Pour comprendre et bien vivre la nuit et la Fête de Chavouôte
14 mai 2013 AU SOIR ET le 15 (EN ISRAEL) ET AUSSI LE 16 HORS D'ISRAEL 

par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia. Page d'accueil:    http://www.modia.org
(photos de l'auteur)

 

Une grande nouvelle: Pour la première fois, la Bible du Rabbinat est intégralement en français à votre disposition sur le Net. Lien ici.

Une initiative de Modia pour Chavouôte:
Vous étudiez la Torah depuis longtemps, ou bien vous avez déjà étudié beaucoup sur Modia. Comparativement à d'autres Juifs autour de vous, vous avez ainsi reçu la bénédiction et le privilège de connaître beaucoup plus qu'eux. Il ne serait pas normal que vous utilisiez encore ce Chavouôte pour vous remplir encore une fois de plus à table alors qu'autour de vous vos frères ont faim et n'ont pas à manger. C'est le principe tout simple de Modia. Je l'ai appliqué dès mon entrée dans l'étude: partager les connaissances que je recevais en don gratuit. A Chavouôte, il est dit que "tout le peuple" a reçu la Torah dans le désert.
Je vous propose d'utiliser autant que vous voulez la matière qui est sur Modia pour que vous organisiez des groupes d'études pendant la nuit de Chavouôte, là où vous êtes. Soyez inventif et osez partager la Torah à vos frères juifs une fois. Essayez. Etablissez vous-même votre programme selon vos capacités et selon les besoins et le niveau de votre public, il y a de la matière à votre disposition sur Modia. Vous polycopiez les passages que vous souhaitez.
Et si vous n'y parvenez pas, étudiez avec d'autres pendant cette nuit ou faite le tiqqoune leil Chavouote (voir ci-dessous).


Recevoir. Recevoir toute la Torah. Recevoir tous ensemble la Torah.


Lire et comprendre le Chémâ Israël

PLAN

  • Le sens
  • Le don de la Tora et sa lecture
  • Les coutumes
  • Le Tiqqoune Léil Chavouôte (Cela veut dire "réparation de la nuit de Chavouôte")
  • Un abrégé de toute la Torah écrite et de toute la Torah orale.
  • Le commentaire du Chla sur Chavouôte
  • - les règles de l'étude
  • - l'intériorité de la fête
  • - l'étude diffuse la vie
  • L'amélioration du monde
  • La joie de la fête
  • La reconnaissance de la Torah
  • Retrouver le sens de la beauté
  • Les dix commandements
  • L'exercice personnel en cette fête
  • Don et diffusion de la Torah
  • Points pratiques: les coutumes de Chavouôtes
  • Quelques approches poétiques pour exprimer l'impossible à traduire.
    Après Chavouote, découvrez sa suite: deux pages nous enseignent comment ne pas transformer l'essai du don de la Torah en chute meurtrière dans le Veau d'or: celle-ci et celle ci du psaume 81.
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    Liens
    Avant de recevoir la Torah, penser au mikvé de purification. Le découvrir.
    Les règles et méthodes de l'étude de la Torah
    Les autres événements importants de ce mois de Sivane.


    Le sens
    Nous avons franchi les étapes des "semaines" (sens du mot Chavouôte) tout au long de la période du Ômér dans une purification progressive, lente et difficile. Elle nous a menée de la libération physique, de principe, à la libération effective qui ne peut se réaliser qu'à plusieurs conditions :

    • quand l'homme veut intérieurement être libre,
    • quand il a pris tout le temps nécessaire pour être sûr de son choix (les semaines achevées, Vayiqra 23, 17-20),
    • quand il reçoit la connaissance qui assure cette liberté par le don de la Torah (zemane natane toraténou, le temps du don de la Torah),
    • quand le temps du passage final qui assure la conclusion heureuse est réussi. C'est la question de la dernière nuit avant le matin de la journée de Chavouôte, nous y reviendrons longuement.

    On ne fait le qiddouche qu'après la tombée de la nuit pour bien assurer le compte des semaines complètes.
    On appelle aussi la fête  'hag haqqatsir, le temps de la moisson : c'est la période des moissons en Israël, et nous les voyons depuis les routes où nous circulons, mais c'est aussi le temps de la moisson intérieure pour tout le peuple.
    Ce jour est celui du don de la Torah (matane Torah) comme il est dit à la page 86b du Traité Chabbate du Talmud: "Tanou Rabanane: Béchichi ba'hoddéche nitténou âsséréte hadibbérote léIsraël" (Nos maîtres on enseigné dans la baraïta que le 6 du mois de Sivane les 10 paroles ont été données à Israël). En ce sommet du calendrier, ce fut aussi la hiloula du Roi David qui mourut en cette fête et qui était un Chabbate cette année-là ainsi qu'il est dit dans le Traité Chabbate 30a, et à l'heure de min'ha du Chabbate qui est l'heure de bonté par excellence.

      Le Tiqqoune Léil Chavouôte

    Sens du mot tiqqoune
    Le mot "tiqqoune" étant une dynamique et un concept importants dans le judaïsme et particulièrement dans cette période du Ômér, il faut bien en comprendre le sens. 
    Il a plusieurs significations reliées :

    1. c'est la réparation d'un manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans ce qu'est devenu un objet, une personne, une situation. 
    C'est le "processus" réparateur, ou bien" l'état" atteint après la réparation. Un traitement en cours est un tiqqoune et, s'il est réussi, il a réalisé le tiqqoune. Cela peut être sur le plan corporel, spirituel, moral, etc.

    On parle ainsi de "Tiqqoune hammidotes", la réparation qualitative des modes de comportement envers autrui ou dans l'existence en général, pour se rapprocher du modèle qu'est le Créateur qui nous a fait à son image, et qui se manifeste à nous selon ses "middotes" qu'il a révélées à Moché Rabbénou. Il a 13 middotes (Chémote 34, 6-7).

    2. C'est la technique de réparation établie par nos Sages et qui consiste dans des programmes précis de textes à étudier, de prières à dire, à des dates ou heures particulières ou dans des circonstances précises, après avoir réalisé des actes précis de purification des intentions (par exemple, miqvé, tsédaqa, viddouï ; bain de purification, bienfaisance, aveu des fautes, etc.). Ainsi,  le Tiqqoune 'hatsote qui se dit la nuit à minuit.

    Ces techniques peuvent faire partie d'un mode de vie continu, ou répondre à des besoins spécifiques en cas de crise.
     Il va de soi que cela ne peut être entrepris que sans superstition, dans la émouna (confiance droite), et dans une cohérence avec une vie qui se rectifie sur tous les plans. La première démarche est d'abord de pratiquer les mitsvotes de base ; ensuite, éventuellement, on accède à la 'hassidoute qui atteint ces niveaux ; modifier cet ordre sain des choses est preuve d'errance. Le plus souvent, il est nécessaire de n'utiliser ces techniques qu'avec la supervision d'un véritable Sage qui connait bien ces traditions et qui a une longue expérience des humains. Il faut prendre ses distances vis-à-vis de toute personne qui s'improvise maître en la matière sans avoir reçu la formation par la voie de la tradition reconnue.

    3. Un tiqqoune particulier basé également sur des textes composés par les Sages, est le corpus de textes que l'on lit pendant la nuit de certaines fêtes comme le "tiqqoune Chavouôte". La nuit de Chavouôte se passe à étudier en lisant le Tiqqoune léil Chavouôte composé d'un abrégé de chaque chapitre de la Torah, de tout le Tanakh, de la michna, de la guémara, du Zohar et de parties de halakha. Le Chla a particulièrement contribué à développer cette coutume.
    La nuit de Hochaâna Rabba se passe à étudier en lisant le Tiqqoune léil Hochaâna Rabba, composé du livre de Dévarim, du traité Idra zota du Zohar et des psaumes. Cette étude ne se passe pas seulement dans la synagogue, mais de nombreux groupes ou particuliers  organisent des nuits d'études, souvent avec des lectures ou conférences adaptées aux publics particuliers par des personnes qui ont étudié davantage.

    4. Le "tiqqoune néchama" entre dans ces cadres qui dépassent le niveau du commun. Il s'agit d'améliorer "l'être", non plus seulement dans ses comportements et dans ses attitudes intérieures, mais dans la nature de son âme car il y aurait eu des accidents de parcours, soit dans les vies antérieures, soit dans le processus de purification après la mort, et l'âme aurait besoin de l'aide de prières. Les plus grands mystiques juives parlent de cela. Mais, ici, c'est plus qu'une mise en garde qu'il faut placer ; en effet, qui peut prétendre qu'il vit à ces niveaux de pureté, qu'il a reçu le don divin de voir et de comprendre ces niveaux ? Qui se prononce là-dessus et prétend interpréter ou donner des conseils en ce domaine, organiser les couples selon ses visions des néchamotes est un dangereux charlatan, hormis les rares Sages reconnus comme tels par les plus grands tsaddiqim de la génération.

    Le judaïsme qui a une longue expérience millénaire des conduites des hommes met en garde contre les tentatives de s'égarer dans les situations extrêmes. Les fils de Aharone ont péri dans cette voie ; le roi David pensait pouvoir aisément affronter ces voyages avec leurs périls et il a reçu des épreuves qu'il lui fut très difficile de supporter. Et nous n'avons pas ces niveaux. 

    Il existe une pathologie de ces expériences, dont parle la littérature 'hassidique et le folklore concernant le "dibbouq".

    Cependant, nous participons au "tiqqoune néchama" par la lecture simple des textes ou des psaumes, mais sans chercher à nous représenter ce que nous produisons alors, ni à le calculer.

    5. En ce sens, dans la conduite populaire, on parle aussi de "tiqqouné chabbate" (au pluriel) pour désigner la pratique de lire des ensembles de cantiques ou psaumes qui mettent en valeur la beauté du Chabbate, et qui ont été organisés par les caballistes, spécialement le Ari zal.

    6. Dans la même ligne, on désigne le "tiqqoune klali". Rabbi Na'hmane de Breslav recommandait de réciter une suite de 10 psaumes qu'il nommé Tiqqoune hakklali, pour la purification de l'âme et du corps, spécialement face aux difficultés sexuelles (psaumes16, 32, 41, 42, 59, 77, 90, 105, 137, 150).

    7. On parle aussi de "tiqqoune hallachone" quand une lettre supplémentaire apparait et produit des anomalies dans une forme grammaticale d'un mot de la Torah. Voyez l'analyse de ce phénomène par Rachi dans son commentaire de Béréchite 49, 22 et Chémote 18, 8 et Bamidbar 11, 16 et Isaïe 9, 6 et Job 32, 3. Il y a des raisons très profondes à ces anomalies, qui transmettent souvent des secrets de la Torah ; ou parfois ce sont des formes qui permettent d'éviter une lecture qui porterait préjudice à la dignité de la Torah.

    8. On parle alors de "tiqqoune sofrim".
    Par sens dérivé, on emploie aussi ce terme de "tiqqoune sofrim" pour toute correction élégante du style ou de la prononciation.
    Il désigne aussi une édition imprimée de la Torah sans voyelle qu'utilisent ceux qui écrivent la Torah sur les rouleaux comme modèle (le sofér stam) ou ceux qui apprennent à lire la Torah en public. Il y a maintenant de magnifiques éditions de tiqqouné sofrim en Israël.

    9. Last but not least, les Tiqqouné hazzohar sont l'un des livres du Zohar qui, en 70 chapitres commentent uniquement le premier mot de la Torah et décrivent les nombreuses correspondances qui existent entre les lettres ou les versets de la Torah, aux niveaux les plus élevés. Ce livre est écrit en araméen.

    10. Une expression courante, qui joue sur tous ses niveaux, mais en revenant sur le plan de l'organisation sociale, par le "tiqqoune haôlam", c'est souvent une décision d'un Sage reconnu par la génération entière qui décide d'une mesure qui change les usages, mais justement parce que cela remet dans le bon ordre des choses. On en parle ainsi pour ce qui vient améliorer les choses dans la paix.

    11. Enfin, tout cet ensemble s'insère dans une conception générale, présente dans le judaïsme le plus authentique que le peuple juif, est engagé dans un "tiqqoune" du monde où agissent des forces positives et négatives. La "réparation" a commencé avec les patriarches, elle s'est poursuivie sur le plan familial puis national ; il y a eu des rechutes comme les phases de destruction du Temple ; des groupes situent l'édification de l'Etat d'Israël dans ce contexte (soit pour le valoriser, soit pour le regretter) ; il y a aussi une certitude que le processus de réparation n'échouera pas et qu'il y aura des phases propices au retour au projet divin. On trouve là le concept de téchouva (retour), celui de machia'h (messie) qui est très complexe et est analysé avec précision à la fin du Traité Sanhédrine et par le Rambam.

    Les Sages y indiquent qu'il est interdit de chercher des dates pour ces processus car il est écrit explicitement dans la Torah que "aujourd'hui, si vous m'écoutez" tout cela peur se réaliser.

    Il y a toujours des individus qui exploitent ces espérances pour abuser des personnes de qualité qui n'ont pas de formation suffisante dans le discernement. C'est tout le problème constant des faux-messies.  A la fois, la réalité du tiqqoune est authentiquement juive, et le processus est très complexe à mobiliser et à descerner. C'est cependant une des  base de la émouna juive ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ces "îqarim", principes de base.

    Chacun sait qu'il y a des courants actifs et respectés qui placent ces dynamiques au centre de leur action collective, de leur prière, de leur vocabulaire constant et de leur pensée, tandis que d'autres Sages de la plus haute qualité également  exigent une prudence extrême.

    Le tiqqoune doit toujours commencer par les middotes du coeur et du comportement, par la réalisation concrète des mitsvotes, par la conduite de bonne relation humaine (ce dérékh érets précède la Torah disent nos Sages), tandis que le tiqqoune des conceptions sur les âmes, l'éternité, la venue des temps est en position seconde.



    Dans cette ligne, on lit la Torah toute la nuit en essayant de ne pas accorder de place au sommeil, pour être totalement présent à ce don en laissant la Torah pénétrer en tout notre être. C'est une coutume que pratiquait le Roi David chaque nuit (voyez le Traité Bérakhote page 50b). Il restait éveillé (niour) toute la nuit pour cela à partir de minuit. Le Ari disait qu'il n'arrivera aucun mal toute l'année à celui qui reste éveillé toute cette nuit en étudiant la Torah. 
    On veille à le faire en minyane (au moins 10 personnes).
    Le texte a été ordonnancé par le Rav Chlomo ben Moché Alkabets (1505-1584, arrivé à Tsfate, Saféd en 1535) qui a rédigé aussi le cantique du Chabbate, le Lékha Dodi liqrate kalla qui a été accepté par toutes les communautés comme une partie intégrante de l'office d'ouverture du Chabbate ; il a été complété définitivement par le Chla, le maître principal dont nous suivons les méthodes d'étude sur ce site et dans le Lév Gompers
    Le Rav Alkabets étudiait avec Rabbénou Yosséf Qaro pendant la nuit de Chavouôte et il y assista aux phases d'inspiration du maître sous  l'effet de son magguide qui l'enseignait. Il pratiquait de nombreuses techniques  de développement des capacités de ses étudiants dans l'étude : il incitait ses disciples à aller prier sur les tombes des tsaddiqim pour demander leur aide dans l'étude (technique dite des guérouchim), il répandit la coutume d'aller accueillir le Chabbate dans les champs (sadé). Parmi ses élèves, on compte Ribbi Moché Cordovéro, maître du Ari zal, qui devint ensuite son propre maître en caballe et qui adopta le plan de son enseignement pour écrire Pardés Rimonim.
    Tout cela pour dire la grandeur du maître.

    Composition du Tiqqoune Chavouôte
    Il est composé
    des 3 premiers versets et des 3 derniers versets de chaque partie de la Torah, de tous les livres des prophètes et des écrits du Tanakh (la Bible). Puis, de chaque traité de la michna, du Talmud, du Zohar, et les 613 commandements. Des livrets comportent ce texte. C'est recevoir ainsi toute la Torah qui est composée de deux voies d'expression : la Torah écrite et de la Torah orale. Il faut bien comprendre ce que l'on appelle Torah orale par cette étude détaillée mise sur le site, si on on risque de se méprendre. Certains lisent aussi le chant de la mer rouge, Chirate ha yam, et les 10 commandements selon les teâmim inférieurs.
    Il est évident que cela concerne ceux qui connaissent l'hébreu car la règle est toujours : tov méat békhavana méharbé ché la bakhavana (il vaut mieux un peu avec conscience et intention que beaucoup sans). On peut donc le lire dans la langue que l'on comprend et, si on n'a pas pu le lire pendant la nuit, on veillera à le faire et à le terminer pendant la journée. Certains lisent aussi Eikha ou des michnayotes du Traité Beitsa ou du Taité 'Haguiga qui concerne les niveaux de la caballa.
    De toutes manières, une règle est qu'on n'impose pas au public qui n'en est pas capable ou qui ne comprend pas la langue des lectures longues.

    Le Tiqqoune Léil Chavouôte est donc un abrégé de toute la Torah écrite et de toute la Torah orale.
    Même si on ne comprend pas tout ce qui est lu, ou peu, l'âme (la néchama) est touchée et reçoit (sens du mot qabbala), si le coeur est orienté en ce sens.

    Technique à suivre cette nuit-là
    Il n'y a donc aucune comparaison possible entre cette réception directe de la Torah par sa lecture cette nuit-là, et toute "conférence à propos de" la Torah dite par un être de chair, en ce même soir, quelle que soit la qualité de cette étude.
    Cependant, pour ceux qui n'avaient pas compris cette différence jusque là, il vaut mieux se rapprocher de la Torah comme on le peut cette nuit-là que de s'en éloigner en suivant un rite que l'on ne comprend pas, comme c'est le cas pour celui qui cherche avant tout à "contrôler par sa pensée", et qui ne comprend pas l'importance majeure de "recevoir" la Torah plutôt que de la "penser" en cet instant
    Chacun en est à une étape de son parcours qui est à respecter totalement par les autres, et il est seul responsable de ce qui lui convient davantage ; de même pour chaque communauté.
    Il est aussi préférable de trouver le meilleur moyen d'être présent et éveillé plutôt que de sommeiller devant un texte qu'on ne parvient pas à écouter. Chacun a reçu le don de discernement pour choisir sa propre voie : "va vers toi-même" (lékh lékha) a dit D.ieu à Avraham.
    De toute manière, il importe d'être "en communauté" comme ce jour-là dans le désert, car toutes les âmes du peuple juif et de tous ceux qui s'y adjoignent y étaient présents. Certains ont besoin de sentir la présence physique et visuelle et l'ambiance d'autres pour se relier intérieurement à l'union du peuple au Sinaï, d'autres atteignent le même but en petit comité et unis aux Sages avec qui ils prient. C'est donc pour chacun un retour à la première rencontre de son être même avec la Torah.
    Le Chla le dit, pour qu'on ne quitte pas ce niveau : on essaiera de ne pas faire d'arrêts si ce n'est pour assurer l'essentiel qui est la itôréroute, l'éveil intérieur (éine lé afsiq ballimoud 'houts mi lédivré itôréroute léyireate Hachém).


    Le commentaire du Chla sur Chavouôte
    Le Chla a écrit un long commentaire de la fête dont nous citons maintenant de brefs extraits.

    - les règles de l'étude
    C'est dans ce commentaire (partie Nér Mitsva) que nous trouvons l'essentiel de toutes les règles sur l'étude que j'ai présentées dans Le Lév Gompers ; s'y reporter, ce sera lire ce traité du Chla sur Chavouôte.

    - l'intériorité lumineuse de la fête
    Une grande part de la lumière qui a disparu avec le départ de Moché est ravivée ce jour-là. 
    Il y a de nombreux visages à la Torah, et tous ne sont pas également visibles à toutes les époques.
    Notre aveuglement vient de notre fermeture devant la source de la beauté de la Torah, car la Torah est toute composée des noms de Hachém et elle les révèle dans leur beauté.

    - l'étude diffuse la vie
    Et, quand cette communication est pleine (on dit alors : Torate Hachém témima), la Torah qui a créé le monde l'emplit à nouveau et lui transmet la vie. Le peuple juif a cette fonction de développement de l'existence du monde par son étude de la Torah, et par sa pureté dans la réception de la Torah, et par sa vie pure en fonction de la Torah.

    L'étude de la Torah est un service mondial de développement de la vie et de la survie.
    De même ceux qui étudient constamment en ce sens la Torah à l'intérieur du peuple. (Remarque. On ne reproche pas à une minorité de ne pas employer leurs connaissances dans des métiers d'action mais d'être des universitaires purs qui développent seulement les connaissances ; alors, ayons la même tolérance envers la minorité qui s'adonne totalement à l'étude de la Torah dans notre peuple).
    L'étude est une question de pureté et de travail, et non une question de brillance intellectuelle. Car elle est faite avec le coeur, non avec la tête seulement. 
    Et il n'y a pas de fin à cette étude, exactement pas plus qu'il n'y a de fin à la lumière.
    De plus, quand notre peuple est affecté à cette tâche,  dans la mesure où il s'y adonne ainsi que nous venons de le voir, il participe lui-même directement de la vie et  les forces négatives s'éloignent de lui ipso facto. Ne l'oublions pas en ces périodes où les cercles concentriques d'ennemis se multiplient et s'agitent de plus en plus férocement autour du peuple saint d'Israël

    L'amélioration du monde
    Nos textes nous enseignent que les descentes de niveau qui se sont produites dans l'histoire (les "brisures des tables de l'alliance")  peuvent encore se produire. 
    L'une des raisons à cela est toujours la prise de distance par rapport à l'étude, l'oubli de sa valeur et de son contenu. La haine envers les Sages, comme on le voit parfois, est souvent la conséquence typique de ces processus.
    Donc, muni de cette science relatée dans la Torah et dans les écrits de nos Sages qui la transmettent, le peuple juif a pour fonction de maintenir la présence des forces de vie par l'étude, la connaissance, et par une action morale qui y correspond. Il fait sans cesse "la moisson" des récoltes positives qui nous sont données, et les réoriente vers le Créateur qui, dans Sa bonté, veut que l'homme vive et non qu'il meure.

    Nous comprenons maintenant que, en ce jour de Chavouôte, le Juif est ajusté à se véritable nature reliée à la divinité, jusque dans son nom "adam" qui est à l'image du Nom divin. Et l'homme atteint ainsi un niveau qui le place au sommet de la Création.
    Parfois, les épreuves terribles que l'homme met en jeu (globalement, car il ne faut pas se permettre d'interpréter directement une épreuve précise ou une faute éventuelle car ce jugement ne relève que de D.ieu), ont aussi une fonction de l'inciter à la réaction pour retrouver ensuite un ordre positif ou beaucoup plus élevé qui n'aurait pas été atteint autrement.

    La nuit de Chavouôte est justement le moment le plus important de cette mise en préparation, le plus conscient, le plus difficile à cause de nos résistances, mais aussi le plus proche du dénouement.

    La joie de la fête

    En fonction de tout cela, la joie de la fête de Chavouôte est donc particulière, c'est une joie très divine et spirituelle. une rencontre de l'essentiel (comme certians premiers moments de rencontre ou d'amour peuvent en donner l'expérience indélébile et comme les chants de poèmes peuvent tenter de le saisir ou de le redire), et non la joie bruyante et débridée d'autres fêtes comme Pourim.
    Il faut y retrouver les notions et sentiments de "crainte" face à la grandeur de la Gloire du créateur, l'ordre bon des choses, la pureté dans la beauté. La crainte face à D.ieu (yiréa) est la pureté de cette attitude de révérence et de réceptivité totale, sans aucune altération ; alors, on n'ose pas s'en détourner pour réaliser des petits forfaits, on peut que l'on craint. Cela n'a rien à voir avec l'absurdité selon laquelle des antisémites ont dit que le judaïsme serait pour eux une religion de crainte tandis qu'ils seraient une nouvelle étape, celle de l'amour. Qui n'a pas cette crainte toute pure de la réceptivité totale n'aime même pas, il raconte des balivernes sur l'amour.

    Celui qui aime voit cette lumière interne dans la Création, c'est ce que j'ai essayé de rendre par l'image placée sur la page d'accueil et que je replace en bas de cette page.

    La reconnaissance de la Torah
    Un jour, la terre redeviendra ainsi pleine de la connaissance de Hachém. Et les peuples reconnaîtront le rôle du peuple juif dans cette économie, et l'importance de la terre d'Israël et de Jérusalem comme lieux de cette fonction unique dans le monde.
    Et les peuples reconnaîtront alors la pureté de la Torah sans la modifier chacun selon son génie. On ne parlera plus du "droit des hommes" de briser à la fois la Torah divine pour en faire de nouvelles religions, et de briser aussi ceux qui l'étudient et la transmettre et essayent de la vivre sur la terre qui est présence de D.ieu, mais en ce temps là les hommes parleront des Juifs avec infiniment de respect, en pleine conscience.
    Ce conflit qui est constant envers le peuple d'Israël se joue aussi entre les membres du peuple lui-même, maintenant comme depuis l'entourage de Moché rabbénou, et ce problème interne ne prendra fin que par la conscience généralisée de la beauté de la Torah.

    Retrouver le sens de la beauté
    Alors, on retrouvera le sens de la sainteté (qéddoucha) et du lieu de cette sainteté (la terre d'Israël, la ville de Jérusalem, la montagne du sanctuaire, le "miqddache".
    On retrouvera le sens du nom de "juif", composé des lettres mêmes du Nom de Hachém, et tout Sage plein de la recherche de cette science et de cette fonction, sera considéré comme l'idéal du Juif, plus que le prophète. Car tout cela sera compris comme la manifestation du bien que nous révèle Hachém lui-même pour le bien de l'homme.
    Israël sera vu par tous, non plus comme un peuple intelligent ou dispersé ou critiqué ou persécuté ou doué en affaires, mais comme le lieu et la fonction de la beauté de la Création et de l'homme. Les sens du nom "Israël" apparaîtront dans leur lumière.
    C'est le labeur acharné d'Israël, dans les pires conditions au long des siècles, qui a permis de préserver ce trésor pour le bien de tous, sera compris comme une mission à laquelle il s'est sacrifié de siècles en siècles. On comprend qu'il est assez indécent quand on mesure l'intensité de son engagement pour le salut du peuple juif aujourd'hui par la alyah à la seule question des avantages matériels que cela pourrait donner comparativement aux conditions matérielles d'autres pays. Cela n'a pas de sens car nous savons par l'expérience de tous les siècles depuis ce qui nous est dit dans la Bible, que cette tâche est extrêmement difficile et sera très difficile dans notre vie. Nous avons lu les Principes de Pères pendant la période du Ômér jusqu'à Chavouôte et ils nous ont souvent répété cette notion de "labeur besogneux et difficile dont on ne doit se dispenser à aucun prix". Les portes de la compréhension se referment sans cesse, à l'extérieur comme à l'intérieur du peuple, et en nous-mêmes, et il faut peiner durement pour les ré-ouvrir.
    Il faut ajouter que le plus difficile n'était pas seulement d'accomplir la Torah, mais de le faire dans la joie (sim'ha), de bénir de cette lumière aussi bien dans l'abondance que dans les troubles et souffrances, car la beauté divine sûre que nous portons dans le coeur et dans notre peuple et dans le texte de la Tora et dans la terre d'Israël, ne peut aller de pair qu'avec le bonheur et la joie. Les mitsvotes du corps sont faites pour la joie du corps.

    Les dix commandements
    Dans cet axe, les dix paroles sont un condensé de toute cette Torah, et non pas dix interdits majeurs de la justice humaine. Dans cet axe, il n'y a pas d'écart entre la justice établie entre les hommes et la diffusion de la lumière divine.

    Voyez leur commentaire dans de nombreuses pages de Modia, ici: Les 10 commandements

    L'exercice personnel en cette fête
    Chaque Juif, dans l'axe de cette prise de conscience, doit se mettre aujourd'hui dans les conditions pour ressentir qu'il est personnellement en présence de cette "révélation" qui s'appelle "le don au har Sinaï" (au Mont Sinaï). 
    Il y a eu 3 instants successifs de cette révélation totale : le Chabbate de la Création, le Chabbate du Har Sinaï, le Chabbate qui sera celui de la fin des temps.
    Ce soir de Chavouôtes est l'un de ces trois moments. Soyons conscient du caractère exceptionnel de cette journée et de la nuit qui l'ouvre.
    C'est un des rares moments marqués par la plénitude, la chlémoute, qui doit atteindre les trois niveaux de la pensée, de la parole et de l'acte. Cette plénitude est symbolisée par le repos de chabbate.

    Comme je serais heureux si, après cette lecture, certains comprenaient tout-à-coup ce qu'est le Chabbate (lien ici) et l'importance de se distancier totalement des activités habituelles et de tout ce qui est fabrication et semaine, et faisaient le pas décisif de goûter et de réaliser le Chabbate, en sachant que le changement des habitudes sera difficile mais qu'ils ne cèderont pas pour ne pas perdre une telle lumière qu'ils ont touché une fois.


    En cette préparation de Chavouôte, l'homme doit travailler sur lui-même avec vigilance pour atteindre ce niveau et le maintenir.
    En particulier, il doit veiller à ce qu'il n'y ait pas de dégradation de la qualité de sa parole vers des niveaux futiles alors qu'il est dans les lieux et les temps où cette sainteté a à se manifester (temps d'étude, temps de chabbate et des fêtes, lieux de la prière) ; d'où le rappel de méditer la Torah jour et nuit.
    En tous ces mots, comme dans l'ensemble de ce que je rapporte,
    je n'ai fait que résumer le texte du Chla, sans entrer dans la technique des explications plus élevées et plus complexes qu'il développe.
    'Hag saméa'h. Bonne fête pour tout Israël, dans tous les niveaux de chacun, et ensemble.

    Lire
    - sur les trois jours de préparation morale à la fête  nommés chélochéte yémé haggbala : Chémote 19, 12-15. Les mariages ont lieu pendant ces jours (Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim 493, 3).
    - sur les noms de la fête ('Hag Chavouôte,'Hag hakkatsir, 'Hag habbiqourim): Chémote 19, 1 et  23, 16-19 ; 34, 22. Vayiqra 23, 36. Bamidbar 28, 26 et 29, 35. Dévarim 16, 10 et 26, 1-11. Zémane matane toratenou (traité Chabbate 86 b), Atséréte : traité Roche  hachana 1, 2 et 'Haguiga 2, 4.
    - sur les 3 fêtes de pélerinage où on monte à Jérusalem : Dévarim 16, 16.
    - sur les 50 jours qui séparent Pessa'h de Chavouôte : Vayiqra 23, 15-21 et traité Ména'hote 65 a- 66a.
    - sur le sens des aliments à base de lait ('halav) pendant ce jour : Chémote 23, 19 et Chir haChirim 4, 11.
    - le calendrier des faits historiques et bibliques du mois de Sivane.
    - tout le peuple était réuni au Sinaï
    et chacun est indispensable pour la Torah
    et pour vivre la Torah ensemble.
    Lire le commentaire du don du Chémâ Yisraël.
    Réviser l'hébreu de cette page.


     Don et diffusion de la Torah

    Don de la Torah.
    Diffusion de la Torah.

    Pour bien comprendre la fonction de "modia, faire savoir" 
    du peuple juif qui porte la Torah de vie, 
    dans une relation très affective
    (Israël est rose dans le Cantique des Cantiques),


    et celles-ci (photos de l'auteur)


    voici le chapitre entier 62 du prophète Isaïe.
    En plus de la diffusion, il montre aussi 
    combien il est important de déblayer la route des difficultés de l'étude
    ce que nous essayons de faire en nos différentes publications,
    dans l'amour de notre peuple :

    "Pour l'amour de Sion je ne fermerai pas mes lèvres
    et pour Jérusalem je ne me tairai pas, 
    jusqu'au jour où sa lumière sortira dans sa justesse
    et son salut comme une torche allumée.
    Et les peuples seront témoins de ton triomphe,
    et tous les gouvernants de ta gloire.
    Et on t'appellera d'un nom nouveau 
    que la bouche de Hachém aura désigné.
    Et tu seras une couronne de beauté dans la main de Hachém,
    et un diadème royal dans la paume de ton Dieu.
    Tu ne seras plus nommée la délaissée,
    et ta terre ne s'appellera plus solitude.
    Car ton nom sera "mon désir en toi"
    et ta terre sera nommée "l'épousée".
    Parce que tu es l'aimée de Hachém
    et parce que ta terre connaîtra les épousailles.
    Oui, comme le jeune homme s'unit à la vierge,
    tes enfants te seront unis,
    et comme le fiancé se réjouit de sa fiancée, 
    ainsi ton Dieu se réjouira de toi.

    Sur tes remparts, Jérusalem, j'ai placé des gardiens,
    tout le jour et toute la nuit, jamais ils ne se tairont :
    "Vous qui faites souvenir Hachém,
    ne vous donnez aucun répit !
    Et à lui non plus ne laissez aucun répit
    juqu'à ce qu'il ait rétabli Jérusalem, 
    et jusqu'à ce qu'il ait fait de Jérusalem 
    un sujet de gloire sur la terre".

    Hachém l'a juré par sa droite et par la puissance de son bras :
    jamais plus je ne donnerai ton blé en nourriture à tes ennemis ;
    jamais plus les fils de l'étranger ne boiront ton vin, pour lequel tu t'es épuisé.
    Car ceux qui l'auront récolté, le mangeront et ils loueront Hachém ;
    ceux qui l'auront recueilli le boiront dans les parvis de mon sanctuaire".
    Passez, passez par les portails,
    déblayez la route pour le peuple.
    Nivelez, nivelez la chaussée, enlevez-en les obstacles.
    Levez l'étendard face aux nations.
    Voici, Hachém fait entendre son appel à la terre :
    "dites à la fille de Sion : Voici ton salut qui arrive,
    voici il arrive vers toi avec son salaire et sa rémunération, face à toi.
    Et on les appellera "peuple du Saint", 
    les affranchis sauvés par Hachém,
    et toi, on t'appellera "recherchée, ville non délaissée".


    Amen, véamen. Je dédie cela à ceux que j'aime et à mes enfants.





    Points pratiques.
    Les coutumes de Chavouôte :

    Bénédiction à l'entrée de la fête:
    - on dit d'abord: lé haddliq nér chel yom tov, puis la bénédiction ché hé'héyanou et ensuite on allume. On suit toujours la coutume propre de sa tradition d'appartenance.

    On veille à dire la prière de Arvite après la tombée de la nuit (environ 18 minutes avant l'heure de la fin de Chabbate). On veillera particulièrement à prendre bien conscience de ce que l'on dit avant et pendant le Chémâ Israël, Ecoute Israël, en ce jour particulier. Et si on a dit le Chémâ avant la tombée de la nuit, on le redira une fois la nuit venue, avant même le repas de la fête.
    Après Arvite, dans certaines communautés on lit le psaume 18 que dit David quand il a été délivré de tous ses ennemis et dit Je t'aime Hachém qui est ma force. Israël en a bien besoin. D'autres lisent le psaume 68 qui va dans le même sens et qui comporte aussi le verset 7 disant que Eloqim mochiv yéridim bayéta (D.ieu fait revenir les solitaires vers la maison de leur couple fondamental; programme essentiel en cette journée de l'union de Hachém et de son peuple.
    Les Sépharades lisent le psaume 122 qui reprend ce thème de la joie de la maison, union conjugale:

    LE PSAUME 122

    1- Chant des montées. A David. Je me suis réjouis quand on m'a dit pour moi : maison de Hachém nous irons.

    2- Nos jambes se tenaient fermes dans tes portails, Jérusalem.

    3- Jérusalem qui est bâtie comme une ville  caractérisée par l'unité achevée.

    4- Et c'est là que sont montées les tribus, les tribus de "Y-A", assurance pour Israël, pour célébrer le nom de Hachém.

    5- Car là se sont établis les sièges de la justice miséricordieuse, les sièges pour la maison de David.

    6- Souhaitez la complétude pacifiée de Jérusalem ; souhaitez, vous qui l'aimez.

    7- Que soit la complétude pacifiée dans tes murs, le calme paisible dans tes palais.

    8- Pour mes frères et mes amis, j'en parlerai intensément : que la complétude pacifiée soit en toi.

    9- Pour la maison de Hachém notre D.ieu, je demanderai tout le bien pour toi.
     

    (traduction : Yehoshua Ra'hamim Dufour)


    Autres coutumes de Chavouôte

    • on fleurit les synagogues et les rouleaux de la Torah.


    • on mange des mets au lait, en référence au pays de lait et de miel qui est celui de la Torah (Cantique des Cantiques, 4, 11). D'autres disent que c'est en référence au fait que Moché rabbénou refusa de têter le lait des femmes d'Egypte et Myriam sa soeur proposa à la fille du Pharaon une hébreue, sa mère pour nourrir son fils Moché.
    • Les coutumes culinaires sont variables dans les différentes communautés suivant leur origine géographique. C'est aimer son peuple que d'aimer ses coutumes différentes sans esprit critique.
    • On lit le livre de Ruth (méguilate Ruth) car elle a apporté la Tora et a opéré le redressement de la création en recueillant les étincelles dispersées, ce qui a permis d'engendrer le machia'h messie, le roi David. Sur ce lien de Modia, vous pouvez lire et étudier le livre de Ruth.

    • http://www.modia.org/tora/nakh/ruth.php.
      C'est, justement, le jour de la naissance et de la hilloula (décès en plénitude) de David. Vous pouvez entendre ici la lecture du livre de Ruth en rite achkénaze par un lien avec un autre site (http://www.613.org/rut-ra28.ram). En galoute, hors d'Israël, on lit le livre de Ruth le second jour.
    • Après le repas, pendant le Birkate ha mazone, l'action de grâces, on sera particulièrement conscient de tous ces remerciements en ce jour particulier. Ceux qui veulent étudier pour développer cette attention au sens, lirons le Traité Bérakhote du Talmud, pages 48-49.
    • Beaucoup veillent à aller au miqvé pour être dans la pureté de cette fête si pure.
    • Pendant Cha'harite, on lira le psaume 19 (ha chamayim méssapérim kévod El, les cieux racontent la Gloire de D.ieu) qui comporte 126 mots comme les 126 jours passés par Moché rabbénou sur la montagne pour recevoir la Torah et ce psaume comporte les mots Torate Hachém témima, la Torah de Hachém est parfaite, qui correspond bien à ce jour.
    • On dit le Hallél complet. L'étudier sur le lien de cette page.
    • Le don de la Tora et sa lecture
      Suivant les communautés, on dit des chants spéciaux à l'entrée du Séfer Torah, en ce jour. Souvent, avant la lecture de la Torah, on dit le verset 18 du psaume 68: Les chars de Eloqim se comptent par myriades et milliers répétés; avec eux, Hachém se rend sur le Sinaï dans le Sanctuaire".
      Dans un premier rouleau de la Torah, on va lire à la Synagogue le récit des 10 paroles ou décalogue (Chémote 19), selon la lecture des téâmim placés au-dessus des mots et non en-dessous (version réservée à la lecture privée). Les coutumes sont différentes sui vant les communautés (se lever ou non pendant cette lecture): ce qui est souhaitable est de se lever mais certains craignent qu'il soit interprété à partir de cela que ce passage de la Torah est plus important que d'autres ou que l'on fasse l'erreur de religions faussées qui n'ont retenu de la Torah que ces 10 commandements. D'autres pensent qu'il ne faut pas se comporter selon les erreurs des ignorants. De toutes manières, on sera particulièrement recueilli comme si on entendait cette proclamation.
      Dans certaines comunautés, on fait monter à la Torah tous les présents.
      Dans le second rouleau, on lira le récit des prémices de la moisson, d'où encore un autre nom de la fête Yom habbiqourim, qui sont apportés au sanctuaire (Vayiqra 28, 26-31). On réserve généralement cette lecture à un talmid 'hakham présent parmi l'assemblée.
      La haftara sera le majestueux début du livre du prophète Ezéchiel (1. 1-28 et 3, 12) sur le char de la gloire céleste:
      "Ce fut dans ma trentième année, le cinquième jour du quatrième mois, et j'étais au coeur de l'exil sur le fleuve Kévar ; les cieux s'ouvrirent et je vis des visions divines...". (allez lire ce texte pour comprendre le parallélisme avec la vision divine au Sinaï.
      Quand on rentre les Sifré Torah, des communautés disent le psaume 29 (Mizmor léDavid, Havou...). Voyez-en le commentaire précis sur le lien avec cette page.
      Il parle de "la voix" qui révèle et elle est répétée 7 fois comme les 7 séfirotes ou descentes de la bénédiction. Auparavant, les 3 niveaux d'En-haut sont indiqués par la triple répétition de havou (célébrez) dont la guématria correspond aux 13 middotes ou qualités de D.ieu.
    • Des communautés rappellent les noms de défunts chers (azkarate néchamotes).

    Quelques approches poétiques pour exprimer l'essentiel, impossible à traduire.

    Soyons clairs et sincères: nous ne parviendrons pas à saisir par le seul intellect logique et discutailleur le message de Chavouôte.
    Il faut un autre langage aussi pour exprimer cette rencontre du Ciel et de la terre qui a été le but de la Création.
    Certains pourraient dire que le Ciel est obsédé par le couple. Effectivement; et tous nos textes disent que l'essentiel de la sortie d'Egypte est dit dans le Chant de la Mer rouge, et que l'essentiel de toute la Torah est dit dans le Cantique des Cantiques.
    Alors, nos Sages qui ont bien transmis tout ce que nous avons dit, prennent alors un autre langage pour transmettre cet essentiel, de même qu'un objet peut mieux rappeler une amitié que tous les discours.
    Ils parlent alors de rencontre entre la montée et la descente.
    Ils parlent des deux tables des dix commandements comme un don double qui va permettre l'union;
    et ils l'expriment dans les images du couple des séfirotes netsa'h et hod qui fonctionnent
    et vont permettre de passer à l'union entre le tsaddiq qui est le fondement du monde (le yessod) et la malkhoute, la royauté souhaitée de la Chékhina.
    Ils parlent surtout des 24 groupes des livres de tout le Tanakh comme 24 bijoux de la fiancée (qichouté ha kala).
    C'est cela la réalité essentielle: un amour, une rencontre, une union qui sont en projet et auxquels nous pouvons dire oui ou non, être conscients ou totalement inconscients en nous occupant seulement de la surface des choses (la consommation, le travail, l'argent, les vacances, la retraite, les vêtement, les informations, les kilomètres, etc.).


    N'oublions jamais que l'essentiel de toute la Torah est le Lev, le coeur.
    Et Ribbi Âqiva dit dans ses Otiotes, ses lettres de l'alphabet que toute l'étude doit être faite par le coeur
    (lamad, apprendre, est composé des initiales des mots lev mevine daâte, le coeur comprend la science ou l'union);
    et toute la Torah est insérée entre ces deux lettres du mot lev, coeur:
    en effet, la Torah se termine par la lettre lamed du mot Israel et on reprend la lecture au début par la lettre beit du mot Béréchite, ce qui fait lamed-beit= lev, coeur.

    Que notre coeur s'ouvre enfin à la Torah, que tout notre être soit un coeur.
    Alors nous comprendrons que la dernière phrase de tout le Tanakh est une phrase allant du coeur de D.ieu (si on peut dire) à notre coeur, et nous l'entendrons sans discuter, par le coeur comme le jour où un amour est ressenti avec évidence:


    "Mi-vakhém mikol-âmo, Hachém Elohav îmo véyaâl.
    S'il est parmi vous quelqu'un qui appartienne à Son peuple, que Hachém son D.ieu soit avec lui, et qu'il monte"
    Sans cette écoute par le coeur (sens du Chémâ Israël), nous ne sommes pas face à la Torah.
    On ne peut pas résister aux mots de cet amour.

    C'est ce que nous dit aussi la dernière phrase du Cantique des Cantiques:


    "Béra'h, dodi, oudémé-lékha litsvi o léôfér haayalim âl haré vésamim.
    Fuis mon bien-aimé, et sois semblable au cerf ou au faon des biches sur les montagnes parfumées".
    C'est cela la vérité de la Torah.
    Les prospectus des agences de voyages sont peu de chose en comparaison de la fuite vers cet amour proposé.
    Ecoute le donc, Israël!
    Ce ne sont pas mes idées, c'est vraiment la Torah d'Israël et des Sages qui nous la transmettent.



    Comment recevoir la Torah?
    Laissons encore se développer notre capacité à recevoir l'immensité du don de la Torah. Il enrichirait tout notre être et améliorerait notre monde et le monde. Nous avons commencé cela de jour en jour du Omer depuis Pessa'h, continuons, étudions, recevons, appliquons, vivons:







     


     

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