Le scandale Mikis Theodorakis

Analyse de fond de son antisémitisme

par le Pr. Rav Yehoshua Rahamim Dufour
http://www.modia.org



Il y a l'artiste...

Sa vie: http://www.classical-composers.org/cgi-bin/ccd.cgi?comp=theodora
Ses oeuvres: http://www.imdb.com/name/nm0006319/


indissociable de plus en plus de son engagement politique, cela est son droit.
http://www.mikis-theodorakis.net

Son dérapage politique

a commencé par un antiaméricanisme virulent
(il y a cette tradition en Grèce, comme elle existe en France ou dans d'autres pays)
http://www.mikis-theodorakis.net/indexenglish.htm

puis par un engagement pour la cause palestinienne
qui dérape vite en anti-israélisme et en antisémitisme pur et simple:

(Extrait de son site)

Voilà l'homme identifié à la cause du terroriste et assassin et qui dérape:
"Le peuple d'Israël (il ne dit même pas le gouvernement d'Israël)
est certain de regretter un jour d'avoir laissé Sharon l'emmener dans une campagne honteuse qui rappelle les souvenirs des crimes Nazis".
Et cela est mis avec affirmation et fierté sur son site. Il assume et récidive ainsi chaque jour.

Cette semaine de novembre 2003, il va plus loin: "Les Juifs sont la racine du mal".

C'est simple, clair. Nous sommes dans la ligne des antisémitismes les plus radicaux, les plus primitifs. Et qui ont prouvé ce qu'ils produisaient. Comme il le dit lui-même: il ravive la mémoire des crimes nazis.
Maariv n'hésite plus: il faut boycotter cet homme.

Ce qu'il est important d'analyse calmement et de comprendre, c'est le mécanisme qu'il meut.
L'erreur est toujours faite de confondre le symptôme et, comme il le dit, la racine.
L'erreur c'est de dire: cela vient à cause de la violence des banlieues, cela vient à cause de la politique du gouvernement israélien, cela vient du conflit israélo-arabe, cela vient de ceci ou de cela.

En fait, il faut aller à la structure du discours qui est toujours identique et simplement se camoufle dans la dernière actualité pour sensibiliser le public.

Un erreur capaitale, alors est celle des Juifs qui parcourent les capitales en conférences, interviews, témoignages, pour accuser Israël par exemple ou le gouvernement israélien, ce que font beaucoup qui se disent pacifistes et qui se croient choyés par les antisémites.
Ils ne percoivent pas qu'ils sont simplement des gens qui apportent des munitions aux antisémites qui, eux, sont indifférents à la politique du gouvernement israélien, au conflit israélo-arabe, etc, et qui haïssent lesJuifs.
Le conflit palestinien ou les revendications sur Jérusalem ou tout autre sujet ne sont qu'une nouvelle munition pour tirer sur les Juifs car la structure de fond est la suivante.

La structure de fond de cet antisémitisme.
C'est de supprimer les Juifs. Pourquoi? Pour prendre leur place.


Voilà deux millénaires que la civilisation occidentale a voulu enlever aux Juifs leur terre, leur Torah.
Pour cela, il fallait les déposséder de leurs droits de propriété. Cela a été essayé sur le plan religieux en bâtissant la nouvelle alliance qui les aurait disqualifié. Ce scénario dure encore maintenant dans la plus récente actualité où les outils de la substitution se renouvellent: après les chrétiens ou les musulmans, ce sont aujourd'hui les Palestiniens car le monde n'adopte plus les théologies.

Les voleurs pour cacher leur forfait de vol ont bâti continuellement un scénario de disqualification morale des Juifs: ils auraient tué Dieu (rien que ça!), ils l'auraient livré aux Romains, etc.
Mais un tel argjument utilisé par le voleur pour tenter de disqualifier le véritable propriétaire ne suffit pas, il faut le raviver de par l'actualité: on invente alors les crimes rituels (Juifs tuant des enfants pour faire la matsa, argument que j'ai encore entendu rapportés en témoignage cette semaine de la part de Grecs orthodoxes religieux grecs qui ont reçu cela dans leur éducation) lorsque des enfants ont été tué. Puis cela devient simplement rumeur mais reste efficace.

Il est très important de distinguer ainsi les manifestations de surface et le véritable mécanisme qui repose sur les phases suivantes:
- reconnaissance du fait que le peuple est choisi.
- besoin de voler sa place et de s'y substituer.
- justification pour assurer cette substitution.
- procédé continu de réactualisation du cycle.
- bouc émissaire continu.
- besoin de supprimer totalement la victime (le Juif) pour supprimer totalement le forfait.
- besoin de valoriser le Juif (intelligence, fondement religieux, etc) pour s'en faire à nouveau le substitut, et le cycle recommence.

Comme me l'a dit un jour le Cardinal Roger Etchegaray qui est un véritable ami d'Israël et des Juifs,
le problème sera très difficile à éradiquer car le scénario (c'est mon terme) est déjà écrit dans les textes fondateurs du christianisme.
Et, de là, il s'est transporté dans l'Islam qui lui a succédé.

Voilà, en abrégé, l'essentiel du processus puissant dans lequel sont emportés ensuite les individus qui se font un jour les porte drapeau de ces mécanismes culturels délirants et criminels que nous avons à traiter.

Depuis plus de 20 ans, j'ai travaillé là dessus par l'analyse dans l'actualité, par les écrits, par l'action. Souvent, ceux qui s'étaient fait les porte drapeaux de ce scénario, après avoir tenté de comprendre (car ils ne sont pas des monstres) reconnaissent avoir été victimes de cette force de la civilisation occidentale toute entière bâtie sur cette substitution.
J'ai publié en son temps dans Le Droit de vivre (LICRA) ces analyses et dans un épais ouvrage scientifique, mon Dictionnaire de la violence et du crime (Edition Eres, Toulouse).

Les analystes expriment que l'Eglise orthodoxe grecque a diffusé cette forme d'antisémitisme dans la population grecque comme elle fut ailleurs en Eurpe par les clercs. Théodorakis ne fait que donner voix à cette éducation séculaire, comme cela fut en Europe jusqu'à son aboutissement logique: Auschwitz.

L'Europe pensait avoir réglé le problème avec le nazisme. Et quand elle a vaincu l'Allemagne parce qu'elle menaçait aussi le reste du monde avec une telle théorie folle qui se généralisait tout-à-coup sur ce modèle, l'Europe a continué à refuser aux Juifs le droit d'existence en refusant les prisonnier des camps (on a les exemples des réfugiés errants de pays en pays et ne pouvant même pas attérir dans la Palestine.

Dès la fin du nazisme, le scénario décrit plus haut a repris. Et il s'est habillé dans le problème palestinien. C'est tout. Rappelez-vous toutes les tentatives pour supprimer aussi l'existence juive sur ses fondements par les tentatives d'internationalisation de Jérusalem, le Vatican étant évidemment le fer de lance de ces campagnes de par son expérience séculaire.

Derrière les problèmes politiques, les pacifistes juifs feraient bien de comprendre enfin, s'ils se donnent le diplôme d'intellectuels, de comprendre à quel scénario ils collaborent. Aujourd'hui, ce problème faussé des civilisations religieuses occidentales de SUBSTITUTION (chrétiennes ou musulmanes) EST D'ENLEVER AU JUDAISME CE QUI EST SA CARTE D'IDENTITE HISTORIQUE ET MONDIALE: LE MONT DU TEMPLE. Alors, sans identité et sans histoire, on peut les expulser et se substituer.

Il faudra bien que les nations européennes et celles qui ont adoptées l'Islam redeviennent fières de leur propre génie sans vouloir s'approprier celui des Juifs, même sous de multiples formes dérivées (le livre de la Bible, etc). Accepter que ce qui est Juif est Juif et aux Juifs, et que eux aussi ont leur valeur par ce qu'ils sont.
S'ils veulent alors apprécier le judaïsme, pourquoi pas, mais on n'a pas besoin de remplacer les Juifs pour cela en les expulsant ou en les tuant.
D'autant que toute la littérature juive reconnait, elle, que les peuples ont leur génie que n'a pas Israël:
"10 parts d'intelligence ont été mises dans le monde et 9 ont été remise à tel peuple". Et idem pour de nombreuses autres qualités.

Ce n'est qu'en reconnaissant la valeur de ce qu'on les autres et en acceptant qu'on ne l'ait pas, que la relation devient sans problème. Et que le besoin de tuer l'autre disparaît.
Ainsi, quand des hommes acceptent qu'ils ne sont pas capables d'être porteur de cette merveille qu'est la création pendant 9 mois d'un enfant, ils commencent à avoir une relation non machiste, non avilissante, non méprisante, envers les femmes. Cela n'est pas fréquent. L'existence des prisons de femmes comme une évidence et une nécessité dans le monde civilisé pour que les hommes puisse les utiliser en les méprisant, et en se méprisant aussi dans l'acte le plus noble, devrait faire prendre conscience aux intellectuels et "élites" de ce qui ne va pas. La haine envers le Juif est du même type.

Le judaïsme a placé le problème du respect envers la femme comme la clef du progrès humain, en commant au féminin la Chékhina, la Torah, la terre d'Israël, le peuple juif au féminin. C'est tout l'enseignement du Cantique des Cantiques.
Le problème de l'antisémitisme va de pair avec celui de la haine de la femme.

Que touts les intellectuels, artistes, politiciens, hommes religieux, gens de bonne volonté, prennent le problème par ces racines et contribuent ensemble à réaliser dans notre génération l'amélioration souhaitée. Et le bonheur règnera sur la planète.
Il ne s'agit aucunement de s'égarer en contre-attaquant au même niveau, ni en ramenant le problème à ses expressions politiques. L'essentiel n'est pas la LUTTE contre, mais la formation pour que les gens intelligents réfléchissent davantage. Une véritable médecine ne traite pas les symptômes en les attaquant à l'acide, mais elle rassemble les spécialistes (en humanité) pour comprendre les racines et les mécanismes intérieurs de base.

Le judaïsme a la capacité de prendre ce recul multi-millénaire. Il le partage gentiment avec les autres peuples et religions, c'est tout.


Une étape nouvelle aujourd'hui

Certes il faut aussi analyser l'apparence, rectifier, lutter, mais cette lutte reste secondaire.

On n'a souvent demandé simplement qu'un tabou soit mis sur l'antisémitisme, mais on n'a pas analysé le phénomène avec tous les acteurs éducatifs de ce phénomène. Alors le phénomène resurgit sans cesse.
Aujourd'hui, par l'intensité du problème palestinien qui a une idéologie nette et claire de substitution territoriale et de suppression physique du Juif (les textes et discours des leaders politiques et religieux sont clairs), on a franchi une nouvelle étape qui ne s'est jamais produit dans l'histoire.

En effet, avant la Choa, on pouvait dire "on ne savait pas" (c'était un mensonge car on a brûlé les Juifs sur les bûchers).
Mais depuis, par la Choa, on a vu les glissements religieux puis idéologiques puis politiques et militaires.

Donc, on a bien vu, et ce qui est neuf, c'est que maintenant on le programme sans fard, et que la quasi totalité des nations l'approuve:
- la condamnation du Juif sous sa forme contemporaine d'existence qui est sa forme séculaire est recommandée ouvertement;
- et les assassins des Juifs sont encouragés par des motions des Nations Unies qui recueillent la quasi totalité des voix des nations.

Ce qui est neuf aussi, c'est que quelques Juifs parcourent la planète par leurs conférences, leurs articles, leur action devant les tribunaux ou sur l'Internet pour justifier ces attaques contre le Verus Israel.

Espérons que l'intensité de ces perversions fera prendre conscience.
Mikis Theodorakis n'a fait que manifester ce qui se joue dans notre monde, il est un révélateur et porte-parole. Non pas "le" coupable.
Merci de diffuser au maximum ce texte par vos différents moyens de communications.