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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

Sens et pratiques des jeûnes juifs

Comment arrêter les catastrophes terribles qui sont tombées  et tomberont sur le peuple juif 
s'il s'écarte de la Torah de VIE pour choisir une voie de mort.

Tous les renseignements pour préparer le retour en Israël, pour construire. NEW !

Le sens des jeûnes
La classification des jeûnes
Torah
Tanakh
Jeûnes rabbiniques
Jeûnes privés
Le jeûne du 3 Tichri, Jeûne de Guédalia
Le jeûne du 13 Adar, jeûne d'Esther
Le jeûne du 17 Tamouz
Les 3 semaines dites béine ha metsarim
Les prescriptions de pénitences à partir du 1 av Les trois haftarotes avant le 9 av

La semaine du 9 av
Le chabbate avant le 9 av
La Séouda mafséqéte
Le jeûne du 9 Av
Page spéciale sur le 9 Av
Eikha, les Lamentations

Le jeûne du 8 Tévét
Le jeûne du 10 Tévét et les pratiques


Pour bien réaliser ce qu'est la destruction du Temple, voir ici l'étude sur le déchirement, et voir ici les photos historiques du Kotel. Elle témoignent de la volonté de nos ennemis passés et actuels, soutenus par les nations occidentales qui les financent aujourd'hui comme ils ont assassiné les Juifs pendant de nombreux siècles. Leur arme s'est simplement déplacée et hypocritement ils utilisent et financent la haine des voisins arabes d'Israël. Il faut oser le voir et le dire.

La fuite de Juifs hors de cette Europe vers d'autres continents de refuge illusoire n'a plus de sens quand seul Israël peut les défendre, avec l'aide de leur présence et la vie de Torah qu'ils peuvent y mener. La protection est assurée si Israël vit ainsi. De plus, c'est sa seule mission. On n'en démissionera pas. On ne laissera pas une minorité porter seule la charge et la mission.

Voir ici notre page consacrée au Kotel, ce lieu d'où jamais la présence divine, la Chékhina n'est partie même pendant et après la destruction du Temple.


Le sens des jeûnes, en résumé

Qu'ils aient été prescrits dans la Torah, dans le Tanakh, par prescriptions rabbiniques ou par volonté individuelle, les jeûnes ont une fonction de contraindre le Juif à prendre conscience des dimensions spirituelles, à revenir à D.ieu et à dominer ses tendances naturelles qui lui font privilégier son intérêt personnel au détriment d'autrui ou de la morale.
Un jeûne sans ces éléments n'a aucun sens et attire la colère divine. C'est alors une perversion.
A contrario, l'homme n'est pas capable de lui-même de maintenir sa ligne de conduite optimale et il a besoin de cette technique.
Enfin, ce n'est pas seulement un outil moral personnel, c'est un outil collectif de tout le peuple.
Ce n'est pas une technique de diététique, ni d'ésotérisme.
Voici ce que dit le Rambam de l'intention qui doit résider en nous tout le jour du jeûne.
Yéche yamim ché kol Israel mitânim ba hém
Il y a des jours pendant lesquels tout le peuple d'Israël jeûne

mipné ché ha tsarotes ché iréou bahém
à cause des malheurs qui s'y sont déroulés

kédé léôrer ha lévavotes
pour éveiller les coeurs

liftoa'h darkhé ha téchouva
ouvrir les voies de la repentance

vé yiyé zé zikarone lé maâssénou ha raîm
et cela sera un souvenir de nos actes mauvais

ou maâssé avoténoui ché haya ké maâssénou âta âd ché garam lahém vélanou otane ha tsarotes
et des actes de nos pères qui furent comme les nôtres jusqu'à ce qu'ils produisent pour eux comme pour nous les mêmes malheurs.

ché bé zikhrone dévarim éllou nachouv léétiv ché néémar...
et que par le souvenir de ces choses nous  nous repentions et changions d'actes afin d'améliorer,comme il est écrit dans la Torah (Vayiqra 26, 39-40) :"et les survivants d'entre vous se consumeront, par leur faute, dans les pays de leurs ennemis, et même pour les méfaits de leurs pères, ils se consumeront avec eux. 
Puis, ils confesseront leur iniquité et celle de leurs pères, leur forfaiture envers moi, et aussi leur conduite hostile à mon égard pour laquelle moi aussi Je les aurai traités hostilement"... (voyez tout ce texte de la Torah).

Le texte du Rambam se trouve dans Michné Torah, volume II, Chapitre Taânite , partie 5.
Il précise exactement 
- tout ce qu'est le jeûne juif,
- l'origine des malheurs du peuple qui ne sont pas d'origine politique ni militaire mais morale, et cela est capital en notre période de menaces terribles de la part de nos voisins, de la part des pays d'Europe et même des USA, nos amis conditionnels.
- la voie de la guérison de tous ces maux : la Torah.
Etudiez ici qui est le Rambam, et ce qu'est Michné Torah, son oeuvre principale.


La classification des jeûnes

1. Torah


Un seul jeûne est inscrit dans la Torah, c'est celui du jour de Kippour (lire Vayiqra 16, 29-31 et 23, 27-32 ; Bémidbar 29, 7...).
Le sens donné relie trois éléments : l'ordre, la technique (la date, chaque année), l'implication personnelle ("téânou éte nafchotékhém,vous vous affligerez vous-mêmes, vous mortifierez vos personnes"), le fait de cesser tout travail (ce qui est l'instrument qui donne à l'homme le sens illusoire de sa toute puissance et de son autonomie).
On remarque que le seul mot employé dans la Torah est le mot de la racine taanite (mortifier) et non pas le mot tsom qui veut dire exactement jeûne. De même dans la littérature d'étude sur les jeûnes. Cela montre bien que l'élément spirituel est le principal.
Le jeûne de Kippour dure du coucher du soleil au coucher du soleil le lendemain (de même que le jeûne de Ticha bé Av, ci-dessous. Les autres jeûnes durent du lever au coucher du soleil.
Yom Kippour se déroule le jour où il tombe, tout autre jeûne est décalé quand il tombe un chabbate, il est dit "nid'hé" ou repoussé au lundi (voir traité Méguila 5a). Le jeûne d'Esther est alors anticipé au jeudi précédent.

2. Le reste du Tanakh
2.1 Le mot tsom (jeûne) apparaît en II Samuel 12, 22 quand David dit : j'ai jeûné (tsamti) et j'ai pleuré. Cela montre encore l'élément sprituel et montre à quel point l'implication personnelle de regret des fautes et et de supplication doit être présente.
En Isaïe (lire 58, 3-10), on trouve les deux termes : "pourquoi jeûnons-nous (tsamnou) sans que tu t'en aperçoives, pourquoi mortifions-nous (îninou) nos personnes (nafchénou) sans que tu le remarques ; c'est qu'au jour de votre jeûne, vous poursuivez vos intérêts et vous poursuivez vos débiteurs... Mais voici le jeûne que j'aime, c'est de rompre les chaînes de l'injustice, de dénouer les liens de tous les jougs, de renvoyer libres ceux qu'on opprime, de briser enfin toute servitude, de partager ton pain avec l'affamé, de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile ; quand tu vois un homme nu, de le couvrir, de ne jamais te dérober à ceux qui sont comme ta propre chair. C'est alors que ta lumière poindra comme l'aube...".
Tout est dit là. Que les Juifs qui rêvent d'idéologies socialistes ou communistes, ou de nouveaux testaments d'amour découvrent enfin la supercherie de ces soi-disants nouveaux prophètes qui prétendent renouveler l'homme et les messages divins. Ces Juifs ont dans leur trésor les enseignements originaux et nobles qu'ils souhaitent. Les autres ne sont que des pastiches, et parfois des usurpations.
Autre point important : le message des prophètes n'est pas un message nouveau par rapport à celui de la Torah, ni une nouvelle étape du développement de la parole divine ; ils ne font que commenter pédagogiquement la Torah pour leurs contemporains et pour nous. Et la tradition orale qu'ils ont reçue nous est transmise aussi de maître à élève depuis lors.
On voit par ces textes que les jeûnes étaient pratiqués.

2.2 Les jeûnes collectifs que nous connaissons sont nommés par le prophète Zacharie 8, 19 : les jeûnes du 4e mois, du 5e mois, du 7e mois, du 10e mois. Il s'agit déjà 
- du jeûne du 17 Tamouz (chute de la muraille du 1e Temple et prise de Jérusalem ; voir Jérémie 39, 2), 
- du jeûne du 9 Av (destruction du Temple ; voir Jérémie 52, 12-13), 
- du jeûne du 3 Tichri (assassinat  de Guédalia ; voir Jérémie 41, 1-2 et II Rois 25, 25), 
- du jeûne du 10 Tévét ( début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor ; voir Jérémie 52, 4... et II Rois 25, 1-2 et Ezéchiel 24, 1-2).
Ces jeûnes sont obligatoires pour les Juifs de plus de 13 ans et pour les Juives de plus de 12 ans, sauf si on est malade, enceinte ou allaitant.
On ne fait plus de repas après le lever du soleil au coucher qui a lieu environ 30 minutes après l'aurore (ce délai est variable suivant les décisionnaires) mais, si on n'a pas fait de repas, on peut encore manger et boire modérément entre l'aurore et le lever du soleil pour mieux tenir le jeûne pendant la journée. Il n'y a pas d'autres interdits pour ce jeûne.
2.3 Le jeûne d'Esther, le 13 Adar, veille de Pourim.

3. Les jeûnes rabbiniques
Ce sont de nombreux  jeûnes facultatifs dits de pénitence qui se font pendant le mois d'Eloul, les 3 lundi-jeudi-lundi qui suivent Pessa'h et Souccote, pendant les jours qui séparent Roche ha chana et Kippour (voir le Choul'hane Aroukh, Ora'h 'hayim 686, 2), le jour de la mort de Moché Rabbénou le 7 Adar, le jour du Pourim d'une ville où la communauté a été sauvée du massacre, quand un rouleau de la Torah tombe sur le sol dans une synagogue, pour commémorer les victimes du nazisme le 10 Tévéte, etc. 

4. Les jeûnes privés
- les jeûnes laissés au choix par ascèse (yom kippour katane) par exemple avant le début du nouveau mois, ou le jeudi des semaines des parachiyotes entre Chémote jusque Tétsavé (un moyen mnémotechnique rassemble les lettres initiales de ces parachiyotes : Chovavim tate), ou après un mauvais rêve, ou pour un anniversaire comme celui de la mort des parents.
- le jeûne des premiers nés avant Pessa'h, en reconnaissance du fait que les premiers nés des Juifs ne furent pas exterminés lors de la 10e plaie d'Egypte. Et aussi pour la tristesse de la mort des autres.
- les jeûnes des jeunes mariés avant le mariage pour se purifier.
- etc

Textes à étudier.
- Isaïe 58. Joel 2. Jonas 3.
- Le Traité Taânite. Bérakhote 6b. 
- Le Tour et le Choul'khane Aroukh, Ora'h 'Hayim 579.
 



Le jeûne du 8 Tévète

Il est nommé taânite tsadiqqim et concerne un événement qui paraîtra curieux à beaucoup, motif pour lequel il faut essayer de se remettre dans le contexte pour en comprendre la profondeur. Il s'agit de la première traduction de la Torah en langue étrangère à l'hébreu et cela fut vécu comme une catastrophe nationale par les Sages et les textes disent que l'obscurité s'installa pendant trois jours sur le monde (voyez le Traité Méguila 9a et le Choulk'hane Aroukh, Or ha 'hayim 580,2.). Pourquoi cette vision des choses. Il y eut un peu la même réaction quand on découvrit la nécessité de mettre par écrit les traditions orales de la michna qui rassemblaient tous les enseignements venus de Moché et non écrit dans la Torah.
Cela voulait dire une perte de la capacité de mémoriser, une perte de la vision de synthèse, un manque de communication entre les différents courants, une perte surtout de la capacité pédagogique extraordinaire de la relation orale maître-élève et, enfin, une lecture du texte par des non-Juifs en dehors de toute relation orale ce qui donne la possibilité des interprétations les plus fantaisistes, ce qui fut le cas lors de la naissance du christianisme dont les fondateurs se recrutaient parmi les ignorants et où de nouvelles lectures disons "originales" pour être aimables des textes se diffusaient spécialement apr Paul de Tarse voulant séduire les Grecs (tout cela est relaté sans fard dans les Actes des Apôtres avec le rire des Grecs et les refus stupéfaits lors du Congrès de Jérusalem et la victoire du bouillant Paul créant la nouvelle religion selon ses interprétations).

Il y avait une diaspora peu cultivé, peu instruite qui ignorait de plus en plus l'hébreu, avait besoin de comprendre les textes à partir de la langue qu'ils comprenaient et simultanément les nouveaux courants faisaient un grand prosélytisme parmi ces couches ignorantes. De nombreux textes circulaient ainsi. Le roi rassembla 70 ou 72 de ses sujets très lettrés, les isola chacun et le beau middrache dit qu'ils fournirent la même traduction. Il reste que beaucoup de traduction se diffusèrent simultanément puis le néo-christianisme voulut mettre de l'ordre et tenta de rassembler les traductions les plus valorisées dans le nouveau courant pour en arriver à une nouvelle sur cette base et cela produit al version des Septante, que le nouveau courant estima, évidemment, de meilleure qualité que l'original, dans la perspective que le "nouveau" testament était meilleur que "l'ancien". Phénomène qui se renouvela avec l'islam et avec de nombreux autres courant depuis. Chacun a toujours un nouveau prophète qui déclare que lorsque son message sera connu du monde entier le bonheur de l'humanité sera soudain. C'est le processus des sectes. Qui ont toutes un message moral et très beau. C'est une génération spontannée incessante.

Voilà ce qui fut considéré comme le début d'une catastrophe. Ce le fut. On peut considérer, autrement, et se dire que cela diffusa le message de la Torah malgré tous ces syncrétismes spirituels et que, un jour, ainsi, toute la Création reviendra à ses sources. Mais après combien d'avatars et de Shoa et d'Inquisitions et de bûchers, et de terrorismes conquérants,etc. On peut maintenant effectivement juger que ce fut une catastrophe. Car la juxtaposition des religions n'a pas produit de telles Shoas.

Mais nous ne sommes pas les juges de l'histoire ni placés assez haut pour comprendre le sens de tout cela. Essayons de vivre la Torah à notre niveau, en espérant que les Juifs connaîtront mieux leur Torah, qu'ils comprendront que le foyer vers lequel ils sont sortis d'Egypte pour aller vers le dessein de Celui qui le leur disait n'est pas à New York ni à Paris ni en Ukraine mais à Jérusalem. Et alors les nations verront la lumière de la Torah et découvriront que Jérusalem et les Juifs sont bénédictions seulement. Voilà l'enseignement de ce que les Tsaddiqim ont voulu nous faire entendre en instaurant ce jeûne: pour revenir à notre vérité et ne pas être fascinés. Ils rappelaient aussi que, au début de l'esclavage d'Egypte, les Hébreux étaient bien payés par leurs maîtres culturels et que la séduction de la nouvelle civilisation trouva ainsi de quoi les installer puis ensuite de la dominer, enfin de les détruire. Cet exemple se renouvela sans cesse et nous n'avons pas voulu en tirer les leçons.

Même la dernière Shoa qui a suivi le même modèle n'a pas ouvert les yeux véritablement. En Egypte, 80% sont restés et ont disparu. A Babylone, plus de 99% sont restés et ont disparu. Le Président de l'Etat d'Israël a appellé au secours en disant qu'en quelques années, plus de 50% du judaïsme des USA et d'Europe disparait par mariage mixte et assimilation. Rien de cela ne change le ronronnement de base: une minorité minuscule va vers Israël, des responsables au plus haut niveau protestent officiellement contre les appels à la montée vers Israël de la part des autorités... laïques ou religieuses d'Israël, et les sites palestiniens donnent grand écho à ces déclarations. Voilà la situation en chiffre et en fait. En France 600000 Juifs dont le nombre diminue à vue d'oeil, quelques milliers de ôlim au mieux chaque année. Ce n'est pas un pessimisme, mais un état des lieux.

Il y a 2000 ans, les Sages décrêtaient un jeûne devant cette orientation célébrée déjà comme une ouverture dont ils voyaient les effets périlleux. Je vous explique simplement de quoi il s'agit.
Personnellement -pour que l'on comprenne bien que je ne me place pas dans un rôle meilleur- avec mon épouse jusqu'à plus de quarante ans nous n'avions rien perçu de tout cela tout en étant cultivés, responsables, vaccinés par la Shoa, connaissant l'histoire d'Israël. Nous n'étions pas moins bien que maintenant; nous étions normaux, comme maintenant; nous ne voulions pas ignorer; simplement nous étions fermés à la compréhension de ces réalités exposées ici, insensibles et inconscients, même quand on les entendait. Si des personnes de notre culture n'avaient pas tendu la main et partagé ces connaissances supplémentaires dans un grand art de la communication "authentique", nous serions restés identiquement insensibles, les mêmes humains mais insensibles.

C'est ce que dit exactement Yéhouda à son frère Yossef (voyez le commentaire de Vayigache ici): cette fois nous allons entendre. C'est tout le cri sans cesse répété de Hachém: Chémâ Israël, Ecoute Israël. Mais, en hébreu le mot Chémâ ne veut pas dire "écoute" cela aurait été "haazéne" du verbe lééazéne, ou haqchév du verbe écouter léhaqchiv. C'est inouï comme on peut ainsi falsifier une notion de base pour assurer notre tranquillité. C'est ce que crie Hachém sous la plume de David dans le psaume 81: lisez-le: Chémâ Israël, Ecoute Israël - Ah! si mon peuple voulait m'écouter. Sous 5 formes différentes Hachém explique ce que je viens de dire: nous faisons TOUT pour ne pas entendre l'appel direct d'Hachém qui nous donne, nous promet, nous amène à l'endroit de Son don. "Non non et non" répondons-nous en disant "Chémâ Israël, Ecoute Israël". Nous refuserons que ces mots veulent dire: "Entend Israël". Comme si c'était simplement d'écouter les informations pendant quelques instants chaque heure alors qu'il s'agit en ces mots "d'entendre intérieurement" une lettre d'amour, de relation duelle: "JE vous aime et JE vous donne tout". Alors Hachém crie: "Chémâ Israël, Ecoute Israël Véahavta éte Hachém, et Tu aimeras Hachém ".

Ce qui est étonnant, c'est que cela qui semble maintenant évident, ne l'était pas jusque là.
Combien de fois, j'ai entendu des couples en entretiens de soutien, dont l'un des membres depuis des années vivait en bon voisin dans la maison et -seulement après de nombreuses années et le fait que l'autre l'amène chez le psychologue pour qu'il "entende" enfin sa souffrance- se met à ressentir pour la première fois que l'autre est quelqu'un qui l'aime et qui a besoin d'être aimé et de se l'entendre dire, et pas seulement de faire et de recevoir les gestes automatiques d'un conjoint.
Ainsi, quand les mots de la Torah ne sont pas ressentis dans une vraie relation, et sont traduits puis changés en tout autre chose. Un jour, une femme arrive en consultation hebdomadaire dans une colère terrible; elle explose et dit: "je sors de chez le coiffeur, je rentre à la maison, je me place heureuse devant mon mari pour lui plaire et je lui dis -comment me trouves-tu?- Il m'a répondu: Ah, tu as acheté une belle robe.

Cette robe je l'ai depuis trois ans et il n'a même pas vu ma nouvelle coupe de cheveux, je rage. Et il n'a pas compris que j'ai pleuré puis crié". Je pourrais raconter de nombreuses histoires de ce type qui sembleraient des blagues mais sont quotidiennes et tristes.

Il faut placer quelques lignes du texte de ce psaume 81 où le roi David parle justement d'une langue inconnue qu'il se met à entendre:
"J'entendis (échmâ) alors une langue inconnue de moi....
Ecoute (chémâ) mon peuple, je veux t'adjurer; ô Israël, puisses-tu m'écouter (tichmâ-li)...
Ouvre largement ta bouche et Je la remplirai. Mais Mon peuple n'a pas écouté (lo-chamâ) Ma voix, Israël a refusé de M'obéir. Je les ai donc abandonnés à l'entrainement de leur coeur, ils suivent leurs propres inspirations.
Ah! si mon peuple voulait m'écouter (choméâ li), Israël marcher dans Mes voies,
bien vite Je dompterai leurs ennemis, Je ferais peser Ma main sur leurs adversaires.
Ceux qui haïssent Hachém ramperaient devant Lui, mais leur bonheur à eux durerait toujours.
Hachém les nourrirait de la moelle du blé, et les rassasierait avec le miel du rocher."

Ce n'est donc pas une thèse personnelle que j'ai exposé là, mais un étonnant appel.
Il explique toute notre histoire.
C'est à ce niveau que nous avions fait notre alyah, comme une simple cohérence interne, sans politique, sans emballement idéologique avec participation à des groupes. Et, nous fumes surpris de l'étonnement de psychologues israéliens nous disant: "on ne comprend pas pourquoi vous êtes venus, vous aviez tout ce qu'il faut dans le métier là-bas: Sionisme!! (admiratifs comme quelque chose n'existant plus guère)". Nous répondions: "non, nous n'avons jamais été dans ce que vous appelez le sionisme, ce fut une évolution lente et logique". "Ah bon, ça, je ne comprends pas". Il y a un art constant de tout retourner vers de l'extériorité, de la politique.

Le psaume -et l'appel des Sages pour ce jeûne- nous montrent clairement que la seule solution politique est une illusion en ce qui concerne le peuple juif. Autant que la volonté de ne voir le judaïsme que comme une "communauté" sans terre. En ce sens, je pense souvent que le mouvement Chalom Akhchav a raison en ce sens qu'il faut aller chercher ce qui pourrait fournir la paix, au-delà des eules soucis de sécurité. L'erreur est de ne pas le chercher dans ce que tout notre dossier historique nous a appris sans cesse: Il ne dort pas le Gardien d'Israël, il est le Maître de l'Histoire, Sa volonté sur son peuple pour le bien des autres peuples et de la Création est vivante, relationnelle, puissante, efficace, prouvée. Aussi bien que l'échec et la descente vers l'échec quand ce peuple veut remplacer cette vie par des idéologies à la dernière mode ou s'enfuir et se fermer les yeux et les oreilles comme les petits singes.




Et alors, hélas, l'histoire l'a prouvé mille fois, le drame se termine ainsi:


Notre responsabilité est très grande et on peut le regretter mais nous n'avons pas la possibilité de transformer ce choix que le Créateur a placé devant nous: "La vie et la mort J'ai placé devant vous, et tu choisiras la vie" (Devarim 30,19).
Par simple responsabilité, nos Sages veulent nous faire jeûner pour nous transformer concrêtement.
Je suis un peu gêné de présenter ce texte car il peut paraître passionné et de trop forte intensité, et donc susciter une rétraction à la lecture; il ne l'est pas "de ma part", je transmets (sens de Modia, en hébreu) ces lignes de la Torah et des psaumes qui sont passionnées de la part de Hachém, et je les présente, dans tous les sens du terme.



Le jeûne du 10 Tévète

C'est aussi Jour du grand qaddiche pour les personnes assassinées dans la Choa et dont on ne connait pas la date de leur décès (Yom haqqadiche hakklali).
et la Hiloula des prophètes Malakhie et Zacharie.

Le jeûne du 10 Tévète est nommé taânite âssara vétévète ou tsom ha âssir., ce qui veut dire tsom ha hoddéche ha âssiri, jeûne du 10e mois.
C'est la date du début du siège de Jérusalem par Nabuchodonosor (Naboukodnetsar);
voir Jérémie 52, 4... "alors, dans la 9e année de son règne, le dixième mois et le dixième jour du mois, Nabuchodonozor roi de Babylone, marcha avec toute son armée contre Jérusalem, ils campèrent sous ses murs et élevèrent des retranchements sur toute son enceinte".
Voir ici le coup d'oeil sur cette zone de Jérusalem en de nombreuses photos que j'y ai prises.

Voici le plan de ce circuit photographique que vous pouvez découvrir sur le site



"La ville subit le siège jusqu'à la onzième année du règne de Sédécias. Le quatrième mois, le neuvième jour du mois, la famine sévit dans la ville et les gens du peuple manquèrent de pain"... Lire la suite.
Nous qui pouvons vivre en paix dans ces mêmes lieux ou y venir en touriste, nous ne devons pas oublier les faits et nous devons en tirer les enseignements. Toujours, c'est le manque de fraternité et toujours cela est dû au manque de vie dans la Torah. Parfois la Torah était connue mais non traduite dans les conduites et les relations. Ce jour de jeûne est là pour refaire une mise au point dans le concret de notre être corporel.

Lire aussi le même récit avec des nuances dans II Rois 25. et
Mais, surtout, il faut absolument lire le chapitre 24 d u livre d'Ezéchiel car il nous donne le sens intérieur et dramatique de ce qui se joue et que nous ne voyons pas. Les médias nous montrent la surface des événements mais non pas les véritables causes ni les véritables acteurs. La Torah et les Prophètes nous décrivent le drame effectif, nous devons le lire et regarder notre monde ainsi dévoilé.
Le texte du chapitre 7 de Zacharie nous enseigne encore plus concrètement ce que nous devons donc changer en conséquence et il continue à nous décrire le passage de la Torah aux événements effectifs. Et le chapitre 8 nous montre alors comment la situation peut se rétablir. Essayons de lire tous ces textes pendant ce jeûne du 10 Tévète.

C'est aussi ce jour que s'est produit l'épisode rapporté par II Samuel 23,20 (le lire). Voici ce qu'en dit le Traité Bérakhote en bas de la page 18a et en haut de la page 18b: "les justes on les nomme encore vivants après leur mort comme il est dit là: Beniyahou fils de Yéodaya, fils d'un homme vivant et riche en oeuvre de Kabtséel, a frappé les deux Ariel de Moav, il est descendu et a frappé le lion dans la fosse, un jour de neige. Fils de vivant, est-ce que tout le reste du monde est fils de mort? On veut dire seulement qu'il était le fils d'un homme qui, bien que mort, était considéré comme vivant; il était riche en oeuvres de Kabtséel, cela veut dire qu'il avait réuni avec peine des hommes adonnés à l'étude de la Torah; il a frappé les deux Ariel de Moav, c'est que personne ne l'a égalé ni au temps du premier Temple, ni au temps du Second Temple; il est descendu et a frappé le lion dans la fosse au jour de la neige, c'est que selon les uns il n'a pas craint de briser les glaces pour prendre de bain de purification, la tévila, dans l'eau gelée, selon d'autres, il a enseigné et appliqué le livre de Vayiqra en plein hiver. Les morts ne savent rien (Qohéléte 9,5), ce sont les impies qui de leur vivant sont appelés morts comme il est dit en Ezéchiel 21,30: ton cadavre impie, prince d'Israël; on peut le déduire aussi de ces mots de Dévarim 17,6: sur l'avis de deux ou trois témoins le mort mourra. Or il est vivant quand on le dit. C'est que, en qualité d'impie et coupable, on le considère comme un mort."

La pratique du jeûne ce jour-là:
- les personnes ont bonne santé doivent jeûner (même si cela tombe un vendredi), les autres sont dispensées (qu'elles s'estiment malades ou que le médecin le leur dit, c'est toujours celui qui pense qu'il y a risque qui a raison car le judaïsme met en premier la vie) de même que les femmes enceintes ou qui allaitent. Ces personnes veilleront quand même à ne manger que le nécessaire. Les enfants ne sont pas concernés par ces 4 jeûnes de Guédalya, d'Esther, du 10 Tévéte et du 9 Av. Il n'y a pas à les inciter ni entraîner, chaque chose en son temps.

- on peut manger jusqu'à l'aube, à condition de s'en être donné l'intention avant de dormir. (demander au rabbin les coutumes).

- ne montent à la Torah ou pour la bénédiction des Cohanim que ceux qui jeûnent.

- le jeûne de nourriture doit s'accompagner d'une remise en question de soi pour revenir à une vie selon la Torah et la volonté du Créateur. Chacun devra trouver les moments pour prendre le temps de faire ce bilan et cette remise dans l'axe positif et vital. Ne pas oublier alors que cela est si important que les prophètes ont sans cesse répété que toutes les catastrophes parvenues au peuple d'Israël ne sont que le résultat de cet éloignement, non pas comme punition mais comme logique d'un choix hors de la vie.
En ces jours où le minimum de morale de la Torah est violé en ISraEL concernant la pauvreté, l'éducation, où les nations se regroupent pour isoler Israël, pour le dépouiller de sa terre, pour soutenir ses ennemis, et où des dirigeants et des membres du peuple se coalisent avec eux, ne protègent pas le peuple contre les ennemis et le fragilisent, où les soldats de carrière ou les appelés sont effondrés (au grand plaisir des ennemis) des erreurs capitales et volontaires des dirigeants en matière de défense: seule la moralité du peuple peut sauver IsraEl. Car le peuple est plus en péril que jamais. C'est donc de notre droiture et de notre retour à la Torah de vie et non plus des seuls politiciens ou autres leaders que viendra le salut d'Israël.
Ce jour, on peut s'aider en lisant les textes des prophètes dont les références sont données sur cette page et les pages qui relatent ce qui s'est passé en ce jour: II Rois 25 - II Chroniques (Divré ha yamaim), 36 - Jérémie 39 et 52.



Le jeûne du 3 Tichri (jeûne de Guédalia)

Il faut lire tout le chapitre 41 de Jérémie qui raconte l'incident.
Zacharie 8, 18 parle du jeûne du 7e mois (voir) et le traité Roche hachana 18 b explique que ce jeûne est à cause de la mort de Guédalia, fils de Ahikam,  par Yichmaël ben Netanya et parle de la mort d'un juste. Ahikam était un notable auprès des rois  de Yéhouda, spécialement Yéhoyakim, ce qui lui permit de sauver la vie du prophète Jérémie (voir Jérémie 26, 24 et 40, 9-41). Guédalia faisait la transaction avec les autorités de Babylone après l'exil en 586 auprès de ceux qui restaient et jouait un certain rôle de représentation du roi exilé Yéhoyakim. Certains parlent de lui comme d'une marionnette dans les mains de Babylone.
- II Rois 25, 25 montre que le peuple a fui alors par peur des Chaldéens. 
- Yichmaël ben Netanya, l'assassin, lui, jouait le jeu de Baalis, le roi des Ammonites. Beaucoup de Juifs s'enfuirent en Egypte ainsi que le prophète Jérémie.


- On peut se demander pourquoi un épisode politique comme il y en a tant et sans cesse dans l'histoire a valu un jeûne pour toutes les générations. D'autant que les deux protagonistes jouaient le jeu de puissances étrangères !
- L'horreur de l'acte décrit suffit-elle à faire imposer le jeûne ? 
- Le lien entre cet acte et la destruction du Temple n'est pas inscrite dans les textes (voir une autre hypothèse dans Roche hachana 19 a). 
- Le Ari fournit une explication caballistique et pédagogique. Je l'explicite pour les lecteurs. Les jours qui s'étendent de Roche ha Chana à Kippour sont ceux où les forces de rigueur et de destruction sont particulièrement fortes. Roche ha Chana n'est qu'un début de purification et le 3 Tichri (lire ici les événements du mois de Tichri), juste après Roche ha Chana, pourrait nous illusionner et nous faire nous relâcher ; au contraire, nous voyons par l'épisode de Guédalia que tout le peuple est pris en ce jour dans des dynamiques redoutables et nous devons nous examiner et ne pas voir seulement ce qui se passe comme "de la politique". Ce qui s'y passe dépend de la pureté de notre vie intérieure.
C'est donc une règle générale et il ne faut pas moins qu'un jeûne collectif pour comprendre cela et prendre les seules mesures qui s'imposent : notre retour intérieur à une véritable morale, celle de notre identité de Torah.
Aujourd'hui, où Israël est en proie à des crises intérieures très graves qui aboutissent clairement à la situation désastreuse où nous ne gérons plus la politique ni les attaques des ennemis de l'extérieur comme de l'intérieur, 
nous avons besoin plus que jamais de faire un véritable jeûne selon la Torah comme nous l'explique le prophète Isaïe,
pour revenir vraiment à nos valeurs, et tous ensemble, et ici en Israël, et non pas en voyant Israël selon les yeux des mentalités des autres nations,
ici ou ailleurs.
Retrouver une vie de pureté qui soit à la hauteur de l'idéal commun 
par lequel nous regardions tous  Israël avec amour


Pratiquement:

- tous les Juifs adultes (12 ans pour les femmes et 13 ans pour les hommes) ont l'obligation de faire ce jeûne.
- ce jeûne ne commence pas à la tombée de la nuit mais pendant la présence du soleil, soit environ depuis 4h40 jusque 19h50 mais cela est variable suivant les pays et régions. Vérifiez donc sur le calendrier local auprès de la communauté. On peut manger avant le lever du soleil.
- ce jeûne doit être accompagné d'un examen de nos fautes, d'un rependir et d'un changement, de tsédaqa.

Prières: aujourd'hui et pendant les 10 jours de téchouva, dans la Âmida,
- on dit Zokhénou avant la 1e bénédiction et MiKamokha avant la seconde.
- on remplace Ha-El ha qadoche par Ha-Mékékh haqadoche.
- on dit Ha Mélékh ha michpate dans la bénédiction de Hachiva choféténou.
- on dit Oukhtov lé'hayim tovim et Ouvséfér 'hayim dans les deux dernières bénédictions.

On dit la prière Avinou Malkénou (notre Père et notre Roi) après la Âmida de Cha'harite et de Min'ha.


Le Jeûne du 17 Tamouz 

Le jeûne de 17 Tamouz est très important. 

En ce 17 Tamouz, cinq malheurs se sont produits : 
- la brisure des premières tables de l'alliance par Moché, 
- l'arrêt du sacrifice quotidien (korbane tamid) lors du 1e siège de Jérusalem, 
- la brèche dans la muraille lors du second Temple trois semaines avant sa destruction, 
- l'incendie du second Temple, 
- la mise d'une idole dans le Temple (voir Taânite 26 a). 

  C'est beaucoup. 

Pratique du jeûne.
Elle comprend le jeûne lui-même, d'autres pratiques, l'étude, la prière, la tsédaqa. Il faut d'abord bien revoir ce que dit le Rambam de l'intention qui doit résider en nous tout le jour du jeûne.
1. Le jeûne commence seulement au matin, au lever du soleil (aube, exactement) et se termine au coucher du soleil ; on peut donc prendre une collation en se levant avant cette heure. 
Les personnes faibles sont dispensées de ce jeûne. 
2. On ne prend pas de bains chauds ni ne se coupe les cheveux ou la barbe. 
3. On évite de manger des fruits  nouveaux, de la viande et de boire du vin, d'acheter des vêtements, de porter des vêtements neufs, de faire la lessive. 
4. Il n'y a pas de mariages, mais seulement des  fiançailles sans danses de réjouissances. 
5. On veille à ne pas faire de travaux excessifs. Demander au rabbin les précisions sur  les usages. 
6. Beaucoup étudient concernant le Temple pendant la période de Beine Hammétsarim.

Pour faciliter votre étude, voici quelques références centrées sur ce thème :
Talmud : 
Bérakhote 13a, 30a, 33a, 58a, 62b. Chabbate 12b, 30a, 119b. Irouvine 2b. Pessa'him 5a, 54a, 57a, 87a, 88a. Yoma 2a, 9a, 12a, 21b, 54a, 77b. Soucca 41a, 49a, 51b, 53a. Taânite 17b. Méguila 10a, 12a 15b, 16b, 21a. 'Haguiga 12b. Yébamote 6a-b. Sota 9a, 48b. Guittonr 56b, 68b. Qiddouchine 66a, 69a. Baba Metsia 28b. Baba Batra 3a, 4a. Sanhédrine 20b, 64a, 104b. Maccote 10b. Chevouote 15b.
Middrache Rabba:
Béréchite Rabba 2, 3, 13, 15, 22, 38, 56, 62, 64, 69, 98,99.
Chémote Rabba 2, 15, 29, 31, 33, 36, 52.
Vayiqra Rabba 1, 17.
Bemidbar Rabba 1, 11, 12, 14, 15, 19.
Dévarim Rabba 5.
Chir ha Chirim Rabba 3, 4, 8.
7. Prière. Les Juifs tunisiens suivent l'incitation du Rav Mazouz de la Yeshiva Kissé Ra'hamim de réciter le Tiqqoune  'Hatsote, selon les prescriptions du Ari zal, assis par terre à minuit en pleurant sur la destruction du Temple. Ceux qui ne parviennent pas à le faire la nuit, le disent à midi ou avant la prière de min'ha suivant les communautés. Se renseigner sur les  usages de la tradition de ses pères et de sa communauté locale. 
8. En tous cas, on redouble de tsédaqa en ces jours. 

 Il est écrit que celui qui pleure et porte chaque jour le deuil de la destruction du Temple aura le mérite de se réjouir de son  retour. 


Les 3 semaines dites "Béine ha metsarim"

Je vous fais une proposition qui, vous le verrez, correspond aux efforts à réaliser pendant cette période dangereuse.
Vous bénéficiez de l'enseignement de Modia qui vous apporte, n'est-ce pas? Mais, autour de vous, à proximité, tant d'autres Juifs ne connaissent pas tout cela, ne l'apprendront pas, et ils n'en sont pas responsables. Mais vous, vous apprenez ou vous révisez. Il est indispensable de le partager parce que notre peuple est en situation très difficile par l'ignorance qui s'y développe, et par le fait que ceux qui savent n'atteignent pas les autres pour partager avec eux. Vous avez un devoir de partager votre connaissance et non seulement d'étudier. Comment faire? C'est simple:
- si n'êtes pas reconnu comme un enseignant, proposer à quelques amis de venir chez vous ou d'aller chez eux et de leur transmettre oralement ce que vous apprendrez ci-dessous sur cette période importante, en 30 minutes. Vous pourrez ensuite leur remettre le texte et l'adresse de Modia. Et vous renouvellerez régulièrement cela s'ils le souhaitent à propos de fêtes, ou de la paracha.
- si vous êtes inséré dans une communauté, organisez un cours en utilisant toute la matière de Modia. Mais l'accent est à mettre sur les Juifs qui ne bénéficient pas des services d'une communauté.

Revenons à ce qui se passe en ce moment:
Le 17 Tamouz (20 juillet 2008) commence la période dite "Béine ha métsarim" (au milieu des ennuis), et elle durera jusqu'au 9 du mois de Av (10 aout 2008).  L'expression "Béine ha métsarim" vient de Eikha (Lamentations) 1, 3: "Yéhouda est allé en exil, accablé par la misère et une dure servitude; il demeure parmi les nations, sans trouver de repos. Ses persécuteurs, tous ensemble, l'ont atteint béine ha métsarim (dans les étroits défilés sans issue)". Ce mot vient de la racine  Tsar qui veut dire étroit, comme le mot angoisse, étranglement. Un tsorer est un ennemi qui haît. Puisque la lettre mém ajoutée à la racine veut dire "le lieu de", métsar est le lieu de l'étroit, de l'angoisse. Au pluriel métsarim.

On a décrit déjà les catastrophes qui ont marqué le 17 Tamouz (lien ici).
Trois semaines après le 17 Tamouz, les catastrophes les plus grandes ont eu lieu le jour du 9 av :
- promulgation de l'interdiction d'entrée en terre d'Israël pour la génération du désert qui avait fauté de façon répétée (Dévarim 1, 35 et Taânite 26b).
- incendie du premier Temple (en 586 avant l'ère commune) par les troupes de Nabukodonozor. Il sera détruit le lendemain (Taânite 29a)
- destruction de Bétar (fortification de résistance des juifs avec Bar Kokhba), par les Romains (en 135 avant l'ère commune) et interdiction d'enterrer les milliers de morts. Bétar est actuellement au village de population arabe de Bathir à 11 kms au Sud-Ouest de Jérusalem. (Le mouvement de jeunesse juif Bétar ne se réfère pas directement à cet événement mais est l'abréviation de Bérit Trumpeldor, un leader sioniste qui fonda un mouvement sioniste en 1923 à Liga en Lithuanie (actuellement Lettonie), basé sur trois principes, le sionisme, l'acquisition de l'hébreu et l'auto-défense).
- la charrue est passée sur l'emplacement du second Temple, après sa destruction, par le romain Turnus Rufus (année 68 ou 69 ou 70, après l'ère commune), selon Taânite 26b.
- de nombreuses autres catastrophes : exterminations par les croisés, expulsion d'Angleterre en 1290, en 1306 expulsion de France par Philippe 4, décrêt de l'expulsion par les rois catholiques d'Espagne en 1492 et début de l'expulsion, création du ghetto de Florence en 1571, expulsion des juifs de Vienne en 1670, décisions d'extermination des nazis dans notre génération.
- naissance du futur faux messie, Shabetaï Tsvi, à Smyrne, en 1626.

Les trois semaines qui précèdent le 9 av furent donc des semaines douloureuses et terribles.
Pour nous, elles seront donc marquées par des commémorations de tristesse et de repentir dont les halakhotes pratiques peuvent varier d'une communauté à l'autre. Il faudra toujours consulter le rabbin.


 

Voir ici notre page consacrée au Kotel, ce lieu d'où jamais la présence divine,
la Chékhina n'est partie même pendant et après la destruction du Temple
.

Pratiques de commémoration

Il ne faut jamais oublier qu'il s'agit ici de coutumes, respectables, mais qui varient suivant les communautés et les traditions. Donc, bien se renseigner auprès du rabbin de la communauté, ne pas juger si on ne connait pas toutes les coutumes locales ou des diverses communautés, les respecter. Savoir qu'il y a ce qui est interdit, et que certains font plus (les ma'hmirim) et il ne faut donc pas tout confondre sous prétexte que l'on a vu quelqu'un de Sage faire ceci ou cela. Avant tout, il faut étudier et demander conseil. Bien entendu, ne pas prendre prétexte de cette complexité pour ne rien faire ou faire n'importe quoi. Le judaïsme prend notre intelligence au sérieux. Et alors, on trouve les réponse en utilisant notre bon sens. La base de tout cela se trouve dans le Choul'hane Aroukh, partie Ora'h 'Hayim 551 et suivants. N'oublions jamais que le but de ces pratiques et de nous faire revenir (sens du mot téchouva) à ce qui est l'essentiel, et dont notre éloignement a causé les catastrophes dans l'histoire du peuple juif. Et en ce moment les politiciens répètent ces horreurs. Ces pratiques sont basées sur celles des jours de deuil car nos errements ont causé la catastrophe et brisé la vie.

Pendant ces trois semaines :

- pas de mariages sauf nécessité urgente (pour des communautés, seulement depuis le 1 av), pas de fêtes hormis les cas de mitsva, pas de bénédictions et consommation sur des fruits nouveaux ou à l'occasion de nouveaux vêtements (hormis le cas du malade ou de la femme enceinte qui en éprouverait le besoin). Cependant, toutes les procédures d'engagement et de fiançailles peuvent se réaliser, et jusqu'à Roche 'Hodeche Av on garde alors une réserve pour ne pas organiser de festivités.

- pas de musiques ou festivités ni danses. Les chants religieux peuvent continuer sans instruments. Les professionnels de la musique également, par nécessité et avec modération, spécialement quand leur métier les conduit à jouer pour des non-Juifs. Lors des manifestation contre le plan d'expulsion des Juifs de Gouch Katif, les rabbins ont autorisé les instruments de musique pour donner aux Juifs la capacité de résister. Interroger le rabbin.

- pas de conflit violent avec des proches, des élèves, ou envers des enfants, pas de recours en justice, car les conséquences pourraient être néfastes

- On n'achète pas d'habits ni objets, hormis le cas où des occasions exceptionnelles se présentent qui ne se retrouveraient plus, concernant un objet nécessaire. Car on ne dira pas la bénédiction chéhé'héyanou (qui nous a fait revivre) puisque nous sommes au contraire dans la période de prise de conscience de notre perte. Bien entendu, on peut acheter les chaussures non en cuir pour le 9 av. Et on peut faire la bénédiction chéhé'héyanou sur un nouveau fruit le Chabbate, ou même hors du Chabbate si le fruit risquerait de ne pas tenir jusque là (toujours du bon sens, le judaïsme est intelligent), de même pour un malade ou une femme enceinte. De même pour le chéhé'héyanou suivant la naissance d'un enfant et le pidiyone ha ben . Et s'il ne s'agit pas d'un achat d'importance, on peut le faire jusqu'à Roche 'Hodeche Av mais pas ensuite jusqu'au 9 Av.

- Les cheveux.
On évite de les couper pendant cette période, de même la barbe, sauf si elle gêne pour manger. Mais celui qui ne peut pas pour des raisons professionnelles, de gagne pain nécessaire, ou de représentation, ou de rôle dans la cérémonie de la circoncision, se coupera les cheveux en évitant au maximum de le faire dans le semaine du 9 Av. Un endeuillé terminant le mois peut se couper les cheveux sauf pendant le semaine du 9 Av. De même une femme dont les cheveux nuiraient à son apparence.
- Les ongles. Les règles sont plus souples encore pour les ongles (par exemple, pour la femme qui se rend au miqvé).


Les prescriptions de pénitence à partir du 1 Av

(les jours les plus terribles de l'histoire juive se sont déroulés du 1 au 9 av).

Voir ici ce qui s'est passé pendant le mois de Av.

Etant donnée la variété des coutumes, ces précisions sont plus des exemples pour comprendre la logique de ces prescriptions. En cas d'appartenance à une collectivité particulière dont vous savez que les traditions existent, demander au rabbin. S'organiser aussi à l'avance pour ne pas avoir à transgresser ces principes.
En conséquence, pour nous souvenir de cela et vivre de façon à ne plus retomber dans ces conséquences terribles de nos actes lamentables:
- On ne fait plus de réjouissances, ni de mariages (les fiançailles nécessaires peuvent se dérouler avec repas). On veille à diminuer les expressions de joie.


- On n'achète pas d'habits ni objets contribuant à la joie, hormis les chaussures qui ne sont pas en cuir et que l'on porterait au 9 Av. De même on ne les nettoie pas, même si c'est pour les porter après le 9 Av ou si on ferait faire le nettoyage par un non-Juif. Hormis le cas d'un pauvre qui n'aurait qu'un seul vêtement, et même en ce cas il veillerait à ne pas le nettoyer la semaine du 9 Av. Hormis également, pour des raisons d'hygiène, les vêtements et couches des enfants. Et les réparations nécessaires sur les vêtements. On fait ce qu'il faut pour honorer le Chabbate dans ses vêtements et sa propreté.


- En ce sens, si possible, on ne répare pas les bâtiments ou objets, ni ne construit pas, on ne plante pas des plantes d'agrément, on n'améliore pas, on ne repeint pas, etc, ce qui aurait un but d'agrément. Certains détournent cela en le faisant faire par un non-Juif. La droiture permet de comprendre ce qu'il faut faire. Mais, bon sens, ce qui contribue à réaliser les mitsvotes, comme construire un miqvé ou une maison d'études, est réalisable.
- On s'abstient de boire du vin et de manger de la viande (hormis pour un repas de brite mila, circoncision, rachat du premier né ou pidione ha bén, ou de chabbate, ou de siyoum ou fin d'une longue étude, ou pour les malades et les femmes enceintes). En conséquence on ne fait pas d'abattage rituel ou ché'hita, hormis pour les repas de mitsva (cités juste ci-dessus). Les usages diffèrent d'une communauté à l'autre.
- On s'abstient de bain ou de nager pour le plaisir mais pour des raisons médicales ou pour l'hygiène minimale cela est permis. De même dans la pratique du miqvé pour la femme. Ces principes permettent de répondre à la majorité des questions.
- on veille à ralentir l'intensité de la vie professionnelle et du gagne-pain sauf nécessité claire.

La semaine du 9 av.
- On ne fait pas de lessive, hormis pour les jeunes enfants et les malades. 
- On ne se coupe pas les cheveux ni la barbe. 
- On ne prend pas des bains pour le plaisir, mais uniquement ce qui est nécessaire pour l'hygiène.


Le chabbate avant le 9 av


Il est nommé Chabbate 'Hazone, du nom de la haftara qui commence par 'Hazone Yéchayahou ben Amos (Isaïe 1, 1-27) qu'on lit après la paracha Dévarim.
Cette haftara, comme celles des deux chabbatotes précédents, Divréi Yirmiyahou (Jérémie 1- 2, 4) et Chimêou (Jérémie 2, 4-28 et 4, 1-2), nous rappelle les catastrophes terribles qui tomberont sur le peuple s'il s'écarte de la Torah de vie pour choisir une voie de mort.
Ces trois haftarotes sont nommés en araméen : les trois du désastre (Tlata dé pour ânouta)
Après le 9 av, on lira pendant 7 semaines des haftarotes de consolation, d'où le nom de Chivêa de né'hamata. Elles sont analysées longuement sur cette page indiquée par ce lien.

Avant ce chabbate, comme pour tout chabbate, on peut se préparer normalement (bain, toilette, linge propre et beau).

Si le 9 av tombe pendant un chabbate, en ce Chabbate 'Hazone, on en fait un chabbate normal et le jeûne sera reporté au lendemain, yom richone ou dimanche.

Donc, le troisième repas obligatoire de chabbate, la séouda chélichite qui normalement peut se prolonger au delà de la fin de chabbate pour lui rendre honneur, devra se terminer avant le coucher du soleil pour pouvoir commencer le jeûne immédiatement.

De même, quand le 9 av tombe le lendemain de chabbate ou quand il est reporté au lendemain de chabbate, on ne fait pas la havdala comme d'habitude mais on dira seulement la bénédiction sur la flamme (boré méoré ha éche) et le reste sera reporté à la fin du 9 av en omettant la bénédiction sur les odeurs (samim); donc seulement la bénédiction sur le vin (boré féri ha guéféne) et sur la séparation du saint et du profane (bén kodéche lé 'hol). Mais une personne malade qui ne pourra pas jeûner fera la havdala normale.


Le jeûne du 9 Av (Ticheâ bé av)

Jeûne
Le 9 av est l'un des 5 grands jeûnes (3 Tichri, jeûne de Guédalia, 10 Tévét, 17 Tamouz et 9 Av : voir Zacharie 8, 19 ). Cependant, le jeûne du 9 av est exceptionnel car il est une obligation pour tout Israël, hormis ceux qui ne peuvent le supporter en raison de leur santé. Ils limiteront alors au maximum leur nourriture.
A l'avenir, ces 5 dates se changeront en jours de fêtes (voir Zacharie 8, 19 et le traité Roche hachana, page 18 b).

Prescriptions pour le 9 Av
La veille:
Avant la prière de Min'ha ou le midi, on mange normalement mais sans viande ni vin.
Après la prière de Min'ha et avant le coucher du soleil, on prend le repas nommé "repas d'arrêt", Séouda mafséqéte qui ne comporte souvent qu'un plat de lentilles. On mange autant que l'on veut et il peut y avoir d'autres choses (boisssons, café, fruits, etc) en plus du plat unique. On ne fait pas la bénédiction collective dite zimoune quand il y a plus de trois hommes.

Le jeûne total commence au coucher du soleil jusqu'au coucher du soleil du lendemain.

La synagogue sera préparée (peu de lumières, une zone dégagée pour s'asseoir sur le sol, le rideau ou parokhète de l'armoire de la Torah (ou Hékhal ou arone ha qodéche) mis à l'envers jusqu'à Min'ha. C'est à min'ha seulement qu'on mettra le tallite ou chale de prière et les téfilines. Certains caballistes les mettent le matin en privé mais cela ne concerne pas du tout les autres personnes.

Le soir qui commence le jour du 9 Av, on va à la synagogue, on dit le nombre d'années écoulées depuis la destruction du Temple et on lit le livre des Lamentations (Eikha) ainsi qu'à Cha'harite et Min'ha, et également des cantiques de tristesse ou "qinotes". A Cha'harite, on sort la Torah pour lire Dévarim 9. 25-40 mais sans soulever la Torah comme on le fait normalement.

A Min'ha, moment très important, la synagogue aura retrouvé son aspect normal et pourtant c'est le moment où le Temple a été incendié. Cela est pour nous enseigner que le peuple a été préservé et cela nous montre que Hachém ni'hem ete avlé Tsione, a consolé les endeuillés de Sion et a répondu à leurs plaintes (voir Choul'hane Aroukh, Ora'h 'Hayim 557, 1)?

Le jeûne concerne tout le monde (hommes, femmes, enfants, vieillards, malades). Mais les malades suivront leur impression ou l'avis du médecin, l'avis le plus doux l'emportant toujours.


Les interdictions sont :
- pas de nourriture ni boisson ni se rincer la bouche, ni se laver mais seulement se laver les mains ou une autre partie du corps si elles sont sales ou en devant laver un objet (on lave les bébés normalement); à partir de midi, on peut préparer le repas pour le soir,
- on n'étudie pas la Torah mais uniquement les passages qui concernent les épisodes tristes de l'histoire,
- pas de relations conjugales,
- pas de chaussures en cuir, ni parfums, ni beaux vêtements (ce n'est pas une journée de sortie où montrer ses belles toilettes sur le chemin de la synagogue et on veillera plus que jamais à la pudeur dans les vêtements),
- le soir et le matin, on s'assoit sur le sol ; beaucoup dorment sur le sol sans oreiller moelleux ;
- le matin, nétilate sur les doigts seulement,
- on ne salue pas ceux que l'on rencontre, mais on peut répondre si quelqu'un qui ignore vous salue (ne pas faire de ce congé inhabituel un jour de promenade et vacances et distraction alors qu'on doit rester centré sur la destruction du Temple),
- pas de conversation légère ni de plaisanteries,
- on ne travaille pas jusqu'à midi (usage) ; le traité Taânite 30 b dit que celui qui travaille ce jour-là ne tirera rien de bien de ce travail.
- la synagogue est presque dans l'obscurité, le rideau (parokhète) de l'armoire aux rouleaux de Torah (arone haqqodéche) est changé ou supprimé, les participants assis par terre ou sur des sièges différents, le ton grave et monotone, on lit les Lamentations Eikha et des récits plaintifs, les kinote, variables suivant les traditions.
- certaines communautés ne mettent ni téfillines ni tallite, certaines seulement à min'hah.
- les habitants de Jérusalem ont coutume de se rendre au mur occidental (le kotél) ce jour-là et d'y réciter les textes.
- les femmes de certaines communautés, comme les Yéménites, utilisent discrètement des parfums en liaison avec les textes qui parlent de l'avenir de fête et de la naissance du Machia'h ben David qui se produira ce jour-là.

Le 10 av, le Temple a continué à brûler jusqu'à la destruction, donc on en garde le souvenir et on reste modéré en tout, spécialement jusque midi. Ceci ne concerne pas le cas où le 10 est un chabbate, bien entendu.

En Israël de nos jours, le non respect  de ces coutumes sur un point si sensible à toute la communauté est parfois exhibé par quelques personnalités publiques devant les caméras.
Cela est souvent considéré comme un acte de profanation provocatrice délibérée. Les Sages sont occupés à autre chose qu'à y réagir, ils continuent à éduquer.
Les courants réformés américains avaient abandonné ces coutumes centrales traditionnelles, et ils semblent revenir au consensus séculaire par des cérémonies particulières.

3. La téchouva personnelle
Il ne s'agit pas seulement de faire des signes extérieurs de tristesse. Ce sont des aides concrètes pour que l'intérieur soit attristé par tout ce qui démolit la vie de bonheur  enseignée sur ces trois dimensions : 
- Torah de vie (la connaître, l'accepter, la vivre intérieurement et non seulement dans les pratiques),
- peuple  de la Torah de vie (connaître les autres communautés, aimer tout le peuple, travailler à son unité et à son rassemblement),
- terre de la Torah de vie (la Torah la définit comme éréts haqoddéche, la Terre du Saint Lui-même, et non pas comme un pays parmi d'autres; la connaître en tant que telle, la respecter, ne pas la détruire en tant que telle).

3a. On le voit, il y a un travail personnel à réaliser sur le plan de l'examen de nos attitudes psychologiques personnelles et de leurs expressions : réparer toutes ces brèches dans la réalité.
Mais alors, diriez-vous, quelle est la différence entre cela et la période qui va de Roche Ha Channa et Yom Kippour?

3b. C'est que le 9 av nous enseigne qu'
il n'y a aucune différence 
- entre nos déficiences intérieures et dans nos relations
- et les déficiences concernant la Torah de la terre d'Israël.

C'est la même chose, ces trois formes de destructions différentes :

- Torah : ceux qui au nom des belles valeurs réelles des cultures dominantes ont voulu et veulent encore présenter le judaïsme comme un particularisme dépassé, primitif, fanatique, de second degré spirituel ou intellectuel, et luttent pour sa disparition comme système éducatif dans le peuple juif.

- peuple : ceux qui au nom des belles valeurs réelles de la culture universelle et de la modernité actuelle, prônent l'assimilation de facto dans les seules valeurs universelles. D'une part, ils oublient qu'elles ne sont, en fait, qu'une certaine forme particulière de culture impérialiste, comme le pensent les pays des autres zones culturelles mais cela n'est pas le plus ennuyeux dans cette position (ma participation aux travaux internationaux des droits de l'homme me donne l'expérience de cette opposition de la majorité des pays non occidentaux pour ce motif à l'idéologie dominatrice des soi-disant "droits de l'homme"). Ce qui est grave, c'est la participation de Juifs au processus continu de destruction de notre peuple comme tel. Et cela, à l'heure où tous les peuples eux reprennent conscience, à juste titre, de leurs valeurs propres.

- terre : la Torah nous a enseigné que la terre d'Israël n'est pas une terre comme les autres, c'est uniquement une terre qui est dans l'humanité le Temple de la présence de Hachém en Son lieu avec Son peuple vivant selon Sa Torah. Cela pour la bénédiction de toute l'humanité. Et d'abord dans le respect de la morale envers nos pauvres et envers ces peuples et les étrangers.

L'épisode des explorateurs dans le désert (lien ici) nous a enseigné que le désir des chefs de renoncer à la terre d'Israël va toujours de pair avec une dégradation de la vérité, de la morale sociale, de la justice sociale car la terre d'Israël est ce laboratoire. Et cela concerne la terre d'Israël et pas seulement son centre qui est le Temple.

Réfléchissons : il y a eu 
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles, le peuple a voulu détruire la Torah et l'abandonner pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles, le peuple a voulu se détruire en tant que peuple de la Torah pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles, le peuple a voulu se détruire en tant que Temple pour s'assimiler,
- des époques où, au nom d'autres valeurs réelles, le peuple a voulu se détruire en tant que terre pour s'assimiler,
Ces 4 volontés destructrices sont déchaînées dans notre peuple actuellement. A la grande joie des occidentaux et des ennemis.
Le  9 av, est un rite qui a été institué pour bien nous faire comprendre que ces 4 différents aspects n'en sont qu'UN.
Cela est contrariant, il serait tellement agréable de se débarrasser de cette prise de conscience. Mais cela est impossible. Chaque génération doit assumer.
Rouler sans l'UNE de ces quatres roues de notre voiture, nous conduirait à la catastrophe, le 9 av nous le fait méditer SUR LES DOSSIERS HISTORIQUES COMME PREUVES.
MAIS, cela, POUR AMELIORER. Pas seulement pour commémorer, pas du tout seulement pour réaliser la fidélité de l'obligation rituelle.

Alors, ENSEMBLE,
nous verrons que la Torah-le peuple-la terre-Jérusalem-le Temple (cliquer sur ce lien),
en une seule unité assument leur tâche de bénédictions
pour toute l'humanité.
.

Espoir
Selon ce que nous avons déjà dit pour le mois de Tamouz et selon une conception générale dans le judaïsme au sujet de la conversion du mal en bien, le 9 av deviendra un jour de fête par la naissance du Machia'h (Traité Bérakhote de Jérusalem 2,4).

Lecture personnelle de préparation pour tous pour tous :
Bien entendu, avant tout, Eikha, les Lamentations, avec son texte et son étude sur cette page.
Vayiqra (Lévitique ) 26, 39-40
Jérémie 26, 18
Zacharie 8, 19

Lecture personnelle pour les étudiants avancés en hébreu :
Sur les cinq catastrophes : michna Taânite 4,6
Traité Taânite 13 a, 26b et 29 a
Rambam : Michné Torah, Zémanim, Hilkhote Taâniyote, 4, 5 (volume 3)
Choulkhane Aroukh, Ora'h 'Hayim, 549 et suivants.

Halakha pratique
Pour toute question ou incertitude : une seule règle est d'étudier soi-même et de s'assurer en questionnant le rabbin, et non les simples voisins, pour les précisions. Les informations ici données tombent sous cette règle et ne sont pas des prescriptions.


 
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