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Les fêtes de Souccote: Hochaâna
Rabba et Sim'ha Torah.
(suite)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Texte et photos
Cette rose a poussé devant ma porte pour Hochanaa Raba. Je ne l'ai
pas cueillie mais vous invite à l'aimer et son parfum est sublime.
http://modia.org
Ici, retour à la page de la fête de Souccote
Hochaâna Rabba.
Etudions
cette fête et reportage photos.
et
belle méditation sur la
nuit pendant la fête de Souccote (avec photos de cette expérience!) En Israël et hors d'Israël, 21 Tichri, est le 7e Jour
dans la soucca. C'est le 2 octobre 2007 au soir et le 3 octobre.
C'est Hochaâna Rabba, la fin de la fête de Souccote.
C'est 'Hol hammoêd.
Ce nom de Hôchaâna signifie "imploration" ;
les hochaânotes ou implorations ont lieu car la décision
finale qui a été prise par le Ciel à notre encontre
à Kippour devient exécutive aujourd'hui. Il
est encore temps de "revenir", de faire téchouva.
C'est donc à la fois un jour impressionnant, mais c'est aussi un
jour de joie car on revient et on se réjouit de la bonne direction
prise.
Notre première réponse positive aux épreuves est
notre fidélité totale à notre peuple et à
sa Torah: cela commence par la mitsva de l'étude que nous avons
à faire ensemble cette nuit et ce jour dans nos communautés,
ou sur ce Web pour ceux qui sont isolés. Commençons, avec
l'aide de D.ieu.
Diverses coutumes se déroulent ce jour de Hochaâna
Rabba :
- les hochaânotes : ce sont des supplications que
l'on dit ensemble en tournant autour de la téva (le pupitre
de lecture de la Torah) avec le bouquet du loulav et l'étrog.
En ce jour, on fait 7 tours. Cela se faisait au Temple autour de l'autel,
un tour chaque jour et 7 tours le 7e jour.
- les âravotes :
on porte à la synagogue une touffe de 5 branches de saule dont
on frappe le sol en lisant une prière ; cette pratique est déjà
relatée dans la michna Soucca 4, 5-6.
- la nuit d'étude :
On passe toute la nuit à étudier (nuit du 23 au 24 octobre
2005).
Déjà, la nuit de Chavouôte, on avait étudié
en lisant le Tiqqoune léil Chavouôte composé
d'un abrégé de la Torah, de tout le Tanakh, de la michna,
de la guémara, du Zohar et de parties de halakha. Le Chla a particulièrement
contribué à développer cette coutume.
De même, cette fois, on étudie toute la nuit de Hochaâna
Rabba ou une grande partie de la nuit au moins. Les coutumes sont nombreuses et différentes. Il y a des lignes convergentes.
On étudie parce que c'est le jour de la dernière signature du jugement (gmar ha 'hatima) depuis les jours où nous avons dû faire téchouva, et Roche ha chana et kippour.
La signature finale tombe une heure avant minuit de ce jour (chaâ a'hat lifné 'hatsote) de Hochaâna Rabba
On étudie aussi en liaison avec Moché dont c'est la fin de la lecture de sa Torah. Et on veille à lire la dernière paracha spécialement, Vézote ha bérakha. Mais beaucoup veillent aussi à lire tout Dévarim et, même, à terminer de lire tous les chapitres qu'ils n'auraient pas lu dans la Torah pendant cette année, avant d'en reprendre bientôt une nouvelle lecture au long de l'année nouvelle.
On étudie aussi en liaison avec le ouchpiz (invité dans la soucca) le roi David qui est l'invité du jour, et comme il lisait les psaumes la nuit et y étudiait, beaucoup lisent tout le livre de psaumes pendant cette nuit.
Le Tiqqoune léil Hôchaâna Rabba rédigé comprend
: le livre de Dévarim, le traité Idra zota du Zohar
et les psaumes.
Cette étude ne se passe pas seulement dans la synagogue,
mais de nombreux groupes ou particuliers organisent des nuits d'études,
souvent avec des lectures ou conférences adaptées aux publics
particuliers par des personnes qui ont étudié davantage.
- Vous pouvez utiliser tous les textes de Modia pour organiser autour de vous ces études et en faire profiter ceux qui n'ont pas accès comme vous à cette transmission de la tradition.
- Si vous êtes isolés, cette nuit-là, et si vous ne
parvenez pas à lire tout le livre de Dévarim, lisez la première
paracha et son commentaire sur Modia. Vous avez tous les commentaires de Dévarim sur
cette page-ci. Vous pouvez aussi lire les psaumes et leur commentaire
placés
sur le site.
J'ai placé des passages de l'Ida Zouta sur cette page-ci. Pour que ne vous soit pas refusé ce trésor, même partiellement; ce n'est pas la quantité qui compte!
La leçon morale de la fin de Souccote à Hochaâne
Rabba
Nous l'étudions dans Chéné Lou'hote habbérite,
du Chla.
1. Nos Sages essayent de nous rendre sensibles à cet enseignement
de Souccote : nous devons habiter dans une maison temporaire (araî).
La mitsva de Soucca veut nous en faire prendre conscience. L'homme
ne doit pas mettre sa sécurité et son assurance (ché
lo yassim adam bit'hono) dans sa maison qu'il a réussi à
acquérir. Et ce, même si l'homme a été créé
comme dominateur de la terre. Il ne doit pas arriver à cette erreur
de se voir comme le maître.
Disons que cette attitude juive est contraire à toute l'éducation
contemporaine traduite dans l'expression : "mon fils a réussi"
; ce qui veut dire : il gagne beaucoup d'argent et il a réussi
à se montrer à lui-même et aux autres "qu'il a tout
ce qu'il faut, qu'il ne manque de rien", qu'il est considéré
comme puissant, bourgeois, riche et peut faire ce qu'il veut. Petit roitelet.
Au contraire, par cette mitsva de la soucca, le Juif ne met pas sa confiance
en soi-même mais uniquement dans Celui qui est le Créateur
et le maître du monde.
Il sait que lui-même et tout ce qu'il a sont fragiles et temporaires,
quelle que soit la situation financière personnelle, ou sociale.
De même, il n'aura pas d'idéal de se placer dans un camp,
une entreprise, une profession, une alliance qui le feraient tomber dans
le même piège d'illusion: mettre sa confiance dans
ce qui n'est pas le D.ieu de la Torah. Un examen de conscience est à
faire là-dessus.
2. Ce qui vient d'être dit n'est pas une déclaration philosophique.
C'est une attitude active et concrète. Le Traité Souca du
Talmud (2a) commente le chapitre 23 de Vayiqra qui prescrit la Soucca; il dit : "sors de l'habitation établie et reviens dans une habitation
temporaire" (tsé mi dirate qéva vé chav bé
dirate areî). Le verbe "tsé, sors", est essentiel
dans le judaïsme: on sort d'Egypte et de ses aliénations
aux cultures étrangères qui nous esclavagissent sans qu'on
s'en rende compte, chaque fois qu'on incite quelqu'un à étudier
on dit comme le Talmud: "tsé ou lmad", sors et étudie.
Le Juif doit s'examiner pour parvenir à "sortir" de sa situation
qu'il avait établie comme stable ou qu'il rêvait être
stable. Quand cela est compris, il est facile d'examiner la situation
personnelle et de voir de quoi il faut sortir. Il est indispensable de
faire cet examen réel. La soucca n'est pas un folklore qui réunirait
le peuple simplement parce que c'est spécial, insolite et gentil
d'aller manger dans une soucca.
Transformer la maison en soucca ne suffit donc pas. Il faut "sortir" dehors
de nos habitudes et de nous-même pour nous placer dans l'ordre divin.
3. Ce n'est pas une attitude de personnes religieuses et un peu absentes
des réalités concrètes. Le Chla précise bien: "c'est parce que à Lui seul est la capacité et à
quoi on peut se fier" (ki lo ha yékholéte vé ha
émouna).
Et c'est plus qu'une question d'assurance car Sa réalité
est une réalité de bonté: "nombreux sont les maux
qui menacent le méchant, mais celui qui se fie en Hachém,
la bonté l'entoure" (rabbim makhovim larachâ, vé
ha botéa'h ba Hachém, 'héssed yésovévénnou).
Cela est redit encore dans le début du psaume 91, 1-2 : "celui
qui demeure dans la cachette du Très-haut, s'abrite à l'ombre
du Tout-puissant, qu'il dise à Hachém, Tu es mon
refuge, ma citadelle, mon D.ieu en qui je place ma confiance". Etude de ce psaume ici.
4. Et c'est pour éveiller l'homme à ces différents
points que la mitsva de la soucca se situe au moment où l'homme
est le plus riche : "tu célèbreras la fête des souccotes
pendant sept jours quand tu rentreras les produits de ton champ et de
ton pressoir" (Dévarim 16, 13). Sa maison abonde alors de biens,
elle préserve sa fortune de tous les maux éventuels (pluie,
vent, etc). Et c'est à ce moment qu'il lui est prescrit de sortir
de cette maison puissante, où il possède et gère
sa fortune, et d'aller se placer dans la fragilité de la soucca.
Ce choix est vraiment une preuve d'amour envers Hachém.
Et alors, l'homme doit voir les choses telles qu'elles sont: tout ce
qui lui advient de bon, ne vient pas de lui mais de Hachém.
5. Le Chla applique son enseignement aux habitations des Juifs. Il se
dit choqué par le luxe des constructions, spécialement dans
des pays qui ne sont pas le pays de la pureté.
On comprend maintenant ces versets de la prophétie qu'a reçue
Jérémie (35, 7): vous ne bâtirez pas non plus de
maison... mais vous habiterez sous des tentes pendant toute votre existence,
afin que vous viviez de longs jours sur la terre où vous séjournerez.
Vous pouvez prolonger l'étude selon les liens des indications
données ci-dessus.
Voici d'autres perles trouvées par le Chla ha qadoche dans les
écrits de nos Sages:
1. Il faut bien réaliser la grandeur de l'expression de Vayiqra
23, 34: "Hag hassouccote chiveâte yamim laChem, La fête
de Souccote 7 jours pour Hachém". On est ici dans le secret
des secrets: car il n'est pas écrit "pendant 7 jours"
mais "7 jours", et pas pour nous mais "pour Hachém".
Cela nous indique que la qualité de ces 7 jours est d'essence
divine.
et qu'il ne s'agit pas de durée simplement.
J'ajoute que c'est bien ce qu'exprime la notion de houchpizine,
les invités célestes qui sont 7 formes de cette bonté
divine. Et quand on nous dit : "7 jours asseyez vous dans la soucca"
et non pas "pendant 7 jours asseyez vous dans la soucca, cela veut
dire que nous avons à aller dans la réalité divine
qui est présente dans la soucca et que l'on nomme "7 jours"
et qui sont les 7 formes de la descente de la bénédiction
divine ou du 'hessed (bonté) qui est traduit par le symbole du
mot "jours, yamim".
Nous pouvons donc aller dans la soucca et méditer dans le bain
de cette présence. Et aussi nous y sentir en peuple, placer ainsi
l'ensemble du peuple dans cette présence, au lieu de continuer
à donner de l'importance aux futilités débiles et
profanatoires des collaborateurs. Ils disparaîtront s'ils persistent,
non pas de violence humaine, mais comme Qora'h qui voulait détruire
lui aussi Israël: car la présence divine qui est sur notre
terre qui appartient au seul Créateur ne se faisse pas vendre et
ne se laisse pas profaner.
Le Chla cite le Zohar sur la paracha Emor (III 103b) qui décrit
le sens du fait que le mot soucca est écrit dans la Torah une fois
avec la lettre vav (o) et une fois sans: afin de nous montrer ce qu'est
le surcroît de La Présence qui réunit les cieux et
la terre, non pas simplement de façon matérielle mais dans
toutes les composantes spirituelles. Disons que, sous la soucca, nous
pouvons être conscient de cette union ou ne pas l'être et
manquer la véritable réalité du monde. Mais nous
aurions eu la proposition. Allons méditer ce texte dans la soucca.
En effet, ce texte du Zohar réfère à la phase où
le peuple a tellement exaspéré D.ieu par ingratitude (comme
aujourd'hui certains) qu'il fait savoir à Moché qu'Il veut
le faire disparaître. Et Moché lui rappelle son amour ('hessed)
et qu'Il est allé devant lui "de jour, yomam"? Voilà
notre mot de "jour" qui réfère à cette
dimension de la soucca où Hachém est avec nous. C'est
ce que le Cohen Aharone exprime par sa présence, lui qui est 'hessed,
bonté.
Le Zohar continue: quand il nous est dit de nous asseoir dans la soucca
7 jours, cela veut dire de nous y asseoir dans une émouna (foi
confiante) totale sans aucune crainte des persécuteurs.
Voici aussi ce qui s'est passé dans l'histoire juive ce jour:
Le 21 Tichri, HOCHAÂNA RABBA
Naissance de Yosséf, fils de Yaâqov.
Fin des 7 jours de fête du Roi Salomon pour l'inauguration du Temple (I Rois 8, 65).
Prophétie de 'Haggaï ('Haggaï 2, 1-9) qui demande la reconstruction du Temple (Lire Ezra 1, 1-4).
Les Juifs de Rome ont l'interdiction de mettre des pierres tombales (il n'y a pas de limites à l'ignominie), le 23 octobre 1625.
Juste retour des choses, jour de la pendaison des principaux condamnés par le Tribunal de Nuremberg (16 octobre 1946). Et suicide de Goering.
Triste aussi: date du commencement de l'assimilation totale des Juifs de France par la décision de créer le "Sanhédrine" par Napoléon, le 3 octobre 1806.
Le 22 Tichri
Chémini atséréte et Simhate Torah en Israël.
Moché Rabénou reçoit l'annonce de sa mort prochaine (Dévarim 31, 14).
Le 12 octobre, en 1285, les juifs de Munich (Bavière) sont brûlés dans la synagogue.
En 1941, en Ukraine, 10000 juifs doivent creuser leur tombe avant d'être fusillés.
Le 14 octobre, en 1942, contraints de rassembler les juifs pour leur déportation, les membres du conseil juif de Bereza Kartuska, en Pologne, informent leurs coreligionnaires et se suicident tous.
Sim'hate Torah et Chémini atséréte, lien ici.
En Israël, dès la fin de Chabbate de Souccote, la fête commence vers Hochaana Rabba et Sim'ha Torah. Après les jours de pénitence, de téchouva, de jugement à Roche ha chana et de sa signature à Kippour, on se dirige maintenant vers la réalisation heureuse et complète de ce que représente la Soucca: la présence réalisée de D.ieu en Sa Chékhina que doit être Israël unissant le haut et la matière
dans les mitsvotes et la justice et la paix.
Je ne peux mieux l'exprimer que par cette image des jeunes filles dansant:
c'est un vrai tableau non figuratif dont les mouvements et couleurs expriment
cette joie libérée publiquement dans la dignité et la
pudeur.

Ce n'est pas du Goya, c'est à Jérusalem. Mais la joie éclate, dans la qualité de Jérusalem.
Et voici
les jeunes garçons. Ce n'est pas la qualité des
photos qu'il faut rechercher ici mais le reportage pour vous faire
participer. J'aurais pu choisir un autre type de public comme au Lag
ba Omer je vous avais transmis un reportage sur des jeunes h'aridim
d'une yeshiva.:
Soyez attentif au lien entre tous, cela est très juif, très l'éducation israélienne, les mains se tiennent, la distance aussi égale entre eux, la présence
aussi bien de grands que de petits, cette dimension familiale est typique.
Observez maintenant et participez. VENEZ participer.







Des jeunes Juifs, heureux, dans leur pays, chantant la Torah, ensemble.
Les passants et les adultes les regardent, heureux également.
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