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(page 3) par Yehoshua Ra'hamim Dufour Site Modia : http://www.modia.org
Question : "chélita", "zatsal" et "zal" Pour mieux comprendre les habitudes pratiquées dans la religion juive, pouvez-vous m'expliquer la différence entre les termes "chélita", "zatsal" et "zal", mis après le nom des maîtres ? Réponse. Chélita est l'abréviation des lettes initiales
de ché yi'hié léorékh yamim tovim amén.
On le dit après avoir prononcé le nom d'un tsaddiq,
un juste, ou d'un grand Sage en Torah et qui est vivant : "qu'il vive longuement
de bons jours, amén" (littéralement).
Zal est l'abréviation des lettres initiales de zikhrono
liverakha (pour un homme) ou de zikhrona liverakha (pour une
femme) : "que son souvenir soit une bénédiction".
On le dit après avoir prononcé le nom d'une personne décédée
qui avait des mérites et que l'on honore par cette phrase, tout
en disant que cette simple évocation sera une source de bénédiction
pour ceux qui l'entendent.
Zatsal est l'abréviation des lettes initiales de zékhér
tsaddiq livrakha : "que le souvenir du juste soit une bénédiction".
On le dit après avoir prononcé le nom d'une personne décédée
qui avait des mérites, comme dans le cas précédent
mais il y a une insistance sur sa valeur reconnue dans la vie de Torah.
Ces trois expressions s'utilisent tout-à-fait couramment, aussi
bien par écrit que dans le langage quotidien. Vous les trouverez
par exemple dans Rachi sur Chémote 31, 18 ou sur Bamidbar 20, 29
ou sur Hochéâ 12, 9.
On dit : zikhrono liverakha, bérachéi tévote
zal, "que son souvenir soit une bénédiction, en abréviations
zal".
En effet, ce système d'écriture ou de nomination par abréviations
est constant en hébreu. "Abréviations" se dit : rachéi
tévote; venant de roche qui veut dire "tête" et
de téva qui veut dire "mot" ou "locution".
Parfois, par écrit, on va plus loin encore dans la louange, quand il s'agit de personnes exceptionnelles et on écrit les initiales de zékhér tsaddiq véqaddoche livrakha lé'hayé haôlam habba : "que le souvenir du juste et du saint soit une bénédiction jusqu'au monde à venir". Yehoshua Ra'hamim
J'ai une question sur la facon d'interpreter la phrase suivante qui se récite avant et aprés la lecture des psaumes : "Que la récitation des psaumes incite la Rose du Saron à chanter d'une voix mélodieuse et qu'il lui soit donné d'exalter la gloire du Lebanon, la majesté et l'honneur, dans la Maison de notre Dieu, bientot et de nos jours. Amen !" Qu'est ce que la Rose du Saron et la gloire du Lebanon ? Merci pour vos explications Réponse 'Havatséléte hacharone, la rose du Charone est
la même chose que la rose, dit Rachi (début du chapître
2 du Cantique des Cantiques). Il y a cependant une différence de
degré ; la rose c'est Israël qui est comme une rose parmi les
peuples épines qui tentent de lui faire abandonner sa voie.
La rose (chochana) est nourrie de la rosée des vallées
profondes, tandis que ('havatséléte) "la rose du Charone"
vit dans un climat plus sec, où elle se déssèche,
disent le Gaone de Vilna et le Radaq, sur le sable des conditions difficiles,
ce qui fait allusion à l'exil ; même alors, Israël reste
fidéle comme si elle était dans la meilleure des vallées
d'Israël où elle recevrait la bénédiction qui
est constitutive de ce lieu, de cette terre du Saint, éréts
haqqodéche.
Le Liban est pris comme symbole d'une source pure des eaux qui vient
vivifier les terres d'Israël, dont la source de la Torah, ou l'odeur
des cèdres du Liban est la source de la pureté des sens les
plus élevés, ainsi nous souhaitons recevoir ces niveaux.
Ibn Ezrâ parle aussi de qétoréte lévanon
(parfum du Liban) ou de vin du Liban, tout cela a le même sens.
Le Zohar dit que c'est une immense louange d'Israël et de sa beauté si élevée. Vous comprenez donc ce que l'on demande dans cette prière : que
l'on monte de niveau par les psaumes qui assument notre difficulté
de vivre et nous ramènent à la confiance et à la présence
et à la louange.
Yehoshua Ra'hamim
Pourquoi dites-vous le Rav Neher et Ribbi Moché Yossef Zénou ? Ne doit-on pas dire Rabbi et non Ribbi ? Réponse Il faut mettre de l'ordre dans plusieurs concepts et plusieurs époques pour répondre à votre question. 1. D'abord, le terme de Rav voulait dire simplement grand, puis maître (ainsi, en Bérakhote 10 a, on parle de l'esclave qui se rebelle contre son "maître"). Le terme de Rav a été attibué aux rabbins
à l'époque de la michna. Pour dire "mon maître" on
dit e on disait "rabbi". Tous ont nommé "Rabbi" le Sage Yéhouda
Hannassi, le compilateur de la michna ou Rabbénou Haqqadoche
parce que tous ont voulu le considérer comme leur maître personnel,
ce qui est le sens de Rabbi : "mon maître".
2. Pour tous les autres on emploie Rav mis à ce que l'on
appelle l'état construit (sémikhoute) en le joignant
au nom "Ribbi Elâzar", comme on dirait en français
le 'rabbin Cohen'. De même qu'on ne dira pas en français pour
tout rabbin "mon maître le rabbin Cohen", on ne dira pas en hébreu
Rabbi Cohen, mais Ribbi Cohen c'est-à-dire le rabbin Cohen.
Ainsi doit-on nommer, Ribbi, selon les règles de la langue,
les rabbins des époques de la michna (les tannaïm) ou
aux rabbins de l'époque du talmud (les amoraïm) qui
ont reçu l'imposition des mains les ordonnant (sémikha)
quand ils vivaient ou venaient s'installer en Éréts Yisrael.
Cette ordination cautionnée par le titre de Ribbi signifie
qu'elle est inscrite dans la chaîne ininterrompue depuis Moshé
Rabbénou et sur la terre d'Israël. Pour ceux qui étaient
en Babylonie, le titre était celui de Rav.
3. Nous devons maintenant comprendre pourquoi la coutume est souvent
répandue actuellement de prononcer "Rabbi" dans les communautés
askénazes, devant le nom d'un maître de la tradition (ou Rébbi
pour les anglophones), bien que cela soit une erreur grammaticale car "Rabbi"
signifie "mon" maître et non pas "maître... X". Devant le nom
de la personne que l'on qualifie de maître, on doit prononcer "Ribbi",
ainsi qu'il est imprimé et qu'on le dit dans les michnayotes de
la prière du matin.
Le Rachbéts, Chimeône ben Tséma'h Dourane, l'un
des plus grands Sages séfarades, né en 1361, vivant à
Alger, nommé aussi le Tachbéts en raison de son livre de
téchouvote
(réponses), le précise longuement au début de son
commentaire sur le traité Avote 2, 1 ; il dit : "il faut mettre
un 'hiriq (c'est-à-dire un i) sous le R et non pas un pata'h
(c'est-à-dire un a)". Donc : Ribbi et non Rabbi. Ici, donc, ma convention
est d'employer Ribbi pour tous les Sages du talmud, de la michna,
hormis celui qu'on appelle Rabbi (qui est Ribbi Yéhouda
Hannassi) ; également pour les rabbins de la tradition séfarade
qui utilise toujours l'appellation Ribbi.Motif pour lequel je nomme
mon maître sépharade Ribbi Moché Yosséf Zénou,
comme on l'a toujours nommé. Par contre, j'utile l'expression de
Rav pour André Neher qui est ashkénaze.
4. Donc, quand le mot "maître" devint couramment posé comme
un titre devant le nom de tous les différents grands Sages, il prit
la forme grammaticale normale de Ribbi X..., par exemple Ribbi Natane.
Cette généralisation a correspondu à ce qui se produit
actuellement en Israël ou dans divers pays où celui qui a passé
l'examen portant sur 5 unités de valeurs peur porter le titre de
rav, et cela ne correspond pas du tout à ce qui était exigé
aux époques précédentes où le champ couvert
par ce titre représentait toute la connaissance et l'assurance de
la transmission de maître à élève.
5. Une extension ultérieure de ce titre a fait appeler, dans
la tradition askénaze, du vocable de Rabbi (et non Ribbi) l'ensemble
des Sages des différentes époques, les premiers ou richonim,
et les suivants ou a'haronim (par exemple, Rabbi Moché Isserlés),
gardant souvent le nom de Rav pour les contemporains.
6. De plus, en particulier, des groupes 'hassidiques, voulant honorer
au plus haut degré leur leader qu'ils considèrent comme un
tsaddiq
de la génération, lui attribuent également le nom
prestigieux de Rabbi, prononcé rabi, rébi, rébé,
rébbé, rébb, etc.
7. En résumé, les séfarades et les puristes disent
Ribbi devant le nom d'un rabbin contemporain ou d'un Sage du passé.
Les askénazes disent Rabbi ou le Rav Untel, et étendent même
la nomination de Rabbi, à tort grammaticalement, aux Sages du talmud
et de la michna. Les 'hassidiques parlent "du" Rabbi. Tout cela est respectable
également.
Ainsi, je dis le Rav André Neher qui était askénaze
selon l'usage de sa communauté askénaze, et Ribbi Moché
Yossef Zénou qui était séfarade et comme j'ai toujours
ainsi entendu nommer par lui les juifs qu'il respectait.
8. De plus, dans le Talmud existent quelques autres nominations :
8 a. "Rabbane" Ce titre signifie "notre maître" et il est appliqué à
celui qui est le nassi ou président du Sanhédrine.
8 b. le Nom seul, sans Rav ou Ribbi, etc. Cette formulation s'applique soit : - aux maîtres de la michna de l'époque antérieure à la destruction du Temple, et ils sont alors plus élevés en dignité que ceux qui auront ultérieurement les titres de Ribbi ou de Rav ; ce sont, par exemple, Antigonos, Hillel, ou les premiers tannaïm qui étaient par paires à la tête du Sanhédrine, comme président (nassi) et chef du Sanhédrine (av béit dine) ; on les nomme couples ou zougote . - à un talmid 'hakham qui n'a pas reçu l'imposition
des mains l'ordonnant (sémikha).
8 c. "Rabbanane" Ce n'est pas un titre mais une expression technique pour parler des
Sages en général ou pour présenter des avis de Sages
qui, souvent par des béraïtotes, s'opposent à la michna
discutée.
Cette hiérarchie des Sages que nous venons d'examiner est synthétisée dans cette brève phrase de la Tossefta Êdouyote 3,4 : gadol mi rav ribbi, vé gadol mi ribbi rabbane, végadol mi rabbane chémo plus grand que le le titre de Rav est le titre de Ribbi, plus grand que le titre de Ribbi est le titre de Rabbane, plus grand que le Rabbane est celui qui est appelé par
son seul nom.
J'entends parler du mot "tiqqoune" ; je ne parviens à comprendre exactement de quoi il s'agit ; les gens semblent comprendre, eux, mais ils ne parviennent pas à me l'expliquer clairement. Pouvez-vous m'éclairer ? Réponse Le tiqqoune 1. le sens de base est la réparation d'un manque ou d'un défaut, qu'ils soient dans la fabrication ou dans ce qu'est devenu un objet, une personne, une situation.En conclusion, le mot et la réalité du tiqqoune sont authentiquement juifs, et le processus est très complexe à mobiliser et à discerner. C'est cependant une des bases de la émouna juive ; c'est pour cela que le Rambam l'a introduit dans ses 13 îqarim, principes de base du judaïsme. Yehoshua Ra'hamim
A quand l'explication de la colère dans votre lexique ? Je serais très heureux de pouvoir suivre l'évolution de votre site, et vous témoigne mon admiration pour l'oeuvre entreprise... Hazak ve'ematz Réponse Pour vous faire plaisir, j'ai résumé l'enseignement de nos Sages sur la colère en ayant parcouru une centaine de références (Talmud, les middrachim et le Zohar). La colère est fréquente dans nos textes, sous divers termes : kaâs, roguéz, qétséf, 'hara, itmarméroute; etc... Elle est citée des centaines de fois dans le Talmud, les middrachim et le Zohar. Elle est vue comme une réaction de l'instinct qui est provoquée par les fautes obstinées du peuple et par sa mauvaise foi, par son manque de persévérance. Parfois, le mot est relié au chagrin (Lamentations 1, 18 ; 2, 23). Voyez Rachi sur Devarim 29, 19 ; 31, 20 ; 32, 27. Les Proverbes 17, 25 disent que la bêtise que manifeste un enfant suscite la colère du père et l'amertume de la mère. Les textes insistent sur son effet destructeur (Bérakhote 63 b) sur toute la collectivité. Il y a quelques colères valorisées qui apportent la bénédiction et des colères blâmées qui sont destructrices comme un incendie qu'on ne peut arrêter. La colère est un moment où la qéddoucha et le soutien de Hachém, l'intériorité, la sagesse ne sont plus pris en compte, sont éloignés, et on l'assimile alors à l'idôlatrie, à la faute, à l'écart. Elle éloigne la qéddoucha et entraîne l'homme à s'en éloigner. Elle est assimilée à une drogue de mort, sam mavéte. Elle évolue vers la haine. La colère silencieuse est la pire de toutes car elle est comme un serpent qui observe en silence et tue. Il faut se détourner de celui qui est en colère. On prie le matin, après la lecture du sacrifice d'Avraham, pour que la colère soit surmontée par Ra'hamim, la miséricorde. C'est dans la colère que l'on découvre qui est vraiment l'homme. Pour tous ces motifs, il faut donc veiller à l'éviter, particulièrement le Chabbate qui est le temps de la qéddoucha. Celui qui fait téchouva de cette caractéristique qui est
une anti-qéddoucha, apporte la qéddoucha dans le monde.
Yehoshua Ra'hamim
Question : Quels sont les poissons cachers ? Voici la liste publiée dans les
calendriers du Consistoire de Paris
Question : Comment lire l'hébreu sur l'Internet ? Vous suivez les consignes d'installation des polices hébraïques puis de modifications des préférences.
Question : La famille Vous serait il possible de me communiquer des renseignements sur la famille dans la Torah, la Michna et la Guemara ? Réponse Je vous demande de vous reporter aux références indiquées Fréquence du terme Le terme de michpa'ha, famille, se trouve plus de 300 fois dans le Tanakh, ce qui est beaucoup et de l'ordre des mots comme roua'h, esprit mais pas aussi fréquent que les termes de année (chana), ou femme (icha) environ 800 fois, cieux (chamayim, environ 400 fois) et surtout la maison (bayit, plus de 2000 fois) et la terre (érets, plus de 2500 fois). Ce qu'est la famille biblique Je me baserai sur les commentaires qui nous montrent ce que signifie l'usage du mot ou de la réalité, car il n'y a de Torah qu'à travers ce qui nous en est transmis par la "Torah orale". Rachi (lire son commentaire sur Bamidbar, 26, 24) nous montre que le terme est référé dans la Torah à l'extension depuis un individu, ce qui caractérise une lignée et la différencie des autres. On parle des familles des Lévi. Des familles ou lignées s'étendent et d'autres s'éteignent (lire ibid. 26, 13). De là, une famille est une extension et on parle de la famille d'un peuple (michpe'hote beit-Yisrael, Jérémie 2, 4) ou de la famille humaine (Jérémie 10, 25). La famille biblique n'est donc pas la famille moderne qui est en fait souvent un couple (à stabilité incertaine) où il y a des enfants pendant seulement environ 20 ans. La famille moderne heureuse, correspond plus au concept biblique de "maison, bayit" comme le décrit très bien le psaume 128 où on voit son bonheur immédiat. Tandis que la famille (michpa'ha) est une construction sur le long terme des années et générations, où on développe une qualité, une fécondité, une mission sur des générations dans la fidélité, la transmission de la connaissance, le respect des ancêtres. C'est un cumul et un développement dans le temps. C'est pour cela que les familles qui descendent d'Israël (Jacob) fondent le peuple juif et y ont des fonctions. Toutes les histoires compliquées qui s'y passent (comme dans toutes les familles) sont un sujet d'enseignement, par exemple l'histoire de Joseph, ou la famille de Aharone. Rachi, observateur de la famille Rachi montre que la Torah éclaire de nombreuses relations de la vie familiale, par exemple rien que dans Béréchite :
Voyons ce qu'en dit le Talmud, en suivant quelques passages qui nomment explicitement la famille (michpa'ha), suivant l'ordre des traités. - Le traité Roche hachana 18 a montre une famille dont tous les membres mouraient à 18 ans comme dans la famille d'Eli dont ils descendaient. Mais ils étudièrent la Torah et cassèrent ce sort, sur le conseil de Rabbane Yo'hanane ben Zakane et on les appella la famille de Yo'hanane. Chercher le sens de cet enseignement. On trouve cette même conception de l'influence à long terme des caractéristiques de la famille sur le plan de la mortalité dans Kétouvote 62 b).Le talmud donne de nombreux conseils éducatifs sur l'analyse d'exemple. Mais c'est une second sujet. Il y a déjà là une matière riche à étudier. Yehoshua Ra'hamim |
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