Lag baÔmér - 33e jour du Ômér
Hod (splendeur) qui est dans la splendeur
La fête de la victoire de l'amour-Torah sur la méchanceté
Cette étude est offerte
à tous ceux qui vont se marier en cette fête qui est
le symbole du mariage du ciel et de la terre
dans la Torah. Et pour que tous les Juifs découvrent
la joie de vivre ainsi sur la terre d'Israël dans la paix
et la présence de cet amour sûr et réciproque.
Voyez aussi:
Résumé
Ce jour-là, le 33e jour du compte du Ômér,
entre Pessa'h et Chavouôte, s'est arrêtée l'épidémie
mortelle qui a tué 12000 duos d'étudiants soit 24000
élèves de Ribbi Âqiva. Et il a pu reprendre l'enseignement
de la Torah à ses grands disciples : Ribbi Méïr,
Ribbi Chimeône, Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossi et Ribbi Elâzar.
Le 33e jour de l'Ômér
est la fête dite de Lag baÔmér où
on célèbre en grande joie la hiloula (jour du
décès comme entrée dans la gloire d'En-Haut)
de Rabbi Chimeône bar Yo'haï. C'est un peu le modèle
de l'union que le peuple juif et chacun devraient avoir avec le Créateur.
C'est aussi le jour où il reçut la sémikha
ou titre de rabbin.
Les fêtes et mariages reprennent.
On allume beaucoup de lumières,
bougies, et on fait des feux de joie (médourote), surtout
à Jérusalem. On trouve ce mot dans le livre d'Ezéchiel
24, 9-10. Jeter de l'huile sur le feu, au sens figuré, se dit
aussi en hébreu léhossif chémén la
médoura.
Ce jour-là), des milliers de juifs
vont en famille à Mérone sur la tombe de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï. Des autobus les y amènent de tout le pays.
Ils y prient pour tout Israël, pour que la miséricorde
(Ra'hamim) se répande sur tout Israël. Ils apprennent
aux enfants le sens des péotes, cette mèche de
cheveux qui descend des deux côtés de la tête au
dessus des oreilles.
Présentation de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
Il est l'élève de Ribbi Âqiva,
nous devons donc présenter son maître pour comprendre qui
il est. Car nos Sages ne sont pas des personnages éthérés
vivant dans l'étude qui les préserverait des conditions
de ce monde-ci ; mais ce sont des êtres concrets qui ont
souvent vécus des épreuves plus grandes que celles d'aucun
d'entre nous.
L'époque
Nous sommes dans la 12e génération des tannaïm
qui s'étend de l'an 110 du compte commun (3870 du calendrier
juif) sous Trajan à la chute de Bar Korba à Bétar
en 135 (3895) sous Hadrien. On appelle tannaïm ceux
qui ont enseigné la michna, jusqu'à la rédaction
de la michna vers l'an 200. Le verbe tanna signifie enseigner.
Les maîtres de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
On trouve à cette époque les grands disciples de Ribbi
Éliêzér Haggadol :
- Ribbi Âqiva ben Yossef à Bné Braq (voir
Baba Qama 5 a-6), qui sera le maître de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï ;il est parfois nommé Qor'ha.
Il est le disciple de Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, de Na'houm
iche Gamzou et de Ribbi Éliêzér.
Il a formé les plus grands de sa génération
dont Ribbi Yichmâel et Ribbi Méïr.
Ses collègues d'étude étaient particulièrement
Ribbi Yehoshua ben 'Hanania, Ribbi Yichmâel ben Élicha,
Ribbi Chimeône ben Azzaï, Ribbi Tarfone.
Il a vécu la destruction du Temple et y a survécu
68 ans.
Bien qu'il commençât à s’adonner totalement à
l’étude à l’âge de 40 ans seulement (et grâce
à son épouse Ra'hel), il parvint à être l'un
des sages du Grand béit dine de Jérusalem. Il développa
la yéshiva de Bnéï Braq et commença
à recueillir l'ensemble des traditions et les ordonna très
bien, "en anneaux comme dans un collier".
Il soutint la révolte de Bar Korba et périt dans de
grandes souffrances avec les 10 martyrs nommés âsséra
arouguéï malkhoute.
C'est de lui qu'il est dit : "il faut attribuer une michna anonyme
à Ribbi Méïr, une tossefta anonyme à
Ribbi Né'hémia, un Sifra anonyme à Ribbi
Yéhouda, un Sifré anonyme à Ribbi Chimeône
bar Yo'haï, et toutes viennent de Ribbi Âqiva", leur
maître.
Ses collègues, autres grands
disciples de Ribbi Éliêzér Haggadol étaient
:
- Ribbi Yossé Haggalili dont on ne sait qui fut son maître
mais qui est considéré comme l'un des plus grands (Baba
Qama 12 b, ligne 11).
- Ribbi Yichmâel ben Élicha (Baba Qama 6 b, ligne 34),
de Kfar Aziz près du Jourdain, renommé pour sa grande
richesse, il établit sa grande yéchiva nommée
Yéchiva devéi Ribbi Yichmâel et des middrachim
portant ce nom ont été rédigés ; il y inscrivit
les 13 middotes ou règles qui servent à interpréter
la Torah, liste qui est lue chaque matin dans la prière après
la partie des sacrifices (qorbanote). Il est également
l'un des 10 martyrs.
- Ribbi Tarfone de Lydda (Baba Qama 14 a, ligne 38) était le
talmid 'havér de Ribbi Âqiva ; arfois cité également
comme l'un de ses amaîtres, il est nommé "le père
de tout Israël".
- Onqélos, le
converti ou prosélyte ou guér tsédéq,
a réalisé le Targoum Onqélos, une traduction
de la Torah en araméen qui éclaircit de nombreux sens
du texte original et qui est lue chaque matin avec les versets de la
section hebdomadaire de la Torah (rappel de méthode : on lit
deux fois chaque verset de la Torah et une fois sa traduction par Onqélos).
D'autres guérim, convertis, sont nommés Ben Hé
Hé ou Ben Bag Bag, faisant allusion aux deux lettres
hé du nom divin et à leurs "parents" en judaïsme
: Abraham et Sara.
- Ribbi Chimeône ben Azzaï (BQ 13 a, ligne 5), qui était
également versé en nistar, ce qui est caché,
etc.
Dans le traité Roche Hacchana 31 a, ligne 5, on trouve la description
des 10 déplacements du Grand Sanhédrine qui eurent lieu
à cette époque.
Nous arrivons à la génération
de Ribbi Chimeône bar Yohaï :13e génération
des tannaïm qui s'étend de la chute de Bar Korba
à Bétar en 135 (3895) à l'an 170 (3930).
On y trouve les élèves
de Ribbi Âqiva et ses collègues d'étude :
- le grand Ribbi Méïr (Baba Qama 16 a, ligne 46 ;
23 b...). Son nom d'origine était Ribbi Miacha ; ce nom
de Méïr, venant de la racine signifiant "lumière",
lui fut donné parce qu'il illumine les yeux des Sages. Beaucoup
d'enseignements rapportés par lui sont mis sous le nom de a'hérim
omerim, "d'autres disent" ; Baba Qama 11 a ; 33 a ; cette expression
indique qu'il tient cet enseignement de son maître Élichâ
ben Abouya surnommé a'hér, "l'autre", en 'Haguiga 15 a.
Cette expression concerne parfois Ribbi Natane.
Il s'agit de Ribbi Méïr quand il est dit : "un élève
rapporte une tradition de Ribbi Yichmâel devant Ribbi Âqiva"
car il reçut son enseignement de Ribbi Âqiva et de Ribbi
Yichmâel, élève lui-même de Ribbi Âqiva.
Ses collègues d'étude cités par diverses
sources étaient : Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossé ben
'Halafta dont il s'agit quand on trouve seulement le nom Yossé
(Baba Qama 20 b ; 21 b), Ribbi Chimeône, Ribbi Elâzar ben
Chamouâ, Ribbi Yo'hanane Hassanedélar, Ribbi Né'hémia.
La halakha ne fut pas retenue selon la démonstration
qu'en donna Ribbi Méïr, non pas parce qu'il se trompait
mais parce que son niveau de compréhension était beaucoup
trop au-delà de la mesure de sa génération.
Le talmud insiste sur la
grandeur de son épouse Brouria, reconnue pour ses compétences
halakhiques par les grands de son temps, qui était capable d'étudier
en un seul jour 300 traditions de 300 Sages, apprenait aux étudiants
les méthodes de l'étude, les corrigeait à ce sujet
et donnait à son mari l'interprétation exacte de versets
concernant la prière. Il décéda le 14 Iyar.
C'est dans ce contexte extraordinaire de
science de la Torah que vivait celui que nous célébrons
Ribbi Chimeône bar Yohaï (Baba Qama 17 a, ligne 17
; 20 a ; 84 a).
Il fallait dire tout cela pour ne pas donner prise aux préjugés
méprisants qui voient en toute coutume populaire juive quelque
chose de crédule et de primitif. Qui peut prétendre avoir
le niveau de ces maîtres. Ce sont ceux qui savent qui les révèrent
pour leur grandeur effective. Lire ce qu'on dit des bnéi aliah
dans le Traité Souccah 45 b, et pages 67 et 268 du Lév
Gompers : on parle de bnéï âlia, les "membres
de l'élévation", pour parler de l'élite intellectuelle
et morale qui est le lieu de la présence divine dans le peuple.
Ribbi Chimeône bar Yohaïest
connu comme le rédacteur de la tradition qui allait devenir le
livre du Zohar.
Il exprima sa vive opposition à Rome et dut, pour son intransigeance,
passer 13 ans en cachette, avec son fils Ribbi Elâzar, dans une
grotte.
Il est donc un des élèves de Ribbi Âqiva en
même temps que Ribbi Méïr, Ribbi Yehoshua Haggarsi,
Ribbi Yossé ben 'Halafta, etc.
Il est le maître de Ribbi Yéhouda Hannassi et de
Ribbi Chimeône ben Yéhouda.
Que tous ces exemples (celui qui commença
à étudier à l'âge de 40 ans, le converti,
Brouria) leur volonté et leurs difficultés nous soutiennent
tous dans notre effort laborieux pour connaître la Torah et en
vivre.
Quelle est la note particulière de Mérone
?
C'est une petite bourgade de Galilée,
à 15 km environ au nord-ouest du lac de Tibériade (Tibérias),
à quelques kms de Tsafte, Saféd. C'est le Sud des monts
de Galilée. En venant de Tsfate par la route 89; au carrefour
Mérone, on prend la route 866 et on entre dans Mérone.
Son nom veut dire "les eaux élevées" (mé-rom).
Yehoshua y a remporté une victoire (Livre de Yéhohua 11,
5-7).
(source
de la carte. lien)
Synagogue de
Mérone
On y trouve encore la façade d'une très belle synagogue
du 3e siècle avec un beau fronton de pierre.
La puissance des centaines de synagogues de cette époque dans
la Galilée et sur le Golane devraient définitivement ôter
de notre esprit ce mensonge historique que la terre d'Israël fut
désertée par ses habitants juifs après la destruction
du Temple en l'an 68.
Ce mensonge repose sur l'antisémitisme religieux chrétien
fondé sur l'idéologie que l'ancien testament était
fini. De même, la fixation arbitraire à l'année
70 pour la destruction du Temple voudrait faire accroire qu'il y a une
plénitude (sens du nombre 70) des temps avec cette année
qui achève un cycle pour en ouvrir un autre.
La vérité est autre, la vie continua sur la terre d'Israël
: aux siècles suivantes des armées juives existantes encore
s'allièrent à Bizance contre Rome et c'est alors l'empire
romain décadent qui l'emporta, c'est seulement alors que la présence
juive devint mineure, et ensuite arrivèrent les invasions arabes
avec l'islam.
Dans ces synagogues de Galilée et du Golane, il n'y a pas d'emplacement
de l'armoire de la Torah en face du public, mais elle est souvent disposée
dans une pièce de réserve à côté de
la salle de prière. La disposition orientée du public
orientée vers l'armoire de la Torah est relativement récente
, sous l'influence européenne du culte chrétien qui a
adopté cette disposition.
Par contre, la disposition juive traditionnelle centre les sièges
de tous les participants en carré vers la bama (estrade)
de celui qui dit la prière au nom de tout le public (chalia'h
tsibbour). Cette disposition veut garder l'analogie avec la disposition
sainte des hébreux dans le désert en camp de qéddoucha,
sainteté.
La majorité des synagogues séfarades ont gardé
cette disposition juive traditionnelle qui manifeste aussi le respect
de la diversité.
La seule orientation uniforme du public est l'orientation pendant la
prière de la Âmida : vers Jérusalem.
Des restes de ces siècles de dispersion en milieu non juif restent
dans l'architecture de nombre de synagogues de la diaspora. Un exemple
typique est la belle Synagogue du 19e siècle, de la rue de Tournelles
à Paris, orientée dans la direction opposée à
Jérusalem et où le public prie lui-même en ce sens,
même pendant la âmida, s'orientant vers l'armoire
de la Torah ainsi orientée.
Les tombes
de la région de Mérone
On y trouve dans un senteur de quelques centaines de mètres
:
- ensemble, la tombe de Ribbi Chimeône bar Yohaï ; son fils
Ribbi Eleâzar, Ribbi Yits'haq.
- à proximité, la tombe de Ribbi Yava Saba et celle de
Ribbi Ada Saba.
- un peu plus loin, celle de Hillél hazzaqén et celles
de ses étudiants.
- puis celle de Ribbi Yo'hanane hassandélar.
- plus au Nord, celles de Ribbi Yossi ben Qisma, Ribbi Elâzar
ben 'Hasma, Ribbi Yéhouda ben Bétira.
- plus au Sud, les tombes de Chammaï hazzaqén, de sa femme
et de ses élèves. La grotte des Cohanim et ce que l'on
nomme le siège d'Eliahou hannavi.
- près de la route, la tombe de Rav hammanouna Saba.
C'est donc une extraordinaire concentration des plus grands maîtres
de la Michna et du Talmud.
Voici la tombe de Ribbi Chimeône bar Yohaï
(conditions de prise de vue difficiles pour la luminosité et
par le nombre de personnes. Photos de l'auteur). Le second côté
de la tombe est présenté dans la salle de prière
des femmes, de l'autre côté.
Voici maintenant la tombe de Ribbi
Elâzar, fils de Ribbi Chiméone bar Yo'haï.
Entre le mur et la grille, il y a environ 80 centimètres. A travers
la grille, vous voyez le tapis de velour
posé sur la matséva et le nom brodé dessus.

Et voici la pierre ancienne de la matséva, près du sol.
Pensons bien au tsaddiq dont les restes sont ici présents et
dont une part de la néchama
ne se détache pas jusqu'à la résurrection des morts
(té'hiyate ha métim).
Voici la tombe de Ribbi Yo'hanane hassandélar, à quelques
centaines de mètres au dessus du niveau
de lee de Ribbi Chiméone. Nous approchons et la découvrons
ainsi.
Vous voyez la raideur de la peine. Le monument est petit mais impressionnant
de pureté des lignes et des couleurs.
Approchons et nous voyons la cavité où on allume les bougies
en l'honneur de la néchama.
Levons le regard comme ces flammes et nous sommes dans la pureté
face à ce ciel immense et vivant,
rencontre de la terre et du ciel. Il s'est passé à ces
niveaux des événements uniques en ce lieu.
Montons les quelques marches du petit escalier qui nous conduit derrière
le monument
et, dans le bas, à quelques centaines de mètres, nous
apercevons le bâtiment de Ribbi Chiméone.
Nous redescendons et passons devant la tombe de Ribbi Chiméone,
la contournons et, plus en bas,
derrière elle, nous arrivons à la tombe de Hillel que
vous auriez probablement manqué
car il y a peu de visiteurs qui connaissent ces emplacements dans la
nature.Ici, c'est vraiment la modestie
et la discrétion de Hillel l'immense. Elle est creusée
dans le rocher.
La salle est noire, avec quelques faibles bougies. C'est le flash de
l'appareil-photo qui en fait découvrir l'architecture et la présence
de ces tombes. Hillel et ses élèves, recueillement face
à eux et à leur enseignement. Et, en ce lieu, il est dit
que l'on peut participer mieux aux qualités qu'ils ont apportées.

Approchons encore pour nous recueillir.
Je souhaite que, de loin, vous puissiez quelque peu participer de votre
terre et de toute sa vie interne. Tout cela nous a été
donné comme Torah vivante, en direct. On ne peut pas s'en dispenser.
Ajoutons qu'à proximité,
à Tsafate (Saféd), il y a aussi
les tombes de :
- 'Hanna et ses sept fils, des tannaïm,
- Ribbi Yits'haq Louria, le Ari, son maître, R. Moché Cordovéro
dont nous étudions Tomér Dévora pendant le Ômér,
et R. Chlomo Alkabéts le rédacteur du Lékha Dodi,
Rabbénou Yosséf Caro, R. Moché Alchékh,
R. Yits'haq Abouav, etc.
Nous nous y rendons, si D.ieu veut.
A Tibériade,
à proximité également, on trouve les tombes de
nombreux Sages dont :
- Bilha et Silpa,
- Ribbi Eliâzér haggadol,
- Ribbi Méïr baâl hannés (décédé
le 14 Iyar),
- les élèves de Rav,
- Ribbi 'Haya, rédacteur du Talmud,
- Ribbi Âqiva,
- le Rambam, le Chala haqqaddoche dont nous étudions les commentaires
sur chaque paracha.
On comprend donc le sens particulier
de cette région de Mérone, dont on dit aussi que c'est
de Galilée que naîtra le Messie, le Machia'h.
Le sens du pélerinage
sur les tombes des Sages
1. Le judaïsme pense qu'il n'y a jamais, jusqu'à la résurrection
des morts, une séparation totale des restes du corps d'avec
la personnalité, le néféche du défunt.
2. Donc, c'est un lieu où la présence des qualités
du Sage subsiste et peut se transmettre à celui qui vient péleriner
dans une intention de téchouva (retour).
3. De plus, le traité Bérakhote décrit comment,
de leurs tombes, les Sages se soucient de nous et intercèdent
pour nous ; il n'est donc pas répréhensible de recourir
à leur aide pour qu'ils interviennent auprès de D.ieu
car les prières ne sont pas adressées à ces Sages
eux-mêmes.
4. La mort d'un Sage prive certes ses proches de sa présence
visible et sensible, mais c'est aussi un "mariage" (hilloula terme
employé en Bérakhote 31 a) ce qui veut dire une union
complète entre son potentiel, son être et D.ieu. Et cela
se fête.
Ainsi, à Djerba, en Tunisie, la célébration de
la hilloula de Ribbi Chimeône bar Yo'haï était importante
et célébrée avec l'ornementation de la grande ménora
pyramidale que l'on promenait.
La hiloula du Rambam dut appelée Maïmouna puis Mimouna,
et se célébrait à la sortie de la fête de
Péssa'h au Maroc.
La hiloula de Ribbi Chimeône bar
Yo'haï
Elle est décrite déjà dans le Chaâr haccavanote
du Ari (Louria)
qui y allait avec sa femme et ses enfants et y réalisa la cérémonie
de la 'halaqa, couper les longs cheveux d'un garçon de
trois ans, à proximité de la tombe de de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï.
Se rendre à la hiloula de Ribbi Chimeône bar Yo'haï,
c'est exprimer son amour de la Torah dont il a pu connaître l'intimité
et nous l'a transmise dans le Zohar.
C'est aussi méditer sur sa vie exceptionnelle.
Mais il y a des règles de bonne conduite à adopter, prendre
connaissance ici de ce qu'a écrit le Rav Yossef Messas à
ce propos (lien ici).
Les enseignements de Ribbi Chimeône
bar Yo'haï
Prenons-en quelques exemples.
1. Il sauve le peuple par la Torah
dans une période terrible (voir le lien du mariage et de
la Torah dans ce contexte de la page 62 b du Traité Yébamote)
:
"Même si un homme s'est marié très jeune, il doit
se remarier (s'il est veuf) à un âge avancé. Même
s'il a eu des enfants dans sa jeunessse, il doit encore en avoir dans
sa vieillesse, comme il est dit dans l'Ecclésiaste 11, 6. Ribbi
Âqiva dit : même si l'on a étudié la Torah
dans sa jeunesse, on doit encore l'étudier dans sa vieillesse
; et si on a eu des élèves dans sa jeunesse, on doit encore
en avoir dans sa vieillesse. Ribbi Âqiva en avait 12000 duos soit
24000 étudiants et ils moururent tous en une seule période
(entre Péssa'h et le 33e jour de l'Ômér) parce qu'ils
ne se respectaient pas assez les uns les autres. Alors la situation
était tragique jusqu'à ce que R. Âqiva donna son
enseignement à Ribbi Méïr, Ribbi Chimeône,
Ribbi Yéhouda, Ribbi Yossi et Ribbi Elâzar. Ce sont
eux qui ont fortifié la Torah à cette époque".
(Note personnelle. Tirons-en la conclusion, pour tous ceux qui se
lamentent sur notre situation, que tous ceux qui ont des connaissances
doivent les partager).
2. Il nous a transmis le meilleur de
tout ce qu'il savait :
La page 67 a de Guittine décrit les qualité de chacun
des grands Sages et elle termine en disant : "Ribbi Chimeône bar
Yo'haï moud beaucoup de grain (de Torah) et il ne laisse presque
rien se perdre... Il oublie peu, il ne rejette de sa mémoire
que le son. Il disait de lui-même à ses élèves
: mes fils apprenez ce que je vous enseigne, car c'est le meilleur du
meilleur de l'enseignement que donnait Ribbi Âqiva".
(Note personnelle. Nous avons appris de ces grands Sages qu'il faut
enseigner le meilleur, qu'il faut organiser le savoir pour le retenir.
C'est ce que nous essayons de faire sur Modia et dans le Lév
Gompers).
3. Il savait résister aux pressions
culturelles environnantes avec lucidité :
Page 33b du Traité Chabbate : "Un jour Ribbi Yéhouda,
Ribbi Yossi et Ribbi Chimeône étaient assis et Ribbi Yéhouda
dit : Comme les réalisations des Romains dans notre pays sont
belles ! Ils construisent des marchés, des ponts, des bains...
Ribbi Yossi se tut et Ribbi Chimeône bar Yo'haï dit
: C'est uniquement pour leur propre intérêt qu'ils ont
fait tout cela (et ce n'est pas notre voie ni nos valeurs) : ils ont
ouverts de marchés pour que les prostituées s'y trouvent,
des bains pour leur confort, et des ponts pour nous prendre notre argent
par le péage. Ribbi Yossi le raconta, les Romains l'apprirent,
récompensèrent R. Yossi, exilèrent R. Yossi et
décidèrent de faire mourir Ribbi Chimeône bar Yo'haï
. Il partit donc se cacher dans une caverne.
(Note personnelle. Dans une époque où les juifs, revenant
sur leur terre et se réunissant, sont soumis comme tous à
une pression culturelle terrible du monde occidental -argent, medias,
compétition sauvage, dépendance, idéologies- ces
exemples de courage sont à méditer).
4. Il précisait que, parmi tous
les enseignements, ce qui sauvera le peuple juif, c'est le chabbate
: "si les enfants d'Israël observent comme il le faut deux
chabbatote, ils arriveronnt alors immédiatement à
la guéoula, la libération" (Traité Chabbate
118 b) et ensuite il y est dit ce qui sera repris tellement par les
maîtres de la région de Mérone dans le Lékha
Dodi : Le soir du Chabbate, Ribbi Yanaï disait : boï
khala, boï khala, viens fiancée, viens fiancée"
(119 b et voir Baba Qama 32).
5. Il faudrait citer ici tout le Zohar...
6. A chacun sa fête,
on aime tout Israël
Quelques liens originaux pour
la joie de Lag Ba Ômer
- Très belles photos du Rabbi
de Loubavitch, prises pendant des fêtes de Lag ba Ômer
- Un
site qui fait le lien entre la fête de Lag ba Ômer
et les arcs !
N'OUBLIONS PAS
Mérone, nous pouvons y aller. N'oublions pas ce qui arrive à
nos lieux saints que nous avons remis en zone palestinienne et qui subissent
un triste sort. Sur le mont du Temple à Jérusalem, les
arabes violent les accords et continuent à détruire tout
signe de présence juive ; ils ont extrait des tonnes de matériaux
de l'époque du premier Temple à celle du second Temble
et les ont jeté dans une décharge publique, à la
consternation des archéologues qui parlent de la plus grande
catastrophe en ces lieux depuis les Romains. La réaction, comme
d'habitude, des autorités : ne pas réagir pour qu'il n'y
ait pas de détérioration des relations. Le mois de mai
2000, la tombe de Joseph à Naplouse fut saccagée à
nouveau par les Palestiniens qui incendient les locaux, tirent à
tir réel et détruisent les livres saints. Les étudiants
juifs qui avaient l'autorisation de maintenir une présence juive
y vivent traqués sans autorisation de réparer les locaux
quand ils se détériorent. Ils sont en principe protégés
par l'armée israélienne mais elle dit qu'il est très
difficile de les défendre et elle n'a pas permis aux journalistes
de venir filmer l'étendue des dégats.
A Hévrone, le vieux cimetière juif d'avant le massacre
de 1927, qui comprend de nombreuses tombes de grands tsaddiqim continue
d'être systématiquement saccagé.
Sans notre collaboration, rien de cela ne pourrait se faire.
Quelques belles pages du Zohar sur Ribbi
Chimeône bar Yo'hai
Sa grandeur exceptionnelle
- HQBH décrète des décisions terribles et
Ribbi Chimeône les annule (8 a). Ribbi Chimeône éclaire
tout et sa lumière ne s'éloigne pas de nous. (II 86 b).
Il éclaire tout le monde entier par la Torah (I 156 b). Sa sagesse
se diffuse en toutes les générations (III 219 a).Il était
comme un feu et nul ne pouvait s'en approcher sans en avoir obtenu la
permission (III 187 b). Il n'y aura aucune génération
jusqu'à la venue du Machia'h comme celle de Ribbi Chimeône
(III 58 a) et le monde subsistera jusque là grâce à
cette génération (II 9 a). Tous les hommes sont en comparaison
de Ribbi Chimeône comme tous les prophètes en comparaison
de Moché Rabbénou (III 278 a). Ceux qui ont vu Ribbi
Chimeône ont vu l'ensemble dde et toute la joie qu'il y a ici
bas et dans les mondes d'En Haut (I 156 a).
Ses qualités
- Aux jours de Ribbi Chimeône, tous les étudiants de la
Torah s'aimaient et c'est pour cela qu'ils ont mérité
de recevoir la connaissance des secrets de la Torah. (II 190 b).
- Son souci premier était l'yunion entre les Juifs (III 295 b).
- Il dit : j'ai compris que mon épouse est morte, car je ne ressens
plus sa présence ( III 170 a).
- Tout ce qu'il disait se réalisait et dans la beauté
(II 104 a).
- Il est comme un rocher sur lequel le monde s'appuie (II 97 b).
Son importance
- Ribbi Chimeône tu es important pour les cieux et tu es
aimé de HQBH. (II 187 b). Elie lui dit que toutes ses paroles
étaient inscrites devant HQBH (Zohar Hadadache Chir ha Chirim
76 b). Dès le début de la création du monde, HQBH
est resté en présence de Ribbi Chimeône (III
61 b). Dans la Yeshiva d'En Haut, HQBH cite des enseignements de
Ribbi Chimeône qui éclairent de façon nouvelle la
Torah (III 241 b). Il lui a été permis de dévoiler
des secrets de la Torah qui seraient restés cachés sans
lui (II 9 b et en de multiples endroits). Celui qui n'est pas relié
à Ribbi Chimeône est comme s'ilétait coupé
de tout (II 86 b).
Son rôle protecteur
Il a des justes dans le monde mais aucun ne protège comme lui
(II 292 a).
Dans sa générations, même les bébés
ont bénéficié de sa sagesse supérieure (III
171 a) comme les montagnes que sont les patriarches (III 206 a).
Ce
qu'est l'amour selon la Torah
Nous en trouvons la description dans le Traité Bérakhote
du Talmud, page 5b. La scène met en présence des grands
Sages de la Torah, afin de nous montrer que, même eux, doivent
ne pas se tromper sur ce qu'est le véritable amour tel que le
veut la torah, et qu'il ne suffit pas de parler de Torah pour bien la
vivre. Ecoutons la scène très concrète et bouleversante.
Elle se passe à la fin de la période de rédaction
du Talmud, dans la 1e génération des amoraïm entre
un malade, Ribbi Yo'hanane; et son maître Ribbi 'Hiya:
La 1e génération des amoraïm:
- Ribbi 'Hiya, Ribbi Ochaya...
- Rav, en Babylonie, 219-247 (4007)
- Chmouel, en Babylonie, vers 220-254 (4014)
La 2e génération des amoraïm:
- Ribbi Yo'hanane, à Tibériade, 230-290 (4050) et Réche
Laqiche
Voyez cette page pour bien les situer: http://www.modia.org/lev-gompers/torah-talmud/maitreschaine.html

Ribbi 'Haya bar Abba 'halach
Ribbi 'Hiya fils de Abba était malade.
Âl lé gabé Ribbi Yo'hanane
Entra vers lui Ribbi Yo'hanane. (remarquons le déplacement réel,
vers, une rencontre effective et dans l'attitude profonde)
'havivine âlékha yéssourine?
Est-ce qu'elles te sont agréables et chères les souffrances?
(Le maître pose la question véritable, sans détour).
Amar lé: la hén vé la sékharane.
Il lui dit (répondit): ni elles ni leurs récompenses.
(vérité du malade qui est un pauvre absolu -dit le Talmud),
vérité de l'ajustement entre la théorie et la pratique,
vérité des mots, et dialogue qui ne se disperse pas dans
des mots inutiles).
Amar lé: la hén vé la sékharane.
Il lui dit : ni elles ni leurs récompenses. (audace, mais vérité
de celui qui souffre, et est honnête).
Amar lé: Hav li yédakh
Il lui dit: donne moi ta main. (rapidité de la réponse,
attention immédiate au niveau de l'autre, changement de plan
depuis les mots de théorie vers les mots qui parlent du corps).
Yéhav lé yédé véoqémé
Il lui donna la main et il se rétablit.
Placez l'un ou l'autre des deux personnages dans la proposition et dans
l'acte, mais le résultat est le même. Puis la même
scène se reproduit ensuite exactement entre Ribbi Yo'hanane qui,
lui, cette fois est malade et Ribbi 'Hanina qui le visite.
Remarquez bien que le visiteur ne fait pas l'erreur des faux amis de
Job qui le raisonnent sur la logique religieuse de sa maladie, sur la
causalité ("tu es malade parce que tu manges trop de sucre,
parce que tu es fragile, parce que tu es dans tes jours difficiles,
parce que tu es fragile, parce que tu es jeune, parce que tu ne dors
pas assez, parce que tu vieillis, parce que tu travailles trop, parce
que tu as des soucis, parce que D.ieu envoie des épreuves, parce
que c'est comme cela dans la vie pour chacun, etc."). Comme disait
Molière: "et voilà pourquoi votre fille est muette".
Ou le Dr Knock qui était maître en ces logiques stupides
qui ont un but: ne pas voir et ne pas entendre la souffrance,
mais en fait ne pas vouloir guérir l'autre en lui disant ce qui
guérirait.
La liste est sans fin de ce qui est là plus qu'une erreur psychologique,
c'est une erreur d'intelligence de base humaine de celui qui ne comprend
encore rien de rien à cette relation humaine effective où
on doit ressentir ce que vit l'autre; j'ai appelé cela
par ce concept: "être sensible à la sensibilité
de l'autre".
C'est aussi une cruauté de ne pas aider celui qui souffre, de
ne pas l'alléger mais lui mettre un surcroît de charge
avec ce qui n'est vraiment pas le sujet. J'ai vu ainsi, auprès
de personnes venant de perdre l'un de leurs proches, des visiteurs parler
de leurs propres difficultés médicales et contraindre
l'endeuillé à entendre ces théories stupides et
déplacées.
En fait, tout cela est une révélation de l'agressivité
considérable des gens, très spécialement envers
ceux qui souffrent. Que cela soit inconscient, ou que cela soit une
réaction personnelle de défense n'excuse rien, car l'agression
est trop flagrante et trop douloureuse pour celui qui le reçoit.
Nous risquons tous de tomber dans ces erreurs, donc apprenons, ayons
la modestie d'accepter nos erreurs, soyons déterminés
à nous améliorer immédiatement face à l'erreur
reconnue.
Et la question suivante est alors posée par le Talmud clairement:
Amaï? Loqim Ribbi Yo'hanane lénafché.
Pourquoi (cela s'est-il passé si bien)? (Parce que) Ribbi Yo'hanane
était capable de bien réagir (selon la Torah qui enseigne
en ce sens).
Améri: Ein 'havouch mattir âtsmo mi beit ha assourim.
Ils disent (nos Sages): "un prisonnier ne se délivre pas
lui-même de la prison".
Considérez ici l'immense
capital d'expérience humaine sur tant de générations
qu'est le judaïsme, et elle est capable d'atteindre ainsi
des conclusions essentielles auxquelles on ne parvient que
très rarement dans la brièveté des vies
individuelles.
Les gens parcourent aujourd'hui le monde pour capitaliser
quelque peu l'expériences de civilisations différentes.
Par nos dossiers du judaïsme, nous cumulons des milliers
de milliers de générations de vies humaines.
Qui a la sagesse de comprendre cela en étant encore
jeune gagne des décades de vie en sagesse. J'ai connu
un enfant, âgé de 7 ans qui me dit: "chaque
fois que je peux, je vais chez des vieux et je les écoute
ou je leur pose des questions, ils aiment bien parler, raconter
et j'apprends beaucoup, parce que je me suis dit en regardant
ma petite main: la vie est ainsi, on reçoit une unité
de toute la vie comme la main et chacun sera comme les doigts,
très petit, puis plus grand, puis très grand,
puis fatigué et enfin vieux. Et plutôt que d'attendre
15 ou 20 ans pour vivre peu à peu comme chaque doigt,
il vaut mieux tout de suite recevoir toute l'expérience
de chaque âge en écoutant les autres vraiment.
C'est ce que je fais, et je reçois toute leur expérience
de plein d'années. Et en plus, tous ces gens me considèrent
vraiment comme leur ami et m'aiment beaucoup. En fait, nous
sommes pareils, nous sommes simplement placés à
un point différent de la main, mais nous sommes chacun
faits selon la même main". Quelle sagesse avait
cet enfant!
J'ai appris beaucoup de lui et j'ai vite constaté que
les enfants sont à même de parler de tous les
thèmes qui préoccupent les adultes, je dis bien
de tous; que les vieux parlent des mêmes thèmes
qui préoccupent les jeunes, etc. Et c'est une "illusion"
que de croire en des différences fondamentales. Nos
textes en parlent souvent à propos de nos Sages, jeunes
ou âgés. S'ils sont Sages.
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Sachez que ce thème "un prisonnier ne se délivre
pas lui-même de la prison" est constant dans nos textes.
Ainsi la page 95a de Sanhédrine rapporte des épisodes
nombreux où le Roi David était en danger et un adversaire
le jeta en l'air puis planta sa lance à la verticale pour que
David retombe dessus, mortellement transpercé. Quelqu'un dit
alors le Nom divin et David évita la chute sur la lance. On pose
alors la question : "mais pourquoi David n'a-t'il pas prononcé
lui-même le Nom divin afin d'être sauvé?" et
la réponse est : "un prisonnier ne peut pas se libérer
lui-même de la prison, Ein 'havouch motsi atsmo mibeit haassourine".
Voir également le Traité Nédarim 7b.
Cela nous montre
qu'il y a ici plusieurs règles de la Torah pour l'amour
et NOUS AVONS A PASSER NOS COMPORTEMENTS AU CRIBLE AVEC CES
7 REGLES à mémoriser (faites l'exercice ensuite
de les répéter les 7 sans regarder le texte):
1. la règle de l'interdépendance totale: au
point que celui qui souffre ne peut pas se guérir par
soi-même de ses douleurs, même s'il a acquis tous
les enseignements de la Torah et toutes ses lumières.
2. celui qui ne reçoit pas d'autrui ne guérira
pas, nous dit la Torah.
3. celui qui ne reçoit que des paroles verbales et
théoriques ne reçoit rien non plus d'autrui.
L'aide est absolument concrète: donner de soi concrètement.
C'est là que se traduit: tu aimeras ton proche comme
toi-même.
4. celui qui ne reçoit pas immédiatement ne
recevrait pas et ne guérirait pas.
5. il n'y a pas de fonctions sociales ni de qualités
différentes des êtres qui dispensent de cette
aide. En ce domaine, nous sommes tous égaux.
6. cela est réciproque: il n'y a pas des êtres
qui sont destinés à recevoir et d'autres à
donner. Qui reçoit doit à son tour donner autant
de soi-même et ne pas laisser le donneur en position
de donneur: il est un être humain également qui
ne peut pas davantage se libérer par soi-même.
7. il ne s'agit pas d'étudier seulement la Torah quand
d'autres souffrent et sont "pauvres" réellement.
Il faut "partager" et concrètement, et immédiatement,
et sans hésitation; sans utiliser aucun prétexte.
C'est cela la Torah.
Voir notre
page sur la fraternité, ici le lien.
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Je donnerai ici deux exemples vécus personnellement.
- je consultais un jour le Rav Chalom Messas, zal, Grand Rabbin
de Jérusalem, dans une situation personnelle difficile.
Ses mots furent brefs et sûrs comme d'habitude. Mais la main posée
sur la tête avec affection pendant la bénédiction
et la bonté et l'assurance du regard furent essentiels dans ce
que j'ai reçu, pour surmonter immédiatement la difficulté.
- réciproque: je vous montre ici une photo que j'ai prise entre
le Rav Ôvadia Yossef, chalita, réconfortant l'endeuillé
le Grand Rabbin de Paris David Messas, après le décès
de son père, le Rav Chalom Messas, zal, Grand Rabbin de
Jérusalem: il n'y a pas seulement les mots, la main caresse
le visage, application directe du texte du Talmud que nous venons d'étudier.
Retenons la scène, et tout ce qui a été dit de
la main, nous retiendrons tout l'enseignement.
Nous apprenons ainsi la Torah en regardant
vivre les grands Sages et non seulement en lisant leurs textes sur la
Torah. Voir notre page qui décrit cela: le
chimouche (utilisation concrète) du Rav par ses élèves
dans la vie.
Faisons un parcours ensemble, entre étudiants de la Torah: pourquoi
ai-je pu faire ce lien entre l'existence, le texte sur la main, le texte
de la Torah dans le Talmud, et voir l'acte de la main du Rav?
Parce que la Torah ne s'intègre que lorsque nous relions ces
plans: la compréhension intellectuelle et logique du texte, l'expérience
intime et existentielle des sentiments et du coeur, la traduction de
la Torah en actes.
C'est ce que raconte le Gaone de Vilna: un jour il alla au marché
et ce géant parmi les plus grands géants dit au vendeur
derrière sa table de légumes: "je veux apprendre
de toi, enseigne-moi sur la Torah". Le vendeur fut pris de panique
devant une telle demande du plus grand en Torah, du plus saint, et refusa.
Le Gaone (qui probablement comprenait la valeur du vendeur, et qui voulait
vraiment apprendre d'un autre) insista avec autorité et le vendeur
essaya et dit: "On a compris ce que veut nous dire la Torah quand
on va au marché et qu'on est capable de voir pour chaque chose
qu'on ne doit pas voler, pas dire du mal des autres, être juste
dans ce que l'on dit, dans ce que l'on vend", etc. Le Gaone lui
dit: "J'ai appris de toi ce qu'est vraiment la Torah et comment
il faut en même temps l'étudier et la vivre". C'est
cela que nous essayons de faire sur Modia.
Et vous voyez que nous prenons les enseignements aussi bien chez les
Sages de toutes les communautés car nous sommes tous ensemble
une seule et même Torah où chaque lettre différente
est indispensable.
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