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Lag baÔmér
33e jour du Ômér
Hod (splendeur) qui est dans la splendeur
En 2009, le 11 mai au soir et le 12 jusqu'au soir.
La fête de la victoire de l'amour-Torah
sur la méchanceté
ici, ce qu'est l'amour selon la Torah
ici, ce qu'est la fraternité selon la Torah
et, ici, les photos étonnantes
de la nuit étonnante de Lag baÔmer
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia www.modia.org
Cette étude est offerte
à tous ceux qui vont se marier en cette fête qui est le
symbole du mariage du ciel et de la terre dans la Torah.
Et pour que tous les Juifs
découvrent la joie de vivre ainsi sur la terre d'Israël
dans la paix et la présence de cet amour sûr et réciproque.
Et voyez aussi:
Hiloula
de Ribbi Méïr baâl ha nes.
Et découvrez aussi un autre lieu de pélerinage dans ce
Galil:
la tombe de
Ribbi Yonatane ben Ouziel (lien ici)
que visitent beaucoup ceux qui souhaitent enfants ou conjoint.
© Nouvelles photos de l'auteur.
© Cette page peut être imprimée et polycopiée
pour l'étude et l'enseignement gratuit, selon les
conditions du copyright
Plan
Résumé
Présentation de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
L'époque
Les maîtres de Ribbi Chimeône bar Yo'haï
Ses collègues
Quelle est la note particulière de Mérone
?
Synagogue de Mérone
Les tombes de la région de Mérone
A Tsfate (Saféd)
A Tibériage
Le sens du pélerinage sur
les tombes des Sages
La hilloula de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
Les enseignements de Ribbi
Chimeône bar Yo'haï
Quelques liens originaux
N'oublions pas
Belles pages du Zohar
Résumé
Ce jour-là, le 33e jour du compte du Ômér,
entre Pessa'h et Chavouôte, s'est arrêtée l'épidémie
mortelle qui a tué 12000 duos d'étudiants soit 24000 élèves
de Ribbi Âqiva. Et il a pu reprendre l'enseignement de la Torah
à ses grands disciples : Ribbi Méïr, Ribbi Chimeône,
Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossi et Ribbi Elâzar.
Le 33e jour de l'Ômér
est la fête dite de Lag baÔmér où on célèbre
en grande joie la hiloula (jour du décès comme entrée
dans la gloire d'En-Haut) de Rabbi Chimeône bar Yo'haï.
C'est un peu le modèle de l'union que le peuple juif et chacun devraient
avoir avec le Créateur. C'est aussi le jour où il reçut
la sémikha ou titre de rabbin.
Les fêtes et mariages reprennent.
On allume beaucoup de lumières, bougies, et on fait des feux
de joie (médourote), surtout à Jérusalem. On
trouve ce mot dans le livre d'Ezéchiel 24, 9-10. Jeter de l'huile
sur le feu, au sens figuré, se dit aussi en hébreu léhossif
chémén la médoura.
Ce jour-là), des milliers de juifs vont en famille à Mérone
sur la tombe de Ribbi Chimeône bar Yo'haï. Des autobus
les y amènent de tout le pays. Ils y prient pour tout Israël,
pour que la miséricorde (Ra'hamim) se répande sur
tout Israël. Ils apprennent aux enfants le sens des péotes,
cette mèche de cheveux qui descend des deux côtés de
la tête au dessus des oreilles.
Présentation de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï.
Il est l'élève de Ribbi Âqiva, nous devons donc
présenter son maître pour comprendre qui il est. Car nos Sages
ne sont pas des personnages éthérés vivant dans l'étude
qui les préserverait des conditions de ce monde-ci ; mais
ce sont des êtres concrets qui ont souvent vécus des épreuves
plus grandes que celles d'aucun d'entre nous.
L'époque
Nous sommes dans la 12e génération des tannaïm
qui s'étend de l'an 110 du compte commun (3870 du calendrier
juif) sous Trajan à la chute de Bar Korba à Bétar
en 135 (3895) sous Hadrien. On appelle
tannaïm ceux qui
ont enseigné la michna, jusqu'à la rédaction de la
michna vers l'an 200. Le verbe tanna signifie enseigner.
Les maîtres de Ribbi Chimeône bar Yo'haï
On trouve à cette époque les grands disciples de Ribbi
Éliêzér Haggadol :
- Ribbi Âqiva ben Yossef à Bné Braq (voir
Baba Qama 5 a-6), qui sera le maître de Ribbi Chimeône bar
Yo'haï ;il est parfois nommé Qor'ha.
Il est le disciple de Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, de Na'houm
iche Gamzou et de Ribbi Éliêzér.
Il a formé les plus grands de sa génération
dont Ribbi Yichmâel et Ribbi Méïr.
Ses collègues d'étude étaient particulièrement
Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, Ribbi Yichmâel ben Élicha, Ribbi
Chimeône ben Azzaï, Ribbi Tarfone.
Il a vécu la destruction du Temple et y a survécu
68 ans.
Bien qu'il commençât à s’adonner totalement à
l’étude à l’âge de 40 ans seulement (et grâce
à son épouse Ra'hel), il parvint à être l'un
des sages du Grand béit dine de Jérusalem. Il développa
la yéshiva de Bnéï Braq et commença à
recueillir l'ensemble des traditions et les ordonna très bien, "en
anneaux comme dans un collier".
Il soutint la révolte de Bar Korba et périt dans de
grandes souffrances avec les 10 martyrs nommés âsséra
arouguéï malkhoute.
C'est de lui qu'il est dit : "il faut attribuer une michna anonyme
à Ribbi Méïr, une tossefta anonyme à Ribbi
Né'hémia, un Sifra anonyme à Ribbi Yéhouda,
un Sifré anonyme à Ribbi Chimeône bar Yo'haï,
et toutes viennent de Ribbi Âqiva", leur maître.
Ses collègues, autres grands disciples de Ribbi Éliêzér
Haggadol étaient :
- Ribbi Yossé Haggalili dont on ne sait qui fut son maître
mais qui est considéré comme l'un des plus grands (Baba Qama
12 b, ligne 11).
- Ribbi Yichmâel ben Élicha (Baba Qama 6 b, ligne 34),
de Kfar Aziz près du Jourdain, renommé pour sa grande richesse,
il établit sa grande yéchiva nommée Yéchiva
devéi Ribbi Yichmâel et des middrachim portant
ce nom ont été rédigés ; il y inscrivit les
13 middotes ou règles qui servent à interpréter
la Torah, liste qui est lue chaque matin dans la prière après
la partie des sacrifices (qorbanote). Il est également l'un
des 10 martyrs.
- Ribbi Tarfone de Lydda (Baba Qama 14 a, ligne 38) était le
talmid 'havér de Ribbi Âqiva ; arfois cité également
comme l'un de ses amaîtres, il est nommé "le père de
tout Israël".
- Onqélos, le
converti ou prosélyte ou guér tsédéq,
a réalisé le Targoum Onqélos, une traduction
de la Torah en araméen qui éclaircit de nombreux sens du
texte original et qui est lue chaque matin avec les versets de la section
hebdomadaire de la Torah (rappel de méthode : on lit deux fois chaque
verset de la Torah et une fois sa traduction par Onqélos). D'autres
guérim, convertis, sont nommés Ben Hé Hé
ou Ben Bag Bag, faisant allusion aux deux lettres hé
du nom divin et à leurs "parents" en judaïsme : Abraham et
Sara.
- Ribbi Chimeône ben Azzaï (BQ 13 a, ligne 5), qui était
également versé en nistar, ce qui est caché,
etc.
Dans le traité Roche Hacchana 31 a, ligne 5, on trouve la description
des 10 déplacements du Grand Sanhédrine qui eurent lieu à
cette époque.
Nous arrivons à la génération de Ribbi
Chimeône bar Yohaï :13e génération des
tannaïm
qui s'étend de la chute de Bar Korba à Bétar en 135
(3895) à l'an 170 (3930).
On y trouve les élèves de Ribbi Âqiva et ses
collègues d'étude :
- le grand Ribbi Méïr (Baba Qama 16 a, ligne 46
; 23 b...). Son nom d'origine était Ribbi Miacha ; ce nom
de Méïr, venant de la racine signifiant "lumière",
lui fut donné parce qu'il illumine les yeux des Sages. Beaucoup
d'enseignements rapportés par lui sont mis sous le nom de a'hérim
omerim, "d'autres disent" ; Baba Qama 11 a ; 33 a ; cette expression
indique qu'il tient cet enseignement de son maître Élichâ
ben Abouya surnommé a'hér, "l'autre", en 'Haguiga 15 a. Cette
expression concerne parfois Ribbi Natane.
Il s'agit de Ribbi Méïr quand il est dit : "un élève
rapporte une tradition de Ribbi Yichmâel devant Ribbi Âqiva"
car il reçut son enseignement de Ribbi Âqiva et de Ribbi Yichmâel,
élève lui-même de Ribbi Âqiva.
Ses collègues d'étude cités par diverses
sources étaient : Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossé ben 'Halafta
dont il s'agit quand on trouve seulement le nom Yossé (Baba Qama
20 b ; 21 b), Ribbi Chimeône, Ribbi Elâzar ben Chamouâ,
Ribbi Yo'hanane Hassanedélar, Ribbi Né'hémia.
La halakha ne fut pas retenue selon la démonstration
qu'en donna Ribbi Méïr, non pas parce qu'il se trompait
mais parce que son niveau de compréhension était beaucoup
trop au-delà de la mesure de sa génération.
Le talmud insiste sur la
grandeur de son épouse Brouria, reconnue pour ses compétences
halakhiques par les grands de son temps, qui était capable d'étudier
en un seul jour 300 traditions de 300 Sages, apprenait aux étudiants
les méthodes de l'étude, les corrigeait à ce sujet
et donnait à son mari l'interprétation exacte de versets
concernant la prière. Il décéda le 14 Iyar.
C'est dans ce contexte extraordinaire de science de la Torah que vivait
celui que nous célébrons Ribbi Chimeône bar Yohaï
(Baba
Qama 17 a, ligne 17 ; 20 a ; 84 a).
Il fallait dire tout cela pour ne pas donner prise aux préjugés
méprisants qui voient en toute coutume populaire juive quelque chose
de crédule et de primitif. Qui peut prétendre avoir le niveau
de ces maîtres. Ce sont ceux qui savent qui les révèrent
pour leur grandeur effective. Lire ce qu'on dit des bnéi aliah
dans le Traité Souccah 45 b, et pages 67 et 268 du Lév Gompers
: on parle de bnéï âlia, les "membres de l'élévation",
pour parler de l'élite intellectuelle et morale qui est le lieu
de la présence divine dans le peuple.
Ribbi Chimeône bar Yohaïest connu comme le rédacteur
de la tradition qui allait devenir le livre du Zohar.
Il exprima sa vive opposition à Rome et dut, pour son intransigeance,
passer 13 ans en cachette, avec son fils Ribbi Elâzar, dans une grotte.
Il est donc un des élèves de Ribbi Âqiva
en même temps que Ribbi Méïr, Ribbi Yehoshua Haggarsi,
Ribbi Yossé ben 'Halafta, etc.
Il est le maître de Ribbi Yéhouda Hannassi et de
Ribbi Chimeône ben Yéhouda.
Que tous ces exemples (celui qui commença à étudier
à l'âge de 40 ans, le converti, Brouria) leur volonté
et leurs difficultés nous soutiennent tous dans notre effort laborieux
pour connaître la Torah et en vivre.
Quelle est la note particulière de Mérone
?
C'est une petite bourgade de Galilée, à 15 km environ
au nord-ouest du lac de Tibériade (Tibérias), à quelques
kms de Tsafte, Saféd. C'est le Sud des monts de Galilée.
En venant de Tsfate par la route 89; au carrefour Mérone, on prend
la route 866 et on entre dans Mérone. Son nom veut dire "les eaux
élevées" (mé-rom). Yehoshua y a remporté
une victoire (Livre de Yéhohua 11, 5-7).
(source
de la carte. lien)
Synagogue de Mérone
On y trouve encore la façade d'une très belle synagogue
du 3e siècle avec un beau fronton de pierre.
La puissance des centaines de synagogues de cette époque dans
la Galilée et sur le Golane devraient définitivement ôter
de notre esprit ce mensonge historique que la terre d'Israël fut désertée
par ses habitants juifs après la destruction du Temple en l'an 68.
Ce mensonge repose sur l'antisémitisme religieux chrétien
fondé sur l'idéologie que l'ancien testament était
fini. De même, la fixation arbitraire à l'année 70
pour la destruction du Temple voudrait faire accroire qu'il y a une plénitude
(sens du nombre 70) des temps avec cette année qui achève
un cycle pour en ouvrir un autre.
La vérité est autre, la vie continua sur la terre d'Israël
: aux siècles suivantes des armées juives existantes encore
s'allièrent à Bizance contre Rome et c'est alors l'empire
romain décadent qui l'emporta, c'est seulement alors que la présence
juive devint mineure, et ensuite arrivèrent les invasions arabes
avec l'islam.
Dans ces synagogues de Galilée et du Golane, il n'y a pas d'emplacement
de l'armoire de la Torah en face du public, mais elle est souvent disposée
dans une pièce de réserve à côté de la
salle de prière. La disposition orientée du public orientée
vers l'armoire de la Torah est relativement récente , sous l'influence
européenne du culte chrétien qui a adopté cette disposition.
Par contre, la disposition juive traditionnelle centre les sièges
de tous les participants en carré vers la bama (estrade)
de celui qui dit la prière au nom de tout le public (chalia'h
tsibbour). Cette disposition veut garder l'analogie avec la disposition
sainte des hébreux dans le désert en camp de qéddoucha,
sainteté.
La majorité des synagogues séfarades ont gardé
cette disposition juive traditionnelle qui manifeste aussi le respect de
la diversité.
La seule orientation uniforme du public est l'orientation pendant la
prière de la Âmida : vers Jérusalem.
Des restes de ces siècles de dispersion en milieu non juif restent
dans l'architecture de nombre de synagogues de la diaspora. Un exemple
typique est la belle Synagogue du 19e siècle, de la rue de Tournelles
à Paris, orientée dans la direction opposée à
Jérusalem et où le public prie lui-même en ce sens,
même pendant la âmida, s'orientant vers l'armoire de
la Torah ainsi orientée.
Les tombes de la région de Mérone
On y trouve dans un senteur de quelques centaines de mètres
:
- ensemble, la tombe de Ribbi Chimeône bar Yohaï ; son fils
Ribbi Eleâzar, Ribbi Yits'haq.
- à proximité, la tombe de Ribbi Yava Saba et celle de Ribbi
Ada Saba.
- un peu plus loin, celle de Hillél hazzaqén et celles de
ses étudiants.
- puis celle de Ribbi Yo'hanane hassandélar.
- plus au Nord, celles de Ribbi Yossi ben Qisma, Ribbi Elâzar ben
'Hasma, Ribbi Yéhouda ben Bétira.
- plus au Sud, les tombes de Chammaï hazzaqén, de sa femme
et de ses élèves. La grotte des Cohanim et ce que l'on nomme
le siège d'Eliahou hannavi.
- près de la route, la tombe de Rav hammanouna Saba.
C'est donc une extraordinaire concentration des plus grands maîtres
de la Michna et du Talmud.
Voici la tombe de Ribbi Chimeône bar Yohaï
(conditions de prise de vue difficiles pour la luminosité et par
le nombre de personnes. Photos de l'auteur). Le second côté
de la tombe est présenté dans la salle de prière
des femmes, de l'autre côté.
Voici maintenant la tombe de Ribbi Elâzar, fils de Ribbi Chiméone
bar Yo'haï.
Entre le mur et la grille, il y a environ 80 centimètres. A travers
la grille, vous voyez le tapis de velour posé sur la matséva
et le nom brodé dessus.

Et voici la pierre ancienne de la matséva, près du sol.
Pensons bien au tsaddiq dont les restes sont ici présents et dont
une part de la néchama ne se détache pas jusqu'à
la résurrection des morts (té'hiyate ha métim).
Voici la tombe de Ribbi Yo'hanane hassandélar, à quelques
centaines de mètres au dessus du niveau de lee de Ribbi Chiméone.
Nous approchons et la découvrons ainsi.
Vous voyez la raideur de la peine. Le monument est petit mais impressionnant
de pureté des lignes et des couleurs.
Approchons et nous voyons la cavité où on allume les bougies
en l'honneur de la néchama.
Levons le regard comme ces flammes et nous sommes dans la pureté
face à ce ciel immense et vivant, rencontre de la terre et du ciel.
Il s'est passé à ces niveaux des événements
uniques en ce lieu.
Montons les quelques marches du petit escalier qui nous conduit derrière
le monument
et, dans le bas, à quelques centaines de mètres, nous apercevons
le bâtiment de Ribbi Chiméone.
Nous redescendons et passons devant la tombe de Ribbi Chiméone,
la contournons et, plus en bas, derrière elle, nous arrivons à
la tombe de Hillel que vous auriez probablement manqué car il y
a peu de visiteurs qui connaissent ces emplacements dans la nature.Ici,
c'est vraiment la modestie et la discrétion de Hillel l'immense.
Elle est creusée dans le rocher.
La salle est noire, avec quelques faibles bougies. C'est le flash de l'appareil-photo
qui en fait découvrir l'architecture et la présence de ces
tombes. Hillel et ses élèves, recueillement face à
eux et à leur enseignement. Et, en ce lieu, il est dit que l'on
peut participer mieux aux qualités qu'ils ont apportées.

Approchons encore pour nous recueillir.

Je souhaite que, de loin, vous puissiez quelque peu participer de votre
terre et de toute sa vie interne. Tout cela nous a été donné
comme Torah vivante, en direct. On ne peut pas s'en dispenser.
Ajoutons qu'à proximité, à Tsafate
(Saféd), il y a aussi les tombes de :
- 'Hanna et ses sept fils, des tannaïm,
- Ribbi Yits'haq Louria, le Ari, son maître, R. Moché Cordovéro
dont nous étudions Tomér Dévora pendant le Ômér,
et R. Chlomo Alkabéts le rédacteur du Lékha Dodi,
Rabbénou Yosséf Caro, R. Moché Alchékh, R.
Yits'haq Abouav, etc.
Nous nous y rendons, si D.ieu veut.
A Tibériade, à proximité
également, on trouve les tombes de nombreux Sages dont :
- Bilha et Silpa,
- Ribbi Eliâzér haggadol,
- Ribbi Méïr baâl hannés (décédé
le 14 Iyar),
- les élèves de Rav,
- Ribbi 'Haya, rédacteur du Talmud,
- Ribbi Âqiva,
- le Rambam, le Chala haqqaddoche dont nous étudions les commentaires
sur chaque paracha.
On comprend donc le sens particulier de cette région de Mérone,
dont on dit aussi que c'est de Galilée que naîtra le Messie,
le Machia'h.
Le sens du pélerinage sur les
tombes des Sages
1. Le judaïsme pense qu'il n'y a jamais, jusqu'à la résurrection
des morts, une séparation totale des restes du corps d'avec
la personnalité, le néféche du défunt.
2. Donc, c'est un lieu où la présence des qualités
du Sage subsiste et peut se transmettre à celui qui vient péleriner
dans une intention de téchouva (retour).
3. De plus, le traité Bérakhote décrit comment,
de leurs tombes, les Sages se soucient de nous et intercèdent pour
nous ; il n'est donc pas répréhensible de recourir à
leur aide pour qu'ils interviennent auprès de D.ieu car les prières
ne sont pas adressées à ces Sages eux-mêmes.
4. La mort d'un Sage prive certes ses proches de sa présence
visible et sensible, mais c'est aussi un "mariage" (hilloula terme
employé en Bérakhote 31 a) ce qui veut dire une union complète
entre son potentiel, son être et D.ieu. Et cela se fête.
Ainsi, à Djerba, en Tunisie, la célébration de
la hilloula de Ribbi Chimeône bar Yo'haï était importante
et célébrée avec l'ornementation de la grande ménora
pyramidale que l'on promenait.
La hiloula du Rambam dut appelée Maïmouna puis Mimouna,
et se célébrait à la sortie de la fête de Péssa'h
au Maroc.
La hiloula de Ribbi Chimeône bar
Yo'haï
Elle est décrite déjà dans le Chaâr haccavanote
du Ari (Louria) qui y allait avec
sa femme et ses enfants et y réalisa la cérémonie
de la 'halaqa, couper les longs cheveux d'un garçon de trois
ans, à proximité de la tombe de de Ribbi Chimeône bar
Yo'haï.
Se rendre à la hiloula de Ribbi Chimeône bar Yo'haï,
c'est exprimer son amour de la Torah dont il a pu connaître l'intimité
et nous l'a transmise dans le Zohar.
C'est aussi méditer sur sa vie exceptionnelle.
Mais il y a des règles de bonne conduite à adopter, prendre
connaissance ici de ce qu'a écrit le Rav Yossef Messas à ce
propos (lien ici).
Les enseignements de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
Prenons-en quelques exemples.
1. Il sauve le peuple par la Torah dans une période
terrible (voir le lien du mariage et de la Torah dans ce contexte de
la page 62 b du Traité Yébamote) :
"Même si un homme s'est marié très jeune, il doit
se remarier (s'il est veuf) à un âge avancé. Même
s'il a eu des enfants dans sa jeunessse, il doit encore en avoir dans
sa vieillesse, comme il est dit dans l'Ecclésiaste 11, 6. Ribbi
Âqiva dit : même si l'on a étudié la Torah dans
sa jeunesse, on doit encore l'étudier dans sa vieillesse ; et si
on a eu des élèves dans sa jeunesse, on doit encore en avoir
dans sa vieillesse. Ribbi Âqiva en avait 12000 duos soit 24000 étudiants
et ils moururent tous en une seule période (entre Péssa'h
et le 33e jour de l'Ômér) parce qu'ils ne se respectaient
pas assez les uns les autres. Alors la situation était tragique
jusqu'à ce que R. Âqiva donna son enseignement à Ribbi
Méïr, Ribbi Chimeône, Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossi
et Ribbi Elâzar. Ce sont eux qui ont fortifié la Torah
à cette époque". (Note personnelle. Tirons-en la conclusion,
pour tous ceux qui se lamentent sur notre situation, que tous ceux qui
ont des connaissances doivent les partager).
2. Il nous a transmis le meilleur de tout ce qu'il savait :
La page 67 a de Guittine décrit les qualité de chacun
des grands Sages et elle termine en disant : "Ribbi Chimeône bar
Yo'haï moud beaucoup de grain (de Torah) et il ne laisse presque rien
se perdre... Il oublie peu, il ne rejette de sa mémoire que le son.
Il disait de lui-même à ses élèves : mes fils
apprenez ce que je vous enseigne, car c'est le meilleur du meilleur de
l'enseignement que donnait Ribbi Âqiva".
(Note personnelle. Nous avons appris de ces grands Sages qu'il faut
enseigner le meilleur, qu'il faut organiser le savoir pour le retenir.
C'est ce que nous essayons de faire sur Modia et dans le Lév Gompers).
3. Il savait résister aux pressions culturelles environnantes
avec lucidité :
Page 33b du Traité Chabbate : "Un jour Ribbi Yéhouda,
Ribbi Yossi et Ribbi Chimeône étaient assis et Ribbi Yéhouda
dit : Comme les réalisations des Romains dans notre pays sont belles
! Ils construisent des marchés, des ponts, des bains... Ribbi Yossi
se tut et Ribbi Chimeône bar Yo'haï dit : C'est uniquement
pour leur propre intérêt qu'ils ont fait tout cela (et ce
n'est pas notre voie ni nos valeurs) : ils ont ouverts de marchés
pour que les prostituées s'y trouvent, des bains pour leur confort,
et des ponts pour nous prendre notre argent par le péage. Ribbi
Yossi le raconta, les Romains l'apprirent, récompensèrent
R. Yossi, exilèrent R. Yossi et décidèrent de faire
mourir Ribbi Chimeône bar Yo'haï . Il partit donc se cacher
dans une caverne.
(Note personnelle. Dans une époque où les juifs, revenant
sur leur terre et se réunissant, sont soumis comme tous à
une pression culturelle terrible du monde occidental -argent, medias, compétition
sauvage, dépendance, idéologies- ces exemples de courage
sont à méditer).
4. Il précisait que, parmi tous les enseignements, ce qui
sauvera le peuple juif, c'est le chabbate : "si les enfants d'Israël
observent comme il le faut deux chabbatote, ils arriveronnt alors
immédiatement à la guéoula, la libération"
(Traité Chabbate 118 b) et ensuite il y est dit ce qui sera repris
tellement par les maîtres de la région de Mérone dans
le Lékha Dodi : Le soir du Chabbate, Ribbi Yanaï
disait : boï khala, boï khala, viens fiancée, viens
fiancée" (119 b et voir Baba Qama 32).
5. Il faudrait citer ici tout le Zohar...
6. A chacun sa fête, on aime tout Israël
Quelques liens originaux
pour la joie de Lag Ba Ômer
- Très belles photos du Rabbi
de Loubavitch, prises pendant des fêtes de Lag ba Ômer
- Un
site qui fait le lien entre la fête de Lag ba Ômer et
les arcs !
N'OUBLIONS PAS
Mérone, nous pouvons y aller. N'oublions pas ce qui arrive à
nos lieux saints que nous avons remis en zone palestinienne et qui subissent
un triste sort. Sur le mont du Temple à Jérusalem, les arabes
violent les accords et continuent à détruire tout signe de
présence juive ; ils ont extrait des tonnes de matériaux de
l'époque du premier Temple à celle du second Temble et les
ont jeté dans une décharge publique, à la consternation
des archéologues qui parlent de la plus grande catastrophe en ces
lieux depuis les Romains. La réaction, comme d'habitude, des autorités
: ne pas réagir pour qu'il n'y ait pas de détérioration
des relations. Le mois de mai 2000, la tombe de Joseph à Naplouse
fut saccagée à nouveau par les Palestiniens qui incendient
les locaux, tirent à tir réel et détruisent les livres
saints. Les étudiants juifs qui avaient l'autorisation de maintenir
une présence juive y vivent traqués sans autorisation de réparer
les locaux quand ils se détériorent. Ils sont en principe
protégés par l'armée israélienne mais elle dit
qu'il est très difficile de les défendre et elle n'a pas permis
aux journalistes de venir filmer l'étendue des dégats.
A Hévrone, le vieux cimetière juif d'avant le massacre
de 1927, qui comprend de nombreuses tombes de grands tsaddiqim continue
d'être systématiquement saccagé.
Sans notre collaboration, rien de cela ne pourrait se faire.
Quelques belles pages du Zohar sur Ribbi
Chimeône bar Yo'hai
Sa grandeur exceptionnelle
- HQBH décrète des décisions terribles et
Ribbi Chimeône les annule (8 a). Ribbi Chimeône éclaire
tout et sa lumière ne s'éloigne pas de nous. (II 86 b). Il
éclaire tout le monde entier par la Torah (I 156 b). Sa sagesse
se diffuse en toutes les générations (III 219 a).Il était
comme un feu et nul ne pouvait s'en approcher sans en avoir obtenu la permission
(III 187 b). Il n'y aura aucune génération jusqu'à
la venue du Machia'h comme celle de Ribbi Chimeône (III 58
a) et le monde subsistera jusque là grâce à cette génération
(II 9 a). Tous les hommes sont en comparaison de Ribbi Chimeône
comme tous les prophètes en comparaison de Moché Rabbénou
(III 278 a). Ceux qui ont vu Ribbi Chimeône ont vu l'ensemble
dde et toute la joie qu'il y a ici bas et dans les mondes d'En Haut (I
156 a).
Ses qualités
- Aux jours de Ribbi Chimeône, tous les étudiants de la
Torah s'aimaient et c'est pour cela qu'ils ont mérité de
recevoir la connaissance des secrets de la Torah. (II 190 b).
- Son souci premier était l'yunion entre les Juifs (III 295
b).
- Il dit : j'ai compris que mon épouse est morte, car je ne
ressens plus sa présence ( III 170 a).
- Tout ce qu'il disait se réalisait et dans la beauté
(II 104 a).
- Il est comme un rocher sur lequel le monde s'appuie (II 97 b).
Son importance
- Ribbi Chimeône tu es important pour les cieux et tu es aimé
de HQBH. (II 187 b). Elie lui dit que toutes ses paroles étaient
inscrites devant HQBH (Zohar Hadadache Chir ha Chirim 76 b). Dès
le début de la création du monde, HQBH est resté
en présence de Ribbi Chimeône (III 61 b). Dans la Yeshiva
d'En Haut, HQBH cite des enseignements de Ribbi Chimeône qui
éclairent de façon nouvelle la Torah (III 241 b). Il lui
a été permis de dévoiler des secrets de la Torah
qui seraient restés cachés sans lui (II 9 b et en de multiples
endroits). Celui qui n'est pas relié à Ribbi Chimeône
est comme s'ilétait coupé de tout (II 86 b).
Son rôle protecteur
Il a des justes dans le monde mais aucun ne protège comme lui (II
292 a).
Dans sa générations, même les bébés
ont bénéficié de sa sagesse supérieure (III
171 a) comme les montagnes que sont les patriarches (III 206 a).
Ce qu'est l'amour selon la Torah.
Nous en trouvons la description dans le Traité Bérakhote
du Talmud, page 5b. La scène met en présence des grands
Sages de la Torah, afin de nous montrer que, même eux, doivent ne
pas se tromper sur ce qu'est le véritable amour tel que le veut
la torah, et qu'il ne suffit pas de parler de Torah pour bien la vivre.
Ecoutons la scène très concrète et bouleversante.
Elle se passe à la fin de la période de rédaction
du Talmud, dans la 1e génération des amoraïm entre
un malade, Ribbi Yo'hanane; et son maître Ribbi 'Hiya:
La 1e génération des amoraïm:
- Ribbi 'Hiya, Ribbi Ochaya...
- Rav, en Babylonie, 219-247 (4007)
- Chmouel, en Babylonie, vers 220-254 (4014)
La 2e génération des amoraïm:
- Ribbi Yo'hanane, à Tibériade, 230-290 (4050) et Réche
Laqiche
Voyez cette page pour bien les situer: http://www.modia.org/lev-gompers/torah-talmud/maitreschaine.html
:

Ribbi 'Haya bar Abba 'halach
Ribbi 'Hiya fils de Abba était malade.
Âl lé gabé Ribbi Yo'hanane
Entra vers lui Ribbi Yo'hanane. (remarquons le déplacement réel,
vers, une rencontre effective et dans l'attitude profonde)
'havivine âlékha yéssourine?
Est-ce qu'elles te sont agréables et chères les souffrances?
(Le maître pose la question véritable, sans détour).
Amar lé: la hén vé la sékharane.
Il lui dit (répondit): ni elles ni leurs récompenses. (vérité
du malade qui est un pauvre absolu -dit le Talmud), vérité
de l'ajustement entre la théorie et la pratique, vérité
des mots, et dialogue qui ne se disperse pas dans des mots inutiles).
Amar lé: la hén vé la sékharane.
Il lui dit : ni elles ni leurs récompenses. (audace, mais vérité
de celui qui souffre, et est honnête).
Amar lé: Hav li yédakh
Il lui dit: donne moi ta main. (rapidité de la réponse,
attention immédiate au niveau de l'autre, changement de plan depuis
les mots de théorie vers les mots qui parlent du corps).
Yéhav lé yédé véoqémé
Il lui donna la main et il se rétablit.
Placez l'un ou l'autre des deux personnages dans la proposition et dans
l'acte, mais le résultat est le même. Puis la même
scène se reproduit ensuite exactement entre Ribbi Yo'hanane qui,
lui, cette fois est malade et Ribbi 'Hanina qui le visite.
Remarquez bien que le visiteur ne fait pas l'erreur des faux amis de Job
qui le raisonnent sur la logique religieuse de sa maladie, sur la causalité
("tu es malade parce que tu manges trop de sucre, parce que tu es
fragile, parce que tu es dans tes jours difficiles, parce que tu es fragile,
parce que tu es jeune, parce que tu ne dors pas assez, parce que tu vieillis,
parce que tu travailles trop, parce que tu as des soucis, parce que D.ieu
envoie des épreuves, parce que c'est comme cela dans la vie pour
chacun, etc."). Comme disait Molière: "et voilà
pourquoi votre fille est muette". Ou le Dr Knock qui était
maître en ces logiques stupides qui ont un but: ne pas voir et ne
pas entendre la souffrance,
mais en fait ne pas vouloir guérir l'autre en lui disant ce qui
guérirait.
La liste est sans fin de ce qui est là plus qu'une erreur psychologique,
c'est une erreur d'intelligence de base humaine de celui qui ne comprend
encore rien de rien à cette relation humaine effective où
on doit ressentir ce que vit l'autre; j'ai appelé cela par
ce concept: "être sensible à la sensibilité
de l'autre".
C'est aussi une cruauté de ne pas aider celui qui souffre, de ne
pas l'alléger mais lui mettre un surcroît de charge avec
ce qui n'est vraiment pas le sujet. J'ai vu ainsi, auprès de personnes
venant de perdre l'un de leurs proches, des visiteurs parler de leurs
propres difficultés médicales et contraindre l'endeuillé
à entendre ces théories stupides et déplacées.
En fait, tout cela est une révélation de l'agressivité
considérable des gens, très spécialement envers ceux
qui souffrent. Que cela soit inconscient, ou que cela soit une réaction
personnelle de défense n'excuse rien, car l'agression est trop
flagrante et trop douloureuse pour celui qui le reçoit. Nous risquons
tous de tomber dans ces erreurs, donc apprenons, ayons la modestie d'accepter
nos erreurs, soyons déterminés à nous améliorer
immédiatement face à l'erreur reconnue.
Et la question suivante est alors posée par le Talmud clairement:
Amaï? Loqim Ribbi Yo'hanane lénafché.
Pourquoi (cela s'est-il passé si bien)? (Parce que) Ribbi Yo'hanane
était capable de bien réagir (selon la Torah qui enseigne
en ce sens).
Améri: Ein 'havouch mattir âtsmo mi beit ha assourim.
Ils disent (nos Sages): "un prisonnier ne se délivre pas lui-même
de la prison".
Considérez ici l'immense capital d'expérience
humaine sur tant de générations qu'est le judaïsme,
et elle est capable d'atteindre ainsi des conclusions essentielles
auxquelles on ne parvient que très rarement dans la brièveté
des vies individuelles.
Les gens parcourent aujourd'hui le monde pour capitaliser quelque
peu l'expériences de civilisations différentes.
Par nos dossiers du judaïsme, nous cumulons des milliers
de milliers de générations de vies humaines.
Qui a la sagesse de comprendre cela en étant encore jeune
gagne des décades de vie en sagesse. J'ai connu un enfant,
âgé de 7 ans qui me dit: "chaque fois que je
peux, je vais chez des vieux et je les écoute ou je leur
pose des questions, ils aiment bien parler, raconter et j'apprends
beaucoup, parce que je me suis dit en regardant ma petite main:
la vie est ainsi, on reçoit une unité de toute la
vie comme la main et chacun sera comme les doigts, très
petit, puis plus grand, puis très grand, puis fatigué
et enfin vieux. Et plutôt que d'attendre 15 ou 20 ans pour
vivre peu à peu comme chaque doigt, il vaut mieux tout
de suite recevoir toute l'expérience de chaque âge
en écoutant les autres vraiment. C'est ce que je fais,
et je reçois toute leur expérience de plein d'années.
Et en plus, tous ces gens me considèrent vraiment comme
leur ami et m'aiment beaucoup. En fait, nous sommes pareils, nous
sommes simplement placés à un point différent
de la main, mais nous sommes chacun faits selon la même
main". Quelle sagesse avait cet enfant!
J'ai appris beaucoup de lui et j'ai vite constaté que les
enfants sont à même de parler de tous les thèmes
qui préoccupent les adultes, je dis bien de tous; que les
vieux parlent des mêmes thèmes qui préoccupent
les jeunes, etc. Et c'est une "illusion" que de croire
en des différences fondamentales. Nos textes en parlent
souvent à propos de nos Sages, jeunes ou âgés.
S'ils sont Sages.
|
Sachez que ce thème "un prisonnier ne se délivre
pas lui-même de la prison" est constant dans nos textes.
Ainsi la page 95a de Sanhédrine rapporte des épisodes nombreux
où le Roi David était en danger et un adversaire le jeta
en l'air puis planta sa lance à la verticale pour que David retombe
dessus, mortellement transpercé. Quelqu'un dit alors le Nom divin
et David évita la chute sur la lance. On pose alors la question
: "mais pourquoi David n'a-t'il pas prononcé lui-même
le Nom divin afin d'être sauvé?" et la réponse
est : "un prisonnier ne peut pas se libérer lui-même
de la prison, Ein 'havouch motsi atsmo mibeit haassourine".
Voir également le Traité Nédarim 7b.
Cela nous montre qu'il y a ici plusieurs règles
de la Torah pour l'amour et
NOUS AVONS A PASSER NOS COMPORTEMENTS AU CRIBLE AVEC CES 7 REGLES
à mémoriser
(faites l'exercice ensuite de les répéter les 7
sans regarder le texte):
1. la règle de l'interdépendance totale: au point
que celui qui souffre ne peut pas se guérir par
soi-même de ses douleurs, même s'il a acquis tous
les enseignements de la Torah et toutes ses lumières.
2. celui qui ne reçoit pas d'autrui ne guérira pas,
nous dit la Torah.
3. celui qui ne reçoit que des paroles verbales et théoriques
ne reçoit rien non plus d'autrui. L'aide est absolument
concrète: donner de soi concrètement. C'est là
que se traduit: tu aimeras ton proche comme toi-même.
4. celui qui ne reçoit pas immédiatement
ne recevrait pas et ne guérirait pas.
5. il n'y a pas de fonctions sociales ni de qualités
différentes des êtres qui dispensent de cette aide.
En ce domaine, nous sommes tous égaux.
6. cela est réciproque: il n'y a pas des êtres
qui sont destinés à recevoir et d'autres à
donner. Qui reçoit doit à son tour donner autant
de soi-même et ne pas laisser le donneur en position de
donneur: il est un être humain également qui ne peut
pas davantage se libérer par soi-même.
7. il ne s'agit pas d'étudier seulement la Torah
quand d'autres souffrent et sont "pauvres" réellement.
Il faut "partager" et concrètement, et immédiatement,
et sans hésitation; sans utiliser aucun prétexte.
C'est cela la Torah.
Voir notre
page sur la fraternité, ici le lien. |
Je donnerai ici deux exemples vécus personnellement.
- je consultais un jour le Rav Chalom Messas, zal, Grand Rabbin
de Jérusalem, dans une situation personnelle difficile. Ses mots
furent brefs et sûrs comme d'habitude. Mais la main posée
sur la tête avec affection pendant la bénédiction
et la bonté et l'assurance du regard furent essentiels dans ce
que j'ai reçu, pour surmonter immédiatement la difficulté.
- réciproque: je vous montre ici une photo que j'ai prise entre
le Rav Ôvadia Yossef, chalita, réconfortant l'endeuillé
le Grand Rabbin de Paris David Messas, après le décès
de son père, le Rav Chalom Messas, zal, Grand Rabbin de
Jérusalem: il n'y a pas seulement les mots, la main caresse le visage, application directe du texte du Talmud que nous venons d'étudier.
Retenons la scène, et tout ce qui a été dit de la
main, nous retiendrons tout l'enseignement.
Nous apprenons ainsi la Torah en regardant vivre les grands Sages et non
seulement en lisant leurs textes sur la Torah.
Voir notre page qui décrit cela: le
chimouche (utilisation concrète) du Rav par ses élèves
dans la vie.
Faisons un parcours ensemble, entre étudiants de la Torah: pourquoi
ai-je pu faire ce lien entre l'existence, le texte sur la main, le texte
de la Torah dans le Talmud, et voir l'acte de la main du Rav?
Parce que la Torah ne s'intègre que lorsque nous relions ces plans:
la compréhension intellectuelle et logique du texte, l'expérience
intime et existentielle des sentiments et du coeur, la traduction de la
Torah en actes.
C'est ce que raconte le Gaone de Vilna: un jour il alla au marché
et ce géant parmi les plus grands géants dit au vendeur
derrière sa table de légumes: "je veux apprendre de
toi, enseigne-moi sur la Torah". Le vendeur fut pris de panique devant
une telle demande du plus grand en Torah, du plus saint, et refusa. Le
Gaone (qui probablement comprenait la valeur du vendeur, et qui voulait
vraiment apprendre d'un autre) insista avec autorité et le vendeur
essaya et dit: "On a compris ce que veut nous dire la Torah quand
on va au marché et qu'on est capable de voir pour chaque chose
qu'on ne doit pas voler, pas dire du mal des autres, être juste
dans ce que l'on dit, dans ce que l'on vend", etc. Le Gaone lui dit:
"J'ai appris de toi ce qu'est vraiment la Torah et comment il faut
en même temps l'étudier et la vivre".
C'est cela que nous essayons de faire sur Modia.
Et vous voyez que nous prenons les enseignements aussi bien chez les Sages
de toutes les communautés car nous sommes tous ensemble une seule
et même Torah où chaque lettre différente est indispensable.
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