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Règles du Copyright - Traduction et commentaires par le Rav Yehoshua Ra'hamim Dufour basés sur les livres de nos Sages
 

L'OUPOUPA, Doukhifate en hébreu, la huppe fasciée
est devenue l'Oiseau National d'Israël

Pour gagner sûrement la paix



Le 28 mai 2008, sont tombés les résultats du vote national de plus de 150000 Israéliens pour désigner l'oiseau national.
Peut-être agacés de drôles d'oiseaux qui les gouvernent et recherchant de l'espoir.

15 jours plus tôt, j'avais photographié cet oiseau, la doufikhate près de chez moi à Jérusalem et je l'avais placé pour vous sur Modia sans savoir que sa gloire viendrait. Qui est-il? Et il est déjà nommé dans le Talmud, dans les middrachim. Et, même, ce choix unique possède une caractéristique qui nous renvoie aux grandes amours entre le peuple Juif et Cyrus, l'Empereur d'Iran il y a plus de 2000 ans. Et nous redonne l'espoir de voir refleurir cette union chantée dans le Livre d'Esther et jusqu'à la dernière page du Tanakh, la Bible.
Bien plus cet oiseau est aussi un point commun avec la tradition musulmane de nos voisins. Y-a-t'il une étincelle de paix en tout cela? Je le pense. Examinons donc ce dossier très sérieux. Il nous fera atterrir enfin dans la psychologie des identités de la région, seule possibilité pour se comprendre et se rencontrer. La politique qui ignore ces dimensions est vouée à l'échec car elle ignore la réalité.
Voyons tout cela.

 

Voici la Doukhifate (au féminin en hébreu, comme les noms d'oiseaux). En français, on la nomme la "huppe fasciée". Dans la science qui classe les animaux, c'est la Upapa epops, prononcez oupapa épops. En anglais, le Hoopee. En iranien ou farsi, le hodhod. Tous ces noms viennent de son chant particulier: poo poo poo; tout est unique en cet oiseau (tsipor, en hébreu).


(photo de l'auteur)

Le voici dans la nature, à Jérusalem, près de chez moi. Il file très vite, ne se laisse pas approcher, explore, pique de son long bec (maqor, maqorim au pluriel) le sol, les détritus, ou agrippé sur les troncs d'arbres pour chercher partout des vermiceaux (toâlim), limaces, escargots qu'il broie, mange ou porte à ses petits dans son nid (kén), placé dans les creux des arbres ou sous les toits des maisons. Ce nid n'a pas une odeur très agréable, d'autant que les petits savent se défendre de ceux qui s'en approchent en menaçant et ils déféquent en leur direction, apprenant aux hommes l'auto-défense. Ils sont aussi particulier en ceci qu'ils ne ramassent pas la nourriture sur le sol mais la lancent en l'air pour la rattraper par le bec avant de la manger, élitisme.
Mais ce qui le caractérise le plus, c'est la crête (tsitsite) mobile composée de véritables longues plumes qui se rabattent ou se placent verticalement en érection et lui donnent un port royal.

Sources
Déjà dans les middrachim, on y fait allusion en disant qu'il ferme sa couronne devant le Roi Chlomo, Salomon, respectant ainsi le Roi, image du Créateur complet, chalém.
Le Traité 'Houline du Talmud, page 63a dit ceci: "Ribbi Yéhouda dit: le chalakh (cormoran) pêche les poissons dans la mer. La doukhifate (la huppe) a une double crête. La béraïta nous dit qu'elle est appelée ainsi parce qu'elle a une crête double (ouverte, fermée, ndlr). Elle a apporté le chamir au Temple (hévi chamir lé Beit ha Miqdach)". Le Yalkout Chimoni reprend cela aussi dans la paracha Chémini. Ce chamir était alors très utile car c'était un petit ver qui savait casser les pierres les plus résistantes, comme un diamant et sans utiliser de métal interdit pour fabriquer certains ustensiles.
Voyez aussi le middrach Vayiqra Rabba, 22,5,4; Qohelet Rabba 5,5 et le middrach Téhilim sur le psaume 78. Une précision: Cet oiseau est classé dans la Torah (Vayiqra 11,19 et en Dévarim14.18) parmi les animaux qui sont interdits à la consommation alimentaire, cela ne change nullement tout ce qui est inscrit sur cette page qui ne concerne pas ce sujet.


Autrefois, cet oiseau ne séjournait que l'été en Israël mais, aujourd'hui, il y réside toute l'année et fait partie du paysage comme de multiples autres espèces splendides qui ont concouru pour cette élection (bé'hira).


(photo de l'auteur)

Il mesure de 28 à 32 cm de hauteur, d'un beau plumage doux qui évolue du gris au roux lumineux avec des bandes (passim) blanches (lavane) et noires (cha'hor). Et quand il vole, il lance son beau cri "poo poo poo". Il pèse de 60 à 80 grammes, est très solide sur ses deux pattes et parvient à vivre 11 ans en moyenne.
Son nom hébraïque vient de l'araméen et se compose de dou (double) et khifate qui signifie courbe, arc comme dans la traduction du Targoum du Livre de Job 41,12: certains le lisent là comme le sens de "roseau" (véarmone) mais le dessin visuel est le même. Son bec est donc double en longueur, ou bien il forme un double arc ou roseau courbe. Voyez le sur ce film. Comme deux becs (maqorim). Si son bec est abimé, il est capable de durcir sa crête de plumes et de s'en servir avec force.
Voici sa crête qui commence son érection:

et voici l'érection complète:


Dans le Talmud, on le nomme aussi touria, ce qui veut dire tailleur, celui qui 'hotsév en hébreu, comme on dit d'un "tailleur" de pierres, car cet oiseau débite les écorces sur les arbres ou broie les coques des escargots pour y trouver sa nourriture.

Les votants (bo'harim) israélien lui ont accordé 35% de leurs voix (qolote). Ensuite, la fauvette (pochoch) n'a eu que 10%. Le pinson ('ho'hite) 9,8% suivi du tsofite avec 7,6% et le merle (boulboul) 7,2%, et l'aigle (néchér) n'est arrivé qu'en 7e position avec 7% des voix, etc. Cela semble indiquer que les Israéliens sont sensibles à l'effet visuel joint à la délicatesse plus qu'à ce qui impose et domine. Pourquoi les votes des Israéliens se sont-ils orientés en ce sens? Examinons notre hypothèse.


La Oupapa, huppe fasciée, dévoile une fois de plus et de façon unique parmi tous les peuples les mêmes fascinations dans la culture juive et dans la culture iranienne.

J'ai mis en évidence cette concordance multimillénaire inscrite dans le Livre d'Esther (le Roi lui dit: "Esther, quelle est ta demande? même si c'est la moitié du royaume cela t'est accordé").
Et, également, dans la totale bonté du Roi Cyrus, empereur des 126 royaumes remis à lui par le Créateur et ordonnant aux Juifs du monde de monter à Jérusalem et d'y construire le Temple. Et aux autres peuples de respecter cet ordre et de ne pas nuire à ces Juifs, réalisant cet ordre divin. On imagine les effets positifs qu'auraient une diplomatie basée sur les valeurs communes au lieu de se contenter d'alliance économiques.
Cela, comme étant volonté divine que ni les Juifs n'ont encore accomplie et que, peut-être pour ce motif, les nations et parfois l'Iran soi-même éclatent en colère destructive face aux Juifs. Mais un jour, on doit l'espérer, les uns et les autres accompliront la volonté inscrite dans la Création, dans la nature et dans la Torah. Tout cela est décrit sur le site Modia dans les pages suivantes: 1 et 2.

Et il faut bien être conscient de l'importance du Livre juif antique nomme Pérék Chira sur les animaux et la nature louant le Créateur et les oiseaux ont une place de choix. Cela est une longue étude sur Modia (lien ici).

Dans ce contexte historique perpétuel et structurel, nous constatons l'identité du choix des Israéliens, spontanément, de la Oupapa (Dokhifate) comme oiseau national préféré.
Ecoutez ceci, maintenant:
Celui qui est probablement le plus grand poète iranien (avec Roumi et Hafez) a fait les mêmes choix au 12e siècle. Abu Hamid bin Abu Bakr Ibrahim (né en 1145-46 à Nishapour et décédé vers 1221), Farid Oud Dine Attar écrivit son recueil de poème Mantiqout Taïr (Le Colloque des oiseaux ou le Parlement des oiseaux), dans lequel il prend les oiseaux comme le modèle des différentes directions que peut prendre l'intimité de l'homme envers le Créateur et chaque oiseau incarne l'une de ces directions bonnes ou mauvaises, les faiblesses humaines, ses fautes, ses excellences.
Et l'oiseau qui les conseille, les exhorte, leur montre le bon chemin est... la huppe fasciée, notre huppe fasciée. Sur ce lien iranien et arabe, et sur celui-ci, vous constaterez que le hodhod est bien notre huppe. Voici comment la miniature iranienne a représenté cette symphonie et vous y constatez que tous les animaux sont orientés vers l'excellence de la huppe fasciée:

C'est une sorte de Cantique des Cantiques à travers cette symphonie symbolique.

Dans le texte, au début du poème, les oiseaux sont face à la huppe et ils essaient de se dispenser de la bonne proposition d'aller vers leur épanouissement. Comme tous les peuples ont refusé la Torah offerte, selon ce que nous disent nos middrachim. Alors, la huppe tente de les ramener dans la voie du bonheur et leur révèle les 7 vallées que tout un chacun va devoir traverser et y vaincre les difficultés: vallée de l'amour, de la connaissance traversée par Avraham, de l'indépendance, de l'unité, de la distraction, de la pauvreté et de l'anéantissement. La plupart expliquent par mille justifications que cela leur est impossible et seulement trente parviennent au but qui est la découverte du Roi oiseau Simorgh. Leur stupéfaction est grande alors de découvrir qu'ils sont en présence du meilleur d'eux-mêmes. Ce Simorgh existe, ils ne peuvent pas fusionner avec lui mais ils peuvent en sa présence découvrir le meilleur d'eux-mêmes, c'est leur relation. Ainsi, la projection du meilleur de soi retrouvé par les Israéliens aujourd'hui en choisissant la beauté et toutes les qualités de la huppe fasciée comme leur propre image positive réaffirmée.

Ce poème est ainsi vécu aujourd'hui spontanément par les Juifs israéliens sur la terre sainte qui appartient seulement au Créateur et la met à la disposition du peuple Juif, comme dit le premier commentaire de Rachi sur le début de la Torah, pour y exercer leur rôle de bénédiction pour toutes les nations. Comme l'ordonne aux Juifs le Roi Cyrus (Qoréche) au nom de D.ieu.
Mais, hélas, les Juifs en grande partie refusent encore de réaliser cet ordre écrit explicitement dans la dernière page de toute la Bible pour bien en souligner qu'il n'y a pas d'autre enseignement que celui-là.
De cela, (en plus de leur propre responsabilité), il y a peut-être un élément inconscient de colère des peuples envers cette insoumission, consistant à établir ailleurs un idéal de "communautés" locales, allant jusqu'à dire parfois comme cela fut dit en France devant les autorités de l'Etat français: "c'est un mariage entre les Juifs de France et l'Etat français", révélant que les Juifs organisent en eux-mêmes et entre eux là-bas avec l'environnement ce qui se substitue au mariage du Chir ha Chirim sur la terre d'Israël. Histoires vraiement de couples. Le Grand Rabbin du Maroc puis de Jérusalem, Ribbi Chalom Messas, zatsal, a osé en humilité écrire dans son dernier livre écrit et publié en Israël: "mes livres précédents étaient la Torah du Maroc, celui-ci est la Torah d'Israël". Tout cela nous éclaire sur chacun de nous. Merci à tous.

Que toutes ces histoires d'oiseaux nous interrogent donc en profondeur, en intériorité, en pnimioute. Si nous vivons à ces niveaux, nous rencontrerons aussi les meilleurs niveaux des autres qui sont, en cas de nos déficiences ou trahisons, chargés par le ciel d'être des épines douloureuses. Pourquoi faisons-nous semblant de ne pas le savoir alors que tout cela est écrit clairement et explicitement? Le problème n'est ni politique ni militaire mais d'une fidélité à l'union, à la meilleure identité du peuple et des nations. Elles ont les yeux constamment fixés et exigeants envers les Juifs et nous faisons semblant de ne pas le comprendre. Et trahissons en disant que ce sont seulement des problèmes politiques ou militaires ou d'antisémitisme et de désinformation. Les prophètes ont toujours déjoué ces mystifications.
Les psaumes, le Pérek Chira, ce choix spontané des Israéliens, en concordance une fois de plus avec le meilleur d'un seul peuple chargé de cela par le Ciel (les Iraniens), tout cela est un signe de renouveau magnifique en cette année des festivités du 60e anniversaire de la recréation de l'Etat d'Israël par les nations.
Hélas, c'est nous qui n'y avons pas encore apporté la justice, la fraternité entre nos différentes composantes. Alors, disent nos textes, à l'inverse de la destruction du Temple par notre haine fraternelle, les nations viendront à Jérusalem nous demander la sagesse révélée dans la Torah. Une diplomatie d'amélioration de notre relation aux peuples ne peut pas se contenter de géographie ou de voir la terre d'Israël comme un salami à découper, ni comme des négociations se basant sur les intérêts économiques de marché commun selon la conception de Péres et d'Oslo, spécialement avec des peuples particuliers qui prennent en comptent l'histoire.

Même les oiseaux sont là pour nous le rappeler.

Et le peuple israélien a fait spontanément ce beau choix de la huppe fasciée, la doukhifate, justement en des instants où d'autres oiseaux internes et externes de sinistre augure cherchaient à dévaster l'héritage. On peut espérer et avoir confiance et décider et bâtir, donc.

Avançons encore.

Cet événement de l'élection de la huppe est un espoir dans les ressources spirituelles du peuple, justement au moment où les dirigeants dérapent. Ah! si nos diplomates prenaient en compte la conscience anthropologique de leurs interlocuteurs sur ce meilleur d'eux-mêmes que les Juifs incarnent, ils attireraient leur attention sur la célèbre sourate 17 du Voyage nocturne. Au verset 104, il y est dit: "Nous avons dit après lui (Moïse) aux enfants d'Israël: Habitez la terre! Et lorsque la vie ultime (l'autre monde) arrivera à son terme prédestiné, Nous vous ferons venir en groupes hétérogènes". Et voici maintenant le commentaire de l'édition du Qoran éditée par le Dr Salah Ed-Dine Kechrid (Editions Dar El-Gharb el-Islami, Beyrouth 1984), je le cite textuellement: "le (dernier) mot lfif veut dire une masse de gens d'espèces diverses où se cotoient les bons et les mauvais et les races les plus variées. Dans ce verset vraiment prophétique puisqu'il est bien dit: après Moïse, le lieu de fixation des fils d'Israël n'est pas précisé. Il est simplement désigné par "la terre". Cela peut aussi bien signifier toute la terre et c'est la diaspora qui a fait que pas un seul pays au monde n'ait pas eu sa minorité juive. Cela peut aussi désigner l'Etat actuel d'Israël qui annonce en même temps, toujours d'après ce verset, que la fin du monde n'est plus très lointaine. Sans être nous-mêmes prophète, tout porte à croire que cette terre n'a plus bien longtemps à vivre. N'est-il pas remarquable que cet état d'Israël soit peuple de tous les spécimens de la race humaine et que le verset nous parle de groupes hétérogènes. Or, au temps de Moïse, les Juifs formaient une race homogène". Fin de cette citation donnée intégralement sans aucune modification.

Il serait temps que, simultanément, nous allions au meilleur de nous-mêmes en fidélité et sachions parler au meilleur des autres peuples, et surtout que nous connaissions ce meilleur qu'ils ont dans leur propre tradition pour bâtir avec nous. Le Talmud nous enseigne que nous devons reconnaître les dons que le Créateur a réparti dans les autres nations. C'est ce que faisaient les Sages du Sanhédrine capables de parler toutes les langues et cultures de leurs interlocuteurs directement et en profondeur sans interprètes. Au lieu d'en rester à la débilité du courant post-sioniste et post-identité et post-connaissance de l'histoire et de l'anthropologie qui balayent tout cela sous le nom de "mythes" et n'ont plus qu'une seule capacité de parler avec autrui en cas de conflit: la désintégration personnelle et le dérapage vers les extrêmismes destructeurs quand les valeurs de l'identité de soi et des autres sont niées.

Le choix des Israéliens dans la OUPOUPA, Doukhifate en hébreu, la huppe fasciée, est un grand signe d'espoir. Concrétisons-le. Nous avons tout pour réussir le bonheur, et tous ensemble, chacun dans sa propre fidélité, sous son propre drapeau. Ce sera aussi beau que la huppe fasciée qui réussit à ramener chacun dans le bon et beau chemin du meilleur de soi. La négation du meilleur de soi entraîne par projection la négation du meilleur d'autrui et la guerre de destruction générale.

Baroukh Hachém pour cette re-découverte à travers cet épisode du choix de la huppe!


Test projectif
Les Israéliens ont choisi cet oiseau comme symbole israélien. Comprenons donc ce symbole qui les caractérise en bien: qu'ont-ils recherché, qu'ont-ils mis en valeur. Le poète iranien a fait comme ces Israéliens: il a rassemblé de nombreux types d'oiseaux qui ont exprimé à la huppe (hodhod) qu'il leur faut un roi comme partout afin de réussir et ne pas continuer dans ce désordre. Ainsi, de la situation en Israël. Alors, la huppe leur dit qu'il faut avancer dans un processus qui leur fera découvrir ce Roi qu'il nomme Simorgh et qu'il va leur donner des conseils quand ils vont préciser leur demande. Il agit en remarquable psychothérapeute collectif.
Chaque oiseau se réjouit du projet, comme aujourd'hui face aux promesses des hommes politiques et des leaders de parti ou spirituels qui ont tous la meilleure et unique voie (à leurs yeux) à proposer. Contrairement à ces politiciens, il leur précise qu'il faudra avancer en épurant leurs attitudes (les 7 vallées à traverser au milieu d'épreuves).
Alors, comme dans le peuple juif aujourd'hui, et depuis toujours même avec Moïse, ils se mettent à objecter car chacun plaide pour ce qu'il a été et ne veut pas changer ni s'améliorer, ils veulent rester loin. Finalement 30, comme ceux qui ont accompagné Moïse ou Ezra, un groupe part vers le roi Simorgh et ils y parviennent, comme nous en "Israël" sans la définir en slogans. Et là, ils découvrent qu'il n'y a pas possibilité de voir ce roi Simorgh auprès de qui ils auraient voulu devenir des esclaves à nouveau, ni sur le plan politique, scientifique, psychologique, artistique, et même sur le plan religieux. Et ils découvrent que ce Simorgh dans sa beauté, c'est simplement eux-mêmes. Les trente qui arrivent comprennent alors cette évidence qu'en persan Si est 30 et Morgh veut dire "oiseau". Ces 30 oiseaux viennent de vivre jusqu'au bout le Lekh lékha: "va vers toi-même", en groupe.

Conclusion: si, dans l'inconscient, cette Doukhifate, cette huppe fasciée a tant de qualités, et que tant d'Israéliens l'ont choisie comme le modèle d'eux-mêmes, il y a beaucoup d'espoir et de positif à l'horizon: les forces morales et humaines et divines sont intactes dans la multiplicité bigarée des Israéliens. En effet, ils ont manifesté une patience inimaginable envers les ennemis, envers les roquettes, envers les dirigeants ne dirigeant pas et prenant pour eux les avantages par la corruption; puis, maintenant leur patience est arrivée à bout mais ils gardent la dignité millénaire. Comme la huppe, ils pressentent qu'ils sont beaux et ne renoncent pas à leur beauté individuelle et collective et qu'elle est en eux et dévoilée au mieux dans la sagesse et délicatesse et force et beauté et fierté de la huppe. C'est ce qu'elle a dit aux autres "oiseaux": "Ce roi Somorgh est près de nous et nous sommes loin de lui". C'est: découvrez par le Lekh lékha (reviens à toi-même), le contraire des anti-sionistes qui veulent s'identifier aux autres et n'y parviendront jamais même à leur cheville car ils ne sont qu'eux-mêmes, des Juifs.

Quel bénéfice ce serait si, au lieu de négocier faussement tout en tuant massivement des divers côtés, on se mettait d'accord "aussi" pour découvrir le meilleur de chacun et le meilleur commun comme j'ai essayé de le faire dans cette étude.

La huppe n'a pas méprisé les autres "oiseaux" comme s'ils n'étaient qu'erreur, mais elle a misé sur le meilleur placé en eux et qu'ils peuvent peut-être atteindre. En tout cas, constater chez autrui qu'il reconnait le meilleur de ce que l'on a en nous-mêmes annule beaucoup la relation d'ennemi à ennemi. Desproges, le remarquable humoriste français, a voulu faire comprendre cela quand il a dit: "l'ennemi est un c.. car il croit que c'est nous l'ennemi alors que c'est lui". Machinerie diabolique et mortifère jusqu'au bout. Au contraire, quand on peut dire à un musulman que l'on sait qu'il est écrit dans son livre à la sourate 50, verset 16: "Oui (dit D.ieu), nous avons effectivement créé l'Homme. Nous savons les mauvaises pensées que fait naître en lui son âme bestiale et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire"... cela veut dire comme la huppe disait à tous: "je sais que si vous le voulez, tous vous pouvez arriver au meilleur de vous qui est quasi uni à D.ieu Lui-même". Alors les relations peuvent commencer à s'améliorer.

Les Israéliens ont tenu à voter, sans attendre l'élection du nouveau Chef de gouvernement, pour un oiseau qui représente le meilleur d'eux-mêmes, et du projet de la Création. Et, ensemble, ils se sont vus dans ce miroir de la Doukhifate. Soyons en conscients, et heureux, et positifs. Et cette fois, c'est sûr, nous allons comprendre le Pérek Chira (lien).Il est dit que le Roi Salomon comprenait le langage des oiseaux, tout le Proche-Orient le sait dans ses traditions diverses, c'est déjà un grand point commun. Soyons comme lui en cela. Ensemble.


Cette élection fut un arc-en-ciel après l'orage et le cyclone!

Maintenant avançons encore dans notre échange au coeur de l'anthropologie régionale

Je vous disais que, bien plus, cet oiseau est aussi un point commun avec la tradition musulmane de nos voisins. Examinons le dossier.


Il y a 114 sourates (chapitres) dans le Qoran et 6236 ayat (versets). Allons à la sourate 27 An-naml, celle des fourmis (némalim, en hébreu, vous voyez que nos langues sont cousines). Voici ce que dit le verset 16 et suivants: " Souléimane (le Roi Salomon) hérita de David et dit: O gens! On nous a enseigné le langage des oiseaux et on nous a donné part de toutes choses. C'est là vraiment une générosité évidente... On rassembla pour Salomon ses armées de Génies, d'Humains et d'oiseaux qu'on mettait en rang au fur et à mesure... Il promena parmi les oiseaux un regard investigateur et dit: Qu'ai-je à ne point voir la huppe (hodhod), ou bien serait-elle parmi les absents... Elle se posa non loin et dit: J'ai embrassé de mon savoir ce qui a échappé au tien et je te rapporte de Saba une nouvelle sûre. J'ai trouvé qu'ils avaient pour roi une femme, qu'elle avait été dotée de toutes sortes d'avantages et qu'elle avait un trône superbe...".
Chacun connait l'épisode de Salomon et la Reine de Saba. Ce que nous apprenons ici, de la tradition de nos voisins et cousins musulmans régionaux, c'est que la huppe est considérée comme la sagesse même et plus élevée encore en cette dimension que la sagesse du Roi Salomon lui-même, si cela est possible.

Alors j'attire l'attention sur ces faits:
- spontanément, et sans rien connaître de toutes ces traditions, ni les votants ni la Société de Protection israélienne de la Nature qui a suscité ce vote, ni le Président de l'Etat qui en a donné les résultats, 155.000 Israéliens ont choisi cet animal comme l'oiseau national alors qu'il est placé à un tel niveau dans l'estime de leurs voisins et dans leur tradition et dans leur texte vénéré, sans savoir qu'également ces traditions et les leurs sont toutes basées sur un fond commun qui est celui de la sagesse et donnent les références identiques. Même leurs émissions religieuses télévisées se centrent sur ces thèmes de la huppe: voyez-y la présence de notre huppe, et ici, et ici.

- nous nous éloignons donc, pour la première fois et enfin, de la simple lutte politique et sécuritaire qui fut celle des sionistes politiques laïcs qui ont fondé l'Etat avec courage. Et on se place, enfin, au niveau du fonds commun, mais non pas dans des querelles religieuses; en fait, dans la sagesse, exprimée par ce symbole et qui a été placé par le Créateur en toute région également.

- Y-a-t'il une étincelle de paix en tout cela? Je le pense. Il nous faut atterrir enfin dans la psychologie et la connaissance anthropologique des identités de la région, seule possibilité pour se comprendre et se rencontrer. Toute politique qui ignore ces dimensions est vouée à l'échec car elle ignore la réalité profonde des identités des peuples. Et ces identités hurlent aujourd'hui, de façon souvent pathologique, pour être reconnues.
Par l'étude de ce dossier que je fournis à tous ceux qui y puiseront des outils de compréhension et de dialogue, et qui sont engagés souvent dans des luttes et conflits sérieux, j'espère contribuer quelque peu, bé ezrate Hachem, aux avancées communes. En Novembre prochain aura lieu à Téhéran une conférence ouverte aux différentes religions dans leur rapports aux médias (lien). Surprenante initiative, quand on entend souvent de là des discours menaçants, radicaux et prônant la destruction d'Israël. Mais il n'y a pas de doute que, toujours, dans l'ensemble du monde et là-bas aussi il y a des traditions et des personnes de la plus haute qualité. Prions donc pour que la sagesse de chacun et la sagesse commune nous fassent avancer et ne négligeons aucun signe de progrès, d'abord en nous-même et dans la communication avec autrui, tout en étant réalistes et responsables.
Le Talmud lui-même nous montre tant d'exemples de ces dialogues entre les Sages et les armées et pouvoirs étrangers menaçants. Bien plus, pour mener leur rôle de bénédiction pour tous les peuples, les Sages du Sanhédrine étaient capables de comprendre chaque étranger dans sa langue et sa culture; le Talmud est bourré de ces citations. Nous avons à retrouver leur modèle de cette attitude envers les autres, et aussi et d'abord entre nous car nous sommes si divisés et intolérants et si peu fraternels et si peu solidaires et si peu éducatifs et si peu avides de justice les uns envers les autres.

Nous avons grand besoin de ce que "signifie" la doukhifate. Merci à la Société protectrice de la nature en Israël.
Et relisons le psaume 37 (lien ici avec commentaire), tout y est dit sur le rapport de la sagesse, de la justice et de l'acceptation de notre habitation sur la terre.

Voici le tombeau du poète Farid Oud Dine Attar (l'auteur du poèmes sur la huppe) dont l'architecture et la beauté, nous rappellent quelque chose. Nous ne pouvons pas reprocher à quiconque d'aimer Jérusalem; à nous seulement de l'aimer autant et plus.

Rivalisons dans la beauté et la sagesse de la huppe, doukhificat, hoopee, hodhod. Que nous sommes chacun.


 
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