Le courage des Juifs
en Israël

J'étais chez des amis pour la fête de Souccote, un responsable communautaire juif actif d'un pays que je ne nomme pas expliquait que la non-alyah s'expliquait puisque même les Israéliens ont peur et délaissent les restaurants qui sont vides.

Je lui ai rétorqué immédiatement deux choses:
1. après l'attentat de la Rue Ben Yéhouda la municipalité a organisé des festivités tous les soirs dans les rues du centre de Jérusalem, et qu'elles étaient bondées tous les soirs, les habitants de Jérusalem ont répondu à l'appel et ont voulu prouver aux Arabes haineux et meurtriers qu'on ne parviendrait pas à "terroriser" des Israéliens même si on parvient à en tuer plus de 800 à cause des accords d'Oslo. Et que le terrorisme ne leur ferait en rien changer leurs opinions sur leur pays. La rue a prouvé que cela est vrai.
Je suis allé à un Congrès dans l'hôtel Park à Natanya et de nombreux vacanciers de France ont assisté à ce Congrès, dans la salle où ont été assassinés nos frères. Davqa, exprès, car nous vivons et nous vivrons.
Le mythe de restaurants vides ne sert que les peureux, c'est un mensonge. Et les hôtels israéliens sont quasiment complets.

2. J'ai répondu aussi que c'est une curieuse conception de la vie que de rechercher simplement l'endroit où on aura le moins peur (un autre interlocuteur lui a dit: ne vous mettez plus au lit parce que la plupart des gens y meurent). On doit, au contraire, baser sa vie sur ce que l'on veut en faire "en positif". J'ai questionné une jeune fille: allez vous chercher le mari qui va simplement vous donner la vie la plus tranquille et vous enterrer dans sa maison de luxe? Est-ce cela votre but dans la vie? Elle a dit: "certainement pas!
"



Ce soir, à Jérusalem, dans mon quartier, la police barrait aux voitures l'accès des rues pour les rendre piétonnières. Tous les restaurants sont pleins, la chaussée également remplie de piétons qui se promènent, et tout cela pour fêter la réouverture du Café Hillel après réparations. Vous vous souvenez de l'attentat, il y a un mois seulement : spécialement nous avons en mémoire le Dr David Appelbaum et sa fille.
Voici la façade dès le lendemain de l'attentat: déjà la volonté de redresser.


Voici la façade le lendemain de l'attentat meurtrier:

Voici le restaurant, sous le même angle, ce soir, un mois après:

Que plus personne ne se permette de dire du mal des Israéliens pour justifier le non courage de venir vivre en Israël en utilisant de faux prétextes.
Regardez bien ces Israéliens, il savent mieux que vous ce qu'est un attentat, ils connaissent les victimes et, ce soir, ils sont là souriants, s'accueillants comme d'autres le font sur les Champs Elysées; à Deauville, aux Canaries ou...
Par volonté, par foi dans le passé et dans l'avenir du peuple juif. Mais, surtout, parce qu'ils décident d'y être parmi les constructeurs
et non pas de chercher la tranquillité comme conception de l'existence. Ils ne font pas d'Israël un lieu de seul passage en vacances, ils font d'Israël un lieu de vie.
Vous êtes d'accord pour leur dire "bravo"?

Voici l'intérieur du Café Hillel (cachére) ce soir où je suis allé comme les autres:
on vit, n'est-ce pas!


Et on y va, Rehov Emek Réfaim à Jérusalem, pour y acheter son pain ou des confitures
aussi bien qu'à Paris, Montréal ou Bruxelles. On vit, sans peur, vraiment.
Parce qu'on a décidé de vivre et de ne pas se planquer derrière la peur mais de vivre ce qu'il faut vivre.
Et, vous le voyez, il y a tous les âges.
Venez au Café Hillel!
Vivez!
La Torah a dit: "acher ti'hiyou", pour que vous VIVIEZ!

Je reviens sur l'histoire qui ouvre cette page. Voici son antithèse.
Après le décès de ma chère épouse, zal, quelqu'un m'a remis une lettre qu'il avait reçu d'elle quand était très jeune, après la Choa où elle avait perdu toute sa famille et très jeune adolescente elle s'était enfui, avait rejoint les maquis dans le Vercors et avait là-bas combattu l'ennemi allemand jusqu'à la fin de la guerre. Dans cette lettre, elle écrivait qu'elle était arrivée à Paris et avait été invitée à passer une soirée chez des Français à Neuilly, et voici le texte: "j'ai été surprise, toute la soirée c'était très drôle ces gens ont passé tout leur temps à dire du mal des Juifs, c'était d'un comique inénarrable".  Voilà, une jeune Juive forte: elle ne s'est pas écroulée, elle n'a pas pas éprouvé le besoin de perdre ses forces en des combats stupides et les a dominés en renforçant sa propre force par ce rire intérieur. Et n'a pas transmis le traumatisme de la Choa comme un trésor de poison nocif qui remplacerait ses parents absents mais a transmis la leçon en montant en Israël.


Ne soyez pas stupides, ne soyez plus peureux, vivez!
La "communauté" au loin ne suffit plus, vivez dans votre pays.

Shalom, Israël.