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Fête de Pourim
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia : http://www.modia.org
D'ici Pourim, je continuerai à placer sur cette page, si D. veut, des
précisions et enseignements sur les coutumes de cette fête.
© Les textes de Modia
sont mis gratuitement à votre disposition par l'auteur, selon
la mitsva obligatoire pour tout Juif qui est d'étudier et d'enseigner
simultanément. Vous pouvez donc imprimer et dupliquer
ces textes pour l'étude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement.
Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur
ni l'adresse du site. Les sites ne peuvent faire qu'un
lien vers ces textes sans les capter. Chacun pourra ainsi accomplir
la mitsva : véchinnantam lé vanéikha (et tu l'enseigneras à tes
enfants) et l'autre mitsva : védibbarta bam (et tu leur parleras
dans les mots de la Torah. Dévarim 6, 7).
Voyez les règles
du Copyright .
Ne pas oublier que, sur
votre version imprimée ou polycopiée, vous perdez tous
les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or, ils sont indispensables
dans l'étude.
La solidité de cette étude est réalisée
aussi pour que vous puissiez en faire profiter aisément, à
votre tour, les nombreux Juifs qui n'ont pas reçu cet enseignement.
Nombreux, autour de vous, ne pourront connaître ces richesses
que par vous. Osez. C'est pour cela que le site s'appelle
"Modia" (faire savoir). C'est la première
forme de tsédaqa de Pourim. Partagez cette richesse.
Esther
par notre grand ami
le peintre Charles Filoni
zal
Ici, audition du Livre d'Esther
en hébreu avec bénédictions
(askénaze, Cantor Rabinovicz.
Lien http://www.613.org/meg.ram)
enregistrement possible
Nouveau!
Ici, enregistrement des bénédictions initiales de la lecture du Livre d'Esther selon la tradition
sépharade, par le Rav Zécharia Zermati,
de Jérusalem. Cette partie est extraite du CD-Rom intitulé
"La lecture de la Méguila d'Esther" avec précisions
halakhiques et de lecture et les pioutim ou cantiques de la
fête de Pourim, et la lecture de toute la méguila.
Durée 66 minutes.
En vente, 15 euros, à Paris, toutes librairies juives:
Colbo, Maor, Maison du Talith,BibliEurope, etc.
En vente en Israël: Gallia, Mazal tov, Librairie séfaradite,
etc 40 chéqels.ou l'auteur 02.6732919.
Voir aussi ses autres enregistrements et publications sur les
pages http://www.modia.org/infos/calendrier/eloul.html
http://www.modia.org/infos/israel/zermati.html
http://www.modia.org/tora/maitres-asken.html
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1. Introduction et présentation globale.
Pourim, fête exceptionnelle
C'est une fête exceptionnelle à beaucoup d'endroits, et
chaque point est plein d'enseignements pour la vie de chacun et pour comprendre
notre histoire :
- c'est l'exemple le plus extrême de la menace de destruction
dont nous avons été délivrés miraculeusement.
- c'est le seul livre qui ne comporte pas, apparemment, le nom
de D.ieu. Mais, en fait, ce nom est camouflé sous d'autres qui
parsèment le récit (le Roi) et D.ieu y mène
l'histoire à Sa manière pour ceux qui ont foi en Sa protection.
Les événements eux-mêmes traduisent l'aide miraculeuse
et il n'y a pas de prodige merveilleux et non naturel : D.ieu mène
tout le cours des événements.
- le nom "Juif" y est inscrit explicitement et dans le cadre
de tout ce qui sera ensuite le destin juif (persécution, intelligence,
conseil, promotion, salut, etc).
- le rôle de la femme et du couple est essentiel dans ce
parcours.
- c'est uniquement par la repentance, le jeûne et la téchouva,
que le peuple a mérité d'être sauvé.
- le retournement de l'histoire ne se fait qu'à la dernière
minute.
- cet épisode est si important qu'on doit interrompre
l'étude de la Torah pour le commémorer et s'en souvenir
(traité Méguila 3 a). De même qu'on doit interrompre
l'étude de la Torah pour sauver une vie ou pour enterrer un défunt.
- Pour tous ces motifs, le Rambam dit qu'un jour il ne restera plus
que deux livres, la Torah et le livre d'Esther. Nous verrons également
plus loin les sens encore plus élevés de cette déclaration.
- Ce miracle met en valeur le rôle des dirigeants de qualité
morale pour le salut du peuple. Prions
pour que nous méritions des dirigeants à la hauteur
de la femme Esther et du l'homme Mordékhaï (Mardochée).
N'oublions pas qu'à cette même date, en 1991, le tyran
d'Irak qui se promettait de détruire Israël a vu sa force
aérienne réduite à néant. Et, malgré
les 39 missiles qui sont arrivés sur la terre d'Israël,
il n'y a pas eu mort d'hommes, ce ainsi que l'avaient prédit les
Sages. Cela est appelé Pourim dé Eréts Yisrael.
N'oublions pas que tout cela se joue dans le contexte de la modestie
du féminin que l'on célèbre en ces jours par la
bénédiction de la lune. Allez l'étudier
sur ce lien-ci.
(Petite fille déguisée en Reine Esther et sortant de l'école cette semaine à Jérusalem. Cela est possible en Israël, pas dans n'importe quelle ville au monde!). Et combien de reines et de rois aujourd'hui...


Elles n'ont rien à craindre, elles sont bien protégées par ces valeureux Mordékhaï:



Le contexte
La fête de Pourim se produit après le chabbate
Zakhor où on lit les drames qui résultent de la haine
d'Amaléq contre Israël (Dévarim 25, 17-19), et le traité
Méguila 18 a dit qu'on doit s'en souvenir chaque jour.
(Les 10 faits dont on doit se rappeler le souvenir en les disant sont souvent
imprimés à la fin de l'office de la prière du matin
; ce sont : 1) la sortie d'Egypte, 2) le chabbate, 3) la manne, 4) ce qu'a
fait Âmaléq, 5) la présence au mont Sinaï, 6) ce
qu'on fait nos pères dans le désert pour irriter D.ieu en
particulier le veau d'or, 7) ce qu'on fait Balaq et Bileâm à
notre peuple et que notre D.ieu a transformé, 8) ce qui est arrivé
à la prophétesse Myriam, 9) la mitsva de se souvenir de Hachém
qui nous donne la force d'agir avec vigueur, 10) le souvenir de Jérusalem).
Vous vous posez la question (!): pourquoi fête-t'on Pourim
dans le mois de Adar II, supplémentaire comme en 2005, et non pas dans le mois
simple et ordinaire de Adar qui le précède.
Réponse :
- un mois est ajouté à l'année quand cela est nécessaire
pour que le calendrier soit parfait aussi bien du point de vue lunaire que
solaire (ce que n'a pas le calendrier lunaire musulman ni le calendrier
solaire grégorien). Chacque 19 ans on ajoute un mois les années
3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19. Ce cycle là a été fait 304
fois depuis le début du calendrier hébraïque.
- on ajoute ce mois à la fin de l'année, puisque l'année
commence dans la Torah avec le mois qui suit, celui de Nissan, celui de
Pessa'h quand la Torah parle pour la première fois de cette fête.
Jusque là, tout est clair.
- en bon Juif qui sait qu'il ne faut pas retarder une mitsva, mais s'empresser
de l'accomplir (zérizoute, empressement positif), vous proposeriez
de s'empresser de faire Pourim dans le premier mois de Adar. Eh non! Car
ce principe de l'empressement est limité par celui de la pertinence
du moment, ainsi on ne fait pas la circoncision avant le 8e jour. Et il
y a un grand sens à ce que Pourim, libération par intervention
divine non visible, soit à proximité de la libération
de Pessa'h qui est une intervention divine visible, les deux concernant
tout le peuple. cqfd.
Le 13 adar, (depuis le
12 mars à la venue
des étoiles): jeûne d'Esther, taânite Esther.
Mais quand cette date tomberait le Chabbate comme en 2007,
le jeûne est reporté, par exemple au 11 Adar, le jeudi
1e mars 2007. On ne mélange
pas l'angoisse de ce jeûne et la joie du Chabbate.
Voir ici le lien pour une étude approfondie
sur les jeûnes.
Ce jeûne, qui dure pendant le jour, n'est pas écrit
dans la Torah mais fut instauré en souvenir des trois jours de
jeûnes qu'a prescrits Esther (Esther 4, 16) et nous rappeler que
notre changement personnel est efficace quand il est sincère, réel,
complet et que alors Hachém l'entend. L'important est la
téchouva qui donne son sens au jeûne. La pratique du jeûne
sans véritable téchouva est une absurdité et un affront.
D'autres Sages le relient au jeûne que nos ancêtres se sont
imposés avant d'aller combattre nos ennemis (Esther 9, 2), de même
que Moché jeûna avant d'aller attaquer Âmaléq
(Chémote 17, 8-13) dont Amane sera un descendant.
Ce jeûne s'impose à tous, mais les personnes faibles ou
malades en sont dispensées, de même que les nouveaux mariés
pendant les 7 jours de bénédictions après le mariage.
Les petits enfants ne jeunent pas mais on les éduque à marquer
ce jour par des signes particuliers en particulier dans la nourriture.
De même, les proches parents qui accomplissent la mitsva
du repas de la circoncision.Les personnes qui ont du mal à jeûner,
essayent cependant de respecter les jeûnes de Kippour et d'Esther.
En "souvenir" du demi-chéqél (ma'hatsite hachéqél)
que l'on donnait pour le Temple (Chémote 30, 15), et non pas à
sa place, l'usage est de donner, avant la prière de min'ha, ce jour
là une contribution pour les oeuvres d'Israël. Ce demi-chéqél
est rappelé dans la paracha Chéqalim qui précède
le Chabbate Zakhor avant Pourim.
C'est aussi ce 13 Adar que les Juifs de Perse qui habitaient des villes
ouvertes et non entourées de murailles ont lutté contre
leurs ennemis et ils ont fêté leur victoire le lendemain
; tandis que, dans les villes fortifiées et plus puissantes où
il y avait plus d'ennemis, le combat a été plus long et
la fête n'a pu avoir lieu que le 15 Adar. On garde ces coutumes
de célébrations en faisant la différence entre les
villes qui étaient fortifiées ou non au temps de Yehoshua.
Cela entraîne un calendrier différent selon les villes en
Israël pour célébrer Pourim. A Jérusalem, la
fête est ainsi le lendemain de la fête dans les autres villes.
Poser la question de votre ville à votre rabbin local.
Ce jour du 13 Adar, à Jérusalem, beaucoup mettent
le tallite et les téfilines à min'ha.
Beaucoup disent aussi le psaume 22 de la biche de l'aurore, en ce jour
du jeûne d'Esther, car Esther y aurait trouvé la force.Nous
avons analysé cette dynamique sur la
page de Yom Kippour.
Le 14 adar (depuis le 13 mars à la venue des étoiles): Pourim
pour les villes "ouvertes", non fortifiées
au temps de Yehoshua. Ir pérazote est une ville non
fortifiée, ouverte, sans murailles ni fortifications. Voyez Livre d'Esther
9,19. Et le Prophète Zacharie 2,8. Pirza,
c'est la campagne. C'est, aujourd'hui, la majorité des villes du nouvel
Etat d'IsraEL qui fêtent don Pourim un jour avant Jérusalem, par exemple.
On va à la synagogue lire ou entendre le livre d'Esther
que l'on déroule entièrement comme le rouleau d'une lettre
avant de commencer à le lire.
On envoie des cadeaux comestibles aux amis (michloa'h manote),
et des cadeaux symboliques à deux personnes qui sont éprouvées
(matanote laévionim).
On marque la fête du renversement du sort par un repas joyeux.
Il y a beaucoup d'usages particuliers en cette fête.
On est un mois avant Pessa'h.
Le repas d'Esther, par Charles Filoni, zal
Le 15 mars 2005, 15 adar (depuis le 14 mars à la venue des étoiles): Pourim
Chouchane habbira, de Suze. -
ou Pourim des villes ayant été entrourées par un rempart au temps
de Yehoshua, Pourim démouqfim. ou pour les habitants
des villes entourées de rempart, ha yochevim bé ârim
mouqefotes 'homa. Cela concerna Jéricho, Jérusalem, Acco, Tsaf,
Acco, etc.
Si le 15 Adar tombe un Chabbate, on divise la fête en trois parties
(Pourim méchoulache) à Jérusalem :
1) le yom chichi, on lit la méguila le soir donc jeudi
soir 24 mars et le matin donc vendredi matin 25 mars et on donne la tsédaqa
aux affligés (noténim matanote la évionim);
2) le Chabbate, on lit Va yavo Amaléq et on dit, dans la
prière des offices ou du repas, Al ha nissim et on peut ajouter un supplément
au repas habituel de Chabbate (marbim qétsate ba séouda);
3) le yom richone ou dimanche 27, on fait le repas de Pourim et
on envoie les cadeaux de nourriture (michloa'h manotes), et on ne dit pas Al ha nissim.
Si Pourim tombe un yom richone (dimanche), on avance le jeûne
au jeudi précédent. Les habitants des villes fortifiées
comme Jérusalem fêtent Pourim le 15 Adar, soit le 5 mars 2007.
Lecture
On lit le livre d'Esther dans un rouleau écrit par un sofér,
un scribe, et non dans un livre imprimé (si cela est possible).
Nous verrons pourquoi.
(image Judaica. SweetChild)
Qui doit (latsét lidé 'hova) écouter et
entendre la lecture de la Méguila d'Esther ? Les femmes et les
hommes et les garçons à partir de l'âge de leur bar
mistva (13 ans et un jour) et les filles à partir de l'âge
de leur bat mitsva (12 ans). Il faut en lire ou en entendre TOUS
les mots, c'est pour cela qu'il vaut veiller
au silence pendant la lecture malgré l'ambiance de fête
et malgré les expressions de colère que l'on manifeste
chaque fois APRÈS QUE se dit le nom de l'ennemi Amane. Veiller
à ne commencer ces manifestations qu'après la lecture du
nom de Amane, et non pas avant ni pendant, à revenir ensuite immédiatement
au silence pour que tous entendent bien le lecteur.
Si l'homme a lu ou entendu la lecture à la synagogue, il se fera
un devoir de délicatesse de la relire à la maison pour son
épouse et ses proches qui n'auraient pas pu s'y rendre. Cela est
particulièrement important en cette fête où le rôle
saint et puissant de la femme est mis en évidence car elle même
doit entendre la méguila.
Même les endeuillés (avélim) vont écouter
la méguila à la synagogue.
On dit les bénédictions debout.
On écoute la méguila d'Esther deux fois, une fois le soir
et une fois le matin. Comme on devrait la lire soi-même, il
faut avoir l'intention explicite de déléguer le lecteur pour
qu'il nous remplace. Sinon la mitsva n'est pas réalisée.
Avant de lire la méguila (le rouleau), on déroule
(pochét) entièrement le rouleau. Généralement
on le replie (méqappélét) trois fois sur lui-même.
Le soir, on fait quatre bénédictions (voir Tou bi Chevate
dans
les fêtes pour comprendre comment sont bâties les bénédictions)
; 3 bénédictions avant la lecture : âl miqra méguila
(de lire la méguila), ché âssa nissim laavoténou
(qui a fait des miracles pour nos pères), ché hé'héyanou(qui
nous a fait vivre). Et une bénédiction ensuite (harav
éte rivénou, qui lutte pour nos combats) après
avoir enroulé (golélim)le rouleau .
Le matin, les Sépharadim ne disent que les 2 premières bénédictions.
Pendant la lecture, tout le public dit ensemble quelques versets qui seront
lus ensuite par le lecteur de la communauté (comme iche yéhoudi,
un homme juif, etc).
On lit d'un seul souffle le nom des 10 fils d'Amane (Esther 9, 6-9).
Voici le début de la méguila: "Va yéhi
bimé... Et ce fut dans les jours de...."
Hormis la première page, on s'arrange pour commencer toute page par
le mot hamélékh, le roi:
Cette écriture est sépharade. Cela se remarque surtout à
la base de la lettre chine qui est large tandis que dans l'écriture
achkénaze, elle repose sur une point. Regardez la différence
entre la forme de la lettre lamed dans le mot hamélékh
ou ci-dessous dans l'écriture achkénaze.
D'autres communautés
ont d'autres variantes qui ne changent rien au texte du Tanakh.
Vous remarquez aussi, dans le texte, les petites tiges au-dessus des lettres,
on appelle cela un tag, au pluriel des taguim. Observez bien
que le nombre n'est pas le même suivant les lettres. Elles mettent
les lettres en contact avec le Haut et ont des sens mystiques importants.
Particularités dans les prières
On ajoute un passage "âl hanissim" dans la prière après
le repas (le birkate hammazone) et dans la âmida (partie
centrale de la prière collective).
La prière de Ârbite, prière du soir, commence
par le psaume 22 sur la biche de l'aurore.
On ajoute des demi kaddiche.
Le matin, on garde les téfilline jusqu'à la fin de la lecture
de la méguila.
Coutume de l'envoi de cadeaux (Esther 9, 22) et la tsédaqa
On envoie pendant la journée deux cadeaux alimentaires à
un ami (michloa'h manote).
On envoie des cadeaux à, au moins, deux pauvres ou à des
affligés (matanote laéviyonim).
Ce jour-là, on doit donner à tout pauvre qui le demande (Choul'hane
Âroukh, Ora'h 'Hayim 694, 3 : kol ha pochéte yad noténim
lo).
Les sommes dépensées pour le festin de Pourim doivent être
inférieures aux sommes données aux pauvres.
Même le pauvre doit donner à plus pauvre que lui.
Il faut rappeler que tout Juif doit donner le dixième de ses bénéfices
en tsédaqa (dons de bienfaisance) et peut aller jusqu'à
20% (voir les rubriques tsédaqa et maâssér
dans la page du moteur
de recherche, partie intitulée "vie sociale).
Les vêtements et le repas de Pourim
On célèbre la fête de Pourim par un grand repas, un
festin arrosé de vin pour louer D.ieu de ces miracles (Esther 9,
22). Les lumières doivent être abondantes à la maison
(cf. le Choulkhane Aroukh). Il y a des coutumes diverses, de manger
ou de ne pas manger de viande. La boisson doit mener jusqu'au point où
on confond (traité Méguila 7 b) dans une même joie
la malédiction d'Amane l'ennemi (Arour Amane) et la bénédiction
de Mordékhaï (Baroukh Mordékhaï). Cela
ne s'applique pas aux femmes. Mais il faut garder le contrôle pour
ne pas dépasser ce stade car c'est un jour de lumière et
non de tristesse (layéhoudim hayéta ora vé sim'ha
vé sasson véiqar). La joie doit toujours rester conforme
à une vie de Torah et de mistvotes. Les coutumes alimentaires sont
nombreuses, souvent on prend un repas végétarien.
On se déguise en ce jour où le sort a viré,
tout en gardant justement les limites de tsénioute (pudeur)
dues à la sainteté. On ne se déguise pas dans les
vêtements de l'autre sexe. On veille à porter des vêtements
de jours de fêtes. Ces déguisements
doivent rester dans le cadre de la signification de la fête et ne
pas se transformer en un carnaval, ni en personnages symboliques non juifs
qui n'ont rien à voir avec les événements célébrés.

Soirée de bienfaisance à Pourim dans la société
juive américaine au 19e siècle!
Lectures
Préparer soigneusement la lecture de la Méguila, le livre
d'Esther.
Lire le traité Méguila qui est très court.
Si, le Chabbate précédent, on n'a pas entendu le
passage de la Torah qui ordonne de se souvenir d'Amalék, on demande
au lecteur de nous le relire.
Réponses, tirées de nos Sages,
à des questions importantes sur le sens de Pourim
1e question. Pourquoi parle t-on toujours du sod (du secret) à
propos de Pourim ?
L'histoire semble raconter des événements qui ont pu se
passer dans des cultures diverses à des époques variées.
Le fait que les précisions historiques ne soient pas données
indique simplement qu'il s'agit de la préoccupation du Roi (Dieu,
Haqqaddoche Baroukh Hou) envers Son peuple Yisraël.
Il n'est pas nommé pour référer à Sa présence
secrète ou invisible dans l'histoire. Les hommes s'agitent
et doivent agir mais, finalement, c'est Lui qui se réserve le timing
et le tempo de la direction de l'histoire. Ainsi sa présence peut
être comprise comme efficace, effective mais secrète. Pour
bien exprimer cela, il est nommé sous une forme allusive (Mélékh,
le Roi) mais aussi son nom de quatre lettres et sous d'autres formes
apparait de nombreuses fois dans les combinaisons des lettres initiales
et finales des mots. Cela ne s'apprend que dans la relation directe de
maître à élève et non pas anonymement sur un
site internet.
Cet enseignement est capital pour les Juifs. La pression constante envers
Israël de la part de tant de paysn de religions, et la virtuosité
intellectuelle des Juifs, font qu'ils sont à l'affût permanent
des informations politiques sur Israël, et des analyses interminables.
En fait, ils ne se rendent pas comptent qu'ils se pensent des laïcs
mais ils ont gardé toutes les qualités intellectuelles que
les générations précédentes exerçaient
sur la Torah, ils ont changé le livre sans changer la méthode.
Et, alors, ils risquent d'oublier que ce ne sont pas les analystes psychologiques,
sociologiques ou politiques, ni les Chefs de partis ou d'Etats qui font
véritablement l'histoire. Elle leur est proposée, mais chaque
fois qu'elle tourne trop mal, Hachém se réserve d'intervenir
après ou avant les catastrophes pour sauver sa Création
et son peuple. Sans cela, nous aurions disparu depuis de nombreux siècles
comme les autres peuples.
Cela est décrit clairement dans le Livre des Rois, lisez-le. En
deux tomes.
2e question. En quoi cet épisode est-il différent
des autres pour qu'on dise que cette fête restera à la fin
des temps quand toutes les autres n'auront plus leur raison d'être
?
Il y a eu des rares moments de l'histoire où la patience de
D.ieu a desespéré de la conduite des hommes qui continuent
à dégrader Son beau projet. Ainsi, Il est intervenu pour
faire sortir Son peuple d'Egypte et opérer ainsi une nouvelle Création
du monde et de l'homme. De même au Sinaï. Mais on peut dire
que la part de l'homme Moché a été considérable.
Ici, à Pourim, nos Sages nous démontrent par des analyses
complexes que c'est le désir fort de D.ieu qui a besoin d'élever
Sa créature à une proximité stupéfiante avec
Lui comme la rencontre d'Esther et du Roi, comme l'aboutissement du Cantique
des Cantiques ; et c'est cela qui intervient cette fois dans l'histoire.
Cette déclaration d'amour, cet activisme divin n'a son pareil en
aucune autre fête, en aucune autre période de l'année.
Cette intensité est démontrée par le fait de dérouler
totalement le rouleau avant même la lecture, c'est une lettre d'amour
immense, c'est la bénédiction qui emplit tout, du début
à la fin.
On dit qu'il y a alors une lumière dans le monde comme
il n'y en a dans aucune autre fête. Voilà pourquoi cette fête
restera toujours.
Donc, tout ce que l'on a appris sur la Torah comme projet de
beauté, d'amour, et ce à quoi nous tenons à rendre
sensible sur le site Modia passe, au moment de Pourim, du caché
(sens du nom d'Esther) au dévoilé dans la réalité.
3e question. Si cela est le rôle d'Esther, pourquoi intervient
Mordékhaï ?
Nos commentaires des parachiyotes montent souvent combien le salut
du monde ne se fait et ne se fera que par la mise en gestation des qualités
féminines de l'humanité que représente également
le peuple d'Israël. Mais cela ne peut se faire que si l'homme
au masculin est lui-même un être qui essaie de mettre au premier
plan de sa relation la pureté et non la violence, la possession,
la brutalité, le pouvoir. Or cela est infiniment rare. Mor-dékhaï
signifie en araméen "homme-pur". Seul, ce couple parfaitement coordonné
de la femme Esther et de l'homme pur peut autoriser le désir divin
à se réaliser. Sinon, la violence ou la pulsion masculine
aussi bien que la prison où l'on enferme la femme dans l'humanité,
empêchent cette union d'amour entre Dieu et la Création qui
atteint son apogée à Pourim.
4e question. Mais alors, pourquoi Amane le persécuteur, le
fourbe ?
La qualité de relation entre ces trois partenaires est
de l'ordre de ce que l'on appelle la qéddoucha. On le traduit
par la sainteté, c'est exact mais insuffisant. La qéddoucha
est toujours une séparation. Qui veut aimer ainsi n'aime pas selon
les modèles de la société, cela est clair. Le peuple
juif est un peuple qui choisit de n'être "pas comme les autres",
c'est cela la qéddoucha.
Mais rien n'agace plus la masse que ce qui se distingue d'elle ; c'est
l'une des nombreuses causes de l'antisémitisme constant.
Une première forme de cet agacement antisémite. Il y
a, depuis Moché et le peuple dans le désert jusqu'à
maintenant, un débat et une tension entre ceux qui veulent être
comme les autres peuples et comme les autres cultures et comme les autres
hommes, et cette Torah qu'a transmise Moché de faire la différence,
marquée par la circoncision, la cacheroute, etc.
Une seconde forme de cet agacement antisémite est de l'ordre
de la persécution. Le Juif qui comprend et accepte le projet va
rencontrer ipso facto une rébellion intense de l'intérieur
du peuple souvent (pensez à Qora'h et aux adversaires de David dont
il parle sans cesse dans ses psaumes), mais surtout de l'extérieur
(cela est résumé par les termes d'Âmaléq et
Amane).
Un abcès va se former, dont nous participons. Il ne s'agit pas
d'accuser les autres. Et tous les prophètes, comme dans le livre
d'Esther, nous montrent qu'il n'y a qu'un remède qui en vient à
bout : la persévérance dans une téchouva (pénitence)
totale et jusqu'au dernier moment.
5e question. Pourquoi un rouleau et non pas un livre, aujourd'hui.
Le rouleau (méguila) n'est pas du tout maintenu de nos jours
par conservatisme et ce que c'était le media de l'époque
car il y avait aussi des plaques, etc. Le rouleau fait comprendre
que les événements se "déroulent" au sens propre,
que la bénédiction ou le projet de bonheur et d'amour "ira
jusqu'au bout de son rouleau", qu'on ne peut pas arrêter ce rouleau
qui roule et débiroule, et tantôt s'écroule et toujours
débouche en lumière victorieuse.
De plus, en hébreu le mot rouleau "méguila" est lié
au sens de "guilouille" (qui se découvre). C'est l'essentiel
du sens de ce rouleau. La vérité gagne.
Et il y a trois façons de nommer cet épisode d'Esther.
Il est appelé méguila, comme on vient de l'expliquer.
Il est nommé séfér (livre), quand il s'agit
de l'histoire qui n'a pas encore mis en jeu sa dynamique de transformation.
On l'appelle aussi iguérète (lettre-message,) quand
la fonction du rouleau est réalisée, et que le message est
reçu. Les analyses plus précises montrent encore que ce
dévoilement est, jusque dans le mot "méguila", exactement
le programme divin décrit ci-dessus.
Enfin, le sens en est que ce rouleau de l'amour, de la libération
et de l'union entre D.ieu et son peuple ira sans interruption de génération
en génération, toujours.
En tout cela, je n'ai fait que retransmettre intégralement l'enseignement
de la tradition sans aucun ajout. Je ne fais pas de l'interprétation
à la sauce philosophique ou psychologique de la Torah.
6e question. Pourquoi l'importance du repas, de la nourriture et
du fin lors de cette fête ?
L'avalanche de bénédiction de lumière symbolisée
par le rouleau ne se déroule qu'à plusieurs conditions :
la première condition est la base, c'est la tsédaqa
ou le don de bienfaisance qui va de pair avec le changement de ce que
nous avons dans le coeur (ce que l'on appelle la téchouva).
Sans cela, rien ne se produira. La justice sociale est loin d'être
atteinte dans notre peuple et les écarts sont scandaleux. Les oeuvres
de Torah doivent être les premières à être aidées
car elles enseignent justement tout cela.
la seconde condition est le repas (akhila) et la boisson
(chtiya) qui comportent dans l'hébreu des lettres du nom
de D.ieu et qui sont une concrétisation physique et complète
de l'intégration de la bénédiction. De plus, le mot
"vin", en hébreu, est lié dans l'écriture
au sens de "sod, secret" et au chiffre de 70, et il nous indique
que nous nous plaçons en cette fête, à la limite du
concret et de son renouvellement par les secrets du Créateur
qui se déversent sur son peuple en ce moment.
Ce chiffre de 70 réfère, dans la même ligne aux
70 ans de l'exil en Babylonie, à la fin desquels, comme en cette
fête, la délivrance a pu se réaliser car le mal avait
terminé sa puissance sur le peuple et a dû capituler. On
est alors à la limite du mal et de la lumière ; en ce moment-là,
on dit qu'on confond "béni soit Mordékhaï" et " Maudit
soit Amane" ; il ne s'agit pas de l'ivresse brutale mais de la prise
réciproque entre ces deux éléments ; il ne s'agit
pas non plus d'une concience lucide mais d'une confusion, simplement pour
bien manifester que cela ne vient pas de nous mais d'en-Haut.
la troisième condition est le déroulement effectif de toute
la méguila pour aller jusqu'au bout du processus.
7e question. Pourquoi cette fête se passa t-elle dans l'exil
?
C'est en raison de ce que l'on vient de dire : cela démontre la
prise des forces négatives sur le peuple, au lieu qu'il soit entièrement
investi de la lumière de son Créateur et amant. Mais cet
exil (galoute) est nécessaire pour y saisir ces forces,
pour y percevoir aussi les étincelles de la Présence divine
et de Sa lumière, et pour inverser le rapport des forces.
Cela s'exprime par plusieurs acteurs de l'histoire : Esther la cachée
(c'est le sens de son nom), l'enfermement dans le harem, les manigances
et fourberies et persécutions (représentées par le
monde de Amane et sa maison d'infamie), l'impuissance de ceux qui vivent
dans le bien, et contre qui semble toujours gagner avec évidence
la médisance (lachone ha râ),et le regard qui interprète
mal (le
âyine ha râ).
Il faudrait avoir le courage de se dire, en ces heures de grande
difficulté pour Israël où nous lirons la méguila,
que c'est le signe du dernier combat, la "lutte finale" comme le nommait
cette idéologie qui était un succédanné embrouillé
des meilleurs concepts du judaïsme.
De la même manière, il fallait redescendre en Egypte avant
d'atteindre le Sinaï et Jérusalem.
Il va de soi que cela nous enseigne que la dispersion n'est pas un
temps d'acculturation et de réussite sociale mais une phase temporaire
dont la destination est la terre d'Israël, lieu-sanctuaire du peuple
juif dans son intimité avec son amant-Créateur avant d'en
dévoiler la lumière comme bénédiction pour
le bien des nations, et de faire ainsi le renouvellement de la création.
Quand ce passage se fait, on dit qu'on passe de la galoute (éxil)
à la guéoula (libération achevée, qui
a elle-même des phases).
8e question. Qui est donc cet Amane ?
Il faut bien comprendre que Amane était le plus grand des magiciens
(même problème en Egypte), on dirait aujourd'hui le plus
grand des informateurs de médias qui prétendait dire la
vérité sur tout et créer la culture de ses droits
qu'il appelle droits et devoirs du peuple. C'est un leader politique et
culturel. Pourim nous apprend la vanité totale de ces prétendus
nouveaux dieux arrogants dont nous ne devons pas avoir peur.
Esther et Mordékhaï sont les deux exemples qui
nous enseignent comment leur résister et réagir. Etudions
bien la tactique de Esther et Mordékhaï: elle est une utilisation
subtile et très méthodique de la prière, du jeûne,
de l'étude, de l'intelligence, et de la combinaison des qualités
masculines et féminines dans le peuple... loin des styles politiques
habituels, de même que Moché n'entra en rien dans le type
de combat que lui proposait Qora'h.
Le style non juif est celui d'Amane, c'est pour cela que son nom revient
54 fois, de même que les lettres des noms de ses 10 enfants (plénitude
du mal) font 54. Ce chiffre se dit Dane en hébreu : c'est
l'ordre de la "justice" dure, mise au bénéfice des intérêts
des puissants et des idéologues qui travaillent pour leur compte.
Ce système est aboli par la puissance de celui qui se nomme Ra'hamim
(miséricordieux) et qui contrôle cet ordre de la justice
injuste pour faire gagner la bonté sur laquelle le monde a été
créé; le peuple d'Abraham a pour tâche de rappeler
cela et de le manifester.
9e question. Pourquoi seulement 10 fils de Amane furent-ils pendus?
Sur les 208!
Le Rav Mordékhaï Eliahou éclaire cette question dans
les bulletins distribués dans les synagogues (Maâyané
ha yéchouâ). Le Traité Méguila 15b présente
ce nombre d'enfants de Amane.
Je vous donne le texte: Il est dit en Esther 5,11 "Et Amane leur
a raconté la magnificence de sa richesse et le grand nombre de
ses fils". De quoi s'agit-il. Rav a dit : 30. Dix sont morts, 10
ont été pendus, 10 ont été réduits
à la mendicité. D'autres Sages disent: ils étaient
70 réduits à mendier, car I Samuel 2,5 dit "ceux qui
avaient été rassasiés ont fini par se louer pour
avoir du pain". Ne lis pas "sévéîm"
(rassasiés) mais "chiveîm", 70. Et Rami, fils de
Abba, a dit: ils étaient au total 208, car il est écrit
"vérov, et le grand nombre des ses fils", et le
mot vérov signifie aussi 208 en guématria. On lui a objecté:
"mais ce mot vaut 214!" Et Rav Na'hmane ben Yits'haq a répondu,
c'était exact car le mot vérov ici n'a pas le vav, qui a
valeur 6, donc c'est bien 208. (Fin de citation, revenons à l'explication
du Rav Eliahou).
Ce sont ces 10-là parmi tous les enfants qui ont été
pendus, pour le motif suivant. Le Roi Koréche avait donné
l'ordre de bâtir le second Temple et de reprendre la vie normale
selon la Torah sur la terre d'Israël. Mais, sous la royauté
de Ahachvéroche, dit Rachi, les 10 fils de Amane ont diffusé
des lettres (on dirait aujourd'hui des mails) interdisant cette construction
car ils étaient contre l'implantation des Juifs sur la terre d'Israël
(yéchouv érets yisrael). Devant le bruit de tout cela, le
roi craint de faire appliquer ses mesures d'autorisaion. Ils les bloqua
(îqév), les gela. Il fallut attendre Darius pour que la mesure
devienne effective.
Le Troisième Temple descendra du Ciel, comme il est dit en Roche
ha Chana 30a, Soucca 41a et Rachi sur ces passages. Fin de la réponse
du Rav.
J'ajoute que c'est aux hommes de préparer pour que le Ciel donne
la bénédiction, c'est un enseignement sûr.
Il est clair que les nations, ou les partisans de l'interdiction de l'établissement
des Juifs sur toute la terre d'Israël, ne connaissent pas ces enseignements
classiques de la tradition juive. Et, comme les fils d'Amane, ils trouvent
de bonnes raisons à leur yeux, de toute évidence, et en
toute honneteté pour interdire aux Juifs. C'est l'actualité
la plus criante à l'approche de ce nouveau Pourim. Il est sûr
que le problème ne se résoudra pas avec les cieux ouverts
comme lors de la sortie d'Egypte, mais de façon inattendue comme
à Pourim et comme à chaque guerre où Israël
minoritaire et menacé l'emporta. Tous ces opposants ont donc tort.
Ils ne peuvent pas découper la Torah avec des ciseaux pour en prendre
ce qui leur plait et rejeter le reste.
Et ceux qui accordent tout le crédit au grand frère européen
ou américain ou à l'ennemi arabe, pourront méditer
beaucoup en ce Pourim sur la confiance que l'on doit avoir en notre destin,
sur le devoir que l'on doit manifester envers notre destin et envers Celui
qui, seul, mène l'histoire.
Que des gens malveillants, car il en est quelques uns, ne me disent pas
que je promets le sort des enfants d'Amane à ceux qui s'opposent
à la présence des Juifs dans les implantations de Judée-Samarie.
Il n'y a même pas à répondre à ceux qui sont
bêtes et méchants, et on ne les changera pas. Ils mourront
comme ils sont. Car ce sont eux qui se détruisent ainsi sans faire
confiance à Celui qui mène la vie et le bonheur des hommes
par le rôle qu'Il a voulu donner aux Juifs sur Sa terre. Qu'ils
discutent avec Lui! La Torah en mains. Ce n'est pas de la politique. La
Méguila de Pourim nous a appris de l'exemple des fils d'Amane,
c'est tout. Pour réfléchir, utiliser notre intelligence
et notre droiture, cela suffit. L'histoire juive est la base de notre
formation, pas le dernier manifeste d'un parti actuel.
10e question. Pourquoi doit-on faire des cadeaux à une personne
ou à deux, et non à plus, et offrir au moins deux choses
?
Cette question, apparemment insignifiante et traitant de détails,
touche en fait les points les plus élevés et les plus importants
dont ce n'est pas le lieu adapté ici pour l'enseignement. Disons
simplement que cela exprime la volonté de face à face entre
les hommes, comme cela doit l'être entre le peuple et Son D.ieu.
Le judaïsme est une anthropologie totale du couple.
11e question. Pourquoi dit-on que, le jour de Pourim, on doit donner
à quiconque demande une tsédaqa ?
C'est exact: on donne une tsédaqa à toute personne qui tend
la main (noténim tsédaqa lékhol pochéte
yado). Alors qu'habituellement on doit examiner ce que l'on donne
et à qui on donne car c'est le monde de la justice injuste et terrible
et il faut prendre garde (le dine). Aujourd'hui, c'est l'ordre
de Hachém Ra'hamim (le miséricordieux) Lui-même.
12e question. Le livre d'Esther veut-il nous donner un encouragement
sur la victoire définitive du bien ?
C'est cela, mais aussi bien plus. Ce livre d'Esther nous enseigne surtout
:
comment faire quand le mal semble l'emporter et quand le bien semble
menacé et impuissant;
comment opter pour certaines armes propres au bien, et comment les
utiliser;
comment essayer d'être un "humain de pureté" intérieure,
en soi-même, dans la relation à la femme, dans la relation
sociale;
comment être obstiné jusqu'à la victoire finale,
même dans l'opproche, l'incompréhension, la solitude, la
persécution;
comment garder la confiance en D.ieu, et dans les vrais amis;
comment ne pas ou ne plus trahir;
mais tout cela est possible seulement parce qu'on aura reçu
une éducation dans l'enfance (ou une formation tardive à
'lâge adulte), qui nous montrent les formes et les traces de
la Présence de D.ieu et de son action dans le déroulement
de la vie. C'est cela la clef du livre d'Esther et c'est pour cela
qu'il ne sera jamais aboli. L'étude nous dévoile comment
ces actes d'un D.ieu, jamais nommé apparemment, sont déchiffrables.
Le livre d'Esther possède de multiples clefs qui se dévoilent
avec évidence dans la relation directe avec un enseignant, car le
judaïsme exige que la transmission se fasse dans la relation.
Je n'en donnerai simplement que deux exemples volontairement très
importants, mais limités, dans la somme des enseignements de ce
rouleau :
Esther est la cachée, la non dévoilée, la victime,
Israël et la femme, et l'humanité bafouée. Mais le compte
des lettres hébraïques (le chiffre, comme on dit en langage
diplomatique, ou la guématria) nous disent aussi que c'est le même
chiffre que chochana, la rose qui est le nom d'Israël en beauté
de sa nature (comprenez l'importance des roses sur le site, secret dévoilé
!). Lisez le premier verset du chapitre 2 du Cantique des Cantiques.
Esther et Mordékhaï sont un prototype exemple de l'humain,
de la femme et de l'homme. En hébreu, non seulement l'homme est
fait à l'image de D.ieu et à Sa ressemblance mais le nom
"homme" sous plusieurs formes est à la fois la caractéristique
de l'homme et celle de D.ieu (adam, iche). La division que
veulent imposer les stéréotypes qui se croient éclairés
dans la société israélienne, entre ceux qui seraient
religieux et ceux qui s'occuperaient de l'homme est donc une idée
absurde et débile dans le monde juif. En ce sens de l'unité
des champs, Esther et Mordékhaï ont la même guématria
que le grand nom de Dieu en 72 lettres qui se répète 13 fois
comme les 13 qualités de Ra'hamim. Cela n'est pas un "code", c'est
une réalité dévoilée et enseignée pour
en tirer des conséquences dans la relation quotidienne.
Ces exemples non apparents se comptent par dizaines et dizaines dans
le livre d'Esther, c'est justement sa caractérisque qui nous montre
ce qu'est le monde dans son rapport des vraies dynamiques qui sont enseignées
explicitement au peuple juif par la Torah, mais qui ne semblent pas apparentes
pour
qui n'a pas encore étudié les textes qui sont son propre
héritage qui lui appartient
Cela suffit ici d'avoir fait allusion à quelques exemples.
13e question. Si le livre d'Esther est, donc, un dévoilement
du sens véritable, est-ce que le nombre d'apparition du nom des
personnages est significatif ?
Je vous laisse réfléchir aux données suivantes, et
vérifier vos connaissances. Ce sera une bonne base pour se questionner
lors de la fête :
Le livre d'Esther comporte presque exactement le 1/100e du nombre
des lettres de tout le Tanakh (la Bible) qui en comprend 1.159.705.
En effet, il a 11600 lettres.
Il est le 21e livre du Tanakh, comporte 10 chapitres, 167 versets, 3045
mots, 11600 lettres!
Et 41 noms divins sont cachés dans les lettres initiales ou finales du texte: 13 fois le nom de 4 lettres, par exemple. Cherchez-les.
Fréquence des noms de personnes dans le rouleau d'Esther (vérifiez!):
| Hammélékh (le Roi) |
159 fois |
| Esther |
53 (le 1/3 de 159) fois |
| Mordékhaï |
53 (le 1/3 de 159) fois |
| A'hachvéroche (Assuérus) |
28 fois |
| Vachti |
9 fois |
| Hamane |
54 fois |
| Zéréche, femme d'Amane |
4 fois |
Assimilation personnelle
Tout cela demande une méditation profonde intime qui devrait éveiller
en nous un courage immense pour la réussite du projet de la
Torah, de nos relations, de notre vie, de notre projet éducatif
ou conjugal, non pas selon les critères envahissants des jugements
médiatiques et politiques ou de la bonne bourgeoisie qui aime s'exhiber,
mais pour une réussite d'un niveau de qualité, de pureté,
de bonheur, d'ensoleillement bien plus grands, et cela dans le concret
des pensées, des réalisations et des sentiments. Et
ensemble, non pas selon la forme individuelle ou seulement familiale de
la bourgeoisie occidentale non juive.
Lisez pour ces thèmes de la pureté, de la rencontre et
du temps, le poème de Térouma
(Amitié si pure).
C'est bien pour cela que, lors de cette fête, nous lâchons
avec dérision les vêtements habituels pour adopter le déguisement
de Pourim, pour manifester que notre habit est bien autre chose : une
autre lumière, celle de la peau qui était "or (lumière)"
et non pas la "peau ôr" de notre carapace (lisez sur
cela la paracha Tétsavé).
On comprend que mettre le déguisement de Pourim n'est pas du tout
entrer dans les déguisement des héros des films de télévision,
Bateman et compagnie ou de l'actualité ou des fées. Cela
resterait dans le jeu de l'histoire apparente des médias habituels,
ou des mythes, et n'aurait pas entendu le message autre et impérieux
de Haqqaddoche baroukh Hou envers Son peuple Esther. Et n'oublions
jamais que son peuple est au féminin, comme la Torah, comme la
terre d'Israël, etc.
La boisson est là aussi pour casser nos repères mais
sans plus et sans nous éloigner de ce projet de qéddoucha.
Préparation
Il faut donc veiller à la préparation de la fête
d'Esther pour ne pas en faire un mini carnaval étranger ou enfantin.
La place des enfants est grande mais c'est parce que nous avons à laisser parler nous aussi notre innocence juive.
Reportez-vous au poème de Térouma (Amitié si pure)
qui décrit ce regard.
Lisez surtout le Cantique des Cantiques. Tout cela étant relié,
vous pouvez entrer dans le rouleau d'Esther.
Lisez-le bien à l'avance pour le connaître et en suivre
le sens lors de la lecture à la synagogue. Ce sera pour vous une
expérience très forte de lucidité, d'espoir et de
force.
Deux poèmes et un dessin de l'auteur:
(Photo de l'auteur ©)
|
Or Pourim
Dans l'attente
de la descente
de Or, lumière
totale de Pourim,
qui ouvrira
les portes fermées
que nous sommes
incapables d'ouvrir
par nous-mêmes.
La porte dure
deviendra
un rouleau
de lumière
déroulé
jusqu'en bas
et la lumière
brisera toutes
les écorces,
saisira toute étincelle
enfermée
et lui donnera la liberté,
secondes tables de l'alliance renouvelée.
La lumière n'éclatera jusqu'au bout que
s'il y a ce jour-là de Pourim
tsédaqa, téchouva, repas, boisson,
dons
aux amis et aux affligés pour intégrer
l'élevé
dans notre réalité.
Vivre hors de toute ordure.
Regarder OR, Ta lumière pure.
Y marcher fort en certitude
et recevoir Ta complétude.
|
Un dessin de l'auteur:
Sur le verset de Esther 8,17:
en hébreu:
"
la Yédoudim hayéta ora vé sim'ha vé sassone viqar"
en persan: "Barôyé Yéhoudiha boud nour ou châdi vou chôdmani vou ekhtérom..."
comme ils l'ont probablement dit aussi alors devant tous les habitants, dévoilant depuis lecaché (Esther-sétér) placé dans la langue profane le secret (sod) du bon final qui se dévoile dans l'hébreu.
Et en français: "pour les Juifs, ce fut lumière et joie et réjouissance et gloire".
Sur Modia, vous avez déjà pu apprendre l'hébreu, l'araméen, lire l'écriture antique de l'hébreu avant sa forme actuelle prise de l'écriture de l'araméen, lire les manuscrits anciens sépharades, un peu de ladino, le sens des noms juifs, la langue parlée des Tunes, découvrir le ladino, etc, etc, et voici que vous parvenez à lire la langue parlée par Esther et Mordékhaï dans la ville du roi de Perse! C'est le Juif, cette dispersion et ses retrouvailles.
"Barôyé (Pour) Yéhoudiha (les Juifs) boud (ce fut) nour (lumière) ou (et) châdi (joie) vou (et) chôdmani (allégresse) vou (et) ekhtérom (gloire, respect)...".
(Autres dessins de l'auteur: http://www.modia.org/galerie/dessins.html)
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des fêtes
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USAGES
Cette partie n'est pas la plus importante. Elle répond simplement
à des questions que l'on pourrait se poser sur les pratiques différentes.
Dans beaucoup de communautés, on fait du bruit avec les pieds, la
voix ou des crécelles quand on nomme Amane. Les Sages n'apprécient
pas cette coutume car le silence ne revient pas immédiatement et
l'on perd l'audition de certains mots et la mitsva n'est plus réalisée.
Cette coutume repose sur le fait qu'il faut effacer le souvenir d'Amalec.
(image
Sweetchild de crécelles)
Au Chabbate précédent Pourim (Chabbate Zakhor), les
Sépharades lisent le poème Mi khamokha vé éïne
kamokha. Parfois, le public lit les derniers versets tous ensemble
en hébreu ou dans la langue locale.
Dans beaucoup de communautés, on organise des petites représentations
théâtrales sur le thème de Pourim.
La coutume ancestrale est aussi de se déguiser pour Pourim, spécialement
par un masque sur le visage car la vérité des êtres
s'est révélée et les masques sont tombés. On
ne se déguise jamais avec des vêtements de l'autre sexe.
La nourriture a un grand rôle dans les cadeaux et par le repas de
mitsva car toutes les phases importantes du livre d'Esther se sont jouées
au cours d'un repas. On envoie aussi de la nourriture car le repas n'était
pas secret mais, au contraire, la victoire des Juifs a créé
une peur chez leurs ennemis et ils pouvaient se déplacer sans crainte.
On ne dit pas le hallél malgré le fait que c'est un
grand miracle et cela pour deux motifs : tout le livre est un grand hallés,
et on ne dit pas de hallél pour les miracles qui ne se sont pas
passés en terre d'Israël.
S'il y a une circoncision (mila) le jour de Pourim, on la fait avant
la lecture de la méguila, pour que ce nouveau Juif puisse
être associé à la joie.
Depuis la Perse à l'Iran, le peuple juif a une relation très particulière à ce peuple et à ses gouvernements. Réfléchissons en connnaissant un peu l'histoire.
Toute cette suite importante se trouve sur la page suivante par ce lien: texte très précis avec photos des lieux et des mausolées de la tombe du prophète Daniel et de Esther et Mordékhaï en Iran. Et essai de comprendre..
J'ai réalisé l'hommage ci-dessous sur tapis persan et j'ai écrit le texte en persan dans un cadre qui a la découpe du mausolée de la tombe d'Esther et Mordékhaï. Les deux arbres de vie et les deux fleurs symbolisent ces personnages magnifiques en duo. Le texte est celui de la méguilate Esther. Son nom en haut. Et, en-dessous: "Un homme juif était dans Chouchane (Soussa, encore aujourd'hui) la capitale et son nom Mordékhaï". Cette tombe est à Hamadan. C'est un batiment en briques majoritairement et des pierres, bâti au 13e siècle dans le style islamique sur le bâtiment précédent. L'intérieur est en boiseries et il y a d'anciens rouleaux de la Torah. Esther y est dite épouse de Khashayarch, nom persan du roi cité dans la méguila. La ville de Hamadan se trouve à l'Ouest de l'Iran, côté Iraq, au-dessus de Borujerd, des villes qui avaient des communautés juives depuis toujours. A 330 km à l'Ouest de Téhéran.

Lire ce dessin de droite à hauche et de haut en bas. Le persan s'écrit
ainsi, comme l'hébreu, c'est une langue originale et antique comme l'hébreu mais
le conquérant arabe lui a imposé de l'écrite en caractères arabes qui ne correspondent
nullement à cette langue qui n'a pas la structure des racines à trois lettres
de l'arabe: viol continu qui éclate encore dans la lutte entre les pays chiites
contre les sunnites.
J'ai écrit en farsi (persan)
sur
ce
dessin
le
nom
Esther,
en
haut;
au
centre: "un homme juif était dans Chouchane la capitale" et en ba: "et son nom:
Mordékhaï".
et voici la carte d'Iran pour situer Hamadan. Je l'ai symbolisée en colombe de la paix, qui viendra, par le mérite d'Esther et Mordékhaï:

Voici des photos de l'approche de la tombe, sa forme typique, etc.

Cette tombe est un des seuls endroits en Iran où un monument porte des caractères hébraïques.
C'est Cyrus qui autorisa les Juifs à revenir à Jérusalem et à y reconstruire le Temple. C'est dire à quel
point ce lien est particulier.
Voici le texte de l'Edit de Cyrus à la fin de la Bible, Livre II des Chroniques
(Divréi ha yamim 2): il y prescrit à tout Juif de "monter" à Jérusalem et d'y
rebâtir le Temple de Hachém. Et il ordonne aussi aux nations et spécialement
aux nations arabes de ne rien faire contre ce peuple que D.ieu a choisi, contrairement
au mal qu'ils voudraient lui faire. Lire tout ce dernier chapitre.
J'ai calligraphié à la main ce texte dans sa traduction en persan, en farsi,
comme le Roi Cyrus a dû l'écrire et le dessin est celui d'une miniature persane
juive ancienne; elle symbolise parfaitement ce départ vers Jérusalem.


Voici la traduction: "Dans
la première année de Cyrus, roi de Perse, à l'époque où devait s'accomplir
la parole de Hachém annoncée par Jérémie, Hachém éveilla
le bon vouloir de Cyrus, roi de Perse; et celui-ci fit proclamer dans tout
son royaume, par la voix (des hérauts) et aussi par des missives écrites, ce
qui suit: Ainsi parle Cyrus, roi de Perse: Hachém, D.ieu du Ciel, m'a mis entre
les mains tous les royaumes de la terre, et c'est Lui qui m'a donné mission
de Lui bâtir un Temple à Jérusalem qui est en Judée. S'il est parmi vous quelqu'un
qui appartient à Son peuple, que Hachém son D.ieu, soit avec lui pour qu'il
monte".
Que chaque Juif croyant entende enfin ce texte adressé personnellement à chaque
Juif depuis quelques millénaires et auquel il affirme croire.
Voici le même texte en hébreu (II Chroniques 36,22-23):
Voici l'enluminure
de Fouquet (Bibliothèque Nationale, Paris, hors copyright européen) sur le
Roi Cyrus ordonnant à tous les Juifs de retourner à Jérusalem
rebâtir le Temple.

Et voici son cylindre ( au British Museum) racontant sa
victoire sur Nabuchodonozor, roi de Babylone, lui procurant le premier
empire gigantesque
de l'Iran à la
Chine. Il est vu aussi comme un cylindre des droits antiques de l'homme.
Et voici la tombe
de Cyrus en Iran:
Et voici quelques photos de la ville de Ispahan (Esfahan, en iranien,
en farsi). Elles feront comprendre pourquoi on l'appelle Esfahan, nesfé
djahâne, Ispahan, moitié de la beauté du monde. On comprend alors pourquoi
le Créateur, dans cette étape importante de l'amélioration de la Création
a voulu que cela se passe en Iran, en Perse.



et que, de là seulement, on soit reparti vers Jérusalem...
Et, après
1948, l'Iran n'a pas rompu avec Israël nouvellement créé, l'a reconnu
de facto et est entré en grande coopération, ce qui lui a valu
de grands ennuis avec le monde arabe. Un jour, la lune de miel reviendra.
Il y a sens à cela,
nous le verrons dans la page historique à venir.
- Voici aussi
quelques photos de la tombe du prophête Daniel à Soussa
(Suze). Cela vous fera comprendre l'importance de la relation entre le judaïsme
et la Perse puis l'Iran moderne.

image free sur Wikipedia.
et ici des billets de 5 rials (500 dinars) à l'effigie du Shah Reza, portant l'image de la tombe du prophête Daniel.

La présentation historique de l'Iran
Ce pays s'appela la Perse jusqu'au 21 mars 1935 où elle devint l'Iran. L'archéologie a montré qu'il y avait la présence humaine il y a environ 100.000 ans, et que des cultures y existaient il y a environ 15000 ans et il y a 6000 il présentait une agriculture sophistiquée et développée et de grands centres urbains. Bien que la Perse fut envahie par les Mongols, les Arabes et les Turcs, la Perse a toujours maintenue son identité propre. Et elle a défendu sa langue jusqu'aujourd'hui même si les Arabes lui ont imposé les caractères de l'écriture arabe; et nombreux sont en Iran qui dans le choix de divers signes graphiques préfèrent encore les signes iraniens non arabes. Le persan a rayonné sur toute la région et le persan ou farsi fut à certaines époques la langue administrative et diplomatique jusqu'en Extrême-orient. La langue hindi de l'Inde, l'indonésien,le malais, le thaï, par exemple et bien d'autres comportent aujourd'hui de nombreux mots de farsi.
Les quelques grandes dynasties furent celle des Achaemenids (-559-330) fondée par Cyrus qui décrêta le retour des Juifs à Jérusalem et la reconstruction du Temple. C'est dire l'importance! Ensuite, une période grecque (-300-250) puis les Parthes (jusqu'en 226) puis les dynasties Sassanid (jusqu'en 651), l'invasion de l'Islam jusqu'aux tensions violentes et incessantes jusqu'à maintenant entre Sunnites et Chiites.
Le statut des Juifs fut variable, allant du statut de dhimmi sous l'Islam (domination mais organisation sociale) jusqu'aux persécutions, les conversions forcées, les périodes de calme, de statuts de fonctionnaires, de marchands, de conseillers.
Important pour situer : dans quel monde du calendrier vivent les iraniens
Ici les leaders politico-religieux du régime iranien (photos, CV,présentation, etc).
Tout sur l'Iman Khomeini vu d'Iran (photos CV, écrits, volontés,impact, etc).
L'Iran comme culture.
Les chaînes de TV iraniennes et les horaires et fréquences des nouvelles en français à la radio officielle

Ici le résumé d'une affaire injuste qui a secoué en 1999 la petite communauté juive iranienne, et qui n'est guère différente des craintes qu'elle a eues sous Aman:
10 juin. Un journaliste officiel déclare sur Radio Téhéranque l'Iran n'a pas diffusé de nouvelle de l'arrestation de 13 juifs, mais qu'elle a simplement rapporté une dépêche de la radio israélienne rapportant le fait.
11 juin. Déclaration officielle : ils seront jugés selon les lois de la République islamique (cela veut dire dans la reconnaissance des obligations internationales et donc de la loi islamique), les juifs d'Iran vivent en paix, l'affaire devient une campagne de propagande internationale menée par les USA et Israël (cela veut dire que le courant extrêmiste au pouvoir veut casser à 6 mois des élections la tendance qui monte dans le public iranien de rapprochement avec l'Ouest, en créant un réflexe d'autodéfense nationaliste devant une attaque externe menaçante. Jusqu'ici le silence international voulait éviter ce piège.
11 juin. Manouchehr Eliasi, le représentant de la communauté juive iranienne au parlement Majles, déclare au quotidien modéré Entekhab : "nous demandons officiellement une justice de vérité pour les suspects. Si les résultats de l'enquête prouvent leur culpabilité, ils doivent être condamnés ; mais, au contraire, si leur innocence est démontrée, ils doivent être immédiatement relachés... C'est la première fois que des juifs sont arrêtés en Iran pour espionnage au profit du régime sioniste et nous espérons que cela n'est pas exact et qu'ils seront acquittés... Nous n'avons aucun contact avec le gouvernement israélien parce que nous faisons la distinction entre judaïsme et sionisme"...
12 juin. Des prédicateurs du Vendredi, jour de prière, disent que si la règle islamique est appliquée, la peine de mort pourrait être prononcée. Les plus agressifs parlent de placer les "coupables" devant le mur et de les descendre.
14 juin. Des responsables juifs iraniens affirment leur confiance dans les autorités iraniennes et la justice de leur pays, espèrent le réglement rapide du problème et affirment que les campagnes extérieures sont hostiles au régime iranien. (Il est clair que ces déclarations étaient nécessaires sur le plan intérieur).
Le leader noir américain Jackson qui a toujours été vanté par les autorités iraniennes pour ses initiatives,souvent contestées par le gouvement américain, a tenté d'être reçu par le représentant iranien aux NationsUnies, sans succès.
15 juin. Les autorités iraniennes ont déclarées que d'autres personnes ont été arrêtées en même temps que le 13 juifs pour espionnage dont des musulmans. (Cela indique l'efficacité des pressions internationales qui essaient d'adoucir l'extrêmisme du problème).
Nous avons alors organisé une campagne de prière et rendu compte aux lecteurs, jours par jour, du déroulement de l'affaire qui devint tragique et se termina heureusement par la libération des soi-disant suspects, après des périodes d'emprisonnement diverses.
Nous avons vécu cela au jour le jour comme dans le début de la méguilate Esther. Voici le contexte/
Vous voyez la ville de Shiraz (Shraz), origine des prisonniers.
Dossier. Plan
I - Pourquoi notre souci ?
II - Le problème en Iran :
- comprendre par l'histoire et par la géographie.
- l'actualité.
I - D'abord, pourquoi notre souci très vif ?
Vous savez que, dans l'étude de la Torah que nous réalisons ensemble dans le Beit Middrache qu'est Modia, nous sommes sensibles à la mitsva qui rassemble toutes les autres, le sauvetage et le rachat des prisonniers sous toutes les formes (pidiyone hachevouyime) dans la vie internationale ou dans les violences familiales.
Nous sommes reliés en permanence au site de RonArad et des autres prisonniers et les portons quotidiennement dans nos coeurs et dans nos prières.
Nous savons pourquoi :
Maïmonide, le Rambam, écrit ceci dans MichnéTorah, fascicule Matenote Aniyim, Dons aux pauvres, 8,10 :
"La mitsva de libérer les prisonniers précèdela mitsva de subvenir aux besoins des pauvres, de les nourrir, de les vêtir.
Il n'y a pas de mitsva plus grande que le rachat des prisonniers
car le prisonnier est celui qui a faim,
est celui qui a soif,
est celui qui est nu,
est en danger de mort.
Celui qui se ferme les yeux devant cette mitsva transgresse
- les mitsvotes prescrites dans le livre Vayiqra de la Tora (chapitre19, versets 16 et 18 ; chapitre 25, versets 53 et 56 ; s'y reporter),
- les mitsvotes prescrites dans le livre Devarim de la Torah 15, 7
- les mitsvotes prescrites dans les Proverbes 24, 11 (s'y reporter) et beaucoup d'autres mitsvotes.
Il n'y a pas de plus grande mitsva que celle de racheter les prisonniers".
Citation exacte.
Donc, nous ne faisons pas de concessions sur ces cas.
Lisez également :
- Lire dans le Choul'hane Aroukh de Rabbénou Yossef Caro, Ora'h 'Hayim 153 ;
- Lire dans le Choul'hane Aroukh de Rabbénou Yossef Caro, Yoré Déa 251 ;
- Lire dans le Séfér 'Hokhmate adame, règle 145, 152, 1 (le rachat des prisonniers précède mêmel'obligation d'étudier la Torah),
- Lire dans le Séfér 'Hokhmate adame, règle 145 (le rachat des prisonniers précède même l'obligationde donner aux pauvres),
- Lire dans le Séfér 'Hokhmate adame, règle 145 (qui n'assure pas le rachat des prisonniers transgresse de nombreusesautres mitsvotes de la Torah qui sont précisées en ce texte).
Il va de soi que le caractère précis de cette mitsva peut s'étendre aussi, dans la ligne du 'hésséd, dans la ligne de la bonté qui est la caractéristique divine, pourexercer notre aide et nos secours et notre énergie envers les différentes formes de prisons qui enferment des humains.
II - Le problème en Iran, mon analyse :
- comprendre par l'histoire et par la géographie.
La situation des juifs d'Iran est la suivante :
L'Iran a toujours été un pays très sensible au coeur des juifs. Une première clef : ce sont les relations de deux amoureux qui seraient à la fois très passionnés (affectifs,attachés, explosifs et instables) et totalement logiques (menant parallèlement entre eux une politique la plus réaliste des intérêts militaires communs et géostratégiques communs). Supprimer l'un de ces pôles est se condamner à ne rien comprendre.
Ne voir que le problème palestinien tel que le présentent les médias de l'occident est stupide par l'étroitesse des vues.
Cyrus, empereur de Perse (-539) l'emporta sur la Babylonie et permit avec Darius II en -423 la reconstruction du Temple (voyez Ezra 6, 14 et le livre de Ezra et celui de Néhémie et Isaïe 44, 28 - 45,1). Cela est vu dans la tradition comme l'exemple optimal de la relation des nations à Israël et le modèle de l'avenir.
Si vous voulez connaître l'histoire ancienne de la Perse, cliquez
ici.
Il faut lire le livre de Daniel et celui d'Esther pour être transportésdans ce monde. Le monde de l'époque était centré sur des métropoles avec leur culture et leurs dieux (voyez Ezra 1, 3) mais sans une conception nationaliste comme aujourd'hui. C'était la ville qui était l'unité de communauté et non pas un grand ensemble politique. Un empire pouvait alors être très composite. L'araméen était pratiqué dans toute la région comprenant des empires différents. Cela crée des affinités entre la culture juive et le trésor historique de ces peuples et cela explique aussi les passions d'amours soudaines et brèves entre certains de ces peuples et nous.
Les peuples qui s'estiment leaders du monde et n'ont que quelques centainesd'années d'existence ne peuvent pas réussir à c omprendre ces biens communs historiques des peuples dela région, au delà des divergences. L'attitude de la Syrie en est un exemple où les intérêts des libanais et des palestiniens (deux pseudo-Etats crées par les puissances occidentales) ne représentent nullement les stratégies de la Syrie qui les abandonne chaque fois que ses propres choix doivent se manifester et, alors, la rivalité séculaire avec l'Egypte ou avec l'Iraq réapparait au grand jour. La plupart des politiciens actuels n'ont qu'une conception immédiate et économique de géopolitique et non culturelle ni historique.
Cela est également concret : il y a une splendide tombe du prophète Daniel à Soussa (près de la frontière actuelle avec l'Iraq).
C'est aussi le lieu d'anciennes communautés juives, en Perse et Babylonie (selon les relations changeantes entre ces deux "pays"; avec un dirigeant unique de la grande communauté, le Roche Galouta.
II - Le problème en Iran, mon analyse :
- pour comprendre la culture : allez sur ce site officiel iranien. Eventuellement la langue,ce que je pratique partiellement surtout dans les textes comme d'autres langues de notre région pour être bien inséré et comprendre notre relation-historico-immédiate.
- pour connaître les paysages quotidiens,car ils forment la structure des humains.
- pour comprendre l'actualité.
C'était le pays le plus peuplé de juifs orientaux ; ils étaient 95000 en 1948, date de la fondation de l'Etat d'Israel. Après une première émigration partielle de 55000 jusqu'en1968, selon les statistiques de l'Agence juive et le retour en Iran de 3000, il en restait encore 60000 en 1968 et il en reste actuellement 25000. Shiraz ou Shraz, ville de ces Juifs prisonniers est la 3e ville après Téhéran et Isfahan.
L'Alliance Israélite Universelle et l'ORT (francophones) et le Joint (américain) ont profondément marqué cette communauté. Cela a entrainé aussi une grande assimilation, la diminution de l'encadrement religieux traditionnel et un développement des mariages mixtes.
Les Juifs iraniens avaient obtenus l'égalité des droits par la constitution de 1906 et l'opposition aux Juifs n'était pas violente. Ils avaient le droit d'élire un député à l'assemblée nationale des Majlis mais tout non-Chîte ne pouvait devenir ministre. Ils étaient peu présents dans les fonctions publiques.
Depuis longtemps, l'Iran a une politique indépendante des pays arabes et de l'Occident face à la Palestine ou face à Israël. Elle le marque encore aujour'hui, même par ses périodes d'engagement massif ou destructif aussi bien que dans les périodes d'alliance avec Israël: toujours indépendante et changeante. N'oublions pas qu'en persan, parler se dit "donner des coups", un peu comme notre verbe lédabber (parler) contrairement au verse "omér" qui est doux. Même quand ils dorment les Iraniens ne sont pas en repos, car leur verbe dormir signifie "faire des rêves";-))
En 1921 déjà, l'Iran gérait ses 30000 citoyens de Palestine depuis son consulat d'Egypte. Et, en 1934, l'Iran établit son propre consulat pour cela à Jérusalem.
L'arrivée de la dynastie Pahlévi depuis 1925 améliora encore les relations avec les Juifs.
Depuis la création de l'Etat d'Israel, le sioniste y a été actif. Certes, l'Iran a voté par solidarité contre l'Etat d'Israel mais en même temps il bâtissait des liens sous le couvert de la protection des biens iraniens en Israel-Palestine. Dès le 11 mars 1949, l'Iran s'oppose aux pays arabes en reconnaissant Israël, ce qui est considérable. On ne peut pas ignorer ce particularisme qui existe depuis Cyrus (ou peut-être même avant) et qui reste une ligne de fonds, peut-être avec rôle dans la guéoula globale. Réfléchissons et ne soyons pas simpliste.
En fait, ce n'est pas seulement l'originalité islamique de l'Iran qui l'amène à se différencier des pays arabes ni même le fait que les Iraniens ne sont pas arabes (pas plus que la majorité des Egyptiens d'ailleurs, fait souvent oublié); ce n'est pas seulement le fait que sa langue et sa culture ne sont pas arabes, ce qui est important ; c'est le fait que l'Iran n'oublie pas que les Arabes ont été des envahisseurs en Iran, des destructeurs d'une culture millénaire, des dominateurs et qu'ils ont des prétentions précises sur les régions pétrolifères très riches du Khuzestan, de Shatt-el-Arab (jonction du Tigre et de l'Euphrate sur la côte) et du Golfe persique que les arabes nomment "le Golfe arabe" ! (voir la carte ci-dessus). Cela est l'essentiel. Ajoutez des îles disputées, qui sont des forteresses de protection. La lutte pour le pétrole et ses taux est l'arme de cette guerre.
Donc l'Iran se garde de ses voisins qui utilisent l'Islam pour se rapprocher d'elle afin de la détruire, comme nous le voyons dans le conflit Iraq-Iran. Le conflit Iran-Israël est peu de choses face à ces intérêts vitaux menacés. Le problème est le même que celui des sources d'eau en Israël qui sont visées par les Palestiniens et le monde arabe sous le couvert de la constitution d'une entité politique palestinienne. Cela est bien plus fort que les idéologies de quelques leaders brillants et gauchistes en Israël ; c'est aussi vital que la suppression de l'air pour la respiration.
On comprend alors que dans les périodes de conflit les plus vifs entre l'Iran et Israël, il a été découvert maintes fois que l'Iran demandait des armes à Israël pour se protéger de ses menaçants voisins arabes et les obtenait secrètement. C'est toute cette compréhension qui est importante. Les ennemis respectifs étaient les mêmes.
Il n'est pas sérieux d'aller s'installer en Israël (comme je l'entends parfois), sans y voir autre chose de plus que d'éviter des désagréments de voisinages ou fiscaux en France ou à Miami, et sans prendre en considération ni le sens de la Torah ni sa situation dans ce monde-là dont la méguila d'Esther nous montre le film.
Qui ne veut pas entrer dans des politiques si complexes ferait mieux de ne pas s'occuper de ce qu'est le Moyen-Orient, et ne pas tenter de se prononcer au Café Flore ou du Commerce à des milliers de kilomètres sans comprendre les populations locales, depuis des millénaires en conflit. On le voit par les échecs cuisants des Américains dans leurs opérations-fléche contre l'Iran ou l'Iraq qui se terminent presque toujours dans le retrait et le ridicule. Que peut faire l'imposante flotte contre ces subtilités continentales et mentales ? L'Occident est utilisé par l'Iran mais il est vu également comme un élément externe qui vient compliquer la géopolitique historique et éternelle de la région.
Il est donc logique pour l'Iran de jouer constamment de l'alliance avec les pays islamiques et arabes et de s'allier à Israël pour défendre sa vie.
Toute alliance renforcée entre l'un et l'autre des leaders du monde arabe est ressentie par l'Iran comme un danger réel (rappelez-vous la réaction de l'Iran aux alliances entre Nasser et l'Iraq et l'augmentation immédiate des coopérations secrètes alors entre l'Iran et Israël).
Par contre, le conflit palestinien contre Israël est également utile pour l'Iran car il destabilise la région et oriente les forces dans une autre direction. Tant que l'Iraq, la Syrie et les divers mouvements d'indépendance sont géographiquement orientés vers le Sud et l'Ouest de la région (Israël), l'Iran respire davantage par rapport à ses voisins, redoutables depuis des siècles et des millénaires. L'aide aux mouvements islamiques au Liban par l'Iran qui maintient la Syrie dans ce bourbier est très fructueuse pour détourner l'Iraq et la Syrie de la frontière iranienne.
De plus, maintenir en activité le 'hesbollah et autres mouvements incontrôlables à proximité de la Syrie est contraindre celle-ci à vivre sur la défensive car tous ces pays arabes savent que ces mouvements islamiques extrémistes ne sont pas seulement orientés contre Israël mais, surtout, sont des armes de subversion de l'Iran contre les pays arabes, comme on le voit à chaque pélerinage en Arabie saoudite. Ce n'est pas en Israël que l'Iran veut exporter la Révolution islamique.
Quelle naïveté, disons plutôt quelle malveillance, que celle des occidentaux qui feignent de croire qu'il y a un accord de toute la région pour promouvoir le peuple palestinien, entité nouvelle qui n'a jamais eu d'histoire, car chacune de ses composantes était toujours reliée à ses familles régionales différentes et souvent hostiles, qui du Caire, qui de Syrie, qui du Liban, qui de Transjordanie.Personne n'est dupe ici. Et on voit les leaders du soi-disant peuple palestiniens aller chercher leurs soutiens selon leurs appartenances dans tel ou tel pays et non dans tel autre. Et tous ces Etats redoutent honnêtement le jour où un nouvel Etat viendrait déséquilibrer le jeu millénaire et bien connu des forces et affaiblir Israël qui est un tampon alternatif entre tous ces frères belliqueux qui ont un seul rêve : dominer les autres pour retrouver leur gloire ancestrale abolie.
Le Shah brisa lui-même cet équilibre d'oscillations constantes en prenant un engagement trop unilatéral avec Israël quand, en 1963, il s'allia totalement avec Israël pour la Révolution Blanche de développement alliant aussi la coopération totale sur le plan militaire, technologique et économique. Ainsi, toute vérité trop simple, excessive et trop unilatérale est dangereuse au Moyen-Orient. Cela s'éarrêta pour des raisons internes et non envers Israël.
Israël apprécie le pétrole iranien et l'Iran le savoir technologique israélien mais il est inutile de le faire savoir. Cela est aussi souvent le cas entre les autres pays arabes et Israël derrière les déclarations belliqueuses aux Nations Unies.
La politique apparemment de droite nationaliste du Likoud, spécialement avec les niet entêtés de Shamir, savait très bien s'adapter en coulisse à ces contradictions psychologiques, pour le plus grand bonheur de ces pays qui avançaient économiquement et militairement sans perdre les rênes de leur propre jeu politique.
Ainsi, même le Shah autorisa l'aviation soviétique à survoler son territoire pendant la Guerre de Kippour pour aider l'Egypte!
N'oublions jamais que, dans ses pires heures contre Israël qu'il traitait de Satan et dont il exigeait la suppression, l'ayatolah Khomeini ne pouvait pas s'empêcher d'attaquer le Président Sadam Hussein en le traitant de "sioniste infidèle" et de créer des troubles en Arabie Saoudite ! Et, toujours, des enquêtes de journoux et des indiscrétions faisaient état (à tort ou à raison !) de livraison d'armes israéliennes à l'Iran à ces mêmes époques.
Inversement, une politique idéologiquement occidentale en cette région mène à des catastrophes de fait après avoir posé le principe d'avoir toujours raison depuis Neptune. Vanité des vanités occidentales.
Donc, si on ne va pas fausser ce jeu, il est probable que l'apparent incident actuel devrait se résoudre, derrière le drame, écrivais-je à l'époque et ce fut le cas. Mais, il faut aussi l'aide du Ciel et des dérapages et accidents sont toujours possibles.
Et il y eut, certes, des périodes d'attaques contre la communauté, spécialement depuis le lien du gouvernement Mossadeq avec les mouvements islamiques. On sait que le Chah reconnut à nouveau Israël le 30 janvier 1960, ce qui créa un vif conflit depuis entre l'Iran et les pays arabes.
La suite de l'histoire récente est connue de tous, les liens étroits entre l'Iran du Chah et Israël, la compagnie El Al faisant partie de la vie iranienne ainsi que les experts agricoles et techniques d'Israël, la chute du Chah en février 1979 et le khomeinisme qui est au pouvoir,

et ici sa tombe grandiose dans le grand style iranien ancestral.
Enfin le début de libéralisation dans la législation précédente qui a créé actuellement des tensions internes vives entre le Président élu qui a été éliminé par les élections suivantes et les gardiens de la révolution qui ont placé au pouvoir leur leader exécutif, Mahmud AHMADI-NEJAD:
Qui ne veut que penser l'Iran qu'à travers les paramètres occidentaux ne comprendra rien. Un seul exemple, voici la prière du Vendredi à l'Université de Téhéran. Quelle est l'université occidentale ou israélienne qui rassemble autant d'étudiants pour la prière que là?
Voici le site des Juifs iraniens: http://www.iranjewish.com/pic.htm
Derrière tout cela, Israël est en fait le prétexte qui cache le véritable problème : la lutte acharnée pour le leadership sur le monde islamique de la région entre les soi-disant "frères" : l'Egypte, la Syrie, l'Iraq, l'Arabie Saoudite, l'Iran, la Lybie, le Soudan, l'Iraq. Ce problème est millénaire, car toujours la terre d'Israël a été le lieu géographique de rencontre des armées de la région s'affrontant, souvent sur le territoire comme à Meggido, même avant l'Islam. Même le combat entre Napoléon et les Turcs en 1799 se fit à Meggido,et de même la chute des Turcs par les Anglais avec Allenby en 1918. La région a la politique de sa géographie, voyez la carte ci-dessous.
Lisez ce document datant de 3500 ans sur ces guerres entre ces empires dont le champ de bataille était à Meggido sur la terre actuelle d'Israël.
Les divisions entre l'islam sunnite et chiîte ont servi aussi ces luttes. De même, le problème israélien/palestinien est une aubaine cultivée pour diviser les autres influences et tenter de reprendre le leadership pour chacun. Ne pas y parvenir est la meilleure façon de faire perdurer la drôle de paix qui n'est pas la guerre.
Nous avons une seule demande au Ciel : que la France des idées claires et simples ne vienne pas toucher au jeu de ces subtils joueurs d'échecs, et que les Etats-Unis se contentent de parader et de ratisser économiquement comme ils le font, ici comme ailleurs, sans vouloir dicter : sinon, ils aboutiraient à des interventions massives et destructrices suivies de retraits dans la honte dès le premier massacrede combattants américains. J'écrivais cela en 1999! Ils jouent tous aux échecs avec les règles du jeu de domino. Et, cyniquement, ils y voient d'abord un marché d'armes à finalité économique, et les USA en 1986 ont reconnu s'être alignés envers l'Iran sur la politique israélienne et lui avoir livré des armes au plus fort de l'opposition !
Cette géo-stratégie alternative, double et complexe, que j'ai décrite est toujours camouflée par les medias occidentaux et spécialement français, qui brandissent la seule question du droit d'un peuple à une terre (ce qui n'est jamais dit en France concernant les Corses ou les Basques, ou d'autres) où l'on divise en deux camps absurdes : d'une part les ayatollas ou les Juifs religieux et, d'autre part, la démocratie qui serait incarnée pour eux par les gouvernants d'Egypte ou de Syrie ou par l'autorité palestinienne!!!
Il faut donc connaître avec précision cet environnement immense où Israël est noyé et pris en sandwich, à la jonction entre ces conquérants multiples qui disent être semblables seulement pour mieux se contrôler et s'abattre réciproquement:

(carte du site gouvernemental http://www.pmo.gov.il/english/policy/middleeast.html)
Il faut donc situer tout incident concernant Israël et le peuple juif dans le contexte de ces luttes et des autres signes, sans vouloir y chercher une causalité étroite.
Exemple : le 8 juin 1999, Téhéran reconnait l'emprisonnement des 13 Juifs. Le même jour, Téhéran a pris d'autres initiatives : à Bagdad, dans un quartier d'opposants au régime de l'Iran, ce dernier réussit a faire sauter un bus portant de nombreux opposants tuant un leader candidat à la direction des Mudjahines, 6 hauts responsables et de nombreux opposants iraniens. De même, des bombes ont explosé devant leur quartier général.
La simultanéité des deux faits peut être interprétée comme un avertissement sur l'audace du gouvernement iranien, capable de défier.
Mais l'interprétation, probablement exacte est encore trop simple car les 30000 opposants iraniens hébergés en Iraq se révèlent aussi comme une arme interne redoutable placée dans le coeur même de l'Iraq par l'Iran. Ainsi, ils ont déjà tenté d'assassiner de nombreux responsables iraqiens dont Odai le proprefils de Saddam Hussein.
De plus, il faut connaître également la réalité des attaques antisémites qui s'exercent actuellement de façon officielle dans un certains nombre de ces pays qui ont signés des accords avec Israël Ces médias ne peuvent s'exprimer qu'en obédience à leurs gouvernements. Leurs textes sont donc une tactique gouvernementale également.
Il faut absolument lire ces pages pour connaître la structure des poncifs antisémites actuels de la région qui allient l'antisémitisme classique de l'époque hitlérienne et de l'antisémitisme religieux européen séculaire en l'appliquant au Juif actuel qu'est l'Israélien relié à sa terre politiquement et religieusement. LE seul juif bon dans ces campagnes est celui qui se désidentifie, et qui hait ses propres attachements.
Comme dans le courant révisionniste européen, la démonstration utilisée joue d'une apparenc e de connaissance scientifique alors qu'elle est une ignorance crasse de la sociologie historique et de l'anthropologie, une malhonneteté claire et des glissements dans les débats de l'actualité politique. L'ignorant tombe sous le matracage ainsi organisé.
Tout ceci pour simplement comprendre quel est le contexte de la réalité et dans quel environnement vivent ces Juifs le jour où un gouvernement décide de les inculper. On est loin des discours des articles complaisants pour lecteurs occidentaux qui se basent sur des options logiques sans aucun lien avec la réalité.
C'est dans ces contextes que se jouent nos Pourim.
Derrière cela, il y a un passé de très grande estime entre la mémoire iranienne et la mémoire juive.
Vous trouverez ici les archives quotidiennes du problème de l'arrestation des Juifs iraniens en 1999-2000: le dossier et la suite ( dossier)
et voici la fin de cet important dossier.
Les données brutes iraniennes officielles :
Population: 68.959.931 (July 1998 est.)
note: includes 607,252 non-nationals (July 1998 est.)
Age structure:
0-14 years: 43% (male 15,371,060; female 14,513,782)
15-64 years: 53% (male 18,469,620; female 17,810,596)
65 years and over: 4% (male 1,428,471; female 1,366,402) (July 1998est.)
Population growth rate: 2.04% (1998 est.)
Birth rate: 31.37 births/1,000 population (1998 est.)
Death rate: 6.19 deaths/1,000 population (1998 est.)
Net migration rate: -4.79 migrant(s)/1,000 population (1998 est.)
Sex ratio:
at birth: 1.05 male(s)/female
under 15 years: 1.06 male(s)/female
15-64 years: 1.04 male(s)/female
65 years and over: 1.05 male(s)/female (1998 est.)
Infant mortality rate: 48.95 deaths/1,000 live births (1998 est.)
Life expectancy at birth:
total population: 68.25 years
male: 66.83 years
female: 69.74 years (1998 est.)
Total fertility rate: 4.31 children born/woman (1998 est.)
Nationality:
noun: Iranian(s)
adjective: Iranian
Ethnic groups: Persian 51%, Azerbaijani 24%, Gilaki and Mazandarani8%, Kurd 7%, Arab 3%, Lour 2%, Baloch 2%, Turkmen 2%, other 1%
Religions: Shi'a Muslim 89%, Sunni Muslim 10%, Zoroastrian, Jewish,Christian, and Baha'i 1%
Languages: Persian and Persian dialects 58%, Turkic and Turkic dialects26%, Kurdish 9%, Louri 2%, Balochi 1%, Arabic 1%, Turkish 1%, other 2%
Literacy:
definition: age 15 and over can read and write
total population: 72.1%
male: 78.4%
female: 65.8% (1994 est.)
Government
Country name:
conventional long form: Islamic Republic of Iran
conventional short form: Iran
local long form: Jomhuri-ye Eslami-ye Iran
local short form: Iran
Data code: IR
Government type: theocratic republic
National capital: Tehran
Administrative divisions: 25 provinces (ostanha, singular—ostan); Ardabil,Azarbayjan-e Gharbi, Azarbayjan-e Sharqi, Bushehr, Chahar, Mahall va Bakhtiari, Esfahan, Fars, Gilan, Hamadan, Hormozgan, Ilam,Kerman, Kermanshahan, Khorasan, Khuzestan, Kohkiluyeh va Buyer Ahmadi, Kordestan, Lorestan, Markazi, Mazandaran, Semnan, Sistanva Baluchestan, Tehran, Yazd, Zanjan
note: there may be three new provinces named Gorgan, Qom, and Qazvin
Independence: 1 April 1979 (Islamic Republic of Iran proclaimed)
National holiday: Islamic Republic Day, 1 April (1979)
Constitution: 2-3 December 1979; revised 1989 to expand powers of the presidency and eliminate the prime ministership
Legal system: the Constitution codifies Islamic principles of government
Suffrage: 15 years of age; universal
Executive branch:
Chief of state: supreme leader (rahbar-e moazam) and functional chief of state—

Leader of the Islamic Revolution Ayatollah Ali Hoseini-KHAMENEI (since 4 June 1989)
et le gouvernement à Pourim 5766 |