Liste des
39 travaux interdits pendant le Chabbate
et enseignements sur
l'année
de chémita ou année chabbatique
par l'auteur du site Modia, beH,
Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http//:www.modia.org
Pour que nous soyions fidèles
et fraternels
avec confiance, et joie
Définition
Résumé du sens
Sources dans la Torah
L'année de la chémita est centrée
sur...
Le hétér
Le Rav Kook
Eclairages de l'histoire
Prescriptions concrètes
Le Prosboul
Produits de la terre
Hier et aujourd'hui
Précautions avant d'acheter tout produit de
la terre d'Israël
Vocabulaire d'hébreu |
Pour bien comprendre tout le calendrier
juif
Tout sur Roche ha Chana
|
Définition
Une erreur fréquente est de n'y voir que la mise en jachère
de la terre et des obligations de ne pas manger des fruits et légumes
de ces terres. C'est une conception qui réduit le judaïsme
en lui enlevant son sens et en n'y voyant que des obligations pratiques.
Cela ne fait pas honneur à l'intelligence ni à la Torah qui
nous en dit plus.
La chémita, ce n'est pas une coutume agricole.
C'est une année qui revient tous les 7 ans, prescrite par la Torah
où la terre est mise en jachère, en repos, où en ne
sème pas ni ne consomme des propres récoltes de la terre
d'un Juif.
Les produits ainsi abandonnés sont nommés héfker.
Résumé du sens
Tout cela à son sens en fonction des points suivants :
Nous abolissons ce qui crée des pauvres, nous donnons généreusement,
nous remettons les dettes, pratiquons la justice sociale et étudions
davantage la Torah tous ensemble dans le peuple. Nous voyons que toute
cette régulation sociale est ce que la Torah nous demande
et c'est pour la respecter que nous nous comporterons ainsi. Bien plus,
Hachém
nous le demande non pas comme un gendarme ni comme une constitution légale,
mais dans une relation "je-tu" : Hachém-ton D.ieu.
Cette obligation est liée à celle du chabbat (Chémote
34, 21) et au sens du Chabbate.
Et c'est cela qui est la clef de notre possession de la terre,
de l'impossibilité des peuples de s'en emparer ni de dominer sur
nous sur notre terre.
Nous allons voir comment tout cela est dit mot par mot dans la
Torah.
Sources dans la Torah
Il y a plusieurs sources dans la Torah
Le chapitre 25 de Vayiqra
- " quand vous serez entrés dans le pays que Je vous donne,
la terre sera soumise à un chabbate en l'honneur de Hachém...
La 7e année un chabbate absolu sera accordé à la terre,
un chabbate en l'honneur de Hachém.
(Ensuite seulement, on donne les prescriptions techniques) tu n'ensemenceras
pas ton champ, tu ne tailleras pas la vigne, tu ne couperas pas la moisson,
tu ne vendangeras pas"...
(arrive alors un motif moral pour l'égalité sociale)
"ce sol vous appartiendra à tous pour la consommation, ...
tous et ton bétail et les animaux sauvages pourront se nourrir de
tous ces produits".
Ainsi, nous découvrons combien ceux qui critiquent le judaïsme
ou "les religieux, les datiim ou les 'haridim" font des critiques basées
sur l'ignorance mais le plus souvent ils savent la grandeur révolutionnaire
et morale de la Torah et leur critique n'est que méchanceté
gratuite. Le judaïsme réorganise la justice, la bonté,
dans un monde qui met en valeur celui qui réussit en écrasant
et en organisant autour de lui une économie de défavorisés
et d'exploités par des salaires de misère.
le chapitre 15 de Dévarim :
- " A la fin de chaque sept ans, tu feras chémita.
Voici le sens de la chémita, que tout créancier jette
tout créance d'un prêt qu'il aura avancé à
son prochain. Il n'exercera pas de contrainte contre son prochain et son
frère dès qu'on a proclamé la chémita
en l'honneur de
Hachém.
L'étranger tu pourras le contraindre (pour une dette
envers toi) mais ton frère, que ta main lui abandonne (tachmét).
C'est cela magistralement : qu'il n'y ait pas parmi vous d'affligé
car Hachém veut te bénir de ce pays que Lui, ton D.ieu,
te destine comme héritage pour le posséder. Mais c'est quand
tu obéiras à la voix de Hachém ton D.ieu en
observant avec soin toute cette Torah que je t'impose en ce jour".
Le chapitre 31, 10 de Dévarim :
- "Et Moché leur ordonna ceci : à la fin de la
septième année à la date de l'année de la chémita,
lors de la fête de Souccote, alors que tout Israël vient
se réunir devant Hachém ton D.ieu dans l'endroit qu'Il
aura choisi, tu feras lecture de cette Torah en présence de
tout Israël qui écoutera attentivement. Convoque là
tout le peuple, hommes, femmes, nourrissons, ainsi que l'étranger
qui est dans tes murs, pour qu'ils entendent et apprennent et respectent
Hachém
votre D.ieu et s'appliquent à pratiquer les paroles de cette
Torah, et que leurs enfants qui ne savent pas encore, entendent aussi et
qu'ils apprennent à respecter Hachém, votre
D.ieu, tant que vous vivrez sur le sol pour la possession duquel vous allez
passer le Jourdain".
Ainsi, de génération en génération,
à l'heure où tout le peuple Juif est affronté avec
anxiété à de nombreux problèmes, la Torah y
a répondu.
Ces problèmes réels et graves sont aujourd'hui
: la pauvreté et les inégalités en Israël qui
est l'un des pays au monde où l'écart est le plus grand entre
riches et pauvres, la relation d'agressivité et non de bonté
et miséricorde entre les couches de la population, l'obsession
du gain de l'argent avec le désir de baser la société
sur les valeurs brutales des USA, la recherche de la sécurité
nationale dans les plans politiques qui sont dictés par les intérêts
du Président des Etats-Unis et non sur la caractéristique
nationale du peuple juif et surtout pas dans le sens ni dans les moyens
de sa tradition de Torah, la lutte active actuelle contre les institutions
d'éducation juive pour leur substituer des formules d'enseignement
qui excluent la Torah, l'expulsion des rythmes collectifs de la Torah
dans la vie publique d'Israël jusqu'à la disparition du nom
de "Juif" qui ici est la victoire de l'histoire et non pas une étoile
de persécution, la lutte active contre les institutions qui cherchent
à aider à l'organisation de ces prescriptions de la Torah
dans la vie nationale (lutte de boycott par les mouvements de gauche contre
la cachroute, suppression des institutions nationales d'organisation de
la religion, suppression du salaire national des directeurs de ces établissements),
etc.
La Torah est donc très actuelle en tous ces points,
elle répond avec précision pour chaque génération.
Elle nous redonne l'échelle exacte des valeurs : D.ieu au-dessus
de nous, l'identité juive, la justice sociale entre nous.
Surtout, elle nous montre comme ces aspects très différents
sont reliés les uns aux autres pour le succès et la paix
ou pour la haine et l'échec collectif.
L'année de la chémita est donc essentiellement
centrée sur :
- la conscience que le monde n'a d'existence que par la Création
et dépend uniquement de la bonté de D.ieu,
- la conscience que si la terre et la création produisent des
fruits, ce n'est pas par notre effort ni par notre science ni par notre
convoitise ou ambition mais par le Créateur qui a le droit
et le pouvoir de nous faire renoncer à notre sentiment illusoire
de propriété,
- la conscience que, donc, la générosité
doit être la règle de base de l'ambition personnelle et de
l'économie collective,
- la confiance dans le Créateur,
- l'utilisation de ce moyen pédagogique de l'abandon pendant
un an de nos propriétés pour lutter contre toute tendance
à l'ambition, à l'égocentrisme créatif, à
l'avarice,
- la réunion du peuple,
- la conscience que toutes les parties sont aussi importantes
face à la Torah,
- la conscience que c'est la Torah qui unit le peuple,
- la conscience que la Torah apporte la vie à toutes les
questions les plus nationales et plus plus sociales, et qu'elle est d'une
actualité étonnante pour nous aider,
- la conscience que nous devons avoir l'audace de miser sur la
parole et les promesses qui nous ont été faites pour résoudre
ces problèmes les plus concrets et les plus vitaux, même si
beaucoup appelent alors cela des problèmespolitiques. |
Le hétér, analysé en plusieurs étapes
historiques
1. Une autre question se pose en Israël : les rabbins,
voyant les conditions de vie terribles des premiers agriculteurs
au début du siècle, ont pris des dispositions suivant le
principe que, pour sauver la vie, on peut même annuler
les prescriptions pratiques du Chabbate. Mais ils ont pris des positions
différentes. Comme aujourd'hui, les rabbins de Jérusalem
menés alors par le Rav Moché Diskine et le Rav Smouel Salant
décidèrent le respect intégral de la chémita.
Par contre le Rav Yits'haq El'hanane Spektor de Kovno consulté par
R. Yisrael de Koutna, R. Chmouel Mohilewer de Bialystok et R. Chmouel Zanwil
de Warsam, décida que, pour la chémita de 1889 (5649), il
était permis (hétér) de vendre une terre
pendant l'année de chémita de façon à
ce que les Juifs puissent encore se nourrir de ses produits puisqu'elle
appartient alors à un non-Juif. Ce dernier, par contrat rendrait
la terre à la fin de l'année chabbatique. Le Rav précisait
- que ce hétér ne concernait que la présente
chémita
et aucune autre dans le futur,
- que si les conditions dures se renouvelaient, un nouvel hétér
devrait être examiné et demandé,
- et que la prière était faite au Ciel que, à
l'avenir, l'on applique toujours strictement la chémita.
De nombreux milieux agricoles sionistes n'appliquèrent
pas cette décision permissive et s'en tinrent strictement à
la halakha malgré les conditions de vie difficiles.
2. Le Rav Kook, alors Grand Rabbin de 'Haïfa, a remis
en vigueur le hétér du Rav Spektor de Kovno, avant
l'année de la chémita de 1910, dans les conditions
difficiles d'alors. En effet, le problème de vendre un an la terre
et à des étrangers (ce que la Torah ne permet pas) était
très débattu, d'autant que les relations n'étaient
pas toujours faciles ni confiantes avec les voisins. Le Rav Kook pris la
décision dans le sens du hétér permissif.
Cela suscita les oppositions fermes d'autres hautes autorités
halakhiques comme le R. Avraham Yéchaya Karlits de Bné-Brak.
3. Depuis, ds kibboutsim sionistes ont essayé de trouver
une autre solution : ne pas cultiver sur la terre d'Israël mais de
manière suspendue dans l'air par humidité ambiante (hydroponie).
Ce système est encore très développé, spécialement
dans les implantations du désert ou à Gouch Katif dans la
bande de Gaza. Outre la subtilité du raisonnement, cela pose un
autre problème, car des kibboutsim anti-religieux ont profité
du système logique pour élever des porcs afin de les commercialiser
en Israël en prétextant qu'ils ne sont pas élevés
sur la terre d'Israël mais sur des systèmes de surélévation
par dessus le sol...
4. Aujourd'hui, le problème a changé :
- l'économie est établie et on ne peut plus parler de
question de vie ou de mort.
- vendre la terre aux arabes pour ce hétér pose
un nouveau problème dans la mesure où ils n'acceptent plus
que la terre d'Israël soit notre propriété et ils pourraient
garder la terre cédée sans la rendre.
- les milieux des pionniers étaient souvent peu religieux
et ne s'inquiétaient pas toujours des problèmes de halakha
envers la Torah. Aujourd'hui, la connaissance de la Torah a augmenté
et une grande demande populaire s'exprime envers les rabbins pour respecter
intégralement la Torah sur ces prescriptions.
Des conseils rabbiniques locaux, surtout celui de Jérusalem,
sont allés dans le sens de l'application intégrale de la
chémita,
alors que le niveau du Grand rabbinat national en est resté au hétér
permissif. Un conflit a surgi entre ces deux niveaux et des rabbins très
importants et reconnus comme les grands de la génération
(Rav Eliachiv) ont dit qu'ils feraient couper tous contacts avec le Grand
rabbinat national s'il persévérait dans le hétér
permissif.
Un compromis est en cours d'élaboration, avec la volonté
des différentes parties.
(Parenthèse : Qui est le Rav Kook ?
A son orthodoxie, il ajouta toujours le souci de la culture générale,
le besoin d'être en contact avec toutes les couches du peuple
juif. Il monta en Erets Israel en 1904 et fut le fondateur du courant du
sionisme religieux orthodoxe en Israël tout en s'opposant à
la fondation d'un Israël laïc. En 1935, hiloula du Grand Rabbin
askénaze d'Israël , le Rav Avraham Yitsd'haq HaCohen Kook (1865/31-08-1935).
Il a, en particulier, écrit Orote ha Qoddéche et
Orote hattéchouva, Les lumières de la téchouva,
traduit et commenté en français par Benjamin Gros (Ed. Albin
Michel). Il bâtit le concept contemporain de la alyah (montée)
en Israël comme début du salut total (at'halate haguéoula)
. Ce concept fut ensuite repris par les courants sionistes concernant la
création de l'Etat d'Israël, et il resta très discuté
depuis.
Son oeuvre, abondante, se caractérise par un style poétique
et mystique se prétant à de nombreuses interprétations.
Bien souvent, nombreux sont ceux qui le revendiquent pour appuyer
leurs thèses beaucoup plus concrètes et unilatérales
sur le plan politico-religieux que les siennes. Ils ne parviennent pas
toujours à intégrer le même amour qu'il manifestait
pour tout l'ensemble du peuple juif, sans exception et sans extrémisme.
A travers la yeshiva du Merkaz haRav, il bâtit un nouveau style
de yeshivotes comprenant une formation directe à la Torah et non
seulement à travers le Talmud, un accent fort sur le sionisme religieux,
une philosophie originale sur le lien du profane et du sacré et
il écrivit de nombreux livres sur ce thème, dont l'interprétation
demande une grande prudence pour ne pas la simplifier, une conception originale
de la relation du peuple juif aux autres nations. L'expression la plus
sûre de son oeuvre peut être résumée dans le
trio de sainteté : Tora-peuple-terre.
Son fils le Rav Tsvi Yéhouda lui succéda et continua
longuement à animer le courant ouvert par son père.
Des rabbins israéliens francophones comme le Rav Léon
Askénazi zal ou le Rav Chlomo Aviner de la Yeshiva Âtéréte
Cohanim se revendiquent de cette formation).
Eclairage de l'histoire
Il est important de savoir que toutes les générations
avant la nôtre ont considéré que la chémita
est l'une des obligations le plus importantes de la Torah mais aussi l'une
des plus morales. Pour cela, elle est nommée explicitement dans
le Tanakh lors du premier retour d'exil, dès l'alyah difficile rapportée
en Néhémie 10, 32.
Elle a été maintenue pendant toute la période
du second Temple.
Même après la chute du Temple, dans les conditions difficiles,
les Juif eurent à coeur de maintenir la chémita (voyez
Chabbate 30a, 33a, Guitine 54a, Chéviite 4;2 et Souccote 40b)
Aussi bien les envahisseurs (Alexandre le Grand, Jules César
ou les autres empereurs romains) accédèrent à
la demande des Juifs de ne pas lever d'impôts pendant l'année
de la chémita. Cela nous éclaire aussi sur le mensonge
de l'antisémitisme chrétien qui a répandu l'idée
qu'il n'y avait plus de Juifs en Palestine et qu'ils étaient partis
en exil.
Ce n'est qu'après la défaite des Juifs avec Bar Kokhba
en 135 que les Romains devinrent plus difficiles et exigèrent le
paiement des taxes.
Les rabbins allégèrent les restrictions dans les
conditions nouvelles, spécialement dans les régions n'ayant
pas toujours été la terre d'Israël (voyez Chavouote
6;4 avec R. Yéhouda ha Nassi) et permirent aussi d'importer des
nourritures des autres pays, ce qui n'était pas admis auparavant
(Talmud de Jérusalem Chéviite 6;4 7;2...).
Les rabbins durent même autoriser la culture pour fournir les
armées ennemies qui exigeaient la livraison de nourriture (Sanhédrine
26a).
Mais, toujours, des Juifs ont persévéré dans l'application
de la Torah avec exactitude et ils sont louangés par les écrits
qui nous sont parvenus. Le Middrache Raba de Vayiqra 1, 1 le dit explicitement
:
"de qui parle le psaume 103, 20 (Bénissez Hachém, vous
Ses anges, héros puissants qui exécutez Sa parole, guiboré
khoa'h ôssé dévaro lichmoâ béqol
dévaro, attentifs à entendre Sa parole) ? Il parle de
ceux qui réalisent l'année de la chémita car
on trouve souvent un homme capable d'appliquer une mitsva un jour, une
semaine, un mois, mais le faire tout un an et y délaisser ses champs
et son vignoble et quand même payer ses taxes et impôts et,
de plus, ne pas se plaindre, pouvez-vous trouver un homme plus grand que
cela ?"
Prescriptions concrètes
Elles sont indiquées en Chémote 23, 11 et en Vayiqra
25, 1-7. Je ne les décris pas ici pour que vous alliez vous-mêmes
étudier la Torah dans le texte.
Basons-nous ici sur le Séfer ha 'hinoukh ou Livre de
l'éducation qui étudie séparément chaque
mitsva de la Torah avec ses conditions d'application.
C'est à partir de ces textes que les Sages ont établi
par raisonnement les applications pratiques et concrètes pour la
vie d'aujourd'hui en ce qui concerne les produits de la terre.
Succinctement :
la Torah interdit de semer, tailler les arbres, moissonner et vendanger.
On doit laisser ses champs ou vignes ouverts et permettre aux autres de
prendre librement.
La précision rabbinique est l'interdit d'enfumer, labourer,
élaguer les arbres, greffer, bouturer, les traiter contre les parasites,
de se servir des fruits et céréales comme onguent ou emplâtre
hormis les ronces, d'engranger sauf si cela est fait au jour le jour et
par petites quantités et en continuant à faire que les autres
trouvent ce qu'ils pourraient avoir besoin de prendre.
Mais, pour être sûr de bien comprendre, il faut étudier
la Michna Chéviîte et son commentaire dans la guémara
et son débouché dans la halakha pratique, selon les
étapes que nous avons indiquées dans la page sur la halakha.
Sinon on ferait sûrement des erreurs d'analyse, dans un sens ou dans
l'autre.
C'est ainsi qu'il est permis d'aérer les racines, de marquer
les arbres, d'entasser le fumier ou les engrais, etc.
Les prescriptions de la chémita s'appliquent aux hommes
et aux femmes également.
Les prescriptions sont différentes sur la terre d'Israël
ou sur les terres qui furent terre d'Israël à des époques
différentes (Jordanie, Syrie, territoires conquis par Yéhoshua
mais non réoccupés lors du 2e Temple), territoires ayant
appartenu à Moab ou Ammon, ou limitrophes de la Mésopotamie
ou de l'Egype, ou dans la dispersion.
Nous ne pouvons pas entrer dans tous ces détails.
On le voit : un Juif doit obligatoirement étudier, avoir une
bibliothèque, poser des questions, consulter les rabbins.
La rémission des dettes
C'est l'une des prescriptions principales de l'année de chémita.
Dévarim 15, 1 et 2 parle de l'abondon de la terre et de l'abandon
des dettes. Le voir.
L'abandon des dettes prend effet au coucher du soleil de la veille
de Roche ha Chana de la 8e année car il est dit "à la fin
des 7 ans". Cela, même s'il s'agit d'une dette enregistrée
en bonne et due forme par écrit.
Cependant, cela n'a pas d'effet si le débiteur a mis une de
ses propriétés en garantie du prêt.
Il y a d'autres limites :
- le salaire n'est jamais suspendu sauf s'il a été défini
exactement comme prêt,
- les obligations de la Kétouba restent valables, sauf
s'il est indiqué explicitement qu'elle devraient être payées
à la fin de la chémita (ce qui serait stupide),
- un contrat qui ne se termine pas à la fin de la chémita
mais dure par exemple jusqu'à la 10e année n'est pas concerné
par cet abandon des dettes.
Les rabbins ont précisé que, pour ne pas oublier toutes
les règles éducatives de la Torah, même si le Temple
n'existe plus, même si la majorité du peuple d'Israël
n'est pas sur sa terre, la mitsva de l'abandon des dettes est effective
de nos jours et partout sur le globe, pour tous.
Le Otsar Béit Dine
La loi d'abandon des dettes ne s'applique pas si le contrat a été
déposé au Béit Dine car le texte de Dévarim
15, 3 dit explicitement "ce que ton frère aura à toi,
que ta main l'abandonne", donc cela ne concerne pas ce qui est dans
la main d'autrui, le Béit Dine.
De même, les créances des orphelins ne sont jamais suspendues
(voir Guittine 37a) car le Haut Béit Dine de Rabbane
Gamliel et tous ceux qui lui succèdent sont les défenseurs
des orphelins et ont le pouvoir de faire rembourser en tous temps les débiteurs
des orphelins.
Le Prosboul
C'est un réglement que Hillel a décrété
dans l'interprétation de Dévarim 15, 4 pour ne pas défavoriser
les gens généreux qui seraient abusés par des
escrocs à l'approche de l'année de chémita.
Il a exclu de l'abollition des dettes, celles qui seraient établies
avant l'année sabbatique par un contrat passé devant une
Cour rabbinique de justice, le Béit dine. Voyez sur
cette question la Micha Chéviîte 10, 4. Prosboul
veut dire en grec "devant la Cour". Hillel a prescrit le prosboul
car le mauvais usage de ce verset de la Torah faisait que les gens
n'osaient plus aider ni faire de prêts et que la bienfaisance risquait
de s'affaiblir.
Mais il est beau et recommandé cependant de rembourser ses dettes
et de ne pas en faire porter le poids à celui qui vous a aidé.
Et, a fortiori, il est triste de voir ceux qui ont bénéficié
du respect de la mitsva et de dons généreux se comporter
ensuite souvent avec manque de respect et être blessants par un sentiment
mal placé de culpabilité ou de honte.
Produits de la terre
On peut manger les produits de la terre qui avaient commencé
à pousser pendant l'année qui précède la chémita.
On peut manger les fruits de la terre qui ont poussé pendant
l'année de chémita si nous les cueillons sur une autre
terre que la nôtre ; donc, nous devons laisser les autres prendre
sur notre terre.
On ne peut pas manger les autres produits de la terre qui ont
poussé pendant l'année de chémita sur une terre
possédée par un Juif. Mais on peut manger les fruits ou légumes
cultivés sur la terre d'Israël par des non-Juifs.
Ces règles posent des questions précises qu'il
est impossible de détailler ici : il faut impérativement
prendre contact avec le rabbin local pour qu'il vous informe des
questions et des réponses locales. Cette page-ci ne peut aucunement
être considérée comme une page de halakha pratique.
C'est une introduction à l'étude.
Dans ce contexte, il est évident qu'il faut des professionnels
compétents qui passent leur temps pour organiser tout cela depuis
la production jusqu'à la distribution : ce sont les services
de cacheroute. Il est donc normal également qu'ils soient
rétribués au même titre que tout autre professionnel
de la consommation et que le consommateur paye leur service qui est noble
et très important. Il faut être reconnaissant aux rabbins
et aux collectivités qui nous permettent ainsi de bien vivre selon
la Torah. Et il est très mesquin et injuste de se plaindre de ce
que cela ajoute aux prix que payent les Juifs, comparativement avec
les non-Juifs pour des légumes ou fruits.
La chémita a des prescriptions au niveau de l'année,
elle est le chabbate de l'année. Pour vous aider à vous souvenir
de ce qui concerne la sainteté de la semaine manifestée dans
le 7e jour et les prescriptions concrètes des travaux qui
y sont interdits, reportez vous à ce lien-ci.
Hier et aujourd'hui
Les années de chémita ne sont pas comptées
à partir de la création du monde mais à partir de
la 14e année qui a suivi l'entrée en Eréts Yisrael,
soit 7 ans pour l'occupation du sol et 7 ans pour la répartition
du sol. Donc la première année de chémita fut l'an
21 après l'entrée.
Quand le Temple existait (qu'il soit vite rebâti), les règles
agricoles de la chémita commençaient 30 jours avant
le début de l'année pour bien les respecter (dine tosséféte
chéviîte). Mais de nos jours, il est permis de ne commencer
qu'au nouvel an, hormis la plantation d'arbres qui ne se fait pas à
partir de 40 jours avant l'an (pour les greffes il y a d'autres règles,
de même que pour les plantes et céréales).
Ces règles ne s'appliquent évidemment que sur la terre
d'Israël mais les règles monétaires de cette année
s'appliquent partout.
Aujourd'hui, depuis que le Temple est détruit et que la majorité
du peuple, hélas, est encore hors d'Israël, la règle
de l'application de la chémita est seulement éducative
et prescrite par les rabbins en se sens, afin de ne rien oublier de cette
pratique et de pouvoir la reprendre dès que les conditions indiquées
ci-dessus seront remplies, grâce à D.ieu. Cela n'enlève
au caractère obligatoire de ces prescriptions.
| Avant d'acquérir des fruits ou céréales de
la terre d'Israël, il faut donc désormais, pendant toute l'année
à venir, savoir si ces produits respectent les lois de la chacheroute
de l'année de chémita. Une indication le précise
sur les achats, sinon il faut s'abstenir de les acheter et se rendre chez
le commerçant "cachér" qui connait et applique ces règles.
Les rabbinats locaux publient des feuilles qui donnent toutes ces indications.
Ils organisent aussi des conférences qui enseignent toutes les règles
liées à la chémita. Leur demander ces précisions |
Vocabulaire d'hébreu
Le mot chémita vient du verbe chamate qui
veut dire, au sens actif, lâcher, lâcher prise, laisser
tomber, enlever. Débrayer, en voiture ou moralement, se dit également
par ce verbe.
Au passif, nimchate, on nommera ainsi une chose omise,
abandonnée, oubliée, annulée. C'est le sens courant
français "laisse tomber". Un chamtane est celui qui fait
faillite.
A la forme réfléchie, hichtaméte, c'est
s'esquiver, se dérober au sens concret ou moral.
Au sens directif, hichmite, c'est retirer et écarter.
Le nom chémita veut donc dire faire relâche,
être à l'abandon, en jachères.
C'est donc un sens courant mais il est peu fréquent dans
le Tanakh (reportez-vous aux références suivantes) :
- seulement 9 fois sous la forme du verbe (Chémote 23,
11 ; Dévarim 15, 2 et 3 ; II Samuel 6, 6 ; II Rois 9, 33 deux fois
; Psaumes 141, 6 ; Jérémie 17, 4 et I Chroniques 13,
9).
- 4 fois sous la forme du nom en en Dévarim 15, 1 et 2
et 9 et Dévarim 31, 10.
Rappel : Liste
des 39 travaux interdits pendant le Chabbate
par l'auteur du site Modia,
Yehoshua Ra'hamim Dufour
Sens
de cet interdit
et
sens du travail pendant la semaine.
Page du
Chabbate
Précautions :
- lire d'abord le sens de cet interdit et le sens du travail pendant
la semaine.
- on trouve ci-dessous les 39 principes généraux et les
applications dérivées à partir desquels on établit
par analogie logique que telle action est possible ou non. En fait, il
faut étudier précisément ces questions de halakha
pour ne pas commettre des erreurs.
- par prudence, et aussi en cas de doute, il faut demander à
des personnes qui pratiquent et qui ont étudié, ou à
un rabbin.
- donc, la liste suivante est exacte mais elle n'est qu'indicative
et, prise comme telle, elle serait source d'erreurs.
|
Numéro des travaux interdits
|
Principes
|
Exemples d'actions dérivées de ce principe par
les Sages
mais demandant une étude précise des cas divers
|
| |
activités alimentaires |
|
| 1 |
labourer |
travailler la terre, épierrer |
| 2 |
ensemencer ou semer |
tailler |
| 3 |
cueillir ou moissonner |
|
| 4 |
amasser ou lier en gerbes |
ramasser des objets de type travail |
| 5 |
battre les céréales pour les dégager |
égrener, presser certains fruits |
| 6 |
vanner au vent |
|
| 7 |
trier pour séparer grains et déchets |
idem avec aliments et divers objets |
| 8 |
passer au crible pour trier |
filtrer |
| 9 |
moudre |
râper |
| 10 |
pétrir |
malaxer |
| 11 |
cuire |
tourner un aliment sur le feu |
|
|
|
|
activités textiles |
|
| 12 |
tondre |
arracher des cheveux |
| 13 |
laver et peigner la laine |
étendre du linge |
| 14 |
peigner la laine |
enrouler |
| 15 |
teindre la laine |
tremper des couleurs |
| 16 |
filer |
|
| 17 |
ourdir |
|
| 18 |
faire des boucles pour lier |
|
| 19 |
tisser |
|
| 20 |
arracher deux fils de la chaîne |
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| 21 |
faire un noeud |
faire un noeud pour plus d'un jour |
| 22 |
dénouer |
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| 23 |
coudre deux points |
coller |
| 24 |
découdre |
déchirer |
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activités envers animaux |
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| 25 |
capturer |
tendre des pièges |
| 26 |
tuer |
blesser |
| 27 |
Ecorcher ou dépouiller |
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| 28 |
tanner |
cirer |
| 29 |
racler |
lisser, polir |
| 30 |
tracer des traits, régler |
patiner |
| 31 |
découper une peau |
tailler |
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écrire et bâtir |
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| 32 |
écrire |
dessiner, peindre, photographier |
| 33 |
effacer pour écrire deux lettres |
effacer et détruire un texte |
| 34 |
bâtir |
construire des outils |
| 35 |
démolir |
récurer |
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feu |
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| 36 |
éteindre le feu |
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| 37 |
produire du feu |
allumer, téléphoner, sonner |
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| 38 |
finir une oeuvre |
jouer de la musique, etc |
| 39 |
transporter du domaine privé dans le domaine public |
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Les autres outils
de la Torah pour assurer la justice sociale :
- l'attitude envers les pauvres (dans la
paracha Vayéchev)
- la tsédaqa (dans la
paracha Chofétim)
- le maâssér
Tout Juif a le devoir et l'obligation de donner de ses biens et de
ses revenus en bienfaisance, en tsedaqa. Cette part obligatoire
était auparavant donnée au Lévi qui en redonnait une
part au Cohen. C'est-à-dire à ceux qui orientent nos vies
vers D.ieu et donnent leur temps pour cela. Cette pratique se nomme le
maâssér.
Aujourd'hui, cette part qui était donnée dans le
Temple va surtout aux oeuvres d'enseignement de la Torah, aux pauvres.
Le fait de la donner aux oeuvres de Torah contribue plus que
tout à faire que les pauvres en bénéficieront par
l'augmentation du sens moral.
Le Talmud abonde en enseignements qui disent que celui qui donne
ainsi, D.ieu le lui rend en abondance, et celui qui hésite et ne
le fait guère se ferme la porte de la richesse (Voyez le chapitre
3 du prophète Malachie et le Traité Chabbate 119a).
Ces textes considèrent comme généreux celui
qui donne ainsi le 1/4 de ses biens, comme normal celui qui en donne le
1/5 et comme avare celui qui en donne le 1/6. Depuis la destruction du
Temple, cette mitsva n'est plus absolue mais l'usage est de la continuer.
Quand on commence à appliquer cette mitsva, l'usage est
celui-ci :
- on fait tout le bilan de ses biens,
- on peut ne pas compter tout ce qui concerne l'éducation
des enfants et leur assurer une maison, l'installation lors du mariage.
De la même manière, concernant si on le veut ceux que l'on
porte en ce sens et qui se consacrent à l'étude de la Torah
ou à sa diffusion.
- ensuite, la moyenne est d'en prélever le 1/10 pour le
maâssér, ou le pourcentage que l'on estime juste en fonction
de sa fortune, sans avarice et sans être irréfléchi.
Prenez conseil auprès d'un rabbin.
Le prélévement du maâssér doit
se réaliser de façon continue et avec une grande régularité.
Pour étudier cette question, lire dans le Choukhane
Aroukh, Yoré Déa, Hilekhote tsédaqa, chapitres
247-250....
Voir également le maâssér dans une
paracha de la Torah.
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