Photos de Lag baÔmér à Jérusalem - 33e jour du Ômér
Retour à la page principale sur le sens de Lag Ba Ômér


Deux étapes dans ce reportage: le peuple en préparation, le peuple en fête.

Le peuple en préparation
Une frénésie incontrôlable s'empare des Israéliens et surtout des enfants:
- aller à Méron y camper pour être sur place pendant la nuit et le Jour de Lag ba Omér, là où se fit la hiloula de Ribbi Chiméône bar Yohaï. On parle de 350000 à 600000 Israéliens qui s'y sont retrouvés en passant la nuit sur les pans de la colline dans des tentes improvisées.
- préparer les médourotes (feux de camp). Il paraît que, d'avion, le pays semble embrasé de partout. Dommage que je n'aie pas cette photo à vous montrer.
- les services de sécurité sur le pied de guerre, ainsi que les gardiens de supermarchés car les enfants embarquent les chariots métalliques roulant pour transporter le bois qu'ils trouvent,
- mais aussi les pompiers et infirmiers car ils sont des milliers les incorrigibles qui allument ces feux sous les arbres, créant des incendies, ou s'approchant trop des flammes ou, pis encore, jetant des produits liquides incendiaires pour accélérer l'explosion des flammes et il faut vite les soigner sur place ou les guider vers les infirmeries. Revenons aux gentils enfants et au calme qui s'empare des villes à l'approche de la fête dans l'après-midi. Reportage à Jérusalem. Mon but est de vous permettre de vivre intérieurement cette expérience de Jérusalem.
Celle de Méron est sur la page précédente (lien ici).

Les enfants amoncellent le bois, chacun dans son style (c'est un vrai test projectif pour les psychologues: me ressemble le type de bois que j'amasse et comment je le range ou non ou le porte). Sourions, on est déjà totalement israélienne: même sous le fardeau on a le téléphone portable coincé entre l'épaule et l'oreille, c'est une copine ou maman ("où es-tu, qu'est ce que tu fais, tu rentres bientôt à la maison?", et ajoutez tous les conseils qui font sourire l'enfant déjà bien autonome!). On peut avoir des doigts de pianiste ou de violonisteou de violoncelliste, placés sur le bois comme sur les cordes, mais on vit la fête "avec les copines".

En groupe, on court et on rit comme des petites folles
avec tous ce bois trop lourd qui risque de vous tomber des mains.

Tout est prétexte, en Israël, pour vivre en bande d'amies et amis, dès le plus jeune âge.
Lag ba Omer n'est qu'une occasion supplémentaire. Les amies sont une seconde famille.
Et, dès le plus jeune âge aussi, on voit ici l'assurance et l'aisance des enfants face aux adultes.
Mais, à condition d'être en bande du même âge et de se serrer les uns contre les autres.
Et, vous le remarquez, le sourire, le sourire. Certains diront le culot, la 'houtspa.
Et la douceur. Sain. Typiquement israélien.



Sac à dos, téléphone portable, l'enfant aime se lancer et se donner des défis que beaucoup d'adultes ne feraient pas, l'effort est manifeste dans le visage, le corps ploie mais ne rompt pas.
Et quel sérieux. On devine déjà les jeunes en habits militaires dans des missions difficiles,
et capables.

Les adolescents ont déjà une autre relation: la tâche, certes,
mais chacun trouve déjà son style, celui du garçon comme celui de la fille, typiques.
Le port d'un tronc d'arbre est nécessaire pour manifester sa capacité
et permet la distance dans la tâche commune.



Vous découvrez ainsi toute la vie israélienne
si avec vos enfants vous pensez sérieusement à la alyah.

Rien à voir avec la besogneuse fourmi fonctionnaire qui s'épuise à la recherche en solitaire

Depuis la ferme de l'école, le coq et ses compagnes regardent ce manège inhabituel des enfants dans les rues portant des planches, et se posent beaucoup de questions.

Les canards également, mais ils sont plus sages et s'assoient,
ayant compris que cela durerait longtemps

Les anciens ont fait de même dans l'enfance, mais ils s'en reposent profitant,
en maillot de corps, de la douce brise en ce jour de soleil




Les balcons (gzoustra ou mirpéssét) débordent de fleurs mais tout est calme,
on se repose avant la fête.


Peu de circulation, les fleurs et l'harmonie silencieuse aux carrefours,
quelque chose de sérieux se prépare pour ce soir.

Ecrasées sous les fleurs, les portes des jardins restent immobiles mais ouvertes,
il faut que les enfants puissent aller et venir.

Partout la même ambiance




Mais les fenêtres ouvertes nous révèlent que dedans c'est la fête, nationalement.
Ce n'est pas du politique, c'est une ambiance nationale mais spirituelle

Approchons nous de la 'hourcha, ces parcs naturels qui parsèment Jérusalem.
Les familles arrivent déjà pour occuper leur zone. Et commencer à allumer le feu sur lequel, ce soir, on chargera tout le bois sous les formes les plus diverses.
Où trouver cela? Où faire du feu?

Selon la logique moyen-orient très spéciale, c'est au milieu des herbes et sous les arbres, évidemment.
On dirait qu'on aime jouer avec... le feu, avec le plaisir que peut-être, pas sûr, mais problament on pourrait se détruire et détruire son pays magnifique. Nous tous faisons cela.
Aucun gendarme ne viendra vous dire que cela est interdit, certes il y a des panneaux qui l'affirment mais c'est pour les imbéciles.
Et puis, voilà tant d'années que les Juifs font ainsi et que le Ciel multiplie les miracles et sauve son pays, alors pourquoi se priver.

Je me rappelle de ce fait très symbolique: on fêtait le 50e anniversaire de la création de l'Etat, un événement magnifique et une immense exposition splendide fut organisée pour commémorer en dignité... mais après quelques jours elle fut contrainte de fermer. Pourquoi? Comme dans ces parcs, le public -à la fois pour manifester extérieurement son lien et pour se détruire soi-même en ce qui le représente au mieux- avait en quelques jours tout emporté en souvenir, jusqu'au tables et chaises. Il ne restait rien à admirer, rien et l'exposition s'est arrêtée. Nous sommes ainsi. C'est la même chose quand nous ne venons pas faire vivre notre pays.

Comment est-il donc possible qu'il subsiste puisque nous agissons ainsi? Impossible si le Ciel ne s'en charge pas.
Vous me direz: "mais il y a le niveau politique, heureusement!" Si vous ouvrez le journal aujourd'hui, vous lisez depuis un an tant de bêtise et de corruption à ce niveau, tant d'auto-destruction continue et de haine fraternelle de la part de leaders de tous types. Lag ba Omer a été institué pour nous rappeler l'enseignement: la haine fraternelle n'aboutit qu'à la destruction de l'ensemble. C'est un feu destructeur totalement. Il y a le feu mais il faut apprendre à le gérer. Pour certains ce feu danbgereux, c'est la médisance, pour d'autres le vol et l'appat fou de l'argent, pour d'autres le mensonge, pour d'autres les déviances sexuelles, pour d'autres l'exploitation du prochain. A chacun sa forme de pulsion du mal, du yetser ha ra sur lequel il a à travailler. Lag ba Omer c'est faire le point entre Pessa'h et le don de la Torah pour reprendre un souffle et réorganiser bien toute sa vie et flamme éclairante, réchauffante, constructive et non de destruction. Choisir la lumière.

Qui réveillera le peuple, quel manhig, quel leader spirituel, quel Rav? Le peuple célèbre la flamme aujourd'hui et le nationalisme et la lumière spirituelle qui anime notre peuple, mais on n'entend AUCUN leader national à la hauteur de Yehoshua Bin Noun, le disciple de Moché Rabbénou dont il est dit à la fin du Livre de Yehoshua que, par lui, "pendant toute sa vie, tout le peuple a réalisé toute la Torah".
Nous sommes ce peuple mais nous sortons de 2000 d'échec et il nous est à chacun difficile de faire de la Torah autre chose qu'un livre à étudier (le "peuple du livre") et d'en faire une source de vie.
A chacun de nous de réagir. Sans attendre d'autres ni de la politique.

La flamme a prise, chacun est soucieux, peut-être aussi de ce qu'elle représente.
Tout est reçu, on est là, on est prêts, que va t'il se passer.
Israël sera-t'il autre chose qu'un club de vacances,
en pensant que nous pouvons aussi bien vivre ailleurs et selon la morale et l'idéal des autres pays, et ne pas construire.

Tout est bien dit dans cette belle image:
le beau pays, la lumière, la flamme, tout pour l'alimenter, les éducateurs, les exemples, le courage, l'éducation et les jeunes qui sont prêts au meilleur.

C'est ce que nous dit le Omer: la Torah n'est pas seulement un livre à étudier mais à vivre.
Et à commencer par le concret, et dans la relation humaine, le Dérékh Erets qadma la Torah, qui est la base préalable à la Torah.

Nous avons tout TOUT TOUT pour réussir, et cela est uniquement dans nos mains.
Cette journée est ici pour nous raviver nos prises de conscience.
Et elle marque la fin de la haine entre les disciples de la Torah. Que ce ne soit pas hier mais un maintenant.




Voyons maintenant ce qui s'est produit ensuite la nuit.

Le peuple en fête

Evidemment, les images n'auront pas la qualité d'images de jour car elles sont prises en pleine nuit, dans des larges espaces où le flash ne produit pas d'effet. De plus, l'air est encombré de la fumée dégagée par les feux et les brindilles volent et viennent se plaquer sur l'objectif. Tout cela c'est l'ambiance même. Il faudrait ajouter cette odeur de branches roussies et des cendres chaudes et parfumées qui emplissent l'air.

Voici, d'abord la nuit noire et, ici et là, des silhouettes jaunes de flammes autour desquelles on ne distingue pas de loin les personnages qui se regroupent autour du feu. Un peu partout on voit la nuit parsemée de ces feux de tailles différentes.



Faisons comme tous les promeneurs de Lag ba Ômér,
nous allons d'un feu à l'autre et on regarde, on sent, on respire, on pense.



Si vous regardez bien, vous devinez les autres silhouettes autour
Des familles dansent avec les enfants.



Des jeunes foncent parmi les flots de voitures en poussant des poubelles
chargées de bois pour alimenter le feu

Contemplons les feux





Ils représentent la flamme divine qui vivait en Ribbi Chiméone bar Yo'haï et en son fils






Ce feu que le Ciel leur demanda de savoir gérer car, sinon, il détruirait le monde



car autour il y a des humains



et il pourrait s'étendre sans limites



Voici maintenant les étudiants de la Yeshiva Guédola qui arrivent avec leur Rosh Yeshiva,
le Rav Binhamine Sofer, vers la zone de ces différents feux pour en allumer un.
Vous voyez les crépitements des feux nombreux qui tombent sur le public mais, surtout,
la bousculade intense qui est typique de ces jeunes enthousiastes qui entourent le vieillard respectable.
J'ai demandé au Rav l'autorisation de photographier. Il me l'a accordée.


Je suis balloté de tous côtés et il n'est vraiment pas facile de prendre une photo.


Un instant de pause, une joie commune, l'attente de l'allumage par la grande tige de bois.
La pression les uns sur les autres est intense.



Le Rav échange quelques mots, sur la droite.
Le silence tombe et les visages se tendent pour capter les paroles



Regardez de plus près cette tension de l'écoute. Ils savent ce qu'est "Chémâ Israël", écoute Israël.





Le Rav approche pour allumer.
L'innocence de l'enfant a peur, à juste titre, on ne joue pas impunément avec le feu.



D'autant que ces jeunes, pleins de feux intérieurs,
ont préparé un bûcher immense avec tout ce qu'ils ont pu trouver.



La flamme commence à prendre possession de tout



En quelques secondes, le feu est géant. Imaginez la chaleur d'où je prends la photo.



tout devient couleurs de feu et tous ces jeunes dansent en rondes en tournant, en piétinant,
un mouvement trépidant près du feu lui-même. Ils deviennent comme s'ils étaient tous flammes.






Puis le calme revient et le Rav commence à entonner le chant de Bar Yo'haï.
Les jeunes se mettent spontanément en deux rangées qui laissent le vie entre le Rav et le feu.



Le chant durera très longtemps, 40 minutes ou plus.

Je repense à mon dessin de la néchama
où les deux composantes dansent ensemble dans une harmonie parfaite.

Tout cela, après une journée d'attentats, et nous sommes ensemble larmes et flammes.
Mais nos ennemis ne parviendront jamais à abattre le moral du peuple d'Israël
qui vit avec la flamme de vie divine en lui. Celle du Créateur du monde
qui a choisi ce peuple, qui lui a donné cette terre, et la connaissance de Sa Torah.
Ils ne peuvent rien contre cela, rien de plus que tous les autres peuples depuis des millénaires.

Je suis très ému en vous disant ceci: j'ai voulu que vous viviez ce Lag ba Ômer à Jérusalem.
Pour que vous receviez les cadeaux que le Ciel vous a donnés.
C'est la raison de ces photos.
Que l'amour symbolisé par ces feux comble chacun, et que les bois de chacun trouvent la flamme
pour les allumer et vivre cette chaleur ensemble. Amen.
Et que nos adversaires suicidaires ne tuent qu'eux-mêmes
et que nos gouvernants, soucieux de la vie du peuple,
aient le courage de les supprimer rapidement et définitivement.
Et d'organiser la vie en Israël selon la Torah de bonheur et de justice sociale. Amen.