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Les fêtes de Souccote
Embellir la mitsva
Comme toujours
sur Modia, vous trouverez les sources de la tradition et la halakha
mais
aussi comment cela est porté dans le coeur
et dans
les attitudes de vie.
(suite)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim
Dufour
http://modia.org
Ici, les événéments
de chaque
jour du mois de Tichri
Ici,
retour à la page de la fête de Souccote
Ici,
retour à la page du loulav, etc
Rappelons ce qu'est le louvav et sa disposition
qui est généralement
la suivante (celle du Réma) pour celui qui le tient : le palmier (loulav)
au centre, les 3 myrtes
(hadas) à droite, les 2 saules (âravotes) à gauche,
et l'étrog
joint.
La
disposition dans le loulav
Il y a une autre disposition décrite par le Ari, zal, à signification
mystique: la ligne centrale du loulav doit être vers le visage,
les trois myrtes sont
réparties l'un au centre, l'autre à droite et l'autre à gauche;
et les deux branches
de
saule sont
à l'extérieur. Et l'ensemble doit être davantage
joint.
Nous allons maintenant assister à la préparation de ce bouquet
et découvrir ce qu'est le peuple juif et son souci d'embellir
un mitsva (une prescription) de la Torah.
Car il va falloir rechercher ces composants, trouver les plus beaux,
bien réaliser l'examen.
Et pour cela il a fallu d'abord étudier, puis prendre le temps,
et réaliser avec concentration, zèle et amour, on appelle
cela, l'embellissement (hiddour) de la mitsva, à laquelle
on donne de la beauté (péér, ou yofi),
de l'honneur (kavod), de l'embellissement (kichoute).
Un ami me raconte comment cela se passait dans la famille Messas à
Casablanca (Maroc). La famille était nombreuse, 7 garçons
et 7 filles et il fallait donc beaucoup de loulavim. La Papa,
le Grand Rabbin du Maroc, recevait un panier d'étroguim et il sélectionnait
le plus beau, un ou deux. Puis il recevait encore un autre panier quelques
jours plus tard, et il continuait la sélection: d'abord, bien entendu,
la perfection cachère du fruit sans aucun défaut.
Mais, ensuite, commençait l'étape de l'embellissement de
la mitsva: trouvait le fruit le plus beau dans la forme et dans les couleurs.
Et, quand, finalement, il s'avérait que le plus beau était
de couleur un peu verdâtre, il le plaçait dans un panier,
entouré de pommes qui faisaient rapidement jaunir le fruit et il
parvenait à la plus belle couleur.
Puis, la préparation du loulav central. Me voici auprès
de lui à Jérusalem lorsqu'il préparait il y a deux
ans l'embellissement du loulav comme le font les Juifs marocains, en enserrant
la tige de fils de couleur placés élégamment pour
renforcer la tige, éviter qu'elle ne s'ouvre et pour l'embellir.

La
tige du loulav,
ses régles qui le rendent utilisable.
Et voici, à droite, mon loulav. La tige (chidra)
du loulav (chidrate ha loulav) doit avoir une taille (godél)
d'au moins 32 à 40 centimètres selon les Sages. Elle doit
être bien droite et les feuilles bien assemblées, au moins
le premier jour; on
parle alors d'un loulav méhoudar, beau. Un enfant en
dessous de l'âge de la bar-mitsvah qui en est capable a le droit
d'agiter le loulav, faire les naânouim, et même si les feuilles
du sommet sont un peu écartées. Cette tige est souvent
couverte d'une substance brune (koré) qu'acceptent les
Séfarades mais que refusent les
Askénazes.
La
branche de saule (ârava), ses
régles qui le rendent utilisable.
La branche de saule (ârava) doit être d'au
moins 24 à 30 centimètres, la tige rouge, ses feuilles fines,
longues et aérées.
Ne pas confondre avec les branches de l'acacia (chitah)
ou du peuplier (tsaftafah)
qui sont passoul (pas acceptées).
Toutes ces précisions ont leur source dans le Traité Souccah du Talmud,
page35.
Promenons-nous maintenant dans les rues de Jérusalem pour
assister au choix du loulav.
Regardons bien: si vous ne faites pas attention, vous penserez qu'il
n'y a que des 'haridim. Erreur, regardez ces deux enfants aux vêtements
de couleur qui sont donc d'une autre origine communautaire. A droite,
nous apercevez aussi la couleur kaki d'un soldat qui choisit son étrog
et, dans le fond, des silhouettes d'hommes de types différents.
C'est cela le public de Jérusalem. Je n'ai photographié qu'un
public masculin.

Regardons maintenant, la concentration de tous ces Juifs
différents.
Voici un enfant, il a déjà toutes les caractéristiques
d'un vrai Juif:
il est compétent, recueilli, sérieux, concentré,
attentif, responsable, aussi sérieux que les adultes, sans rien
avoir perdu de son enfance; il a sûrement étudié pour
être capable de faire un tel examen. La beauté juive fait
rayonner le corps.
Seulement en Israël, on peut trouver cette multitude de jeunes, différents
mais aussi naturellement compétents dès le plus jeune âge.

Voici ses deux voisins: la même intensité de concentration,
le même calme, en trois générations et aux âges
différents.
Cette capacité de concentration, de réflexion, d'examen
responsable, est fabuleuse. On ne racontera pas n'importe quoi aux Juifs
car ils analysent.
Ici l'un examine la pointe, le pitam, dont les régles sur son
intégrité sont exigeantes et précises, et l'autre examine le bas de l'étrog,
le okets.
L'étrog, ses régles qui le rendent
utilisable.
Ce qui est le plus le symbole de la beauté du loulav, c'est l'étrog,
placé ici à droite. On l'inverse lors de la bénédiction
et on le remet tête en haut ensuite. Son odeur est raffinée. Sa
forme est différente suivant les origines (Israël, Yémen,
Maroc). La bouture du sommet est le pitam, le cône qui en descend
est le chotém, le cordon qui l'accroche à l'arbre est
le okets. Des régles précises et complexes concernent
les étroguim résultant d'un croisement avec des citrons, demandez
alors au rabbin de votre communauté.
Une légère excroissance sur l'étrog ne le rend pas passoul (exclus).
Inversement, si un léger trou apparaît (par exemple causé par
une épine), il ne sera passoul sauf si ce trou atteint 19 millimètres
ou si le trou ressort d'un autre endroit.
Pour comprendre
les attitudes des personnes dans le reportage ci-dessous et être
capable de faire comme eux, je vous donne les caractéristiques
sur lesquelles le choix doit porter et sans lesquelles il serait refusé (passoul):
l'étrog ne doit avoir aucun manque ('hassér),
sans modification (chinoui) de sa forme normale, son poids (michkal)
d'au moins 60 à 100 grammes suivant les Sages.
N'oublions pas que le loulav doit nous donner le sens de la beauté de
la Torah et de la beauté de la vie ensemble dans la Torah; donc le loulav
doit être beau, c'est le concept de beauté de la mitsvah
(hiddour
mitsvah)
qui est obligatoire et, pour ce motif, même un étrog qui
serait cachér dans
ses caractéristiques mais qui ne serait pas beau, ne serait pas utilisé.
Par exemple, s'il n'est pas bien bâti symétriquement. Tout cela vous
explique le soin attentif porté lors de l'examen avant l'acquisition.
L'étrog doit être en beauté (méhoudar).
Il est passoul,
par exemple s'il a des tâches noires sur la peau même de l'étrog
et non pas seulement sur le pitam du haut ou sur le okéts du
bas ; ces taches noires sur la peau sont souvent dues aux pesticides.
Les taches
blanches de décoloration, souvent dues au soleil, ne rendent pas l'étrog
passoul.
Parfois, il s'agit
d'une attaque d'insecte et la tache virera au brun puis au noir, en ce
cas le*'étrog deviendra passoul.
On comprend maintenant la différence entre un étrog non cashér (passoul)
ou un étrog cachér, ou un étrog cachér mais non pas méhoudar.
Certains refusent les étroguim verts, d'autres les acceptent, d'autres
les font virer au jaune en les plaçant près d'une pomme qui diffuse de
l'éthylène faisant virer le fruit au jaune. Cela peut même le faire virer
à un jaune d'or comme les pommes mais cela ne lui confère pas davantage
de côté cachér.
Enfin, on ne place pas l'étrog sous un lit, auquel cas il deviendrait
non cachér.

Regardez la variété des types de Juifs religieux que vous
voyez sur cette photo et qui ont tous un couvre-chef qui marque la référence
constante à Celui qui est plus haut que nous.
Maintenant, découvrons une autre caractéristique du monde
juif. L'apprentissage du jeune auprès de celui qui sait davantage,
cela dans une attitude de proximité qui sait être distante
et respectueuse, et en même temps les attitudes sont très
affectueuses et proches chez l'adulte et chez le jeune qui apprend en
regardant faire l'ancien. Cela est typiquement juif.
L'ancien examine mais permet à l'enfant de voir et de s'exercer.
Il n'oubliera jamais comment son père faisait et il intègre
totalement ses qualités, tout en exerçant les siennes propres.
C'est bien pour cela que l'on dit "D.ieu d'Avraham, D.ieu de Yits'haq,
D.ieu de Yaâqov" car chacun a son propre regard différent
même s'ils sont ensemble.
La vie circule autour, mais ils sont seuls ensemble.
Regardons de plus près cette proximité affective et respectueuse
dans l'étude.
Ici, nous saisissons vraiment le questionnement: on ne s'en laisse pas
compter, on est sceptique et exigeant.
Et n'oublions pas que ces fruits représentent les qualités
d'autrui; alors, pourvu que nous gardions ce même regard, aussi
respectueux, envers autrui.

Le
hadas,
ses régles qui le rendent utilisable.
Voyons maintenant le choix de la myrte (hadas; hadassim au
pluriel). Elle doit avoir au moins 3 téfa'him soit de
24 à 28,8 centimètres de taille (chiour).
Chaque étage des feuilles est passé au crible. Les trois
feuilles (ou rarement quatre) de chaque étage doivent être
au même niveau. Pour cela il est appelé méchoulach, triangle.
Ce
groupe est appelé kén. Exclure un hadas à deux
feuilles (hadas
choté)
ou cinq feuilles. Quand on a choisi le mieux, on dit que la mitsva est mitsva
mine ha mouv'har, du meilleur choix.
Si nous parvenons ainsi à examiner nos actes ou nos pensées,
et à en choisir uniquement le meilleur, le monde s'améliorera
vite!

Autre type de jeune adulte, autre look. Mais la même attitude.
On est loin du n'importe quoi journalistique qui essaie de nous faire
croire à toutes les analyses baclées au nom de poncifs à la
mode.
Ici, rien n'échappe, les doigts, le regard scrutent la moindre
feuille, et même la règle est à portée de
main en cas de doute.

Autres types différents: à gauche, chemise quadrillée;
au centre, la cravate; à droite la chemise hors du pantalon.
Passons au vécu du choix du loulav.
A droite, cet examen intense mais
affectueux, c'est une relation.
Devant ce marché, nous voyons le contraire de ce que l'on raconte
sur Israël.
On nous dit que les groupes sociaux différents ne se rencontrent
pas.
Ici encore, regardez bien les types vestimentaires et les formes des
différents
couvre-chefs.
Et à deux mètres, les voitures et les autobus filent et
vrombissent. Mais tout est silence pour ces examinateurs.

L'intense précision du regard, toutes les mimiques participent,
il est obligatoire d'étudier ou de prier avec tout son corps.
Les lèvres se pincent, très incertaines, et quelle intensité.
C'est un peuple de fidélité. De droiture.

Dans les rues, les souccotes surgissent de partout: voilà la liberté
que donne Israël.
Pas de policier qui viendra nous demander d'enlever ces constructions
illégales.

La taille de la soucca dépend de la taille de la famille. Parfois
on la place sur le balcon, ce qui permet plus facilement de venir y étudier
et d'y dormir comme c'est le mieux si le temps le permet (en Israël,
pas de problème, tant que la première pluie n'est pas arrivée).
Beaucoup sont modestes dans leurs parois qui doivent pourtant résister
au vent. D'autres sont solides:

D'autres plus luxueuses:
Et jusqu'en haut des tours, le regard découvre les souccotes:
Qui ne peut la placer sur son balcon; comme ceux des étages inférieurs,
la met au rez-de-chaussée de la partie commune,
et une nouvelle cohabitation fraternelle se découvre en bâtissant
la soucca au même moment ou en entendant les chants qui en rayonnent.
Le fil électrique descend des étages et permet d'éclairer
la soucca comme une habitation mamache (exactement).

On voit ici les décorations intérieures, très variables
d'une soucca à l'autre, souvent des dessins d'enfants au mur,
ici des évocations des 12 tribus. Des guilandes sous le sékhakh.
Beaucoup aiment aussi placer les photos ou dessins des grands rabbins
de leur communauté dans l'histoire,
ou des communautés actuelles différentes qui composent aujourd'hui
Israël. Car on n'oublie pas qu'on est en peuple,
et non seulement en famille. Et ces Sages nous rappellent que la soucca
est le lieu de la Présence divine dans le monde
que symbolisent au mieux les Patriarches, Avraham, Yits'haq, Yaâqov,
Aharone, Moché, Yossef, David.
Et voici l'entrée qui attend non seulement la famille mais aussi
les visiteurs et ceux qui n'ont pas d'habitation ou de soucca.
C'est le lieu de l'hospitalité. Souvent, on invite celui qui n'aura
pas de souccas à participer à la construction pour qu'il
puisse la vivre comme sienne.
Une belle expérience, particulièrement intense en Israël
qui est le lieu de la Présence de la Chékhina, "Sa" terre.
Nul ne peut prétendre vivre cette expérience ailleurs.
Même si le monde entier est bâti sur le 'hessed.
Vous êtes venu vivre Souccote à Jérusalem.
Si vous voulez continuer à ressentir ainsi Jérusalem, explorer
lentement les pages
de photos rédigées dans ce regard (lien ici).
Photos
du Kotel à la Fête de Souccote
2003
Lors de la bénédiction des Cohanim, le lundi matin, la place
était couverte de plus de 40000 personnes et tout le quartier plein
de pélerins au coude à coude. Nous sommes le 5e jour de
la fête, au matin, vous voyez encore la foule. Les taxis ne peuvent
pas s'approcher, on y arrive à pied. Regardez à droite,
la zone des femmes est particulièrement pleine.
C'est enthousiasmant. Les journaux parlent politique et sécurité et
de la folie de quelques uns qui travaillent pour l'ennemi;
mais la réalité tangible est le peuple qui aime ce centre
du judaïsme que certains comme Burg ou Bellin et comparses vont dire
à l'ennemi qu'on est prêt à le leur donner. Mensonge
et cadeau à l'ennemi qui qualifient leurs auteurs.
Le peuple est conscient que c'est ici le centre de l'histoire juive,
le centre de la présence de la Chékhina, la bénédiction
dans le monde par son peuple.
On prie devant le mur, sur une dizaine de rangées, et le reste
est la famille qui arrive, qui jouit calmement d'être chez soi.
On entend l'hébreu mais aussi toutes les langues du monde car la
Torah a été aussi écrite par Moché en 70
langues. Tout est simple.
Au fond du parvis, heureusement, nos jeunes
fils sont présents
pour veiller
à ce que les ennemis déterminés ne puissent pas tuer
des Juifs comme ils en rêvent même au prix de leur propre
vie,
c'est leur idéal humain et religieux. C'est leur problème.
Nous ne vivons pas le même monde.
Nous, nous avons des millénaires d'affection, de promesses tenues,
de dialogue avec le Créateur
et nos ennemis ne pourront rien. Le Ciel s'en charge.
Il nous suffit de dire avec le psaume 44: "notre coeur n'a pas rétrogradé
et nos pas ne se sont pas écarté de Ton chemin".
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