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Livre d'or

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L'art juif

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
à partir des ouvrages de nos Sages
Photos et calligraphie de l'auteur

http://www.modia.org 
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Nous allons découvrir le lien de l'art et du judaïsme d'une manière concrète et déjà vécue, celle de l'expérience de la vie dans la souccah lors de la fête juive de Souccote (lien ici).

1. Dans la souccah, ma maison n'est pas séparée du monde d'En-haut par un plafond de béton.
Ce monde terrien où je marche sans ailes devient un avec l'immensité céleste. C'est le retour à la vraie structure et à la vraie dynamique de la Création où D.ieu a "crée et le Ciel et la terre", comme le dit le premier verset de la Torah. C'est pourquoi nous allons dès ce Chabbate, cette semaine, recommencer à lire et à étudier la premiere paracha, celle de Béréchite (allez sur le lien, ici).

2. Dans la souccah, ma maison n'est pas séparée du monde d'En-haut par un plafond de béton. L'être humain se découvre participant des deux univers.
Ma "vie" se découvre être un mouvement continu et constant de la respiration montante et descendante.
Nous commençons alors à comprendre le dernier verset des psaumes où nous nous associons au monde et à sa respiration constante de montée et de descente: "kol ha néchama téhallélya hallélouya", toute l'âme Te loue, hallélouya. Et nos Sages nous enseignent qu'il faut lire et comprendre: "kol ha néchima (respiration) téhallélya hallélouya, toute la respiration te loue, hallélouya".
Nous comprenons maintenant que la soucca nous remet dans l'instant de la Création, mais de plus elle nous redonne la respiration holistique et complète, physique, matérielle et corporelle. Double mouvement à désormais ne plus perdre en chaque double mouvement de la respiration. C'est un yoga juif de vie.
Si cette approche que vous donne le judaïsme vous a touché,
vous pouvez continuer à avancer en cette ligne de notre sagesse juive par l'étude sur la respiration où chaque moment de notre vie et la respiration de toute la présence divine sont simultanées (lien http://www.modia.org/hebreu/corps.html#respiration).

3. Le Juif et la Juive découvrent alors que leur position dans le monde n'est cet espace seulement horizon où on court en voiture avec comme seule échappée vers le haut les instants devant les écrans de télévision ou de cinéma. Les Juifs ne sont pas simplement des défenseurs de la nature contre une civilisation qui la détruirait, ils sont bien plus, ils sont participants simultanément de la double dimension de l'univers, la terrienne et la céleste definie par le premier verset de la Torah et le tout étant relié à sa source le Créateur qui propose plus qu'un spectacle matériel aux dimensions infinies mais Il propose à l'humain d'être conscient que tout cela est relation.
Et, en conséquence, cette relation est beauté infinie.
C'est pour cela que sur Modia, il y a sans cesse ces contacts et ces rappels par les photos.
C'est pour cela que Moché Rabbénou (Moïse) demande à Betsalel, l'artiste de mettre devant le peuple le sens de la relation à D.ieu sous forme stylée de beauté. Il est indispensable, donc selon cette logique de Torah, dans la souccah et au sortir de la souccah de redécouvrir une sensibilité esthétique juive de tout l'univers, des humains et de toute chose. Lisez donc pour cela, cette étude sur l'art juif.

 

 

Au commencement de la Création:
L'art juif commence, dès le début du texte de la Torah, par le concept de "création", par le concept de "commencement" et de "développement en étapes", par une action qui est un "travail", et qui est caractérisée par un aboutissement à un niveau de satisfaction nommé "tov, bon". Mais, surtout, par une combinaison holistique des niveaux de matière, d'esprit, de divin, unis dans une relation de bonheur (jardin d'Eden) mais aussi de risque de rupture de la satisfaction.

Sans le "lien à ces niveaux à ces niveaux et entre ces niveaux", la construction d'art n'aboutit qu'à un esthétisme mortifère de parcellisation comme la Tour de Babel.

Sans la relation d'amour au coeur de l'acte artistique commun, toute l'oeuvre d'art s'auto-détruit ipso facto, comme dans la destruction du Temple à cause de la haine fraternelle: les rites empreints de la plus grande beauté se vident alors de leur réalité et il ne reste rien, même pas une enveloppe qui donnerait le souvenir.

L'art juif met ainsi toujours au coeur de l'art le "développement de l'humain en même temps que le développement de l'objet". Et avant lui.
C'est pour cela que l'oeuvre d'art par excellence est Avraham dont les lettres de son nom sont celles mêmes de toute la "création" (Avraham-béhibaram). Et, en conséquence, la première et unique tâche pour l'artiste (l'être humain
ou le juif qui n'est qu'un retour à ce modèle initial) est "Lékh lékha, va vers toi-même" et non pas "étudie" ou "fais". Certainement pas: "fais comme les autres" comme on le voit dans toutes les idéologies, ou dans toutes les "Ecoles" d'art, les unes après les autres, qui créent un nouveau modèle, s'y précipitent et le vivent en troupeau puis repartent dans une autre direction pour reprendre le même processus, aspiration à l'art et chute à chaque fois dans l'imitation, dans le "comme", processus le plus anti-créatif qui soit et donc le plus anti-artistique qui soit.

C'est pour cela que le peuple juif (nommé "hébreu" en ce temps-là, ce qui indique étymologiquement la nécessité continuelle de "passage") a du revenir en Egypte, en ce lieu qui était le sommet de toute la beauté artistique du monde d'alors. Et nous en avons encore les témoignages par le trésor de Toutankammon. Mais, précisément, il manquait à ce monde d'art le plus raffiné un élément essentiel qui a constitué le monde et doit le continuer: la "Création" continue. Ce monde de beauté était vérrouillé par les obligations de répéter, par les dominations de quelques uns sur tous et par l'interdiction de "créer ".
La formation a du alors se renouveler par un passage par le Désert pour la découverte des liens essentiels: "tout le peuple a vu les voix". Ce n'était pas une nouvelle forme d'organisation politique dénommée selon le plus beau mot à la mode idéologique de chaque génération; mais ce fut l'expérience collective de la vie.
Hélas, cette expérience n'a pas été suffisante pas car le peuple-troupeau (tsone) exigea à nouveau l'esclavage et n'en est pas encore sorti. La fonction des prophètes était de rappeler constamment ces lignes de l'ordre bon du monde qui permettent d'en faire une création continue.
Et le modèle de cela n'était pas enseigné dans une Ecole mais par la vision de l'oeuvre d'art par excellence qu'est le Cohen Gadol, le Grand prêtre, dans une beauté intérieure et extérieure parfaite.

Bezalel
C'est alors que fut sollicité, on dirait aujourd'hui, comme Conseil des Sages, ou comme Conseil constitutionnel, ou comme Cour suprême de justice, un personnage particulier qui concerne notre sujet: Betsalel.
Après Adam et après Avraham, voici Betsalel. Car il fallait concrétiser en matière ce qui pouvait représenter tout cela mais ne retombe pas au niveau de l'objet mais garde en soi présent tout le processus de vie et de beauté et de création. On fit donc appel à "l'artiste", l'artiste par excellence: Betsalel, et non pas à une autre catégorie sociale.

Qui était-il?
Le sens de son nom même l'indique: "à l'intérieur de l'ombre divine". Il n'est pas d'humain sans art, et il n'est pas d'art sans "intériorité" ni sans lien à la Création et au processus créateur. Bétsalel était dedans. Comme le dit aussi le nom Esther (elle est étymologiquement "dans le secret"). Et pour cela, elle peut entrer quand elle le veut devant le Créateur et Il lui dit: "Esther la reine, quelle est ta demande, même si c'est la moitié du royaume, Je te la donne". L'artiste a accès.Comme le dit le premier verset du psaume 91.

Donc, en raison de tout cela, Betsalel et son adjoint Oholiab va revêtir le Grand prêtre, le Cohen gadol, faire ses vêtements qui ne seront pas une trahison comme on le voit souvent dans les défilés de mode où les "mannequins" ne sont plus vivants mais des automates deshumanisés, et par les hommes le plus souvent qui se dénomment eux-mêmes des "créateurs". En hébreu, le vêtement se nomme béguéd comme la trahison (bogued). Il faut que l'ouvre d'art ne soit pas trahison mais vie et création. Le chapitre 31 du Livre de l'Exode décrit cela. ainsi que le chapitre 40
d'Ezechiel.
Les enseignants qui sélectionnent les candidats aux Ecoles d'art apprendraient beaucoup de Exode 31,6: il faut des êtres qui n'ont pas seulement la connaissance, la sagesse, l'expertise dans le faire, mais qui soient aussi "hakhmei lev", des "sages du coeur". Car le coeur est la fonction centrale, holistique, et non pas des idées mais la vie énergétique et fluide.
Il n'est pas surprenant que l'Ecole nationale d'art en Israël, fondée en 1906 par par Boris Schatz, ait choisi ce nom de Bezalel. Roee Suffrin, dont l'oeuvre est souvent placée sur le site Modia pour ces motifs (lien ici), est "passé par" cette formation. Les lettres hébraïques peintes par Esther Guénassia y sont placées également pour les mêmes motifs de rencontre vitale et belle avec l'essentiel beau (lien ici).

Halakha (loi juive) concernant l'art

Soyons clair: la loi juive se dénomme "halakha", ce qui indique que ce n'est pas un réglement qui a pour but d'enfermer le citoyen pour le dominer, comme un code à la disposition des gouvernants, mais la "halakha" est une "marche", étymologiquement; cela est conforme à tout ce que nous avons dit ci-dessus. C'est dans cet axe qu'il faut placer ce que veut la loi juive concernant l'art. Et non pas placer au premier niveau l'interdit de représentation, l'interdit. Cet interdit n'est qu'une conséquence de ce qui sauvegarde le processus de vie. En effet, si le regard prend le tableau pour le réel et la vie, il est interdit. Mais si l'artiste Bezalel est capable de bâtir une représentation qui soit véhicule de vie et rende visible ce processus et crée le contact, alors on recourt à lui, et on a besoin de lui , et son rôle est essentiel.
Bien plus, c'est l'art qui fournira le repère constamment visible du monde beau, créatif, dans son intériorité, dans son extériorité et dans ses relations.
Le visage se dit en hébreu "panim" ("faces", au pluriel) car il a une face interne et une face externe, et elles doivent toujours être présentes chez la personne et chez celui qui lui fait "face". C'est le lieu le plus précis de l'enjeu de la réussite ou de l'échec. C'est pour cela qu'il y a eu un interdit de la représentation de l'être par excellence. Mais aujourd'hui, tous les Grands Rabbins acceptent d'être "pris" en photo. Car cela est possible quand on n'en fait pas une idole qui substituerait à la vie un objet. Les psaumes et le prophètes se moquent des idoles qui ne parlent pas, ne sentent pas.
Par contre, quand tout est bien situé, au contraire l'art est présent et nécessaire. Ce qui le démontre le plus est le fait des deux chérubins (kérouvim) déjà nommés dans la Genèse 3,24 et dans le Tabernacle en Exode 25; 18-20 et 37,7-9. Et il est dit que le lieu d'où D.ieu parle est "entre les deux chérubins", fabriqué par
l'artiste. Consulter aussi les passages suivants: I Samuel 4,4. II
Samuel 6,2. II Rois 19, 15.Isaïe 37,16. Psaume 80,2 et 99,1.
Les Sages qui précisent les règles qui régissent la représentation en fonction d'une époque et d'une communauté, les "posseqé dine", se réfèrent d'abord et avant tout à ces principes. L'application ensuite est relative. De la même manière, ces principes s'appliquent à la représentation éventuelle du visage ou du corps. Et, de même, au respect qui se manifeste
envers les noms des personnes.

Pour qu'il n'y ait pas d'hésitation envers la représentation de beauté chez les hyper-scrupuleux, le Traité Chabbate du Talmud de Babylone, page 133b déclare: "Baraïtha: Exode 15,2 dit dans le Cantique de Moché et du peuple: Zé Eli né anvéhou, Voilà mon Dieu et je l'embellirai".
Donc, pare-toi devant lui des bon actes accomplis, fais en Son honneur une belle cabane pour la fête de Souccote, choisis alors une belle branche de palmier, un beau chofar, des belles franges pour tes tsisiotes aux coin de tes êtements, un beau lire et écris la Torah en Son nom avec une belle encre, une bonne plume, un scribe doué, puis enveloppe-le d'un tissu de soie précieuse. Abba Chaoul a dit cela signifie aussi qu'on doit s'efforcer de Lui ressembler: spécialement
en étant compatissant et plein de miséricorde, comme Il l'est Lui-même".

Donc, le judaïsme accorde une place éminente à l'oeuvre d'art, à l'être humain comme oeuvre d'art, à l'intériorité et à l'extériorité comme oeuvre d'art. Et il ne s'agit nullement d'objets classés selon les modes ou leur valeur sur le marché. Alors, il n'y a pas d'interdit; au contraire, c'est l'obligation même. La conception du religieux sale, négligé et laid n'est certainement pas juive.

Pour qu'il n'y ait aucun glissement négatif comme le font ceux qui recourent aux idoles, dans ce contexte global, la Torah précise alors en Exode 20, 4: "tu ne feras pas d'idoles, ni une quelconque image de ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux au-dessous de la terre". Il s'agit là d'un interdit de représentation de D.ieu. ou d'objet comme soi-disant représentant D.ieu; cela est spécifié avec précision en ce sens dans le résumé de toute la Torah en Dévarim (Deutéronome) 5,8-9. Et le même livre en 4, 16-18 ajoute encore l'interdit de la représentation d'êtres humains
mâles et femelles mais explicitement référes à leur usage en tant qu'idoles.
En fonction de cela et des nécessités de telle ou telle communauté dans l'histoire, les prescriptions de prudence furent variables (de même dans l'Islam ensuite). Et, dans les temps dits modernes, ces distinctions étant bien claires et l'usage d'idoles étant appparemment moins répandu, les rabbins ont accepté jusque pour eux-même la
représentation du visage, car il n'y avait là aucun usage idolâtre. L'autorisation explicite fut donnée par le Rav Solomon Hirschell (1762-1842) de Londres où il dirigeait la communauté des Juifs d'Allemagne et de Pologne, peint, gravé en médaille et même réalisé en petite sculpture pour les besoins de sa communauté par Drummond.
On est ainsi arrivé à la situation actuelle où même les courants les plus pointilleux dans le judaïsme réalisent des images, photos et films de leurs rabbins et de chacun. L'interdiction d'usage idolâtre restant alors évidente (et il peut toujours y avoir des dérapages inconscients où la parole du rabbin et son image seraient confondues avec le Créateur lui-même, mais le problème n'est plus alors lié à la seule image mais à toute la relation. Inversement, subsiste l'interdit de
faire de l'image d'autre un objet vil et méprisé que l'on ne considère plus à l'image du Créateur; et cela concerne aussi bien le manque de pudeur, le mépris de l'usage du corps de la femme tant répandu dans la
vie sociale actuelle où on l'utilise comme un excitant vil et dégradé ne servant qu'à fournir de l'argent dans la consommation par la publicité.

En résumé, un art juif, ou un art réalisé par des Juifs, garde ces valeurs profondes de la tradition multiséculaire juive qui est vie, création, intériorité, relation, respect des humains. Que le sujet représenté par l'artiste soit religieux ou profane ne produit aucune différence par rapport à ces dimensions bien claires.

 

Noms de personnages bibliques dans des peintures célèbres.

Ces oeuvres sont innombrables et il suffira de citer les thèmes pour que les noms d'auteurs reviennent à la mémoire:
Adam et Eve, l'expulsion du paradis, Caïn et Abel, la Tour de Babel, le Déluge, Avraham et Sarah, le dit Sacrifice d'Isaac, Joseph et ses frères, tous les épisodes de la vie en Egypte, du désert, du Sinaï, de Goliath, de David et de Salomon, la vie dans le Temple, la destruction du Temple.
Ensuite, les images de la vie communautaire (synagogue, étude) et de toutes les étapes de la vie juive depuis la naissance, la bar mitsvah, le mariage, la table du Chabbat, le décès.Et les rabbins et personnages publics des communauté, et les particularités artistiques de chaque communautsé. Et les grandes heures de l'histoire: les exils, les pogroms, la Choa, les phases du retour en Israël et de la découverte de ses paysages.
Et des grands noms se détachent au dessus de tous les autres comme Picart, Gotlieb, Chagall, Modigliani.
Et on ne peut pas non plus oublier les grands peintres non-Juifs comme Rembrand ou Delacroix et autres qui ont laissé des images incomparables.
Et subsistent aussi dans notre regard intérieur, les images vivantes des centaines de synagogues qui subsistent encore dans les siècles qui ont suivi la destruction du Temple et qui annulent le mensonge chrétien que tout aurait été détruit en l'an 70 pour soi-disant confirmer la naissance prévue du christianisme: les images aussi des pierres d'Achkélon, des mosaïques de Bet Alfa ou de Hamam Lif, le linteau de la maison d'études de Dabbura, Cafarnaum, la ménorah de Césarée ou de Hammath ou de Ein Guédi, les fresques de Pekiin, les mosaïques de Maon ou de Jéricho ou de Naarah ou de Gaza, ou de Beth Chéan ou de Gerasa, les synagogues de Gush Halav.
Et, dans la dispersion de l'exil, les fameuses et merveilleuses synagogues de Tolede, de Cordoue, de Prague, d'Amsterdam, de Venise, de Florence, d'Ostie; et les tombeaux de Esther et de Mordekhaï et du
Prophète Daniel en Iran.