La Haggadah de Pessa'h
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia http://www.modia.org
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Plan
Le chant Dayénou et les 15 étapes
Le sens de dire obligatoirement le trio Pessa'h-Matsa-Maror
Le Hallél
Louons-Le pour Sa Bonté, éternelle.
(à suivre...)
Le chant Dayénou et les 15 étapes
Pourquoi 15 montées de libérations
puis de louanges ?
Kama maâlot tovote lammaqom âlénou
Combien de degrés bons à D.ieu sur nous !
Ce passage nous démontre que la libération se fait progressivement,
contrairement à notre aspiration que tout se règle magiquement
d'un seul coup : chaque fois que nous avons ces aspirations simplistes,
nous devons repérer que nous tombons dans l'infantilisme et la magie.
Ce qui est interdit au juif. Pour cela, Hachém ne libère
que par étapes comportant chaque fois une petite amélioration
et encore beaucoup d'insatisfactions et de difficultés. La Sage
sait que cela est signe de la présence de Dieu.
Suivons le commentaire du 'Hida
dont j'explicite ce qui y est condensé.
Combien de montées ont donc lieu ? Avant de considérer
le nombre, voyons d'abord le premier mot "cama", c'est l'inversion
de "maca" qui est une plaie. Ainsi, Hachém joue des plaies
négatives et des libérations en un seul programme, la
catastrophe est marche vers la libération pour qui sait patienter
et pour qui connait ces tactiques de D.ieu. Le Sage dit alors : gam
zou la tov, ceci est pour le bien et il parvient à louer dans
la difficulté comme dans la satisfaction.
Lisons, dans cette perspective,
les 15 marches de cette libération
du chant Dayénou :
sortie, châtiments, jugements contre leurs dieux, plaie contre
les premiers-nés, leur argent donné, mer divisée,
traversée à pied sec, noyade des persécuteurs, subvenir
aux besoins pendant 40 ans dans le désert, don de la manne, don
du Chabbate, vision du Sinaï, don de la Torah, don du pays d'Israël,
don du Temple.
Quand nous chanterons Dayénou, pensons que nous franchissons
ces marches sous la achga'ha, la providence qui accompagne toujours
dans la bonté. Voir quand même la présence de Ra'hamim,
la miséricorde, dans l'épreuve est une suprême sagesse.
Âlénou, sur nous.
Un jeu de mots se présente là dans l'hébreu car "âlénou" veut dire également : "nous avons le
devoir et l'obligation de...". Cela sous-entend : dans la marche progressive,
nous avons le devoir de louer.
Âl a'hate kama vékhama...,
combien plus encore fut
la bonté de D.ieu envers nous.
Arrive alors une nouvelle lecture qui nous montre explicitement cette
série de 15 bontés dans les interventions de Hachém
pour nous délivrer, car l'agrément du chant aurait pu nous
nous faire oublier le sérieux de la question. On y revient donc.
Pourquoi ces 15 étapes et non
pas 13 ou 17, 18 ? Nous allons
le comprendre progressivement.
Ribbi Yéhouda Hé'hassid l'enseignait à ses élèves
:
il y avait 15 marches pour monter de la place du Temple à
la zone intérieure (tou maâlote ba âzara), nous
le comprenons d'après ce qui vient d'être dit : il y a 15
psaumes commençant par l'expression chir hammaâlote,
chant des montées (psaumes 120 à 134).
il y a également
15 fois l'expression chira, chant
au féminin, dans la Torah.
en ce sens encore, et moins
dans notre concret, le talmud Haguiga 12 b nous décrit 15 réalités
se trouvant dans le monde
d'en-haut.
de même il est dit que l'enfant peut bien entrer à l'âge
de 15 ans dans l'étude du talmud (Pirqé avote 5, 1).
reliant les deux mondes, la prière
du matin, chaque jour nous
fait dire les 15 louanges de David : lékha... haguédoula,
etc.
et c'est le 15 du mois de Nissane que s'est faite la libération.
Passons donc au niveau de la clarification de ce motif, en deux étapes
:
1. Avraham, Isaac et Yaâqov ont passé 15 ans de leur vie
dans le bonheur d'étudier ensemble, et ils y étudiaient ainsi
ensemble la Torah transmise jusqu'à eux par Chém et Ever
15 heures par jour. C'est l'état de bonheur optimal quand 3 générations
parviennent dans leur différence à étudier ensemble
la Torah, c'est pour cela que l'on dit dans la prière de la Chémoné
Êsseré ou Âmida : Eloqé Avraham, Eloqé
Yits'haq, Eloqé Yaâqov, car chacun y apporte son originalité
dans la même et commune présence de D.ieu.
2. Cet état de plénitude est nommé par les derniers
versets des psaumes : kol hannéchama téhallél Y-A
hallélouya, toute la néchama te loue Y-A,
hallélouya. Le saint Nom de D.ieu utilisé ici et composé des
lettres youd et qé a la guématria de 15.
Ces deux points (1 et 2) sont la même chose, c'est un état
céleste sur terre que le psaume 68, 5 décrit avec ce nom
faisant 15 : solou larokhév baâravote béya chémo.
Voilà pourquoi il est dit que ces tsaddiqim (juste) complets
qu'étaient les trois partriarches étudiaient 15 heures par
jour la Torah (et consacraient les 9 heures restantes au travail pour la
subsistance, la nourriture, le sommeil et toutes les affaires autres).
Ceci est la fin de l'enseignement de Rabbi Yéhouda hé'hassid
rapporté par le 'Hida.
Il y a de quoi méditer, sur tous les plans.
N'oublions jamais que ces connaissances ne sont aucunement une seule étude littéraire ou une base de discussions mais un exercice
de la parole pour nous faire avancer vers la libération personnelle
de "l'Egypte" car toute la soirée nous le redit : "ce soir, je dois
me considérer comme sortant d'Egypte".
Le sens de dire obligatoirement
le trio
: Pessa'h-Matsa-Maror
Commençons par nous poser les questions, avec le 'Hida (dans Na'hal
Echkol) :
- puisque l'on sait que le maror indique l'amertume comme l'indique
la racine du mot, pourquoi nous demander de le manger,
- pourquoi est-il lié à l'avancée vers la libération
(guéoula) ?
- pourquoi le premier jour de Pessa'h tombe t-il le même jour
de la semaine que le 9 av, jour de désolation ?
1e réponse
L'exil d'Egypte devait être de 400 ans et il devait ainsi rassembler
tous les exils, tous les processus de guéoula dont nous avons parlé
dans le passage sur le souvenir de la sortie d'Egypte. Mais, par le fait
que cette période a été abrégée (Pessa'h
signifie "il a enjambé, il est passé au-dessus" du nombre
des années), le processus n'a pas été achevé
et on continue à le jouer par la matsa et le maror qui
représentent l'esclavage des exils et esclavages supplémentaires,
et par le sacrifice de Pessa'h qui représente la libération
(guéoula).
2e réponse
Ce non-achèvement se prolonge et se joue spécialement
dans la même journée de la semaine qu'est le 9 av où
l'on perçoit le mieux que l'esclavage a continué.
3e réponse
Principe
Nous disons ensemble "Pessa'h-Matsa-ouMaror" pour ne pas séparer
la peine (Matsa ouMaror) et la joie (Pessa'h). De même,
dans la composition des parfums du Temple, on place un peu de 'helbena qui
n'a pas du tout une bonne odeur pour marquer qu'on lie le mal et le bien et
que le mal sera transformé en bien par ce rattachement au
faisceau global.
Et une simple petite différence se produira : quand le 'héit
de 'helbena se transformera en hé qui a presque la
même forme mais est un peu ouvert alors que le 'héit est
fermé, alors le mot 'helbena devient halévana,
la lune, but de l'épanouissement du féminin dans la création.
De même, les lettres du 'hamets ('HMTs) sont les
mêmes que celles de la matsa (MTsH) mais avec la petite
amélioration qu'il y a entre le 'heit fermé et le hé
ouvert.
Application morale du principe
Il ne faut pas laisser isolés ceux qui ne sont pas très
bons parmi le peuple, car les méchants et les bons dans le peuple
juif ne forment qu'un seul corps ; c'est cette réunion qui
fera que tout l'ensemble sera bon. Il ne peut pas y avoir de salut d'une
secte élitiste sans le reste dans le peuple juif car tout
le peuple est une même néchama (âme) totalement
pure et divine, de même que l'est l'âme du rachâ,
du mauvais ; et il sera finalement libéré. La Haggadah
revient sur ce thème de multiples façons.
Pessa'h Matsa ouMaror indiquent cette réunion
du bon et du moins bon : "Pessa'h" ce sont les tsaddiqim ou
justes qui accomplissent les 613 mitsvotes (le mot Pessa'h écrit
en plene a cette guématria : ph-smkh-hit) ; "matsa", pain
de misère correspond aux bénonim, les moyens qui sont
la majorité du peuple ; "maror" correspond aux mauvais et
ce mot maror a la guématria de mavéte, mort.
Le Vayiqra Rabba 30, 9 le décrit et montre que Hachém réunit
ainsi tout son peuple, comme on le fait dans le loulav.
4e réponse, capitale
Nos Sages disent, en ce sens, que îqar haguéoula
télouya baa'hdoute, l'essentiel de la guéoula dépend
de l'unité du peuple ; c'est le manque d'unité qui a détruit
le Temple ; il faut faire la correction (tiqqoune) de ce qui a détruit
et, donc, réunir, rassembler, rendre un tout le peuple d'Israël.
C'est pour cela qu'il y a l'OBLIGATION absolue de dire ces 3 mots et ensemble.
(Parenthèse, reliée à ces questions de rassemblement
des éloignés, que nous sommes chacun un peu. Parfois des
personnes me demandent : "pourquoi faites-vous ce site" et elles imaginent
que je fais cela comme si je choisissais une activité de sport ou
loisir. Il est clair, simplement, que nous devons communiquer les connaissances
de vie à ceux de notre peuple dispersés, isolés, loins
des connaissances et qui n'ont pas les moyens de se lier à la communauté.
Nous étions loin, certains l'ont fait pour nous. Le Web le permet
avec facilité. Il est émouvant de voir avec quelle soif se
rapprochent ainsi et étudient des "milliers" de lecteurs venant
de "dizaines et de dizaines" de pays différents et qui nous font
part de leur cheminement progressif qui les engage très intimement,
familialement et fortement. En plus de ceux qui sont déjà
des participants réguliers de communautés.
D'autres, conscients, me disent : "comment peux-tu réaliser
cela, en temps et par quels moyens, car il n'y a pas une équipe
? La force physique et intérieure et l'inspiration viennent directement
de Celui qui donne la vie, et il sait ce qu'Il donne quand Il veut. Jusqu'à
maintenant, la quasi totalité des frais énormes de cette
activité a été supporté par votre serviteur,
en plus du temps de rédaction ; mais il devient de plus en plus
impossible de soutenir seul le développement d'un tel outil qui
prend cette extension. Ceux qui le comprennent et partagent ces buts peuvent
aller à la rubrique "Soutenez
Modia". Fin de la parenthèse).
C'est pour cela qu'il est dit ensemble Pessa'h Matsa
ouMaror ; le 'Hida écrit
"
ché tsarikh ché yomrém ya'had bémotav
télata ki kol âtsménou hou lé'habér kol
Yisrael bé'hibbour véyi'houd
donc, il faut les dire tous les trois bien ensemble car toute
notre tâche c'est d'unifier tout Israël dans un lien et dans
une unité".
5e réponse
A partir de cette explication centrée sur ce qui est une dimension
capitale de la réalité (l'unité et la solidarité apportant
la guéoula),
on comprend que ce trio soit également mis en liaison avec ce trio
qui constitue le fondement du monde : Torah (matsa)-Avodâ (Pessa'h)-Guémiloute
'hassadim (maror d'où on est tiré par la bonté).
6e réponse
Au niveau des chiffres qui donnent le sens intime, Rabbénou
Yaâqov Abou'hatséira reprend ces idées fortes en montrant
que matsa a la guématria de hitsil (il a sauvé)
et maror la guématria de mavéte (mort) : cet
assemblage matsa-marorest donc notre affirmation que Hachém
nous a sauvé de la mort. Il montre encore que cette reconnaissance
va s'exprimer par les cantiques de reconnaissance qui terminent la Haggadah
et les trois mots Péssa'h Matsa ouMaror ont la guématria
du mot ichta'havou, "ils se sont prosternés" et ont loué.
7e réponse : la liberté de parole féminine
La mitsva est dont de dire Pessa'h Matsa ouMaror. De même
qu'il faut parler, poser des questions, répondre, ouvrir la bouche
de celui qui ne sait pas poser ses questions. Tout cela est dans le mot Pessa'h
que
l'on divise aussi en Pé - ssa'h (la bouche parle).Cet état d'expression est celui de la liberté. Qui a le droit
de parler est libre en soi-même et au milieu des autres. C'est pour
cela que nos Sages disent que pé, la bouche active, est l'état
d'épanouissement que l'on nomme malkhoute, royauté ou
la chékhina, ou la "reine" chabbate, la malka.
C'est l'état d'épanouissement du féminin que représente
la femme ou Israël dans le monde, ou la lune. Que ce temps advienne. Ce
soir-là, enfin, la "bouche" parle. Cet état est aussi
nommé la couronne (kétér) de la royauté
et sa guématria est identique à celle de Pessa'h écrit
en plene.
C'est de tout cela que discutaient toute la nuit les Sages cités
dans la Haggadah. On voit qu'il y a matière !
Le Hallél
(Cette page estdédiée à Adam Ackerman
entré dans l'alliance le 9 nissane, 26 mars, à Jérusalem,
fils de Theo et Sophie Ackerman et petit fils de Arlette Foldes et de Georges
Foldes zal, et de Henri et Liliane Ackerman de Strasbourg. Nos voeux l'accompagnent
pour l'accomplissement du beau programme des son nom).
Le lien du Hallél au sacrifice
N'oublions pas que notre soirée du Sédér est basée
sur le cérémonial que l'on suivait au Temple. La Michna
Pessa'him 5, 7 nous raconte que chaque fois qu'un groupe arrivait pour
présenter son animal pour le sacrifice de Pessa'h, les Lévi qareou éte hahallél proclamaient
le Hallél, et s'ils
avaient terminé avant la fin du sacrifice, ils recommençaient
le hallél une seconde ou une troisième fois.
Ainsi, ce Sédér qui avait lieu à Jérusalem,
n'était pas seulement une évocation de récits historiques
mais nos ancêtres payaient de leur personne par ces sacrifices
et réalisaient alors qu'ils engagaient tout leur être pour
se rapprocher de Hachém.
Le sacrifice et le soutien du chant
Le sacrifice ainsi ressenti dans la réalité, et qui fait
que l'on vainct la mort et l'oppression externe et interne, est accompagné
par le soutien du chant des Lévi. Ce chant nous encourage, nous
exalte et situe en assurance de victoire ce qui est encore inapparent
ou ce qui coûte jusque dans la chair.
Aujourd'hui, le rôle des Cohen entre de plus en plus dans la
conscience du peuple, comme transmetteurs de la bénédiction
et rappels du beau type d'homme, de Adam, que doit être le juif.
La bénédiction constante des Cohanim lors des offices le
rappelle aisément. Bien plus, pendant la fête de Pessa'h,
il y a une gigantesque
bénédiction des Cohanim sur l'esplanade du Mur à
Jérusalem. Même si vous êtes encore loin de Jérusalem
en kilomètres, vous pouvez sur le site Modia, vous rendre compte
de cette ambiance par un enregistrement accompagné d'image. Des
associations, instituts, yechivotes développent aujourd'hui la conscience de ce rôle des Cohanim
et les y préparent.
Par contre, les Lévi n'ont pas encore repris conscience de ce
rôle qu'ils jouaient. Autrefois, à l'entrée de Jérusalem,
une "chorale et un orchestre" de Lévi jouait pour que les pélerins
arrivant de loin avec leurs sacrifices et fatigués reprennent force
et soient émus de leur approche vers Jérusalem. Imaginez
qu'un groupe de Lévi reprenne cette initiative. Je leur lance cette
idée. Quel bien ils feraient à tous le peuple. Quel bonheur
et émotion ce serait de les entendre alors chanter le psaume 122
: "Psaume des montées. De David. Je suis dans la joie quand on me
dit : allons vers la maison de Hachém. Nos pieds s'arrêtent
dans tes portails, ô Jérusalem... C'est là que montent
les tribus d'Israël...". S'il y a des préparatifs d'initiatives
en ce sens, qu'on me les communique et je vous en informerai.
La composition du Hallél
Il comprend les psaumes 113 à 118. Il est relié aux Psaumes
des montées par le grand psaume 119 qui chante l'amour de la Torah.
Ce hallél décrit l'intervention de Hachém qui relève
son peuple de la misère, le fait sortir d'Egypte, le délivre
par le miracle de la mer Rouge, l'illumine au Sinaï et lui donne la
Torah, ressuscitera les morts, éliminera toutes les formes d'idolâtries
et nous fera vivre dans Sa bénédiction. Il faut lire, en
langue parlée couramment, ces psaumes avant le Sédér
pour bien comprendre cette dynamique importante du rite de la fête
et faire du Sédér un moment où les mots seront portés
par les sentiments, par la relation et par la pensée, chez chacun
et tous ensemble.
La victoire du Nom
Appuyons nous ici sur le commentaire du Chla dans
Massékhéte Péssa'him.
La paracha
Chémote nous a indiqué clairement qu'il y avait un renouvellement de la
création par ceci : D.ieu venait dire à Moché et au
peuple qu'il dévoilait Son nom de quatre lettres et que, par ce
nom il allait sauver Son peuple pour renouveler la création. Ce
nom (nommé souvent "l'Eternel" dans les traductions) donne la vie
à tous les mondes créés. Ainsi, ce nom, écrit
en toutes lettres sous l'une de ses formes est la même guématria
que l'homme, Adam, montrant bien qu'il n'y a aucune division entre l'homme
et D.ieu, l'homme étant fait à Son image et à Sa ressemblance
comme être de créativité, yétsira. Par
ce type d'homme, la lumière de vie des niveaux supérieurs
devrait se diffuser dans la création la plus concrète. (La
division entre les droits de l'homme et les questions
religieuses est une conception absurde dans la vie juive. C'est une
idéologie étrangère.)
Le Chla démontre que, en union avec ce qui est Son nom, la Torah
investit le concret, le corps, l'âme et les niveaux les plus élevés
de l'âme humaine. C'est tout cela qui s'exprime dans les 4 premiers
psaumes du Hallél ; puis le psaume 117 est la reconnaissance par
les nations de cette réalité et mission d'Israël comme
manifestation du plan de D.ieu et comme Adam proche de D.ieu. Ces quatre
psaumes sont en parallèle des quatre premiers livrs de la Torah,
et le psaume 118 est comme le livre Dévarim qui résume les
quatre premiers livres, ce que l'on appelle une "michna" qui double.
Commentaire d'un verset
Pour comprendre comment le contenu de chaque verset du Hallél
déploie cet ensemble mais y apporte aussi une note particulière,
commentons seulement le verset 9 du psaume 115 :
Yisrael béta'h baHachém, êzram ou maghinam Hou
Israël, aie confiance en Hachém, leur aide et leur bouclier,
Il est Lui.
Je rapporte ici et explicite le commentaire du 'Hida ;
il dit qu'il faut être attentif (yéche lédaddéq)
au fait que le verset commence au singulier et se termine au pluriel et
il faut en comprendre le message transmis par là.
Il est possible (efchar ché médabbér) d'y
voir que cela nous parle de cet exil amer et long ; et l'essentiel qui
peut mouvoir la guéoula, libération ou sauvetage,
c'est l'unité qui est exprimée par le singulier du mot Israël
et du premier verbe. La seconde partie qui est au pluriel fait allusion
à notre état multiple, dispersés, divisés et
c'est là que Hachém intervient ; par une sortie unique constituée
de malheurs et du sauvetage, il nous a tous rassemblés.
(C'est une leçon à ne plus jamais oublier, spécialement
dans une génération qui a encore connu de grands malheurs
et la possibilité de se réunir sur notre terre. Plus jamais
nous ne devons acepter aucune des manoeuvres de division, que ce soit au
niveau de chaque petite communauté de vie ou d'association, ou de
vie sociale ou politique. Les clivages organisés par l'exploitation
économique ou par des leaders politiques agressifs pour leurs intérêts
partiels ne peuvent pas être tolérés mais doivent être
corrigés dans le sens de l'unité de la Torah, du peuple et
de la terre qui ne sont qu'un, selon la Torah).
Le 'Hida poursuit : c'est par la haine gratuite (sinate 'hinam)
que le Temple a été détruit (Traité Yoma, page
9 b) et comment donc pourrait se rebâtir le lieu de notre unité tant
qu'il y aurait de la haine gratuite. C'est pour cela qu'il est dit
au singulier
Yisrael béta'h baHachém, ...
Israël, aie confiance en Hachém, quand Israël parvient
à être uni,
et
êzram ou maghinam Hou
leur aide et leur bouclier, Il est Lui
quand Il nous sauve nous qui sommes multiples et susceptibles de haine
gratuite entre nous.
Quelle beauté que la Torah, quel éclairage sur tous les
plans de la vie personelle et collective. Il y a de quoi dire Hallél,
hallélou-ya, louons, louons ensemble D.ieu.
C'est cela que nous exprimerons en étant assis ensemble, et
fatalement différents mais participant à ce même désir
de nous rectifier pour être unis et Un entre nous et à Son
image, et selon Son plan.
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