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Les fêtes de Souccote
(suite)

par le Rav Yehoshua Ra'hamim  Dufour
http://modia.org 

Ici, les événéments de chaque jour du mois de Tichri
Ici, retour à la page de la fête de Souccote


PLAN


Le loulav
 

Il est écrit dans la Torah à propos de Souccote (Vayiqra 23, 40) : "vous prendrez, le premier jour, du fruit de l'arbre hadar (c'est l'étrog), des branches de palmier (kapote témarim), des rameaux de l'arbre avote (ânaf éts-avote) et des saules de rivière (ârvé-na'hal) et vous vous réjouirez en présence de Hachém votre D.ieu pendant sept jours".

Donc, posséder le loulav, le composer et l'unir, l'agiter, se réjouir. Le chabbate, on ne l'apporte pas à la synagogue et on ne l'agite pas.

Les femmes sont exemptes de l'obligation de soucca et de loulav mais, dans de nombreuses communautés, elles les appliquent comme telles.

Le loulav est le mot qui a deux significations :

  • soit la tige de palmier seule (kapote témarim),
  • soit l'ensemble du bouquet qui est composé des 4 espèces : louvav (palmier), hadassim (3 myrtes), âravotes (2 branches de saules) et l'étrog (sorte de citron embaumant comme ceci  :

  •  

     
     

    C'est uniquement la transmission continue de la Torah orale depuis Moché qui nous permet de préciser ce que sont ces espèces qui ne sont pas totalement précises dans le texte écrit.

    La disposition est généralement la suivante pour celui qui le tient : le palmier au centre, les 3 myrtes à droite, les 2 saules à gauche, et l'étrog joint. 

    L'image correspond donc à ce que vous voyez en tenant votre loulav.
    Pour choisir son loulav et bien le composer puis bien l'agiter, il faut se faire aider par ceux qui l'on appris. En effet la branche de palmier doit être parfaitement droite comme le mouvement du coeur dans la prière et il y a beaucoup de modèles défectueux ;


    (images Judaica. Sweetchild)

    c'est très pittoresque de voir les juifs choisir avec attention, scrupule et amour leur loulav sur le marché.

    On l'agite (naânouim) après une bénédiction au lever du jour et à la synagogue lors du hallélHodou, à Ana, à Hodou de la fin).

    Le premier jour on ajoute la bénédiction chéhé'héyanou.

    Il est également agité dans les 4 directions de l'espace, vers le haut et vers le bas, soit 6 directions.

    S'il faut dire le hallel, il faut aussi agiter le louvav pendant ce temps sur un verset, et c'est une mitsva min ha Torah, démontre le Rambane, Na'hmanides, dans son Séfer hamitsvote (choréche 1).
    Pour la façon d'agiter le loulav pendant l'office des jours de Souccote, pendant le verset Hodou laChem ki tov ki léôlam 'hasdo qui commence et termine le psaume 118 , voyez cette page ici. Les diverses communautés font ces agitations (naânouim) dans un ordre différent. Les Achkénazes suivent généralement l'ordre du Choul'hane Aroukh, Ora'h 'haim 651,8-9: Est-Sud-Ouest-Nord-Haut-Bas. La plupart des Sépharades et les 'hassidim le font ainsi, selon la coutume du Ari, zal: en se tournant successivement dans ces 6 directions à chacun des mots du verset qui est d'abord lancé par l'officiant: Sur-Nord-Est-Haut-Bas-Ouest.
    On retrouvera ce rite de lancer l'appel qui est repris par le peuple, dans le texte de ce psaume 113.

     
     

    Ce loulav représente l'ensemble du peuple d'Israël qui doit être réuni : à l'image de membres différents dans le peuple, 

    • le palmier qui porte des fruits mais n'a pas de parfum,
    • le myrte est parfumé mais n'a pas de fruit,
    • le saule n'a ni fruit ni parfum,
    • l'étrog est un fruit délicieux et parfumé.
    On veille à posséder un loulav de grande beauté selon le principe de Chémote 15, 2 : zé Eli véanevéhou "c'est mon Dieu et je l'embellis" (cette beauté est définie par des caractéristiques que le rabbin ou quelqu'un qui a bien étudié savent examiner). On ne fait pas d'économies sur la qualité de la mitsva.
    Voici le Rav Chalom Messas, zal, (lien ici sur sa vie et son oeuvre) avec votre serviteur; et le Rav est en train de préparer son loulav selon la coutume traditionnelle des Juifs du Maroc, on l'entoure de fils multicolores décalés qui se croisent joliment et qui maintiennent bien droit l'axe jusqu'au bout. J'ai appris auprès de lui comment le préparer ainsi.

    Le loulav doit nous appartenir personnellement le premier jour. Si on voit quelqu'un qui n'a pas réussi à s'en procurer, on peut déposer le nôtre et proposer ainsi à l'autre de l'acquérir symboliquement, de faire le rite et de nous le rendre. On ne le passera pas de la main à la main.


    Sim'hate béite hachoéva

    (Lire la michna de Souccote 5, 1-4 ; le traité Soucca, pages 51 à 55) 

    La période de Souccote est celle du début des pluies et des demandes de bénédictions pour la pluie (guéchém) à partir du 8e jour depuis le début de la fête.

    A l'époque du second Temple, le premier soir de Souccote, après la nuit, des fêtes se déroulaient sur l'esplanade du Temple, dans la zone occupée actuellement par les Arabes, au dessus du mur (Kotél). 

    Il y avait beaucoup d'illuminations, spécialement dans la cour des femmes (ézrate nachim) ; il est écrit : "qui n'a pas assisté à cette fête de l'eau n'a jamais vu de réjouissances de toute sa vie". 

    On installait des chandeliers d'or avec quatre échelles devant, et les jeunes montaient déposer au sommet de grandes quantités d'huile. On faisait les mèches avec des vêtements usagés des cohanim. Toute maison dans Jérusalem était illuminée. Les Sages dansaient et jonglaient avec des torches, tout le monde chantait, les léviim se tenaient sur les quinze marches qui descendaient de la zone des hommes à celle des femmes avec leurs instruments et jouaient et chantaient.

    C'est à l'occasion de cette fête qu'on a réglementé de diverses manières la répartition des hommes et des femmes car le nombre et la proximité pouvaient créer des problèmes. La solution adoptée fut que les femmes seraient dans les galeries et les hommes en bas.

    Suit la page 52 du traité Soucca, sur la façon de gérer l'instinct, le yétsér harâ.

    La page 53 du traité Soucca rapporte ce que disaient ou faisaient certains Sages ce jour-là : Rabbane Chimeône ben Gamliel jonglait avec 8 torches allumées, un autre avec huit couteaux, Chmouel jonglait avec 8 coupes de vin, Abayé jonglait avec 8 oeufs. On ne dormait pas de la nuit, allant des sacrifices aux maisons d'étude.

    A la page 55 du traité Soucca, on décrit les soixante dix sacrifices faits pour les 70 nations et le sacrifice unique du taureau pour Israël, comme un roi qui aurait offert un immense festin et dirait à son serviteur : "prépare-moi maintenant un petit repas pour que j'aie un plaisir qui me vienne de toi".

    Ribbi Yo'hanane disait : "les nations subissent un malheur et elles ne le savent même pas, car lorsque le Temple existait, l'autel des sacrifices leur obtenait le pardon. Et maintenant, comment l'obtiendront-elles ?". Ah! si les nations voyaient ainsi le rôle d'Israël et de son peuple... !

    Puis tout le monde descendait à la piscine de Chiloa'h avec les cohanim prendre de l'eau et ils remontaient vers le Temple pour le service de l'autel.

    Aujourd'hui encore, à Jérusalem, le peuple fête ce jour et se rend à la piscine de Chiloa'h. Les textes sont étudiés et vivants. La joie continue d'être à Jérusalem malgré les tracas continus. L'histoire continue et avance, le peuple juif n'a pas abandonné un instant son héritage.
    L'eau est le symbole de la Torah de vie (mayim 'hayim) et de l'abondante descendance (voyez Bamidbar 24, 7).


    Hochaâna Rabba. Etudions ensemble.

    En Israël et hors d'Israël, 21 Tichri, est le 7e Jour dans la soucca. C'est le 19 octobre 2008 au soir et le 20 octobre.
    C'est Hochaâna Rabba, la fin de la fête de Souccote.
    C'est 'Hol hammoêd. 

    Ce nom de Hôchaâna signifie "imploration" ; les hochaânotes ou implorations ont lieu car la décision finale qui a été prise par le Ciel à notre encontre à Kippour devient exécutive aujourd'hui.
    Dernier avertissement à ceux qui ont triché et n'ont pas payé leurs dettes diverses; et renié leurs promesses.

    Il est encore temps de "revenir", de faire téchouva.

    C'est donc à la fois un jour impressionnant, mais c'est aussi un jour de joie car on revient et on se réjouit de la bonne direction prise.

    Notre première réponse positive aux épreuves est notre fidélité totale à notre peuple et à sa Torah: cela commence par la mitsva de l'étude que nous avons à faire ensemble cette nuit et ce jour dans nos communautés, ou sur ce Web pour ceux qui sont isolés. Commençons, avec l'aide  de D.ieu.

    Diverses coutumes se déroulent ce jour de Hochaâna Rabba :

    - les hochaânotes : ce sont des supplications que l'on dit ensemble en tournant autour de la téva (le pupitre de lecture de la Torah) avec le bouquet du loulav et l'étrog. En ce jour, on fait 7 tours. Cela se faisait au Temple autour de l'autel, un tour chaque jour et 7 tours le 7e jour.

    - les âravotes :
    on porte à la synagogue une touffe de 5 branches de saule dont on frappe le sol en lisant une prière ; cette pratique est déjà relatée dans la michna Soucca 4, 5-6.

    - la nuit d'étude :
    On passe toute la nuit à étudier (nuit du 19 au 20 octobre 2008).
    Déjà, la nuit de Chavouôte, on avait étudié en lisant le Tiqqoune léil Chavouôte composé d'un abrégé de la Torah, de tout le Tanakh, de la michna, de la guémara, du Zohar et de parties de halakha. Le Chla a particulièrement contribué à développer cette coutume.
    De même, cette fois, on étudie toute la nuit de Hochaâna Rabba ou une grande partie de la nuit au moins: on lit le Tiqqoune léil Hôchaâna Rabba qui comprend : le livre de Dévarim, le traité Idra zota du Zohar et les psaumes. Cette étude ne se passe pas seulement dans la synagogue, mais de nombreux groupes ou particuliers organisent des nuits d'études, souvent avec des lectures ou conférences adaptées aux publics particuliers par des personnes qui ont étudié davantage.
    Si vous êtes isolés, cette nuit-là, et si vous ne parvenez pas à lire tout le livre de Dévarim, lisez la première paracha et son commentaire sur Modia. Vous avez tous les commentaires de Dévarim sur cette page-ci. Vous pouvez aussi lire les psaumes et leur commentaire placés sur le site.

    - La leçon morale de la fin de Souccote à Hochaâne Rabba
    Nous l'étudions dans Chéné Lou'hote habbérite, du Chla.

    1. Nos Sages essayent de nous rendre sensibles à cet enseignement de Souccote : nous devons habiter dans une maison temporaire (araî). La mitsva de Soucca veut nous en faire prendre conscience. L'homme ne doit pas mettre sa sécurité et son assurance (ché lo yassim adam bit'hono) dans sa maison qu'il a réussi à acquérir. Et ce, même si l'homme a été créé comme dominateur de la terre. Il ne doit pas arriver à cette erreur de se voir comme le maître.
    Disons que cette attitude juive est contraire à toute l'éducation contemporaine traduite dans l'expression : "mon fils a réussi" ; ce qui veut dire : il gagne beaucoup d'argent et il a réussi à se montrer à lui-même et aux autres "qu'il a tout ce qu'il faut, qu'il ne manque de rien", qu'il est considéré comme puissant, bourgeois, riche et peut faire ce qu'il veut. Petit roitelet.
    Au contraire, par cette mitsva de la soucca, le Juif ne met pas sa confiance en soi-même mais uniquement dans Celui qui est le Créateur et le maître du monde.
    Il sait que lui-même et tout ce qu'il a sont fragiles et temporaires, quelle que soit la situation financière personnelle, ou sociale.
    De même, il n'aura pas d'idéal de se placer dans un camp, une entreprise, une profession, une alliance qui le feraient tomber dans le même piège d'illusion: mettre sa confiance dans ce qui n'est pas le D.ieu de la Torah. Un examen de conscience est à faire là-dessus.

    2. Ce qui vient d'être dit n'est pas une déclaration philosophique. C'est une attitude active et concrète. Le Traité Souca du Talmud (2a) commente le chapitre 23 de Vayiqra qui prescrit la Soucca; il dit : "sors de l'habitation établie et reviens dans une habitation temporaire" (tsé mi dirate qéva vé chav bé dirate areî). Le verbe "tsé, sors", est essentiel dans le judaïsme: on sort d'Egypte et de ses aliénations aux cultures étrangères qui nous esclavagissent sans qu'on s'en rende compte, chaque fois qu'on incite quelqu'un à étudier on dit comme le Talmud: "tsé ou lmad", sors et étudie. Le Juif doit s'examiner pour parvenir à "sortir" de sa situation qu'il avait établie comme stable ou qu'il rêvait être stable. Quand cela est compris, il est facile d'examiner la situation personnelle et de voir de quoi il faut sortir. Il est indispensable de faire cet examen réel. La soucca n'est pas un folklore qui réunirait le peuple simplement parce que c'est spécial, insolite et gentil d'aller manger dans une soucca.
    Transformer la maison en soucca ne suffit donc pas. Il faut "sortir" dehors de nos habitudes et de nous-même pour nous placer dans l'ordre divin.

    3. Ce n'est pas une attitude de personnes religieuses et un peu absentes des réalités concrètes. Le Chla précise bien: "c'est parce que à Lui seul est la capacité et à quoi on peut se fier" (ki lo ha yékholéte vé ha émouna).
    Et c'est plus qu'une question d'assurance car Sa réalité est une réalité de bonté: "nombreux sont les maux qui menacent le méchant, mais celui qui se fie en Hachém, la bonté l'entoure" (rabbim makhovim larachâ, vé ha botéa'h ba Hachém, 'héssed yésovévénnou). Cela est redit encore dans le début du psaume 91, 1-2 : "celui qui demeure dans la cachette du Très-haut, s'abrite à l'ombre du Tout-puissant, qu'il dise à Hachém, Tu es mon refuge, ma citadelle, mon D.ieu en qui je place ma confiance". Etude de ce psaume ici.

    4. Et c'est pour éveiller l'homme à ces différents points que la mitsva de la soucca se situe au moment où l'homme est le plus riche : "tu célèbreras la fête des souccotes pendant sept jours quand tu rentreras les produits de ton champ et de ton pressoir" (Dévarim 16, 13). Sa maison abonde alors de biens, elle préserve sa fortune de tous les maux éventuels (pluie, vent, etc). Et c'est à ce moment qu'il lui est prescrit de sortir de cette maison puissante, où il possède et gère sa fortune, et d'aller se placer dans la fragilité de la soucca.
    Ce choix est vraiment une preuve d'amour envers Hachém.
    Et alors, l'homme doit voir les choses telles qu'elles sont: tout ce qui lui advient de bon, ne vient pas de lui mais de Hachém.

    5. Le Chla applique son enseignement aux habitations des Juifs. Il se dit choqué par le luxe des constructions, spécialement dans des pays qui ne sont pas le pays de la pureté.
    On comprend maintenant ces versets de la prophétie qu'a reçue Jérémie (35, 7): vous ne bâtirez pas non plus de maison... mais vous habiterez sous des tentes pendant toute votre existence, afin que vous viviez de longs jours sur la terre où vous séjournerez.

    Vous pouvez prolonger l'étude selon les liens des indications données ci-dessus.

    Voici d'autres perles trouvées par le Chla ha qadoche dans les écrits de nos Sages:

    1. Il faut bien réaliser la grandeur de l'expression de Vayiqra 23, 34: "Hag hassouccote chiveâte yamim laChem, La fête de Souccote 7 jours pour Hachém". On est ici dans le secret des secrets: car il n'est pas écrit "pendant 7 jours" mais "7 jours", et pas pour nous mais "pour Hachém". Cela nous indique que la qualité de ces 7 jours est d'essence divine.
    et qu'il ne s'agit pas de durée simplement.
    J'ajoute que c'est bien ce qu'exprime la notion de houchpizine, les invités célestes qui sont 7 formes de cette bonté divine. Et quand on nous dit : "7 jours asseyez vous dans la soucca" et non pas "pendant 7 jours asseyez vous dans la soucca, cela veut dire que nous avons à aller dans la réalité divine qui est présente dans la soucca et que l'on nomme "7 jours" et qui sont les 7 formes de la descente de la bénédiction divine ou du 'hessed (bonté) qui est traduit par le symbole du mot "jours, yamim".
    Nous pouvons donc aller dans la soucca et méditer dans le bain de cette présence. Et aussi nous y sentir en peuple, placer ainsi l'ensemble du peuple dans cette présence, au lieu de continuer à donner de l'importance aux futilités débiles et profanatoires des collaborateurs. Ils disparaîtront s'ils persistent, non pas de violence humaine, mais comme Qora'h qui voulait détruire lui aussi Israël: car la présence divine qui est sur notre terre qui appartient au seul Créateur ne se faisse pas vendre et ne se laisse pas profaner.
    Le Chla cite le Zohar sur la paracha Emor (III 103b) qui décrit le sens du fait que le mot soucca est écrit dans la Torah une fois avec la lettre vav (o) et une fois sans: afin de nous montrer ce qu'est le surcroît de La Présence qui réunit les cieux et la terre, non pas simplement de façon matérielle mais dans toutes les composantes spirituelles. Disons que, sous la soucca, nous pouvons être conscient de cette union ou ne pas l'être et manquer la véritable réalité du monde. Mais nous aurions eu la proposition. Allons méditer ce texte dans la soucca.
    En effet, ce texte du Zohar réfère à la phase où le peuple a tellement exaspéré D.ieu par ingratitude (comme aujourd'hui certains) qu'il fait savoir à Moché qu'Il veut le faire disparaître. Et Moché lui rappelle son amour ('hessed) et qu'Il est allé devant lui "de jour, yomam"? Voilà notre mot de "jour" qui réfère à cette dimension de la soucca où Hachém est avec nous. C'est ce que le Cohen Aharone exprime par sa présence, lui qui est 'hessed, bonté.
    Le Zohar continue: quand il nous est dit de nous asseoir dans la soucca 7 jours, cela veut dire de nous y asseoir dans une émouna (foi confiante) totale sans aucune crainte des persécuteurs.

    Voici aussi ce qui s'est passé dans l'histoire juive ce jour:

    Le 21 Tichri, HOCHAÂNA RABBA
    Naissance de Yosséf, fils de Yaâqov.
    Fin des 7 jours de fête du Roi Salomon pour l'inauguration du Temple (I Rois 8, 65).
    Prophétie de 'Haggaï ('Haggaï 2, 1-9) qui demande la reconstruction du Temple (Lire Ezra 1, 1-4).
    Les Juifs de Rome ont l'interdiction de mettre des pierres tombales (il n'y a pas de limites à l'ignominie), le 23 octobre 1625.
    Juste retour des choses, jour de la pendaison des principaux condamnés par le Tribunal de Nuremberg (16 octobre 1946). Et suicide de Goering.
    Triste aussi: date du commencement de l'assimilation totale des Juifs de France par la décision de créer le "Sanhédrine" par Napoléon, le 3 octobre 1806.

    Le 22 Tichri
    Chémini atséréte et Simhate Torah en Israël.
    Moché Rabénou reçoit l'annonce de sa mort prochaine (Dévarim 31, 14).

    Le 12 octobre, en 1285, les juifs de Munich (Bavière) sont brûlés dans la synagogue.
    En 1941, en Ukraine, 10000 juifs doivent creuser leur tombe avant d'être fusillés.

    Le 14 octobre, en 1942, contraints de rassembler les juifs pour leur déportation, les membres du conseil juif de Bereza Kartuska, en Pologne, informent leurs coreligionnaires et se suicident tous.

    Chémini Âtséréte

    • en Israël : Yom Tov, Chémini Âtséréte et Sim'hate Torah

    • Lecture de la fin de la Torah : Vézote habbérakha.
      Les lectures et rites sont ceux de Sim'hate Torah.
    • hors d'Israël : Yom Tov, Chémini Âtséréte, Yizkor

    • Mais Chémini Âtséréte se prolongera le lendemain dans la fête de Sim'hate Torah.
    Âtséréte signifie fête de clôture (voyez en Vayiqra 23, 36 pour cette clôture de Souccote; et en Devarim 16, 8 pour la fête de clôture de Pessa'h). C'est une fête qui peut être indépendante et pourtant reliée, comme Chavouôte pour Pessa'h ou Chémini Âtséréte pour Souccote.

    C'est un jour de fête donc on dit le kiddouche le soir en ouvrant la fête et on dit chéhé'hayanou. On dira aussi le hallél complet (demander au rabbin les nombreuses précisions de halakha).

    La caractéristique la plus forte est le début de la bénédiction pour la pluie (tiqqoune haguéchém) lors de la prière de moussaf ; et on continuera jusqu'à Pessa'h à demander chaque jour la pluie, au lieu de la rosée dans la âmida ; on dira machiv haroua'h oumorid haguéchém, "qui fait revenir le vent et fait descendre la pluie". 

    On prend encore le repas dans la soucca mais sans bénédiction. La journée totalement terminée, on prendra le repas dans la maison ; on peut y rentrer ce qui a servi comme mobilier dans la soucca.


    Sim'hate Torah

    • en Israël : Yom Tov, Chémini Âtséréte et Sim'hate Torah

    • Début de la bénédiction pour la pluie. 
      Lecture de la fin de la Torah : Vézote habbérakha.
    • hors d'Israël : Yom Tov, Chémini Âtséréte, Yizkor

    • Début de la bénédiction pour la pluie.

    Résumons notre parcours
    Il y a eu toute la période de retour (téchouva) en Eloul puis les trois étapes de jugement (rigueur): Roche haChana, Yom Kippour qui est la signature du jugement et Hochaâna rabba qui en fait la contresignature définitive ou on peut encore rattraper.
    Pendant ces phases de jugement, le monde est en proie au renforcement du mal qui se défend, et nous le voyons. Cette année, nous avons vu en Israël quelques collaborateurs déterminés avec l'ennemi et contre leur pays et jusqu'à un israélien arrêté pour avoir vendu des explosifs qu'il certifiait capables de faire sauter un autobus, et en plus des attentats, nous avons vu le pire: sur le plan international, pour la première fois comme aux pires temps des Croisades chrétiennes ou du nazisme, devant les représentants de tous les pays arabes, le Premier ministre de la Malaisie, Mahathir Mohamad, déclare ceci:
    - les Juifs dominent le monde grâce à leur pensée, ce sont eux qui ont inventé le socialisme, le communisme, les droits de l'homme et la démocratie,
    - par cette capacité, ils dominent le monde aussi par l'intermédiaire d'autres Etats.
    - le monde musulman est le seul à s'opposer à ce système et il doit s'unir pour cela jusqu'à la victoire définitive.
    - ils ont fait un Etat sur une terre musulmane et toutes les armes et moyens politiques et économiques doivent être utilisés contre eux.
    - contre eux, il faut utiliser la tactique qui a réussi à Mohamad par son accord de Qoresh, signer un traité de paix qu'on ne respectera pas et qui ne sera qu'une ruse, et les attaquer quand ils ont auront alors baissé la garde.
    Son discours a reçu les applaudissements de l'assemblée debout.
    Voyez
    http://www.haaretzdaily.com/hasen/spages/350627.html

    http://www.israelnationalnews.com/news.php3?id=51232
    http://www.a7fr.com/news.php?id=26782
    Ne craignons pas, mais voyons bien que les choses arrivent en leur temps du dine.
    La Syrie également se montre virulente.

    Mais, au dessus de tout cela il y a le Maître du monde et son peuple et dans Ses mains. Et Israël termine sa cure de jouvence à Hochaâna rabba et nos Sages disent: alors Rahel est alors libérée, heureuse et féconde. C'est la situation de tout Israël. Nos Sages appellent cela qui est compris dans les deux signatures (la première qui est intérieure, et la seconde qui est la confirmation externe) les étapes de Tsiyone (l'avancée vers) et Yérouchalayim (l'état bon et définitif).
    Voilà où nous en sommes. Et cela est dans nos mains si nous le voulons bien. La signature et la contre-signature divines sont une interdiction aux puissances négatives de détruire Israël et tout son bon projet. Que le Ciel neutralise ainsi définitivement les machinations des ennemis de l'extérieur et de l'intérieur comme il l'a fait pour Qora'h. C'est cela le secret de l'expression du Cantique des Cantiques: "gane naoul a'hoti kala, ma soeur et fiancée est un jardin fermé et scellé". La porte de protection est blindée désormais. Et ainsi se fera l'union d'Israël avec son époux à la fête de la fin en la joie de Sim'hate Torah et de Chémini Atséréte.
    C'est pour cela qu'en hébreu, ce sceau ou ce tampon de la contresignature se nomme 'hotam, et ce sont les lettres de 'homat, la muraille de protection, la barrière de protection (gadér) pour que les ennemis n'entrent plus dans le domaine d'Israël ni moralement ni intellectuellement ni concrètement.
    Et cela est exprimé par les paroles :
    - 'homate bat tsiyone (Eikha 2,8)
    - âl 'homotaikh Yérouchalaim (Isaïe 62,6).
    Ne nous étonnons donc pas de toutes ces attaques. La Torah nous l'a enseigné depuis des millénaires, et nous avons tous les enseignements de logique et de spiritualité pour comprendre, analyser et réagir.
    Ceux qui veulent vraiment comprendre savent donc qu'il leur suffit d'étudier beaucoup plus, car ce n'est aps par quelques slogans de type politico-religieux, et encore moins d'idéologies autres que le judaïsme que les Juifs peuvent parvenir à gérer leur situation locale et mondiale qui leur est décrite avec la plus grande précision dès la Torah dans toute sa réalité, ses enjeux et ses solutions.
    Pour réussir cela, nous avons eu besoin de lire, pendant la nuit de Hochaâna rabba, le résumé de la Torah qui se termine par la paracha de bénédiction, puis on lit des textes du Zohar même si on n'est pas instruit car notre âme (néchama) comprend. Nos Sages disent de sortir un instant à la clarté de la lune pour voir la lumière qui sera celle qui se déploiera sur toutes les ténèbres. C'est le sigle de Modia.

    Voilà pourquoi on passe la NUIT dans la Torah. Et ce qui se joue dans la lumière de la lune doit être ce qui se joue sur notre visage et dans notre intelligence et dans notre coeur. C'est en ce sens que l'on parle que nous devons être "à l'image" du monde d'en Haut, tsélem. Ce n'est pas la lune qui doit varier et grandir et illuminer mais nous.
    Et on joue les prolongations, car jusqu'à la fin des fêtes, nous pouvons encore faire téchouva réelle.
    Car c'est notre téchouva qui est la condition de toute cette réussite. Ou non. Le salut est dans nos mains.
    Tout cela est joie de la Torah si nous essayons de le réussir, c'est la fête de Simhate Torah.
    Nous devrions être devenus chacun un Séfer Torah, un rouleau de la Torah vivifiant le monde. Joie. Tâche individuelle et tâche de tout un peuple.
    Y a-t'il un autre peuple qui se donne cela comme tâche politique? Et qui a pour constitution le Cantique des Cantiques?
    Toute cette fécondité est exprimée dans la bénédiction de la pluie que l'on commence. Et l'office de moussaf lors de la 'hazara (répétition) est le point culminant de cette avancée. Et cette merveille continuera en ses effets jusqu'au 7e jour de Pessa'h.
    Nos Sages font un beau jeu de mot, et disent que la fête finale s'appelle âtséret car Israël a arrêté (âtsar) les processus négatifs et stabilisé les processus positifs et fécondants et heureux.
    Et, dans leur grande connaissance des mécanismes, depuis des siècles ils prennent une autre image: c'est comme une union et une fécondation. Ce n'est pas seulement un instant, il va falloir être très attentif à ne pas secouer tout ce bel assemblage pour que la fécondation tienne. La première attitude à avoir pour cela, sera de vivre dans le 'hessed, l'amour pour ne plus donner aux forces négatives la possibilité de reprendre leur animation etleur pouvoir.
    Nous avons compris. Au travail, à la vigilance.

    Le matin dans la prière de Cha'harite.
    Dès que l'on a finit de lire le dernier mot de la Torah, on continue immédiatement par la lecture du début de la Torah. C'est une spirale continue. Le dernier mot étant Yisraël et le premier Béréchite, la succession forme le mot lév (coeur). Celui qui lit la fin de la Torah est nommé 'hatane messayem ou h'atane Torah ; celui qui recommence la lecture est nommé 'hatane mat'hil ou 'hatane béréchite. C'est un grand honneur et ces 'hatanim invitent leurs amis à une collation ou repas pour fêter l'événement.

    Les lecteurs de mon livre d'initiation au talmud savent que je l'ai appelé Le Lév Gompers pour cette place essentielle du lév, le coeur dans l'étude, et y ai consacré de très nombreuses pages ; on en trouvera un résumé sur ce lien à la page

    http://www.modia.org/lev-gompers/methode/coeur.html

    et on retrouve cette insistance sans cesse dans Modia (reportez-vous aux thèmes dans la page Développement personnel) et écrivez le mot coeur dans le moteur de recherche de Google en haut de la page d'accueil (ici).

    Jusqu'à l'époque talmudique, la lecture de la Torah, le Chabbate, se déroulait sur la terre d'Israël sur 3 ans, et il n'y avait donc pas cette fête annuelle de clôture de la lecture de la Torah. Elle s'est développée à Bavél (Babylone) avec la lecture sur une année comme de nos jours.
    Dans la synagogue, le soir (après ârvite), on sort tous les rouleaux de la Torah, tout le monde tourne sept fois dans la pièce ensemble (les hakafotes), en chantant et dansant ; la synagogue est décorée, les enfants ont des drapeaux dans la main avec des scènes bibliques dessinées ou des versets. On chante de nombreux chants particuliers à la communauté. Chacun porte à son tour le rouleau de la Torah.

    En Israël, et à Jérusalem en particulier, l'ambiance festive est encore plus grande car on peut sortir dans la rue pour aller assister aux fêtes parmi les très nombreuses synagogues en allant de l'une à l'autre. On entend de l'extérieur toutes ces fêtes. On veille à ne pas imposer ses propres chants à la communauté que l'on visite. On veille aussi à ce que chacun ait pu porter la Torah.

    A l'office du matin (cha'harite), tout le monde monte à la Torah.


    Pour l'ouverture du Chabbate, se souvenir que on ne peut jamais allumer au-delà de 18 minutes avant le coucher du soleil.


     

    Calendrier universel
    des fêtes de Souccote
    La fête de Souccote