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Dufour

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par Yehoshua Ra'hamim Dufour
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Le mois de Tamouz

Fragilité et vigilance 


Période excessive
Au premier jour du mois de Tamouz (le 25 juin), aucune créaturen'a d'ombre (Béréchite Rabba 6, 6) car le soleil est au zénith.Ce n'est pas une période caractérisée par les nuances; nombre de guerres commencent en été sous la forte chaleur quand les hommes ne contrôlent plus les différentes phasesdes problèmes et se prennent eux-mêmes chacun pour la lumière.
La période qui va entre le 17 Tamouz (11 juillet) et le 9 av (1 août) est particulièrement délicate et réfèreaux phases de destruction du premier et du second temple (Béréchite Rabba sur Les Lamentations, préface et 1, 3, 29).

Le retour
Il va falloir revenir lentement vers le sens des choses par la techouva, repentance, jusqu'à les remettre dans leur ordre qui est celui dela création ; c'est ce que nous ferons bientôt à Roche Hachana.
Mais il y a espoir -si vous revenons vers le meilleur de nous mêmes- car Jérémie, le prophète qui essayait de retenir lepeuple sur la pente des malheurs le dit (1, 11) lorsqu'il voit la première fleur qui est celle de l'amandier : elle met 21 jours entre le bourgeon et le fruit, comme les 21 jours qui séparent ces deux dates (B.R. préface). Ainsi, le 17 tamouz les murailles de Jérusalemfurent percées, et le 9 Av le Temple fut détruit. Il faut profiter de ce temps de répît pour retourner la situation.

L'exemple du peuple dans le désert
Notre fragilité en cette période sera mieux comprise si nous analysons ce qui s'est passé pour les bnéi Yisrael dans le désert.
Moshé a quitté le campement pour aller recevoir la Torah le 7 du mois de Sivane que nous venons de terminer ; il avait annoncé qu'il serait absent 40 jours et reviendrait avec la Torah. Le peuple a donc compté et attendu. Dès que les 40 jours furent terminésà ses yeux, il perdit espoir et alla se raccrocher aux anciennes divinités d'Egypte et fit le veau d'or.
Pourtant, le peuple n'avait fait qu'une petite erreur dans lecalcul des 40 jours. Une impatience et une infidélité de6 heures seulement. Manque de compétence, manque de confiance, manque de stabilité. C'est ce que nos Sages appelent l'action du Satane, le provocateur, le perturbateur qui met à l'épreuve.

Reconnaissance envers les femmes
Les femmes n'apportèrent aucun or de leurs bijoux pour faire cette idole et, depuis et de nos jours dans les familles pratiquantes, en reconnaissance de la stabilité qu'elles ont eu en ces jours d'épreuve, les femmes sont dispensées de tout travail pénible chaque premier jour de chaque mois, et plus encore en ce mois de Tamouz. Sérieusement. A bon entendeur... De plus, ce jour est vécu comme une fête chaque premier du mois par toute la famille et par ceux qui, eux, ne sont pas dispensées du travail (mari, enfants).

Analyse de l'épreuve : créer la confusion par la désinformation.
Donc, depuis le 7 du mois de Sivane, Moshé passa sur la montagne 24 jours en Sivane et jusqu'au 17 Tamouz ; cela fait apparemment 41 jours selon les dates du calendrier. Mais, en réalité, cela ne fait que 40 jours complets (puisque un jour comprend la nuit et le jour, comme il est dit en Béréchite 1, 5). Il fallait donc ajouter les 6 heures d'entrée dans la journée du 17 Tamouz car Moché avait bien dit qu'il serait absent 40 jours complets (chelemim) et non 40 jours en date (emtsaîm).
La punition tomba sur le peuple, Moshé brisa les Tables (voir Taânite 26 a et 28 b Tossafotes), il remonta sur la montagne supplier pour le peuple et revint avec les nouvelles Tables de l'alliance.
Le traité Chabbate 89 a, commenté par Rachi et les tossafistes, décrit cela :
"Ribbi Yehoshua ben Lévi a dit : que signifie le verset "le peuple croyant que Moshé tardait (bochéch) à descendre de la montagne" (Chémote 32, 1), etc. Ne lis pas bochéchmais bo chéch (dedans 6). En effet, avant de monter aux cieux sur la montagne, Moché avait bien averti : dans 40 jours, au début de la 6e heure, je serai de retour. 
Quand les 40 jours furent terminés, le Satane apporta la confusion dans le monde : 
- où est votre Maître ? 
- Il est monté aux cieux 
- Mais la 6e heure est passé ! 
Ils ne réagirent pas à ce qu'il avait dit. Alors il ajouta : Moché est mort.Ils ne réagirent pas. Alors il créa une illusion et montraà leur yeux le cercueil de Moché. Et alors le peuple di tà Aharone : Ce Moché, cet homme qui nous a fait sortir d'Egypte,nous ne savons pas ce qu'il est devenu (Chémote 32, 2)."
Chacun peut se reconnaître en ces phases de l'épreuve : d'abord l'assurance, la fidélité, la résistance intérieure, puis la fatigue, la lassitude, le doute, l'influence des autres qui détruisent, et la chute par abandon.
Nous pouvons aussi reconnaître là la pression de la désinformation qui presse continuellement le peuple à abandonner ses valeurs sous prétexte qu'elles seraient dépassées, différentes de celles des autres, que la preuve serait faite que nous n'avons pas de protection divine ni d'histoire menée par la Torah, que nos repères sont primitifs par rapport au monde moderne, etc. Ils sont nombreux les intelligents (ignorants) qui se donnent le droit de penser notre destin à notre place aujourd'hui. Dedans, comme dehors.

Sens éducatif de cet épisode
Les actes de notre histoire ne sont pas rapportés dans un but de tenir une chronique mais uniquement pour notre éclairage éducatif. Voici ce qu'en dit encore Ribbi Yehoshua ben Lévi (cette fois dans le traité Avoda Zara 4b) : la construction du veau d'or par les bnéi Israël n'a eu lieu que pour nous encourager à faire techouva, repentance. Comme il est dit (après le don des 10 commandements) : ah! s'ils pouvaient toujours conserver ce même coeur pour me craindre et accomplir mes commandements (Devarim 5, 26)... 
David n'était pas homme à commettre cette faute, Israël non plus...
Cela a eu lieu pour qu'on puisse montrer en exemple ces épisodes à un individu qui fauterait ou à une communauté qui fauterait. La voie du repentir est possible et la miséricorde intervient.

Note
Cette étude demande maintenant une interrogation personnelle et de se reporter avec précision aux références communiquées :
Chémote (Exode) 32
Devarim 5, 26
Jérémie 1
Béréchite Rabba 6, 6
Béréchite Rabba sur Les Lamentations, préface et 1, 3, 29
Chabbate 89 a
Avoda Zara 4b

Halakha
On jeûne le 17 Tamouz toute la journée à partir de l'aube.
Questionner le rabbin pour les précisions sur la façon de jeûner ce jour-là.
Il n'y a pas de mariage ni de festivités ou acquisitions quiréjouissent et que l'on peut retarder, pendant les 3 semaines qui séparent le 17 Tamouz et le 9 Av.
Les fiançailles peuvent se dérouler mais sans festivités.
Questionner le rabbin pour les précisions.