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Les Palestiniens ont détruit
la tombe de Ribbi Yéhouda ben Baba.
26 octobre 2000.
Sentiments
Les journaux
israéliens sur le Net annoncent que les Arabes palestiniens
ont détruit la tombe de Ribbi Yéhouda ben Baba.
Ce fait me touche et je suis touché
de la douleur des personnes que j'entends dans mon écoute professionnelle
et qui souffrent de leur impuissance et de leur honte devant ces événements
et nos réactions absentes. Je partage avec vous cela dans la sensibilité
et l'étude.
Quelle douleur ! Après la tombe du Patriarche
Joseph !
Quelle douleur ! Notre armée une fois
de plus n'a pas protégé ces lieux saints de notre identité.
2000 ans après son martyre, le repos
n'est pas encore donné à ce Sage.
Honte ! Est-ce que des voix rabbiniques s'élèveront
pour protester contre ce sacrilège, lesquels a-t'on entendu ensemble
en groupe unanime s'élever avec force après le sacrilège
de la tombe de Joseph ?
Aucun ministre ne s'est même déplacé
pour aller lors de l'enterrement des deux soldats lynchés à
Ramallah.

(Sharanski avec le frère de Vadim Marzits, le militaire lynché
en photo principale)
Et aujourd'hui, après tous ces morts,
voici que Beilin rencontre en secret ces autorités palestiniennes
et que des généraux vont faire le déplacement de...
Ramallah et de Naplouse pour aller y rencontrer les chefs palestiniens.
En même temps, leurs saccageurs sous
leurs ordres détruisent ce qui nous est le plus saint, la mémoire
de ceux qui nous ont enseigné sur cette terre depuis des millénaires
avant même leur arrivée.
A quel niveau descendrons-nous ? Faut-il s'étonner
encore que cette terre ait du mal à rester attachée à
nous qui la méritons si peu. On sait que c'est une terre qui vomit
ceux qui la profanent. C'est nous qui avons voulu la jeter, la donner,
c'est nous qui y avons fait entrer nos ennemis et persévérons.
C'est nous qui n'y montons pas y habiter quand les autres veulent leur
droit au retour. Y-a-t'il un mouvement officiel de retour des Juifs français
ou américain ? Non ! Des Arabes palestiniens, oui ! C'est un fait
! Et ils veulent nous expulser, nous tuer, ils le disent et le font, c'est
logique dans ce contexte.
Etude
Et c'est la continuité historique,
hélas :
- les Romains ont nommé notre terre Palestine
pour nous humilier parce qu'ils savaient que nos ennemis les plus acharnés
ont été les Philistins (même mot), et les Arabes palestiniens
qui n'ont jamais formé ni une nation ni un Etat ont repris ce nom
de Palestiniens dans le même mépris absolu de notre existence.
Maintenant, ils veulent "déjudaïser"
la terre d'Israël et en détruisent les lieux saints :
- destructions des traces archéologiques
juives partout où cela est possible et sur le Mont du Temple en
particulier,
- volonté de supprimer toute présence
juive à Hévrone, tombeau de nos Patricarches et Matriarches,
tâche commencée dès le massacre de 1926.
- destruction de la tombe de Yossef.
- contestation de l'identité de la tombe
de Rav Assi, le rédacteur du Talmud.
- destruction de la tombe de Ribbi Yéhouda
ben Baba.
Qui est Ribbi Yéhouda ben Baba ? Eux
le savent qui le détruisent.
Voici ce que dit le Traité Sanhédrine
du Talmud de Babylone, page 14a dans le passage qui traite de la sémikha,
l'ordination d'un rabbin parce qu'il est reconnu capable de transmettre
la Torah :
"Vraiment, que soit béni le souvenir de
cet homme, Ribbi Yéhouda fils de Baba... A cette époque,
les autorités (qui dominaient sur Israel) avaient décrété
que celui qui ordonnerait un rabbin serait puni de la peine de mort ainsi
que celui qui recevrait cette ordination (sémikha) ; et la ville
où cela se sera passé sera rasée et on supprimera
les bornes qui la délimitaient.
Alors, qu'a fait Yéhouda ben Baba ? Il
a choisi un endroit éloigné de deux grandes villes, au delà
de la limite du Chabbate, c'était entre Oucha et Chafram et il y
donna la sémikha aux cinq grands, les anciens, Ribbi Méïr,
Ribbi Yéhouda, Ribbi Chiméône, Ribbi Yossé
et Ribbi Elâzar ben Chamouâ... et aussi Ribbi Né'hémya.
Quand leurs ennemis l'ont su, Ribbi Yéhouda
ben Baba leur a dit : mes fils, sauvez-vous. Ils lui ont répondu
: Ribbi, et toi que vas-tu devenir ? Il leur répondit : je suis
devant eux comme une pierre lourde que personne ne peut retourner.
On raconte que ses élèves étaient
à peine partis que les ennemis lui ont enfoncé trois cent
flèches de fer dans le corps et en ont fait une vraie passoire.
Quand Ribbi Yéhouda ben Baba a fait cela,
d'autres étaient avec lui et leurs noms ne sont pas transmis afin
de mettre en valeur toute la gloire de Ribbi Yéhouda ben Baba.
Pourtant on dit que Ribbi
Âkiva a ordonné Ribbi Méïr, c'est exact mais on
ne l'a pas admise (car Ribbi Méïr était alors célibataire).
Ensuite, Ribbi Yéhouda ben Baba l'a ordonné et cela a été
admis".
Cela nous dit la grandeur de Ribbi Yéhouda
ben Baba !
Un autre motif de gloire le caractérise
et nous devons le connaître. Il fait partie des 10 martyrs de différentes
époques nommés les "âssara harougué malkhoute".
Les 10 martyrs
- Ce sont d'abord les plus grands Sages de l'époque
d'Hadrien vers l'an 135 de l'ère actuelle.
- Ensuite, ils n'ont pas hésité
à s'opposer au Chef de la puissance dominante de l'époque
pour diffuser la Torah. On retrouvera cette force chez le Rambam et le
Rambane. On est loin, à ces époques, du souci actuel de plaire
aux adversaires et de mettre comme valeur première la non-opposition
idéologique à ceux qui veulent notre destruction.
- Enfin, ces Sages les plus grands de l'histoire
ont eu une fin si cruelle, dit notre tradition, comme suite en retour de
la faute commise par les 10 frères de Joseph qui l'on vendu.
Dire cela d'eux, il va de soi que ce n'est pas
une profanation de leur mémoire, au contraire c'est simplement un
enseignement sur la necessité de l'amour fraternel et sur les conséquences
atroces qui tombent ensuite sur des innocents, même sur les Sages
les plus grands et les plus purs. C'est dans ce contexte très précis
que le Rav Ôvadia Yossef, parlant à des Juifs connaissant
leur histoire et ces traditions, les exhortaient à faire téchouva,
et s'est demandé si-dans la même ligne- les victimes si nobles
et totalement saintes et innocentes de la Choa n'étaient pas encore
la suite de ce désastre qui a frappé les grands arougué
malkhoute. On voit quelle mauvaise foi anti-sémite est tombé
alors sur ce Rav. Et, hélas, ceus qui ignorent la tradition ont
emboité le pas de l'attaque antisémite. Qu'on ne pense pas
que je dise cela par manque de conscience de ce qu'est la Choa. Ce
qui est écrit en bas de la page d'accueil de Modia suffit pour enlever
cette question et j'ai connu pendant des dizaines d'années ce que
produit quotidiennement la Choa dans la vie et dans les nuits de quelqu'un.
Je dirai plus : j'ai connu une Juive qui était
assimilée totalement dans la culture de pensée française
universaliste, laïque, socialiste, droits de l'homme, France, etc,
ne connaissant rien de son judaïsme et qui, une nuit, a fait le rêve
suivant : elle lisait un livre et c'était un livre en hébreu
et les lettres montaient vers le Ciel. Ce rêve fut tellement puissant
qu'elle en est revenue à sa tradition, est montée en Israël,
sentant confusément que ces lettres étaient reliées
à toutes les personnes mortes dans la Choa qui lui étaient
proches, et son retour au judaïsme, à l'hébreu et à
Israël devait être leur victoire par elle. Un fois arrivée
en Israël, elle est morte, mission achevée apparemment.
Je cite cet épisode parce qu'il est proche
de la mort du 4e des 10 martyrs, Ribbi 'Hananya ben Téradyone. Comme
il avait enseigné la Torah malgré l'interdiction, les Romains
l'enroulèrent dans un rouleau de la Torah et on le plaça
sur un bûcher en lui mettant des tissus qui avaient pour rôle
de prolonger sa mort afin qu'il souffre davantage. Autour de lui, ses élèves
lui dirent : Rabbi, que vois-tu ? Il répondit : "Je vois un parchemin
de la Torah qui brûle, et les lettres s'envoler". Et il refusa que
ses élèves abrègent sa mort.
Un autre de ces 10 martyrs, le scribe Yéhechav
dit en mourant : "il n'y a pas une rue à Rome (symbole de la civilation
romaine occidentale, selon notre tradition juive) où quelqu'un n'a
pas été assassiné par l'épée. Cette
nation perverse continuera ainsi à verser le sang juif d'âge
en âge. Si j'ai un conseil : prenez soin les uns des autres, aimez
la paix et la justice et peut-être y-aura-t'il quelque espoir".
C'est donc en tout cela, pour nous, que se trouve
le sens de cette violation actuelle de la sépulture de Ribbi Yéhouda
ben Baba. Elle est certainement un enseignement, une interpellation.
Sources
1. Les dix martyrs, les âssara ârougué
malkhoute étaient, selon le
Middrache Lamentations 2, 2 : Ribbi Yischmael, Ribbi Gamaliel, Ribbi
Yeshebab, Ribbi Yéhouda ben Baba, Ribbi 'Hutspite l'interprète,
Ribbi Yéhouda le boulanger, Ribbi 'Hananya ben Téradyone,
Ribbi Âqiva, Ban Azzaï et Ribbi Tarfone. Certains mettent Ribbi
Eléâzar ben 'Harsoum à la place de Ribbi Tafone.
2.Le Traité Baba Batra du Talmud,
page 10b parle aussi des 10 martyrs. Ribbi Yehoshua ben Lévi demanda
à son fils qui revenait d'un évanouissement : as-tu vu quelque
chose du monde à venir. Son fils lui répondit : "ce monde-là
est renversé, les modestes sont en haut et les gens considérés
sont en bas". Et nous, les gens de Torah, où sommes-nous? Il répondit
: "exactement comme ici. Et une voix disait : heureux celui qui arrive
ici avec ce qu'il a étudié de la Torah. Et les victimes des
Romains ne pouvaient pas être approchés par n'importe qui...
Il s'agit de ces martyrs". On voit le niveau éminent de ces martyrs
et le rôle continu qu'ils ont eu dans la tradition juive.
3. Dans les grandes périodes de
persécutions comme les Croisades, tous les martyrs étaient
appelés par ce nom de "arougué malkhoute".
4. Des poèmes en leur honneur,
et liés à la conscience que nos fautes influent sur les malheurs,
ont été insérés dans l'office de moussaf
de Yom Kippour.
5. Le Zohar et sa littérature (ci-dessous).
Si l'on peut, modestement, émettre une
hypothèse :
- le double saccage de la tombe de Joseph et
de celle de Ribbi Yéhouda ben Baba nous montrent que nous sommes
en train de traverser une des périodes les plus douloureuses de
notre histoire, reliée aux drames les plus terribles. Ces époques
ont eu à la fois les plus grands Sages et les plus grandes persécutions.
Nous devrions donc, non seulement suivre de près la politique mais
aussi étudier davantage pour mieux comprendre, selon notre tradition.
- un second enseignement : si tout cela repose
sur la faute des grands de la Torah autour de Joseph et du manque de fraternité
entre ces frères, il faudrait lancer un appel d'urgence pour que
tous nos grands Sages actuels manifestent publiquement leur fraternité,
en oubliant toutes les querelles réelles mais secondaires.
- enfin, nous leur demanderions en plus de se
placer ainsi en véritables leaders publics de leur peuple, de l'éclairer
ensemble sur le bon usage de la terre d'Israël et sur les bonnes règles
de la cohabitation entre nous dans la justice et la fraternité sur
cette terre. Nos leaders politiques actuels ne sont pas des experts dans
la tradition historique de la Torah, ils ne peuvent pas piloter moralement
ce peuple particulier, quelle que soit leur bonne volonté ou leurs
autres compétences réelles.
Que le mérite de Ribbi Yéhouda
ben Baba qui a élevé au rôle d'enseignant les plus
grands de notre histoire, nous donne aussi maintenant tous ces maîtres
leaders dont nous avons tant besoin. Amen, kén yéhi ratsone.
Références pour l'étude
des étudiants avancés
Les âssara arougué malkhoute
dans le Zohar
I 39a : ils sont dans le 4e palais du Jardin
d'Eden, ils illuminent comme personne, et c'est d'eux qu'il est dit : l'oeil
humain n'a pas vu.
II 10 : une longue étude sur ce thème
II 254b : David demanda pourquoi ils eurent cette
mort.
II 255a : leurs corps étaient dans les
souffrances et leurs âmes dans la joie.
Les âssara arougué malkhoute
dans le Zohar 'Hadache
Zohar 'Haddache 55b : la pensée humaine
ne peut pas atteindre le degré qui sait ce qui s'est passé
envers ces 10 Sages.
Zohar 'Haddache Eikha 113a : il n'y a jamais
eu de tortures comme celles qu'ils ont subies. La punition a attendue 800
ans avant de tomber, et cela tomba sur ces Sages.
Les âssara arougué malkhoute dans
les Tiqqouné ha Zohar
Page 110a : ils étaient semblables en
tout aux 10 fils de Jacob.
Page 110b : ils donneront naissance à
10 tribus.
Ici, prière
pour nos Sages, pour nos dirigeants, et pour la terre d'Israël
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