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Sens et pratiques des jeûnes
juifs
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
http://www.modia.org
Comment arrêter les catastrophes terribles qui sont tombées
et tomberont sur le peuple juif
s'il s'écarte de la Torah de VIE pour choisir une voie de
mort.
Tous
les renseignements pour préparer le retour en Israël, pour
construire. NEW !
Pour bien réaliser ce qu'est la destruction du Temple, voir
ici l'étude sur le déchirement, et voir
ici les photos historiques du Kotel. Elle témoignent
de la volonté de nos ennemis passés et actuels, soutenus
par les nations occidentales qui les financent aujourd'hui comme ils ont
assassiné les Juifs pendant de nombreux siècles. Leur arme
s'est simplement déplacée et hypocritement ils utilisent
et financent la haine des voisins arabes d'Israël. Il faut oser le
voir et le dire. La fuite de Juifs hors de cette Europe vers d'autres
continents de refuge illusoire n'a plus de sens quand seul Israël
peut les défendre, avec l'aide de leur présence et la vie
de Torah qu'ils peuvent y mener. La protection est assurée si Israël
vit ainsi. De plus, c'est sa seule mission. On n'en démissionera
pas. On ne laissera pas une minorité porter seule la charge et
la mission.
Voir ici notre
page consacrée au Kotel, ce lieu d'où jamais la présence
divine, la Chékhina n'est partie même pendant et après
la destruction du Temple.
Le sens des jeûnes,
en résumé
Qu'ils aient été prescrits dans la Torah, dans le Tanakh,
par prescriptions rabbiniques ou par volonté individuelle, les jeûnes
ont une fonction de contraindre le Juif à prendre conscience des
dimensions spirituelles, à revenir à D.ieu et à dominer
ses tendances naturelles qui lui font privilégier son intérêt
personnel au détriment d'autrui ou de la morale.
Un jeûne sans ces éléments n'a aucun sens et attire
la colère divine. C'est alors une perversion.
A contrario, l'homme n'est pas capable de lui-même de maintenir
sa ligne de conduite optimale et il a besoin de cette technique.
Enfin, ce n'est pas seulement un outil moral personnel, c'est un outil
collectif de tout le peuple.
Ce n'est pas une technique de diététique, ni d'ésotérisme.
Voici ce que dit le Rambam de l'intention qui doit résider
en nous tout le jour du jeûne.
Yéche yamim ché kol Israel mitânim ba hém
Il y a des jours pendant lesquels tout le peuple d'Israël jeûne
mipné ché ha tsarotes ché iréou bahém
à cause des malheurs qui s'y sont déroulés
kédé léôrer ha lévavotes
pour éveiller les coeurs
liftoa'h darkhé ha téchouva
ouvrir les voies de la repentance
vé yiyé zé zikarone lé maâssénou
ha raîm
et cela sera un souvenir de nos actes mauvais
ou maâssé avoténoui ché haya ké
maâssénou âta âd ché garam lahém
vélanou otane ha tsarotes
et des actes de nos pères qui furent comme les nôtres
jusqu'à ce qu'ils produisent pour eux comme pour nous les mêmes
malheurs.
ché bé zikhrone dévarim éllou nachouv
léétiv ché néémar...
et que par le souvenir de ces choses nous nous repentions et
changions d'actes afin d'améliorer,comme il est écrit dans
la Torah (Vayiqra 26, 39-40) :"et les survivants d'entre vous se consumeront,
par leur faute, dans les pays de leurs ennemis, et même pour les
méfaits de leurs pères, ils se consumeront avec eux.
Puis, ils confesseront leur iniquité et celle de leurs pères,
leur forfaiture envers moi, et aussi leur conduite hostile à mon
égard pour laquelle moi aussi Je les aurai traités hostilement"...
(voyez tout ce texte de la Torah).
Le texte du Rambam se trouve dans Michné Torah, volume II, Chapitre
Taânite , partie 5.
Il précise exactement
- tout ce qu'est le jeûne juif,
- l'origine des malheurs du peuple qui ne sont pas d'origine politique
ni militaire mais morale, et cela est capital en notre période de
menaces terribles de la part de nos voisins, de la part des pays d'Europe
et même des USA, nos amis conditionnels.
- la voie de la guérison de tous ces maux : la Torah.
Etudiez ici qui est le Rambam,
et ce qu'est Michné
Torah, son oeuvre principale.
La classification
des jeûnes
1. Torah
Un seul jeûne est inscrit dans la Torah, c'est celui du jour
de Kippour (lire Vayiqra 16, 29-31 et 23, 27-32 ; Bémidbar 29, 7...).
Le sens donné relie trois éléments : l'ordre,
la technique (la date, chaque année), l'implication personnelle
("téânou
éte nafchotékhém,vous vous affligerez vous-mêmes,
vous mortifierez vos personnes"), le fait de cesser tout travail (ce qui
est l'instrument qui donne à l'homme le sens illusoire de sa toute
puissance et de son autonomie).
On remarque que le seul mot employé dans la Torah est le mot
de la racine taanite (mortifier) et non pas le mot tsom qui
veut dire exactement jeûne. De même dans la littérature
d'étude sur les jeûnes. Cela montre bien que l'élément
spirituel est le principal.
Le jeûne de Kippour dure du coucher du soleil au coucher du soleil
le lendemain (de même que le jeûne de Ticha bé Av, ci-dessous.
Les autres jeûnes durent du lever au coucher du soleil.
Yom Kippour se déroule le jour où il tombe, tout autre
jeûne est décalé quand il tombe un chabbate, il est
dit "nid'hé" ou repoussé au lundi (voir traité
Méguila 5a). Le jeûne d'Esther est alors anticipé au
jeudi précédent.
2. Le reste du Tanakh
2.1 Le mot tsom (jeûne) apparaît en II Samuel 12,
22 quand David dit : j'ai jeûné (tsamti) et j'ai pleuré.
Cela montre encore l'élément sprituel et montre à
quel point l'implication personnelle de regret des fautes et et de supplication
doit être présente.
En Isaïe (lire 58, 3-10), on trouve les deux termes : "pourquoi
jeûnons-nous (tsamnou) sans que tu t'en aperçoives,
pourquoi mortifions-nous (îninou) nos personnes (nafchénou)
sans
que tu le remarques ; c'est qu'au jour de votre jeûne, vous poursuivez
vos intérêts et vous poursuivez vos débiteurs... Mais
voici le jeûne que j'aime, c'est de rompre les chaînes de l'injustice,
de dénouer les liens de tous les jougs, de renvoyer libres ceux
qu'on opprime, de briser enfin toute servitude, de partager ton pain avec
l'affamé, de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile
; quand tu vois un homme nu, de le couvrir, de ne jamais te dérober
à ceux qui sont comme ta propre chair. C'est alors que ta lumière
poindra comme l'aube...".
Tout est dit là. Que les Juifs qui rêvent d'idéologies
socialistes ou communistes, ou de nouveaux testaments d'amour découvrent
enfin la supercherie de ces soi-disants nouveaux prophètes qui prétendent
renouveler l'homme et les messages divins. Ces Juifs ont dans leur trésor
les enseignements originaux et nobles qu'ils souhaitent. Les autres ne
sont que des pastiches, et parfois des usurpations.
Autre point important : le message des prophètes n'est pas un
message nouveau par rapport à celui de la Torah, ni une nouvelle
étape du développement de la parole divine ; ils ne font
que commenter pédagogiquement la Torah pour leurs contemporains
et pour nous. Et la tradition orale qu'ils ont reçue nous est transmise
aussi de maître à élève depuis lors.
On voit par ces textes que les jeûnes étaient pratiqués.
2.2 Les jeûnes collectifs que nous connaissons sont nommés
par le prophète Zacharie 8, 19 : les jeûnes du 4e mois, du
5e mois, du 7e mois, du 10e mois. Il s'agit déjà
- du jeûne du 17 Tamouz (chute de la muraille du 1e Temple et
prise de Jérusalem ; voir Jérémie 39, 2),
- du jeûne du 9 Av (destruction du Temple ;
voir Jérémie 52, 12-13),
- du jeûne du 3 Tichri (assassinat
de Guédalia ; voir Jérémie 41, 1-2 et II Rois 25,
25),
- du jeûne du 10 Tévét ( début du siège
de Jérusalem par Nabuchodonosor ; voir Jérémie 52,
4... et II Rois 25, 1-2 et Ezéchiel 24, 1-2).
Ces jeûnes sont obligatoires pour les Juifs de plus de 13 ans
et pour les Juives de plus de 12 ans, sauf si on est malade, enceinte ou
allaitant.
On ne fait plus de repas après le lever du soleil au coucher
qui a lieu environ 30 minutes après l'aurore (ce délai est
variable suivant les décisionnaires) mais, si on n'a pas fait de
repas, on peut encore manger et boire modérément entre l'aurore
et le lever du soleil pour mieux tenir le jeûne pendant la journée.
Il n'y a pas d'autres interdits pour ce jeûne.
2.3 Le jeûne d'Esther, le 13 Adar, veille de Pourim.
3. Les jeûnes rabbiniques
Ce sont de nombreux jeûnes facultatifs dits de pénitence
qui se font pendant le mois d'Eloul, les 3 lundi-jeudi-lundi qui suivent
Pessa'h et Souccote, pendant les jours qui séparent Roche ha chana
et Kippour (voir le Choul'hane Aroukh, Ora'h 'hayim 686, 2), le
jour de la mort de Moché Rabbénou le 7 Adar, le jour du Pourim
d'une ville où la communauté a été sauvée
du massacre, quand un rouleau de la Torah tombe sur le sol dans une synagogue,
pour commémorer les victimes du nazisme le 10 Tévéte,
etc.
4. Les jeûnes privés
- les jeûnes laissés au choix par ascèse (yom
kippour katane) par exemple avant le début du nouveau mois,
ou le jeudi des semaines des parachiyotes entre Chémote
jusque Tétsavé (un moyen mnémotechnique rassemble
les lettres initiales de ces parachiyotes : Chovavim tate), ou après
un mauvais rêve, ou pour un anniversaire comme celui de la mort des
parents.
- le jeûne des premiers nés avant Pessa'h, en reconnaissance
du fait que les premiers nés des Juifs ne furent pas exterminés
lors de la 10e plaie d'Egypte. Et aussi pour la tristesse de la mort des
autres.
- les jeûnes des jeunes mariés avant le mariage pour se
purifier.
- etc
Textes à étudier.
- Isaïe 58. Joel 2. Jonas 3.
- Le Traité Taânite. Bérakhote 6b.
- Le Tour et le Choul'khane Aroukh, Ora'h 'Hayim 579.
Le jeûne du 8 Tévète
Il est nommé taânite tsadiqqim et concerne un événement qui paraîtra curieux à beaucoup, motif pour lequel il faut essayer de se remettre dans le contexte pour en comprendre la profondeur. Il s'agit de la première traduction de la Torah en langue étrangère à l'hébreu et cela fut vécu comme une catastrophe nationale par les Sages et les textes disent que l'obscurité s'installa pendant trois jours sur le monde (voyez le Traité Méguila 9a et le Choulk'hane Aroukh, Or ha 'hayim 580,2.). Pourquoi cette vision des choses. Il y eut un peu la même réaction quand on découvrit la nécessité de mettre par écrit les traditions orales de la michna qui rassemblaient tous les enseignements venus de Moché et non écrit dans la Torah. Cela voulait dire une perte de la capacité de mémoriser, une perte de la vision de synthèse, un manque de communication entre les différents courants, une perte surtout de la capacité pédagogique extraordinaire de la relation orale maître-élève et, enfin, une lecture du texte par des non-Juifs en dehors de toute relation orale ce qui donne la possibilité des interprétations les plus fantaisistes, ce qui fut le cas lors de la naissance du christianisme dont les fondateurs se recrutaient parmi les ignorants et où de nouvelles lectures disons "originales" pour être aimables des textes se diffusaient spécialement apr Paul de Tarse voulant séduire les Grecs (tout cela est relaté sans fard dans les Actes des Apôtres avec le rire des Grecs et les refus stupéfaits lors du Congrès de Jérusalem et la victoire du bouillant Paul créant la nouvelle religion selon ses interprétations). Il y avait une diaspora peu cultivé, peu instruite qui ignorait de plus en plus l'hébreu, avait besoin de comprendre les textes à partir de la langue qu'ils comprenaient et simultanément les nouveaux courants faisaient un grand prosélytisme parmi ces couches ignorantes. De nombreux textes circulaient ainsi. Le roi rassembla 70 ou 72 de ses sujets très lettrés, les isola chacun et le beau middrache dit qu'ils fournirent la même traduction. Il reste que beaucoup de traduction se diffusèrent simultanément puis le néo-christianisme voulut mettre de l'ordre et tenta de rassembler les traductions les plus valorisées dans le nouveau courant pour en arriver à une nouvelle sur cette base et cela produit al version des Septante, que le nouveau courant estima, évidemment, de meilleure qualité que l'original, dans la perspective que le "nouveau" testament était meilleur que "l'ancien". Phénomène qui se renouvela avec l'islam et avec de nombreux autres courant depuis. Chacun a toujours un nouveau prophète qui déclare que lorsque son message sera connu du monde entier le bonheur de l'humanité sera soudain. C'est le processus des sectes. Qui ont toutes un message moral et très beau. C'est une génération spontannée incessante. Voilà ce qui fut considéré comme le début d'une catastrophe. Ce le fut. On peut considérer, autrement, et se dire que cela diffusa le message de la Torah malgré tous ces syncrétismes spirituels et que, un jour, ainsi, toute la Création reviendra à ses sources. Mais après combien d'avatars et de Shoa et d'Inquisitions et de bûchers, et de terrorismes conquérants,etc. On peut maintenant effectivement juger que ce fut une catastrophe. Car la juxtaposition des religions n'a pas produit de telles Shoas.
Mais nous ne sommes pas les juges de l'histoire ni placés assez
haut pour comprendre le sens de tout cela. Essayons de vivre la Torah à notre
niveau, en espérant que les Juifs connaîtront mieux leur
Torah, qu'ils comprendront que le foyer vers lequel ils sont sortis d'Egypte
pour aller vers le dessein de Celui qui le leur disait n'est pas à New
York ni à Paris ni en Ukraine mais à Jérusalem.
Et alors les nations verront la lumière de la Torah et découvriront
que Jérusalem et les Juifs sont bénédictions seulement.
Voilà l'enseignement de ce que les Tsaddiqim ont voulu
nous faire entendre en instaurant ce jeûne: pour revenir à notre
vérité et ne pas être fascinés. Ils rappelaient
aussi que, au début de l'esclavage d'Egypte, les Hébreux étaient
bien payés par leurs maîtres culturels et que la séduction
de la nouvelle civilisation trouva ainsi de quoi les installer puis ensuite
de la dominer, enfin de les détruire. Cet exemple se renouvela
sans cesse et nous n'avons pas voulu en tirer les leçons. Même
la dernière Shoa qui a suivi le même modèle n'a pas
ouvert les yeux véritablement. En Egypte, 80% sont restés
et ont disparu. A Babylone, plus de 99% sont restés et ont disparu.
Le Président de l'Etat d'Israël a appellé au
secours en disant qu'en quelques années, plus de 50% du judaïsme
des USA et d'Europe disparait par mariage mixte et assimilation. Rien
de cela ne change le ronronnement de base: une minorité minuscule
va vers Israël, des responsables au plus haut niveau protestent
officiellement contre les appels à la montée vers Israël
de la part des autorités... laïques ou religieuses d'Israël,
et les sites palestiniens donnent grand écho à ces déclarations.
Voilà la situation en chiffre et en fait. En France 600000 Juifs
dont le nombre diminue à vue d'oeil, quelques milliers de ôlim
au mieux chaque année. Ce n'est pas un pessimisme, mais un état
des lieux.
Il y a 2000 ans, les Sages décrêtaient un jeûne devant cette orientation célébrée déjà comme une ouverture dont ils voyaient les effets périlleux. Je vous explique simplement de quoi il s'agit.
Personnellement -pour que l'on comprenne bien que je ne me place pas dans un rôle meilleur- avec mon épouse jusqu'à plus de quarante ans nous n'avions rien perçu de tout cela tout en étant cultivés, responsables, vaccinés par la Shoa, connaissant l'histoire d'Israël. Nous n'étions pas moins bien que maintenant; nous étions normaux, comme maintenant; nous ne voulions pas ignorer; simplement nous étions fermés à la compréhension de ces réalités exposées ici, insensibles et inconscients, même quand on les entendait. Si des personnes de notre culture n'avaient pas tendu la main et partagé ces connaissances supplémentaires dans un grand art de la communication "authentique", nous serions restés identiquement insensibles, les mêmes humains mais insensibles.
C'est ce que dit exactement Yéhouda à son frère Yossef (voyez le commentaire de Vayigache ici): cette fois nous allons entendre. C'est tout le cri sans cesse répété de Hachém: Chémâ Israël, Ecoute Israël. Mais, en hébreu le mot Chémâ ne veut pas dire "écoute" cela aurait été "haazéne" du verbe lééazéne, ou haqchév du verbe écouter léhaqchiv. C'est inouï comme on peut ainsi falsifier une notion de base pour assurer notre tranquillité. C'est ce que crie Hachém sous la plume de David dans le psaume 81: lisez-le: Chémâ Israël, Ecoute Israël - Ah! si mon peuple voulait m'écouter. Sous 5 formes différentes Hachém explique ce que je viens de dire: nous faisons TOUT pour ne pas entendre l'appel direct d'Hachém qui nous donne, nous promet, nous amène à l'endroit de Son don. "Non non et non" répondons-nous en disant "Chémâ Israël, Ecoute Israël". Nous refuserons que ces mots veulent dire: "Entend Israël". Comme si c'était simplement d'écouter les informations pendant quelques instants chaque heure alors qu'il s'agit en ces mots "d'entendre intérieurement" une lettre d'amour, de relation duelle: "JE vous aime et JE vous donne tout". Alors Hachém crie: "Chémâ Israël, Ecoute Israël Véahavta éte Hachém, et Tu aimeras Hachém ".
Ce qui est étonnant, c'est que cela qui semble maintenant évident, ne l'était pas jusque là.
Combien de fois, j'ai entendu des couples en entretiens de soutien, dont l'un des membres depuis des années vivait en bon voisin dans la maison
et -seulement après de nombreuses années et le fait que l'autre l'amène chez le psychologue pour qu'il "entende" enfin sa souffrance- se met à ressentir pour la première fois que l'autre est quelqu'un qui l'aime et qui a besoin d'être aimé et de se l'entendre dire, et pas seulement de faire et de recevoir les gestes automatiques d'un conjoint.
Ainsi, quand les mots de la Torah ne sont pas ressentis dans une vraie relation, et sont traduits puis changés en tout autre chose. Un jour, une femme arrive en consultation hebdomadaire
dans une colère terrible; elle explose et dit: "je sors de chez le coiffeur, je rentre à la maison, je me place heureuse devant mon mari pour lui plaire et je lui dis -comment me trouves-tu?- Il m'a répondu: Ah, tu as acheté une belle robe. Cette robe je l'ai depuis trois ans et il n'a même pas vu ma nouvelle coupe de cheveux, je rage. Et il n'a pas compris que j'ai pleuré puis crié". Je pourrais raconter de nombreuses histoires de ce type qui sembleraient des blagues mais sont quotidiennes et tristes.
Il faut placer quelques lignes du texte de ce psaume 81 où le roi David parle justement d'une langue inconnue qu'il se met à entendre:
"J'entendis (échmâ) alors une langue inconnue de moi....
Ecoute (chémâ) mon peuple, je veux t'adjurer; ô Israël, puisses-tu m'écouter (tichmâ-li)... Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai. Mais Mon peuple n'a pas écouté (lo-chamâ) Ma voix, Israël a refusé de M'obéir. Je les ai donc abandonnés à l'entrainement de leur coeur, ils suivent leurs propres inspirations. Ah! si mon peuple voulait m'écouter (choméâ li), Israël marcher dans Mes voies, bien vite Je dompterai leurs ennemis, Je ferais peser Ma main sur leurs adversaires.
Ceux qui haïssent Hachém ramperaient devant Lui, mais leur bonheur à eux durerait toujours.
Hachém les nourrirait de la moelle du blé, et les rassasierait avec le miel du rocher."
Ce n'est donc pas une thèse personnelle que j'ai exposé là, mais un étonnant appel. Il explique toute notre histoire. C'est à ce niveau que nous avions fait notre alyah, comme une simple cohérence interne, sans politique, sans emballement idéologique avec participation à des groupes. Et, nous fumes surpris de l'étonnement de psychologues israéliens nous disant: "on ne comprend pas pourquoi vous êtes venus, vous aviez tout ce qu'il faut dans le métier là-bas: Sionisme!! (admiratifs comme quelque chose n'existant plus guère)". Nous répondions: "non, nous n'avons jamais été dans ce que vous appelez le sionisme, ce fut une évolution lente et logique". "Ah bon, ça, je ne comprends pas". Il y a un art constant de tout retourner vers de l'extériorité, de la politique.
Le psaume -et l'appel des Sages pour ce jeûne- nous montrent clairement que la seule solution politique est une illusion en ce qui concerne le peuple juif. Autant que la volonté de ne voir le judaïsme que comme une "communauté" sans terre. En ce sens, je pense souvent que le mouvement Chalom Akhchav a raison en ce sens qu'il faut aller chercher ce qui pourrait fournir la paix, au-delà des eules soucis de sécurité. L'erreur est de ne pas le chercher dans ce que tout notre dossier historique nous a appris sans cesse: Il ne dort pas le Gardien d'Israël, il est le Maître de l'Histoire, Sa volonté sur son peuple pour le bien des autres peuples et de la Création est vivante, relationnelle, puissante, efficace, prouvée. Aussi bien que l'échec et la descente vers l'échec quand ce peuple veut remplacer cette vie par des idéologies à la dernière mode ou s'enfuir et se fermer les yeux et les oreilles comme les petits singes.
 Et alors, hélas, l'histoire l'a prouvé mille fois, le drame se termine ainsi:

Notre responsabilité est très grande et on peut le regretter mais nous n'avons pas la possibilité de transformer ce choix que le Créateur a placé devant nous: "La vie et la mort J'ai placé devant vous, et tu choisiras la vie" (Devarim 30,19).
Par simple responsabilité, nos Sages veulent nous faire jeûner pour nous transformer concrêtement.
Je suis un peu gêné de présenter ce texte car il peut paraître passionné et de trop forte intensité, et donc susciter une rétraction à la lecture; il ne l'est pas "de ma part", je transmets (sens de Modia, en hébreu) ces lignes de la Torah et des psaumes qui sont passionnées de la part de Hachém, et je les présente, dans tous les sens du terme.
Le jeûne du 10 Tévète
C'est
aussi Jour du grand qaddiche pour les personnes assassinées
dans la Choa et dont on ne connait pas la date de leur décès
(Yom haqqadiche hakklali).
et la Hiloula des prophètes Malakhie et Zacharie.
Le
jeûne du 10 Tévète est
nommé taânite âssara vétévète ou tsom
ha âssir., ce qui veut dire tsom ha hoddéche
ha âssiri, jeûne du 10e mois.
C'est la date du début du siège de Jérusalem par
Nabuchodonosor (Naboukodnetsar);
voir Jérémie 52, 4... "alors, dans la 9e année
de son règne, le dixième mois et le dixième jour
du mois, Nabuchodonozor roi de Babylone, marcha avec toute son armée
contre Jérusalem, ils campèrent sous ses murs et élevèrent
des retranchements sur toute son enceinte".
Voir ici le coup d'oeil sur cette zone de Jérusalem en de nombreuses
photos que j'y ai prises. Voici
le plan de ce circuit photographique que vous pouvez découvrir
sur le site:
.
"La ville subit le siège jusqu'à la onzième
année du règne de Sédécias. Le quatrième
mois, le neuvième jour du mois, la famine sévit dans la
ville et les gens du peuple manquèrent de pain"... Lire
la suite.
Nous qui pouvons vivre en paix dans ces mêmes lieux ou y venir
en touriste, nous ne devons pas oublier les faits et nous devons en
tirer les enseignements. Toujours, c'est le manque de fraternité
et toujours cela est dû au manque de vie dans la Torah. Parfois
la Torah était connue mais non traduite dans les conduites et
les relations. Ce jour de jeûne est là pour refaire une
mise au point dans le concret de notre être corporel.
Lire aussi le même récit avec des nuances dans II Rois
25. et
Mais, surtout, il faut absolument lire le chapitre 24 d u livre d'Ezéchiel
car il nous donne le sens intérieur et dramatique de ce qui se
joue et que nous ne voyons pas. Les médias nous montrent la surface
des événements mais non pas les véritables causes
ni les véritables acteurs. La Torah et les Prophètes nous
décrivent le drame effectif, nous devons le lire et regarder
notre monde ainsi dévoilé.
Le texte du chapitre 7 de Zacharie nous enseigne encore plus concrètement
ce que nous devons donc changer en conséquence et il continue
à nous décrire le passage de la Torah aux événements
effectifs. Et le chapitre 8 nous montre alors comment la situation peut
se rétablir. Essayons de lire tous ces textes pendant ce jeûne
du 10 Tévète.
C'est aussi ce jour que s'est produit l'épisode rapporté
par II Samuel 23,20 (le lire). Voici ce qu'en dit le Traité Bérakhote
en bas de la page 18a et en haut de la page 18b: "les justes on
les nomme encore vivants après leur mort comme il est dit là:
Beniyahou fils de Yéodaya, fils d'un homme vivant et riche en
oeuvre de Kabtséel, a frappé les deux Ariel de Moav, il
est descendu et a frappé le lion dans la fosse, un jour de neige.
Fils de vivant, est-ce que tout le reste du monde est fils de mort?
On veut dire seulement qu'il était le fils d'un homme qui, bien
que mort, était considéré comme vivant; il était
riche en oeuvres de Kabtséel, cela veut dire qu'il avait réuni
avec peine des hommes adonnés à l'étude de la Torah;
il a frappé les deux Ariel de Moav, c'est que personne ne l'a
égalé ni au temps du premier Temple, ni au temps du Second
Temple; il est descendu et a frappé le lion dans la fosse au
jour de la neige, c'est que selon les uns il n'a pas craint de briser
les glaces pour prendre de bain de purification, la tévila,
dans l'eau gelée, selon d'autres, il a enseigné et appliqué
le livre de Vayiqra en plein hiver. Les morts ne savent rien (Qohéléte
9,5), ce sont les impies qui de leur vivant sont appelés morts
comme il est dit en Ezéchiel 21,30: ton cadavre impie, prince
d'Israël; on peut le déduire aussi de ces mots de Dévarim
17,6: sur l'avis de deux ou trois témoins le mort mourra. Or
il est vivant quand on le dit. C'est que, en qualité d'impie
et coupable, on le considère comme un mort."
La pratique du jeûne ce jour-là:
- les personnes
ont bonne santé doivent jeûner (même si cela tombe un vendredi), les
autres sont dispensées (qu'elles s'estiment malades ou que le médecin
le leur
dit,
c'est toujours
celui
qui pense qu'il y a risque qui a raison car le judaïsme met en premier
la vie) de même que les femmes enceintes ou qui allaitent. Ces personnes
veilleront quand même à ne manger que le nécessaire. Les enfants ne
sont pas concernés par ces 4 jeûnes de Guédalya, d'Esther,
du 10
Tévéte
et du
9 Av. Il
n'y a pas
à les
inciter
ni entraîner,
chaque chose en son temps.
- on peut manger jusqu'à l'aube, à condition de s'en être donné l'intention
avant de dormir. (demander au rabbin les coutumes).
- ne montent à la Torah ou pour la bénédiction des Cohanim que ceux
qui jeûnent.
- le jeûne de nourriture doit s'accompagner d'une remise en question
de soi pour revenir à une vie selon la Torah et la volonté du Créateur.
Chacun devra trouver les moments pour prendre le temps de faire ce
bilan et cette remise dans l'axe positif et vital. Ne pas oublier alors
que cela est si important que les prophètes ont sans cesse répété que
toutes les catastrophes parvenues au peuple d'Israël ne sont que le
résultat de cet éloignement, non pas comme punition mais comme
logique d'un choix hors de la vie.
En ces jours où le minimum de morale de la Torah est violé en ISraEL
concernant la pauvreté, l'éducation, où les nations se regroupent pour
isoler Israël, pour le dépouiller de
sa
terre, pour
soutenir ses
ennemis,
et où des
dirigeants
et des membres du peuple se coalisent avec eux, ne protègent pas le
peuple contre les ennemis et le fragilisent, où les soldats de carrière
ou les appelés sont effondrés (au grand plaisir des ennemis) des erreurs
capitales et volontaires des dirigeants en matière de défense: seule
la moralité du peuple peut sauver IsraEl. Car le peuple est plus en
péril que jamais. C'est donc de notre droiture et de notre retour à
la Torah de vie et non plus des seuls politiciens ou autres leaders
que viendra le salut d'Israël.
Ce jour, on peut s'aider en lisant les textes des prophètes dont les
références sont données sur cette page et les pages qui relatent ce
qui s'est passé en ce jour: II Rois 25 - II Chroniques (Divré ha yamaim),
36 - Jérémie 39 et 52.
Le jeûne du 3 Tichri (jeûne de Guédalia)
Il faut lire tout le chapitre 41 de Jérémie qui raconte l'incident.
Zacharie 8, 18 parle du jeûne du 7e mois (voir) et le traité
Roche hachana 18 b explique que ce jeûne est à cause de la
mort de Guédalia, fils de Ahikam, par Yichmaël ben Netanya
et parle de la mort d'un juste. Ahikam était un notable auprès
des rois de Yéhouda, spécialement Yéhoyakim,
ce qui lui permit de sauver la vie du prophète Jérémie
(voir Jérémie 26, 24 et 40, 9-41). Guédalia faisait
la transaction avec les autorités de Babylone après l'exil
en 586 auprès de ceux qui restaient et jouait un certain rôle
de représentation du roi exilé Yéhoyakim. Certains
parlent de lui comme d'une marionnette dans les mains de Babylone.
- II Rois 25, 25 montre que le peuple a fui alors par peur des Chaldéens.
- Yichmaël ben Netanya, l'assassin, lui, jouait le jeu de Baalis,
le roi des Ammonites. Beaucoup de Juifs s'enfuirent en Egypte ainsi que
le prophète Jérémie.
- On peut se demander pourquoi un épisode politique comme il y
en a tant et sans cesse dans l'histoire a valu un jeûne pour toutes
les générations. D'autant que les deux protagonistes jouaient
le jeu de puissances étrangères !
- L'horreur de l'acte décrit suffit-elle à faire imposer
le jeûne ?
- Le lien entre cet acte et la destruction du Temple n'est pas inscrite
dans les textes (voir une autre hypothèse dans Roche hachana 19
a).
- Le Ari fournit une explication caballistique et pédagogique.
Je l'explicite pour les lecteurs. Les jours qui s'étendent de Roche
ha Chana à Kippour sont ceux où les forces de rigueur et
de destruction sont particulièrement fortes. Roche ha Chana n'est
qu'un début de purification et le 3 Tichri (lire
ici les événements du mois de Tichri), juste après
Roche ha Chana, pourrait nous illusionner et nous faire nous relâcher
; au contraire, nous voyons par l'épisode de Guédalia que
tout le peuple est pris en ce jour dans des dynamiques redoutables et
nous devons nous examiner et ne pas voir seulement ce qui se passe comme
"de la politique". Ce qui s'y passe dépend de la pureté
de notre vie intérieure.
C'est donc une règle générale et il ne faut pas moins
qu'un jeûne collectif pour comprendre cela et prendre les seules
mesures qui s'imposent : notre retour intérieur à une véritable
morale, celle de notre identité de Torah.
Aujourd'hui, où Israël est en proie à des crises intérieures
très graves qui aboutissent clairement à la situation désastreuse
où nous ne gérons plus la politique ni les attaques des
ennemis de l'extérieur comme de l'intérieur,
nous avons besoin plus que jamais de faire un véritable jeûne
selon la Torah comme nous l'explique le prophète Isaïe,
pour revenir vraiment à nos valeurs,
et tous ensemble,
et ici en Israël,
et non pas en voyant Israël selon les yeux des mentalités
des autres nations,
ici ou ailleurs.
Retrouver une vie de pureté qui soit à la hauteur de
l'idéal commun
par lequel nous regardions tous Israël avec amour.
Pratiquement:
- tous les Juifs adultes (12 ans pour les femmes et 13 ans pour les hommes)
ont l'obligation de faire ce jeûne.
- ce jeûne ne commence pas à la tombée de la nuit
mais pendant la présence du soleil, soit environ depuis 4h40 jusque
19h50 mais cela est variable suivant les pays et régions. Vérifiez
donc sur le calendrier local auprès de la communauté. On
peut manger avant le lever du soleil.
- ce jeûne doit être accompagné d'un examen de nos
fautes, d'un rependir et d'un changement, de tsédaqa.
Prières: aujourd'hui et pendant les 10 jours de téchouva,
dans la Âmida,
- on dit Zokhénou avant la 1e bénédiction
et MiKamokha avant la seconde.
- on remplace Ha-El ha qadoche par Ha-Mékékh
haqadoche.
- on dit Ha Mélékh ha michpate dans la bénédiction
de Hachiva choféténou.
- on dit Oukhtov lé'hayim tovim et Ouvséfér
'hayim dans les deux dernières bénédictions.
On dit la prière Avinou Malkénou (notre Père
et notre Roi) après la Âmida de Cha'harite et de Min'ha.
Le Jeûne du 17 Tamouz
Le jeûne de 17 Tamouz est très important.
En ce 17 Tamouz, cinq malheurs se sont produits :
- la brisure des premières tables de l'alliance par Moché,
- l'arrêt du sacrifice quotidien (korbane tamid) lors du
1e siège de Jérusalem,
- la brèche dans la muraille lors du second Temple trois semaines
avant sa destruction,
- l'incendie du second Temple,
- la mise d'une idole dans le Temple (voir Taânite 26 a).
C'est beaucoup.
Pratique du jeûne.
Elle comprend le jeûne lui-même, d'autres pratiques,
l'étude, la prière, la tsédaqa. Il faut
d'abord bien revoir ce que dit le Rambam de l'intention qui doit résider
en nous tout le jour du jeûne.
1. Le jeûne commence seulement au matin, au lever du soleil
(aube, exactement) et se termine au coucher du soleil ; on peut
donc prendre une collation en se levant avant cette heure.
Les personnes faibles sont dispensées de ce jeûne.
2. On ne prend pas de bains chauds ni ne se coupe les cheveux ou la
barbe.
3. On évite de manger des fruits nouveaux, de la viande
et de boire du vin, d'acheter des vêtements, de porter des vêtements
neufs, de faire la lessive.
4. Il n'y a pas de mariages, mais seulement des fiançailles
sans danses de réjouissances.
5. On veille à ne pas faire de travaux excessifs. Demander au
rabbin les précisions sur les usages.
6. Beaucoup étudient concernant le Temple pendant la période
de Beine Hammétsarim.
Pour faciliter votre étude, voici quelques
références centrées sur ce thème :
Talmud :
Bérakhote 13a, 30a, 33a, 58a, 62b. Chabbate 12b, 30a, 119b. Irouvine
2b. Pessa'him 5a, 54a, 57a, 87a, 88a. Yoma 2a, 9a, 12a, 21b, 54a, 77b.
Soucca 41a, 49a, 51b, 53a. Taânite 17b. Méguila 10a, 12a
15b, 16b, 21a. 'Haguiga 12b. Yébamote 6a-b. Sota 9a, 48b. Guittonr
56b, 68b. Qiddouchine 66a, 69a. Baba Metsia 28b. Baba Batra 3a, 4a.
Sanhédrine 20b, 64a, 104b. Maccote 10b. Chevouote 15b.
Middrache Rabba:
Béréchite Rabba 2, 3, 13, 15, 22, 38, 56, 62, 64, 69,
98,99.
Chémote Rabba 2, 15, 29, 31, 33, 36, 52.
Vayiqra Rabba 1, 17.
Bemidbar Rabba 1, 11, 12, 14, 15, 19.
Dévarim Rabba 5.
Chir ha Chirim Rabba 3, 4, 8.
7. Prière. Les Juifs tunisiens suivent l'incitation du
Rav Mazouz de la Yeshiva Kissé Ra'hamim de réciter le
Tiqqoune 'Hatsote, selon les prescriptions du Ari zal,
assis par terre à minuit en pleurant sur la destruction du Temple.
Ceux qui ne parviennent pas à le faire la nuit, le disent à
midi ou avant la prière de min'ha suivant les communautés.
Se renseigner sur les usages de la tradition de ses pères
et de sa communauté locale.
8. En tous cas, on redouble de tsédaqa en
ces jours.
Il est écrit que celui qui pleure et porte
chaque jour le deuil de la destruction du Temple aura le mérite
de se réjouir de son retour.
Les 3 semaines dites "Béine
ha metsarim"
Je vous fais une proposition qui,
vous le verrez, correspond aux efforts à réaliser pendant
cette période dangereuse.
Vous bénéficiez de l'enseignement de Modia qui vous apporte,
n'est-ce pas? Mais, autour de vous, à proximité, tant d'autres
Juifs ne connaissent pas tout cela, ne l'apprendront pas, et ils n'en
sont pas responsables. Mais vous, vous apprenez ou vous révisez.
Il est indispensable de le partager parce que notre peuple est en situation
très difficile par l'ignorance qui s'y développe, et par
le fait que ceux qui savent n'atteignent pas les autres pour partager
avec eux. Vous avez un devoir de partager votre connaissance et non
seulement d'étudier. Comment faire? C'est simple:
- si n'êtes pas reconnu comme un enseignant, proposer à quelques
amis de venir chez vous ou d'aller chez eux et de leur transmettre oralement
ce que vous apprendrez ci-dessous sur cette période importante,
en 30 minutes. Vous pourrez ensuite leur remettre le texte et l'adresse
de Modia. Et vous renouvellerez régulièrement cela s'ils
le souhaitent à propos de fêtes, ou de la paracha.
- si vous êtes inséré dans une communauté,
organisez un cours en utilisant toute la matière de Modia. Mais
l'accent est à mettre sur les Juifs qui ne bénéficient
pas des services d'une communauté.
Revenons à ce qui se passe en ce moment:
Le 17 Tamouz (20 juillet 2008) commence la période dite "Béine
ha métsarim" (au milieu des ennuis), et elle durera jusqu'au
9 du mois de Av (10 aout 2008). L'expression "Béine
ha métsarim"
vient de Eikha (Lamentations) 1, 3: "Yéhouda est allé
en exil, accablé par la misère et une dure servitude; il
demeure parmi les nations, sans trouver de repos. Ses persécuteurs,
tous ensemble, l'ont atteint béine ha métsarim (dans
les étroits défilés sans issue)". Ce mot
vient de la racine Tsar qui veut dire étroit,
comme le mot angoisse, étranglement. Un tsorer est
un ennemi qui haît.
Puisque la lettre mém ajoutée à la racine
veut dire "le lieu de", métsar est le lieu de
l'étroit, de l'angoisse. Au pluriel métsarim.
On a décrit déjà les catastrophes qui ont marqué
le 17 Tamouz
(lien ici).
Trois semaines après le 17 Tamouz,
les catastrophes les plus grandes ont eu lieu le jour du 9 av :
- promulgation de l'interdiction d'entrée en terre d'Israël
pour la génération du désert qui avait fauté
de façon répétée (Dévarim 1, 35 et
Taânite 26b).
- incendie du premier Temple (en 586 avant l'ère commune) par les
troupes de Nabukodonozor. Il sera détruit le lendemain (Taânite
29a)
- destruction de Bétar (fortification de résistance des
juifs avec Bar Kokhba), par les Romains (en 135 avant l'ère commune)
et interdiction d'enterrer les milliers de morts. Bétar est actuellement
au village de population arabe de Bathir à 11 kms au Sud-Ouest
de Jérusalem. (Le mouvement de jeunesse juif Bétar ne se
réfère pas directement à cet événement
mais est l'abréviation de Bérit Trumpeldor, un leader sioniste
qui fonda un mouvement sioniste en 1923 à Liga en Lithuanie (actuellement
Lettonie), basé sur trois principes, le sionisme, l'acquisition
de l'hébreu et l'auto-défense).
- la charrue est passée sur l'emplacement du second Temple, après
sa destruction, par le romain Turnus Rufus (année 68 ou 69 ou 70,
après l'ère commune), selon Taânite 26b.
- de nombreuses autres catastrophes : exterminations par les croisés,
expulsion d'Angleterre en 1290, en 1306 expulsion de France par Philippe
4, décrêt de l'expulsion par les rois catholiques d'Espagne
en 1492 et début de l'expulsion, création du ghetto de Florence
en 1571, expulsion des juifs de Vienne en 1670, décisions d'extermination
des nazis dans notre génération.
- naissance du futur faux messie, Shabetaï Tsvi, à Smyrne,
en 1626.
Les trois semaines qui précèdent le 9 av furent donc des
semaines douloureuses et terribles.
Pour nous, elles seront donc marquées par des commémorations
de tristesse et de repentir dont les halakhotes pratiques peuvent
varier d'une communauté à l'autre. Il faudra toujours consulter
le rabbin.
Voir ici notre
page consacrée au Kotel, ce lieu d'où jamais la présence
divine, la Chékhina n'est partie même pendant et après
la destruction du Temple.
Pratiques de commémoration
Il ne faut jamais oublier qu'il s'agit ici de coutumes, respectables,
mais qui varient suivant les communautés et les traditions. Donc,
bien se renseigner auprès du rabbin de la communauté, ne
pas juger si on ne connait pas toutes les coutumes locales ou des diverses
communautés, les respecter. Savoir qu'il y a ce qui est interdit,
et que certains font plus (les ma'hmirim) et il ne faut donc pas
tout confondre sous prétexte que l'on a vu quelqu'un de Sage faire
ceci ou cela. Avant tout, il faut étudier et demander conseil.
Bien entendu, ne pas prendre prétexte de cette complexité
pour ne rien faire ou faire n'importe quoi. Le judaïsme prend notre
intelligence au sérieux. Et alors, on trouve les réponse en utilisant notre bon sens. La base de tout cela se trouve dans le
Choul'hane Aroukh, partie Ora'h 'Hayim 551 et suivants. N'oublions
jamais que le but de ces pratiques et de nous faire revenir (sens du
mot téchouva) à ce qui est l'essentiel, et dont notre éloignement a causé les
catastrophes dans l'histoire du peuple juif. Et en ce moment les politiciens répètent ces horreurs. Ces pratiques sont basées sur celles des jours de deuil car nos errements ont causé la catastrophe et brisé la vie.
Pendant ces trois semaines :
- pas de mariages sauf nécessité urgente (pour des communautés,
seulement depuis le 1 av), pas de fêtes hormis les cas de mitsva,
pas de bénédictions et consommation sur des fruits nouveaux
ou à l'occasion de nouveaux vêtements (hormis le cas du malade
ou de la femme enceinte qui en éprouverait le besoin). Cependant, toutes les procédures d'engagement et de fiançailles peuvent se réaliser, et jusqu'à Roche 'Hodeche Av on garde alors une réserve pour ne pas organiser de festivités.
- pas de musiques ou festivités ni danses. Les chants religieux peuvent
continuer sans instruments. Les professionnels de la musique également,
par nécessité et avec modération, spécialement quand leur métier les conduit à jouer pour des non-Juifs. Lors des manifestation contre le plan d'expulsion des Juifs de Gouch Katif, les rabbins ont autorisé les instruments de musique pour donner aux Juifs la capacité de résister.
Interroger le rabbin.
- pas de conflit violent avec des proches, des élèves, ou envers des enfants, pas
de recours en justice, car les conséquences pourraient être
néfastes
- On n'achète pas d'habits ni objets, hormis le cas où
des occasions exceptionnelles se présentent qui ne se retrouveraient
plus, concernant un objet nécessaire. Car on ne dira pas la bénédiction chéhé'héyanou (qui nous a fait revivre) puisque nous sommes au contraire dans la période de prise de conscience de notre perte. Bien entendu, on peut acheter
les chaussures non en cuir pour le 9 av. Et on peut faire la bénédiction chéhé'héyanou sur un nouveau fruit le Chabbate, ou même hors du Chabbate si le fruit risquerait de ne pas tenir jusque là (toujours du bon sens, le judaïsme est intelligent), de même pour un malade ou une femme enceinte. De même pour le chéhé'héyanou suivant la naissance d'un enfant et le pidiyone ha ben . Et s'il ne s'agit pas d'un achat d'importance, on peut le faire jusqu'à Roche 'Hodeche Av mais pas ensuite jusqu'au 9 Av.
- Les cheveux.
On évite de les couper pendant cette période, de même la barbe, sauf si elle gêne pour manger. Mais celui qui ne peut pas pour des raisons professionnelles, de gagne pain nécessaire, ou de représentation, ou de rôle dans la cérémonie de la circoncision, se coupera les cheveux en évitant au maximum de le faire dans le semaine du 9 Av. Un endeuillé terminant le mois peut se couper les cheveux sauf pendant le semaine du 9 Av. De même une femme dont les cheveux nuiraient à son apparence. - Les ongles. Les règles sont plus souples encore pour les ongles (par exemple, pour la femme qui se rend au miqvé).
Les prescriptions de pénitence à
partir du 1 Av
(les jours les plus terribles de l'histoire juive se sont déroulés
du 1 au 9 av). Voir ici ce
qui s'est passé pendant le mois de Av.
Etant donnée la variété des coutumes, ces précisions sont plus des exemples pour comprendre la logique de ces prescriptions. En cas d'appartenance à une collectivité particulière dont vous savez que les traditions existent, demander au rabbin. S'organiser aussi à l'avance pour ne pas avoir à transgresser ces principes.
En conséquence, pour nous souvenir de cela et vivre de façon
à ne plus retomber dans ces conséquences terribles de nos
actes lamentables:
- On ne fait plus de réjouissances, ni de mariages (les fiançailles
nécessaires peuvent se dérouler avec repas). On veille à diminuer les expressions de joie.
- On n'achète pas d'habits ni objets contribuant à la joie, hormis les chaussures qui
ne sont pas en cuir et que l'on porterait au 9 Av. De même on ne les nettoie pas, même si c'est pour les porter après le 9 Av ou si on ferait faire le nettoyage par un non-Juif. Hormis le cas d'un pauvre qui n'aurait qu'un seul vêtement, et même en ce cas il veillerait à ne pas le nettoyer la semaine du 9 Av. Hormis également, pour des raisons d'hygiène, les vêtements et couches des enfants. Et les réparations nécessaires sur les vêtements. On fait ce qu'il faut pour honorer le Chabbate dans ses vêtements et sa propreté.
-
En ce sens, si possible, on ne répare pas les bâtiments ou objets, ni ne construit pas, on ne plante pas des plantes d'agrément, on n'améliore pas, on ne repeint pas, etc, ce qui aurait un but d'agrément. Certains détournent cela en le faisant faire par un non-Juif. La droiture permet de comprendre ce qu'il faut faire. Mais, bon sens, ce qui contribue à réaliser les mitsvotes, comme construire un miqvé ou une maison d'études, est réalisable.
- On s'abstient de boire du vin et de manger de la viande (hormis pour un repas de brite
mila, circoncision, rachat du premier né ou pidione ha bén,
ou de chabbate, ou de siyoum ou fin d'une longue étude, ou pour les malades et les femmes enceintes). En conséquence on ne fait pas d'abattage rituel
ou ché'hita, hormis pour les repas de mitsva (cités
juste ci-dessus). Les usages diffèrent d'une communauté à l'autre.
- On s'abstient de bain ou de nager pour le plaisir mais pour des raisons médicales ou pour l'hygiène minimale cela est permis. De même dans la pratique du miqvé pour la femme. Ces principes permettent de répondre à la majorité des questions.
- on veille à ralentir l'intensité de la vie professionnelle et du gagne-pain sauf nécessité claire.
La semaine du 9 av.
- On ne fait pas de lessive, hormis pour les jeunes enfants et les malades.
- On ne se coupe pas les cheveux ni la barbe.
- On ne prend pas des bains pour le plaisir, mais uniquement ce qui est
nécessaire pour l'hygiène.
Le chabbate avant le 9 av
Il est nommé Chabbate 'Hazone, du nom de la haftara
qui commence par 'Hazone Yéchayahou ben Amos (Isaïe 1,
1-27) qu'on lit après la paracha Dévarim.
Cette haftara, comme celles des deux chabbatotes précédents, Divréi Yirmiyahou (Jérémie 1- 2, 4) et Chimêou (Jérémie 2, 4-28 et 4, 1-2), nous rappelle les catastrophes terribles qui tomberont sur le peuple s'il s'écarte
de la Torah de vie pour choisir une voie de mort.
Ces trois haftarotes sont nommés en araméen : les trois
du désastre (Tlata dé pour ânouta)
Après le 9 av, on lira pendant 7 semaines des haftarotes de
consolation, d'où le nom de Chivêa de né'hamata.
Elles sont
analysées longuement sur cette page indiquée par ce lien.
Avant ce chabbate, comme pour tout chabbate, on peut se préparer
normalement (bain, toilette, linge propre et beau).
Si le 9 av tombe pendant un chabbate, en ce Chabbate 'Hazone,
on en fait un chabbate normal et le jeûne sera reporté
au lendemain, yom richone ou dimanche.
Donc, le troisième repas obligatoire de chabbate, la séouda
chélichite qui normalement peut se prolonger au delà
de la fin de chabbate pour lui rendre honneur, devra se terminer avant
le coucher du soleil pour pouvoir commencer le jeûne immédiatement.
De même, quand le 9 av tombe le lendemain de chabbate ou quand
il est reporté au lendemain de chabbate, on ne fait pas la havdala
comme d'habitude mais on dira seulement la bénédiction sur
la flamme (boré méoré ha éche) et le
reste sera reporté à la fin du 9 av en omettant la bénédiction
sur les odeurs (samim); donc seulement la bénédiction
sur le vin (boré féri ha guéféne) et
sur la séparation du saint et du profane (bén kodéche
lé 'hol). Mais une personne malade qui ne pourra pas jeûner
fera la havdala normale.
Le jeûne du 9
Av (Ticheâ bé av)
qui sera le 10 août 2008.
Jeûne
Le 9 av est l'un des 5 grands jeûnes (3 Tichri, jeûne de Guédalia,
10 Tévét, 17 Tamouz
et 9 Av : voir Zacharie 8, 19 ). Cependant, le jeûne du 9 av est
exceptionnel car il est une obligation pour tout Israël, hormis
ceux qui ne peuvent le supporter en raison de leur santé. Ils limiteront
alors au maximum leur nourriture.
A l'avenir, ces 5 dates se changeront en jours de fêtes (voir
Zacharie 8, 19 et le traité Roche hachana, page 18 b).
Prescriptions pour le 9 Av
La veille:
Avant la prière de Min'ha ou le midi, on mange
normalement mais sans viande ni vin.
Après la prière de Min'ha et avant le coucher du soleil,
on prend le repas nommé "repas d'arrêt", Séouda
mafséqéte qui ne comporte souvent qu'un plat de
lentilles. On mange autant que l'on veut et il peut y avoir d'autres
choses
(boisssons, café, fruits, etc) en plus du plat unique. On ne fait
pas la bénédiction collective dite zimoune quand
il y a plus de trois hommes.
Le jeûne total commence au coucher du soleil jusqu'au
coucher du soleil du lendemain.
La synagogue sera préparée (peu de lumières, une
zone dégagée pour s'asseoir sur le sol, le rideau ou parokhète
de l'armoire de la Torah (ou Hékhal ou arone ha qodéche)
mis à l'envers jusqu'à Min'ha. C'est à min'ha seulement
qu'on mettra le tallite ou chale de prière et les téfilines.
Certains caballistes les mettent le matin en privé mais cela
ne concerne pas du tout les autres personnes.
Le soir qui commence le jour du 9 Av, on va à la synagogue,
on dit le nombre d'années
écoulées depuis la destruction du Temple et on lit le livre
des Lamentations (Eikha) ainsi qu'à Cha'harite et Min'ha, et également
des cantiques de tristesse ou "qinotes". A Cha'harite,
on sort la Torah pour lire Dévarim 9. 25-40 mais sans soulever
la Torah comme on le fait normalement.
A Min'ha,
moment très important, la synagogue aura retrouvé
son aspect normal et pourtant c'est le moment où le Temple a été
incendié. Cela est pour nous enseigner que le peuple a été
préservé et cela nous montre que Hachém ni'hem
ete avlé Tsione, a consolé les endeuillés de
Sion et a répondu à leurs plaintes (voir Choul'hane Aroukh,
Ora'h 'Hayim 557, 1)?
Le jeûne concerne tout le monde (hommes, femmes, enfants, vieillards,
malades). Mais les malades suivront leur impression ou l'avis du médecin,
l'avis le plus doux l'emportant toujours.
Les interdictions sont :
- pas de nourriture ni boisson ni se rincer la bouche, ni se laver mais
seulement se laver les mains ou une autre partie du corps si elles sont
sales ou en devant laver un objet (on lave les bébés normalement);
à partir de midi, on peut préparer le repas pour le soir,
- on n'étudie pas la Torah mais uniquement les passages qui concernent
les épisodes tristes de l'histoire,
- pas de relations conjugales,
- pas de chaussures en cuir, ni parfums, ni beaux vêtements (ce
n'est pas une journée de sortie où montrer ses belles
toilettes sur le chemin de la synagogue et on veillera plus que jamais à la
pudeur dans les vêtements),
- le soir et le matin, on s'assoit sur le sol ; beaucoup dorment sur
le sol sans oreiller moelleux ;
- le matin, nétilate sur les doigts seulement,
- on ne salue pas ceux que l'on rencontre, mais on peut répondre
si quelqu'un qui ignore vous salue (ne pas faire de ce congé inhabituel
un jour de promenade et vacances et distraction alors qu'on doit rester
centré sur la destruction du Temple),
- pas de conversation légère ni de plaisanteries,
- on ne travaille pas jusqu'à midi (usage) ; le traité Taânite
30 b dit que celui qui travaille ce jour-là ne tirera rien de bien
de ce travail.
- la synagogue est presque dans l'obscurité, le rideau (parokhète)
de l'armoire aux rouleaux de Torah (arone haqqodéche) est
changé ou supprimé, les participants assis par terre ou
sur des sièges différents, le ton grave et monotone, on
lit les Lamentations Eikha et des récits plaintifs, les
kinote, variables suivant les traditions.
- certaines communautés ne mettent ni téfillines ni tallite,
certaines seulement à min'hah.
- les habitants de Jérusalem ont coutume de se rendre au mur occidental
(le kotél) ce jour-là et d'y réciter les textes.
- les femmes de certaines communautés, comme les Yéménites,
utilisent discrètement des parfums en liaison avec les textes
qui parlent de l'avenir de fête et de la naissance du Machia'h
ben David qui se produira ce jour-là.
Le 10 av, le Temple a continué à brûler jusqu'à
la destruction, donc on en garde le souvenir et on reste modéré
en tout, spécialement jusque midi. Ceci ne concerne pas le cas
où le 10 est un chabbate, bien entendu.
En Israël de nos jours, le non respect de ces coutumes sur
un point si sensible à toute la communauté est parfois exhibé
par quelques personnalités publiques devant les caméras.
Cela est souvent considéré comme un acte de profanation
provocatrice délibérée. Les Sages sont occupés
à autre chose qu'à y réagir, ils continuent à
éduquer.
Les courants réformés américains avaient abandonné
ces coutumes centrales traditionnelles, et ils semblent revenir au consensus
séculaire par des cérémonies particulières.
3. La téchouva personnelle
Il ne s'agit pas seulement de faire des signes extérieurs de
tristesse. Ce sont des aides concrètes pour que l'intérieur
soit attristé par tout ce qui démolit la vie de bonheur
enseignée sur ces trois dimensions :
- Torah de vie (la connaître, l'accepter, la vivre intérieurement
et non seulement dans les pratiques),
- peuple de la Torah de vie (connaître les autres communautés,
aimer tout le peuple, travailler à son unité et à
son rassemblement),
- terre de la Torah de vie (la Torah la définit comme éréts
haqoddéche, la Terre du Saint Lui-même, et non pas comme
un pays parmi d'autres; la connaître en tant que telle, la respecter,
ne pas la détruire en tant que telle).
3a. On le voit, il y a un travail personnel à réaliser
sur le plan de l'examen de nos attitudes psychologiques personnelles et
de leurs expressions : réparer toutes ces brèches dans
la réalité.
Mais alors, diriez-vous, quelle est la différence entre cela et
la période qui va de Roche Ha Channa et Yom Kippour?
3b. C'est que le 9 av nous enseigne qu'
il n'y a aucune différence
- entre nos déficiences intérieures et dans nos relations
- et les déficiences concernant la Torah de la terre d'Israël.
C'est la même chose, ces trois formes
de destructions différentes :
- Torah : ceux qui au nom des belles valeurs réelles des
cultures dominantes ont voulu et veulent encore présenter le judaïsme
comme un particularisme dépassé, primitif, fanatique, de
second degré spirituel ou intellectuel, et luttent pour sa disparition
comme système éducatif dans le peuple juif.
- peuple : ceux qui au nom des belles valeurs réelles
de la culture universelle et de la modernité actuelle, prônent
l'assimilation de facto dans les seules valeurs universelles. D'une
part,
ils oublient qu'elles ne sont, en fait, qu'une certaine forme particulière
de culture impérialiste,
comme le pensent les pays des autres zones culturelles mais cela n'est
pas le plus ennuyeux dans cette position (ma participation aux travaux
internationaux des droits de l'homme me donne l'expérience de
cette opposition de la majorité des pays non occidentaux pour ce motif
à l'idéologie dominatrice des soi-disant "droits de l'homme"). Ce qui
est grave, c'est la participation de Juifs au processus continu
de destruction de notre peuple comme tel. Et cela, à l'heure où
tous les peuples eux reprennent conscience, à juste titre, de
leurs valeurs propres.
- terre :
la Torah nous a enseigné que la terre d'Israël
n'est pas une terre comme les autres, c'est uniquement une terre qui est
dans l'humanité le Temple de la présence de Hachém
en Son lieu avec Son peuple vivant selon Sa Torah. Cela pour la bénédiction
de toute l'humanité. Et d'abord dans le respect de la morale
envers nos pauvres et envers ces peuples et les étrangers. L'épisode
des explorateurs dans le désert (lien ici) nous a enseigné
que le désir des chefs de renoncer à la terre d'Israël
va toujours de pair avec une dégradation de la vérité,
de la morale sociale, de la justice sociale car la terre d'Israël
est ce laboratoire. Et cela concerne la terre d'Israël et pas seulement
son centre qui est le Temple.
Réfléchissons : il y a eu
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles,
le peuple a voulu détruire la Torah et l'abandonner pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles,
le peuple a voulu se détruire en tant que peuple de la Torah
pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles,
le peuple a voulu se détruire en tant que Temple pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles,
le peuple a voulu se détruire en tant que terre pour s'assimiler,
Ces 4 volontés destructrices sont déchaînées dans notre peuple actuellement.
A la grande joie des occidentaux et des ennemis.
Le 9 av, est un rite qui a été institué
pour bien nous faire comprendre que ces 4 différents aspects n'en
sont qu'UN.
Cela est contrariant, il serait tellement agréable de se débarrasser
de cette prise de conscience. Mais cela est impossible. Chaque génération
doit assumer.
Rouler sans l'UNE de ces quatres roues de notre
voiture, nous conduirait à la catastrophe, le 9 av nous le fait
méditer SUR LES DOSSIERS HISTORIQUES COMME PREUVES.
MAIS, cela, POUR AMELIORER. Pas seulement pour
commémorer, pas du tout seulement pour réaliser la fidélité
de l'obligation rituelle.
Alors, ENSEMBLE,
nous verrons que la
Torah-le peuple-la terre-Jérusalem-le Temple (cliquer sur ce lien),
en une seule unité assument leur tâche de bénédictions
pour toute l'humanité.
.
Espoir
Selon ce que nous avons déjà dit pour le mois de Tamouz
et selon une conception générale dans le judaïsme au
sujet de la conversion du mal en bien, le 9 av
deviendra un jour de fête par la naissance du Machia'h
(Traité Bérakhote de Jérusalem 2,4).
Lecture personnelle de préparation pour tous pour tous :
Bien entendu, avant tout, Eikha, les Lamentations, avec son texte et
son étude
sur cette page.
Vayiqra (Lévitique ) 26, 39-40
Jérémie 26, 18
Zacharie 8, 19
Lecture personnelle pour les étudiants avancés en hébreu
:
Sur les cinq catastrophes : michna Taânite 4,6
Traité Taânite 13 a, 26b et 29 a
Rambam : Michné
Torah, Zémanim, Hilkhote Taâniyote, 4, 5 (volume 3)
Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim, 549 et suivants.
Halakha pratique
Pour toute question ou incertitude : une seule règle est d'étudier
soi-même et de s'assurer en questionnant le rabbin, et non les simples
voisins, pour les précisions. Les informations ici données
tombent sous cette règle et ne sont pas des prescriptions.
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