elles sont automatiquement destructrices 
      - si elles ne sont pas assumées consciemment 
      - et si elles ne sont pas orientées uniquement vers lebien d'autrui. 

      3. C'est ce que le judaïsme appelle l'instinct du mal ouyétsérharâ avec lequel l'homme a été égalementcréé (haadam notsar bichté yétsirote).Toutéveil de cet instinct met en mouvement des forces de rigueur etde destruction : hén  mamache méôrérotehaguévourote ha'hazaqotes.

     4. Si l'homme n'est pas conscient de sa force qui cherche uneauto-satisfaction (de plaisir matériel, sensuel, intellectuel oumoral), il sera toujours prêt à détruire autrui mêmeen parlant de bien familial ou d'idéaux politiques ou de religion. 

     5. Voilà pourquoi Ribbi Moché Cordovéro ditque le yétsér harâ a été faituniquement pour donner satisfaction à son épouse ( yétsérharâ létsorér ichto, Zohar I, 49 a), ce qui veutdire que c'est l'exemple le plus précis du bien pour ce qui estcertes très proche mais qui n'est pas moi. 

      6. Mais le judaïsme est toujours un art du lien et de lacomplétude qui est le concept de paix, chalom. Aussi, chaque jour verra un travail particulier sur le lien d'une autre qualité àl'intérieur de la force. 

     7. Le Rav dit : vois combien ces choses sont douces (réékama métouqim dévarav) alors qu'elles pourraient détruire. 

     8. L'art d'aimer , effectivement, est souvent ignorant de cesréalités et tourne à l'horreur sans les que les deuxpartenaires ne comprennent rien à la situation. De plus, par lelien que nous avons vu entre le bas et le haut, par le fait que l'hommeest créé à l'image du monde d'en-haut, et par le faitde la liberté donnée à l'homme d'influencer le monded'en haut dont les  forces sont encore bien plus grandes, l'ignorancedans l'art d'aimer et de gérer ces pulsions entraîne des forces destructrices socialement. La moindre colère (kaâs)est de cet ordre. La recherche de la jouissance personnelle égalementdans la sexualité (biah) ou l'argent (mamone). Demême, la recherche de la gloire (kavod) personnelle.
     Celui qui dispose de la capacité de mettre en jeu cesforces dans le couple ou dans la politique et les détourne àson profit ne sait pas qu'il est en train de mobiliser des tornades quivont ravager. 

     9. Par contre, pour le bien de son épouse (omenam, létsorékh ichto yéorér yitsro béna'hat létsadhaguévourotes hamétouqim) il éveillera son instinctavec douceur du côté des forces de tendresse délicieuse. 
     C'est ainsi que l'on construit et rectifie un couple et une maison(létaqénla bayite). 

     10. Nous l'avons déjà vu : ce travail produit "comme"un travail d'amélioration dans l'union divine elle-même, commesi on embellissait la chékhina (ajoutons : ainsi qu'il estdit dans le chapitre 15 de Chémote dans le Chant de la sortie d'Egypte : il est mon D.ieu et je l'embellis, zé Eli véanevéHou). Et toute amélioration dans le couple crée,pour ainsi  dire, ce type d'amélioration (léfikhak,kol tiqouné habbayite hém tiqouné ha chékhina).

     11. Améliorer ainsi en adoucissant, se dit lémattéq.C'est éveiller l'instinct de mal pour l'amour (mitsad zéyéôrér hayétsér harâ léahavatah).C'est le sens du verset 8, 3 du Cantique des Cantiques  : "sa gauche(ces forces) sous ma tête (apportées là en élévation)smolo ta'hate lérochi, et sa droite m'embrasse, vimino té'habéqéni(et le tout est ramené dans l'ordre de la droite, hésséd)"que l'on comprend par cet exposé. 

     Tout cela par le travail sur les tendances de force et du yétsérharâ. 



     


    Troisième étape : le travailpersonnel sur les tendances de beauté (tiféréte)

      Comment l'homme s'éduquera lui-même pour se développerdans la 3e midda (tendance et attitude) de beauté (tiféréte)
     
    (photo de l'auteur, au Jardin Botanique en face denotre maison à Jérusalem)

     Il n'y a aucun doute que la midda de beauté tiférétetrouve sa source et son expression et sa nature dans l'étude dela Torah :  Eïne saféq chémiddate hattiférétehi haêsséq ba -TTorah. 
     (Commentaire. Nous sommes placés immédiatementdans un décalage par rapport à nos conceptions spontanées,nous  aurions pu penser que nous aurions à nous améliorerconcernant l'esthétique de l'apparence extérieure. 
      Le Rav ne dit pas qu'il ne s'agit pas de cela, mais il va droità la nature des choses -toute beauté a sa nature et source d'existence en la beauté d'en-haut dont le témoin est laTorah. 
     Il nous rappelle ainsi que nous ne nous développeronsque dans la mesure 
     - où nous nous situerons dans notre nature qui est d'êtresemblable au Créateur, 
      - et où nous chercherons à nous rendre le pluspossible semblable à Son image que nous pouvons connaîtredans la Torah). 

      ...(suite) Cependant, il faut accorder une grande attention àce point capital : ne pas nous enorgueillir justement dans notre connaissancede la Torah car cela causerait un très grand dommage, chélo yigrom raâ guédola. 
     (Le Rav nous apprend par là que tout homme qui a bénéficiéd'une qualité de beauté, sur un plan ou sur un autre, physique,moral, spirituel, manifeste la beauté d'En-haut et celle de la Torah; mais l'erreur dans la gestion de cette qualité peut entraînerdes nuisances graves, ce que nous allons découvrir). 

     ...(suite) En effet, exactement à l'image de la hauteurdédaigneuse qu'il prendrait envers autrui en s'enorgueillissant,de même il causerait par là que la qualité de beautétiféréte qui est la Torah, elle-même prendrait de lahauteur dédaigneuse et se retirerait en haut, que cela ne se produise:  ché aré kémo ché hou mitgaé,raq gorém ché midate hattiféréte, chéhi hattorah, titgaé vé tistaléq lémaâla,'has véchalom ! 
      (Le Rav nous montre par là comme il est grand le pouvoirde l'homme, en bien comme en mal, dans la création et par rapport à Dieu. Si le monde va bien, c'est parce que l'homme permetà la vie et à la bonté de d'expanser ; inversementc'est  nous qui fermons le monde à la profusion des bontésdivines et ce n'est pas alors un "silence de Dieu"). 

      ...(suite) Et, a contrario, celui qui veille à s'abaisseravec humilité concernant tout ce que dit la Torah, il devient lacause  précise que la beauté tiférétes'humilie en descendant vers nous pour diffuser vers le bas son influxde vie :   élla kol hammachpil âtsmo bédivrétorah dorém él hattiféréte ché yérédoumachpil âtsmo léhachpiâ lémata. 
     (Le Rav souligne, si l'on peut dire, l'interdépendancetrès forte et automatique qui existe entre notre attitude face àla beauté de notre être et la présence ou le retraitde Hachém. Si nous sommes conscients que la beauté est seulementune continuité  de celle de Dieu et de Sa Torah, alors celle-cis'expanse ; si notre beauté est référée ànous-même, alors autrui devient méprisé, D.ieu estignoré et c'est comme s'il était repoussé). 

     ...(suite) Pour comprendre cela, il faut se représenterque la Torah est une étape dans la descente de la bonté divineenvers nous, étape qui est suivie de quatre autres pour atteindrela réalisation idéale, et ces quatre étapes ont troismiddotes ou attitudes de comportement qui leur permettent de se dérouler: vaharé lémata méhattiféréte arbâséfirotes vélahéne chaloche middote. 
     (Ces étapes qui suivent la descente de la Torah jusqu'àsa concrétisation dans l'existence par la manifestation qu'en ferale peuple juif, sont des "séfirote" portant les noms de labeauté tiféréte pour celle de la Torah,
    puis la séfira qui est  l'assurance victorieuse ou nétsa'h, 
    puis la séfira qui est la splendeur, hod,
    puis la séfira qui est l'union et la sexualité yéssod,
    et enfin la séfira qui est  la complétude royalemalkhoute. 
    Le Rav va étudier le comportement 
      - envers l'élève ou l'éduqué, quiréfère aux séfirotes nétsa'h et hod ;
     - envers le pauvre, qui réfère à la séfirayéssod ;
     - envers l'ignorant, qui réfère à la séfiramalkhoute.


    Quatrième étape : le travailpersonnel sur les tendances d'assurance victorieuse et de splendeur (dine)

    La première midda envers l'élève, qui réfèreaux séfirotes nétsa'h et hod
     ...(suite) Celui qui s'enorgueillit au sujet de ses élèves,envers ses élèves, au-dessus de ses élèves: Hammitgahé âl talmidav... 
     ...(suite) est la cause que la beauté tiférétereprend de sa hauteur, de son orgueil par rapport à ses étapessuivantes  (séfirotes nétsa'h et hod) qui sont commedes enfants, des étudiants :  gorém ché hattiféréteyitgaé véyitâlé méâl nétsa'hva hod, ché hém limoudé Hachém, talmidéhattiféréte. 

     (Le Rav prend un exemple qui pourrait sembler le plus justifié: l'auto-satisfaction de quelqu'un qui connait la Torah, a  réussià former des disciples jusqu'à un haut niveau, est fier d'eux,et ressent un sentiment de plaisir de cela, et sait qu'il est plus qu'eux. 

     1. Le seul mot d'hébreu âl (par les sens diversque nous avons indiqués ci-dessus) montre toutes les ambigüitésde l'attitude et révèle l'erreur : il "s'élève"alors que la relation qui apporte la beauté de la vie et qui devraitêtre son exemple, est une relation de "descente et d'abaissement": D.ieu -si l'on peut dire- "descend" vers l'homme, comme un parent quidescend au niveau d'un bébé et joue avec lui trèssérieusement. 
    Toute élévation de soi, toute assurance dans le ton,dans les affirmations, dans les idées, dans l'expérience,semblent justifiées et le sont en tant que résultat de laformation, mais sont contraires à ce qui crée, à cequi donne la vie,  à ce qui est la "nature" divine et cellede la Torah. 
                                                           
    2. Le Rav nous enseigne par là ce qui devrait être touterelation dans la société : nous ne sommes que transitoireset avons à  passer l'enfant (tout) à d'autres mains,nous aurions dû comprendre cela de la seule existence des générationset de l'écart  entre ceux qui peuvent et savent et ceux quine sont pas encore parvenus à ce stade ; nous devons nous comportercomme  Celui qui est LE riche : nous "abaisser". 
     Le Rav prend ensuite l'exemple inverse pour mieux le faire comprendre). 

     ...(suite) Et celui qui s'abaisse lui-même vers ses élèvesdans l'amour, également la beauté tiférétes'abaissera elle-même vers ses étapes suivantes et leur transmettrason bon influx : Vé hammachpil âtsmo oumélamédabéahava, gam hattiféréte yachpil âtsmo éltalmidav véyachpiêm. 
     (Cela étant bien compris, le Rav en tire une conclusionpour le comportement concret. C'est cet ensemble que l'on appelle, dans le judaïsme, le moussar, improprement traduit par "lamorale". C'est tout un courant important de l'enseignement  qui comporteses maîtres, nous les découvrirons peu à peu.) 

      ...(suite) Donc, que l'homme soit agréable envers sesélèves quand il les enseigne et quand ils parviennent àse rapprocher  de lui, et alors la beauté tiférétepar son mérite d'avoir agi ainsi, fera descendre son influx dansles étapes suivantes dans  ces élèves de Hachém(aussi bien les étudiants réels que netsa'h et hod)comme il sera pertinent selon ce qu'ils sont. 

     (En fait, le Rav Moché Cordovéro, l'un des plusgrands et qui a enseigné les plus grands, nous révèlele travail de remise en question de soi qu'il faisait ; par là ilnous enseigne la méthode. Il est important pour nous de bien comprendrepar là  que la morale, pour ceux qui veulent connaîtrela Torah comme lui, n'est pas "de faire ou de ne pas faire" ; elle estde  comprendre, si l'on peut dire, les "comportements" (middotes)de D.ieu qui nous a créés à Son image et ressemblance,et à se mettre à agir selon cet exemple. 
      Mais, deuxièmement, cette méthode fait que Hachémpeut alors continuer envers Son processus de création, pour le biende nous et du monde. 
     C'est probablement cela le rôle de bénédictiondu peuple juif pour les nations : être un canal de LA bénédiction,comme le Cohen l'est pour le peuple). 

    La seconde midda. 
     Celui qui s'enorgueillit sur le compte du pauvre et le méprise 
     hammitgaé âl héâni oumévazéoto 
     est la cause que la beauté tiféréte reprennede sa hauteur et de son orgueil par rapport à l'étape suivante(séfirote yéssod qui sont l'arrivée à l'unionet à la sexualité) :  gorém ché hattiféréteyitgaé âl ha yéssod 
     et ne lui apportera pas sa bénédiction, véloyachpiâ bo. 
     Au contraire, si la compréhension du sage est unie enlui et avec le pauvre 
     véîm tiyé daeto chél 'hakham méyoouchévéteâlav îm héâni, 
    alors, tiféréte apportera pas sa bénédiction,az hattiféréte yachpiâ béyéssod

                                                          (Le Rav nous apporte une conception dont notre société estdépourvue. Elle accorde l'appréciation au riche,  àceux qui se nomment eux-mêmes les élites, et le méprisdu pauvre est tel que celui-ci est totalement exclu. Le judaïsme nepeut pas être cela. La société juive israéliennedoit réagir car elle prend un tournant d'immoralité graveen ce domaine, à  l'image des autres sociétésoccidentales. 
     Le rôle des sages en Torah devrait être de le rappelerà haute voix. Il est vrai que des milliers et milliers de famillesvivent en Israël dans la pauvreté la plus grande parce qu'ellesconsacrent leur vie à la Torah. Mais cela ne suffit pas. 

    De plus, en le formulant selon nos repères, disons que le Ravnous fait comprendre que cela n'est pas seulement une morale  socialeet politique, mais cette morale est celle qui permet l'existence mêmedu monde. Nous sommes tous également et  totalement les pauvrespar rapport à Hachém et ne vivons que par Son don. Nous devonsvivre selon Son exemple vital  et nous devons faire suivre la vieenvers les pauvres, sinon nous arrêtons ensemble et la vie divineet la vie naturelle, par notre responsabilité. 
     Le Rav nous fait comprendre, que le soin constant et absolu detout pauvre, n'est pas une attitude décorative pour les riches,c'est le minimum de l'honnêteté ontologique, de la responsabilitéd'existence du monde.) 

    La troisième midda. 
                                                          Celui qui s'enorgueillit par sa connaissance de la Torah sur le comptede celui qui n'a pas d'instruction en ce domaine 
     hammitgaé bétorato âl âma déarâ 
     et cela c'est tout le peuple de Hachém 
      ché hou klal âm Hachém 

    est la cause que la beauté tiféréte reprendde sa hauteur, et s'éloigne par rapport à l'étapesuivante (séfirote malkhoute qui sont la complétudeet la réalisation totale). 
     gorém ché hattiféréte yitgaéméâl hammalkhoute 
     et ne lui apportera pas sa bénédiction, véloyachpiâ bo. 
     Au contraire, que la compréhension du sage soit intriquéeparmi les créatures 
     et que tout le peuple qui existe soit aussi important devantson visage ;  et s'il ne leur accorde pas ce regard il les enfermeipso facto dans les forces négatives par son action. 

     (Permettez-moi de vous dire que j'avais les larmes aux yeux entraduisant et rédigeant ce texte  en pensant aux souffrancesréelles actuellement dans notre peuple de la part de gens que jeconnais (pauvres sur l'un de ces trois points), souffrances toutes superflueset dues simplement à l'ignorance de ces termes de la part de ceux qui se posent comme l'establishment intellectuel, économique,religieux en toute assurance et qui pourraient aisément  réduireces situations, par ce regard que nous enseigne la Torah et ses Sages dansun dévoilement. 

     J'avais les larmes aux yeux en voyant ces mots qui nous disentexplicitement ce qu'est notre Torah, qui nous expliquent ce  qu'est"la" nature du monde comme l'a découverte Avraham notre père: la nature du monde est la bonté, le 'héssédseulement, et aucune autre dynamique ni la science, force, ni l'intelligence,ni l'argent, ni la communication, ni la politique, etc. ; mais tout celan'a d'existence que dans le 'héssed, la beauté dela bonté, tiféréte. 

     Si nous ne le comprenons pas, le monde continuera à allerà sa destruction d'âge en âge. Nous  le  voyonsencore en ce moment où les nations les plus avancées, pensent-elles,n'ont comme moyen intelligent selon leur  morale pour résoudreles difficultés réelles que le rideau de bombes et la fuitedes réfugiés massacrés à la fois par les persécuteurs et par ces morales étrangères àla bonté. 

      Le peuple de la Torah a une autre réponse. C'est notrefonction. 
      Avraham fut seul dans la monde de l'époque qui étaitcomparable. Il est le père du peuple juif. 
     La vérité ne peut pas être séparéede la beauté et de la bonté, dit le Rav en terminant. Celavous explique l'importance que j'essaie de placer dans la beautéet la bonté sur le site Modia qui cherche à transmettre laTorah, faire savoir, Modia). 
      Beaucoup disent qu'en eux-mêmes ils sont touchéspar cet axe qu'ils sentent de l'intérieur.  C'est la Torah,elle est tiféréte,  beauté. Et cette séfirade beauté anime toutes celles qui sont autour.

     Comprenez que cette option et cette tentative que nous essayonsde partager ensemble  n'est pas une philosophie personnelle. 
     Si elle s'exprime personnellement (graphisme, couleurs, photos,etc), elle ne fait qu'obéir à l'enseignement du Rav qui dit en ce chapitre : 
      Ajoutons autre chose,  qu'il soit coutumier en tout exposéet discussion sur la Torah 
      ôd yiyé raghil bihéyoto nossévénoténe bédivré Tora 
     d'orienter son intention vers la réparation de la chékhina 
     lékhavéne él tiqouné chékhina, 

     létaqénah ouléqachtah él hattiféréte 
     de la réparer et de l'embellir de parures et de bijouxde beauté. 

     (Nous l'essayons dans la musique des mots, parfois, ou des poèmes. 
     Toujours notre sensibilité doit être en fonctionnementquand nous sommes centrés sur la Torah, et pas seulement notre tête.
      Pourquoi le dire ? Cela semble un peu impudique ; cette explicationfait partie de l'explicitation et de la transmission). 
     C'est un prix à payer pour cela. 

    A SUIVRE
     


     
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