1. La 1e caractéristique de la terre de Mitsrayim (Egypte)
: culture et toumea.
Elle était, certes, le sommet de la culture, de la richesse,
de l'intelligence, de la science, du développement philosophique
et politique.
Mais, en même temps, tout ce bien était utilisé pour fausser
la vérité des choses et ne pas leur permettre
d'aller vraiment dans le sens de la vie. C'est ce que l'on appelle
l'impureté ou toumea, dans la conception juive.
Nous devons donc nous poser ces mêmes questions sur les pouvoirs
dominants dans notre monde actuel.
2. La 2e caractéristique de la terre de Mitsrayim (Egypte)
: l'esclavage obligatoire.
Ce système séducteur et apparemment supérieur
avait comme stratégie que personne ne pouvait en sortir :
c'est la prison culturelle dorée et absolue.
Osons nous poser des questions sur ce qui caractérise les pouvoirs
dominants de notre civilisation moderne occidentale : idéologie
très précise de supériorité basée sur
la direction économique, la puissance des médias qui créent
des esclaves des besoins et installés dans la prison de leur fauteuil
devant la télévision, la création obligatoire de besoins
(voiture, ordinateur, etc.) transformant l'individu en consommateur effréné.
On l'exprime en disant que l'Egypte possédait les plus grands magiciens du
monde. Chercher les parallélismes des modèles.
3. La 3e caractéristique de la terre de Mitsrayim (Egypte)
: la supercherie sur le bien, et sa neutralisation.
En effet, il ne s'agit pas d'un mal apparent mais, comme le Satane fit
envers le couple originaire, cette civilisation parvenait à fait tomber
le bien et la qéddoucha, la sainteté,
dans des moules qui les enferment et les neutralisent. Ainsi les juifs
sont enfermés dans ces capsules (qlipotes) qui les empêchent
de manifester le bien qu'ils sont et de le vivre et le manifester dans
le lieu qui devrait en être le phare pour tous : la terre d'Israël.
4. La 4e caractéristique de la terre de Mitsrayim : centralité mondiale
absolue dans l'espace.
Dans ces stratégies, l'Egypte était parvenue à
être la centralité et la source de ce blocage général
des autres nations (70, dans la symbolique juive). Il fallait donc que
le problème soit repris dans l'ensemble de la création (exil
sur toute la terre) et à la source de ces phénomènes
(exil en Egypte). On comprend alors qu'il ait pu y avoir d'autres exils
très important comme les 3 autres (Perse, Grèce et Rome)
mais que l'essentiel ait été celui d'Egypte. Tous les autres
sont vus globalement mais celui-là est l'exil absolu, la source
des exils et il est différent et spécial.
5. La nécessité de la contre-attaque : la descente en
Egypte, nécessité dans le temps.
Comme ce problème n'est pas seulement un état épisodique
de telle ou telle époque mais puise sa nature dans ce qui a commencé
dans la première chute de niveau, il fallait une réaction
globale.
Cela, d'autant plus que
- toutes les ressources positives du monde (les néchamotes de qéddoucha) étaient ainsi neutralisées
par cette grande supercherie culturelle ;
- elles n'avaient plus en elles-mêmes aucune force pour s'en
sortir,
- il n'y avait donc que la miséricorde de Dieu (ra'hamim)
qui pouvait changer ce cours de l'histoire.
- cela est possible car la présence de D.ieu (la chékhina)
est toujours avec Israël et l'accompagne dans tous ses ennuis, jusque
dans ces enfermements qui neutralisent (les qlipotes).
6. La stratégie hébraïque de D.ieu
Les hébreux au nombre de 70 représentaient par leur qualité
et par leur nombre ces nations encapsulées.
Ils étaient aussi les prototypes humains les plus proches du
plan initial de la création par leur qualité et leur perméabilité
au plan divin et à sa vie divine.
Ils investirent toute la philosophie de l'Egypte par les richesses
ou par les fonctions, y compris la position particulière de Moché mais
aussi par l'esclavage, sur tous les plans.
Enfin, ils parvinrent -grâce à l'intervention divine-
à en être sortis tous.
C'est pour cela que cet exil et cette libérations sont spéciaux.
7. Le sens de la lutte de Moché, membre du palais
Le propre des forces de toumea tel que nous l'avons défini
est de n'avoir en soi aucune force. Elle se déguisent en bien, en
belles idéologies culturelles, politiques ou religieuses pour capter
la force des idéologies du bien et les travestir de l'intérieur.
Le mal a besoin du bien pour se développer. Inversement, Moché
a investi ce monde égyptien de l'intérieur pour tenter de
le retourner. Il n'est pas parvenu à réaliser ce qu'il a
tenter, sauver les Egyptions et le Pharaon de cette perversion, et il a
du sortir finalement avec son seul peuple.
8. Le sens de la dispersion dans tous les autres exils
Ce réinvestissement du mal et des saintetés dispersées
pour y faire le tri et ramener les choses dans le courant de vie a été aussi
le motif de tous les exils et de toutes les dispersions sans nombre.
Cela est exprimé symboliquement en disant que les 4 grands exils
se nourrissaient des forces des 4 grands fleuves du Jardin d'Eden, le fleuve
Pichone (exil de Babylone), le fleuve Gui'hone (exil de Perse ou Madaï),
fleuve de 'Hidéqél (exil de Grèce), fleuve de Pérate
(exil de Rome). Les 4 coupes évoquent
cela aussi.
9. Les leçons de l'exil d'Egypte
L'importance de la sortie d'Egypte vient de ce que
- le pouvoir le plus fort a été vaincu,
- toute l'humanité représentée par les
hébreux en a été libérée,
- le concours de D.ieu, du leader optimal et du peuple a fonctionné parfaitement.
- cela doit donc nous donner des leçons indestructribles,
sur la ligne à suivre, sur la tâche que nous
devons réaliser dans le monde :
- cela doit nous donner une confiance absolue (bita'hone,
assurance).
10. La tâche actuelle dans l'exil multiple
Aujourd'hui, le peuple juif n'a pas terminé sa fonction de
- démystifier dans le monde les fausses idéologies idéales,
les pouvoir séducteurs qui esclavagisent,
- absorber partout ("ils sont partout", disent à juste titre
les antisémites) cette confusion du bon et du pervers pour en libérer
le bon.
Des affinités de néchama, d'âme, font que
telle partie du peuple juif aura pour fonction de s'intégrer dans
telle région du monde dans un exil, puis de s'en extraire après
ce tri et dans une élévation et montée
vers Jérusalem.
Il s'ensuit que nous devons respecter également les fonctions
géographiques et culturelles des juifs dispersés, en y voyant
leur nature et leur tâche. La réduction uniforme est absurde,
autant que la prétention "d'absorber" (terme israélien de qlita qui,
hélas, a été choisi pour désigner le processus
de retour au pays et d'intégration comme réduction au semblable
qui est celui des antérieurs sur le terrain, processus "égyptien
de neutralisation"). Un sionisme ne connaissnt pas assez sa tradition réelle
a commis ces erreurs qui posent aujourd'hui de graves et douloureux problèmes.
Cela ne diminue en rien les mérites autres inégalables.
La dispersion, pourrait-on dire, a été réussie,
de même l'intégration dans les cultures existantes ;
de même, en grande partie, le dévoilement au monde du
message juif.
La tâche actuelle est celle de la sortie de ces exils, non
pas comme seul déplacement géographique mais comme élévation
du meilleur de ces cultures, comme liaison à la Torah aujourd'hui
connue, jusqu'à l'arrivée à la terre d'Israël
non comme station de vacances ou de qualité de vie selon les autres
modèles culturels, mais comme sanctuaire d'élévation
continue, de laboratoire de vie communne dans la présence divine
qui est vie, enseignement et fraternité.
Cette cursus, dit le 'Hida dont j'ai présenté fidèlement
le commentaire sur la Haggadah, durera jusqu'au temps du Machia'h.
Le 'Hida ne faisait que reprendre là l'enseignement des plus grands
Sages, formulés en termes plus techniques.
Les 4 fils : ?
? ? ?
Lire préalablement Chémote 12, 26-27, Chémote
13, 8 et Dévarim 6, 20-25.
Le texte de la Haggadah dit : "Béni le Lieu, béni Lui.
Béni Celui qui a donné la Torah à Son peuple Yisraël,
Béni Lui. En correspondance à 4 fils a parlé la Torah,
un est un sage, un est un mauvais, un est naïf et simple, et un ne
sait pas questionner".
Nous sommes là devant l'un des passages les plus connus de la
Haggadah.
Chacun peut s'interroger sur lui-même et se demander vers quel
type il tend davantage. Pour cela, il faut analyser les questions et les
réponses concernant chacun des 4 enfants.
Mais s'il ne s'agissait que de cela, le texte eût été
rédigé comme la phrase que je viens d'écrire. Or ce
n'est pas le cas. Nous arrivons donc à une conception du texte de
la Haggadah semblable à celle de la Torah : elle est bâtie
dans ses phrases et dans son vocabulaire pour que chaque particularité
soit révélatrice d'un ou de plusieurs sens.
Comment peut-on accéder à ces sens ?
A travers les questions que l'on se posera sur ces phrases et sur ces
mots.
Ainsi font tous les grands commentateurs de la Haggadah. Prenons un
exemple qui nous est familier :
le Chla dit sur ce passage :
" des questions difficiles (qouchiyotes) se posent :
- difficulté à comprendre pourquoi le Lieu (Maqom, Dieu)
est ainsi associé à ce passage des enfants.
- difficulté à comprendre le doublet : Béni le
Lieu, Béni Lui.
- difficulté à comprendre l'autre doublet : Béni
Celui qui a donné la Torah à Son peuple Yisraël, Béni
Lui.
- difficulté à comprendre pourquoi la Torah dit : elle
parle "dans 4 fils" ou "par 4 fils", et non pas "au sujet de"..
- difficulté à comprendre que les réponses données
aux questions ici ne soient pas les mêmes que celles données
dans la Torah elle-même.
- difficulté à comprendre que l'on ait associé la
question du sage au fait que l'on ne doive plus manger après
l'afiqoméne.
- difficulté à comprendre car la Torah dit : tu répondras
à tes enfants quand ils t'interrogeront au sujet des lois et prescriptions...,
et non pas au sujet du sacrifice de Pessa'h. Peut-être est-ce pour
cela que l'on parle de lois puis esclavage, puis Pessa'h ?".
Le Chla continue ainsi longuement.
Ces questions sont des chemins nécessaires pour parvenir au
sens véritable et non seulement au premier sens superficiel.
Donc,
la Haggadah est un manuel pédagogique pour nous apprendre à
étudier, et la première formation du Juif est l'art de se
poser beaucoup de questions.
Applications : pratiquer cet exercice sur chaque texte de la
Haggadah en essayant de dresser le maximum de questions, le pratiquer aussi
en posant aux autres les questions pour obtenir d'eux des réponses,
ou pour confronter notre réponse à la leur.
Un exemple d'étude continuée.
Prenons la première question du Chla : difficulté
à comprendre pourquoi le Lieu (Maqom, Dieu) est ainsi associé
à ce passage des enfants.
1.
D.ieu est nommé le maqom parce que tout n'a d'existence
qu'en Lui. Nous sommes un lieu à l'intérieur de Son lieu,
si l'on peut dire. Philosophiquement, cela s'appelle le panenthéisme.
Non pas que tout est D.ieu mais tout tient son existence de Celui qui est
seul l'existant.
Vivre plus près de Lui, ou dans une conscience plus grande de
ce qu'Il nous a révélé de Lui est acquérir
un plus-d'être.
2.
Il s'ensuit une conception de la terre, de l'espace qui sont reliés
à l'espace spirituel, ou monde d'en-haut.
Il s'ensuit aussi qu'un lieu est particulièrement relié
à cet espace d'en-haut, c'est la terre d'Israël, comme Avraham
l'a découvert et c'est ce vers quoi il se dirige pour le sacrifice
avec son fils Yits'haq, vers le Mont Moria qui deviendra Jérusalem.
C'est la base de tout le judaïsme.
Chaque Juif qui prie s'oriente mentalement vers la terre d'Israël,
puis vers Jérusalem, puis vers le mont
du Temple, puis vers
le Temple et le Saint des Saints et, de là, montent ses prières.
Ce lieu se nomme chaâr hachamayim, la porte du Ciel. C'est
le nom que le Chla a donné à son livre de prières.
D'où l'importance de la terre et de Jérusalem sur le site
Modia. Ce n'est pas une question politique mais ontologique. (Pour mieux
comprendre l'importance du "lieu" et de la terre dans le judaïsme,
se reporter à la paracha Lekh
lékha et à la paracha Dévarim).
Cette étude de ce thème nous permettra de mieux comprendre
ce passage de la Haggadah.
3.
Mais nous savons, par de multiples commentaires sur les parachiyotes
que le sens est donné dans la Torah par 3 medias : l'histoire (sipour),
les lettres (séfér) et les chiffres (séfar
ou guématriyotes). Ainsi, nos sages nous indiquent que maqom vaut
186 , ce qui est la somme des quatre lettres du Nom quand chacune est en position
optimale, au carré, soit youd (10x10),
et hé (5x5), et vav (6x6), et hé (5x5)
qui font effectivement 186 - la guématria de maqom.
Et l'image des 4 fils se comprend alors : chaque homme, fait à l'image
de D.ieu et à Sa ressemblance devrait constituer ainsi une image
partielle de ce Nom, d'où les 4 fils.
Nous avons pris cet exemple unique et simple pour montrer combien la
Haggadah, comme le texte de la Torah, est lisible aux différents
niveaux du sens et à tous les niveaux de la Torah. Chacun, suivant
ses connaissances en Torah, pourra donc élargir sa compréhension
de la Haggadah, s'il se pose de façon systématique les questions.
Revenant aux dimensions relationnelles, nous percevons la nécessité
de respecter l'autre, de l'écouter spécialement lors de ses
commentaires pendant cette soirée.
Et, surtout, nous souvenir que nous sommes chacun un peu le sage, le
mauvais, le naïf et simple, et celui qui ne sait pas questionner,
ainsi que je l'ai décrit dans le poème de Pessa'h : Esclavages
ramages.
Le rachâ, le fils mauvais
Le texte qui le concerne est celui-ci.
"Le mauvais, que dit-il ? Quel est ce service âvoda pour
vous (Chémote 12, 26). Pour vous, et pas pour lui. Et puisqu'il
s'exclut lui-même de la collectivité, il détruit l'essentiel.
Et alors toi émousse-lui ses dents et dis-lui : c'est pour cela
que Hachém a agi pour moi quand je sortis de l'Egypte
Chémote
13, 8), moi et pas lui. Et s'il avait été là-bas,
il n'aurait pas été sauvé."
Il faut essayer d'analyser chacune des nuances spéciales de
ce texte pour rencontrer les questions et les messages qu'il veut
nous transmettre.
Pourquoi vient-il en seconde position, juste après le 'hakham,
le sage .
Pourquoi est-il classé comme mauvais alors qu'il demande comme
le sage "pour vous" ?
Pourquoi estime t-on qu'il s'exclut alors qu'on n'a pas dit cela du
sage ?
Pourquoi lui réponde si durement au lieu de l'éduquer
par la douceur ?
Pourquoi lui dire des choses si extrêmes et révoltantes
?
Pourquoi s'en prendre à ses dents ?
N'oublions pas qu'il fait partie du peuple et qu'il doit être
sauvé et le sera car les quatre enfants forment un seul corps ;
on ne dit pas qu'il est condamné mais on lui dit seulement : "si
tu avais été".
Suivons le commentaire du 'Hida
en l'explicitant.
1. Le mauvais, le rachâ, est bien instruit et pose les
questions d'un intelligent, intellectuel et connaisseur.
2. Mais il attaque le judaïsme dans son apparence : c'est un service
et un esclavage (âvoda), alors que la religion devrait être
affaire de coeur. Derrière sa question, il attaque et falsifie comme
les antisémites religieux.
3. S'il y a ainsi des ordres impératifs et absurdes, c'est pour
vous, pas pour moi, pour vous les sans coeur et les inintelligents. Nous
découvrons ainsi un prototype du juif qui existe, dénigrant,
auto-destructeur, méprisant son héritage, la falsifiant et
la condamnant ensuite au nom de l'intelligence et d'une belle philosophie
; l'actualité est pleine de ces discours.
4. Il méprise (bizayone), ne perd pas ton temps à faire
autre chose que cela envers lui.
5. On lui répond : "c'est pour cela", oui tu as raison c'est
bien pour cela, ce service concret dans la réalité que que
nous avons été sauvés, le sang de Pessa'h, le sang
de la circoncision que l'on nous interdisait, c'est bien pour toutes ces
choses concrètes que nous sommes falsifiés et persécutés
mais aussi sauvés.
6. Et comme cela se passait dans la réalité et pas seulement
dans la tête ni dans le coeur, il n'aurait pas été
sauvé dans la réalité.
7. De même, pendant la cérémonie du sédér
nous devons des choses concrètes, signes de notre fidélité
dans la réalité et, à travers elles, nous sommes sauvés
dans la réalité.
8. Sa position qui se veut supérieure ne conduit qu'à la mort.
9. Des gens comme lui, qui s'estiment en avance ne font que retarder
le salut.
Hormis la phrase où j'incite à entendre ces discours
dans l'actualité, tout cela est strictement dit il y a plusieurs
siècles par nos Sages.
Mais n'a-t-il pas posé la même question que le 'hakham
?
Le contenu est apparemment le même, mais il y a une petite différence
capitale : il ne dit pas 'Hachém notre Dieu". Il voit le judaïsme
comme un code social, il élimine Dieu, il est lui le pouvoir et
l'intelligence, c'est un athée sûr de lui et qui affirme qu'il
élimine Dieu. C'est en cela qu'il arrache l'essentiel. Au lieu d'être
une pensée éclairée, il se définit elle-même
comme étant la lumière, cela c'est l'obscurité et
la non-vie : en effet, en Béréchite 1, 5 quand Eloqim crée
le jour Il est nommé, mais quand il crée la nuit Il ne l'est
pas. C'est cela qui différencie le mauvais du sage.
Il est important de voir que des attitudes que l'on pourrait estimer
modernes étaient déjà fréquentes il y a quelques
millénaires au point que l'on ait éprouvé la nécessité de
les introduire dans la Haggadah.
Nous verrons demain (si Dieu veut) pourquoi on s'en prend alors à ses
dents.
Emousse-lui ses dents
L'expression haqhé éte chinav est généralement
traduite par "agace-lui ses dents".
1. Cette traduction perd tout le sens ; en effet, le verbe haqha veut
dire émousser, rendre moins coupant, moins incisif, moins aigu,
moins tranchant, moins destructeur. Cela nous indique donc la tâche
éducative que nous avons à accomplir envers ceux qui agissent
comme le rachâ dans notre peuple (ce qui veut dire,
évidemment, envers nous même quand nous dépistons ces
attitudes de pensée ou de réactiuon en nous). Non pas les
exclure, non pas les qualifier de noms d'oiseaux, même s'ils traitent
de 'fanatiques' ceux qui, simplement, essayent de vivre la Torah. Mais adoucir l'agressivité et
la profanation.
2. Certes, le texte nous dit que c'est être rachâ, mais
il n'y est pas dit à quelqu'un : "tu es un rachâ". La nuance
est capitale. Au contraire, la réponse réintègre
ce rachâ dans l'épopée collective, à
travers la réponse donnée.
3. Prenons maintenant le sens non plus au niveau de l'histoire mais
dans les formes linguistiques des lettres, seconde méthode que nous
connaissons dans la Torah. Le 'Hida cite le commentaire en ce sens du Rav
Naftali. Il fait remarquer que les deux mots Na'hache (NHCh,
serpent) et Satane (ChTN, le provocateur)
comportent au coeur de leur être, dans la lettre centrale le mot
péché 'HT ('héte :
h dans le mot serpent et T dans le mot Satane) ; et chacune
des lettres qui restent dans leurs deux mots forment le mot "dent" chéne ;
donc 2 fois, dent et dent ; voilà pourquoi il est dit : "agace-lui
ses dents".
4. Donc, quelqu'un qui parle ainsi (l'autre, ou moi-même)
est alors tout entier dent-péché-serpent et satane.
Et il a besoin de quelqu'un qui soit capable de lui adoucir les dents.