Le renouvellement de la Création de soi et du monde par la BENEDICTION DU SOLEIL

par le Pr Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour (Dipour, en hébreu)
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Voici la photo du coucher de soleil, ce 11 nissane à Jérusalem
Bientôt ce 14 nissane, 8 avril 2009, sera le renouvellement créatif du monde obscur et en souffrance et guerres
.


Ici, sur plusieurs pages, nombreuses photos de lever du soleil à Jérusalem, féérie.


Le calendrier juif


Le sens juif du ciel et de l'astronomie
(sur la haftara de Vaét'hanane)

La bénédiction dela lune

Explication technique du calendrier
Molad, début du nouveau mois
Téquoufa, saison
Calendrier annuel des fêtes (dates)
Sens des fêtes dans l'année
Sens du jour de l'an juif
Sens des heures de la prière quotidienne
Sens du jour de Roche 'hoddéche
Le jour du Machia'h (à venir !)
L'éclipse du 11 août 1999
L'éclipse de lune du 4 mai 2004
Le temps féminin dans le couple


La femme dans le judaïsme
Le cycle féminin
La période de nidda
Le miqvé
(sens, pratique, couple, construction, archéologie)
Vocabulaire hébreu du cycle féminin
Le mariage
Les qualités dans la vie du couple




Les éphémérides:
regroupement de ce qui s'est passé et se passe (et se passera;-))
en chacun des jours du calendrier juif

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1- Le mois de Tichri (en septembre-octobre)
2- Le mois de 'Héchvane ou Mar'héchvane (en octobre-novembre)
3- Le mois de Kislev (en novembre-décembre)
4- Le mois de Tévét (en décembre-janvier)
5- Le mois de Chévate (en janvier-février)
6- Le mois de Adar (en février-mars)
7- Le mois de Nissane (en mars-avril-mai)
8- Le mois de Iyar (en avril-mai)
9- Le mois de Sivane (en juin)
10- Le mois de Tamouz (en juillet)
11- Le mois de Av (en juillet-août)
12- Le mois de Eloul (en août-septembre)
Les hiloulotes dans le calendrier et leur sens,
par noms, par mois, et par communautés



1. NOTIONS DE BASE POUR COMPRENDRE la situation du soleil dans le judaisme

Calendrier juif
Explication :
Le calendrier juif est mixte, lunisolaire : lunaire pour les mois et solaire pour les années. Le mois juif est déterminé par les Sages depuis des millénaires sur la durée de la rotation de la lune autour de la terre en 29 jours et demi et  pécisément 793/1080 'halaqim ou parties d'une heure (environ 3/4 d'heure). Cela en dit long sur la science ancestrale transmise dans le judaïsme. Etant donné qu'il est impossible de fixer des mois de cette durée, on a décidé de fixer des mois de 29 ('hoddéche 'hassér ou mois manquant) ou 30 jours ('hoddéche malé, ou mois plein) selon un rythme à déterminer pour maintenir cette moyenne de jours dans le mois. Ce rythme tiendra aussi compte de la fixation du jour du début de l'année qui ne doit pas tomber les 1e, 4e et 6e jours de la semaine.

Le soleil a un grand cycle ma'hzor gadol) de 28 ans. Etant donnée qu'une année solaire est évaluée à 365,25 jours, le grand cycle comprendra donc 10.227 jours et on récitera une bénédiction pour le début de cet événement, au début de ce cycle, donc une fois tous les 28 ans, à des dates variables du mois. En 2009, ce sera le 14 du mois de Nissane avant Pessa'h, la Pâque, soit le 8 avril 2009 . Puis le 23 Nissane 5797 (8 avril 2037). Puis le 2 Nissane 5825 (8 avril 2065). Puis le 12 Nissane 5853 (8 Avril 2093). Etc.

Mois
Pour la détermination du début du mois, voir le mot "Molad" qui est le début du mois.
Certains mois sont toujours de 30 jours (et dit 'hoddéche malé) : ce sont les mois de Nissane, Sivane, Av, Tichri, Chévate et Adar I dans chacune des 7 années embolismiques.
Certains mois sont toujours de 29 jours (et dit 'hoddéche 'hassér) : ce sont les mois de Iyyar, Tamouz, Eloul, Tévéte, Adar II dans chacune des 7 années embolismiques.
Les mois de 'Hechvane et Kislev sont variables. Quand les deux alternent en jours, l'année est appelée késidra Quand les deux sont de 29 jours, l'année est appelée 'hasséra. Quand les deux sont de 30 jours, l'année est appelée chéléma.

Année
Cela fera que les années auront un nombre de jours variables :
- entre 353-355 dans les années normales,
- entre 383-385 dans les annnées embolismiques.
Mais la moyenne de l'année est de  354 jours 1/4 environ.

Il faut ajuster ce cycle de 12 mois lunaires au rythme du cycle de 12 mois solaires ; le motif en est la fixation des fêtes juives qui  sont fixées dans les mois mais qui ont une référence aux saisons également (téqoufotes). Les fêtes et les mois ne peuvent donc pas se déplacer sur l'ensemble de l'année à des dates variables comme dans le calendrier musulman. Par exemple, Pâques doit avoir lieu au printemps.
Ce réajustement se fait de la façon suivante : le cycle des 12 mois lunaires aboutit en 19 ans à un déficit de presque 209 jours ; on les compense en ajoutant un mois intercalaire à celui de Adar un certain nombre de fois pendant ces 19 ans, et nommé Adar II. Cela se réalise aux années 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19. Une telle année est dite chana méoubéréte, "année embolismique". Donc, environ tous les 3 ans.

Saison
Elle se nomme téqoufa (au pluriel : téqoufote) et est fixée d'après le soleil.  En ce moment les deux calendriers, hébraïque et solaire correspondent.
Dans l'ordre de l'année juive qui commence avec le mois de Tichri : 
- Téqoufate Tichri correspond à l'automne,
- Téqoufate Tévéte correspond à l'hiver,
- Téqoufate Nissane correspond au printemps,
- Téqoufate Tammouz correspond à l'été.

Téqoufa
Précisons une particularité sémantique ; le mot Téqoufa veut dire également autre chose : les jours spéciaux de l'année qui sont 
- le plus long en été, au solstice (téqoufate Tammouz), 
- le plus court en hiver, au solstice (téqoufate Tévéte
- et les deux jours de nuit et jour égaux, Téqoufate Nissane à l'équinoxe du printemps, et Téqoufate Tichri à l'équinoxe d'automne.

Molad
Période brève dans le mois où la lune est invisible et au point le plus proche du soleil. Elle est alors entre la terre et le soleil et elle présente à la terre sa face non éclairée et donc non visible pendant un jour environ, c'est le molad. C'est le début officiel du nouveau mois. 
Ce moment est annoncé à la synagogue le chabbate qui précède le nouveau mois. 
Entre un molad et le suivant, il y a 29 jours, 12 heures, et 44 minutes, 3 secondes 1/3 exactement. 
Entre la fin de la vision de la lune et sa nouvelle vision, il se passe environ deux jours, un avant le molad et un après. 
A Jérusalem, les gens guettaient la réapparition et allaient courir en témoigner au Sanhédrine.

Pour parvenir à réaliser la fixation par des calculs, notre tradition a divisé arbitrairement et magistralement l'heure en 1080 parties ou 'haloqim parce que ce nombre est divisible par 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 15, 18, 20, 24, 27, 30.
Le mois juif fera 29 jours, 12 heures, et 876 'haloqim (44 minutes, 3 secondes 1/3 exactement). L'année juive comprend 354 jours, 8 heures et 876 'haloqim. Voir Rambam, Michné Torah, Hilkhote Qiddouche ha'hoddéche, dans le Séfér Zémanim, souvent dans le volume II sur VI volumes. 

La référence de base est le molad à Jérusalem. Ensuite, le prochain soir après le molad, on verra la lune réapparaître le soir un très bref instant près de l'horizon après le coucher du soleil, du côté de l'Ouest, sous la forme d'un mince croissant dont le côté bombé est tourné vers le soleil qui s'est couché. 
Le lendemain, au même endroit, mais plus haut sur l'horizon ce même fin croissant apparaîtra encore mais il y restera un peu plus de 45 minutes.  Voici la lune le 5 du mois à Jérusalem:

Chaque soir le temps augmentera ainsi que la taille du croissant jusqu'au premier quartier après une semaine puis jusqu'à la pleine lune le 15 du mois. 


Voyez, dans la page du mois de Av (lien ici), l'observation que nous faisons avec soin de la luminosité de la lune et de sa manifestation.

Références dans le Tanakh : Chémote 12, 2 et Dévarim 4. Moché reçut toute cette science de D.ieu pour toutes les générations, comme cela est décrit dans la Torah. Et, depuis, aucune erreur n'est apparue dans le système (Devarim 4), contrairement à ce qui s'est produit, par exemple, pour le système chrétien qui a du être modifié et réajusté..
A lire également : Traités Bérakhote 10b,  Chabbat 75a,  Pessah'im 56a, en Méguila 6b la discussion pour savoir si on fixe Pourim dans le mois de Adar I ou de Adar II.
Rambam, Michné Torah, Hilkhote Qiddouche ha'hoddéche (1,1 à 5,3), 
le Séfér Zémanim, souvent dans le volume II sur VI volumes. 

Vocabulaire d'hébreu sur le temps (mots à mémoriser pour les utiliser) 

Exercice :
définir les mots suivants (reportez-vous à l'étude ci-dessus en cas de doute)
et les utiliser dans des phrases :
molad, 'haloqim, 'hoddéche 'hassér, 'hoddéche malé,molad, téqoufa, téqoufote, Téqoufate Tichri, Téqoufate Tévéte, Téqoufate Nissane, Téqoufate Tammouz.


2. Renaître tous les 28 ans, ou réussir la bénédiction du soleil: Birkat ha 'hama

Nous faisons ici une étude précise selon les sources, car sur Modia vous étudiez selon les Maîtres de la tradition.

- En voici la source dans le Traité Bérakhote (Bénédictions) du Talmud de Babylone, page 59b:
"Les rabbins ont enseigné: En voyant le soleil à son point de départ, la lune lorsqu'elle est pleine, les étoiles dans leur voie et les planètes en ordre, on dit "Baroukh ôssé béréchite, Béni soit l'auteur de la Création". Quand cela arrive-t'il? Abbayé répond: Tous les 28 ans, au retour de cette révolution périodique, lorsque le solstice de Nissane arrive en Saturne ou première du soir après le troisième jour, ce qui est la nuit du quatrième". Fin de citation.
Il faut préciser ici qu'il s'agit de la  conception antique, partagée par les Juifs d'alors adoptant l'astronomie chaldéenne où le jour actuel dit Mercredi (4e jour) était placé sous l'influence de Saturne contrairement à la conception romaine du calendrier occidental qui place Saturne au Samedi (Saturday) comme l'indique la formation de ces mots.

- Rachi écrit ceci au verset 14 du premier chapitre de la Torah:
"Elohim dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue des cieux pour séparer entre le jour et entre la nuit. Ils seront  pour les signes et pour les époques et pour les jours et années". Voici le texte hébraïque: "Vayomér Eloqim: Yéhi morote birquiâ ha chamayim léhavdil béin hayom ouvéine hallaila vé hayou léotote ou lémoâdim ouléyamim vé chanim". Et Rachi commente: "Les luminaires avaient été créés dès le premier jour, mais c'est le quatrième jour qu'ils ont reçu l'ordre de se placer dans le ciel".

- Il se base pour cela sur le Traité 'Haguiga du Talmud page 12a et il faut toujours aller voir les sources de Rachi car elles sont extrêmement profondes et vitales et ne se contentent pas de donner des précisions simples nommées "pchate", contrairement à ce que disent ceux qui n'ont pas appris cette méthode des Sages d'aller aux sources des questions de Rachi et de ses réflexions. En effet le Traité 'Haguiga nous concerne au niveau de la pureté à retrouver, spécialement par la fête de Pessa'h car Adam s'étendait d'une extrémité de l'univers à l'autre et c'est seulement parce qu'il a péché qu'il s'est retrouvé réduit à sa taille ultérieure d'humain ainsi que le dit Ribbi Yéhouda au nom de Rav, et cela se réalisa par une imposition des mains de D.ieu comme le dit le psaume 139,5: "Tu m'entoures par derrière et par devant, et Tu mets Ta main sur moi". La taille initiale est indiquée dans Dévarim (Deutéronome 4,32): " Depuis le jour où D.ieu créa l'homme sur la terre... d'une extrémité du ciel à l'autre"...Tout cela nous indique la dimension immense de l'humain, holistique, globale; et nous y reviendrons plus loin dans le chapitre de l'application existentielle de cette mitsva. Car cela nous est dit dans le Traité mystique du Talmud, 'Haguiga, pour en prendre conscience et y aspirer, et le réaliser autant qu'il est possible.
Voici le texte original de ce Traité: "Amar Rav Yéhouda, amar Rav: Adam ha richone missof ha ôlam vé âd sofo haya, ché néémar: lé min hayom achér bara Eloqim Adam âl haarets oulémiqtsé hachayim vé âd qétsé hachamayim". Kivane chésara'h, hinia'h HaQaddoche baroukh Hou yado palav oumiâto, ché néémar:vattassé âlaï kafékha"? i hakhi qachou qéraé ahadaréi, idi vé idi 'héd chioura hou.".

- La tradition nous dit aussi dans le Traité Roch ha chana du Talmud de Babylone, page 10 b que le monde et le soleil furent créés au mois de Nissane, selon Ribbi Yéhoshuâ (il y a d'autres traditions selon d'autres rabbanim), et de même c'est alors que les Patriarches naquirent et moururent, que Sarah et Rachel et 'Hanna devinrent enceintes, que Yitsaq naquit, que Yossef sortit de prison, que l'esclavage d'Egypte se termina et qu'ils sortirent aussi de l'Egypte et c'est au mois de Nissane que nous serons libérés un jour. Sur plusieurs pages se succèdent les citations prouvant cela dans la Bible.

- Faire la bénédiction  du soleil n'est pas adorer un dieu, une idole, ce n'est pas simplement non plus réaliser une mitsva parce que cela nous est ordonné. Le Choulkhane Aroukh nous rappelle avec précision qu'il est interdit de prier sans cavana, sans intention d'intériorité; donc, il faut aller jusqu'aux intentions et voies de réalisations des textes qui nous l'enseignent, c'est ce que nous faisons toujours sur Modia où nous transmettons ainsi ce qui est la tradition des Sages. Il ne suffit donc pas d'avoir un petit aide-mémoire pour réaliser la mitsva et lire la bénédiction sans savoir ni pourquoi ni ce que nous réalisons en nous-mêmes par cela, mais il faut commémorer ces événements-sources, c'est-à-dire revivre ces événements en notre propre source. C'est bien pour cela que dans la page 11a du Traité de Talmud Roche ha Chana Ribbi Yéhoshua ben Lévi dit sur notre thème": toutes les créatures furent portées à l'existence dans leur forme pleine, avec leur consentement et selon leur désir car il est dit: Ainsi furent achevés les cieux et la terre et toute leur armée (Béréchite 2,1). Ne pas lire "leur armée (tsévaam) mais "leur désir (tsiviyonam)". Voici ce texte dans sa formulation précise:
"Dé amar Ribbi Yéhoshouâ ben Lévi: kol maâssé béréshite léqomatan nivraou, lédéâtan nivréou, lé tsivionam nivréou, ché néémar: Vayékhoulou hachamayim véhaaréts vékhol tsévaam; al tiqri tsévaam élla tsiviyonam."

Participation intérieure personnelle et gains personnels qui en découlent
Il est évident que chacun peut et doit trouver ces dimensions intérieures qui lui correspondent, ce d'autant plus qu'il s'agit -en ces textes et en cette bénédiction- de la Création, des sources vitales constitutives de l'être et de son renouvellement.

Voyons cependant quelques pistes: et questions préalablement à notre acte de la bénédiction.

- Par cette bénédiction du soleil, nous nous resituons en notre timing qui est notre source. Car nous avons une source, et elle n'est pas seulement un commencement mais "un commencement de...". Le texte hébraïque du début de la Torah ne dit pas "Au commencement, D.ieu créa" mais il dit "Au commencement de... (sans le nommer), Dieu créa". Quelle est cette forme grammaticale qui nous montre qu'on ne parle pas d'un acte terminé (la Création) mais qu'on parle d'un devenir ou d'un monde en devenir sans nous donner, dans le texte biblique qui commence la Torah, la description de ce que c'est: le "commencement "de..."? Si vous achetez une machine, il y aura la description de ce qu'elle produira. Mais, dans la Torah, c'est à l'homme de remplir ce devenir par soi-même et il pourra le réussir par le lien continu à la source. Et la Torah nous certifie que nous avons ce lien total avec la source créatrice, à condition de garder la conscience de ce lien et de la qualité de ce lien et aussi de sa puissance créatrice continue. Relisez le premier chapitre du Livre de Yéhoshua, cela nous y est rappelé: "Je serai continuellement avec toi (futur hébraïque qui dit cela comme un présent continu: "éyé imakh") et donc sois fort et courageux ("hazak vé émats"). Cela veut dire que nous pouvons et devons maintenir à chaque instant ce lien à la force créatrice qui diffuse force réelle et courage réel.

- cela veut dire aussi que nous avons à explorer quel est personnellement notre "commencement de...", commencement de quoi et sous quelle forme. Cela est tout ce que le Créateur a voulu dire à Avram avant tout enseignement religieux autre mais lui transmettant ce qui est le premier en importance car il est relié à ce béréchite-commencement "de": "lekh lékha, va vers toi-même" (Béréchite 12,1). Nous apprenons par là que notre lieu de réalisation de nous-même et sa forme qui sera progressivement découverte par nous seul, est reliée constamment à l'acte même et à l'instant même de la Création de l'univers par D.ieu, le bing. Et cela est à chaque instant et avec une puissance inimaginable que cette bénédiction du soleil vient nous aider à en prendre conscience. C'est pour cela aussi que le judaïsme dit aux parents d'élever les enfants "âl pi darko, sur la base de son chemin personnel" et non pas de le placer dans un chemin externe qu'on jugerait être le meilleur, selon le style de telle ou telle école. C'est à nous de l'éduquer non pas selon notre chemin dans la vie mais selon son chemin à découvrir au fur et à mesure. On réalise par là quel investissement personnel  des parents le judaïsme demande et impose. Il ne s'agira pas de fabriquer "mon fils" comme toutes les mauvaises histoire juives le disent avec justesse, mais de faire comme Avraham qui est loué parce qu'il a mis au monde Yits'haq ("Avraham holid éte Yits'haq") et il n'est pas dit "son fils Yits'haq" et pour cela, dans le moment le plus élevé de la prière, dans le début de la âmida, on nomme les Patriarches comme s'ils ont une voie d'accès personnelle unique et différente car on ne  dit pas Eloqé Avraham véYits'haq (Dieu d'Abraham et de Isaac) mais on dit Eloqé Avraham, Eloqé Yits'haq (D.ieu d'Abraham, D.ieu d'Isaac). Donc, à chacun de découvrir le soleil particulier qu'il est, et qu'il soit assuré qu'il est toujours relié à la puissance créatrice du monde comme l'est le soleil, et qu'il est capable d'atteindre ainsi son rayonnement maximal. Pour cela, la bénédiction est très courte et très directe et centrée sur ce "commencement de..., béréchite-".

- réussir cela à propos de la bénédiction du soleil exige un temps de préparation que vous faites en ce moment par l'étude pour la connaissance et la prise de conscience qui soit intériorisée mais, de plus, cela, demande un temps de méditation avant de dire cette bénédiction pour nous rebrancher ainsi. Les Sages antiques dans le judaïsme qui excellaient dans l'amour du Créateur, les 'hassidim premiers (comme le texte du début du Talmud Bérakhote le dit, et les nomme hé 'hassidim ha richonim) passaient une heure à cela avant la prière (hayou choim chaâ lifné ha téfila) et avaient besoin de ce temps pour vraiment prendre conscience et y être présent avec tout leur être. Et ils passaient encore une heure à cela après la prière pour bien la relier à la vie concrète. Beaucoup de jeunes vont en Inde ou dans des sessions de méditation bouddhique pour apprendre ce lien de soi au monde spirituel, mais nous avons cela aussi dans le judaïsme si on l'apprend et l'enseigne. Et ils vont même là-bas apprendre la prière et la méditation sur la bénédiction du soleil le matin, ignorant que nous avons notre tradition la plus orthodoxe en la matière, c'est le cas d'employer ce mot; et qui ne place pas cet acte dans le lien à des divinités inscrites dans le soleil soi-même. Mais comme le dit aussi le Talmud, il faut apprendre de ce qui est bien dans les autres peuples et, en l'occurrence, c'est le sérieux de la relation de l'être personnel aux mots de la prière. Donc, à chacun de trouver comment s'organiser dans le temps pour que cette bénédiction qui nous relie à la Création soit reliée en conscience active à notre être.

Vous retrouverez toute cette approche concernant les autres bénédictions et prières sur les pages de ce lien-ci.

- Ajoutez vos réflexions et apports personnels:
et ce que vous avez appris, transmettez-le aux autres, c'est une obligation dans le judaïsme d'apprendre et d'enseigner. Et tant de Juifs ne savent pas ce que vous avez appris, c'est ce partage de ce qui est capital qui importe et non pas le gain personnel en Bourse qui préoccupe aujourd'hui tant d'individus devenus adeptes de la religion du capital. Capital, comme si cela serait le plus important au monde.

Jour et heure de la bénédiction
Mais à quelle heure commémorer tout cela pour le vivre en expérimentant avec justesse maximale ces dynamiques en leur sources? Nos Sages expliquent que nous avons à nous associer quand le soleil recommence son cycle et à l'heure de la Création du soleil, à son lever, néts ha 'hama. Voyez avec quelle précision simple cela est dit dans le Choul'hane Aroukh, Traité Ora'h 'Hayim 229,2: "c'est quand on voit le soleil en son époque (bi téqoufa), au quatrième jour, au matin (baboqér), et on dit  Baroukh ôssé béréchite."

Coutumes
Comme toujours, elles sont diverses, et on suit celles de ses Pères, de sa communauté d'origine.
Peuvent se trouver ces pratiques et dans des ordres divers:
- Dire "Baroukh Atta Hachém Eloqénou Mélékh ha ôlam ôssé maâsséi béréchite".
- Dire les psaumes 19 (liens d'étude ici) , 67 (lien avec étude), 121 (lien avec étude), 148 versets 1 à 6 (lien avec étude), 150
(liens d'étude ici).
- Dire Alénou (lien d'étude ici).
- Dire le Kaddich des défunts (résurrection heureuse).
Lien d'étude ici).

Si possible, on dit la bénédiction en présence du soleil. S'il est voilé, on se centre sur le nom de D.ieu pour la dire.
Si des proches ne peuvent le dire, on les représente s'ils se disent représentés par vous.
On fait le rite avec le plus de beauté (hadar) possible,  par exemple en le faisant avec de nombreux participants.

Voici quelques citations du soleil dans les psaumes
- 72,17: Que sa renommée prospère devant le soleil
- 74,16: C'est Toi qui a créé l'astre lumineux, le soleil
- 84,12: Car soleil et bouclier est D.ieu
- 89,37: Son trône sera stable devant Moi à l'égard du soleil
- 121,4: C'est Hachém qui te garde, de jour le soleil ne t'atteindra pas
- 148,3: Que le soleil et la lune Le louent.

et il faut lire ici tout le psaumes 19 où le soleil est l'image centrale de tout ce que l'on essaie de dire de mieux à D.ieu.
et le Ari parle du soleil dans le chapitre 18;5 de Ets 'hayim.