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Fêtes et Yom Tov
en très bref
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
à partir des ouvrages de
nos Sages
http://modia.org
PLAN
Nous devons d'abord mettre de l'ordre dans les concepts et dans les termes,
avant de parler de telle fête en particulier, de son sens, de ses
pratiques et de sa pédagogie.
Classement des fêtes selon les termes
Les fêtes sont appelées de plusieurs noms ; chaque fête
a des particularités qui la font entrer dans la catégorie
de tel ou tel mot. Précisons :
-
'hag, célébration ('haguim, au pluriel),
et ce qui revient circulairement ; ce sont les fêtes de pélerinage
: Pessa'h, Chavouôte et Souccote (donc, dans cette perspective du
pélerinage qui revient, Roche hachanah et Yom Kippour ne font pas
partie des 'haguim).
-
moêd, rendez-vous (moâdim, au pluriel)
; c'est une conception de la fête comme rencontre avec Hachém.
-
yom tov, 'jour bon' (yémé tovim, au
pluriel) ; ceci comprend les 3 fêtes de pélerinage, Pessa'h
(son 1e et son 7e jour en Israël ; hors d'Israël, la fête
commence en deux jours, plus ses deux derniers jours qui sont le 7e et
le 8e jour), Chavouôte et Souccote (et ses deux derniers jours qui
sont Chémini Atséréte le 8e jour et Sim'hate Torah
le 9e jour), plus Roche Hachana.
-
miqra qoddéche (miqraé qoddéche, au
pluriel), interpellation ou proclamation de sainteté, qui comprend
à la fois le Chabbate et chaque Yom Tov. Voyez Chémote
12, 16 et surtout le commentaire de Rachi.
Classement des fêtes selon la citation
explicite dans la Torah
-
le Chabbate (Chémote 16, 23 ou 20, 8-11 ou 31, 12-18, etc.)
;
-
le yom tov : les 3 fêtes de pélerinage : Pessa'h (Chémote
12, 14), Chavouôte (Chémote 23, 16) et Souccote (Vayiqra
23, 33-34) dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah)
; plus Roche Hachana (Vayiqra 23, 24 et Bamidbar 29, 1) ;
-
Yom Kippour (Vayiqra 25, 9-10) ;
-
le Roche 'Hoddéche, premier jour du mois.
Classement des fêtes selon l'ordre d'importance
-
le chabbate,
-
les grandes fêtes : le yom tov (Pessa'h, Chavouôte et Souccote
dont Chémini Atséréte et Sim'hate Torah), plus Roche
Hachana ; Yom Kippour ; Roche 'Hoddéche.
-
les petites fêtes : 'Hanouka, Pourim, Lag baômér, Toubichevat,
Tou béav, etc.
Classement selon les époques
-
les fêtes citées dans la Torah,
-
les fêtes non citées dans la Torah mais citées ensuite
dans le Tanakh (Pourim et 'Hanouka),
-
les fêtes postérieures (Lag baômér),
-
une fête récente, le Yom haatsmaoute, fête de
l'indépendance de l'Etat d'Israël, qui est regardée
différemment par les groupes du peuple juif comme étant ou
non une fête s'incrivant dans la même signification religieuse
que les autres.
Classement selon l'ordre à l'intérieur
de la fête
Deux fêtes, Pessa'h ou Souccote comprennent :
-
le jour de début de fête et le jour de fin de fête (jours
doublés hors d'Israël) ;
-
les jours intermédiaires entre le début et la fin de la fête
que l'on nomme 'hol hammoêd, ou jours intermédiaires.
Classement selon les pratiques
-
elles peuvent être des ordonnances de la Torah ;
-
certaines fêtes peuvent entraîner une organisation différentes
de la prière quotidienne (par exemple, récitation des psaumes
113 à 118 dits "le hallél" pendant la fête de
Roche 'Hoddéche) ;
-
pratiques alimentaires, vestimentaires et de décoration.
Se renseigner et se faire inviter dans des familles pratiquantes pour découvrir
ces pratiques. Cela ne pose aucun problème car c'est un devoir d'ouvrir
sa maison et sa table aux invités pendant les jours de fêtes.
Sens de la fête juive
On le découvre déjà par ce dispositif que nous
venons de décrire que :
-
la fête est un élément juif constant qui rythme sans
cesse la semaine, les mois et les années des juifs ;
-
elle apporte une dimension collective constante, de famille et de peuple
qui se réunit et se rencontre ;
-
elle organise la joie comme élément constant et permanent
;
-
elle fait passer en revue les différentes sortes de joie ;
-
elle oriente la vie quotidienne et l'économie dans l'axe des fêtes
pour les sanctifier, les orienter vers le créateur et le maître
de son peuple ; la fête juive est étrangère à
la libération incontrôlée des instincts et des comportements
que l'on trouve dans l'anthropologie de la plupart des peuples ;
-
elle remet toute activité publique dans l'ordre de la qéddoucha
(sainteté).
Il faut bien réaliser que même des fêtes graves qui
mettent en jeu le jugement de nos actes comme Roche Hachanna et Kippour
sont cependant des "fêtes" pendant lesquelles on veille à
la joie, par des beaux vêtements, des nappes (même à
Kippour, où l'on ne mange pas). Le traité de Jérusalem
de Roche Hachanna, ch 3 traite de cet aspect étonnant.
Comment organiser la joie du Yom Tov
Il s'agit donc de Pessa'h, Chavouôte et Souccote (dont Chémini
Atséréte et Sim'hate Torah) ; plus Roche Hachana.
Cette joie doit se traduire par une préparation physique et morale
particulière.
Physiquement : bain, vêtements beaux et renouvelés, repas
festifs (deux obligatoires).
Moralement : réjouir sa femme, ses enfants ; faire la tsédaqa
pour que les pauvres puissent être en fête ; veiller à
maintenir l'ambiance de fête et de joie sans dissensions ni déviations
vers les colères, dissensions, réjouissances autres ou dépravées.
Bénédictions : on allume des bougies en disant la bénédiction
(...vétsivanou léhakiq ner chel yom tov), et on dit
la bénédiction sur le pain aux deux repas.
Travail pendant le Yom Tov :
Il s'agit encore de Pessa'h, Chavouôte et Souccote (dont Chémini
Atséréte et Sim'hate Torah) ; plus Roche Hachana.
Tous les "travaux interdits" le chabbat sont interdits également
le Yom Tov, de même que les objets qui deviennent interdits (mouqtsé)
par extension de ce principe ; avec une exception :
-
la préparation directe du repas pour le jour même et si cela
donne un meilleur goût aux aliments.
-
on peut utiliser le feu à partir d'une source déjà
existante pour la cuisson, le chauffage, l'eau ; on n'éteint pas
le feu ; on peut aussi transporter mais on veillera à la mesure
en cela.
-
on n'allume pas ni n'éteint d'appareil électrique ; on n'utilise
ni téléphone, ni voiture. Cela vient de l'application des
principes de non-travail pendant chabbate, mais aussi des conditions à
réunir pour garder l'atmosphère de la joie intime et différente
de la semaine. C'est une expérience qui ne peut se comprendre qu'à
la pratique.
Le êrouve tavchiline pendant
le Yom Tov
Quand le Yom Tov tombe la veille de Chabbat, on utilise un rite permettant
de préparer cependant pendant ce jour la nourriture nécessaire
pour le chabbate du lendemain, c'est le êrouve tavchiline.
Demander les précisions à un rabbin.
Le 'Hol hammoêd
Rappelons que l'on nomme 'hol hammoêd, les jours intermédiaires
à l'intérieur de Pessa'h et de Souccote. C'est-à-dire
:
-
en Israël : 5 jours de 'hol hammoêd à Pessa'h
et 6 à Souccote.
-
hors d'Israël : 4 jours de 'hol hammoêd à Pessa'h
et 5 à Souccote.
Travail pendant le 'Hol hammoêd :
Contrairement au Yom Tov, on peut préparer les repas pendant
le 'hol hammoêd, utiliser l'électicité, les
appareils, la voiture, le téléphone, la toilette, les soins
médicaux. On veille à ne travailler que modérément
ou pas, on ne se coupe pas les cheveux, ne déménage pas,
et on peut faire ce qui créerait un préjudice si on s'en
dispensait.
Mariage pendant le Yom Tov ?
On ne célèbre pas de mariage en raison d'un autre principe
: on ne mélange pas les joies.
Propositions :
Lire les référence indiquées au long de cette
étude
Passer en revue chaque fête pour voir si on s'y organise ainsi
pour la vivre selon ce que nous enseigne la tradition juive.
Etudier en famille cette page et se poser ensemble les questions
et discuter.
Echanger entre amis sur cela après que chacun ait étudié
cette page.
Essayer d'améliorer la célébration des fêtes
en conséquences.
N'hésitez pas à nous
transmettre ces expériences d'études en commun, de cours
organisés, d'échanges dans la vie familiale ou amicale ou
communautaire à partir de ces études.
Avez-vous cliqué sur la bannière
de la page "Les fêtes" ? C'est la fête de Pessa'h vue par la
Haggada d'Offenbach du 18e siècle, avec commentaire en yiddiche. |