La Fête de Roche Hachana
(Jour de l'an)
du 12 septembre 2007 au soir
et les 13 et 14 septembre 2007,
an 5768.
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
à partir des ouvrages de
nos Sages
http://modia.org
© Les textes de Modia sont mis gratuitement à
votre disposition par l'auteur, selon la mistva obligatoire pour le Juif
qui est d'etudier et d'enseigner simultanement. Vous pouvez donc imprimer
et dupliquer ces textes pour l'etude personnelle et de groupe, ou pour l'enseignement.
Bien entendu, selon la Torah, en ne supprimant pas le nom de l'auteur et
l'adresse du site. Les sites ne peuvent faire qu'un lien vers ces
textes sans les capter.
Voyez les règles
du Copyright .
Ne pas oublier que, sur votre version imprimée ou polycopiée,
vous perdez tous les liens qui renvoient aux autres textes de Modia. Or,
ils sont indispensables dans l'etude.
'offre cet enseignement en Juif qui le reçoit de la
tradition orthodoxe depuis Moché Rabbénou. Je vous demande,
par amitié, que jamais mon enseignement ne soit utilisé dans
une autre perspective ; je n'y aurais aucune part ni aucune responsabilité
ni aucune coopération. Et ce serait contraire à ma volonté
explicite.
Sources dans la Torah
-
en Chémote 12, 2 : "cette date sera pour vous le commencement des
mois".
-
en Vayiqra 23, 25 : "au 7e mois, le premier jour, vous ne travaillerez
pas, ce sera pour vous un repos solennel, sonneries, convocation, vous
offrirez un sacrifice à Hachém".
-
le michna et le talmud ont un traité consacré à Roche
hachana.
Sens
L'expression Roche hachana signifie "tête de l'année",
jour de l'an.
La veille de Roche hachana les prières sont les mêmes
que le vendredi soir, hormis quelques modifications dans la prière
silencieuse et debout des 18 bénédictions, la chemoné
êsseré.
Ces modifications expriment les caractéristiques précises
de Roche hachana :
-
la souveraineté et reconnue de Hachém, roi unique...
-
doit entrainer la crainte de tous les humains...
-
et son Nom se manifester à toutes ses créatures...
-
pour que règnent la paix, la joie, l'espérance, la croissance,
la lumière, la justice,...
-
pour que disparaissent méchanceté et tyrannie,...
-
que Jérusalem soit reconnue comme Sa résidence,...
-
et qu'Il est le Dieu d'Israël.
C'est pour cela que l'on ne dit pas, comme pendant l'année, haél
haqqaddoche (le Dieu saint) mais hammélékh haqqaddoche
(le Roi saint).
Donc, la reconnaissance de la royauté de Hachém
est la condition du bonheur.
En conséquence,
-
nous exprimons que nous faisons cette reconnaissance,
-
et demandons qu'Il nous accorde les conséquences qui en découlent
: la vie, la vie bonne ; ces termes 'hayim tovim reviennent continuellement.
Car Hachém est le Roi qui "veut la vie" (mélékh
'haféts ba 'hayim).
L'implication
1. Comme les sacrifices sont introduits dans la Torah par l'expression
véhiqravtém
(vous sacrifierez, Bamidbar 29, 8) tandis que celui de Roche hachana
est introduit par
vaâssitém
(Bamidbar 29, 2) nos Sages
en concluent que celui-ci implique davantage encore la personne
de celui qui l'apporte que les autres sacrifices.
2. Mais n'oublions pas que toutes les prières se font à
l'intérieur d'une demande pour l'ensemble du peuple d'Israël.
3. Nous demandons d'être inscrits dans ce programme de vie,
mais non pas pour notre avantage,
mais pour le Dieu de vie (lémaâne Eloqim 'hayim).
4. Nous sommes conscients de nos manques précis et nos fautes
précises ; ils sont présents devant le Roi et le juge suprême,
comme dans un livre, ainsi que le psaume le décrit (69, 20)
ou les Principes des Pères 2, 1. Ce livre est ouvert et débattu,
c'est
le jour du jugement, "yom haddine" qui dure jusque
Yom
Kippour. Ce jour-ci, ce ne sont pas les autres ni nous-mêmes
que nous prenons comme critères de nos actes et pensées,
ce ne sont pas eux qui nous jugent mais Dieu seul. Le monde entier est
passé à cette mesure. La décision est prise du côté
de la vie ou de la mort, mais il ne s'agit pas seulement de la mort physique.
C'est pour cela que ces jours ne sont pas appelés "jours de sainteté",
mais "jours du jugement".
5. Cependant, l'assurance de la bonté de Hachém
fait que ce jour est vécu par nous comme une fête que nous
devons traduire par la beauté et la gaieté des vêtements
(Talmud de Jérusalem, Roche hachana 1, 3).
6. Nous avons à le vivre comme le début d'une re-création,
ainsi que les Sages (TZ, 81 b) le disent sur l'anagramme parfait du mot
béréchite
et de alef bétichri (commencement -1e Tichri).
7. Ainsi, le Zohar (I 37 a ; III 100 b) dit que ce jour-là Adam
comparut devant le tribunal divin, et se repentit (fit techouva),
et Dieu accepta son repentir. Et il lui dit : "tu seras un exemple
et un signe pour tous tes enfants dans toutes les générations,
en ce jour ils seront placés devant Mon tribunal, et s'ils se repentent
et reviennent vers Moi, je les recevrai".
Le jugement de cette comparution ne sera ratifié définitivement
qu'à Kippour.
Usages
Voeux
Pour tous ces motifs, voici comment nous formulons les uns aux autres
nos souhaits en nous rencontrant, lors de ce premier jour de la fête
:
-
envers plusieurs : léchana tova tikatévou (que vous
soyiez inscrits pour une bonne année).
-
envers une femme : léchana tova tikatévi.
-
envers un homme : léchana tova tikatév.
C'est la tonalité majeure de la fête, qui inclut, bien entendu un
réveil de tout notre être pour que cela puisse se réaliser,
ce qui est la fonction active des sonneries du chofar.
Miqvé (voir ce lien pour son étude)
Beaucoup ont l'usage d'aller au miqvé pour se purifier dans tout leur être avant Roch ha Chana. Comme nombreux sont ceux qui le font aussi avant chaque Chabbate. Ceux qui ont cette intention mais ne le peuvent pas pour des raisons diverses, ou de santé, prennent une douche et deversent sur la tête et le corps la quantité d'eau correspondant à 13 qabim. Un qav correspond à environ un litre et demi.
Nourriture
On mange des aliments dont le symbolisme clair ou des mots exprime
ces voeux et aspirations :
- les Askénazes mettent en valeur sur la table
parmi les mets la tête de poisson (être à la tête
et non à la queue), et le poisson (est censé être protégé du mauvais oeil car il est dans l'eau qui symbolise la Torah),
et
ils trempent le motsi (bénédiction du pain)
dans du miel, symbole de la Torah également,
ou après
le motsi trempent une pomme dans du miel.
On y demande que l'année soit douce du début à la fin.
(Images Judaïca, Sweetchild Software)
- les Séfarades ont un séder avec
une bénédiction sur les dattes (nom en hébreu "tamar"), on demande que nos péchés se terminent "tama". Les autres symbolismes sont aussi un rappel du loulav, de sa douceur, de la hauteur ou grandeur de son arbre, un rappel en cela du tsaddiq, le juste qui est décrit comme un palmier qui donne ses fruits (tsaddiq ka tamar yifra'h). Son coeur le distingue de tous les autres arbres..
une bénédiction sur les haricots blancs, ou les jujubes (roubia), on demande que nos méritent se multiplient (rabim),
une bénédiction sur les
poireaux (nom en hébreu proche de "retrancher"), on demande que nos ennemis soient retranchés,
une bénédiction sur les blettes ou les épinards (nom en araméen proche de salqa, retrancher), on demande que nos ennemis soient retranchés,
une bénédiction sur les courges (nom en hébreu "qra"), on demande que les mauvais décrêts soient déchirés (qéra),
une bénédiction sur les grenades, elle contient 613 grains comme les 613 mitsvotes,
une bénédiction sur la pomme, pour sa douceur, et pour le symbole de la phrase du Cantique des Cantiques 8,5: "sous le pommier j'ai éveillé ton amour (ta'hate ha tapoua'h ôrartikha)";
une bénédiction sur la tête d'agneau ou de mouton qui correspond
au symbolisme de la tête de poisson.
On évite les aliments dont le symbolisme clair, ou des lettres,
pourraient rappeler une orientation moins bonne (comme égoz,
la noix, dont le chiffre correspond à celui de 'hét,
péché).
Tachlikh
Le terme veut dire : jeter pour immerger ; Hachém immergera
toutes nos fautes comme dans les profondeurs de la mer pour qu'ils
y disparaissent à tout jamais, même du souvenir. Mais il
y a aussi d'autres sens.
- On se rend donc au bord d'une eau courante, après min'ha,
et on y jette symboliquement le contenu de nos poches après les
prières. On va auprès d'un fleuve, au bord de la mer, certains
montent sur une hauteur d'où ils apercevront la mer ou le Lac de
Tibériade de loin. S'il y a un endroit où se trouve des
poissons, on le choisira. Et, évidemment, on évitera tout
endroit à proximité de saletés ou de personnes qui
ne sont pas en tenue convenable. On veillera prudemment aux enfants, excités
par ce rite inhabituel, et qu'on aurait moins surveillé au bord
de l'eau pendant les prières. Ceux qui le feront en ouvrant une
plaque au dessus d'un passage d'eau veilleront à bien la replacer
pour éviter tout accident, et sans compter sur ceux qui pourraient
éventuellement venir après. A Jérusalem, quand il
n'y a pas d'eau dans les puits, on ouvre cependant un puits en pensant
aux eaux du fleuve de vie qui est En-haut, et qui est l'essentiel. Certains
dansent de joie à la fin du rite. A Jérusalem, le lac du
Jardin botanique sera entouré d'une foule venue prier et jeter
ses péchés sur l'eau vers les poissons.
(photo de l'auteur)
- On récite aussi quelques versets dont on va comprendre le sens
par le commentaire que va suivre: le texte de Mikha 7,18-20, le psaume
118 5-9, qui est le parallèle des qualités divines décrites
en Bémidbar 34,6-7, puis les psaumes 33 et 130 et Isaïe 11,9.
Les usages dans le choix des textes peuvent varier suivant les communautés.
Quand Roche ha Chana a lieu un Chabbate, on fait cette cérémonie
le second jour.
Le texte de Mikha 7,18-20:
On ne trouve pas de traces de cette coutume dans le Tanakh, ni dans le
Talmud, ni dans les auteurs postérieurs jusqu'à ce que le
Chah ha qadoche (commentaire sur Roche Hachana dans Chéné
Lou'hote habérite) présente cette pratique comme une
coutume ancienne (minhag vatiqine) basée sur le verset 7,19
de Micka (lire tout le chapitre 7 de Michée):
"Tu plongeras tous nos péchés dans les profondeurs
de la mer, vétachlikh bimtsoulote yam col 'hatotam".
On remarque que le texte en hébreu dit "tous leurs péchés"
et qu'il s'agit de ceux dont on parle dans le verset précédent,
c'est-à-dire nous.
Et dans le psaume 68, 23 Hachém dit: "De Bachane, je
ramènerai mon peuple des profondeurs de la mer". Donc,
c'est un lieu d'épreuve et de salut. Que l'on pense aussi à
l'histoire du prophète Jonas et de la téchouva.
Dans les deux contextes cités, les versets précédents
parlent de Bachane et des ennemis qui, ce jour-là seront pleins
de honte pour tout le mal qu'ils ont fait à Israël. On pense
à ces religions qui persécutent Israël au nom de D.ieu
et qui verront alors en face le salut d'Israël et leur violence envers
Son peuple dénoncée par Hachém. Elles seront
dans la peur. En fait, elle symbolisent aussi nos propres fautes.
Et le texte fait alors l'éloge des qualités de bonté
de Hachém qui pardonne les fautes, oublie les méchancetés,
ne reste pas en colère, prend en pitié C'est l'allusion
aux 13 qualités de Hachém que l'on dit et redit sans
cesse dans les Séli'hotes (Chémote 34,6-7).
Le texte se termine par une allusion à Avraham:
"Titéne émet lé Yaaqov, 'héssed lé
Avraham (Tu donneras à Yaâqov Ta fidélité,
la bonté à Avraham),
achér nichbâta la avoténou mimé qédem
(que Tu as juré à nos pères dans les temps antiques)."
Que vient faire ici Avraham? Il a sa place dans la coutume du Tachlikh
car le Middrache Tan'houma (paracha Vayéra, 22) raconte sa montée
pendant 3 jours vers la Aqéda et l'épreuve empire dans cette
marche car soudain le Satane place devant eux un fleuve (nahar)
très profond (même thème) qu'ils doivent traverser
à pied. Et, quand Avraham a de l'eau jusqu'au cou (higuiou ha
mayim âd tsavaro), il lève les yeux vers les cieux et
s'adresse au Maître du monde (Ribono chel ôlam): "Tu
m'as dévoilé Ton dessein et Tu me l'as ordonné, Tu
m'as même dit que Tu est unique (ya'hid) et que je suis unique
(ya'hid) et tu m'as dit de sacrifier mon fils Yits'haq et je suis
en train de réaliser Ta mitsva et voici que les eaux m'arrivent
jusqu'au prendre ma vie. Si on se noie (tovéâ), qui
aura accompli Ta volonté? Et par qui sera unifié Ton nom?".
Les patriarches sont en tout notre modèle, ils nous ont guidé
en leur parcours.
Il ne s'agit donc pas uniquement de péchés à faire
disparaître selon un rite pittoresque, mais il s'agit d'une relation
à Hachém et de tout un ensemble.
Le Chla cite le Zohar 3, 101b qui fait un parallèle entre ce rite
et celui du Cohen plaçant les péchés d'Israël
sur le bouc émissaire et le précipitant dans les profondeurs
du ravin. "Celui qui tombe dans les profondeurs de la mer (mane dé
napil bimtsoulote yam, lo échtaka'h léâlime), on ne
le retrouve plus jamais car les eaux le recouvrent pour toujours...".
Il ne s'agit pas d'un oubli mais d'une "séparation" du
bon et du mauvais comme dit Michlé 25,4: "hagou siguim
mikkassef, séparez les scories de l'argent". Quand
on retournera ses poches sur la surface de l'eau, il faudra donc vivre
en nous-mêmes une déchirure entre le mal et le bien, une
séparation ensuite, qui devra être définitive.
Nous sommes comme les poissons vivants qui sont plongés dans ce
qui pourrait être un piège terrible. Et ils survivent et
le mal n'a pas pouvoir sur eux définitivement, ils voient toujours,
ne ferment pas les yeux (comme D.ieu) et le mal ne peut les vaincre, ils
pullulent et se multiplient par une vie surabondante. Ce thème
a été repris dans des applications concrètes par
les amulettes sur le poisson contre le mauvais oeil. Leurs yeux toujours
ouverts (éinéhém tamid péqou'hot) symbolisent
la miséricorde (ra'hamim) de D.ieu toutjours vigilante et
agissante. C'est le psaume 121 qu'on lit après Arvite: "il
ne dort ni ne sommeille le gardien d'Israël, hiné lo yanoum
vé lo yichane chomer Yisrael" et le psaume 124 (les lire):"
j'ai levé les yeux, sans Lui les eaux m'auraient submergé",
etc.
Il y a un psaume qui reprend nombre de ces thèmes, c'est le 69.
Il faut le lire. Et on comprend à la fin que notre trvail personnel
entraîne aussi le salut d'Israël.
Le psaume 118 5-9:
Il reprend les thèmes que nous connaissons maintenant: la profondeur
(de la détresse), le salut, la vue, Hachém comme
abri sûr.
Le psaume 33:
Il reprend les thèmes du Créateur organisant les profondeurs,
détruisant les projets nocifs des nations, les yeux ouverts de
Hachém envers Son peuple, notre confiance en Lui.
Le psaume 130:
Il reprend les thèmes des profondeurs de l'abime, des fautes, de
l'espoir, des regards des guetteurs, de la libération des fautes.
Le texte d'Isaïe 11,9:
"Plus de violence, plus de méfaits sur toute Ta montagne sainte
car la terre sera pleine de la connaissance de Hachém comme l'eau
abonde dans le lit des mers".
Nous vivons le plus concrètement cette réalité, tant
dans la violence de nos ennemis proches et des nombreux pays qui les soutiennent
dans le monde concernant notre montagne sainte, mais aussi notre violence
et nos méfaits de déserter ce lieu sain ou de se comporter
dans Son pays selon des règles immorales et non fraternelles. Et
la Torah comme une eau de vie qui abondera, notre tâche commune.
Certains disent aussi plusieurs fois le verset très important du
psaume 119,89: "Léôlam Hachém, dévarékha
nitsav bachamayim, Pour toujours, Hachém, Ta parole subsiste
dans les Cieux".
Il y a beaucoup d'autres usages, comme la lecture des psaumes. Mais il
y a surtout la sonnerie du chofar qui n'est pas un usage mais une mitsva,
un ordre à exécuter.
La mitsva : l'écoute du chofar
La mitsva n'est pas de "sonner" du chofar
mais "d'entendre le son du chofar".
Ecoutez-le ici en direct.
C'est ce que dit la bénédiction
prononcée par le sonneur avant d'émettre le son :
baroukh ata Hachém Eloqénou mélékh haôlam
achér qiddéchanou bémitsvotav vétsivanou lichmoâ
qol chofar.
Béni es-Tu, Hachém notre Dieu, roi du monde, qui
nous a sanctifié par Ses mitsvotes et nous a ordonné d'entendre
la voix du chofar.
Et ceux qui vont entendre disent "Amén" ; puis ils doivent ne
rien faire qui interromperait un instant cette écoute (bruit, distraction).
Les règles du chofar sont très nombreuses et complexes,
nous ne pouvons pas les décrire ici. Consulter le rabbin.
Etudier et comprendre pour mieux écouter le
chofar
La fonction de l'instrument
Ce site n'est pas un lieu de dissertations personnelles ni de résumés,
mais une incitation à comprendre par l'étude à réaliser
par soi-même ; il sera donc utile d'aller étudier les références
indiquées ci-dessous ;
- le chofar rassemble pour monter (Chémote 19, 13).
- sa sonnerie est faite trois fois car il en est donné
la prescription trois fois dans la Torah ( Vayiqra 23, 24 ; 25, 9 ; Bamidbar
29, 1).
- il est lié à l'année du jubilé, 50 ans,
qui est sanctification et "liberté pour la terre" (déror
baaréts, Vayiqra 25, 9-10).
- il fait tomber les murailles hermétiques, comme à
Yérikho (Livre de Yehoshua 6, 4...) par une action continue (Livre
de Yehoshua 6, 14...).
- c'est un rappel du rétablissement de la royauté
(2e livre de Samuel 15, 10).
- c'est un moyen de rassemblement de tout le peuple d'Israël
dans la bonne direction (Juges 3, 27).
- c'est l'instrument et le signe du retour à Jérusalem
des dispersés (Isaïe 27, 13).
- c'est un signal redoutable de la part de Hachém comme
roi puissant (Amos ch 3).
- c'est une expression de chant manifestant le respect (cavod)
en présence du roi Hachém (psaume 98, 6).
- le chofar est un instrument courbé et fait du corne de bélier
le plus souvent pour rappeller la soumission de Yits'haq lors du
sacrifice de la âqeda, et que Hachém juge alors
son peuple (Ribbi Yéhouda, traité Roche hachana 26 b).
- la sonnerie est faite de sons différents pour atteindre ces
effets (traité Roche hachana 33 b).
La technique efficace
Pour cela, sa sonnerie (tokéâ, tékiotes au
pluriel) agit selon 3 types de sons :
téquiâ : sonnerie très longue comme
9 ou 18 petits sons,
chévarim : son prolongé coupé en trois sons
égaux,
térouâ : sons brefs et saccadés.
Voici une suite de ces sons: écouter ici.
Il y a une fonction de pénétration continue, d'ébranlement,
de bouleversement.
Toute l'efficacité visée peut être résumée
dans le mot retour (techouva).
Les séquences
Il y a des séries de 30 sonneries pour aller jusqu'à 100.
Un autre élément qui agit est l'ordre des séquences
et leur nombre.
Les sonneries se succèdent pour obtenir une efficacité particulière,
selon cet ordre :
téquiâ-chévarim-térouâ-téquiâ
(3 fois)
téquiâ-chévarim-téquiâ (3 fois)
téquiâ-térouâ-téquiâ
(3 fois)
Cela fait 90 sonneries ; on les complète par une répétion
une fois de chaque séquence pour atteindre le 100, signe de la
bénédiction totale. On termine par une grande térouâ.
Par exemple, à l'office de Moussaf, l'ensemble de 30 sonneries
sera sonné
-
avant l'office,
-
pendant la prière silencieuse individuelle,
-
pendant la reprise à haute voix ('hazara).
Voyez aussi dans la page de Kippour (lien ici) le sens du chofar aux niveaux plus élevés.
Remercions le Ciel de nous avoir donné l'instrument nous
permettant de nous réveiller, de toucher notre sensibilité,
de casser nos habitudes et de renverser le courant nocif, afin que le jugement
(dine) fasse place à la miséricorde (ra'hamim)
devant notre repentir (techouva).
Attention, prudence : les missionnaires chrétiens utilisent
l'interêt des Juifs pour cet instrument afin de leur faire croire
qu'ils connaissent les secrets de la libération finale. A cet effet,
ils se servent de Juifs convertis au christianisme dit Juifs messianiques
qui commencent par un discours juif et terminent par le discours chrétien.
(photo de l'auteur)
Mes voeux personnels pour
vous
Aux lecteurs avec qui je partage cet amour de la Torah :
chacun, en cette vie, a sa part d'espoirs non réalisés,
de stérilités non résolues, de souffrances et
difficultés,
mais aussi des fautes, des incorrections, des indélicatesses,
et -ce qui suscite le tout- une insuffisante connaissance de la Torah
de vie
parce que nous ne l'étudions pas assez.
En ce jour où Hachém comble les voeux des femmes
stériles,
béroche hachana âqarote nifqarote
que cela soit ainsi pour toutes les stérilités de chacune
de nos vies.
A chacun, personnellement,
je vous souhaite la réalisation contenue dans l'expression :
que vous soyiez inscrits dans le livre de la vie
qui est devant Hachém et devant vos yeux,
léchana tova tikatévou .
Je le dirai très spécialement,
envers les très nombreuses personnes
pour qui le temps des malheurs divers est long
(maladies, chomage, échec sentimental, solitude, persécution,
nos prisonniers, des agounotes humiliées),
en vous offrant ma traduction de ce chant
qui concerne la relation du peuple d'Israël à notre Dieu,
inséré dans la prière séfarade de ce jour
:
Ta'hél chana oubirkhotéa
Voici l'année commencée, et ses bénédictions.
"Zémirah chavate vé'héchqah tagbir ;
la'hpots qirbate dodah,
Son chant s'épuise et s'arrête,
mais son désir ne fait que se renforcer ;
elle veut revenir, toute proche de son bien-aimé,
vé tâvir millév daavate nafchah,
et éloigner de son coeur tout souci,
toute angoisse en son âme éprouvée.
vé tassir mévaqqéche ahavate kéloulotéa.
Et l'amour des fiançailles lui redemander.
Tikhlé chana véqilélotéah.
Que l'année se termine avec ses malédictions passées.
'Hizqou véghilou
ki chod gamar.
Renforcez-vous, réjouissez-vous
car le malheur n'est plus.
Létsour ho'hilou ;
bérito chamar lakhém.
Espérez dans le rocher, votre tsour ;
son alliance, pour vous, Il l'a gardée.
Vétaâlou létsione
véamar solou solou mésilotéa.
Ta'hél chana oubirkhotéa.
Montez donc vers l'union de Sion
car il a dit : aplanissez nos voies d'union.
Voici l'année commencée, et ses bénédictions".
Que la lumière de la Création transparaisse
dans toute la terre et dans la paix et les êtres
tous mus de l'intérieur par la lumière,
sans crainte, tous frères.
Voir ici
cette image de lumière
qui
diffuse et imprègne.
Une réalité terrible à Roch
ha Chana (cliquer ici).
Merci d'avoir une demande de bénédiction pour mes proches
et pour moi, également.
Je vous demande pardon si des erreurs se seraient glissées dans
cet enseignement
ou si j'ai pu blesser qui que ce soit.
J'offre cet enseignement en Juif qui le reçoit de la tradition
orthodoxe depuis Moché Rabbénou. Je vous demande, par amitié,
que jamais mon enseignement ne soit utilisé dans une autre perspective
; je n'y aurais aucune part ni aucune responsabilité ni aucune coopération.
Et ce serait contraire à ma volonté explicite.
Bien à vous.
Ici, préparer Yom Kippour |
-- |