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La fête de Tou Bi
Chevate
(Jour de l'an pour les arbres et les fruits)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
à partir des ouvrages de nos
Sages
http://www.modia.org
Israël est "chochana", cette rose.
Parmi vos amis, familles, communautés, Beaucoup assisteront à
la fête mais ne connaissent pas toutes ces précisions indispensables que vous
trouvez ici. C'est
donc amical et affectueux que de leur communiquer cette page. Ou de l'enseigner,
vous avez ici la matière pour cela, proposez-le leur rapidement.
Voir également ces deux pages:
1. La beauté intime
de Jérusalem à Tou bé Av (février)
et 2.
ici
Ma yadidote michkénotéikha (Psaume 84,2)
Quelles sont aimables Tes demeures!
Scénario et photos d'amour.
Attention! Ceci n'est pas du tourisme, ni une conception sur la nature,
mais une étude de la Torah, pour "ressentir" ce qu'est
la terre d'Israël;
Torah vivante et vécue sur la terre de LA présence divine.
Car on doit étudier avec le coeur, le lev. Un bon exercice.
|
Lettre personnelle
Cette année, cette fête aura une intensité puissante car elle
veut nous donner le sens du monde et de la terre d'Israël, lieu dynamique
de la bénédiction.
Et nous en avons un besoin urgent. Nous sommes en effet en plein "bilboul,
n'importe quoi". En bref, le peuple juif dans son ensemble ne fait aucunement
face avec réalisme à la gravité des crises qu'il
traverse en ce moment:
- il ronronne dans ses petites ou grandes communautés alors que des masses
entières disparaissent dans l'assimilation.
- il ne transmet pas à des millions de Juifs isolés non insérés dans ces
communautés le trésor qu'il possède et qui devrait être le capital de vie
de tous. Seuls quelques mouvements comme 'Habad ont
ce sens de la responsabilité de toute la famille, les autres sont repliés
sur
leur consommation personnelle.
Et, souvent, de plus, ignorent les autres et ne les apprécient pas, se voyant
personnellement -à tort- comme la seule expression et la plus vraie et unique
et authentique de la tradition. A tort, car le peuple juif est un ensemble,
comme
chacune
des
parties
du corps ou de l'étoile de David.
- il voit Israël comme "un pays comme les autres" ou un lieu de vacances
et de retraite mais non pas un pays à construire. La moindre peur et on l'abandonne.
Que dirait-on si on faisait cela envers sa propre famille! Or, c'est notre
propre famille.
- et, c'est manifeste, un petit groupe a pris actuellement en mains Israël
et le mène dans la corruption comme un immense capital à exploiter matériellement
sans vergogne, délaissant les problèmes réels de pauvreté, d'éducation et
de sécurité.
Hier, quelqu'un du peuple, de grande sagesse, voyant toutes
les nouvelles
(que je traduis par ces attitudes typiques, réfléchies, soucieuses et
responsables, d'un Israélien lisant son journal dans la rue),

me disait avec peine et en positif: "si nous ne changeons
pas rapidement, tous et
chacun, il ne faudra plus longtemps
pour
que se réalise
une nouvelle galoute, dispersion, ce sera celle d'Ismaël et non
plus d'Esav (Esaü) cette fois; car tous les peuples travaillent à cela
et nous coopérons
à notre destruction par le manque de responsabilité et d'amour minimal
entre nous, même parmi les responsables religieux, grands ou petits, du
peuple les uns envers les
autres; et nous courrons ainsi vers ce qui s'est produit avec la destruction
du Temple, et ce sera alors une nouvelle dispersion, plus dure encore." Ou
union ou dispersion.
Donc, la fête de Tou bi Chevate n'est pas seulement une fête folklorique
pour faire marcher le commerce des agrumes israéliens avec quelques musiques
locales,
n'importe où dans le monde ou en Israël. C'est une fête qui doit, par le
rite des bénédictions, nous rappeler que nous ne vivons que par le flux
d'énergie de la bénédiction du Créateur. Et que nous avons à faire vivre
notre peuple
sur Sa terre selon les règles vitales.
Donc, chaque mot de ces bénédictions que nous dirons, chaque regard vers
chacun de ces fruits, devraient en les disant nous communiquer une émotion
à la grandeur de cela.
Mais aussi, nous donner à chacun, je dis bien à chacun de tous les Juifs
quel qu'il soit et où qu'il soit, l'émotion intérieure qui change notre
vie en nous branchant sur ce que chaque Juif a à vivre et à réaliser. Et
ainsi
à faire réussir notre tâche collective. C'est normal que ce soit difficile,
car IsraEL (et chaque Juif également) est choisi comme microcosme représentatif
du bien et du mal qu'il y a dans le monde et a reçu seulement en plus une
mission difficile: améliorer le monde par les clefs de la Création reçues
dans la Torah. Ne soyons pas surpris de notre difficulté à mener cette
tâche. Et chaque fête revient pour nous y aider, mais il faut la vivre
en intériorité (pnimioute) sinon ce n'est que comédie, inutile et vue par
les non-Juifs comme outrageante envers notre mission collective. Et ils
ont raison. Mais D.ieu dit seulement dans le Tanakh: mais Je ne leur avais
pas donné l'autorisation pour autant de vouloir exterminer mon peuple.
C'est écrit!
Nous sommes ces fruits. La réussite de la Création est possible malgré
tous les ennemis et malgré tout le mal en chacun de nous, malgré le yetsér
ha râ, ce que la psychanalyse fondée par un Juif, a appelé bien plus tard,
l'instinct de destruction. Nous pouvons changer la direction du courant,
la nature
créee
par le Créateur
veut nous
le prouver
une fois
de plus.
Bonne réussite de la fête? Cela ne dépend que de nous car le Ciel nous
donne tout à chaque instant. Je symbolise cette plénitude en chacune de
ses composantes par cette image de cette fleur de la terre d'Israël qui
a fleuri cette semaine et que j'ai placée chez moi.

Sens
Au retour du printemps, et aux premiers signes de renouveau
de la nature, des arbres, des fleurs et des fruits, c'est un renouvellement
de notre
sensibilité à la beauté de la terre d'Israël.
La Torah fait souvent sa louange et, depuis les explorateurs, Yehoshua
et Caleb qui en rapportèrent des grappes de vigne gigantesques,
les fruits d'Erets Yisraël sont célébrés, autant
dans la Torah que sur les tables familiales en Israël et dans le monde.
C'est l'occasion de remettre tout cela dans le sens de la bénédiction.
Les 7 produits d'Israël nommés dans la Torah comme l'excellence
de la terre sont : la vigne, les grenades, les olives, les dattes et les
figues, le blé et l'orge.
Tou veut dire en abréviation "15" ; bi signifie "dans" ; Chevate est le mois.
Déroulement de la fête
C'est une fête célébrée en famille et entre
amis, très aimée des enfants. Elle se base sur un "Séder de Tou
bi Chévate" que l'on trouve dans un livre de qabala nommé Péri
Ets Hadar. On le nomme aussi Haggadah de
Tou bi Chévate.
On essaie de se munir de ces 7 espèces venant de la terre d'Israël.
La cérémonie peut se déroule à n'importe
quel moment de la journée, donc au début de ce jour juif.
• La table est décorée par les fruits.
• On commence par dire les psaumes 120 à 134, nommés
Cantiques des degrés ou Chir hammaâlote, nommés ainsi parce que
ces mots sont dans leur texte, mais aussi parce qu'on les disait sur les
escaliers du Temple ou en montant dans la joie vers Jérusalem. Reportez
vous à cette page pour ces psaumes et leurs commentaires.
• Après chaque psaume, quelqu'un dit une bénédiction sur
l'un des fruits et chacun à son tour fait de même.
• Si on mange plusieurs fruits différents à la suite,
on ne dit la bénédiction sur les fruits de l'arbre que pour
le premier fruit.
• Toute bénédiction doit comporter 3
conditions : les mots Mélékh (roi) et Baroukh (béni le nom
de D.ieu), et l'objet de cette bénédiction ; la formule
est ainsi : Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh
haôlam boré (suivis du nom du fruit), ce qui veut dire
: Béni sois-Tu Hachém notre Dieu Roi du monde qui
a créé...
(Consultez
l'index de la page des prières)
1. Mézonote.
Un commence par les gâteaux (mézonote) faits avec
le blé ou l'orge. On dit la bénédiction avant de
manger ; on prend l'objet de la bénédiction dans la main
droite et on dit :
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré miné mézonote. (les assistants répondent
: Amen). Puis chacun fait de même, et tous répondent
à chaque fois : Amen.
La bénédiction est toujours suivie
immédiatement
de la consommation.
Celui qui répond Amen à une bénédiction
dite par un autre avec l'intention d'être représenté
par lui a dit la bénédiction; sinon, il doit la redire s'il
mange.
Puis on continue par...
2. Olives.
(Ne vous étonnez pas de lire : boré féri
haêts et non pas boré péri haêts.
Ce que nous écrivons est la prononciation exacte et normale de l'hébreu
car le daggéche qui durcit la lettre p de péri tombe
après l'une des lettres qui sont dans le tétragramme
et après la lettre aleph et nous avons donc f et non pas
p. C'est le b-a ba de la lecture de la Torah ; une
bonne occasion pour découvrir ces règles si vous les ignorez.)
Mais beaucoup ne connaissent pas cette règle et ce n'est pas le moment
de le leur faire remarquer!!
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haêts (le fruit de l'arbre).
3. Dattes.
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haêts (le fruit de l'arbre).
Puis on continue par...
4. Raisins frais ou secs.
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haêts (le fruit de l'arbre).
Puis on continue par...
5. Vin.
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri hagguéféne (le fruit de
l'arbre).
6. Figues.
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haêts (le fruit de l'arbre).
7. Grenades.
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haêts (le fruit de l'arbre).
8. Après ces 7 fruits dits de la terre
d'Israël,
on peut offrir d'autres beaux fruits.
9. Quand on a fini ce repas, si on a mangé une quantité d'aliment "kazayite" (29
grammes au moins) ou, pour un liquide,
la quantité d'un "réviîte" (88 centilitres ou
1/8 de litre, selon d'autres décisionnaires), on dit une bénédiction
générale qui reprend ces termes spécifiques cités
ci-dessus lors de la bénédiction initiale. Pour les mézonotes (gâteaux), si la quantité dépasse 173 grammes ou 230
(selon d'autres), on passe à la bénédiction globale
d'un repas qui est le birkate hammazone. Demander les détails
précis pour la bénédiction sur chaque aliment particulier
à un rabbin, ou voir dans les livres de prières où
cela est généralement bien indiqué.
Beaucoup lisent les versets du Cantique des Cantiques qui parlent de
ces fruits.
C'est l'occasion de faire cette recherche, très agréable,
à plusieurs la découverte est encore plus agréable.
Attention, à 4 points :
• si on boit de la bière, la bénédiction
est
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
ché hakkol niya vidévaro (que tout est par Sa parole).
• les fruits suivants (banane, pastéque et melon)
ne sont pas
des fruits de l'arbre (êts) mais des fruits de la terre (adama)
; on dit donc sur eux avant de les manger :
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
boré féri haadama (le fruit de la terre).
• si on mange un fruit parfumé comme le cédrat
ou le citron,
on dit aussi :
Baroukh ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh haôlam
hannoténe
réa'h bappérote (qui donne du parfum aux fruits).
• Quand on consomme, pour la première fois pendant l'année,
un nouveau fruit de saison on dit la bénédiction chéhé'héyanou.
La bénédiction est une louange, mais aussi la reconnaissance
que chaque chose appartient à D.ieu seul (voir le verset des Psaumes
26, 1) et elle nous est donnée gratuitement par D.ieu par bonté
; elle n'est pas notre acquisition ni notre fabrication. C'est l'influx
qui crée la vie, la maintient. Mais nous avons maintenant un pouvoir
de co-création : en disant la bénédiction avec pureté
du coeur et des actes et avec intention, nous dévelopons la descente
de cet influx créateur de vie.
Il faut faire cet acte d'humilité, d'obédience et de reconnaissance
comme envers quelqu'un qui nous donne un cadeau qui ne nous appartient
pas. La terre nous est donnée, certes, mais à cette condition
; voir le verset des psaumes 115, 16.
Nos textes disent que celui qui jouit d'un bien
sur cette terre sans
prononcer préalablement une bénédiction est, explicitement,
un voleur (Traité Bérakhote 35 a et b). Et il aura à
rendre compte de ces vols et de ces bénédictions perdues
car elles avaient pour fonction d'apporter le bonheur au monde. Voir les
Principes des Pères 3, 20.
Voilà le motif de la phrase bien connue selon laquelle un juif
doit dire au moins 100 bénédictions par jour. C'est un chiffre
qui réfère à la plénitude.
Etude : le traité Bérakhote du
Talmud.
Un excellent livre, complet sur Tou bi Chevat dans la tradition sépharade avec tous les minhaguim (coutumes) et leur sens: Hillel Bakis, Haggadah pour Tou Bichevat. Coutume Sépharade.
Diffusion Bibliophane 50 rue Curial 75019 Paris. Tel 33.140059855
ou 0140059855.
Tou bi Chévate, c'est l'occasion de donner cours à notre
amour de la terre d'Israël. Donc :
1. Connaître le sens particulier
de cette terre. Sortez de la politique, c'est une question de couple,
de présence de la dimension divine dans la Création, le lieu
du Sanctuaire et du service pour la Création et pour le bien des
peuple, lieu de la mission du peuple juif.
2. Découvrir la beauté des paysages de
la terre d'Israël.
Voici quelques sites pour cela:
D'abord, allez sur mon annuaire des sites israeliens,
explorez-le (Jérusalem,
les villes). Un monde qui vous prendra au coeur, au coeur de vous-même.
http://www.modia.org/infos/infos/annuaire-israel.html
et voici les Jardins botaniques d'Israël
celui du Neguev
http://www.benzkotz.dircon.co.uk/web.html
celui de Jérusalem, c'est en
hébreu, mais les fleurs sont polyglotes
http://www.botanic.co.il/hebrew/index.htm
Les sites archéologiques en Israël
http://www.israel-mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAH0dpk0
et mes photos
de fleurs et fruits d'Israël
et ici encore
plus!
Ici, le rite de cette fête chez
les Juifs d'Afrique du Nord, téléchargeable
sur le site du Rav Zecharia Zermati (voir son site)
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