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Tout sur la Fête de Pessa'h
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Lettre
personnelle: Nous sommes impliqués pour ne plus falsifier Pessa'h.
Chaque année,
bientôt, la fête de Pessa’h nous est proposée :
elle commence par la sortie d’Egypte et se termine par les mots :
« l’an prochain à Jérusalem ».
En fait, cette répétition annuelle nous envoie dans la
figure que nous ne voulons pas sortir d’Egypte et que nous terminons
en disant : « je n’irai pas cette année à Jérusalem
comme Hachém me le demande, mais je reverrai cela l’an
prochain ». Imaginez quelqu’un disant en affaires : « reviens
dans un an! » C’est exactement ce que nous disons à D.ieu
chaque année. Avec effronterie et sans aucune pudeur ni regret.
Et nous jouons ensuite l’étonnement que, après les miracles
d’Egypte et de la Mer Rouge et le Sinaï, les Hébreux aient
fait le veau d’or et aient préféré mourir dans
le désert plutôt que d’aller vers la terre promise comme
résidence commune de D.ieu et de Son peuple. Imaginez une jeune
mariée qui irait se promener seule dans le monde pendant des
années au lieu de rejoindre la maison du couple. C’est notre
situation.
Et quand les Hébreux sortiront enfin du désert, des grands
rabbins dirigeant le peuple viendront leur dire : « n’allez
pas vers la terre promise par D.ieu comme vous le dit, demande et commande
la Torah car moi je
vous dis que c’est trop dangereux » (les explorateurs). Ce discours
dure encore de tous côtés, et pas seulement dans une secte
particulière. Voilà pourquoi notre bonne tradition nous
ressert chaque année ce plat amère du Séder de
Pessa’h. Mais le plus souvent nous nous arrangeons pour ne même
pas le voir et en faire simplement une bonne soirée en famille
ou entre amis.
Curieux comportement du peuple élu pour tant d’amour de
la part de D.ieu.
La Haggadah et le Séder ; c’est le cas de le dire, vont
nous mettre le visage dans notre assiette pour que nous comprenions
enfin cette année que cette situation ne peut plus durer :
l’époux continue à aimer sa jeune mariée (nous)
mais, elle, elle persévère dans ses diversions.
Cela me rappelle un couple venu en consultation psychologique car il
traversait le sommet d’un longue crise. Le mari semblait en excellente
santé et ne pas comprendre pourquoi sa femme s’obstinait à
vouloir aller chez le psychologue. La femme était nerveuse, déprimait
et pleurait abondamment. Le mari se met en complicité avec moi
et me montre qu’elle a un problème : « elle est toujours
comme ça, me dit-il, ça fait des années que ça
dure ». Finalement, la femme, encouragée et osant lâcher
le morceau, sort son secret : « mon mari ne me dit jamais
qu’il m’aime ». « Quoi ! répond le mari stupéfait,
mais je te l’ai dit ». « Comment ! Quand ? »
répond l’épouse. « Mais je m’en souviens bien, répond-il,
dans notre voyage de noces ». Sans rire. « Et depuis, reprend-elle ? ».
« Je te l’ai dit, cela suffit, c’est tout, tu compliques tout ».
Le cas était grave, difficile pour rétablir la communication
des besoins, mais c’est le nôtre. On a tout dit, on refera les
gestes, mais il y aura un fossé entre la tête, le coeur
et les actes.
Cette prise de conscience que veut Pessa'h est dont très grave.
Un jour, j’étais habitué dans une synagogue qui comportait
une cinquantaine de personnes et j’entends quelqu’un dire : « J’espère
qu’à Chabbate nous aurons minyane ». Je réponds :
"bien sûr, comme d’habitude ». « Mais non, Mr Untel
et le Rabbin ont dit qu’ils ne seront pas là ». Stupéfait,
j’ajoute : « Mais j’imagine que les gens viennent pour prier
et pas pour Monsieur Untel et le Rabbin ». On m'a regardé
comme si je tombais de la lune.
Nous portons un livre, la Torah, que le monde entier considère
comme l’ouvrage le plus important du monde, cette Bible tirée
à des millions et millions d’exemplaires, traduite en toutes
les langues, et les tables de la loi trônent sur les frontons
de tous les Palais de Justice du monde. Le monde entier a constamment
les yeux fixés sur la terre d'Israël et sur les Juifs. Etc,
etc.
Et chacun de nous, pourtant, nous continuons encore à piétiner
symboliquement sur place comme si l'ensemble de la Création n'était
pas concerné en notre existence de peuple particulier :
quand nous dirons « nos ancêtres étaient idolâtres »,
ce sera pour parler de nous et non pas d’eux. Que cela soit clair. Le
texte le dit nettement : « nous étions collaborateurs
vers Pharaon (lé Faro) ». Et le Séder (la remise
en ordre comme le dit le mot séder) veut nous remettre dans l'ordre
effectif et sain des choses.
L’axe de notre lecture cette année sera donc de prendre au présent
les mots de la Haggadah, de les entendre non pas comme des mots vides
qu’il faut débiter pour arriver au repas et finir vite, ou avec
quelques beaux commentaires, mais les entendre avec nos sentiments
à nous, et concernant nos actes à nous.
Bien plus, nous essaierons en ce même sens, dans tout le travail
du Omer, qui commence dès le premier soir après Pessa’h
pour nous préparer au don de la Torah qui arrivera à Chavouôtes.
Je veux dire : devenir sensibles à cet amour de D.ieu envers
Israël (nous) qui est dit et redit, mais qui nous semble ou une
définition abstraite, ou un conte ou des rites, ou des mots à
analyser sans fin intellectuellement.
Pour nous améliorer en ce sens comme nous le demande la tradition
qui dit de
lire la Torah avec le Lev, le coeur (lien ici), je vous présenterai
un grand texte que les générations ont apprécié,
le livre Réchite ‘Hochma (Commencement de la Sagesse).
En effet, le commencement de toute notre sagesse commence par
la compréhension de cette attitude de Hachém envers
nous, nommée don à recevoir et amour à recevoir
pour y répondre. Toute Sa révélation tient
en cela comme le dit le Chémâ Yisrael dont le mot
« Un (é’had)» a la guématria 13 comme
les 13 actions de Hachém dans Sa bonté, et comme
le mot ahava, amour. Et, autour du Chémâ,
allez voir, le mot qui précède et le mot qui suit est :
ahava, amour. Ce n’est pas moi qui le dit, ni un courant du judaïsme
ni d’autres religions comme elles le prétendent dans leur mensonge
continu. C’est le coeur du judaïsme.
Et nous le chanterons dans le Hallel de louange dans le Séder :
ki léôlam ‘hassdo, car Son amour est pour toujours.
Si nous parvenons à sentir et comprendre cela en présence,
alors notre conception du monde, de la vie, de l’histoire présente
du peuple dans l’actualité, et même les relations, et surtout
les relations du couple seront transformés.
Préparons donc en ce sens ces jours qui nous séparent
encore de Pessa’h :
- la paracha de cette semaine est justement un « appel » de
D.ieu à Son peuple : Vayiqra, lien ici http://www.modia.org/tora/vayiqra/vayiqra.html
- puis le Grand Chabbate (Chabbate haGadol) de la semaine suivante
verra une action de tous les rabbins dans toutes les communautés
pour nous réveiller : http://www.modia.org/tora/vayiqra/tsav.html
- Mais,
dès maintenant, nous commençons à enlever le ‘hamets
de nos maisons, et à lire les textes de Modia pour préparer
Pessa’h :
http://www.modia.org/infos/etudes/pessah.html
et
http://www.modia.org/infos/etudes/haggadah.html
Faisons-le dans cet axe : une lecture des textes à la
première personne comme une interpellation de notre être
en direct.
Selon l'axe de Modia qui assure une véritable formation dans
la connaissance de la tradition, je recommande aux Sépharades
l'acquisition de ce CB-Rom rapidement pour préparer remarquablement
leur séder:
