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Questions de lecteurs et réponses
(page 2)
par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour
Site Modia : http://www.modia.org


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Question : Où étudier la Torah en France  ?

Un annuaire existe


Question : Le changement du nom de Yitro dans la Torah.
Dans le deuxieme livre de Moshe ( Les Noms) le nom Reouël se transforme en Jetro (ioud tav reich vav).Pouvez-vous me donner une explication quant à ce changement radical de nom?
En vous remerciant d'avance, recevez mes salutations distinguées.
(Signature) 

Réponse

La réponse à votre question se trouve dans le middrache Rabba sur Chémote, ch. 27, 8.
Il y est dit que Yitro porte 7 noms dans la Torah. Quand il était païen, il s'appelait Yétér comme il est dit en Chémote 4, 18 (voir) ; quand il devint guér, une lettre fut ajoutée à son nom comme ce fut le cas pour Avraham.
Les commentateurs montrent que ce sont les lettres du Nom de D. qui sont ajoutées quand un de ces personnages passe par un développement dans son être comme Avram devient Avraham en recevant un vav,
 comme Saraï reçoit la lettre hé, comme Yochéâ reçoit un youd et devient Yehoshua, de même que David ou Pin'has.
Le middrache continue : la raison pour laquelle il est alors nommé Yitro est parce qu'il a ajouté une paracha à la Torah (en effet, la racine Yétér ou Yitro est celle du mot "en plus") comme il est dit en Chémote 18, 21 : "et toi, regarde dans tout le peuple et met en évidence  des hommes de force craignant D...". 
Il est aussi appelé 'Hovav (voir Bemidbar 10, 29) parce qu'il aimait ('hovav) la Torah. (C'est la fin du middrache).
Rachi développe ce thème sur Bemidbar 26, 5 où il démontre que chaque tribu d'Israël est insérée dans les lettres du Nom divin composé de youd et du hé.

Pour comprendre le sens de ces changements de noms, reportons nous à notre étude ci-dessous sur le nom de Yehoshua.
Les sources des commentaires sur les changements de noms sont dans 
- le Béréchite Rabba montre que le changement divin dans le nom soustrait l'homme au déterminisme des planètes (44, 10-12).
- le Chémote Rabba 1, 28 indiquant que les hébreux ne changèrent pas leurs noms en Egypte.
- le Vayiqra Rabba 32, 5 développe ce point et précise pour nos générations même qu'ils ne changèrent pas Yehouda en Léon, ni Réouvéne en Rufus ni Yoseph en Lestes, ni Binyamine en Alexander. Quel enseignement pour nous tous.
- le Bemidbar Rabba 20, 22 développe encore ce thème en indiquant les autres refus de changements (langue, etc)
- le Chir ha Chirim Rabba
- le Qohéléte Rabba 5, 6 1 qui parle des changements de noms de Sara et Avraham.
Enfin, vous serez certainement très intéressé et surpris en constatant dans le Qohéléte Rabba 1, 16, 51 que des personnages de la michna essayent également comme vous de trouver le sens des êtres d'après leur nom.



Question : Le changement du nom de Yehoshua dans la Torah.

Question.
Dans la paracha Chéla'h lékha (Bemidbar 13, 16), il est dit  : Moché nomma Hochéâ Bin-Noun : Yéhoshua .

Or dans la paracha Behaâlotkha, ce dernier portait déjà ce nom : vayaâne Yéhoshua Bin-Noun mécharéte Moché mibbéhourav... ; et l'explication que l'ordre chronologique des parachiyotes n'est pas respecté ne me satisfait pas. Merci de me répondre.

Réponse

1. Votre question porte sur les versets Bamidbar 13, 8 ("pour la tribu d'Ephraim, Hochéâ fils de Noun") et 13,16 ("Tels sont les noms des hommes que Moché envoya explorer la region. Moché avait nommé Hochéâ fils de Noun : Yéhochouâ").

Effectivement, reportons-nous aux chapitres qui précèdent celui-ci : les chapitres 17, ou 32 ou 33 de Chemote (l'Exode) et il est déjà nommé sous son nouveau nom Yehoshua. Donc la question est pertinente et remarquable. 

2. C'est par les questions qu'on apprend le mieux. Elle vont nous fournir deux clefs de méthode.

a) Plutôt que de donner une réponse sophistiquée, ou pleine de métaphores et de middrachim, nous devons faire comme Rachi : nous placer dans une méthode rigoureuse, comme nous le faisons sur le site chaque fois que je developpe la méthode de Rachi. Il faut regarder le contexte qui donne la solution ; nous aurons alors l'hypothèse que ce rappel du changement de nom a un sens par rapport à la question des explorateurs. 

b) il faut aller chercher la source du commentaire de Rachicar son commentaire n'est qu'un poteau indicateur ; il dit ceci sur le verset 13, 16 :
hitpallel âlav ya yochiakha meatsate meraglim "Moché avait nommé Hochéâ fils de Noun :
Yehoshua. Il priait pour lui : que YA te sauve (Yiochiakha) du complot des explorateurs". 
 
 

Rachi se base sur les pages 34 a et 34 b du traité Sota du Talmud qui en traitent longuement. Il y est ajouté :

"c'est pourquoi il est écrit : parce que mon serviteur Caleb a été animé d'un autre esprit". Cela nous montre que, pour réussir à ne pas tomber dans le travers des autres explorateurs, Hochéâ a reçu un élément supplémentaire, la lettre youd de son nom, et il est rappelé ici que c'est cela qui l'a sauvé. 

Pourquoi ? Il fallait qu'il soit protégé, comme son ancêtre Yossef reçut aussi le même youd pour être protégé. 

Le Targoum de Yonatane explique que l'humilité de Hochéâ aurait pu faire qu'il ne soit pas opposé aux autres explorateurs. 

Il est dit qu'il reçu cette lettre de la force du nom très élevé de Hachém qui en constitue la première partie, YA, porteuse des composantes du monde d'en haut. Il ne fallait pas moins que cela pour qu'il puisse faire face a la masse. On ne peut pas se sortir de ces situations par soi-seul, même celui qui serait doué, et même un Sage. 

J'ajoute pour faire comprendre : ainsi le juif ne fait pas seulement une libération nationale, il libère son identité nationale qui comporte à l'intérieur les lettres du nom de Hachém dans le nom yéhoudi (juif), de même que la terre d'Israël n'est aucunement une terre parmi toutes les autres ayant par hasard ce nom-là, elle a un nom qui signifie Chir El (chant de Dieu) : le programme à réaliser est informé par cela et porté par cela ; en être inconscient ne change rien : car c'est cette réalité qui porte réellement le peuple de générations en générations.

Ainsi, le changement de nom a certes été fait auparavant, mais on nous rappelle qu'il visait ce moment-ci. 

De plus, cela est dit dans le verset où le mot employé est "vayiqra" : reportez-vous au commentaire de la paracha Vayiqra, sur le sens de ce mot, c'est un appel plein de tendresse, et vers quelqu'un, non pas au sujet de quelqu'un : ce qui se passe-là dépasse Hocheâ, et se situe dans la sollicitude de Hachém pour son peuple. Ainsi de chacun de nous et du peuple aujourd'hui. Il faut faire entrer en jeu, dans notre compréhension, ce partenaire essentiel de l'histoire. 

Rabbénou Hayim ben Âtar (voir le lexique) écrit dans son livre Or haHayim que Moché aurait pu prier pour son disciple sans changer son nom ; mais, immédiatement, selon la méthode du contexte, vous verrez que Moché parle du nom des autres explorateurs. Il voyait donc bien en chaque nom le programme qui allait se réaliser dans la dynamique des actes de chacun, et il vit qu'il fallait mettre en oeuvre dans le nom de Hocheâ tout le potentiel dont était implicitement porteur Hocheâ ; et il le met en valeur en ce moment de l'action

Et c'est pour celui-ci, muni de toutes ses forces face aux exigences de l'heure, qu'il se doit de prier, ce qu'il fait en ce verset. 

Voici ce que nous apprend la tradition : nous avons donc le devoir de prier pour nos proches et pour ceux qui ont des fonctions de responsabilités, et pour tous ceux qui ont un manque. 

Et, ce dont nous avons nous-mêmes besoin ne sera exaucé que si nous le demandons pour ceux qui en manquent. 

Celui qui ne le fait pas est nommé "un pécheur".
 
 

Yéhoshua Ra'hamim


Question : le nouveau nom, un coup de pouce ?

(nouvelle question posée par le même lecteur)

Le changement de nom dans la tradition biblique produit un changement de cause à effet : dans le cas d'Abraham, par exemple, le changement a lieu après une série d'épreuves et ce changement est définitif. 
Apparemment, ce n'est pas toujours le cas, comme dans le changement de nom de Hocheâ à Yehoshua.
Si je comprends bien, le changement chez Yehoshua est un "coup de pouce" en quelque sorte, une manière d'éliminer les impondérables et le choix individuel quand la conquête du pays est en jeu ?

D'autre part, devrait-on voir là un enseignement valable pour les générations de l'exil et la nôtre ? Cela serait certainement en accord avec la position de Nahmanide, pour qui Israël est un commandement, et non un choix. Une opinion que d'autres sages ne partageaient pas. 

Réponse

Votre réaction nous fait parvenir à l'éclairage particulier de chacun, ce que l'on appelle le niveau middrache qui est comme 600.000 étincelles ou interprétations toutes vraies et différentes. Effectivement, ce changement de lettre dans le nom de Hochéâ-Yehoshua nous montre que la présence divine exerce une protection et une action positive qui dynamise l'homme sur sa trajectoire. 
Plus encore, cette action est continue. Ainsi, le middrache Berechite Rabba 47, 1 dit ceci : "quand il y a eu le changement du nom de Saraï en Sarah (Béréchite 17, 15), la lettre youd qui était ainsi supprimée à la fin du nom a protesté. Le Saint béni soit-il dit : tu étais à la fin du nom d'un femme et tu seras dedans le nom d'un homme Yehoshua". 
Et pour bien insister sur le fait qu'il s'agit d'un plan en développement qui va depuis Sarah jusqu'à Yehoshua, Ribbi Mana dit : elle était Saraï, la princesse de son seul peuple, et elle est devenue la princesse Sarah de toute l'humanité. 

Ainsi, nous voyons ces coups-de-pouce continus donnés par le Ciel. Et les prophètes rappellent toujours au peuple cette assurance fondamentale que Hachém mènera son projet jusqu'au bout ;  j'ai traduit cette pédagogie en images sur le site Modia : 

- première phase : le don de la création où le traité 'Houline nous explique que le bleu est continu depuis la réalité de la mer jusqu'au bleu du ciel, et jusqu'à la pierre de saphir bleu qui est devant le trône de la gloire. Cela est expliqué dans le commentaire de la paracha.
Vous comprenez ainsi la tonalité bleu et lumière du site Modia.

- deuxième phase : sous cette création; j'ai placé le logo Modia constitué de la Torah car elle vient nous apprendre le mode d'emploi de cette création, 

- troisième étape : si vous cliquez sur l'image centrale de la création, vous verrez s'ouvrir les phases des prophètes qui expliquent que la présence de Hachém parmi nous et parmi Sa création fera réussir l'un et l'autre jusqu'au bout. Et cela est dit de la lune comme symbole. Je vous laisse aller regarder cela et y lire les phrases des prophètes. 

Ainsi votre remarque et vos questions ont fait expliquer ces grandes choses. Votre étonnement de voir le nom completé et, ensuite, évoquer à nouveau le souvenir de l'étape dépassée (Hochéâ) est aussi developpé dans le Middrache Rabba de Chémote (6, 1) : 

La lettre youd est allé protester encore en disant : "si je suis ainsi supprimé, est-ce que toute la Torah ne risque pas d'être un jour supprimée ?" 
- Le texte la rassure et cite la mission de Yehoshua. 
- Il dit aussi que le youd de Saraï (le youd vaut 10 en hébreu) s'est changé en deux fois 5 par la lettre à la fois dans le nouveau nom de Sarah et dans le nouveau nom d'Avraham (au lieu de Avram). 

Ainsi, les pertes apparentes nous sont expliquées par la Torah comme des gestations pour le bénéfice de l'homme et de la femme. 

Revoyez aussi, en ce sens, sur le site Modia, cette image de la lune ouverte en cliquant sur le rond central de la page d'accueil, et ce qu'en dit le prophète Isaie dans les versets qui entourent l'image. 

Yehoshua Ra'hamim


Question : le prénom Yael

Je voudrais vous demander la signification du prénom YAEL. Merci de me répondre.

Réponse

Ce mot, transcrit en français pourrait faire croire qu'il est composé de 2 noms de Dieu (comme dans alelou"ya" et "el") mais l'écriture est différente, YAEL est composé de trois lettres : iêl (youd, ayine, laméd).

C'et le nom du bufflon (nom scientifique : capra beden), cette sorte de forte chèvre courte sur pattes avec deux immenses cornes recourbées vers l'arrière et qui vit dans les montagnes qu'elle escalade et descend à toute allure. C'est un animal de pureté, force, beauté et non agressif. Et on les voit se servir de leur cornes dans les jeux de la période des amours.

Mais c'est surtout le nom donné, à partir de tout cela, à une femme qu'on aime, (comme on dirait en français "ma gazelle, ma biche", etc.) Voyez Michlé, Proverbes 5, 19.

On voit ce nom porté par des personnages du Tanakh (Chofetim, Livre des Juges chapitres 4 et 5).
 
 

Comme chaque nom est aussi lié à un verset qui commence par sa première lettre et se termine par sa dernière lettre, voyez le verset des psaumes 119, 16. On dit son propre verset avant de terminer la prière dite âmida (ou des 19 bénédictions que l'on dit 3 fois par jour), pour ne pas l'oublier en liaison avec ce que Haqqaddoche Baroukh Hou nous demande pour accomplir tout notre destin et bien connaître tout notre nom, ce qui veut dire toutes nos potentialités et les réaliser avec son aide.
 
 

Yehoshua Ra'hamim


Question : De quoi s'agit-il quand on parle de Molkho et Réoubéni ?

Réponse

Solomon Molkho est née en 1500 de parents marranes à Lisbonne. A 25 ans, ayant reçu une formation juive partielle avec des éléments de caballe et demanda à Reouvéni de le convertir et circoncir, ce dernier refusa et soupçonné d'avoir aidé à sa conversion, il partirent tous deux. Molkho voyagea beaucoup puis étudia la caballe à Salonique auprès du grand R. Yossef Taitatsaq, puis il se prit pour le messie, et prêcha l'arrivée de la guéoula, se lia d'amitié avec le pape Clément VII et continua à précher son messiannisme en de nombreux pays. Finalement, il fut arrêté à Mantoue et sommé de se convertir au christianisme, il refusa et but brûlé.

Son aventure croise de nombreuses fois celle de Reouveni dont la vie est encore plus extraordinaire sur le plan de mysticime et des aventures incroyables. Trouvez l'Encyclopaedia Judaïca dans une bibliothèque et vous y trouverez de longues descriptions de ces personnages.
 
 

Exemples nombreux dans le judaïsme de faux messianismes, à tous les siècles.
 
 

Yehoshua Ra'hamim


Question : Comment réfléchir sur ma vie avec la Torah ?

Je voudrais que la Torah devienne le fil conducteur de ma vie, que je vive dans mon travail et ma famille selon la Torah. Pour que je puisse mieux élever mes enfants dans le respect de nos traditions, et pour qu'ils sentent que je suis engagée de la même manière dans la Torah et dans ce que je fais avec eux. Je voudrais que nous nous épanouissions en famille dans la Torah. Mon mari étudie avec moi les commentaires, il est très sensible aux poèmes qui montrent que c'est la même vie. Comment avancer dans cette voie ?

Réponse

C'est dans cette perspective que j'ai placé la rubrique "Etude de vie". Vous y trouverez un index des thèmes d'existences qui sont particulièrement abordés dans telle ou telle paracha. Un lien vous y relie directement.

Vous pourrez ainsi, chaque fois que vous le voudrez, brancher votre besoin intérieur à la Torah et aux commentaires des Sages.

De plus, le plus souvent, je rappelle à la fin de la paracha qu'il est indispensable de parler sur ce commentaire avec d'autres, d'y réfléchir mais surtout de le sentir et de s'interroger sur les répercussions véritables de cet enseignement dans notre vie personnelle et dans celle du peuple juif. C'est une obligation de d'étudier dans l'échange, cela doit commencer dans le couple puisque, homme et femme, nous sommes un seul être, un seul Adam, zakhar et néqéva. La cohérence doit commencer là.
 
 

Yehoshua Ra'hamim
 


 
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Roger Dufour