Lettre personnelle avant la Fête de Pessa'h
Nous sommes impliqués pour ne plus falsifier Pessa'h


Chaque année, bientôt, la fête de Pessa’h nous est proposée : elle commence par la sortie d’Egypte et se termine par les mots : « l’an prochain à Jérusalem ».
En fait, cette répétition annuelle nous envoie dans la figure que nous ne voulons pas sortir d’Egypte et que nous terminons en disant : « je n’irai pas cette année à Jérusalem comme Hachém me le demande, mais je reverrai cela l’an prochain ». Imaginez quelqu’un disant en affaires : « reviens dans un an! » C’est exactement ce que nous disons à D.ieu chaque année. Avec effronterie et sans aucune pudeur ni regret.
Et nous jouons ensuite l’étonnement que, après les miracles d’Egypte et de la Mer Rouge et le Sinaï, les Hébreux aient fait le veau d’or et aient préféré mourir dans le désert plutôt que d’aller vers la terre promise comme résidence commune de D.ieu et de Son peuple. Imaginez une jeune mariée qui irait se promener seule dans le monde pendant des années au lieu de rejoindre la maison du couple. C’est notre situation.
Et quand les Hébreux sortiront enfin du désert, des grands rabbins dirigeant le peuple viendront leur dire : « n’allez pas vers la terre promise par D.ieu comme vous le dit, demande et commande la Torah car moi je vous dis que c’est trop dangereux » (les explorateurs). Ce discours dure encore de tous côtés, et pas seulement dans une secte particulière. Voilà pourquoi notre bonne tradition nous ressert chaque année ce plat amère du Séder de Pessa’h. Mais le plus souvent nous nous arrangeons pour ne même pas le voir et en faire simplement une bonne soirée en famille ou entre amis.
Curieux comportement du peuple élu  pour tant d’amour de la part de D.ieu.
La Haggadah et le Séder ; c’est le cas de le dire, vont nous mettre le visage dans notre assiette pour que nous comprenions enfin cette année que cette situation ne peut plus durer : l’époux continue à aimer sa jeune mariée (nous) mais, elle, elle persévère dans ses diversions.

Cela me rappelle un couple venu en consultation psychologique car il traversait le sommet d’un longue crise. Le mari semblait en excellente santé et ne pas comprendre pourquoi sa femme s’obstinait à vouloir aller chez le psychologue. La femme était nerveuse, déprimait et pleurait abondamment. Le mari se met en complicité avec moi et me montre qu’elle a un problème : « elle est toujours comme ça, me dit-il, ça fait des années que ça dure ». Finalement, la femme, encouragée et osant lâcher le morceau, sort son secret : « mon mari ne me dit jamais qu’il m’aime ». « Quoi ! répond le mari stupéfait, mais je te l’ai dit ». « Comment ! Quand ? » répond l’épouse. « Mais je m’en souviens bien, répond-il, dans notre voyage de noces ». Sans rire. « Et depuis, reprend-elle ? ». « Je te l’ai dit, cela suffit, c’est tout, tu compliques tout ».
Le cas était grave, difficile pour rétablir la communication des besoins, mais c’est le nôtre. On a tout dit, on refera les gestes, mais il y aura un fossé entre la tête, le coeur et les actes.
Cette prise de conscience que veut Pessa'h est dont très grave. Un jour, j’étais habitué dans une synagogue qui comportait une cinquantaine de personnes et j’entends quelqu’un dire : « J’espère qu’à Chabbate nous aurons minyane ». Je réponds : "bien sûr, comme d’habitude ». « Mais non, Mr Untel et le Rabbin ont dit qu’ils ne seront pas là ». Stupéfait, j’ajoute : « Mais j’imagine que les gens viennent pour prier et pas pour Monsieur Untel et le Rabbin ». On m'a regardé comme si je tombais de la lune.

Nous portons un livre, la Torah, que le monde entier considère comme l’ouvrage le plus important du monde, cette Bible tirée à des millions et millions d’exemplaires, traduite en toutes les langues, et les tables de la loi trônent sur les frontons de tous les Palais de Justice du monde. Le monde entier a constamment les yeux fixés sur la terre d'Israël et sur les Juifs. Etc, etc.
Et chacun de nous, pourtant, nous continuons encore à piétiner symboliquement sur place comme si l'ensemble de la Création n'était pas concerné en notre existence de peuple particulier : quand nous dirons « nos ancêtres étaient idolâtres », ce sera pour parler de nous et non pas d’eux. Que cela soit clair. Le texte le dit nettement : « nous étions collaborateurs vers Pharaon (lé Faro) ». Et le Séder (la remise en ordre comme le dit le mot séder) veut nous remettre dans l'ordre effectif et sain des choses.
L’axe de notre lecture cette année sera donc de prendre au présent les mots de la Haggadah, de les entendre non pas comme des mots vides qu’il faut débiter pour arriver au repas et finir vite, ou avec quelques beaux commentaires, mais les entendre avec nos sentiments à nous, et concernant nos actes à nous.
Bien plus, nous essaierons en ce même sens, dans tout le travail du Omer, qui commence dès le premier soir après Pessa’h pour nous préparer au don de la Torah qui arrivera à Chavouôtes.
Je veux dire : devenir sensibles à cet amour de D.ieu envers Israël (nous) qui est dit et redit, mais qui nous semble ou une définition abstraite, ou un conte ou des rites, ou des mots à analyser sans fin intellectuellement.
Pour nous améliorer en ce sens comme nous le demande la tradition qui dit de lire la Torah avec le Lev, le coeur (lien ici), je vous présenterai un grand texte que les générations ont apprécié, le livre Réchite ‘Hochma (Commencement de la Sagesse). En effet, le commencement de toute notre sagesse commence par la compréhension de cette attitude de Hachém envers nous, nommée don à recevoir et amour à recevoir pour y répondre. Toute Sa révélation tient en cela comme le dit le Chémâ Yisrael dont le mot « Un  (é’had)» a la guématria 13 comme les 13 actions de Hachém dans Sa bonté, et comme le mot ahava, amour. Et, autour du Chémâ, allez voir, le mot qui précède et le mot qui suit est : ahava, amour. Ce n’est pas moi qui le dit, ni un courant du judaïsme ni d’autres religions comme elles le prétendent dans leur mensonge continu. C’est le coeur du judaïsme.
Et nous le chanterons dans le Hallel de louange dans le Séder : ki léôlam ‘hassdo, car Son amour est pour toujours.
Si nous parvenons à sentir et comprendre cela en présence, alors notre conception du monde, de la vie, de l’histoire présente du peuple dans l’actualité, et même les relations, et surtout les relations du couple seront transformés.

Je serais ouvert envers vous (et autant envers moi) dans cette lettre. Sans fausse pudeur. Le Créateur a manqué de pudeur en nous révélant la Beauté totale, la Bonté totale, le Partage total,nous avons donc l'autorisation et devons être à Sa ressemblance.
J'aimerais tant que cette année soit l'année de la sortie réussie de l'Egypte pour arriver à la vraie Jérusalem.

J'aimerais tant que cette année soit l'année de la sortie ensemble de l'Egypte pour arriver à la vraie Jérusalem.
J'aimerais tant que cette année soit l'année de la sortie fraternelle de l'Egypte pour arriver à la vraie Jérusalem.

J'aimerais tant que cette année soit l'année de la sortie réussie de l'Egypte pour arriver à la vraie éducation à Jérusalem.
J'aimerais tant que cette année soit l'année de la construction ensemble à Jérusalem et non pas de l'aide à tous les ennemis.
J'ai déjà tout dit.

Mais pourquoi le dire à vous personnellement? Parce que sans une et sans un de nous qui manqueraient, tout serait râté, comme un rouleau de la Torah où il manque une lettre, il est "passoul", faux et hors d'usage. Il n'y a de Juif que dans la totalité et la totalité n'est pas définie pas nous mais par le Créateur. Vous comprenez donc cette photo prise aujourd'hui à Jérusalem. Aucun n'est "plus", aucun n'est "mieux", aucun n'est "supérieur ni meilleur". C'est cela sortir d'Egypte.



Nous sommes Chochana, la rose du Cantique des Cantique entourée de ronces. Et il nous faut réapprendre à découvrir les couleurs et les musiques de chaque "autre", et devenir capable de les écouter, de les apprécier, de les aimer. Chaque forme, ou pétale, ou couleur dans la rose a autant d'importance. Question directe: suis-je ainsi dans la rue ou dans la synagogue envers les autres qui sont différents de moi?



Voyez la page sur les communautés. Un énorme examen de conscience est à faire concernant notre amour des 4 enfants différents qui questionnent et nous supplient de les reconnaître. Nous devons reconnaître notre retard à connaître le parfum de chaque rose, de la rose de chacun. Le Cantique des Cantique se termine sur cela: "Fuis, mon Bien aimé vers la colline des parfums".
Osons donc reconnaître notre refus des autres, nos replis vers les semblables et recevons cette question, même si elle est immense comme conséquences: des changements à réaliser. Oh, la la la la, qu'est-ce que nous recevons dans le visage en lisant la Haggadah...



(Oeuvre de Franz Meyer Messerschmidt (18e siècle. Vienne).

Mais nous allons jouer franc-jeu devant la Haggadah de Pessa'h, sinon on tricherait avec cynisme et tout continuera à aller encore plus mal. Cette année, tout est dévoilé: nous avons menti, tous:
- en nous faisant croire que le destin des Juifs était porté par par le gouvernement israélien, ou par les seuls Israéliens et en nous permettant de nous laver les mains de leurs sacrifices de vie.
- nous avons misé sur le gain financier comme nos pires ennemis nous le reprochent en nous fermant les yeux sur les corrompus qui nous gouvernent, en étant flattés s'ils nous accordent une visite, alors qu'ils ont organisé entre eux une couronne de terroristes armés et déterminés à une seule chose (la mort des Israéliens, ils le disent et le redisent et éduquent leurs enfants uniquement à cela). Et nous et le Chef de l'Etat avons menti effrontement en disant qu'il faut leur donner quand tout cela est su explicitement et que nos soeurs et frères tombent morts. Ecoutons et voyons ceci, c'est un devoir absolu: cette video qui nous montre toute la pédagogie de celui avec qui on discute chaque 15 jours pour lui remettre maintenant l'Est d'Israël et même dans Jérusalem: ils apprennent aux enfants dans les programmes scolaires et télévisés une unique chose: "comment tuer les Juifs et mourir pour cela qui accomplirait la volonté de D.ieu".

Et cette autre video sur cette éducation. Et celle-ci qui explique très clairement. Et cette video sur les organisateurs.

Ce n'est pas plus de la politique que la sortie d'Egypte et les plaies, c'est VITAL purement et simplement, comme la sortie d'Egypte. Et si nous ne devenons pas honnêtes, la Torah nous le dit: nos ennemis nous réglerons notre compte, aucune arme ne nous protègera, on le voit déjà à Sdérote où le gouvernement dit officiellement qu'il ne peut rien faire. Stop à ce judaïsme qui tourne le dos à ce qui nous est vital.
Des amis aimés m'ont dit: "pour Pessa'h, tu viens avec nous à Marrakech?". J'ai répondu: "non mais, vous plaisantez, on nous demande de sortir d'Egypte et vous me proposez de prendre géographiquement justement la direction opposée à la terre d'Israël? Ah non!".
- La sortie d'Egypte, c'est aussi, par honnêteté minimale, reconnaître le rôle primordial qu'ont eu les femmes avec Myriam. Sans elles, rien, rien n'aurait eu lieu, ni le sauvetage des parents, ni la naissance de Moché, ni son sauvetage, ni l'éclairage constant de Myriam puits de vie. Alors, reconnaissons ce rôle premier aujourd'hui encore, lors de cette soirée de Pessah et les Haggadotes anciennes le valorisaient comme dans cette gravure de la Haggadah égalitaire par respect d'Offenbach de 1702.




CONCLUONS:
- s'il y a ce rite si immense, c'est que nous n'avions pas conscience que nos coeurs étaient fermés. Soyons fair play et rions jaune mais acceptons de recevoir notre image en pleine face; c'est dur, oui le séder comme le dit le mot est une profonde remise en "ordre".



(Oeuvre de Franz Meyer Messerschmidt se représentant soi-même (18e siècle. Vienne).

Alors -la Torah nous le promet- les nations reconnaîtront notre honnêteté, notre rôle de bénédiction, la volonté du Créateur envers notre peuple qui n'a que ces qualités de bénédiction à apporter au monde et aux autres nations. Et les arbres eux-mêmes prendront des formes de coeur qui nous assureront de l'amour si la beauté du monde ne nous suffisait pas. Comme dans ces arbres près de chez moi en formes de coeur.




Je vous souhaite un Sédér de Pessah réussi, pour tous et chacun. Et nous sommes tous à même de le réussir et de sauver ainsi notre peuple et les peuples qui nous entourent. Les prophètes l'affirment.
Sans ce sérieux au Séder qui sera une véritable téchouva (retour), nos jours seront terribles, et nul ne sera coupable sinon nous; pas le silence de D.ieu: ce silence n'existe pas, car Il nous dit toute la voie à suite. Elle a été vécue et écrite pour la vivre, pour "vivre, achér ti'hiyou".

Passons quelques tests pour nous réveiller avant Pessa'h:

Test de l'Egypte
Pessa'h, c'est sortir de toutes nos prisons, matérielles et non matérielles et aller vers la libération, la pureté et le vrai, et ensemble.

Question a: De quoi dois-je me libérer en moi-même?
Sur quels malheurs internes dois-je faire "delete, effacer, mettre à la poubelle" et passer à autre chose de mieux?

Question b:
De quoi dois-je me libérer dans mes conformismes endormis?)



Question c:
De quelles chutes répétées d'un esclavage à l'autre dois-je me libérer; examiner les étapes de notre existence et de notre évolution au cours des années. (Foto.ir)


 

Question d:

Quel est le meilleur et le pur en moi, qui devrait prendre vraiment cette fois-ci son envol véritable en ce Pessa'h. Il n'y a pas que les Iraniens qui vivent ces problèmes, merci pour leur aide en ces photos.
Comme il est dit dans le Talmud: apprenez aussi des autres nations et arrêtez votre tendance à prendre le mal quel proposent et à ne pas prendre le bien qu'elles vivent.

Test de la nature qui, elle, se renouvelle (toutes photos de l'auteur, en ces jours-ci pour nous préparer à Pessa'h).
Question a: la lune de ce 11 Nissane est ainsi, presqu
e complète, à quelques jours de Pessa'h. Où en suis-je moi-même dans ma vie? Quelles sont mes taches et mes lumières



Question b: Même dans la nuit, le Ciel nous a donné des lumières qui nous guident.
Est-ce que j'étudie ces lumières de Torah qui nous sont données pour éclairer ma vie?

Question c: la nature est sincère. Est-ce que je me regarde droit dans les yeux pour faire ce bilan de conscience comme me le propose ce Pessa'h?

Question d: Suis-je décidé à refleurir, à me renouveler en beauté et bonheur puisque j'en ai reçu ce don?

Question e: Quels sont les signes que je me recroqueville et m'entoure frileusement des bienséances de la société ambiante et je risque ainsi de rester en Egypte?

Question f: est-ce que j'organise ma vie en frileux, en peureux, en immobile, alors que nous avons tout pour nous envoler?

Question g: est-ce que j'entends les appels du Ciel dans ma vie et ceux de la Torah pour saisir ce bonheur offert et agir en conséquence?

Question h: est-ce que je suis prêt ou prête à commencer à marcher vers le bien en quelque chose qui me serait positif?

Question i: suis-je prêt à chanter le chant de la sortie d'Egypte, de MA sortie d'Egypte, à être une lyre comme toute la nature en ce moment?

Question j: suis-je prêt à être associé avec le Créateur et Son peuple de Sa Torah pour que rayonne ainsi, enfin, le bonheur sur les épreuves et l'obscurité? Et cela ensemble et non pas individuellement car le peuple est sorti tous ensemble et non pas dans le dernier mini-groupe se prenant pour le Messie et pensant avoir la vérité meilleure que celle des autres.

Question finale:
Quelles conclusions je tire? Positivement.

Il serait excellent maintenant d'échanger en couple ou en famille pour nous découvrir réciproquement, pour nous écouter, nous apprécier et nous améliorer ensemble.

PREPARER ET REUSSIR PESSAH:

Commencez à étudier et à enseigner en 7 points:

1. Une étude que vous ne trouverez pas ailleurs aussi précise. Avant Pessah, cette année et une fois tous les 28 ans: le renouvellement de la Création de soi et du monde par la BENEDICTION DU SOLEIL

2. Lettre personnelle pour vous avant la fête de Pessa'h: Nous sommes impliqués pour ne plus falsifier Pessa'h.


3. Entrée dans le mois de Nissane. Etude sur ce mois si spécial, celui de Pessa'h.

4. Tout sur la fête de Pessah, ici.


5. Etudiez ici la haggadah de Pessa'h: aller à la page 1 et continuez à la page 2 - 3 - 4
- Voir la page consacrée à 'Hadgadia
- Le texte de la Haggadah en judeo-marocain: la version de la Haggadah de Pessah en hébreu et aussi en arabe marocain !!! (fhal di zman!!!)
http://ouanounou.david.free.fr/Andalouse/Sareh%20di%20pissah%20haggada.htm- - Et une belle haggadah, celle de Venise, 1609
http://www.library.yale.edu/judaica/exhibits/haggadah/VeniceHaggadah.html

6. Le véritable nettoyage de Pessa'h: celui de la plaie de l'orgueil et de l'obstination elle détruit tout: le monde, les autres et soi-même. Comment la piloter et améliorer (lien)

7. Commentaire de la nouvelle paracha de ce Grand Chabbate (Chabbate ha Gadol): Tsav Comment nous rapprocher, toujours et en cas de conflit. La stratégie du sacrifice, le qorbane, le rapprochement.