Fêtes et Yom Tov

PLAN

Nous devons d'abord mettre de l'ordre dans les concepts et dans les termes, avant de parler de telle fête en particulier, de son sens, de ses pratiques et de sa pédagogie.

Classement des fêtes selon les termes 

Les fêtes sont appelées de plusieurs noms ; chaque fête a des particularités qui la font entrer dans la catégorie de tel ou tel mot. Précisons : 

  • 'hag, célébration ('haguim, au pluriel), et ce qui revient circulairement ; ce sont les fêtes de pélerinage : Pessa'h, Chavouôte et Souccote (donc, dans cette perspective du pélerinage qui revient, Roche hachanah et Yom Kippour ne font pas partie des 'haguim).
  • moêd, rendez-vous (moâdim, au pluriel) ; c'est une conception de la fête comme rencontre avec Hachém.
  • yom tov, 'jour bon' (yémé tovim, au pluriel) ; ceci comprend les 3 fêtes de pélerinage, Pessa'h (son 1e et son 7e jour en Israël ; hors d'Israël, la fête commence en deux jours, plus ses deux derniers jours qui sont le 7e et le 8e jour), Chavouôte et Souccote (et ses deux derniers jours qui sont Chémini Atséréte le 8e jour et Sim'hate Torah le 9e jour), plus Roche Hachana.
  • miqra qoddéche (miqraé qoddéche, au pluriel), interpellation ou proclamation de sainteté, qui comprend à la fois le Chabbate et chaque Yom Tov. Voyez Chémote 12, 16 et surtout le commentaire de Rachi.
Classement des fêtes selon la citation explicite dans la Torah
  • le Chabbate (Chémote 16, 23 ou 20, 8-11 ou 31, 12-18, etc.) ;
  • le yom tov : les 3 fêtes de pélerinage : Pessa'h (Chémote 12, 14), Chavouôte (Chémote 23, 16) et Souccote (Vayiqra 23, 33-34) dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah) ; plus Roche Hachana (Vayiqra 23, 24 et Bamidbar 29, 1) ;
  • Yom Kippour (Vayiqra 25, 9-10) ;
  • le Roche 'Hoddéche, premier jour du mois.
Classement des fêtes selon l'ordre d'importance
  • le chabbate,
  • les grandes fêtes : le yom tov (Pessa'h, Chavouôte et Souccote dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah), plus Roche Hachana ; Yom Kippour ; Roche 'Hoddéche.
  • les petites fêtes : 'Hanouka, Pourim, Lag baômér, Toubichevat, Tou béav, etc.
Classement selon les époques
  • les fêtes citées dans la Torah,
  • les fêtes non citées dans la Torah mais citées ensuite dans le Tanakh (Pourim et 'Hanouka),
  • les fêtes postérieures (Lag baômér),
  • une fête récente, le Yom haatsmaoute, fête de l'indépendance de l'Etat d'Israël, qui est regardée différemment par les groupes du peuple juif comme étant ou non une fête s'incrivant dans la même signification religieuse que les autres.
Classement selon l'ordre à l'intérieur de la fête

Deux fêtes, Pessa'h ou Souccote comprennent :

  • le jour de début de fête et le jour de fin de fête (jours doublés hors d'Israël) ;
  • les jours intermédiaires entre le début et la fin de la fête que l'on nomme 'hol hammoêd, ou jours intermédiaires.
Classement selon les pratiques
  • elles peuvent être des ordonnances de la Torah ;
  • certaines fêtes peuvent entraîner une organisation différentes de la prière quotidienne (par exemple, récitation des psaumes 113 à 118 dits "le hallél" pendant la fête de Roche 'Hoddéche) ;
  • pratiques alimentaires, vestimentaires et de décoration.
Se renseigner et se faire inviter dans des familles pratiquantes pour découvrir ces pratiques. Cela ne pose aucun problème car c'est un devoir d'ouvrir sa maison et sa table aux invités pendant les jours de fêtes.
 
 

Sens de la fête juive

On le découvre déjà par ce dispositif que nous venons de décrire que :

  • la fête est un élément juif constant qui rythme sans cesse la semaine, les mois et les années des juifs ;
  • elle apporte une dimension collective constante, de famille et de peuple qui se réunit et se rencontre ;
  • elle organise la joie comme élément constant et permanent ;
  • elle fait passer en revue les différentes sortes de joie ;
  • elle oriente la vie quotidienne et l'économie dans l'axe des fêtes pour les sanctifier, les orienter vers le créateur et le maître de son peuple ; la fête juive est étrangère à la libération incontrôlée des instincts et des comportements que l'on trouve dans l'anthropologie de la plupart des peuples ;
  • elle remet toute activité publique dans l'ordre de la qéddoucha (sainteté).
Il faut bien réaliser que même des fêtes graves qui mettent en jeu le jugement de nos actes comme Roche Hachanna et Kippour sont cependant des "fêtes" pendant lesquelles on veille à la joie, par des beaux vêtements, des nappes (même à Kippour, où l'on ne mange pas). Le traité de Jérusalem de Roche Hachanna, ch 3 traite de cet aspect étonnant.
 
 

Comment organiser la joie du Yom Tov

Il s'agit donc de Pessa'h, Chavouôte et Souccote (dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah) ; plus Roche Hachana.

Cette joie doit se traduire par une préparation physique et morale particulière.

Physiquement : bain, vêtements beaux et renouvelés, repas festifs (deux obligatoires).

Moralement : réjouir sa femme, ses enfants ; faire la tsédaqa pour que les pauvres puissent être en fête ; veiller à maintenir l'ambiance de fête et de joie sans dissensions ni déviations vers les colères, dissensions, réjouissances autres ou dépravées.

Bénédictions : on allume des bougies en disant la bénédiction (...vétsivanou léhakiq ner chel yom tov), et on dit la bénédiction sur le pain aux deux repas.
 
 

Travail pendant le Yom Tov :

Il s'agit encore de Pessa'h, Chavouôte et Souccote (dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah) ; plus Roche Hachana.

Tous les "travaux interdits" le chabbat sont interdits également le Yom Tov, de même que les objets qui deviennent interdits (mouqtsé) par extension de ce principe ; avec une exception : 

  • la préparation directe du repas pour le jour même et si cela donne un meilleur goût aux aliments.
  • on peut utiliser le feu à partir d'une source déjà existante pour la cuisson, le chauffage, l'eau ; on n'éteint pas le feu ; on peut aussi transporter mais on veillera à la mesure en cela.
  • on n'allume pas ni n'éteint d'appareil électrique ; on n'utilise ni téléphone, ni voiture. Cela vient de l'application des principes de non-travail pendant chabbate, mais aussi des conditions à réunir pour garder l'atmosphère de la joie intime et différente de la semaine. C'est une expérience qui ne peut se comprendre qu'à la pratique.
Le êrouve tavchiline pendant le Yom Tov

Quand le Yom Tov tombe la veille de Chabbat, on utilise un rite permettant de préparer cependant pendant ce jour la nourriture nécessaire pour le chabbate du lendemain, c'est le êrouve tavchiline. Demander les précisions à un rabbin.

Le 'Hol hammoêd

Rappelons que l'on nomme 'hol hammoêd, les jours intermédiaires à l'intérieur de Pessa'h et de Souccote. C'est-à-dire :

  • en Israël : 5 jours de 'hol hammoêd à Pessa'h et 6 à Souccote.
  • hors d'Israël : 4 jours de 'hol hammoêd à Pessa'h et 5 à Souccote.
Travail pendant le 'Hol hammoêd :

Contrairement au Yom Tov, on peut préparer les repas pendant le 'hol hammoêd, utiliser l'électicité, les appareils, la voiture, le téléphone, la toilette, les soins médicaux. On veille à ne travailler que modérément ou pas, on ne se coupe pas les cheveux, ne déménage pas, et on peut faire ce qui créerait un préjudice si on s'en dispensait.
 
 

Mariage pendant le Yom Tov ?

On ne célèbre pas de mariage en raison d'un autre principe : on ne mélange pas les joies.



Propositions :

Lire les référence indiquées au long de cette étude

Passer en revue chaque fête pour voir si on s'y organise ainsi pour la vivre selon ce que nous enseigne la tradition juive. 

Etudier en famille cette page et se poser ensemble les questions et discuter.

Echanger entre amis sur cela après que chacun ait étudié cette page.

Essayer d'améliorer la célébration des fêtes en conséquences.


N'hésitez pas à nous transmettre ces expériences d'études en commun, de cours organisés, d'échanges dans la vie familiale ou amicale ou communautaire à partir de ces études.

Avez-vous cliqué sur la bannière de la page "Les fêtes" ? C'est la fête de Pessa'h vue par la Haggada d'Offenbach du 18e siècle, avec commentaire en yiddiche.