Yom Kippour
(Jour du pardon)
10 Tichri, 22 septembre 2007
(commence le 21 septembre au soir).
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
à partir des ouvrages de
nos Sages
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J'offre cet enseignement en Juif qui le reçoit de
la tradition orthodoxe depuis Moché Rabbénou. Je vous
demande, par amitié, que jamais mon enseignement ne soit utilisé
dans une autre perspective ; je n'y aurais aucune part ni aucune responsabilité
ni aucune coopération. Et ce serait contraire à ma volonté
explicite.
I m p o r t a n t
Cette étude est dédiée à ceux
qui veulent, pendant tout le Jour de Kippour,
1) regretter leurs fautes
concernant les 3 amours que la Torah nous demande
(symbolisés par cette image, à nos yeux) :
amour du Créateur et de sa Torah,
amour du peuple d'Israël,
et amour de la terre d'Israël
2) prévoir comment ne plus renouveler nos 3 erreurs.
"Et Hachém pardonnera à Son peuple-Sa
terre
qui ne sont qu'un :
vékhiper
admato-amo" (Dévarim 32, 43).
Et, par nos efforts, Jérusalem sera sauvée
car il est dit :
"la prière des Justes fait que Hachém
sauve Jérusalem (Le Tour, Chémote 9, 33)
yikhaper Hachéém lirouchalayim âl
yédé téfilate hattsaddiqim".
Le salut d'Israël est dans la qualité de notre
retour vrai.
(image de Michèle Doubior. et remerciements)
Plan
- Lire préalablement :
Pour tous
Pour les avancés
- Sens et travail personnel dans les sources de la Torah
- La terre, un don conditionnel
- Concrètement
- Techouva. Qu'est-ce que revenir ? Comment revenir ?
- Les guides classiques
- Le retour du bien-aimé
- Le Middrache Chir hachirim
- La dynamique de la biche
Dates
Kippour arrive
10 jours après Roche hachana, le 10 Tichri.
En ce jour, eurent lieu:
- la circoncision d'Avraham, de son fils Yichmael âgé de 13 ans, et de
toute sa maison.
- la âqéda avec le dit sacrifice de son fils Yits'haq, selon plusieurs
sources.
- la seconde descente de Moché rabbénou du Sinaï avec les nouvelles tables
de l'alliance dans sa main, un yom chéni (second jour après le Chabbate).
Voyez la paracha Ki tissa et Eqev.
- le pardon de David pour sa faute avec Bat Chévâ.
- D.ieu exauça Eliahou ha Navi en ce jour à min'ha (Traité Bérakhote du
Talmud 6b).
- le meurtre (en qiddouche Hachém) de Ribbi Âqiva.
- la naissance de Rabbénou ha qaddoch, Ribbi Yéhouda ha Nassi.
Voici la lune avant
Kippour: il reste encore beaucoup de ténèbres à disperser.
(photos de l'auteur, la veille de Kippour)
1. Lire préalablement
:
Pour tous
Vayiqra chapitres 16 et 18
Isaïe 57, 14-21 et 58
Le livre de Jonas
Lecture de la Torah
à Cha'harite: Vayiqra ch. 16 et dans le second livre de la Torah on
lit Bémidbar 29, 7-11.
Lecture de la haftarah
de Cha'harite (Isaïe
57,14-58,14 et le chant sur ce lien) :
" Et on dira: "Nivelez, nivelez, déblayez la
route! Enlevez tout obstacle de la voie de Mon peuple!" Car
ainsi parle le Dieu très haut et suprême, Celui qui
habite l'Eternité et qui a nom le Saint: "Sublime et
saint est mon trône! Mais il est aussi dans les cœurs
contrits et humbles, pour vivifier l'esprit des humbles, pour ranimer
le cœur des affligés. Non Je ne veux pas disputer
sans trêve, être toujours en colère, car l'esprit
finirait par s'éteindre devant moi, avec ces âmes que
moi-même J'ai créées. C'est contre sa criminelle
cupidité que Je me suis irrité; J'ai sévi contre
lui en dérobant Ma face, en n'écoutant que Ma colère,
alors que, rebelle, il suivait les caprices de son cœur. J'ai
observé ses voies et Je veux le guérir, le guider,
lui dispenser la consolation, à lui et à ceux qui sont
en deuil à son sujet. Celui qui crée [la parole],
fruit des lèvres: "Paix, paix, dit-Il, pour qui s'est éloigné comme
pour le plus proche! Je le guérirai," ainsi parle Hachém.
Mais les pervers sont comme une mer houleuse, qui ne peut s'apaiser
et dont les eaux bouillonnent de limon et de fange. Pas de paix,
dit mon Dieu, pour les méchants!
Crie à plein gosier, ne te ménage point! Comme le cor,
fais retentir ta voix! Et expose à Mon peuple son iniquité, à la
maison de Jacob ses péchés. Jour par jour ils s'adressent à Moi
et manifestent le désir de connaître Mes voies; à la
façon d'un peuple pratiquant la justice, qui n'aurait jamais
trahi la loi de son Dieu, ils Me demandent des règles de justice,
ils sollicitent la présence de Dieu. "Pourquoi jeûnons-nous,
sans que Tu T'en aperçoives? Mortifions-nous notre personne,
sans que Tu le remarques? " C'est qu'au jour de votre jeûne,
vous poursuivez vos intérêts et tyrannisez vos débiteurs.
Oui, vous jeûnez pour fomenter querelles et dissensions,
pour frapper d'un poing brutal; vous ne jeûnez pas à l'heure
présente pour que votre voix soit entendue là-haut.
Est-ce là un jeûne qui peut m'être agréable,
un jour où l'homme se mortifie lui-même? Courber la
tête comme un roseau, se coucher sur le cilice et la cendre,
est-ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour bienvenu
de Hachém? Mais voici le jeûne que J'aime: c'est de
rompre les chaînes de l'injustice, de dénouer les liens
de tous les jougs, de renvoyer libres ceux qu'on opprime, de briser
enfin toute servitude; puis encore, de partager ton pain avec l'affamé,
de recueillir dans ta maison les malheureux sans asile; quand tu
vois un homme nu, de le couvrir, de ne jamais te dérober à ceux
qui sont comme ta propre chair! C'est alors que ta lumière
poindra comme l'aube, que ta guérison sera prompte à éclore;
ta vertu marchera devant toi, et derrière toi la
majesté de Hachém fermera la marche. Alors, tu appelleras
et Hachém répondra, tu supplieras et Il dira: "Me
voici!" Oui, si tu bannis de ton sein toute oppression, le geste
violent et la parole malfaisante, si tu témoignes ta bienveillance à l'affamé et
rassasies celui qui est torturé par le besoin, ta lumière
brillera au milieu des ténèbres, et ta nuit sera comme
le plein midi. Et constamment Hachém te guidera, Il prodiguera à ton âme
des jouissances pures, et fortifiera tes membres; et tu seras comme
un jardin bien arrosé, comme une source jaillissante, dont
les eaux ne causent aucune déception. On restaurera, grâce à toi,
les ruines antiques, tu relèveras des fondations qui datent
des siècles passés, et tu seras proclamé le
réparateur des brèches, le restaurateur des routes
désormais populeuses. Si tu cesses de fouler aux pieds
le Chabbate, de vaquer à tes affaires en ce jour qui M'est
consacré,
si tu considères le Chabbate comme un délice, la sainte
journée de Hachém comme digne de respect, si tu Le
tiens en honneur en t'abstenant de suivre tes voies ordinaires, de
t'occuper
de tes intérêts et d'en faire le sujet de tes entretiens,
alors tu te délecteras dans Hachém et Je te ferai
dominer sur les hauteurs de la terre et jouir -de l'héritage
de ton père Jacob... C'est la bouche de Hachém qui
l'a dit".
et lecture de Min'ha (Vayiqra 18 et le livre de Jonas). Voici la
prière de Jonas (Yona 2, 3-10):
- Dans ma détresse
j'ai invoqué Hachém,
Il m'a répondu : du sein du Chéol je T'ai imploré, Tu as
entendu ma voix.
-
Le flot me ballottait au cœur des mers, et les
courants m'enveloppaient; toutes Tes vagues et toutes Tes lames passaient
sur moi.
-
Déjà je me disais: "Je suis repoussé loin
de Tes regards!" Mais non, je veux contempler encore Ton temple
saint.
-
Les eaux m'investissaient, menaçant ma vie, j'étais
cerné par l'abîme, les algues étreignaient ma tête.
-
Précipité jusqu'à la racine des montagnes, la
terre me fermait ses barrières pour toujours... Tu as sauvé ma
vie de la perdition, Hachém,
mon Dieu.
-
Quand mon âme, dans mon
sein, allait défaillir, je me suis souvenu de Hachém,
et ma prière a monté vers Toi, vers Ton sanctuaire saint.
-
Ceux qui révèrent des idoles menteuses, ceux-là font
bon marché de leur salut.
-
Pour moi, c'est en Te rendant hautement
grâce, que je T'offrirai des sacrifices; j'accomplirai les vœux
que j'ai prononcés: le secours vient de Hachém!
Pour les avancés,
en plus :
Michna du traité Yoma, 8
Les lois de la techouva dans le Séfér hammadâ
du Rambam, volume 1.
2. Sens et travail personnel dans les sources de la Torah
En Vayiqra 16, 29-34 les versets
donnent toutes les caractéristiques
de ce jour :
- "ceci sera pour vous une loi perpétuelle" (donc
tout juif doit
faire le Yom Kippour chaque année). La haftara de Jonas (Yona)
décrit bien la tendance à vouloir fuir de cette demande
de Hachém.
- "au 7e mois (Tichri),
le 10e jour du mois, vous mortifierez vos personnes
téânou éte nafchotékhém" (donc
une technique de pénitence doit être exercée contre
soi-même), c'est le jeûne ; la préoccupation ne doit
pas être de parvenir à passer les heures du jour le plus
agréablement possible, en rencontrant les amis puis en faisant
un don ostensible, mais de se changer moralement en modifiant avec difficulté
les habitudes corporelles qui manifesteront ainsi notre volonté
de nous changer sur tous les plans concrètement; la mortification
portera contre une propension spontanée de nous qui serait
mauvaise: nous devons faire cet examen de conscience personnel très précis,
en prenant bien en compte ce que les autres ont tendance à nous
reprocher et qui est toujours partiellement juste : indifférence, colère et brutalité,
manque de respect, discussions non paisibles, médisance, immoralité dans l'argent,
exploitation de l'autre part la tromperie, la sexualité non insérée
dans l'amour et le respect, l'insensibilité aux affligés,
aux malades, aux pauvres, désertion de l'étude et de la prière
par paresse, non respect précis du Chabbat... etc. La haftara,
qui est la lecture du livre de Jonas Yona, montre bien la nécessité d'un
examen rigoureux. La haftara d'Isaïe 57, 14-21 et 58
nous indique clairement qu'en plus du jeûne physique, Hachém exige
le jeûne moral de tout ce qui nuit aux autres. L'arrêt
que nous faisons de tout dans cette journée doit être une résolution
de stopper radicalement toutes ces infractions continues.
- "et vous ne ferez aucun
travail vékhol melakha lo taâssou"
(donc véritablement c'est un jour où aucun juif ne
doit travailler)... ce sera une suspension du travail (chabbate);
nous ne devons plus être centré sur nos intérêts
mais sur cet ordre moral ;
- "D.ieu en ce jour vous accordera le pardon yiékhappér
âlékhém"(il pardonnera, yiékhappér, d'où le
nom de Kippour pour ce jour du pardon); ce pardon de Hachém n'est
accordé que si nous faisons
ce qui y correspond: l'examen, le regret, la conscience de la faute,
la volonté de modifier. La haftara de Jonas (Yona) montre bien
que Hachém connait nos faiblesses et notre incapacité
à distinguer le bien du mal, la droite de la gauche, et il pardonnera
cependant; cela doit être un exemple pour nous dans le pardon envers
les autres. Il ne veut pas seulement nous pardonner, il veut nous "guérir"
comme dit aussi la haftara d'Isaïe 57, 14-21 et 58.
Par contre, cela nous indique aussi qu'on ne peut se contenter de dire
: "je ne savais pas", il faudra désormais étudier les exigences
de la Torah.
"Alors", est-il dit, si tu demandes à D.ieu, Il te répondra
: "alors" seulement, cela veut dire que, sinon Il ne nous répondra pas (Isaïe
58, 9).
- "pour vous purifier létahér étkhém" (donc
il ne s'agit pas d'un pardon qui efface et remet l'ardoise à zéro,
mais il doit y avoir un changement de qualité dans l'être
qui doit devenir pur; le travail personel doit porter là-dessus; et cette pureté est selon la pureté indiquée
par Hachém dans Sa Torah);
- "de tous vos péchés devant Hachém vous
serez purifiés" (la conduite doit donc être passée
au crible du jugement de Hachém, pas au nôtre;
mais le pardon de Hachém peut concerner les manquements
directs faits envers Lui, il ne concernera pas nos manquements envers
autrui qui
doivent être réparés réellement dans le matériel
et dans les préjudices psychologiques ou autres que nous avons
causé (Voir la michna Yoma 8).
- "ce sera pour vous
un repos solennel, sonneries, convocation, vous offrirez un sacrifice à Hachém". Revoir
ici l'étude
de Roche hachana sur le chofar.
3. La terre, un don conditionnel
C'est seulement si nous
faisons tout cela que nous serons assurés
de recevoir la terre d'Israël qui est notre héritage et de
pouvoir y jouir (Isaïe 58, 13-14: "Si tu cesses de fouler aux pieds
le Chabbate, de vaquer à tes affaires en ce jour qui m'est consacré,
si tu considères le Chabbate comme un délice, la sainte
journée de Hachém comme digne de respect, si tu le tiens en
honneur en t'abstenant de suivre tes voies ordinaires, de t'occuper
de tes intérêts et d'en faire le sujet de tes entretiens,
alors tu te délecteras dans Hachém et Je te ferai dominer
sur les hauteurs de la terre et jouir de l'héritage de ton père
Jacob... C'est la bouche de Hachém qui l'a dit.").
Ceux qui ne vivent
pas selon ces critères, en invoquant leur liberté, la
tension due aux guerres, ou par ignorance, apprennent là que
la vie heureuse sur la terre d'Israël est
conditionnelle. C'est
une terre qui ne vomit pas ses habitants uniquement s'ils y vivent selon
la moralité et
selon la Torah; cela est le plus important "ministère de la
défense". On est loin de la conception de ceux qui veulent limiter
le judaïsme à l'étude sur les livres, la prière,
la cacheroute, et en excluent tout ce qui concerne la vie publique
(conception qui persévère dans la galoute car les
Juifs ne pouvaient nullement établir leur vie sociale selon
la Torah: la Torah concerne aussi la vie publique et l'existence du
peuple en paix et sécurité sur sa terre; ce n'est pas
de la politique, mais l'économie
de la Torah.
Parmi ces exigences, une prescription
majeure nous est rappelée
dans Isaïe 58, 13-14 : la terre nous sera accordé si nous
trouvons "plaisir" dans le Chabbate, c'est-à-dire concrètement
: "si" nous en abolissons le travail, "si" nous
n'y parlons pas de nos questions professionnelles ni de nos "affaires" pour parvenir
à jouir de cette qualité spirituelle et amoureuse qui remplit
le chabbat.
Ce sont ces règles majeures qui nous sont rappelées à Kippour. Ce
n'est aucunement un jour de jeûne dont on doit
sortir ensuite pour se ruer à nouveau vers nos comportements habituels
dont nous aurions été frustrés pendant une journée. C'est
un stage pédagogique intensif.
Cet ensemble est ce que l'on appelle la téchouva qui
veut dire "l'activité de revenir" : revenir à D.ieu, à
notre fonctionnement véritable et moral dans toutes les pulsions
et activités. Voir ce lien.
4.
Concrètement
Conseils simples et efficaces
1. Boire beaucoup et régulièrement la veille.
2. Manger la veille des repas consistants et qui tiennent au corps (riz, par
exemple) et non pas des plats pimentés ou de ceux qui donnent soif ou
des lourdeurs ou des gazs abdominaux.
3. Prendre dans le calme la séouda mafséqéte, le repas avant le commencement du jeûne,
qui est une grande mitsva.
4.
De même, le repas après le jeûne et ne pas se ruer vers des gâteaux et friandises. Beaucoup commencent par prendre une tasse de thé chaud et sucré et s'en portent bien. Ensuite, après une pause, manger sans excès ce premier repas qui comporte des plats nourrissants. Beaucoup apprécient
de le commencer par une soupe.
Rappelons
et précisons les obligations pendant le jour de Kippour:
- examen personnel.
- aller demander pardon.
- réparer les préjudices
faits.
- ne pas travailler.
- jeûner en solide et en boisson, (la
règle de nos Sages est simple: quand une personne est malade, s'il y a divergence entre son avis et celui du soignant pour savoir si elle peut jeûner ou non sans mettre sa vie en danger, il faut toujours suivre l'avis de la personne qui est la plus permissive car on ne peut pas prendre de risque avec la vie. Ne pas aller selon ces règles de santé est
une transgression grave, âvéra qacha).
Le malade qui doit boire ou manger le fera par petites quantités: moins d'un oeuf, moins que la quantité qui se placerait dans un côté de la joue. On donne à manger aux animaux normalement.
Les enfants, jusqu'à l'âge de neuf ans (avis du Rav Ôvadia Yossef) sont dispensés de l'obligation de jeûne
(eine 'hova). Ensuite, on les habitue progressivement (léharguil)
par quelques heures de jeûne jusqu'à l'âge de la bar mitsva ou bat mitva où ils seront soumis au jeûne
complet comme les adultes. Piqoua'h néféche (le sauvetage d'une vie, envers soi ou autrui) do'hé tsom (repousse
l'obligation de jeûne) et celui qui ne respecte pas cette règle commet une infraction très
grave, âvéra qacha. Le judaïsme choisit toujours la
vie.
-
ne pas prendre de bain, n'utiliser l'eau que pour le minimum
d'hygiène. Pour les exigences d'hygiène,
on pourra laver la seule partie du corps mais avec le minimum
d'eau et non pas pour jouir de l'eau. On ne fait nétilate
yadaim que jusqu'à la fin de l'articulation des doigts.
- ne pas
utiliser de parfums etc.,
- abstinence de relation sexuelle (tachmich) et même de se toucher la main, séparation
des sexes,
- ne pas porter de chaussures de cuir, et ne pas les nouer. Mais
avoir des chaussures propres dans la synagogue. Il est évident que ceux qui ont des problèmes médicaux
graves en ce domaine, se comportent avec bon sens.
- on dit la bénédiction suivante à l'ouverture de la fête, juste avant d'allumer les lumières:
Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh ha ôlam achér qiddéchanou vé mitsvotav vé tsivanou léhadlik
ner chel Yom ha Kipourim.
Béni es-Tu D.ieu notre D.ieu Roi du monde qui nous a sanctifié par tes mitsvotes et nous a commandé d'allumer la lumière
du Jour de Kippour.
Si Kipour se produit un jour de Chabbate, on dit:
Baroukh Ata Ado-naï Elo-hénou Mélékh ha ôlam achér qiddéchanou vé mitsvotav vé tsivanou léhadlik ner chel Chabbate vé chel
Yom ha Kipourim.
Béni es-Tu D.ieu notre D.ieu Roi du monde qui nous a sanctifié par tes mitsvotes et nous a commandé d'allumer la lumière
du Chabbate et du Jour de Kippour.
- écouter les textes cités, donc les lire, les étudier et se joindre à la collectivité pour les entendre. Certains restent debout toute la journée pendant la prière et ne bougent pas de l'endroit dans la synagogue. Diverses coutumes existent: ne pas embraser les tsittsit, les larmes sont autorisées dans la prière car il est important de ressentir profondément et avec sincérité ce
que l'on dit, lire des psaumes ou le Chir ha yi'houd,
lire des prières en peu de lumière dans la synagogue, etc. Chaque communauté a ses rites qui sont non seulement respectables mais transmettent une approche véritable de la Torah qui a de nombreuses facettes et que chaque communauté met en valeur. Donc, il faut respecter ces coutumes et les maintenir; et ne pas du tout les abandonner pour une sorte de plus petit commun dénominateur qu'on nomme à tort unité. Car l'unité doit être la somme des particularités, comme dans un corps, et non pas sa réduction au minimum commun. Il est toléré de dormir de fatigue dans la synagogue dans la volonté de récupérer un instant pour mieux reprendre la prière; on veille alors à ne pas dormir près
de l'armoire de la Torah.
- revêtir de beaux vêtements pour rendre honneur à cette façon de vivre, et à la joie du chabbat. Les askénazes portent le kitel, vêtement blanc qui symbolise à la fois le chabbate mais aussi le vêtement
mortuaire. Ils ne le portent pas en allant aux toilettes.
- prendre
un repas copieux avant le jeûne,
- aller
entendre le Kol Nidré avant l'office, le soir qui ouvre
le jour de Kippour. C'est une annulation des voeux de plusieurs
types :
1) les personnes exclues de la communauté pour des raisons diverses sont réintégrées (on veille donc déjà à réparer
toute dissension),
2) on abolit à l'avance les engagements que nous pourrions établir à notre égard et qui ne seraient pas tenus, mais cela ne concerne aucun des engagements que l'on s'impose envers autrui, évidemment.
- la cérémonie de clôture
dite Néila récapitule tout l'effort de techouva que nous avons entrepris et Hachém va
prendre les dispositions ultimes à notre égard en ce dernier moment des 10 jours de pénitence.
- la cérémonie
du chofar (voir Roche hachana), après Néila,
- on termine
la journée par la prière du soir Ârbite que
l'on veillera à faire dans le silence et le respect, malgré la fatigue et l'empressement à aller
retrouver la nourriture et ses proches.
-
puis on dit la bénédiction
de la lune.
- après le repas, on commence l'installation et la construction de la Soucca, puisque tout cela n'est qu'une préparation à la vie avec Dieu dans la Soucca qui est une image du monde idéal
avec Lui.
- comprendre pourquoi Kippour peut arriver un Chabbate: car il
est Chabbate Chabatone, le Chabbate le plus grand et le plus
réussi de tous les Chabbates.
|
5. Techouva
(voir ce lien)
Qu'est-ce que revenir ? Comment revenir ?
L'idéal que
nous avons décrit sur le plan pédagogique
n'est pas seulement une cure morale. La Torah et la vie juive sont cela
mais bien plus que cela : il faut lire avec sérieux les versets
d'Isaïe 58, 11 (vé na'hakha Hachém tamid véhisbiâ
bétsa'htsa'hote nafchékha, "et constamment Hachém te
guidera et te rassasiera, il prodiguera à ton âme (plus
largement: à ton néf'éche, ce qui comprend toute la personnalité) des
jouissances pures, et fortifiera tes membres; et tu seras comme un jardin
bien arrosé,
comme une source jaillissante, dont les eaux ne causent aucune déception.")
et 58, 14 (az titânég âl
Hachém, "alors tu jouiras de Hachém").
Il faut toujours replacer
tout ce qui est dit dans la Torah à
l'intéreur du lien amoureux de Hachém et de son
peuple Israël. A la fois, parce que cela nous est dit et parce que nous sommes
faits à l'image de Hachém.
6. Les guides classiques
A l'intérieur de ce lien amoureux, se trouve cette dynamique du
"retour" de l'un vers l'autre. Nous devons apprendre comment le
faire non seulement pratiquement et concrètement, mais avec
le coeur. Pour cela, on lit en cette période 'Hovote hallévavote (Les
devoirs des coeurs) de Ribbi Ba'hya ibn Paqouda (Saragosse, 11e siècle) écrits
en arabe et traduits, et MessilateYécharim (Les sentiers
des hommes droits) du Ram'hal, Ribbi Moché Luzzato
(1707-1746).
Voyez ce
lien.
7. Le retour du bien-aimé
Nous avons choisi de nous baser sur les commentaires du dernier verset
du Cantique des Cantiques (Chir hacchirim) pour bien comprendre
la téchouva. En effet, le Cantique des Cantiques donne le sens
global du Tanakh (la bible) et de la Torah, et ce texte qui nous
décrit toutes les péripéties de la recherche d'Israël
par Hachém (selon la lecture de Rachi). Le dernier verset
nous donne le secret (au sens courant du terme) de l'attitude essentielle
qui assure le retour tant chez l'homme ou Israël que chez le Créateur
vers Son peuple. Cela est donc essentiel pour nous en ces jours de téchouva.
Le dernier verset de Chir haChirim 8,
14 dit :
"béra'h dodi ou demé lékha litsvi o léôfér
ayalim âl haré véssamim
fuis mon bien-aimé et sois semblable au cerf ou au faon des biches,
sur les montagnes des parfums". La téchouva passe
par la délicatesse.
Il faut bien réaliser
que ce verset, c'est le fin du fin, c'est la fin du plus beau de la
Torah (le Cantique des Cantiques), et le sommet,
le moment final de ce Cantique des Cantiques.
Les différents commentateurs que j'ai étudiés (j'en
ai passés beaucoup en revue, seuls ceux-ci commentent ce verset
: Rachi, Rabbénou Bé'hayé, le Gaone de Vilna, Ibn
Ezra, le Zohar, le Maharal) s'appuyent sur le beau commentaire du Middrache
Chir haChirim dont le centre est ceci :
"Le Roi avait fait un grand banquet et il avait invité tout le
monde".
8. Le Middrache Chir hachirim (je
dédie cette étude
à quelqu'un si injustement attaqué par l'entourage et qui
en souffre, afin qu'il découvre comment régler le compte
à ces attaquants selon le modèle divin).
Pendant le repas, il voit qu'il y a des gens qui se goinfrent n'importe
comment et se querellent.
Le Roi est furieux, Il veut
interrompre et prendre des sanctions.
La Reine intervient doucement
auprès de Lui et Lui dit :
- Ne regardez pas ceux-là, "regardez" plutôt
ceux qui se comportent bien et veulent Vous honorer
de tout ce que Vous leur donnez, ne regardez que ceux-là : bera'h
dodi, "fuis mon bien-aimé" de ce qui est laid
et ne vois que la beauté et la lumière de ceux qui vivent
en Ta lumière, et qui s'écoutent entre eux.
Faites-le vite, cela, aussi rapide que la biche qui court.
Et soyez semblable au tsvi au cerf, ou à la biche qui a
toujours un oeil ouvert pour voir cette lumière de Ra'hamim
de ceux qui veulent vivre dans Votre lumière, et en disent tout
le bien".
Il y a là beaucoup de thèmes
que je vais mettre en ordre en montrant l'axe
(qui correspond aux voeux que je forme pour vous, attitude que j'essaie
laborieusement aussi d'avoir).
1. détourner notre réaction
de ceux qui font mal,
ne pas se laisser engluer par leurs attaques, leur violence, leur conflits
: les fuir et vite.
2. cet état de ce qu'ils sont et font, est nommé dans
ces textes : la galoute, c'est un état nous abime (Middrache
8, 19 : bera'h dodi mine galoute cheanou ba oumitlakhkekhim.
3. Rachi (sur Chir hacchirim 8, 14) reprend cet axe et ajoute
: les fuir c'est ainsi faite hâter la guéoula (libération
finale) qu'il nomme alors "arriver à Jérusalem", car les
montagnes nommées âl haré-véssamim sont
Har hammoria (le mont du Temple : mine haggaloute...
lémaher ha guéoula... har hammoria).
4. Ibn Ezra prend depuis cela, l'expression bera'h dodi, "fuis
mon bien -aimé" comme "s'élever dans les niveaux supérieurs" : haChékhina ché âleta
lachamayim, "la Chékhina (présence divine) qui est montée aux cieux",
allusion au dernier mot du Cantique véssamim qui a la même écriture
que chamayim les cieux (sur Chir hacchirim 5, 2).
5. Par contre, il ne faut
pas faire ici une erreur : il ne s'agit pas "des cieux d'en haut" qui
nous sont inaccessibles, il s'agit de s'élever
vers "les cieux d'ici" car la Chékhina est ici ; donc
fuir à la fois les méchants qui engluent, et fuir aussi
l'éthéré qui n'est pas notre vie ; et cela est exprimé
de plusieurs manières :
- "pensez que je suis avec vous" (donc
ici-bas) dit Ibn Ezra sur Chir
hacchirim 8, 14, ici : takhchevi ché ani îmakhém.
- "fuis les anges et descend
vers la montagne des parfums, qui est Har Tsione car là Hachém a
ordonné
que sera la bénédiction sans fin" (Ibn Ezra sur 8, 11).
Donc, cette attitude de regarder le bon et la lumière de Hachém dans
la relation est un état qui s'appelle "Har Tsione",
et c'est y vivre dans une bénédiction sans fin, avec
la Chékhina. La montagne des parfums, c'est le monde
de la délicatesse dans la relation.
6. Le middrache insiste sur le
fait que cela se réalise par l'écoute
dans le face à face :
béqol é'had, bénéîma a'hate... hamiîni,
vé im lav bera'h dodi.
c'est donc une obligation de se parler en face à face, de s'y
écouter dans une écoute telle, de parvenir à se parler
en étant vraiment branchés dans la même parole sur
le même sujet en commun, cela est un niveau très haut qui
est Hachém et Sa Chékhina ; plus encore, si
quelqu'un ne fait pas cela, fuis-le.
7. Cependant, si on doit fuir quelqu'un de bon, il faut toujours penser
que cela est momentané et doit être réparé; Hachém nous
fuit vite quand nous sommes mauvais mais, dit le Zohar II, 14 a, il ne
s'éloigne que comme font le cerf et la
biche qui, pour cela, sont cités ici : ces animaux fuient en
regardant toujours l'endroit qu'ils ont quitté et ce sont
les seuls animaux qui font cela (ils sont ainsi dessinés sur cette
boite syrienne de tsédaqa).

Cela veut dire qu'il faut encore avoir le souci de l'état antérieur
de bien que nous avons vu chez eux et qu'ils sont en profondeur camouflée,
et atteindre envers eux la relation réelle et bonne comme Hachém le
fait quand Il ne jette pas Israël.
8. Cet état
est encore comparé à la biche qui a
toujours l'un des deux yeux ouverts même quand elle dort
ou quand elle doit fermer l'autre ; ainsi quand Hachém doit
exercer la rigueur parce que la relation est inadmissible, Son oeil
de Ra'hamim est toujours ouvert ; le Séfer yéarote
dvache, de Ribbi Yéhonatane, dit : "ché tabbite
raq béâine a'hat véhou chél ra'hamim que
Tu regardes avec un seul oeil, celui de Ra'hamim, miséricorde".
On comprend par là le Rachi sur Ezéchiel 3, 21 :
"il est bon envers son ami par béra'h dodi".
9. Le Zohar cité applique maintenant cela au comportement de Hachém envers
Israël décrit dans Vayiqra 26, 44 : "alors même
qu'ils étaient dans une terre ennemie, je ne les ai pas rejetés
et je ne les ai pas méprisés jusqu'à les laisser
périr entièrement".
Chaque mot y est très important et doit nous servir de modéle.
Il s'agit bien d'un état malheureux, et non pas d'une attitude
hostile de la part de quelqu'un; l'état de malheur, de victime
ou de prisonnier dans les mains d'un ennemi peut avilir quelqu'un au point
qu'il en arrive à agir mal et à devenir "détestable
aux yeux du riche" qui a alors la propension à le rejeter; et,
si cela n'est pas compris, la victime serait repoussée et elle
périrait, entièrement.
Cela est ce qui se passait pour Israël en Egypte, c'est ce qui peut
se passer chez beaucoup de victimes qu'il est facile de laisser périr
jusqu'à l'extinction totale; ainsi, dans notre économie
brutale où la "réussite " des uns est considérée
comme une valeur même chez nous alors que bien souvent elle est
bâtie avec cynisme sur l'exploitation d'autres qui sont réduits
à la misère; ainsi, combien de femmes sont actuellement
victimes en leur demeure du mépris masculin et de la violence véritable,
exhibée comme une élégance machisme dans notre société masculine
et politique brutale.
C'est alors que "la dynamique de la biche" et de la fuite doivent
se mettre en jeu (dont nous avons parlé ci-dessus) : d'abord voir
la lumière vraie de la victime, c'est ce que fait Hachém, c'est être Ra'hamim. Le Maharal (Nétivote ôlam,
Nétiv hattorah, 3, dit que celui qui
n'agit pas ainsi fait que la Chékhina s'éloigne d'Israël. Le
Rambam insiste sur le fait que celui qui ne délivre
pas les prisonniers transgresse presque toutes les mitsvotes de la Torah.
Beaucoup soutiennent que la situation morale va de plus en plus mal
dans notre peuple en Israël, au fur et à mesure que des courant
luttent pour y installer uniquement les valeurs occidentales en Israël;
l'analyse est trop simple car on y fait beaucoup de choses bien sous des
idéologies différentes, mais on ne fait pas assez ce Ra'hamim du
regard et de la solidarité juive envers ceux qui risquent
de périr entièrement; celui dont la "lumière"
n'est pas reconnue la perd progressivement; et il perd progressivement
et entièrement sa vie. Combien de vieillards j'ai vu périr
ainsi, après une vie sociale et familiale brillante, à partir
du moment où leur grands enfants, arrivés eux-mêmes
au même faîte, ont nié toute lumière à
leur père ou mère le jour où une déficience physique
se manifestait. Et leur mort était admise déjà par
les enfants comme un fait intégré et dépassé,
ils abandonnaient alors la vie, dans l'indifférence des enfants
classant cela dans les phénomènes naturels, derrière
leur peine d'un minuscule instant.
Ce problème est réel et les haftarotes de Kippour sont
précises à ce sujet.
10. Pourquoi alors, dans ce contexte, parler de "parfums béssamim"?
Rabbénou Bé'hayé (que soient bénis ceux
qui me l'ont fait connaître) nous éclaire : "ne lis pas béssamim
mais béchamayim". Nous revenons là à
ce niveau d'excellence vers lequel il faut fuir et qui est vraiment "cieux
ici-bas". Ils sont "cieux" car on y serait heureux, avec Dieu et
entre les hommes C'est un gane êdén.
11. Le Zohar dit que les Sages qui ont totalement compris cela sont
proches d'une zone rare et subtile (d'où les parfums) que l'on nomme "l'entrepôt
de parfums du Gan Edén".
Puisque tout cela est le niveau d'excellence du retour total de l'un à l'autre enseigné dans
le dernier verset du Cantique des Cantiques, puisque c'est le sommet
de la Torah, puisque sans cela
les gens (eux, nous, vous, moi) meurent vraiment, et puisque avec cela
les gens vivent et heureux ensemble,
- pourquoi cela nous est-il donc si difficile ?
- et pourquoi ceux qui essaient parfois de vivre ainsi comme Moché,
Aharone, les prophètes, sont-ils alors systématiquement
suspectés et mis à l'écart?
Toute la Torah n'est que cette attitude de Hachém Lui-même
qui nous aime; n'est-ce pas l'attitude des parents juifs qui essayent
par dessus tout à rendre leurs enfants sensibles à Sa Torah
de Ra'hamim. Faits à Son image, nous devons agir comme Lui,
c'est une règle toute simple et obligatoire pour un Juif.
12. Plus étrange encore, Hachém a besoin de nous,
pour qu'on le sorte Lui aussi de Son état où Il ne réagit
pas assez vite envers Son peuple qui dépérit et perd son
temps à ne pas vivre le bonheur; et ceux qui lui rappellent les
promesses de Sa Torah et Sa lumière amènent la bérakha.
En de multiples middrachim cela nous est conté.
Prenons celui du traité Bérakhote, traité des bénédictions
page 32 a, qui commente Chémote 32 également, après
la construction du veau d'or.
Ecoutons :
"Hachém dit à Moché:
va, descends; ces derniers mots signifient selon Ribbi Eliézer
que Hachém dit à Moché: descends de ta
grandeur car Je ne te l'ai accordée
qu'en faveur d'Israël et, comme il a péché, tu ne
me serviras plus. Aussitôt Moché faiblit et il n'avait
plus la force de parler. Mais lorsqu'il entendit les mots: laisse-moi,
Je veux
les exterminer (Dévarim 9, 14), Moché se dit que cela dépendait
encore de lui: il se leva aussitôt et se mit à prier et
invoqua la miséricorde divine Ra'hamim... Cela ressemble à un
roi très irrité contre son fils et qui le frappe
d'un coup très violent ; un ami qui est présent a peur
de dire un mot en sa faveur. Mais quand il entend le roi dire: si mon
ami
n'avait pas été là, je l'aurais tué, alors
l'ami a compris qu'il pouvait intervenir, et il sauva le fils".
Le côté dramatique veut nous montrer combien le retour
de l'un à l'autre est difficile pour Dieu et pour nous-mêmes.
Mais la Torah nous enseigne les codes et les conduites de ce retour.
Il va de soi que ces règles de conduite décrites dans la
Torah, concernent autant les dimensions les plus psychologiques et relationnelles,
non seulement parce que c'est une sagesse séculaire, mais parce
qu'il y a adéquation entre le fonctionnement de l'homme et celui
que nous donne la Torah sur la marche de la Création.
Cela ayant été bien compris, nous découvrons le
pouvoir que D.ieu donne à l'homme sur Lui. C'est plus qu'un
pouvoir, c'est un besoin du Créateur. C'est plus qu'un besoin, c'est
une demande du Créateur envers nous: ainsi, en Isaïe
62, 6 il est écrit: "vous qui rappelez à Hachém (toute
Sa bonté qu'Il est), ne lui laissez pas de répît
jusqu'à ce qu'il ait rétabli Jérusalem complètement".
9. La dynamique de la biche
Je souhaite que nos lecteurs, connaissant maintenant "la dynamique de
la biche" qui permet la téchouva, soient présents à cette
lumière de Ra'hamim en Hachém, en eux-mêmes
et dans les autres, grace au bon oeil qui revient toujours sur autrui.
Ce bon regard qui fait vivre ; pour qu'ils aient toute l'année
confiance en eux-mêmes et ne soient pas atteints peu à peu
et rongés sur ces points importants par les mesquineries de la
vie. Une vie courte que nous n'avons pas le droit de râter.
"Fuis, mon ami, mon amie, vers ce meilleur, et vis-le".
Rien que cette lumière dans ce regard de biche, ce sont mes voeux
pour vous, pour nous, pour moi aussi.
Comme dit le Gaone de Vilna en terminant son commentaire du Cantique
des Cantiques ; "cela sur les montagnes des parfums,
c'est LE SANCTUAIRE,
qu'il soit reconstruit bientôt de nos jours,
amén, 'hazaq."
Je vais maintenant placer quelques photos que j'ai prises à Jérusalem, entre Roch ha Chana et Kippour pour la plupart, afin de faire percevoir plus visuellement ces messages transmis par des mots qui ont toujours le risque de rester intellectuels et de ne pas saisir notre monde intérieur. L'image touche le corps, comme le son du chofar. Le message que je tente de faire passer par ces images est celui que nous avons reçu: il faut retrouver à Kippour, la délicatesse, la sensibilité au don du Créateur comme quelqu'un qui ressentant à nouveau l'amour venant de quelqu'un, réalise combien son comportement quotidien était grossier et indélicat.
Il y a des gens qui poseront les mots et les actes du jour de Kippour
et qui, hélas, continueront à vouloir abuser autrui en le volant, en le trompant dans des procès faussés, comme ces deux belles bêtes
que j'ai surprises s'entretuant sur une jolie fleur en ces jours:
Au contraire, il faut retrouver la sensibilité délicate à l'Autre jusque dans le fond de l'être, comme percevoir ces gouttes de résine qui coulent minuscules entre les fentes de l'écorce et en révèlent l'intérieur sous son apparence rude, et qui reflètent la lumière du monde environnant dans leur luminosité, merveille de rencontre que permet l'attention à la profondeur de l'autre et à la profondeur de soi-même:

Il faut nous examiner jusqu'à la profondeur des fibres fragiles
mais essentielles de notre coeur, comme ces fils microscopiques tendus
entre les pistils de fleurs, antennes surnaturelles au coeur de la nature.
A Kippour, le Ciel ne pardonne rien s'il n'y a pas la faute réparée et le pardon accordé quand il est sincèrement. Ne pas faire comme la scandaleuse déclaration d'un responsable de l'expulsion des Juifs qui a formulé en ces termes publics: "je n'ai rien fait contre vous mais si vous vous pensez que j'ai fait quelque chose contre vous, alors recevez mes excuses". Une gifle supplémentaire. Il faut retrouver la délicatesse normale de la relation profonde authentique, vraie, comme cette plume trouvant le contact doux dans une feuille réceptrice:
ou un repos délicat supendu entre ces deux feuilles:
Il ne s'agit donc pas, à Kippour, de débiter des textes, de tenir la performance du jeûne
sans travailler sur la modification profonde de soi.
Il faut retrouver la vérité directe de l'humanité essentielle comme dans ce contact entre le Rav Ôvadia
Yossef et le Rav David Messas.
Il faut que le son du chofar et des mots emplissent l'intériorité comme
cette flamme:
et que toutes les parties de notre être, du corps, de la personnalité, de la néchama, soient unifiées dans cette nouvelle pureté:
L'intérieur doit être en vibration à Kippour pour être travaillé continuellement.
Les chants y contribuent:
Notre problème est identique au niveau le plus personnel ou au niveau du peuple, et nous en faisons le traitement à Kippour:
N'OUBLIONS
JAMAIS QUE -contrairement aux autres peuples-
LE PEUPLE D'ISRAEL N'A AUCUN ESPOIR DE JUSTICE
SOCIALE, DE SALUT, DE SECURITE ET DE PAIX S'IL
N'ETABLIT PAS CE QUE L'ON APPELLE AUJOURD'HUI
LA "POLITIQUE" SUR LA MORALE DE LA
TORAH. LES PROPHETES L'ONT DIT ET REPETE SANS
CESSE ET L'HISTOIRE L'A PROUVE CONSTAMMENT. NOUS EN AVONS LES DOSSIERS. DE MEME, SI LE PEUPLE D'ISRAEL NE VIENT PAS VIVRE SUR SA TERRE SELON LA TORAH.
SI LE PEUPLE DESERTE D'UNE FACON OU D'UNE AUTRE OU D'UNE TROISEME, LE RESULTAT SERAIT LE MEME.
RAPPEL NECESSAIRE AVANT KIPPOUR QUAND LE PEUPLE FAIT SON EXAMEN DE CONSCIENCE. Lisons
le psaume 81 pour entendre D.ieu Lui-même le dire à son peuple
(lien ici).
Et je vous souhaite que,
enfin, la rencontre soit totale comme cette abeille qui plonge totalement
dans la fleur qu'elle butine; elle a fait cela pour vous! C'est donc
possible. Cela est patient, discret, possible. Toute la nature a
mis du sien pour que nous réussissions ce Kippour! Et cela, à Jérusalem... Ki
mitsione tétsé Torah, car c'est de Sion que sort la Torah, ou
dévar Hachém mirouchalayim, et la parole de Hachém depuis Jérusalem.
Essayons, soyons confiants, comme cette coccinelle venue se poser sur mon doigt:
Sens du chofar
Dans
la perspective de ce que nous venons de comprendre, nous allons approfondir
le sens
du Chofar.
Nous l'avons étudié selon le niveau simple et symbolique à l'occasion
de Roche
ha Chana.
Maintenant, nous allons en étudier le sens selon les maîtres
qui sont entrés
le plus dans le coeur de son pouvoir.
N'oublions jamais qu'on ne peut pas saisir le sens véritable et complet du Chofar qui concerne des réalités divines. Le Rambam, Maïmonide est précis sur cette impossibilité et
parle d'une guézzérate ha katouv, un sens fermé du texte. Donc, ce que l'on peut trouver même dans les textes les plus élevés de notre tradition comme le Zohar Emor, page 216, ou le Ets 'hayim 17,5 ou le Sefer ha cavanote sur Roche ha Chana 7, etc ne sont que des approches; de plus, elles dépassent
notre niveau et nous nous tromperions en pensant comprendre ces textes.
Mais, toujours, les sens les plus élevés restent reliés aux sens les plus concrets et nous pouvons donc, sans errer les prendre à ce niveau qui est le nôtre.
Donc, venons à ces Sages, ils nous disent que le Chofar a le pouvoir
d'unir les fonctions essentielles qui se jouent à tous les niveaux
de l'être. La parole, elle, n'a pas ce pouvoir; elle transmet des
mots. Par exemple, des milliards de gens disent "je t'aime" mais
le véritable message personnel de quelqu'un à un
autre ne passe pas dans ces mots; il faut aussi le son, le ton, le don
(!) pour transmettre qu'il y a amour, ou douleur, ou extase, ou mensonge,
etc.
Le chofar saisit tout, depuis le plus élevé jusqu'à la douleur, le gémissement (c'est pour cela qu'on lit le psaume mine
ha métsar, depuis l'angoisse et la souffrance). Le Zohar
dit que le son du chofar est feu, eau et esprit simultanément, il les réunit et tout est uni comme un couple. Il atteint toutes les dimensons de la Torah, les 6 (quatre horizontales et deux verticales vers le haut et le bas). Ceux qui connaissent pensent à ce
que dit le Maharal de Prague sur ces dimensions.
C'est par cela que le chofar peut saisir les dimensions des forces
négatives (le dine et tout ce qui est symbolisé dans
l'intervention du nom Eloqim) et les transformer en miséricorde
(ra'hamim).
Il saisit ce qui frappe (toqef) avec force (guévourotes et dinim)
et le transforme en beauté. Il crée ainsi autour de nous et d'Israël
une sorte de coquille (mot ressemblant au nom chofar en hébreu: chéfoféréte)
et entoure d'une lumière (or maqif) comme le foetus est entouré et protégé dans le ventre de la mère. Les lumières intérieures sont contenues, protégées
et grandissent.
Le son simple du chofar manifeste la bonté, le son coupé saisit les forces contraires et le troisième son les réunit.
La forme du chofar elle-même exprime ces dynamiques: le côté large saisit ces forces négatives vers le bas, les dents manifestent cette prise et les lèvres
expriment la douceur agissante.
Le corps de celui qui souffle dans le chofar participe lui-même à ces
dynamiques.
Ceux qui ont accès à ces textes y trouveront de très nombreux enseignements qui n'ont aps leur place ici. En particulier, tout ce qui est dit de niveaux plus élevés.
A notre niveau, cela doit simplement nous faire comprendre combien le chofar nous
aide à impliquer tout notre être dans la téchouva qui
nous est demandée. Son nom "chofar" indique, en hébreu, qu'il améliore
(chapér).
Les deux niveaux de compréhension se réunissent quand, longuement, le Chla développe -sur la base des enseignements des Sages- que les 10 jours qui séparent Roche ha Chana de Yom ha Kipour correspondent au cheminement des dix séfirotes
de Bina qui est la téchouva. Et c'est d'elle que dépend la profusion de la bénédiction dans notre monde. S'y reporter. Selon sa méthode bien connue sur Modia, il décrit les mitsvotes, sur le sens élevé dans la partie Or ha Torah, et enfin le niveau du comportement qui en découle. Les bases pour approfondir:
Bemidbar 29;1
Michna Roche ha Chana 3
Guémara Roche ha Chana 16... 20... 26... 34... Chabbate 131b
Rambam Hilkhote chofar
Sefer ha mitsvote 170
Sefer ha 'hinoukh 405
Semag 42
Choulkhane Aroukh, Orakh Hayim 586...
Chla, Chné lou'hote habrite, Roche ha Chana.
La prière Ana
bé koa'h
Quelques liens utiles :
Ici, le chant
de la haftara de la prière du matin de Yom Kippour
Ici, la haftara
de min'ha de Yom Kippour
Ici, de nombreux extraits de l'office
de Yom Kippour, chantés par différents 'hazanim
S'il faut souhaiter à chacun
un tsom qal (jeûne facile),
il va de soi que ce n'est pas la principale préoccupation
mais un examen sincère de conscience pour améliorer,
en se souvenant que rien n'est pardonné entre D. et l'homme
si les injustices ne sont pas réparées entre l'homme et
l'homme !
Nous devrons ensuite avoir conscience de vivre dans la fragilité de
la Soucca,
pour que le 25 Tichri, après toutes ces fêtes, l'année
nouvelle commence vraiment, renouvelée.
Comme la Torah se vit dans le peuple,
sur la terre d'Israël et dans
la réalité,
c'est dans ce contexte que nous devons repenser aussi à la guerre
de Yom Kippour. Voici son dossier.
La guerre de Kippour
Nous ne pourrons jamais oublier
la guerre qui a éclaté
par duperie lors du jour où Israël semblait le plus désarmé,
Yom Kippour 1973, le 6 octobre. Sous couvert d'exercice d'entrainement
de routine, les forces égyptiennes
ont engagé toutes leurs forces et déferlé par le
sud et les forces syriennes envahirent Israël par le Golan,
pensant profiter du désarmement national en ce jour saint pour
en finir avec Israël.
Sur la ligne de défense Bar Lév, 70000 Egyptiens
ont déferlé sur 500 soldats israéliens.
Sur le front syrien, 180 tanks israéliens se sont trouvé
face à 1400 tanks syriens.
Les forces iraqiennes et jordaniennes se sont jointes à l'attaque.
Pendant la guerre, 2700 soldats israéliens perdirent la vie. N'oublions
pas ces victimes et leur famille, pour toujours brisées.
Nous n'avons pas encore retrouvé la véritable confiance
que nous souhaitons avec nos voisins car ils continuent à soutenir
nos exterminateurs chaque fois que ceux-ci se redressent.
Le 10 octobre, bé ezrate Hachém,
Israël contre-attaque
sur le front syrien et brise l'avancée en détruisant 300
tanks syriens.
Le 22, Israël parvient à occuper toutes les positions syriennes
sur le Golan et le Hermon,
et a détruit son système missile/antimissile qui avait été
l'originalité de cette nouvelle forme de guerre.
1100 tanks syriens ont été détruits. 370 syriens
sont prisonniers et 65 soldats israéliens.
La plus grande partie de la flotte syrienne est détruite.
Sur le front égyptien, l'aviation israélienne est face
au système de missiles pour la première fois.
Le 14 octobre vit une imense guerre de tanks où les forces égyptiens
en perdirent 200.
Le 15, le général Sharon franchit le canal de Suez et surprit
ainsi les forces égyptiennes en détruisant sur place le
système de missiles; l'aviation israélienne peut alors
intervenir et "terminer le travail".
Le 21, l'ONU appelle au cessez-le-feu qui prend effet le 22.
20000 soldats égyptiens se trouvent ainsi isolés dans le
Sinaï ainsi que 300 tanks.
Les forces israéliennes occupent 1600 kms carrés en Egypte.
1000 tanks égyptiens ont été détruits et
8000 de leurs soldats sont prisonniers
ainsi que 240 soldats israéliens sur ce front.
Une grande partie de la flotte égyptienne est détruite et
Israël a le contrôle de cette zone de la Méditerranée
et de la Mer Rouge.
L'accord de cessez le feu est signé le 11 novembre au kilomètre
101.
Suites de la guerre
En 1974, le retrait israélien.
En novembre 1977, la visite de Sadate à Jérusalem.
En septembre 1978, les accords de Camp David.
En mars 1979, le traité de paix entre Israël et l'Egypte.
Cette guerre a vu l'apparition des fameux missiles Sam-6 soviétiques
et le concept de guerre modifiée par les progrès technologiques.
3500 soldats syriens ont péri et 15000 égyptiens.
Les conséquences
de cette guerre furent les suivantes :
- découverte de l'illusion des lignes de défense militaire
(Bar Lév, la "ligne Magino" israélienne),
- dépendance d'Israël envers les Etats- Unis qui ont soutenu
Israël alors que d'autres Etats occidentaux ont passivement
coopéré avec l'espoir de destruction d'Israël et cela
ne sera jamais oublié. Nous n'oublierons jamais qu'après
la Shoa, à nouveau les Etats européens ont refusé
aux Juifs en 1973 les mesures qui auraient pu encore les sauver: ils ont
refusé le passage des avions américains sur leurs aéroports.
Infamie qui nous révèle exactement ce qu'il en est.
Cette dépendance est augmentée par le fait que le budget
israélien a dû, depuis, faire une part considérable
à l'armée, à la recherche militaire et obtenir pour
cela aide économique et coopération de recherche avec les
USA.
- choc psychologique dépressif en Israël sur la confiance
à faire aux chefs militaires et aux leaders politiques du courant
qui avait fondé l'Israël étatique (Mapaï puis
Avoda), avec les démissions de Golda Meir et de Moché Dayan,
en mars 1974, ce qui a entraîné (depuis la commission Agranat)
le sport israélien bien connu maintenant
des commissions de mise en cause et d'accusation des responsables,
les mouvements engagés de protestation,
le débat sur les frontières et la confiance à accorder
aux Etats environnants,
la place du stratège efficace mais indépendant face aux
ordres légaux, le général Sharon et son style,
la réflexion aigüe sur le sens de la destinée et de
la religion face au destin de survie.
- la brisure d'Israël en deux blocs : le mahapakh (renversement
politique) s'est produit le 17 mai 1977
par l'arrivée au pouvoir du Likoud, entraînant un second
grand choc psychologique dans la gauche askénaze
et la première légitimation historique nouvelle de l'autre
Israël de droite et des édote hamizra'h
(sépharades et autres communautés orientales) associés
ensemble depuis lors.
Des tentatives successives de mouvement centriste apparaissent puis échouent.
L'abandon progressive de l'idéologie du kibbouts (pratiquement
disparue aujourd'hui sous sa forme de fondation idéologique)
est allée de pair avec une libéralisation de plus en plus
grande et de plus en plus sauvagede l'économie à l'américaine.
Tout cela a été causé ou accéléré par
cette Guerre de Kippour.
Les ondes d'instabilité de ce choc continuent en Israël.
Documentation:
Brève et utile rétrospective des
guerres d'Israël et celle de Tsahal.
Texte de la prière de Yizkor pour les soldats tombés au
champ d'honneur, et son
de la prière.
Registre des vies des soldats
tombés, avec leur photo.Exemple.
Une bonne analyse brève de ces guerres, en français.
Les photos
de la Guerre de Kippour
Tout sur la guerre de
Kippour, en hébreu
Discours
traduit du Président égyptien Muhammad Anwar al-Sadate (25.12.1918
- 06.10.1981) le 20 novembre 1977 à la Knesset
et extrait en direct ici

Kippour... en République
tchéque!
La alyah
et la guerre de Kippour.
Le Jour de Kippour vu par le poète alsacien (et français
et israélien) Claude
Vigée.
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