Fête de 'Hanouka
La fête du miracle des lumières


Allumages des 8 lumières
Commentaire par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour à partir des ouvrages de nos Sages.

Il est dédié à tous ceux qui, en Israël ou hors d'Israël sont confiants dans l'issue du combat que mènent
contre notre peuple nombreux politiciens, terroristes et médias, persécuteurs temporaires.
Nous ne vivons pas de leur lumière.

Cette page est dédicacée pour la guérison de Hanna bat 'Hava , une jeune atteinte d'une grave maladie.
Demandez sa guérison.

Pour chaque jour de 'Hanouka, voici une lettre personnelle
et une étude pour nous améliorer personnellement: améliorer.

Avant la fin de la fête de 'Hanouka, je vous emmène à Jérusalem avec les enfants (lien ici) Photos.

Priorité numéro 1: Réussir tout 'Hanouka

Voyez ici la nouvelle page: en poèmes et images, ce que vous pouvez méditer en contemplant la lumière de la 'hanoukia.



Poème pour 'Hanouka pour chanter avec les oiseaux


Bonne fête de 'Hanouka!
et que toutes les lumières et miracles qu'elle promet
se réalisent pour chacun de vous et pour tout Israël !

Ayons confiance dans le retour de la lumière demain encore



La lumière gagne et gagnera encore demain sur la méchanceté

et si vous désespérez des hommes, regardez comme la terre est belle et lumineuse,
à nous de ne pas annuler la lumière donnée par le Créateur en chaque instant.
Ainsi chaque humain, si nous voulons.

En somme, Hanouka est bien venu: enfin, un peu de lumière!!!
Voici ma photo d'aujourd'hui en ce sens en voyant les magnifiques cadeaux de feuilles donnés par le Ciel à Jérusalem:

et, pendant la demi-heure où chaque soir nous devons regarder la lumière et méditer dessus,
laissons-la entrer dans nos cellules, toutes, une à une:

PLAN
  1. L'enjeu
  2. Le miracle
  3. Exercice
  4. Comment allumer
  5. Quelles bénédictions dire
  6. COMMENT PRIER PENDANT LA CÉRÉMONIE 
  7. Le hallel

Apprendre aussi les recettes cachér typiques de 'Hanouca ! : (soufganiyotes et latkes  et aussi  applesauce):
 

Poème Amitié 'Hanouka
Poème 'Hanna  'Hanouka
Poème Cîme du cyprès
et tous les autres poèmes du recueil "Présence".
 
Envoyer à vos amis vos voeux de 'Hanouka 
par une belle carte animée (greetings ou bluemountain)
Chants de 'Hanouka Chants de 'Hanouka

Nombreux chants ici (alé néri, hanérote halalou...)

 

Une hanoukia animée
Sites 'Hanouka pour enfants (chants, dessins à colorier, jeux, etc): en anglais   et un autre et d'autres.

Bénédictions de 'Hanouka  en langage sourd- muet Bénédictions de 'Hanouka  en langue russe
La 'hanoukia dans toute sa beauté des différentes communautés
Chez les Juifs tunisiens, pendant 'Hanouka: 
la fête de Roche 'Hoddéche la banote

Avant d'entrer dans la manière de réaliser la fête, il faut en comprendre le motif de sa création. Ce n'est pas seulement l'inauguration du Temple. La tradition veut nous faire fêter la victoire de la lumière sur les ténèbres. Quels ténèbres ? Quelle victoire ? Cela nous est donné pour notre instruction.

L'enjeu
L'épisode historique est raconté dans le Livre des "Macabis".
Ce n'est pas seulement une victoire sur l'ennemi militaire, ou contre les persécuteurs religieux. C'est une victoire sur la domination culturelle.
Antiochus Ephiphane voulait étendre le pouvoir grec par l'intermédiaire de l'adhésion à la culture grecque. Seuls les juifs ont refusé.
Il faut bien comprendre ce phénomène quadruple : la domination, la rébellion, la victoire, la lumière.

Le besoin de conquête universelle.
Ce besoin prend de nombreuses formes différentes qui se veulent toutes séductrices, pour aboutir à 

  • une domination, 
  • une uniformisation, 
  • sous prétexte du bien commun, 
  • avec l'adhésion des élites culturelles et philosophiques ou religieuses,
  • pour la domination politique et économique d'une minorité sur l'ensemble.
Prenons les exemples dans notre génération ou notre siècle à travers les concepts utilisés qui ont semblé à chaque fois le bien absolu :

1. il y a eu la conjonction de l'Eglise catholique "universelle" s'alliant aux Etats européens divers pour la conquête coloniale "universelle", expositions universelles à l'appui, missionnarisme, concept "d'empires".

2. il y a eu le communisme, qui voulait une uniformisation "internationale" de "l'humanité" selon un bien unique défini.

3. il y a la philosophie universelle des droits de l'homme qui est, en fait, refusée maintenant par la majeure partie des continents car ils y voient un avatar subtil de la colonisation des idéologies européennes et occidentales, un autre combat d'une culture sur les autres avec sa seule musique, sa philosophie, sa conception politique de l'état, etc.

4. il y a la conquête impérialiste américaine qui prétend libèrer les peuples par la culture du coca-cola, mac donald, dollar, de la langue, musique et TV particulières, pour étendre à travers cela un empire économique.

Le problème n'est pas seulement une influence politique, c'est une domination, elle est totalitaire, elle ment sur le bien, elle supprime, c'est une idolâtrie à forme changeante qui veut supprimer les valeurs d'autrui et les valeurs juives en particulier. En effet, le judaïsme est ce qui caractérise un peuple particulier, mais il enseigne aussi les valeurs de base pour tout homme. Une contestation venant du judaïsme est ressentie par tout pouvoir comme une constestation de sa volonté de domination sur tous. Et, pour aggraver leur position, les Juifs sont indomptables.

Les faits
A cette époque (an 165 environ avant le compte actuel), les Juifs plus lucides et minoritaires sont partis en lutte pour défendre leur spécificité à la fois religieuse, culturelle, territoriale et politique face à ce que nous appellerions aujourd'hui : hégémonie, suprématie, domination, leadership, culture dominante, etc.
Pour unifier ces peuples sous sa coupe, le pouvoir greco-syrien interdit alors explicitement la spécificité religieuse juive qui est le facteur de cohérence de notre peuple. Aujourd'hui encore, une pression culturelle énorme s'exerce sur le peuple juif (de l'extérieur et de l'intérieur) pour lui faire admettre de prendre la solution de tous ses problèmes de survie uniquement dans les critères idéologiques de la nation dominante actuelle, dans ses repères et intérêts, en son lieu, sous son autorité et dans le cadre de sa stratégie hégémonique.

Alors, comme souvent, les Juifs étaient divisés et querelleurs. Cependant la famille des 'Hachmonayim pris la cause en main, sous la direction du Grand prêtre, le Cohén Gadol Matatias puis de Yéhouda. Ils organisèrent la poursuite de la vie religieuse et de l'enseignement (tous les rouleaux de la Torah avaient été détruits, la circoncision interdite, etc.), puis commença une guerre de guérilla pour la libération. Sur leur étendard, ils avaient choisi le sigle de ralliement "Makabi", lettres initiales de Mi Kamokha Baélim Ihachém ("Qui est comme Toi parmi les dieux, Hachém ?). C'était tout le programme dont nous avons parlé ci-dessus.
Ils réussirent  à libérer le territoire, grâce à leur programme et à Qui le meut.

Le miracle
Quand ils voulurent alors purifier le Temple, foyer de toute la vie du peuple, et y reprendre la vie, ils ne trouvèrent qu'une minuscule fiole d'huile répondant aux critères de pureté nécessaire ; or, il fallait 8 jours pour distiller l'huile très pure nécessaire au luminaire du Temple. Le Traité Chabbate 21 b nous raconte le miracle : cette petite fiole fut suffisante pour éclairer pendant les huit jours.

Méditation
- le judaïsme nous propose de nous améliorer, parfois en 1 ou 2 jours comme au début du mois en Roche 'Hoddéche; parfois en 49 jours, après Pessa'h et pendant le Ômér. Ici, cela se produit en l'espace de 8 jours pour évoluer lentement mais sûrement jusqu'à la manifestation réussie.
- l'homme a reçu le pouvoir d'allumer la lumière par son geste de réalisation (non par ses théories). Bien en être conscient pendant l'allumage.
- nous sommes proches de Celui qui est La lumière. Il peut nous la donner si vous voulons bien appliquer avec précision Sa Torah dans la réalité personnelle, familiale et dans la réalité collective.
- à 'Hanouka, c'est la réalité elle-même d'en-bas qui devient lumière, tandis qu'au Chabbate, c'est la réalité d'En-haut qui nous imprègne.
- à 'Hanouka, la progression de l'amélioration est très lente et progressive, sur 8 jours. Le judaïsme n'est pas une loterie ni une magie.
- le miracle se fait de nuit ; c'est face à la nuit que nous affirmons bien haut que nous connaissons de Qui vient la lumière. Et c'est seulement dans l'expérience de la nuit sur tous les plans, que nous recevons du Ciel le pouvoir de créer la lumière de la Torah dans le monde.
- le miracle concerne le baït, la maison par excellence qu'est le Temple. Et chaque maison est l'image de ce Temple. Aussi l'allumage de la 'hanoukia doit se faire dans sa propre maison, c'est la mitsva, non pas en fête collective sur les routes, sur les stades ou dans les synagogues. Si on en allume dans ces autres lieux, en aucun cas cela ne peut remplacer l'allumage dans la maison personnelle ; et si l'homme est en voyage ou occupé dans l'un de ces lieux, la femme a le devoir d'allumer dans la maison .

Exercice :
Chacun doit trouver par lui-même les multiples enseignements de ces faits, et aussi de tout ce processus. Ensuite, échangez avec vos proches et amis pour confronter les "éclairages".
Rappelons que chaque Juif a le devoir d'enseigner à ses enfants : donc, transmettre cela dans la famille.
Ensuite, bien réviser ensemble toute l'importance de la maison juive, et de la lumière qui doit l'illuminer.

Comment allumer les lumières de 'Hanouka ?
"Celui qui met tout son coeur à bien allumer les lampes de la fête, mérite d'avoir des enfants qui soient des talmidé 'hakhamim" (Traité Chabbate 23b).

• C'est une obligation d'allumer au moins une lumière par famille, même pour le plus pauvre des pauvres.

• Ensuite, il y a beaucoup de variantes suivant les communautés et selon le souci d'accomplir au mieux la beauté de la mitsva (ha méadrine, ceux qui embellissent la mitsva) : ou bien c'est le père qui allume pour toute la famille, ou bien chacun allume, ou bien l'époux et l'épouse en allument une seule puisqu'ils sont un ; en tous cas, la femme a l'obligation de l'accomplissement de la mistva de l'allumage des lumières de 'Hanouka, qu'elle le fasse elle-même ou en union avec son mari en le déléguant pour elle.

• Seul l'aveugle est dispensé, mais on l'associe cependant en lui tenant la main. Les voyageurs, ou les gens en visite doivent allumer même s'ils ne sont pas dans leur maison. Si on allume à la synagogue entre Min'ha et Arvite, cela ne dispense pas non plus de l'obligation d'allumer à la maison.

• On peut allumer des bougies, mais choisir d'allumer avec de l'huile est plus proche du véritable sens de la fête et de sa véritable lumière reliée à l'événement et à ses symboles multiples.

• La méthode d'allumage est celle de Beit Hillel : une lumière le premier soir, puis deux lumières le second soir (et ainsi de suite jusque 8 lumières le 8e soir) en disposant les lumières sur une ligne horizontale (pas en courbe) ou sur un chandelier en ligne. Les formes des 'hanoukiotes sont différentes mais toujours selon ce principe, et la fiole ou la bougie qui donnent la lumière est nommée chamache et est placée plus haut que les autres. Voici quelques exemples (Images Judaica.Sweetchild software). On n'utilise pas de bougies en torches tressées.


 





• On place à l'avance les fioles d'huile ou les bougies à partir de la droite, et on les allume à partir de la gauche vers la droite  (c'est-à-dire à partir de la distance maximale que l'on a déjà gagné chaque jour sur les ténèbres). Une demi-heure avant l'allumage, on veille à ne pas prendre de repas et on ne commence plus un travail ni une étude.

• Il faut qu'il y ait assez d'huile (ou de hauteur de bougie) pour que la lumière brille pendant une demi-heure, pendant laquelle on doit regarder la lumière pour s'en imprégner mais on ne pas l'utiliser pour tout autre but (lire, prendre du feu, etc). L'huile est préférable car le miracle a eu lieu par l'huile. Toute huile est valable, mais l'huile d'olive est préférable.
Pendant ce temps de la demi-heure de lumière, on veillera à échanger sur le sens de tous ces événements et symboles pendant ce temps, dans une ambiance de fête. Et la fête ne doit pas faire oublier précisément la lumière et ce qu'elle nous transmet. On admire la lumière et on ne peut pas l'utiliser  pour quoi que ce soit d'autre (lire, étude, etc.). On reprend ainsi le sens direct du miracle. On veille donc à rester dans une position qui permette de regarder la lumière pendant ce temps et à ne pas entreprendre des activités ou conversations qui en détournent.

• On ne peut pas utiliser de 'hanoukia au gaz ou à l'électricité pour faire la mitsva, mais cela peut se faire simplement pour une 'hanoukia qui sert à rappeler la fête.

• L'essentiel de la mitsva est d'allumer (lé hadlik) et, surtout, de proclamer et diffuser (léfarsém) le miracle (ha néss). Pour cela, il est souhaitable de placer les lumières à la fenêtre ou à l'entrée de la maison pour que les autres voient le miracle dont nous avons bénéficié. Le rayonnement de la lumière vers l'extérieur est accompagné de joie (sim'ha) et de louange (hallel).
On ne place pas le chandelier sur le sol mais au moins à 80 cm. Si on le place à l'extérieur pour remplir au mieux la mitsva, on le protège du vent dans un compartiment vitré. Si on le met à l'entrée de la maison, on le place au côté droit de la porte en symétrie de la mézouza. On la met en tout endroit digne où on pourra la manifester et en jouir.
C'est une obligation que d'aider les pauvres et les veuves à avoir le matériel nécessaire pour assurer le rite et la fête.

• On allume si possible avec une seule mèche ou allumette prenant la lumière à une source unique que l'on appelle le chamache. On l'a allumée en premier.

• Beaucoup, depuis les périodes les plus lointaines, placent les lumières de 'Hanouka à la fenêtre ou près de la porte pour qu'elles soient vues de l'extérieur : affirmation et publicité. Rappel : on ne place pas la lumière sur le sol.

• A quelle heure allume-t'on ? Après l'office de Arvite, dès la tombée de la nuit, à l'apparition des trois premières étoiles, et jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de passant dans les rues. Certains allument même 1/4 d'heure avant la nuit. En tous cas, la lumière doit luire au moins pendant une demi-heure en notre présence. Si elle s'éteint, la mitsva a été accomplie par l'allumage. On peut alors réallumer mais sans dire la bénédiction.
Les femmes peuvent et doivent allumer ; l'usage est qu'elles délèguent explicitement à leur mari qui doit se sentir délégué quand il fait le rite. Si l'homme est en retard, la femme allume pour lui et pour la famille. De même, s'il est en voyage.
Allumer à la synagogue ne dispense pas d'allumer chez soi.
On ne déplace plus la 'hanoukia une fois allumée.

• Il y a beaucoup d'usages et coutumes (minhaguim) différents et variables. Donc, être tolérant envers les usages que l'on ne connait pas, apprendre à les connaître et à les aimer, ne pas vouloir imposer son rite aux autres en jouant à celui qui connaît mieux. Voici quelques variantes :
- les femmes n'assurent pas de travail pendant le temps de la cérémonie. Cela ne concerne pas les hommes.
- on ne va pas au cimetière en cette période, mais on doit toujours y faire le qaddiche pour les proches comme d'habitude.
- la réunion familiale ou amicale est joyeuse mais il n'y a pas de repas lié à cette fête (séoudate mitsva).
- à la synagogue, on allume avec bénédiction s'il y a au moins 10 présents, femmes et enfants compris. On peut faire allumer par un enfant.
- chez les Askénazes, chacun allume sa 'hanoukia. Chez les Sépharades, souvent le père et un enfant allument pour toute la famille. Si on reçoit des invités, on aura la délicatesse de permettre à chacun d'allumer selon son rite, spontanément, volontiers et sans critique.
(Réfléchir au sens de toutes ces dimensions :  au pourquoi ?).

Quelles bénédictions dire ?

On dit les bénédictions avant d'allumer.

1. Le premier soir, avant l'allumage, dire : 

- Baroukh ata Adonaï Elohénou Mélékh haôlam achér qiddéchanou bémitsvotav vétsivanou léhadliq nér 'hanouka. (13 mots, 13 rythmes des middotes ou qualités divines de  Ra'hamim).
Béni, Toi, Hachém notre D.ieu, Roi du monde qui nous a sanctifiés par Ses mitsvotes et nous a ordonné d'allumer le chandelier de 'Hanouka.

- Baroukh ata Adonaï Elohénou Mélékh haôlam chéâssa nissim la avoténou bayamim hahém bazémane hazzé.
Béni, Toi, Hachém notre D.ieu, Roi du monde qui a fait des miracles pour nos Pères en ces jours-là, en ce temps.

- Baroukh ata Adonaï Elohénou Mélékh haôlam ché hé'héyanou véqiyémanou véhiguiânou lazémane hazzé.
Béni, Toi, Hachém notre D.ieu, Roi du monde qui nous a faits vivre et nous a maintenus dans l'existence et nous a fait arriver à ce temps-ci.
(Pour l'air si on veut les chanter, voir les liens dans le plan au début de cette page).

2. (les autres soirs, on ne dit que les 2 premières bénédictions seulement). Puis on allume.
On dit ensuite le passage : "ha nérote hallalou" (certains le disent avant).
Il est bon d'ajouter le psaume 30 (mizmor chir lé 'hanoukate ha bayite lé David).
Les Askénazes chantent le Cantique Maôz Tsour...

3. Avant l'arrivée de Chabbate, on dit Min'ha et on allume d'abord les lumières de 'Hanouka avant celles du Chabbate, alors qu'il fait pourtant encore jour. Les bougies ou l'huile doivent être assez importantes pour tenir 1/2 heure après l'arrivée des étoiles.
A la sortie du Chabbate, 
- à la synagogue, on allume d'abord la 'hanoukia puis on fait la havdala.
- à la maison, on fait d'abord la havdala avant d'allumer les lumières de 'Hanouka.
Ceux qui font autrement et  allument les lumières de 'Hanouka avant de faire la havdala, ont aussi sur quoi se baser sur les plus grands décisionnaires (Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim 681/2). Mais on l'évite souvent par précaution pour ne pas oublier la pratique de la havdala.

4. Pendant les 8 jours de 'Hanouka, on ajoute un texte "âl hannissim" dans
- le birkate hammazone (prière après le repas),
- chaque âmida (prière dite debout).

A Cha'harite, 
- on dit le hallél chaque jour (même l'endeuillé, mais les femmes en sont dispensées),
- on dit le passage : Beit Yaâqov,
- on lit dans la Torah des passages de Bémidbar 6, 22-27 ; 7, 1-89 ; 8, 1-4.

Au Chabbate, on sort deux rouleaux de la Torah et on lit dans le 2e le passage quotidien de 'Hanouka. 
La haftara est en Zacharie 2, 14 à 4, 7.
S'il y a deux Chabbatotes, la haftara est en I Rois de 7, 40 à 7, 50.





Chants de 'Hanouka

I - Âl ha nissim

(Cantique extrait du Traité Sofrim 20. Traduction de Y. R. Dufour)


Hannérote hallalou  anou madliqim
ÂL HANNISSIM
vé âl happourqane
véâl hagguévourote
véâl hattéchouôte
vé âl hanniflaote
véâl ha né'hamote,
ché âssita laavotéinou
bayamim hahém bazzémane hazzé
âl yédé Cohanéikha haqqédochim.

Ces chandeliers de lumières, nous allumons
POUR LES MIRACLES
pour le salut
pour les manifestations de la force
pour les aides dans la détresse
pour les prodiges
pour les miséricordes
que Tu as réalisés pour nos Pères
en ces jours-là, en cette époque-ci,
par Tes Cohanim saints.



II - Maoz tsour yeshouâti

(1e des 6 strophes. Traduction de Y. R. Dufour)

Maôz tsour yéchouâti
lékha naé léchabé(é)a'h.

Tikhone béit téfilati
vé cham toda nézabé(é)a'h.

Léêt takhine matbéa'h,
mittsar haménabé(é)a'h.

Az égmor, béchir mizmor, 'hanoukate hammizbé(é)a'h.


Forteresse rocher de mon salut,
vers Toi il convient de louer.

Restaure la Maison de ma prière
et là, le sacrifice d'action de remerciement nous sacrifierons.

A l'époque où Tu prépares l'écrasement
du persécuteur en ses gémissements

Alors j'achéverai par un chant vigoureux de louange, l'inauguration de l'autel.
 


Lire :

Pour tous :
La fête de 'Hanouca nous rend plus sensible à ce que représentent les textes de la haftara.
Lire Bamidbar 7, 1- 8, 4 (texte lu pendant la semaine à la synagogue.
Haftara de 'Hanouka : Zacharie 2, 14- 4, 7 et I Rois 7, 40-50.

Pour les avancés, en plus :
Chabbate 21 b. 
Baba Qama, michna 6, 6.
Yoma 29.
Ména'hote 98 b




QUESTIONS POUR JOUER PENDANT 'HANOUKA
(dans le désordre, pour tous les âges et niveaux)


  • Sens du mot 'Hanouka. Réponse : dédicace, inauguration  (du Temple).
  • Date de 'Hanouka. Réponse  : 25 Kislev.
  • Nom yiddish de la toupie. Réponse  : dreidel.
  • Nom hébraïque de la toupie. Réponse  : sévivone.
  • Nom yiddish des gateaux. Réponse  : latkes.
  • Nombre de jours de la fête. Réponse  : 8
  • Quel est l'autre nom de la fête. Réponse  : 'Hag ha Ourim, la fête des lumières.
  • Les femmes célèbrent-elles la fête ?. Réponse  Oui, Traité  Chabbate 23a.
  • Où cela est-il raconté dans le Tanakh . Réponse : II Chroniques 29, 17.
  • Qui a composé le Maôz Tsour et quand ?. Réponse  : Mordékhaï dont le nom est indiqué en début de lignes, en Allemagne au 13e siècle.
  • Quel psaume est récité par les sépharades après l'allumage ?. Réponse : le psaume 30
  • Où est écrit : "non par la puissance ni par la force mais par mon esprit...? Réponse : Zacharie 4, 6.
  • Avant l'entrée du chabbate, quelles lumières allume-t-on d'abord : celles de Chabbate ou celles de 'Hanouka ?. Réponse : 'Hanouka.
  • Quelles sont les paroles du chant Sévivone?! Réponse:
    Sévivone, sov, sov, sov
    'hanoukah, hou 'hag tov
    'hanoukah, hou 'hag tov
    Sivivone, sov, sov, sov!
    'hag sim'ha hou la-âm
    nes gadol haya cham
    nes gadol haya cham
    'hag sim'ha hou la-âm.
  • Après la sortie du chabbate, quelles lumières allume-t-on d'abord : celles de la sortie de Chabbate ou celles de 'Hanouka ? . Réponse : Chabbate


  • Pourquoi inscrit-on sur les toupies les initiales de Nes Gadol Haya Cham, un grand miracle eut lieu là ? Réponse: Parce que cela compose le mot Gochna (Béréchite 46, 28) qui indique l'arrivée d'un événement heureux quand Yaâqov a envoyé son fils Yéhouda préparer son entrer à Gochén pour rencontrer son fils Yossef. Et ce mot Gochna a la guématria de Machia'h 358.
  • Quel passage de la Torah lit-on en parallèle à ces événements. Réponse : Bamidbar 7, 1-8, 4.
  • Nombre de jours qui furent nécessaires poour nettoyer le Temple. Réponse:  8
  • Epoque des 'Hasmonaïm, et Maccabées.  Réponse: - 165.
  • Dans quel traité du Talmud décrit-on l'allumage du chandelier.  Réponse:  Yoma 58b.
  • Nom du chandelier  Réponse:  ménora.
  • Pourquoi appelle-t-on le dernier jour de 'Hanouka : Zote 'Hanouca ?  Réponse: Parce que c'est le passage du texte lu à la synagogue ce jour-là (Bamidbar 7, 84).
  • Combien d'années après les événements décida-t-on de ritualiser la fête.  Réponse:  une (Chabbat 21 b)
  • Nom des livres apocryphes qui racontent l'exploit. Réponse: Livre des Maccabées.
  • Nom des fils de Mattatias.  Réponse:  Yo'hanane, Chimeône, Yéhouda, Elâzar, Yonatane.
  • Nom du rouleau antique relatant les événements et lu dans les synagogues italiennes.  Réponse:  Méguilate Antiokous.
  • Quelle forme de hallel lit-on pendant la fête.  Réponse:  Le hallél complet.

  
 

Nouvelles questions essentielles et réponses selon le Chla
(dans Massékhete Tamid)

Question : Pourquoi la fête de 'Hanouka se déroule-t'elle presque toujours pendant la paracha Miqéts ?
Réponse : 
- la place idéale pour placer la Hanoukia afin de donner de la publicité à la lumière de 'Hanouka est à l'entrée de la maison, à gauche quand on entre, et la mézouza est à droite.
- le début de la paracha Miqéts commence par "miqéts chénatayim..." (à la fin des deux ans) en Béréchite 41, 1,
- or le mot chénatayim est composé d'un notaricone particulier (un notaricone est un mot dont les lettres sont chacune dans l'ordre l'initiale de mots qui constituent une petite phrase ayant un sens important) : "Smol nér tadliq, yamine mézouza" (à gauche, la lumière tu allumeras, à droite la mézoura) !

Question:
Pourquoi allume-t'on depuis la gauche et en allant ensuite vers la droite ?
Réponse peu connue :
Sur le Traité Yoma 16b, le Maharam fait remarquer que les Cohanim allaient ainsi autour des tables pendant leur service. Les Juifs ont gardé cette direction.

Question :
Un homme marié qui est en déplacement seul et qui est invité chez des Juifs un des soirs de 'Hanouka, doit-il allumer chez ses hôtes ?
Réponse :
Sa femme (qui est nommée symboliquement dans le judaïsme "baït, maison") allumera à la maison car c'est là le lieu où on doit allumer et non pas dans des endroits divers ou publics où on le peut, en plus. Elle le fera aussi en son nom et il est alors dispensé de le faire ailleurs. 
Mais, si cet homme séjourne dans un endroit où il n'y a pas de Juif qui allume ou qui allume bien avec bénédiction, alors il allumera pour un autre motif, car on doit aussi "voir" ces lumières de 'Hanouka (cf le Choul'hane Aroukh, partie Ora'h 'Hayim 677,3).
Et s'il ne veut pas être représenté par son épouse pour allumer, alors les avis des Sages divergent. Et nous souhaitons à cet homme de se sentir bien représenté par son épouse! 

Question :
Beaucoup d'Askénazim, dans la bénédiction de 'Hanouka disent "d'allumer la lumière de 'Hanouka (nér chél 'Hanouka) tandis que les Séfaradim disent "nér 'Hanouka" sans le mot chél. Pourquoi et qui a raison ?
Réponse :
Chaque tradition est fondée avec raison dans le judaïsme et met en valeur un aspect, de même qu'un oeil n'a pas exactement la même vision que l'autre face au même paysage mais tous les deux donnent mieux la réalité dans ses trois dimensions.
On dit cette bénédiction en la formulant en 13 mots pour faire allusion aux 13 middotes de ra'hamim ou caractérisques de miséricorde de Ha Qadoche Baroukh Hou.
Vous me diriez : mais alors les Askénazim ne devraient pas ajouter "chél". Ce n'est pas ainsi qu'il faut poser la question car le Chla dit que ce sont les ignorants qui voient ainsi, ils ont des yeux et ils ne voient pas ; en effet, son père et le Maharchal ont expliqué que si  l'on dit "nér chél 'Hanouka" on met ces deux derniers mots en un seul (chel'Hanouka) et cela a un sens profond. En effet, ce n'est pas une lumière comme dans Chabbate ou nous sommes dans "la lumière" mais c'est une lumière d'une tonalité très spéciale rendue parfaitement et également par les deux expressions ou celle des Askénazim montre bien aussi que ce n'est pas une lumière parmi des tas de catégories mais celle-là qui a cette plénitude incomparable aux autres, nommée également 'Hanouka ou chel'Hanouka. Et elle reste cela, c'est pourquoi on ne peut pas l'utiliser pour aucun usage (ni lire, ni autre), mais on la regarde seulement  et alors on louange car c'est l'union directe du Haut et d'ici. Et cela se manifeste, se diffuse; et cela ne se produit ainsi qu'en ce moment particulier des 8 jours de louange qu'est la fête de 'Hanouka. Est-ce un peu compliqué ? Il faut certes réfléchir et, surtout, ressentir le sens de cela pour bien le saisir.

Question : 
Pourquoi, après l'allumage des lumières et les bénédictions, rassemble-t'on tous les bienfaits reçus sous l'expression que l'on doive "louer" (léhodote)?
Réponse :
C'est une question essentielle qui touche au coeur de tout ce qui se passe pendant la fête de 'Hanouka. Le texte que vous citez est tiré de Massékhète Sofrim, 2. Ce mot de "louer" (léhodote) réfère à la 8e étape dans la descente des bénédictions et de la lumière d'En-haut, ce que l'on appelle la 8e séfira qui se nomme justement hod, la splendeur. 8 est le chiffre de ce qui est réparateur en cette fête de 'Hanouka qui dure 8 jours.
Nos Sages disent, en simplifiant beaucoup, que lors de ces 8 jours, la bénédiction débouche directement du Ciel en cette séfira hod, sans avoir besoin de toute la complication des 7 étapes précédentes. Donc, la lumière est ici et nous devons la regarder comme telle.
On pourrait objecter, ou se demander alors pourquoi cette séfira hod est cependant placé du côté de ce que l'on appelle la rigueur, le côté gauche. En effet, à 'Hanouka on parle de guerre, de salut, de victoire. Cela est pour nous dire que lorsque le Ciel laisse se déclancher ces malheurs qui sont le fruit direct des méfaits des hommes, en même temps le Ciel a prévu son remède (adayine yéche lo réfoua bé maqom zé).
Et, si nous le savons et si nous le voulons, le remède se révèlera avec la puissance de la lumière d'En-haut. Donc, justement en ce lieu de hod et de louange, pour celui qui sait cela.
Si vous avez bien étudié lentement ceci, vous comprenez maintenant ce texte de Sofrim, et vous comprenez très bien le psaume 30 que les Séfaradim lisent juste après ce texte. Il parle de ces deux dimensions ; il faut absolument le lire pour comprendre que cet enseignement n'est pas réservé à des spécialistes de l'ésotérisme mais que c'est l'enseignement apporté à tout le peuple d'Israël en ces jours : on y trouve à la fois et le malheur et le remède, et la louange. Il faut le lire attentivement. Après ces quelques questions, on comprend mieux l'enchainement de ces divers textes lors de la cérémonie de l'allumage des lumières.
Ajoutons qu'en nos jours de souffrances du peuple d'Israël et de déchainement des ennemis au tour de nous et parmi nous, la confiance absolue en cette union-de-la-menace-et-de-la-lumière-qui-délivre est un enseignement fort. Notre arme est notre détermination à allumer ces puissances et cela, à la fois dans la cérémonie et aussi en essayant de vivre selon les qualités qui ont été mises en nous puisque nous sommes faits à l'image du Créateur, Lui qui est selon les 13 middotes nommées plus haut.
Alors, nous comprenons que ces épreuves sont justement le lieu des louanges de léhodote, et c'est pour cela que nous chantons et louons ces bontés. On parle de guémiloute 'hassadim, don des bontés, et c'est pour cela que dans la bénédiction du gomel, quand on a échappé à des dangers très graves on dit "ha gomél lé 'hayavim tovote" (Toi qui prodigues Tes bontés à ceux qui ne sont pas dignes).
 
 



Poème de 'Hanouka


Beaucoup veulent te tromper et remplacer l'Israël que Tu aimes.
Mais nous, nous avons le secret de Ta fidélité inscrit en notre chair.
Là, personne ne pourra jamais Te tromper, c'est Ton sceau de vérité.

Qu'il aiment donc les chants du vent et les douceurs du soleil,
Qu'ils viennent même te louanger en Ta Jérusalem,
comme les gens s'attroupent autour de la 'houpa pour fêter les fiancés.

Mais ils ne prendront pas la place de l'Amant et de Sa princesse Israël,
et, nous, la langue de Tes lettres nous la parlons depuis des millénaires.

En baisers, Tu nous as distillé tous Tes secrets ;
aucun tableau, aucun totem, aucun orchestre ne vaut Tes lettres.
Avant toute lumière étrangère, nous connaissons la science de Tes bénédictions,
cette clef  empêche que le monde ne se ferme.

En Ta lumière, Israël vit de Ta lumière.
Nous n'avons rien à faire des paons qui se croient rois et reines.
En 'Hanouka, Ta lumière nous donne toutes les unions,
et Ton union nous transfère toutes Tes lumières
pour qu'Israël soit Ton palais et Ta reine.

Ta bonté en treize mots nous berce
et Myriam, Dévora et Yaël,
dans vos chants la géoula perce.
Quelle femme maintenant peut encore sauver Israël ?
Elle-même, quand elle montre au monde
sa vraie lumière.
Comme Toi, qu'elle ose manifester la lumière d'Israël,
même en Israël.

C'est de nuit, en un instant réduit que je pourrai Te dire
que ma porte et mon coeur sont ouverts à Ton oui.
Cela dure le temps d'un baiser, d'un regard croisé.
Vais-je parvenir à m'arrêter et à Te regarder, bonheur et lumière ?
Ou bien encore fuit et filer, discuter, contester et trahir Ton rêve ?

Ce soir, tout est en mon pouvoir :
l'art d'allumer un espace libéré
et, là, je pourrai continuer quelque temps à recevoir Ta vraie lumière.
Tu m'interdis d'utiliser sans prendre le temps de regarder
Ta puissance entière, réelle, éternelle, qui est baiser intègre.

Ô 'Hanna, apprends-nous ta confiance parfaite,
sagesse des femmes capables de faire naître.
Ô Elqana, mari délicat, donne-nous ton regard qui aime
et assure à la femme son éclosion éternelle.
Hachém, daigne  ouvrir pour Israël la matrice encore fermée.
Nous sommes  souvent aveuglés par de vaines étincelles.
Toi qui a créé Ta lumière, il suffirait que Tu nous éclaires.
Non, c'est à nous de faire.

Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour


Beauté des 'hanoukiotes des différentes communautés

Les Juifs originaires d'Alsace étaient majoritaires en France jusqu'à la déportation puis l'arrivée des Sépharades d'Afrique du Nord. Mais on les trouve aussi bien en Israël qu'en Argentine où beaucoup, prudents comme ils le sont, ont fui en 1870 pour ne pas devenir Allemands. Ils sont amicaux, aimables, serviables, et sont différents des très sérieux yéké. Ils ont les qualités simples et belles de cette 'hanoukia d'étain du 18e siècle.



Ils gardent un attachement viscéral à leur Alsace natale qui apparait sans cesse dans leurs phrases.

L'image est celle d'un Sage actuel de cette lignée de qualité, R. Chalom Messas, zatsal, reconnu unanimement comme ayant aimé avec la même égalité tout Juif de toute fonction et de toute communauté. Symbole de 'hanouka car il fut jusqu'à plus de 90 ans un combattant victorieux de la pureté et de la simplicité de la lumière:


Mais voici la 'hanoukiate marocaine typique qui peut avoir des dimensions plus grandes:



Toujours les oiseaux au sommet, les fenêtres typiques.




Une communauté est nommée, parmi beaucoup d'autres, par le Ari au début de son ouvrage comme indispensable pour manifester les portails de la prière et de la présence. C'est celle des Juifs d'Italie, comme il parle de ceux de Catologne, etc. Je l'indique pour sortir de la séparation qui n'a aucun sens en deux catégories: les Achkénazes et les Sépharades alors qu'il y a une multiplicité de communautés différentes depuis des siècles ou des millénaires.
Voilà une communauté qui existait déjà au temps du Temple, qui a subsisté. Elle a manifesté des qualités uniques pour la diffusion de tous les livres juifs des autres communautés, et s'est manifesté par un sens esthétique remarquable dont je vais donner quelques exemples.
Ce Arone ha qodéche qui est dans la Synagogue sépharade à Jérusalem

et ces 'hanoukiotes italiennes du 18e et 19e siècle, quotidiennes mais qui gardent les mêmes perfections, et que j'ai pu photographier chez une grande amie, Rina Neher, en 2003, qui voulait ainsi les communiquer aux lecteurs de Modia. Rina Neher est décédée après une vie merveilleusement bien remplie dans l'amour et dans le service de tout le peuple d'Israël, le Vendredi 30 décembre 2005, 30 Kislev 5766. Que son âme aille d'élévation en élévation, en compagnie de son époux André Neher, également inégalable dans les mêmes qualités. Sa collection, commencée par son père, Mr Bernheim, vient d'être déposée dans le musée de Eikhal Chélomo, rue King Georges à Jérusalem où elles peuvent être admirées. Lire le lien consacré à André et Rina Neher. Et la page sur son oeuvre d'historienne juive.




Ici on voit mieux le geste de Aharone, et les deux colonnes du Temple.

Celle-ci appartient probablement aussi à une famille Lévi
:

On discerne mieux ici la qualité et finesse du travail:



L'élégance majestueuse:


Toujours la coquille du 18e mais légère.


Et dans certaines régions la forme triangulaire reste modeste,
comme certaines 'hanoukiotes, curieusement du Sud marocain, Rissani.





Souvent, la droiture devient perfection et n'a aucunement besoin des fioritures.
Nous sommes à la fin du 17e siècle. Et ce sont les deux colonnes de Yakhine et Boaz.
Ainsi nous sommes face au Temple:





Certaines ont voulu garder le dessin présent sur l'arche de Titus.



Tout ceci uniquement pour rencontrer et apprécier la beauté de ces Juifs d'Italie.
Que nous puissions ainsi, en chacun rencontré, penser à la tradition si riche et noble
qu'il porte en lui et dont il est le véhicule aujourd'hui.
A nous de le découvrir derrière l'uniformité du vêtement contemporain.
Et pour mieux se former à cette découverte,
je vous invite à ouvrir les liens qui sont sur
la page des différentes communautés, ici.

Ne voyez pas des objets,
voyez les êtres qu'ils expriment
et qui sont les étincelles de l'unique âme commune qui nous rassemble
et qui est à l'image des qualités du Créateur.
Ne jamais faire de ces objets, des matières pour musées.

A vous de développer vos amitiés dans TOUTES les communautés.
Chacun est une des lumières aussi nécessaires les unes que les autres.



Une pensée vitale pour chaque jour de 'Hanouka



1e jour:


La lumière de Hanouka est divine, pour cela elle a réussi à modifier les règles de base de la nature lors du miracle de la fiole d'huile qui dura jusqu'au 8e jour. Dans ce monde où nous sommes abrutis par les soi-disants logiques des médias et des analystes qui veulent nous expliquer que ceci ou cela doit se passer puisque Bush, ou les Européens ou les Palestiniens ou l'ONU ou la démographie le veulent pour Israël,
nous devons NOUS RAPPELER que la logique de la lumière divine qui meut Israël est plus forte, plus belle et plus vraie que toutes ces autres logiques. Hanouka nous l'a prouvé. VIVONS DE notre lumière et soyons lumineux en nous par cette seule lumière.

2e jour:



A Hanouka, ce ne fut pas une guerre comme celle de la 2e guerre mondiale ou de l'Afghanistan où une puissance militaire gigantesque vient anéantir une civilisation en détruisant villes et habitants en même temps que les armées. Ce fut une guerre sournoise par l'influence culturelle étrangère admise qui fait comprendre par mille séductions que nous devons abandonner nos croyances et projets, notre identité. C'est la guerre actuelle la plus réelle contre Israël, dehors et dedans.
En Israël, de plus en plus de Juifs s'engagent auprès de cette pression étrangère contre leur peuple, contre leur identité, contre leur terre. On en est au point où, parmi les politiciens et journalistes, le concours est à celui qui détruira le plus la dimension juive dans l'Etat d'Israël, et à celui qui donnera le plus et le plus vite la terre d'Israël. Au point qu'on en oublie la question toute évidente: "mais où sera Israël, mais où sera le judaïsme, mais où sera le destin juif et l'apport juif?".
Cette conception admise actuellement est la guerre culturelle contre Israël comme au temps de Hanouka.
Hier, la civilisation grecque voulait imposer non des crimes mais ses valeurs et exigeait la non-pratique des signes du judaïsme et le serment de fidélité à sa culture sous peine de sanctions graves.
Hors d'Israël, aujourd'hui aussi, à la même période où nous fêtons la victoire de nos ancêtres sur ce genre de conflit, la culture française veut imposer aux Juifs en France l'abandon de leurs signes religieux dits ostensibles, la neutralisation et la soumission à la règle concurrente sans compromis. Cela, simultanément aux motions continues de la France sur le plan international pour interdire aux Juifs de défendre leur vie.
Hier, nos ancêtres ont misé sur la pureté de la pratique de leurs signes, la fidélité et ils ont gagné. Et le miracle de l'huile en a été le symbole le plus clair.
Tout cela se passe justement à la même période de Hanouka. Répétition à méditer. Leçons à en tirer.
Hier la leçon en fut la purification à Jérusalem. Que tous nos frères vivant dans le monde sous une oppression culturelle qui veut leur interdire la pratique de leur judaïsme, montent ainsi le vivre en pureté à Jérusalem et, que là encore, ils ne se laissent pas vaincre par les mêmes oppressions des idéologies de cette civilisation externe qui prétend les y régenter encore.
Quand NOUS allumerons la lumière de la Hanoukia, méditons tout cela et, en regardant comme cela nous est prescrit la flamme de la toute-puissance divine qui produit la force de Sa lumière, sachons tirer les leçons et que nous avons la force et la lumière pour vaincre ces ténèbres. Pendant cette 1/2 heure, REGARDONS CETTE LUMIERE DE LA TORAH ET AUCUNE AUTRE, comme quelqu'un qui aime regarde l'autre et personne d'autre, et décidons d'y être fidèles.

3e jour


Nous avons le devoir de regarder la lumière de la 'hanoukia, de la VOIR.
Combien de soucis nous en détournent: qui n'a pas en soi ou chez ses proches des soucis réels de santé, travail, subsistance, entente, blessures affectives, échecs, conflits, guerres réelles?
La réponse de Hanouka: nous avons le devoir de sortir notre regard de tout cela et de le placer SUR la lumière, DANS la lumière, et de ne pas la quitter pendant au moins une demi-heure. Certains recourent à juste titre au yoga ou à la méditation et disent le bienfait qu'ils retirent de ces techniques qui les placent sur un point offert par une culture millénaire de sagesse réelle. Nous avons aussi cette technique et elle nous retire de notre médiocrité, de notre faiblesse et des méchancetés pour nous placer ailleurs: dans la lumière, dans le meilleur de ce que le Ciel nous donne et qui est plus fort que les ténèbres dans lesquelles nous sommes.
J'ai aperçu un instant avec quelle décision et force quelqu'un nettoyait et améliorait son petit appartement. J'en ai reçu cette leçon: nous avons le pouvoir d'améliorer et d'embellir, chacun l'univers qui nous est donné. A nous d'agir, d'allumer, et de regarder cette lumière qui est déjà 4, de devenir ainsi cette lumière. Et dire merci. Et demain encore, et un peu plus encore.

4e jour


Nous devons regarder cette lumière différente de toutes les autres. Pourquoi? Parce qu'elle est pure, pour bien voir combien elle est pure. Pour cela, on choisit surtout de l'huile bien pure qui donne une belle flamme ou des bougies de qualité.
Oui, nous devons nous interroger sur cette pureté: pas un judaïsme de convention, de nécessité sociologique, faisant partie du standing et des relations, ni parce que c'est quand même mieux pour les enfants. Mais un judaïsme qui repose sur une "pureté". Sur la pureté qu'il y a dans la Torah et qui meut vraiment le monde.

Un grand examen de conscience pendant cette demi-heure sur la pureté de notre judaïsme: la Torah et nos commentateurs nous la disent, on en est souvent émerveillés. Mais la question est: est-ce cette pureté effective que je vis? Et pas une huile frelatée qui ne donne pas une belle flamme. Si ma flamme n'est pas belle, il faut réviser mon huile.

5e jour


On prépare la hanoukia et on l'allume. Mais c'est l'allumage qui constitue la mitsva. Même si on a étudié, même si on a élevé les enfants, même si on leur a transmis la matière de la connaissance de la Torah et de sa pratique, on n'a encore rien fait si on n'a pas transmis la flamme, pas seulement la flamme mais la L-U-M-I-E-R-E. Combien de parents ont un souci immense pour la transmission de la pratique et ont leurs aspirations fixées sur ce pôle et leur attention est anxieuse pour voir si l'enfant reste dans ce cadre ou non.
La mitsva n'est réalisée que lorsque la lumière est donnée, et c'est la lumière prise à la lumière d'En-haut, celle du chamache qui symbolise le don divin et sa descente vers nous. Cette lumière est à notre disposition. Imaginons, pour mieux comprendre, que c'est nous qui avons à agir pour prendre cette lumière et la porter à ces mèches que sont les enfants, le conjoint, les autres Juifs. Pas une activité ni un rôle mais une transmission qui partage LA lumière. Et tant que la lumière n'a pas jailli pour d'autres par notre action, nous n'avons pas accompli la mitsva, nous sommes des égoïstes qui recevons la nourriture et la gardons pour nous. Pendant que les autres crèvent. Et ensuite on les accuserait d'être des 'hilonim! Seconde erreur de notre part.
Ainsi, Moché savait que nous avions reçu le don des parfums dans le sanctuaire, et quand le peuple fut en danger, il ordonna à Aharone de courir parmi le peuple avec ces parfums au pouvoir de vie divine, et l'épidémie mortelle s'arrêta. Ainsi, des connaissances que nous avons sur le judaïsme et la Torah. Tant d'autres Juifs ne les connaissent pas alors que nous les avons reçues. Si nous ne transmettons pas cette lumière à ceux qui l'ignorent autour de nous et dont c'est l'héritage, nous faisons un détournement d'héritage vers nous seuls.
Que chacun traduise tout cela en termes concrets le concernant.
Dès que ma femme (zal) et moi avons commencé à étudier sérieusement, nous avons organisé dans notre maison un groupe pour transmettre ce que nous recevions à nos amis qui ne le connaissaient pas non plus. Et nous avons continué au fur et à mesure. Non pas comme enseignants de qualité, mais simplement pour partager la lumière avec les autres bougies. C'est la mitsva.
Bien des années plus tard, j'ai découvert la lettre émouvante et déchirante en ce sens que le Grand Rabbin de Jérusalem, le Rav Chalom Messas (zatsal) écrivit à tous les rabbins du corps officiel d'Israël pour leur demander d'aller directement vers tous ceux qui ignorent leur lumière. Elle est publiée dans Chéméche oumaguène (3e tome, pages 330-331):












6e jour


Nous devons continuer pendant beaucoup de jours à allumer ces lumières. Nous aurions pu célébrer le miracle en allumant une seule fois un chamache et en transmettant sa lumière à une seule bougie ou à une seule mèche d'huile. et le symbole de l'aide divine aurait été aussi complet. Pourquoi n'est-ce pas ainsi? Alors que notre désir aussi voudrait toujours atteindre un miracle qui réaliserait nos rêves en un instant: la Torah serait réalisée, le Temple fonctionnerait, le Machia'h serait ici, etc. Le bonheur serait total et immédiat..
Seul Hachém est UN et tout notre monde a été créé par Lui dans la diversité et la nécessité de la progression. On veut nous enseigner qu'il faut une grande continuité dans l'effort. Il n'y a pas de repos pour les tsaddiqim. La descente de la bénédiction de vie passe par une chaîne d'étapes avant d'atteindre son but que l'on appelle la malkhoute, la royauté. Nous espérons chacun ce bonheur. Or il est encore imparfait, on appelle cette étape: "Rahel pleure ses enfants". Qui ne souffre en sa propre réalité des insatisfactions et de l'état imparfait d'Israël?
Nos Sages comme le Ari, zal, disent, à l'occasion de Hanouka, que dans la vie habituelle qui se réalise selon le rythme du 7, de la semaine, nous devons garder confiance au milieu de l'imperfection et des difficultés; et cela est exprimé par l'étape de Netsah (victoire) qui est la 7e étape de la descente de la bénédiction et qui est résumée dans le verset de II Samuel 15,29: Netsah Israël lo yéchaqer ("le vainqueur et protecteur d'Israël ne ment pas et n'est pas versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'Il se rétracte"). Nous avons l'assurance que l'union entre le Créateur et Son aimée Israël ou Rahel se fera, mais notre situation est et restera quand même inconfortable jusque là.
Par contre, à Hanouka, il y a une étape supplémentaire de franchie, et on dépasse cette stabilité par la réassurance de Netsah pour arriver à l'étape suivante, la 8e dans la descente de la bénédiction, qui est celle de Hod, c'est la louange car la réalisation se concrétise réellement. Et le nom Hod est conjugué et nous disons un mot qui l'exprime et en vient: modim, nous remercions et louons. Nous sommes sur le pas de la porte, encore un peu et nous serons au but. Plus que deux étapes de lumière.
Donc:
- soyons stables toujours, et croyons que Netsah Israël lo yéchaqer (le vainqueur d'Israël ne ment pas), étape habituelle de toutes les semaines.
- en ces jours spéciaux et privilégiés de Hanouka nous avançons et l'union va se réaliser par Israël qui va devenir, enfin davantage, la fiancée pure du Cantique des Cantiques, Rahel heureuse, et nos meilleures aspirations se réalisant tous ensemble.
Osons rêver ce rêve, le regarder en face quand nous faisons la mitsva de regarder la lumière de Hanouka, oser croire comme ceux qui dans l'histoire -sur la terre d'Israël, se sortant des pressions culturelles externes- ont dit oui lors de Hanouka avec foi dans la réussite. Ne quittons plus jamais ces niveaux, c'est ce que l'on appelle: "ces lumières, ha nérote hallalou... en ces jours-là et en ce temps-ci, ba yamim ha hém, ba zémane ha zé". Et cela se réalisera comme cela s'est réalisé.
(Note, voyez la page consacrée à Rahel, ici).

7e jour


Nous voici à la 7e lumière: la dose maximale du bien que nous recevons habituellement en chaque bonne semaine.
Effectivement, malgré toutes les difficultés personnelles ou nationales, nous avons reçu tellement de bontés. Surtout, nous oublions que ces dons et cette Torah ne sont pas seulement quelque chose de bien parmi d'autres, mais c'est vraiment LA lumière qui crée, est plus forte que tout mal et toute contrariété.
Nous sommes en cela arrivés à cette lumière qui est contenue dans la 7e étape de la descente de la bénédiction et qui est résumée dans le verset de II Samuel 15,29: Netsah Israël lo yéchaqer ("le vainqueur et protecteur d'Israël ne ment pas et n'est pas versatile, ce n'est pas un mortel pour qu'Il se rétracte"). C'est plus que cela, car cette fois en la fête de Hanouka, nous avons dépassé ce niveau comme nous l'avons dit hier, et nous en avons rempli toute une semaine de cette lumière nouvelle.
Une semaine de la lumière qui est hod, splendeur, rayonnement. Essayons de prendre conscience de ce privilège, de le ressentir, de lui donner de s'expanser dans toutes les 7 dimensions qui sont notre existence: le point où nous sommes, devant, derrière, à droite, à gauche, en haut, en bas. Si nous le faisons bien, alors demain sera une excellence de plus encore.
Regardons la réalité sous cet angle, je rentre d'une bonne visite et je regarde ce monde ainsi créé. Il suffit de voir cette beauté, fin décembre à Jérusalem, voici déjà les nouvelles fleurs et le jeu des formes et des couleurs (le bleu bien sûr, le brun, le vert, le rouge).




Mais il faut savoir placer notre regard vers la lumière et le bonheur, sinon nous ne vivrons rien,
et nous n'aurions pas vu ce colibri au centre qui vient pour notre joie:



Oui, la vie est belle et ce couple rouge et bleu noir prend vie.




Il est aussi des baisers dans la nature, le colibri plonge dans la fleur recevoir la bonté de vie.
Même le chat errant ni fréquent à Jérusalem devient lumière. Tout est don et louange, et beauté.
Pendant ce temps les voitures tournent sans assister à ce concert.Leurs conducteurs écoutent les banalités de la radio.



Que l'on ne disent plus que la lumière ne crée pas le bonheur des sens.
En plein décembre, voici les fruits éclatants qui chantent à Jérusalem, chacun est aussi une lumière de Hanouka.


Et le jeu des couleurs et des formes harmonieuses, et les pierres roses. Merci et louange.
Je vous donne pour Hanouka ces quelques images de Jérusalem, tout cela seulement en quelques dizaines de mètres.
Une chose je demande: habiter dans Ta maison à Jérusalem tous les jours de ma vie.
Pourquoi irais-je habiter ailleurs que dans ce coeur? Ce coeur de Ta présence, Toi qui est lumière.
Chaque fruit est l'image de tant de bénédictions données, et pourquoi si peu viennent-ils recevoir ces dons?
(Photos de l'auteur).

8e jour


Tous les beaux enseignements de Hanouka nous ont rappelé que, vraiment, la lumière de la création et du bonheur est à notre disposition, elle nous est donnée comme le chammache est là et il n'y a qu'à prendre la lumière mise à disposition. Une première idée à bien intégrer pour ne pas lâcher ce niveau dans le quotidien et dans les soucis et difficultés.Ne disons plus "si D.ieu le veut" car Il veut notre lumière et notre bonheur.
Mais, le problème est uniquement de notre côté: si nous ne prenons pas le gateau qui est devant nous, il ne viendra jamais dans notre bouche. C'est à nous de prendre la lumière et de la diffuser. Nous ne le faisons pas, la plupart du temps. A nous de regarder concrètement notre déficience pour cette action et de la corriger. Nous avons eu 8 jours de pédagogie pour cela. Il faut appliquer, maintenant.


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